mardi 6 février 2018

«Eviter de passer pour un chef d'Etat étranger» : Macron exige un drapeau français en Corse

Manifestations hostiles, macronistes corses recadrés par le parti pour avoir soutenu une résolution des nationalistes : la visite du président de la République sur l'île s'annonce particulièrement compliquée.

ACT CORSE DRAPEAU

Emmanuel Macron se rend en Corse les 6 et 7 février pour son premier déplacement présidentiel sur l'île dans un contexte tendu, alors que les nationalistes disposent de la majorité absolue.

Le président de la République entend bien ne pas «passer pour un chef d'Etat étranger», d'après un élu local cité par la chaîne d'information BFM TV. Selon celle-ci, Emmanuel Macron aurait posé une condition à son rendez-vous avec les deux personnalités à la tête de l'île, l'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni : un drapeau tricolore devra être affiché dans la salle de leur rencontre. S'il trône sur le fronton de l'assemblée de Corse, le symbole national a en effet disparu des bureaux de ceux-ci.

Interviewé par la chaîne d'actualité, un proche de Jean-Guy Talamoni ironise sur la volonté du président français : «On le fait pour tous nos hôtes. Quand on a reçu une délégation ivoirienne on a mis un drapeau ivoirien.»

Si tous les détails de son programme ne sont pas connus, Emmanuel Macron participera le 6 février à Ajaccio à l'hommage au préfet Claude Erignac, assassiné 20 ans plus tôt. Le lendemain, le président de la République est attendu en Haute Corse, où il prononcera un discours dans l'après-midi.

Cette visite survient dans un contexte tendu, alors que les six élus macronistes corses ont été recadrés par le délégué général de La République en marche (LREM), Christophe Castaner, pour avoir voté une résolution déposée par les dirigeants nationalistes, qui sera par ailleurs remise à Emmanuel Macron lors de son déplacement.

Le 3 février, plusieurs milliers de nationalistes avaient manifesté à Ajaccio, appelant le gouvernement à discuter du sort des «prisonniers politiques» ou encore de l'inscription de la Corse dans la Constitution.

https://francais.rt.com/france/47870-eviter-passer-chef-etat-etranger-macron-exige-drapeau-francais-corse

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Depuis l'élection des "nationalistes", Macron et son gouvernement au service d'une autre souveraineté que celle de la France ont toléré les discours officiels en langue corse, la suppression du drapeau français dans les bureaux, les provocations..., se plaçant ainsi volontairement en position de faiblesse tandis que les élus corses avançaient leurs pions, soutenus en sous- mains par l'Union européenne et les médias euro- atlantistes. C'est donc un nouveau moment de confrontation qui se prépare, dont les répercussions pourraient être considérables pour l'avenir de la France.    P.G.

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Espagne : des Guardia civil contrôlent des véhicules en territoire français

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Réédition: de quoi éclairer le contexte de la visite de M. Macron en Corse, au moment où même l'Espagne, elle- même en proie à des revendications d'indépendance sur son territoire, ne juge pas utile de respecter la souveraineté française...


Mercredi 31 janvier. La police espagnole a contrôlé et fouillé des véhicules en territoire français. Des opérations illégales conduites certainement suite aux opérations de traque de Carles Puigdemont dont le gouvernement espagnol craint l’arrivée au parlement catalan. Cette intrusion sur le territoire français, qui illustre la nervosité régnant actuellement en Espagne,   est confirmée par le maire de Prats-de-Mollo, une commune frontalière.

ACT ESPÄGNE FRANCE

« Samedi, je vais voir un ami, relate Claude Ferrer, le maire en question. Il me dit : « Je suis monté au col d’Ares (frontière franco-espagnole). J’ai vu arriver un 4 x4 avec des Guardia civil qui m’ont arrêté et contrôlé en territoire français. Ils m’ont fait ouvrir mon coffre ». Les contrôles se sont fait côté français. Il a pris des photos qu’il m’a fait passer et qui le prouvent.

Ce matin, mercredi, une autre personne me dit qu’elle a également été contrôlée vendredi matin, « par des Guardia civil avec des mitraillettes », toujours avant le col d’Ares, côté français.

Lundi ou mardi, j’ai appris que des Guardia civil avait tenté de contrôler un bus de ramassage scolaire qui dépose un enfant a proximité du col d’Ares. Le chauffeur du bus ne s’est pas arrêté. Il m’a dit : « Je conduiS les enfants, je suis pas là pour me faire contrôler par la police espagnole ».

Il y a au mois trois personnes qui se sont fait contrôler par la police espagnole sur le territoire français, mais je pense qu’il y en a eu d’autres. C’est la première fois que cela arrive. Même au moment des attentats de Barcelone, il n’y pas eu de Guardia civil de ce côté-ci de la frontière. C’est totalement illégal, je me le suis fait confirmer. Le préfet est informé. La gendarmerie m’a appelé. Il n’y a pas de convention qui autorise cette intrusion. Même avant 1975, à l’époque de Franco, cela n’est jamais arrivé. C’est inadmissible ».

https://www.lasemaineduroussillon.com/2018/01/31/espagne-guardia-civil-controlent-vehicules-territoire-francais/

Voir aussi:

Les douaniers espagnols traquent Puigdemont... en France

Madrid redoute que le leader catalan tente de regagner Barcelone et multiplie les contrôles.

Depuis une semaine, la Guardia Civil multiplie les contrôles à la frontière avec la France, dans la perspective d'intercepter Carles Puigdemont. Ces opérations de contrôle poussées ne se limitent pas aux barrières autoroutières. Elles s'intensifient sur les petites routes en pleine montagne, au risque d'énerver les populations du Roussillon. A Prats-de-Mollo, en plein cœur du Haut Vallespir (Pyrénées-Orientales), le maire, Claude Ferrer, vient d'adresser au sous-préfet de Céret une protestation officielle à la suite de contrôles effectués deux jours de suite par les forces de l'ordre espagnoles sur le territoire français, au col d'Ares, à 1 530 m d'altitude.

Un dispositif renforcé

« C'est totalement inacceptable. Des habitants de notre commune ont été contrôlés, le coffre de leur voiture fouillé pour vérifier que Carles Puigdemont ne s'y trouvait pas ! Tout cela sur le sol français, à plus de 200 m de la frontière. Ces opérations interviennent en dehors de toutes les conventions de coopération transfrontalière établies pour traquer les trafiquants de drogue et les terroristes. Là, l'objectif est différent », explique le maire en colère.

Mais la traque de Carles Puigdemont n'est pas la seule motivation. « Les dispositifs et les contrôles ont été renforcés en Catalogne depuis que l'article 155 de la Constitution espagnole a été appliqué par le gouvernement pour prendre le contrôle de la région. C'est à ce moment-là que les renforts de police sont arrivés », indique Laurent Astruc, directeur interdépartemental de la police aux frontières, qui minimise l'incident diplomatique du col d'Ares, estimant que les policiers espagnols s'étaient très peu écartés de la frontière. Celle-ci coupe en deux l'ancien bâtiment des douanes qui se situe à 80 % en France et à 20 % en Espagne. « En 1939, les franquistes qui poursuivaient les républicains n'avaient pas osé franchir cette frontière. La Guardia Civil l'a fait », répond Claude Ferrer. Mais, hier soir, la Guardia Civil avait visiblement abandonné les contrôles sur cette route sanctuarisée.

http://www.leparisien.fr/international/les-douaniers-espagnols-traquent-puigdemont-en-france-03-02-2018-7538733.php

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ASTRUC démission! Convocation immédiate de l'ambassadeur d'Espagne à Paris!  P.G.

Posté par UPR Creuse à 08:26 - - Permalien [#]
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Amazon veut équiper ses salariés de bracelets électroniques

L'objectif de ces bracelets : surveiller les endroits où les employés posent leurs mains et se mettre à vibrer quand ils saisissent le mauvais objet, résume Mashable.

ACT AMAZON BRACELETS

Amazon espère que ces bracelets permettront à ses employés de gagner du temps. Mais pour le site spécialisé GeekWire (lien en anglais)ce futur dispositif est plutôt inquiétant. Mardi 30 janvier, il a révélé que l'entreprise américaine venait de faire breveter un système de bracelets pour les salariés de ses entrepôts.

"Si le brevet présente cette technologie comme un système qui permet de gagner du temps, surveiller les employés de cette façon paraît dystopique", a commenté Geekwire, inquiet. "C'est particulièrement vrai pour Amazon, une entreprise accusée d'imposer des conditions de travail intolérables dans ses entrepôts, comme des pauses toilettes chronométrées [une allégation contestée par Amazon], des semaines de travail de 55 heures, et des chronomètres qui permettent de s'assurer qu'un employé remplit assez de boîtes heure par heure", liste le site, traduit par Mashable.

https://mobile.francetvinfo.fr/internet/amazon/amazon-veut-equiper-ses-salaries-de-bracelets-electroniques_2591282.html#xtref=http://m.facebook.com/

Voir aussi:

Faut-il s'inquiéter des bracelets électroniques développés par Amazon pour suivre ses salariés ?

"Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'est interrogée la secrétaire générale de la Confédération générale italienne du travail.

générale de la Confédération générale italienne du travail.

Amazon veut-elle transformer ses salariés en robots ? Mardi 30 janvier, l'entreprise américaine a fait breveter un bracelet électronique lui permettant de détecter les mouvements des mains de ses salariés dans ses entrepôts. L'objectif : suivre leur travail et améliorer (encore) leur productivité. Un projet qui a rapidement provoqué un tollé. Alors, faut-il s'inquiéter ? [sic]

L'idée : des bracelets électroniques pour guider les salariés avec des vibrations

En mars 2016, Amazon a déposé deux brevets sur ces bracelets électroniques, révèle le site spécialisé GeekWire (en anglais). Mais c'est seulement le 30 janvier 2018 que le bureau américain des brevets et des marques de commerce les a validés. Schémas à l'appui, ces documents détaillent le fonctionnement de ces bracelets vibrants.

Schéma de l\'utilisation du bracelet electronique développé par Amazon.Schéma de l'utilisation du bracelet electronique développé par Amazon. (UNITED STATES PATENT AND TRADEMARK OFFICE)

Ce système de "traçage (...) des mouvements des mains d'un employé (...) pourrait être utilisé pour surveiller la réalisation de tâches assignées" comme l'inventaire et la préparation des commandes, expliquent les documents officiels relatifs à ce brevet. L'appareil est "prévu pour être porté (...) près de la main et pour émettre des vibrations".

Concrètement, si un employé place ses mains au mauvais endroit ou ne touche pas le bon objet au moment de la collecte dans les entrepôts, le bracelet pourra se mettre à vibrer par ultrason. Un moyen de guider, mais aussi de surveiller, tous les mouvements des salariés logistiques de l'entreprise.

Le contexte : des conditions de travail déjà difficiles

La polémique autour de ces bracelets est d'autant plus vive qu'Amazon est très critiquée à propos des conditions de travail de ses employés, dans certains entrepôts. Entre cadences minutées, troubles musculo-squelettiques et lettres recommandées au moindre fléchissement du salarié, franceinfo avait enquêté, en octobre 2017, sur l'envers du décor d'Amazon.

Dans les allées des entrepôts d'Amazon, tout est déjà minuté, codifié, scruté, grâce aux scanners utilisés à chaque étape du traitement des colis"Avec ça, ils savent exactement où vous vous trouvez et se servent de ces informations pour calculer votre temps d'arrêt", accusait alors Alain Jeault, employé sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) et délégué CGT.

Dans ce contexte, ces bracelets inquiètent, mais ne semblent pas surprendre les salariés du groupe. D'anciens et actuels employés d'Amazon ont ainsi déclaré au New York Times (en anglais) que "l'entreprise utilisait déjà une technologie de suivi similaire dans ses entrepôts", et qu'ils ne "seraient pas surpris si elle mettait ces brevets en pratique", relève Slate.

C'est une illustration de plus de l'obsession des dirigeants d'Amazon qui veulent avoir un contrôle total et une vision panoramique de tout ce qu'il se passe dans l’entrepôt.

"Ce bracelet n'est pas étonnant, c'est une continuité de la discipline de fer qui règne chez Amazon, estime aussi Jean-Baptiste Malet, journaliste et auteur d'En Amazonie, infiltré dans le "meilleur des mondes" (Ed. Fayard), à franceinfo. Ca a déjà cours dans les entrepôts, avec les scanners. Les employés sont tracés et ne font que obéir à des normes définies aux Etats-Unis."

Les réactions : "Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'inquiète-t-on en Italie

Peu après la publication de ces brevets, l'Italie s'est enflammée autour de ces bracelets électroniques. La polémique est remontée jusqu'au chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a estimé que "le défi, c'est un travail de qualité et non pas le travail avec un bracelet". "Homme ou esclave ? Je veux restituer la dignité du travail, certaines multinationales exploitent, pressent et ensuite mettent au rebut. Ça suffit !" a réagi de son côté le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini.

Les syndicats italiens ont aussi fait part de leur inquiétude. "Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'est interrogée la secrétaire générale de la Confédération générale italienne du travail, Susanna Camusso, dans 24 Ore. "Des plateformes numériques sont en train de créer une nouvelle forme d'exploitation", a renchéri Carmelo Barbagallo, secrétaire général de l'Union italienne du travail. En France, cette annonce n'a pas (encore) provoqué de réactions politiques.

On arrive à la robotisation de l'être humain.

"Ce qui est rassurant, c'est que ce bracelet provoque un tollé mondial, commente Jean-Baptiste Malet à franceinfo. J'espère que ça ne vas pas s'arrêter à une indignation morale. Ce n'est pas digne du progrès. On peut imaginer ce genre de bracelets vibrants pour un chien, et encore..."

La défense d'Amazon : "Des spéculations erronées"

Face au tollé, Amazon a décidé de réagir. "La spéculation à propos de ce brevet est erronée, a réagi une porte-parole d'Amazon. Chaque jour, dans n'importe quelle entreprise dans le monde, les employés se servent de scanners à main pour faire l'inventaire et préparer les commandes". 

L'entreprise vante même les bienfaits que pourraient avoir ces bracelets pour les salariés. "Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d'avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans", fait valoir Amazon, estimant que si cette idée devait être un jour mise en œuvre, elle améliorerait l'organisation pour les employés travaillant dans la préparation des commandes.

https://mobile.francetvinfo.fr/internet/amazon/faut-il-s-inquieter-des-bracelets-electroniques-developpes-par-amazon-pour-suivre-ses-salaries_2592472.html

Réforme de la fonction publique : «Emmanuel Macron prend des risques assez inconsidérés»

TRIBUNE LIBRE / Xavier Timbeau est directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), centre de recherches en économie de SciencesPo Paris. Il travaille dans le domaine de l’analyse macroéconomique, de la prévision macroéconomique, de la modélisation économique et de l’économétrie appliquée. Ses thèmes de prédilections sont le chômage, l'emploi, la croissance et l'inflation

Pour l'économiste de l'OFCE Xavier Timbeau, le projet du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre Gérald Darmanin s'annonce explosif. En cause : le bouleversement du statut des fonctionnaires, avec le lancement d'un plan de départs.

TL REFORME ACTION PUBLIQUE

RT France : Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont annoncé le 1er février une vaste réforme chamboulant la fonction publique, intitulée «Action publique 2022». Au menu, notamment : le lancement d'un plan de départs volontaires et le changement du statut des fonctionnaires. Ce projet traduit-il la promesse présidentielle de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d'ici à 2022 ?

Xavier Timbeau (X. T.) : Il faut attendre un peu de voir comment cela s'organise. Dans le programme d'Emmanuel Macron, l'objectif de l'économie des dépenses était posé [1]. Ici, le gouvernement concrétise cette trajectoire des dépenses, en annonçant des objectifs assez clairs en matière de nombre de fonctionnaires. C'est donc conforme à ce qu'avait dit Emmanuel Macron pendant la campagne. Il reste néanmoins une petite interrogation : Emmanuel Macron avait répété, à plusieurs reprises, qu'il fallait sortir d'une logique comptable, qu'il fallait s'intéresser à l'efficacité et à la qualité du service dans la fonction publique, qu'il y avait des secteurs dans lesquels il faudrait augmenter l'effort et d'autres dans lesquels il faudrait faire des gains d'efficacité. Tout cela devait passer par le plan d'investissement, l'utilisation du numérique...

Or, là, on a l'impression qu'on retombe sur un objectif quantitatif, derrière lequel on n'est pas capable de mettre beaucoup d'éléments de méthode [2]. Le seul élément sur lequel il y a un petit signe d'amélioration qualitatif du service public, c'est le fait d'abandonner le statut de la fonction publique [3].

RT France : Selon vous, cette annonce ne sert-elle pas à tester l'opinion publique pour voir comment elle réagit ? Ne serait-ce pas ainsi une bonne manière de faire passer une réforme ?

X. T. : Oui bien sûr. L'expérience de la Loi travail peut les conforter là-dessus. Le gouvernement peut ainsi dire qu'il n'a pas peur d'une réaction sociale, en attaquant le problème frontalement et en étant pédagogique... Cela semble passer comme une lettre à la poste. On se rappelle de la difficulté qu'avait eue François Hollande avec le projet de Loi travail et au contraire, la façon dont ça s'est passé au début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Avec la Loi travail, il y avait eu beaucoup de concertations avec les syndicats. Elles avaient été assez médiatisées. Il y avait l'affirmation d'un objectif et d'un mandat clairs qui avaient été donnés par le résultat des élections mais aussi d'une méthode qui consistait à recevoir et à parler avec tout le monde, avec laquelle on avait fait en sorte que la CFDT soit dans l'accompagnement complet du projet, pour mettre dans un coin la CGT et FO. Là, j'ai l'impression que c'est moins préparé, moins orchestré, avec moins d'accompagnement, moins de concertation. Emmanuel Macron n'a peut-être pas le même doigté dans la présentation des choses que François Hollande et cela va peut-être plus apparaître comme une provocation à un moment plus critique.[4] On voit mal l'objectif final. On ressent plutôt une manœuvre un peu provocatrice vis-à-vis des syndicats de la fonction publique. J'ai l'impression qu'Emmanuel Macron prend des risques assez inconsidérés.

RT France : Avec le risque cette fois-ci d'une mobilisation plus forte des syndicats ?

X. T. : Oui, on a toujours en tête Alain Juppé et la fonction publique en 1995. Ou encore le mouvement contre le CPE avec les jeunes. Là on est peut-être sorti de la relative rigueur avec laquelle Emmanuel Macron a fait passer la réforme du Code du travail et on entre dans un domaine où c'est un peu plus brutal. Il va peut-être se heurter à des mobilisations que ce soit dans la fonction publique ou dans la jeunesse. Cela semble moins tranquille pour le gouvernement.

RT France : Le gouvernement entend moderniser le secteur public, en passant notamment par une réduction des effectifs. Or, ces réductions d'effectifs ne risquent-elles pas de faire empirer la situation ?

X. T. : Je pense que c'est soit un paradoxe, soit une maladresse [de la part du gouvernement]. Je pense qu'il faudrait insister sur la nécessité d'avoir une grande qualité de services, probablement dire que cela ne marche pas aujourd'hui – la qualité de services rendus aujourd'hui n'est pas celle qui est attendue et ce n'est pas acceptable. On a tous les éléments de diagnostique pour l'éducation, on en a un certain nombre pour la santé et je pense que cela fait écho au ressenti de beaucoup de gens et je pense que la réponse idéale est de changer l'organisation, de restructurer la façon d'offrir ces services.

RT France :Dans le projet porté par le gouvernement, il est question d'avoir recours plus fréquemment à des contractuels ou des vacataires, qui seraient également payés par l'Etat et parfois plus chers que les fonctionnaires, comme c'est parfois le cas aujourd'hui...

X. T. : C'est pour cela que je pense que le discours devrait plutôt porter sur l'efficacité, sans parler de vacataires ou de contractuels. Là on renvoie à de vieilles méthodes, car la fonction publique a souvent recours aux vacataires. Ces dernières années, il y a plutôt eu un mouvement de régularisation des vacataires et des contrats à durée déterminée dans la fonction publique.

RT France :Selon vous, quels types de fonctionnaires seront ciblés par le projet gouvernemental ? Des fonctionnaires d'un domaine régalien ou plutôt de la fonction publique territoriale ?

X. T. : La fonction publique territoriale va faire partie des cibles pour les plans de départs volontaires, parce que c'est là que sont identifiés le plus de sureffectifs aujourd'hui.

Le changement de statut, quant à lui, peut s'appliquer aux secteurs comme l'éducation ou comme la santé, qui représentent des services hybrides. Il n'y a pas de police privée mais il existe une éducation et une santé privées.  Il y a coexistence de statuts public et privé, donc on peut s'appuyer là-dessus pour procéder à ces mutations.

Et puis il y a aussi tous les «nouveaux» secteurs, je pense notamment au secteur de la dépendance, dans lequel on n'a peut-être pas envie de créer de nouvelles fonctions publiques. Et si on doit augmenter les effectifs, parce que c'est ce qui nous pend au nez avec le vieillissement de la population dans les Ehpad [Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes], peut-être conviendrait-il de les augmenter sur la base d'un statut un peu différent de celui du fonctionnaire. Mais tout n'est pas encore très clair aujourd'hui.

https://francais.rt.com/entretiens/47815-reforme-fonction-publique-emmanuel-macron-prend-des-risques-assez-inconsideres

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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Pareil pour Frexit-Limousin.  Commentaires:

[1] "Dans le programme d'Emmanuel Macron, l'objectif de l'économie des dépenses était posé": en fait, il s'agit du programme de la Commission européenne (GOPE, art.121 du TFUE).

[2] "on a l'impression qu'on retombe sur un objectif quantitatif, derrière lequel on n'est pas capable de mettre beaucoup d'éléments de méthode": hypothèse: une fois la campagne terminée, les masques tombent et Macron se contente d'appliquer les directives.

[3] "Le seul élément sur lequel il y a un petit signe d'amélioration qualitatif du service public, c'est le fait d'abandonner le statut de la fonction publique": la position de l'auteur a le mérite de la clarté!

[4] "Là, j'ai l'impression que c'est moins préparé, moins orchestré, avec moins d'accompagnement, moins de concertation. Emmanuel Macron n'a peut-être pas le même doigté dans la présentation des choses que François Hollande et cela va peut-être plus apparaître comme une provocation à un moment plus critique": l'oligarchie s'inquiète de la méthode Macron, son arrogance pouvant à terme lui jouer des tours et devenir contre- productive, c'est toujours ça!    P.G.

L’Obs : nouveau plan social en vue ?

Le cabinet Secafi vient de réaliser un audit de L’Obs et le moins qu’on puisse dire, c’est que le journal de la gauche caviar ne se porte pas bien. En moins de quatre ans, depuis janvier 2014 et l’arrivée du trio Bergé-Niel-Pigasse – il a beaucoup perdu, tant en résultats qu’en lecteurs, et une nouvelle cure d’amaigrissement est encore prévue l’an prochain. Sans qu’elle puisse garantir la rémission.

Etiquettes1TL OJIM OBS

Selon l’audit, résumé dans un entrefilet du Canard Enchaîné (24.01), le chiffre d’affaire est en effet tombé de 80,4 à 57,5 millions d’euros en quatre ans (-28%), la vente au numéro a chuté d’un tiers, les recettes pub de 38% et le chiffre d’affaires issu des abonnements d’un quart – cela dit, c’est le problème de nombreux magazines et journaux qui, pour maintenir leur base de lecteurs, en sont réduits à proposer des abonnements à prix cassé par rapport au prix de la vente en kiosque, jusqu’à 80% de réduction. Jusque et y compris les sites de vente en ligne (Brandalley, Cdiscount…), ce qui n’encourage évidemment pas les lecteurs à acheter en kiosque…

La mauvaise santé de L’Obs se confirme dans les chiffres de la diffusion France payée, en recul de 5% sur 2016-2017 (4,92%) et de 29,4% depuis 2013. Pis encore, en 2006 L’Obs s’écoulait à 550 000 exemplaires par semaine, loin devant Le Point qui le rattrape désormais. Bref, L’Obs perd de l’influence, des lecteurs, et surtout de l’argent, malgré les subventions d’Etat (390 418 € en 2015). Les pertes atteignent ainsi 2,5 millions d’€ en 2015, 3 millions d’€ en 2016. Le licenciement politique d’Aude Lancelin, outre un effet désastreux sur la communication, n’a rien arrangé – L’Obs a en effet été condamné à lui payer 90 000€. Les plans sociaux n’ont pas suffi : après une première charrette en 2014 (37 départs) et une seconde en 2016 (43 licenciements), une nouvelle serait « dans les tuyaux pour l’an prochain », avance l’hebdomadaire satirique.

Le seul gagnant de l’opération est Claude Perdriel, sorti totalement du capital de L’Obs fin 2016, il est vrai après y avoir investi à perte des millions d’euros. Si l’audience numérique est au beau fixe – 2,14 millions de personnes sur tous supports, 95 000 lecteurs de plus par rapport à la vague précédente, en accord avec la tendance qui veut que « les journaux soient de moins en moins achetés, mais de plus en plus lus » – et que Matthieu Croissandeau estime pour Puremedias (avril 2017) que « “L’Obs” est en dynamique positive », le magazine ne roule pourtant pas sur l’or.

Et L’Obs a du faire face à des accusations particulièrement fortes de proximité avec Emmanuel Macron pendant la campagne, ce qui lui a aliéné une partie de ses lecteurs situés plus à gauche ou plus à droite. Outre l’affaire Aude Lancelin, la Une de Macron sous les barbelés a été descendu par son propre fondateur, tandis que Jean-Luc Mélenchon s’en est pris à plusieurs reprises à L’Obs.

Croissandeau affirmait aussi « aujourd’hui, “L’Obs” a adapté son modèle économique du point de vue de la masse salariale, mais on a aussi adapté notre modèle économique sur tous les autres coûts. Cela devrait nous permettre de revenir à l’équilibre cette année, parce que nos budgets prévoient de revenir à l’équilibre ». L’audit donne la preuve que non, puisque le journal continue à perdre de l’argent et à moins se vendre. Le magazine prépare d’ailleurs une nouvelle fusion pour économiser encore un peu : le titre Le Plus disparaîtra au profit de Rue89. Il s’agit plus d’une fusion de canards boiteux de la bobosphère que d’un nouvel acteur puissant : les deux titres ne comptent plus que 4 journalistes chacun, qui travaillent dans le même open space. Nolwenn Le Blevennec devrait diriger l’ensemble.

Il se trouve en effet que les actionnaires – Niel, Pigasse et Bergé décédé depuis – ont injecté 16,5 millions d’€ dans L’Obs depuis quatre ans et ne sont apparemment guère disposés à en rajouter. Si la presse est pour certains patrons une sorte de « danseuse » qui justifiait l’investissement par l’influence qu’on pouvait en tirer, elle s’avère fort chère pour des résultats finalement assez ténus et beaucoup d’embêtements. Bref, le journal de la gauche caviar devra passer aux chips et au pétillant premier prix.

https://www.ojim.fr/lobs-nouveau-plan-social-vue/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=1869fde3b0-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-1869fde3b0-71509009

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
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À Limoges, Alain Rousset pousse un coup de gueule sur la réforme de l'apprentissage : « Une stupidité et un danger »

Lors de l’inauguration du CFA Bâtiment de Limoges, vendredi, Alain Rousset a dit sa crainte de la réforme de l’apprentissage. Une vision pas toujours partagée.

ACT APPRENTISSAGE LIMOUSIN

En politique, Alain Rousset n’a rien d’un apprenti. Mais quand le président de région inaugure, ce vendredi, les travaux du CFA Bâtiment de Limoges, rénové et amélioré pour 2,5 M€ et près d’un an de travaux, l’occasion est trop belle de remettre une pièce dans la machine à clash.

« Les territoires, Paris n’y comprend rien »

L’apprentissage est, avec la formation professionnelle, une de ses marottes et la réforme envisagée par le Gouvernement sur le sujet ne lui plaît guère - c’est un doux euphémisme. « Je vais mettre les pieds dans le plat, annonce-t-il d’emblée. Je suis très inquiet de cette réforme, car elle veut sortir les régions de la gestion de l’apprentissage. C’est une stupidité et un danger. »

Interrogé à la fin de la visite, Alain Rousset a pointé « les risques de suppressions » de CFA. « C’est un vrai problème d’aménagement. L’enjeu, ce sont les territoires et ça, Paris n’y comprend rien. Le recrutement des CFA se fait à 10-15 kilomètres. C’est dommage car l’apprentissage, c’est le bon levier de croissance. C’est là qu’il y a une stupidité. Et le danger, pour le gouvernement, c’est que ce sont des mines qui risquent d’exploser sous les pieds de Macron. » Le Medef, aussi, en prend pour son grade : « Tout ça à cause des batailles à l’intérieur du MEDEF, entre les candidats opposés pour la présidence. Ils veulent reprendre l’argent par l’URSSAF et le redistribuer on ne sait pas comment. » Fin du réquisitoire.

Dans l’assistance, la plaidoirie pro domo est différemment appréciée. « Chacun défend son pré carré, juge Jean-Claude Brandy, vice-président région de fédération du bâtiment. Il faut un financeur, mais aussi que les professionnels soient entendus, notamment sur les nouvelles techniques et les évolutions des métiers. »

« C’est l’argent des entreprises »

« Alain Rousset est dans son rôle, ajoute Pierre Coinaud, vice-président national de la CPME. Mais l’apprentissage, c’est de l’argent des entreprises et il doit être géré par les entreprises. Il faut pas dire que des CFA vont disparaître. Il faut les gérer par contrat et revenir à la base. Ça représente quand même 1,6 milliard. C’est vrai qu’en Nouvelle-Aquitaine, ça marche bien, mais ce n’est pas le cas partout. »

« J’aimerais bien qu’on me démontre déjà si réellement ça ne marche pas, insinue Alain Rousset. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. » Au centre de son interrogation, se trouve la carte des formations, sur laquelle la Région a, jusqu’à présent, la haute main. « La réserve pour  augmenter le nombre d’apprentis, ce sont les lycées professionnels. Et dans ce nouveau cadre, il n’y aurait pas d’arbitrage et ils pourraient y avoir des formations en concurrence », plaide-t-il.

Le gouvernement « a fait un pas »

Ce discours offensif arrive également à la fin d’une session d’une semaine d’Alain Rousset sur l’apprentissage. Sur le sujet, le président a multiplié les rendez-vous, avec l’Élysée notamment, afin de peser de tout son poids. « Tout le monde nous dit que ce que fait la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne est parfait. Pourquoi pas le dupliquer avec des contrats d’objectifs et de moyens dans les autres régions ? » « Il y a une concertation en cours et autant Édouard Philippe que Muriel Pénicaud ont fait un pas vers les régions », rappelle la députée en Marche de Haute-Vienne, Marie-Ange Magne. Mais entre « faire un pas » et tenter de mener la danse, Alain Rousset a choisi la deuxième option.

Sébastien Dubois

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/btp-industrie/2018/02/02/a-limoges-alain-rousset-pousse-un-coup-de-gueule-sur-la-reforme-de-l-apprentissage-une-stupidite-et-un-danger_12725637.html

En savoir plus:

Réforme de l'apprentissage : ce que prépare Macron pour 2018

Après la réforme du Code du travail, le gouvernement s'attaque à celle de l'apprentissage. Les groupes de travail ont commencé à plancher le 10 novembre et ont rendu leur premier rapport le 29 janvier.

Depuis son élection à la présidence de la République le 7 mai 2017, Emmanuel Macron ne s'en cache pas : il souhaite réformer en profondeur le modèle social français. Après avoir signé les ordonnances visant à réformer le Code du travail le 22 septembre 2017, il s'attaque à de nouveaux chantiers : réforme de l'assurance chômage, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

Concernant l'apprentissage, quelques pistes ont été lancées par le président de la République lors d'un déplacement dans un lycée professionnel à Egletons le mercredi 4 octobre. Mais pour le moment, rien de concret n'a été promis. Le 12 et 13 octobre, Emmanuel Macron a reçu individuellement les syndicats à l'Elysée pour lancer officiellement un round de négociation qui devrait réformer en profondeur l'apprentissage en entreprise à l'horizon 2018.

Le vendredi 10 novembre, le coup d'envoi officiel de la réforme de l'apprentissage a été donné par Muriel Pénicaud (ministre du Travail), Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale) et Frédérique Vidal (ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation). Quatre groupes de travail ont été mis en place et traitent des sujets suivants :

  • Parcours de l'apprenti
  • Apprentissage en entreprise
  • Financement de l'apprentissage
  • Offre de formation et de certification

Les groupes composés d'experts ont rendu leurs conclusions à le lundi 29 janvier 2018. Sylvie Brunet, présidente de la section du travail et de l'emploi au Conseil économique et social a remis un gouvernement un rapport qui doit inspirer la réforme de l'apprentissage. Celui-ci comporte 44 propositions concrètes qui concernent les employeurs et les apprentis. Les principales sont :

  • Mise en place d'une journée entière consacrée à l'apprentissage dans les classes de 4ème. Le but serait de permettre aux entreprises et aux artisans de venir parler de leurs métiers.
  • Faire en sorte que la rupture d'un contrat d'apprentissage ne soit plus du domaine des prud'hommes.
  • Supprimer la limite d'âge pour l'apprentissage. Pour le moment, la limite est de 26 ans.
  • Mise en place d'un guichet unique auquel TPE et PME peuvent s'adresser.
  • Prodiguer aux enseignants des modules obligatoires de formation à l'apprentissage
  • Il est également prévu de "recentrer les diplômes professionnels autour des familles de métiers". Pour cela, il est selon le rapport nécessaire de "réformer en profondeur l'enseignement professionnel dans son ensemble.

Suite à la publication de ce rapport, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud a dévoilé les principaux objectifs de la réforme sur Europe 1 le 31 janvier 2018. Selon elle, il est  primordial d'associer les régions et les branches : "on ne peut pas avoir d'apprentissage sans entreprises et sans branches (…). Mais nous avons aussi besoin des régions. Il faut veiller à ce qu'on ait des centres de formation aussi bien en Seine-Saint-Denis que dans la Creuse". Selon elle, le but ultime de la réforme est le suivant : "avoir un  système beaucoup plus simple. On va garantir que pour tout jeune et toute entreprise qui veulent signer un contrat, le financement existe. Et pour cela, on va fluidifier les choses".

Le programme d'Emmanuel Macron avait prévu de mener une action d'envergure en faveur de l'apprentissage. Celle-ci pourrait être menée dès le lycée. Il est en effet promis de "développer les périodes de pré-apprentissage et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Des licences professionnelles seront préparées sur trois ans et en alternance".

Pour favoriser l'employabilité des alternants, le programme du mouvement En Marche prévoyait également d'associer étroitement les branches professionnelles : "Nous ferons converger les contrats existants et impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l'organisation des formations".

Grâce à cette réforme, le gouvernement souhaite considérablement augmenter le nombre d'apprentis afin de faire baisser le chômage des jeunes. Une politique confirmée par Muriel Pénicaud, ministre du Travail qui  accompagnait Emmanuel Macron lors de son déplacement à  Egletons le 4 octobre : "En France, seuls 7% des 18-25 ans sont en apprentissage. Tous les pays qui ont vaincu le chômage de masse affichent un taux de 15%, voire 20%. Il faut changer notre paire de lunette".

Cela passe notamment par une revalorisation de l'apprentissage. Aux yeux du président, ce mode d'enseignement est à tort dévalorisé. En Corrèze il a appelé à "arrêter avec le défaitisme français. Avec ceux qui disent que l'apprentissage, c'est pour ceux qui ne réussissent pas. Les filières d'apprentissage et d'alternance sont des filières d'excellence (…) Il existe des a-priori,  parfois de la part des enseignants. Parfois des conseillers d'orientation. Souvent des familles. Il faut sortir de l'idée que les métiers pour lesquels on doit passer par l'alternance sont des sous-métiers". Selon le successeur de François Hollande, cette réforme va "nécessiter plein de petites révolutions structurelles et organisationnelles".

La réforme de l'apprentissage en 2018

Les travaux préparatoires de la réforme ont débuté le 12 octobre, jour où Emmanuel Macron reçoit les représentants syndicaux à l'Elysée pour donner officiellement le coup d'envoi des négociations. Ces dernières sont obligatoires depuis la loi Larcher de 2007 sur le dialogue social. La seconde phase prend la forme de travaux de réflexion menés par des groupes de travail. Lancés le 10 novembre 2017, ils devaient délivrer un diagnostic en janvier 2018.

(...) Le projet de loi, sera présenté au Parlement au printemps 2018. A l'inverse de la réforme du Code du travail, le gouvernement compte recourir à la méthode législative classique et non pas aux ordonnances.

Apprentissage : le rôle des branches

Un des objectifs de la réforme est de faire en sorte que l'apprentissage soit véritablement en lien avec les besoins du marché du travail. Tout comme pour les négociations syndicales, le gouvernement souhaite donc accorder davantage de rôle aux branches en matière d'apprentissage. Ainsi, il pourrait suivre les recommandations du Medef qui demande la construction de diplômes et de certifications au niveau des branches. Une mesure à laquelle le président de la République n'est pas hostile : "les branches doivent définir la maquette pédagogique avec l'Education nationale et définir les critères nécessaires en termes d'organisation", a-t-il estimé à Egletons.

http://www.journaldunet.com/management/formation/1197883-reforme-de-l-apprentissage-ce-que-prepare-macron-pour-2018/

Apprentissage. Rémunération, âge... Ce qui pourrait changer à l'avenir

Après plusieurs semaines de débat entre les régions et les syndicats patronaux, le rapport pour le développement de l'apprentissage a été publié mardi 30 janvier. Mais il ne statue pas sur l'entité qui obtiendra la gouvernance.

Devenir apprenti à tout âge, autoriser les mineurs à travailler jusqu'à minuit dans la restauration, revoir la rémunération... Voici les pistes pour relancer l'apprentissage. Le rapport, issu d'une concertation, a été publié mardi 30 janvier et avance une quarantaine de propositions.

Entamée mi-novembre, cette concertation a rassemblé tous les acteurs de l'apprentissage (régions, partenaires sociaux, professionnels du secteur) et a donné lieu à un bras de fer entre les régions et les syndicats patronaux, notamment le Medef, sur le pilotage de l'apprentissage.

Aucune limite d'âge

« Les axes retenus sont, dans l'ensemble, ceux qui ont fait l'objet d'un large consensus », explique le rapport. Parmi les pistes proposées, il est suggéré de pouvoir débuter un contrat d'apprentissage à tout moment de l'année. « Aujourd’hui, un jeune et une entreprise qui rompent le contrat de travail ou qui se rencontrent en cours d’année, on leur dit qu’il faut attendre septembre prochain. Les jeunes perdent une année, c’est énorme », a commenté le mercredi 31 janvier la ministre du Travail Muriel Pénicaud, sur Europe 1.

Autres propositions importantes : la possibilité d'entrer en apprentissage à partir de 16 ans mais sans limite d'âge supérieure (contre 25 ans actuellement avec des expérimentations jusqu'à 30 ans), ou encore aménager les règles pour les apprentis mineurs.

Faciliter la réorientation

Dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, il s'agirait d'étendre à minuit l'autorisation de travail de nuit, et dans le BTP de permettre par accord collectif de déroger aux 8 heures journalières ou aux 35 heures hebdomadaires. Sont aussi envisagées une « aide personnalisée au transport et à l'hébergement » sous conditions de ressources, l'attribution de la prime d'activité ou encore la revalorisation des grilles de rémunération.

Pour plus de fluidité, il est aussi proposé de pouvoir rompre le contrat plus facilement dans les cas de faute grave ou de démission et de favoriser les « stages passerelles » pour changer plus facilement de formation en cours ou à la fin de l'année.

Une journée d'information en 4e et 3e

Le rapport suggère aussi de mettre en place une formation obligatoire pour les futurs maîtres d'apprentissage et de réfléchir à une revalorisation financière de cette fonction clé. Autre terrain d'action : l'information, pour redorer l'image d'une filière qui souffre d'une « méconnaissance généralisée ».

Le rapport propose d'instaurer une journée d'information sur les métiers en classe de 4e et 3e et « un module de sensibilisation » pour les professeurs, chefs d'établissements et inspecteurs de l'Education nationale. Pour Muriel Pénicaud, il faut « que tous les jeunes puissent avoir accès pour les différentes formations en apprentissage à tout un travail pour que les jeunes et les familles puissent faire leur choix ».[??]

L'idée d'un « sas » pour « préparer le jeune à l'entrée en apprentissage » est aussi évoquée. Autre suggestion : créer une « agence de l'apprentissage », « tête de réseau » de la politique publique de l'apprentissage.

Réponse en février

Si le rapport affiche clairement son envie de relancer l'apprentissage, il ne prend cependant pas position sur les sujets qui fâchent : le financement et la gouvernance. En effet, depuis plusieurs semaines, les régions et les syndicats patronaux se disputent le pilotage de l'apprentissage. Au point d'écourter les concertations.

(...)

Le gouvernement a prévu de dévoiler son plan « la première quinzaine de février », avec pour horizon un projet de loi au printemps. Réponse, donc, dans les prochains jours...

http://jactiv.ouest-france.fr/actualites/france/apprentissage-remuneration-age-ce-qui-pourrait-changer-lavenir-83341

Le Conseil régional veut être acteur de la réforme de l'apprentissage

(...)

Existerait -il un modèle néo aquitain de l'apprentissage ? A en croire les dernières statistiques en région Nouvelle Aquitaine, oui. Le nombre d'apprentis est en progression constante sur les dernières années pour atteindre 38 000 apprentis du CAP au niveau ingénieur : + 9 % de contrats signés depuis la rentrée 2015. On dénombre 102 CFA et 375 sites de formation. "Depuis des années, nous travaillons avec les branches professionnelles et les entreprises pour l'élaboration et le suivi des cartes des formations. Nous avons misé sur la proximité et le partenariat, dans une démarche d'aménagement du territoire cohérente et juste, conjurant ainsi le risque de fermeture de certains sites," rappelle Alain Rousset, le président socialiste de la région Nouvelle Aquitaine, en ouverture d'une réunion organisée ce lundi matin à Coulounieix Chamiers (24), avec tous les acteurs du secteur, directeurs de CFA, les présidents des Organismes Gestionnaires des CFA, représentants de chambres consulaires régionales et départementales et les branches professionnelles.

Inquiétudes et incompréhension

La réforme de l'apprentissage, en cours de débat, inquiète. Les Régions pourraient être dépossédées du pilotage du sujet au profit des branches professionnelles avec la crainte que les territoires en souffrent. Elle pourrait conduire à la fermeture de nombreux Centres de formation des apprentis, en particulier dans des territoires ruraux. Au cours de la matinée, les différents intervenants ont rappelé l'action de la région en matière d'apprentissage, qui joue un rôle de pilote. Exemple, sur les trois derniers exercices 118, 6 millions d'euros ont été consacrés à la modernisation et à la réhabilitation de lycées professionnels ou CFA publics ou privés, 100 millions sont prévus pour la période 2018-2020. Les aides régionales concernent aussi les aides à la mobilité, à l'équipement, à l'hébergement des jeunes gens qui s'engagent dans cette voie, sans oublier les campagnes de promotion pour changer l'image de l'apprentissage auprès des jeunes et des familles. Le "modèle Aquitain" fonctionne plutôt bien : 84 % des apprentis obtiennent leur diplôme et 64 % d'entre eux décrochent un emploi dans les sept mois. Alain Rousset dénonce un paraxode dans la construction du projet de réforme. "70 % des apprentis sont embauchés chez des artisans et dans des entreprises de moins de 10 salariés et on veut confier cette réforme à ceux qui ont le moins recours à ce type de contrat pour qu'ils s'approprient le dispositif." Chez les représentants des chambres consulaires, chambres de commerce et chambre de métiers,  ce projet suscite beaucoup d'incompréhension : "cette réforme, on ne la comprend pas. Il faut qu'elle soit co-construite avec les besoins des entreprises," indique Jean-Pierre Gros, président de la CRMA Nouvelle-Aquitaine. Le représentant de l'association régionale des directeurs de CFA dénonce quant à lui "une réforme hors sol," où les CFA ne sont pas conviés dans le débat national, malgré la "volonté de collaborer".

Une voie choisie

Les différents interlocuteurs ont insisté sur le fait que l'apprentissage devait être davantage une voie d'orientation choisie et non pas réservée à des jeunes en échec scolaire.  Jean-Louis Nembrini, le vice président de la Région en charge des lycées et de l'éducation a indiqué, qu'il n'était pas opposé à un abaissement de l'âge d'entrée en apprentissage à condition que le jeune demeure sous statut scolaire. "Les deux voies de formations, initiale et professionnelle, doivent être complémentaires." La carte de l'apprentissage doit favoriser la mixité des parcours et surtout l'ascenseur social.

La matinée s'est clôturée par la signature d'un manifeste pour défendre l'apprentissage. Le texte réaffirme que l'apprentissage est une voie d'excellence et met en lumière une conception partagée. Il revendique  dans le cadre de la réforme à venir, la capacité à poursuivre une action collective avec comme chef de file la Région dans son rôle de régulateur public. "L'apprentissage prend racine dans le territoire régional. La Région doit demeurer le bon niveau de pilotage et d'organisation."

http://www.aqui.fr/politiques/le-conseil-regional-veut-etre-acteur-de-reforme-de-l-apprentissage,16749.html

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Voilà ce que j'ai pu glaner sur le sujet, difficile d'en savoir plus, les grandes décisions n'étant pas encore prises, notamment sur le pilotage réel du dispositif. Ce qui rend la chose compliquée, de mon point de vue, est que la revendication des régions est partiellement légitime, puisqu'il s'agit de défendre l'importance d'une régulation publique et d'un lien avec l'aménagement du territoire. Reste qu'avec le nouveau périmètre des régions imposé par Bruxelles, la question est à double tranchant, d'autant que le périmètre de l'Etat- nation semble en dehors du débat, de même que l'intervention réelle de l'Education nationale dans ce secteur- clé. Attendons donc d'en savoir plus... P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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