lundi 5 février 2018

Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires: communiqué de presse UPR

Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires : l’UPR renvoie dos-à-dos le gouvernement et le Parti socialiste, qui a lui-même appliqué cette politique exigée par la Commission européenne lorsqu’il était au pouvoir.

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L’Union populaire républicaine (UPR) trouve particulièrement indécentes et grotesques les critiques du Parti socialiste (PS) à l’encontre du projet de MM. Macron et Philippe de supprimer le nombre astronomique de 120 000 postes de fonctionnaires, dont 50 000 dans la fonction publique d’État et 70 000 dans la fonction publique territoriale, probablement d’abord dans les communes et les départements.

Lorsqu’il était au gouvernement, le PS n’a cessé, en effet, de comprimer les budgets publics et a, lui aussi, procédé à des suppressions massives de postes de fonctionnaires.

Comme tous les partis européistes (REM, PS, LR, MoDem) ou « alter-européistes » (FN, DLF, EELV, PCF, FI), l’ex-« parti de la rue de Solférino » ment sur la véritable origine de ces décisions. Les gouvernements français qui se succèdent ne sont que des lampistes qui exécutent des instructions venues d’ailleurs.

L’UPR rappelle que, pendant la campagne présidentielle, seul François Asselineau avait précisément et dûment informé les Français sur les vraies causes des coupes sombres dans les budgets publics et les effectifs de fonctionnaires, décidées par tous les gouvernements de droite ou de gauche. Il s’agit d’une conséquence directe de l’austérité sans fin imposée à la France par son appartenance à l’Union européenne et à l’euro.

A contrario, seul le Frexit permettra à la France de retrouver des marges budgétaires significatives :

  • grâce à l’arrêt de notre contribution nette au budget de l’Union européenne (qui nous fera économiser au bas mot 9 milliards d’euros nets par an, et sans doute beaucoup plus) ;
  • grâce à l’allègement de nombreuses réglementations européennes, qui sont inutilement complexes pour les centaines de milliers de commerçants, artisans TPE et PME qui n’exportent pas (qui fera économiser à l’économie française plusieurs dizaines de milliards d’euros par an) ;
  • grâce à une puissante politique de relance du pouvoir d’achat des ménages et une gestion appropriée d’une monnaie nationale retrouvée, qui permettra de procéder à une vigoureuse relance économique, engendrant elle-même une forte croissance des recettes fiscales.

L’UPR rappelle à ce propos que les fonctionnaires sont des êtres de chair et d’os qui vivent dans des foyers familiaux et que le foyer moyen français se compose en moyenne de 2,3 personnes. Dès lors, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires signifie que ce sont quelque 250 à 300 000 Français qui risquent, à courte ou moyenne échéance, de se retrouver dans la précarité et dans l’angoisse du lendemain, du fait de la perte d’emploi de l’un de ses membres.

Comme on le constate depuis vingt ans, loin de réduire le déficit de l’État, les nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires annoncées par le gouvernement vont donc au contraire l’aggraver, en contractant la consommation et l’investissement des ménages, et donc les recettes fiscales qui en découlent.

Comme ses prédécesseurs, Macron et le gouvernement Philippe appliquent servilement les instructions ultra-libérales des traités européens et de la Commission de Bruxelles, qui ignorent tout des analyses économiques keynésiennes.

L’UPR rappelle enfin que, derrière la prétendue logique budgétaire qui préside aux suppressions de postes de fonctionnaires à répétition, se cache, en réalité, la volonté subreptice de détruire l’État, ainsi que les collectivités locales qui ne s’inscrivent pas dans le projet d’« Europe des régions » : les communes et les départements.

Là encore, seul François Asselineau avait mis les Français en garde pendant la campagne présidentielle contre la politique dite des « Euro-régions » qui consiste à promouvoir la pseudo-indépendance de régions entières dans le cadre de l’Union européenne : aujourd’hui la Catalogne, demain la Corse et bien d’autres.

Pour conclure, l’UPR s’étonne que les médias continuent de donner un écho aussi tonitruant au Parti socialiste alors que parti est en passe de ne plus être qu’une coquille vide désertée par ses militants, un bateau ivre sur le plan idéologique et programmatique, et un acteur de taille modeste dans les urnes.

(NOTA : L’UPR signale qu’avec 332 547 voix, François Asselineau a obtenu à l’élection présidentielle une fraction significative – de 15% – des 2 291 288 voix de Benoît Hamon soutenu par le PS et infiniment plus médiatisé.  En outre, lors des élections législatives partielles de dimanche dernier (28 janvier 2018), les candidats de l’UPR ont rassemblé respectivement 17% et 32% du nombre des voix obtenues par les candidats du PS, dans les 1res circonscriptions du  Val-d’Oise et du Territoire de Belfort. C’est peu dire que l’UPR est très loin de bénéficier de proportions comparables des temps de parole du PS dans les médias audiovisuels nationaux.)

 

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ENTRETIEN N°57 – Législatives – Actions juridiques – Croissance – Volkswagen – Réunion du BN

Le président de l’UPR François Asselineau analyse l’actualité récente au 31 janvier 2018.

FA ENTRETIEN 57

Sommaire :
00:23 Quels enseignements tirez-vous des élections législatives partielles ?
05:15 Que pourrait-on améliorer pour les prochaines élections législatives ?
10:28 Est-ce que d’autres résultats ont retenu votre attention lors de ces législatives ?
13:45 Que fait l’UPR pour défendre ses droits sur le plan juridique ?
19:35 L’INSEE a annoncé que la croissance française s’élèverait à 1,9% en 2017. Qu’en pensez-vous ?
24:26 Actualités internationales : Liste du Kremlin
27:25 Actualités internationales : Affaire Catalogne-Puigdemont
29:17 Actualités internationales : Scandale Volkswagen
31:53 Autre sujet : Fermeture de la « documentation française » du quai voltaire.
34:08 Point sur l’UPR : Situation du parti, réunion du bureau national et élections à venir.

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Crédits : Intervenant : « François Asselineau » – Président de l’UPR.
Réalisation, voix off, technique et montage : « Fabien SEMAT »
Animations graphiques : @PierreDuNet

https://www.upr.fr/actualite/entretien-n57-legislatives-actions-juridiques-croissance-volkswagen-reunion-bn

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4 février 1794 La Convention abolit l'esclavage

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'assemblée de la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

HIST ESCLAVAGE

Querelles autour des grands principes

Quand, au début de la Révolution, la célèbre Nuit du 4 août met fin aux privilèges féodaux, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'étendre aux esclaves le principe d'égalité devant la Loi.

Les représentants des colonies menacent de se séparer de la métropole si l'on abroge l'esclavage et, le 28 mars 1792, l'Assemblée législative se contente d'établir une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves).

Les esclaves se révoltent

Abolition de l'esclavage (1794), allégorie (bureau du patrimoine du Conseil régional de la Martinique)Ces demi-mesures et ces dissensions ne satisfont guère les esclaves. En Guadeloupe, une révolte aussi brève que violente éclate dans la nuit du 20 avril 1793. Plusieurs Blancs sont massacrés.

À Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), la principale et la plus riche de toutes les colonies françaises, affranchis et esclaves se soulèvent à leur tour et les commissaires de la République se résignent le 4 septembre 1793 à proclamer la liberté des esclaves.

Le décret de Pluviôse, voté dans l'enthousiasme, généralise ces décisions. Il énonce : «La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution».

Le décret ne sera en définitive appliqué qu'en Guadeloupe et en Guyane avant d'être abrogé par le Premier Consul en 1802.

https://www.herodote.net/4_fevrier_1794-evenement-17940204.php

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Les indiscrétions de la semaine en Limousin et Nouvelle-Aquitaine

(...)

ACT LIMOUSIN DEBAT

L’hôpital sous hashtag

Sur Twitter, la guerre à coups de hashtags n’épargne pas le monde de la santé. Au tweet #Balancetonhosto, où soignants et usagers pointaient du doigt les défaillances de leur centre hospitalier, voire réglaient leurs comptes, les établissements répondent désormais par #FierDeMonHopital. Le CHU de Limoges n’échappe pas au phénomène. Et depuis lundi, il a régulièrement alimenté son fil Twitter de messages bienveillants de patients, partenaires, ou de visuels affichant « Fiers de participer tous les jours au service public de santé » ou encore « Fiers, chaque jour, de mettre au monde vos bébés ». Un contre-feu qui entraîne à son tour… des critiques. Bref, #querellesansfin… 

Justice

La configuration choisie pour l’audience de la rentrée solennelle de la cité judiciaire de Limoges a surpris, pour ne pas dire agacé, bien des invités… En raison de salles d’audience bien trop étroites pour accueillir les personnalités publiques, politiques, les officiers de police et de gendarmerie, les avocats, les magistrats de la cour d’appel invités, le choix a été fait de s’installer dans la salle des pas perdus. Mais ladite salle n’est autre qu’un long couloir et seuls les magistrats et greffiers de la cité judiciaire, ainsi que quelques happy-few, ont eu la possibilité de s’asseoir, les autres étant relégués derrière des cordons, debout et tassés. Quelques rires plus ou moins grinçants ont fusé quand le président Benoît Giraud, suivant le protocole, a déclaré l’audience ouverte pour conclure par la formule classique : « vous pouvez vous asseoir ». Pour accentuer l’inconfort de la situation, certains avocats n’ont pas manqué de le prendre au mot…

(...)

Débat ou pas ?

Le fameux débat citoyen sur le thème du « Limousin dans la Nouvelle-Aquitaine » promis par les avocats ne trouve pas de date, l’emploi du temps du président Rousset étant particulièrement chargé. De plus, les avocats n’en n’ont pas fini avec la menace qui pèse sur leur cour d’appel. En coulisse, ils se battent sur les spécialisations des juridictions.

(...)

https://www.lepopulaire.fr/limoges/opinion/institutions/2018/02/04/les-indiscretions-de-la-semaine-en-limousin-et-nouvelle-aquitaine_12727334.html#refresh

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Même pas une minute pour le Limousin ? On notera au passage le titre qui distingue le Limousin et la Nouvelle Aquitaine.: même la presse n'arrive pas à s'y faire!   S.R.

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La Russie vend des avions militaires et fournit une coopération technique à l’armée du Myanmar

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Sur ce site, nous avons à plusieurs reprises relayé la question du Myanmar (Birmanie) à travers l'affaire des Rohingyas et les enjeux géopolitiques dans la région, opposant les intérêts américains et, entre autres, les intérêts chinois, indiens et russes. Cet article confirme l'enjeu stratégique autour d'une possible déstabilisation du Myanmar, dans un contexte international tendu.  P.G.

TRIBUNE LIBRE /

Par Nyein Nyein

TL BIRMANIE ARMES

Publié le 30 janvier 2018 dans The Irrawaddy

La Russie respectera un accord de vente d’avions militaires et fournira une coopération technique à l’armée du Myanmar, a déclaré Moscou après que l’accord ait attiré les critiques des Etats-Unis.

Le Kremlin a réaffirmé vendredi son attachement à cet accord, signé le 20 janvier lors de la visite du ministre russe de la Défense Sergey Shoigu dans le pays, et prévoit la vente par Moscou de six avions de chasse SU-30 à la Tatmadaw (l’armée birmane). Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat américain, a demandé à Moscou de reconsidérer l’accord. Dans sa réponse, Moscou a déclaré que la vente de matériel militaire au Myanmar visait à aider le pays à renforcer sa capacité de défense.

Vendredi dernier, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré que « la Russie a invariablement respecté les normes, règles et principes du droit international [dans le domaine de la coopération militaro-technique] et continuera de le faire à l’avenir ». . Il va sans dire que, pour cette raison, nous ne pouvons pas prêter attention à de telles accusations [de la part des États-Unis concernant les livraisons d’avions de combat au Myanmar]. »

Dans une déclaration datée du 26 janvier et publiée sur la page Facebook de l’ambassade de Russie, le Département russe de l’information et de la presse a déclaré: « Nous croyons que la coopération militaro-technique est une composante légitime des relations interétatiques sauf si cela contredit les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU. Les livraisons de matériaux militaires russes au Myanmar visent à renforcer les capacités de défense du pays. Seule une imagination très vive de nos collègues du Département d’Etat des Etats-Unis peut percevoir un lien entre cette tâche et la menace de souffrances encore plus grandes des civils. »

Le communiqué ajoute que la Russie continue de participer aux efforts de la communauté internationale pour faciliter la normalisation de la situation au Myanmar, notamment dans l’État Rakhine, tout en respectant la souveraineté du pays et en s’engageant à ne pas interférer dans ses affaires intérieures ainsi qu’à fournir une aide humanitaire lorsqu’elle est demandée.

La déclaration affirme que malgré le fait que les ventes d’équipements militaires des Etats-Unis dans la région Asie du Sud-Est aient entraîné des destructions et des dommages lors de récents conflits, « cela n’empêche pas Washington de vendre des armes létales aux pays du sud-est asiatique ni de renforcer sa présence militaire directe à proximité de cette région. »

Les analystes politiques ont prédit que Moscou étant déterminé à favoriser la collaboration entre les forces armées, les relations militaires entre la Russie et le Myanmar ne feraient que se renforcer.

Ko Ye Myo Hein, directeur exécutif de l’Institut d’études politiques de Tagaung, basé à Yangon, a déclaré que depuis que le Myanmar avait été confronté à la pression internationale sur la crise de l’Etat Rakhine, les relations entre la Russie et le Myanmar, qui s’étaient déjà améliorées ces derniers temps, allaient se « renforcer davantage ».

La Russie et le Myanmar entretiennent de bonnes relations depuis que l’armée russe a commencé à vendre de l’équipement militaire au pays dans les années 2000. La Russie a également invité des soldats du Myanmar à étudier dans le pays et a fourni à la Tatmadaw une technologie militaire.

« L’armée du Myanmar recherchait de meilleurs équipements militaires pour se renforcer et se moderniser et a découvert que les équipements militaires russes servaient ses objectifs car, bien que la Tatmadaw se soit appuyée sur la Chine pendant des décennies durant la période des sanctions occidentales, la qualité des équipements militaires chinois n’est pas aussi bonne qu’elle le semblait », a déclaré Ko Ye Myo Hein.

U Ye Tun, un analyste politique et ancien législateur du canton de Hsipaw, dans l’Etat de Shan, a exprimé une opinion similaire, affirmant que les relations militaires entre la Russie et le Myanmar allaient probablement s’intensifier à long terme.

Le plan de la Tatmadaw d’obtenir des avions de combat a également suscité des inquiétudes au Myanmar, étant donné sa volonté manifeste d’utiliser le bombardement aérien comme on l’a constaté tout récemment dans l’État Kachin. Il y a quelques jours, des bombardements aériens et des tirs d’obus de mortier ont tué au moins quatre personnes et déplacé et pris au piège plus de 3,000 résidents locaux dans les townships de Tanai et de Sumprabum.

U Ye Tun a déclaré que le cycle d’approvisionnement actuel de la Tatmadaw pour ses forces aériennes était plus lié à la crise dans l’État Rakhine, car l’armée a besoin de renforcer ses capacités plutôt que d’être déployée contre d’autres groupes ethniques.

« Les approches adoptées par la Russie, la Chine et l’Inde à l’égard du Myanmar en ce qui concerne la crise de l’Etat Rakhine sont différentes de celles de l’Occident, car elles comprennent le Myanmar. Leurs interventions visent plus directement à réduire les tensions. Mais nous constatons une approche totalement différente de la part des Etats-Unis », a-t-il déclaré.

Nyein Nyein le 30 janvier 2018

Nyein est Senior Reporter à l’édition anglaise de The Irrawaddy.

Le magazine The Irrawaddy a été fondé en 1993 par des journalistes birmans exilés en Thaïlande.  Parmi eux, beaucoup ont été témoins ou ont participé aux soulèvements pro-démocratie historiques de 1988. The Irrawaddy a été la première publication non affiliée aux mouvements dissidents birmans. Ses articles critiques l’ont fait interdire au Myanmar. Toute personne surprise avec un exemplaire risquait l’arrestation et la prison. En 2000, le site The Irrawaddy a été lancé, et aussitôt bloqué au Myanmar, et ce pendant onze ans. Quand les restrictions sur les médias ont été assouplies en 2011, The Irrawaddy a enfin pu être lu depuis le pays sur Internet. La version papier a commencé à être légalement distribuée dans tout le pays en 2013Depuis sa création, The Irrawaddy s’efforce de donner aux lecteurs des informations différentes. Il a une ligne éditoriale pro-démocratie, qui considère qu’une presse libre est essentielle pour une démocratie.

Version originale de l’article en anglais: Irrawaddy

Version originale: Moscow Stands by Military Deal with Tatmadaw After US Criticisms

Traduit de l’anglais par La gazette du citoyen

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Les États-Unis provoquent et alimentent de nouvelles guerres au Moyen-Orient

TRIBUNE LIBRE /

L’actuelle incursion turque montre qu’Ankara ne tolérera à aucun prix la création d’un nouvel État kurde sous protection américaine dans le nord de la Syrie.

TL TURQUIE KURDISTAN

Patrick Cockburn | 26 janvier 2017 | The Independent

Rarement, une nouvelle politique étrangère américaine importante s’est effondrée si rapidement et si spectaculairement, atteignant des résultats très opposés à ceux voulus.

Il y a seulement dix jours, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson annonçait à l’improviste que les forces militaires américaines resteraient en Syrie après la défaite de l’État Islamique (EI). Leur objectif n’était rien sinon ambitieux : il incluait la stabilisation du pays, le départ forcé de Bachar al-Assad, le recul de l’influence iranienne, empêcher la résurgence de l’EI et la fin de la guerre syrienne qui dure depuis de sept ans. Tillerson ne semblait pas s’inquiéter de ce que ce nouveau départ puisse inquiéter beaucoup d’acteurs puissants en Syrie et dans la région alentour, et était tout à fait contraire aux promesses des États-Unis de ne combattre en Syrie que pour vaincre l’EI et sans aucun autre objectif.

En effet, les États-Unis renonçaient à leur vieille politique consistant à se tenir à l’écart du bourbier syrien et plongeaient allègrement dans l’une des guerres civiles les plus sinistres de l’Histoire.

Le premier signe de ce nouveau développement radical est survenu au début de la semaine dernière avec l’annonce que les États-Unis allaient former une force frontalière de 30 000 hommes qui, bien que cela ne soit pas clairement dit, serait principalement kurde. Cela a été furieusement dénoncé par la Turquie et Tillerson a semblé vouloir se désavouer. Mais son discours, le 17 janvier, énonçant la nouvelle politique interventionniste américaine était tout aussi explosif et la raison pour laquelle, cinq jours plus tard, les chars turcs grondaient à travers la frontière turco-syrienne pour pénétrer dans l’enclave kurde d’Afrin.

Territoire fertile et densément peuplé, c’est l’une des rares parties de la Syrie qui n’ait pas été dévastée par la guerre.

Mais les changements ont été rapides à mesure que les bombardiers et l’artillerie turcs se soient mis à pilonner la ville d’Afrin et les 350 villages qui l’entourent. Les unités de protection du peuple kurdes (YPG) se battent durement, mais à moins de trouver une solution diplomatique à la crise, l’enclave finira par ressembler au reste de la Syrie avec des rues entières réduites à des monticules de maçonnerie brisée.

Les combats au cours des cinq derniers jours ont mis en évidence que l’espoir des États-Unis que leur nouvelle politique interventionniste puisse stabiliser le nord de la Syrie était un dangereux fantasme. Au lieu d’affaiblir le président Bachar al-Assad et l’Iran, cela leur profitera, montrant aux Kurdes qu’ils ont grand besoin d’un protecteur autre que les États-Unis.

Les Kurdes exigent à présent que l’armée syrienne se rende à Afrin pour la défendre contre les Turcs parce que cette ville fait partie intégrante de la Syrie. Une confrontation militaire entre la Turquie et les États-Unis serait dans l’intérêt de Téhéran et de Damas. Les Iraniens, pointés du doigt par les États-Unis comme étant la source de tous les maux, seront trop heureux de voir l’Amérique en proie à de nombreux problèmes en Syrie sans qu’ils aient eux eux-mêmes a tirer un seul coup de feu.

Pourtant, l’éclatement d’une nouvelle guerre kurdo-turque au cours de la dernière semaine aurait dû être très prévisible. Les États-Unis se sont engagés militairement en Syrie en 2014 afin d’empêcher la capture de la ville kurde de Kobani par l’EI. L’intervention américaine fut couronnée de succès et marqua le début d’une alliance entre la force aérienne américaine et les troupes terrestres des YPG, laquelle devait vaincre l’EI.

Cette évolution était profondément alarmante pour la Turquie qui se sentait menacée en voyant un État kurde de facto, bien armé et soutenu par les États-Unis, s’installer le long de sa frontière méridionale. Pire encore, du point de vue turc, cette nouvelle entité, connue par les Kurdes sous le nom de « Rojava », était contrôlée par la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion kurde en Turquie depuis plus de 30 ans .

Les États-Unis avaient rassuré les Turcs en affirmant que l’alliance américaine avec les YPG était purement militaire, tactique et dirigée contre l’EI. Mais, si les 2000 soldats américains restent dans la partie syrienne tenue par les Kurdes, ils changeront l’équilibre militaire dans la région parce qu’ils seront sous la protection de la gigantesque puissance de feu de l’US Air Force. En effet, les États-Unis garantiront avec leur force militaire l’indépendance de fait d’un État kurde dans le nord et l’est de la Syrie.

Compte tenu de l’oppression et de la violence dont les Kurdes ont été victimes en Syrie et ailleurs, ils ont parfaitement le droit de rechercher une certaine autonomie proche de l’autodétermination nationale, mais ni les gouvernements turcs ni les gouvernements syriens n’accepteront cela.

Jusqu’à présent, le président Trump avait impulsé peu de changements dans la stratégie en Irak et en Syrie du président Obama, qui était plus énergique qu’elle n’y paraissait. Mais elle était également prudente parce qu’Obama avait un sens aigu de ce qui pouvait mal se passer dans de telles entreprises. Il veillait à ne pas trop se faire forcer la main ou à se laisser manipuler par les pouvoirs régionaux.

La politique américaine post-EI de l’administration Trump en Syrie et en Irak a des objectifs plus ambitieux qu’auparavant, mais elle est vague sur la façon dont ils devraient être atteints. Il y a la même bouffée de vœux pieux dans le discours de Tillerson que ceux que l’on retrouve dans les désastres américains passés au Moyen-Orient.

Les précédents fâcheux incluent le Liban en 1983 où les États-Unis avaient une présence militaire limitée à Beyrouth en tant que symbole du pouvoir et de la détermination des États-Unis. Mais un symbole peut également être une cible et le 23 octobre de cette même année, un véhicule bourré d’explosifs a forcé l’entrée de la caserne des Marines américaines près de l’aéroport de Beyrouth et a explosé, tuant 241 militaires américains.

Un sentiment autodestructeur de confiance en soi et de supériorité était très évident chez les Américains occupant Bagdad en 2003. Les généraux américains croyaient qu’ils combattaient les restes de l’ancien régime alors qu’ils faisaient face à un soulèvement de masse, et rapidement ne contrôlaient plus que quelques îlots de territoire.

Les États-Unis auraient voulu peut-être se débarrasser d’Assad et affaiblir l’Iran dans toute la région, mais il est à présent trop tard. Les gouvernements pro-iraniens en Irak et en Syrie sont au pouvoir et le Hezbollah est la force la plus puissante au Liban. Cela ne changera pas de sitôt et, si les Américains veulent affaiblir Assad en maintenant une guerre de bas niveau, alors cela le rendra encore plus dépendant de l’Iran.

L’actuelle incursion turque montre qu’Ankara ne permettra pas la création d’un nouvel État kurde sous protection américaine dans le nord de la Syrie, et se battra plutôt que de laisser cela se produire. Mais les YPG sont très motivés, bien armés et militairement expérimentés et vont se battre très durement, même s’ils peuvent finalement être submergés par des forces supérieures ou parce que les gouvernements turcs et syriens conjuguent leurs forces pour les écraser.

Ce fut une mauvaise idée de la part des États-Unis de remuer le pot en disant qu’ils resteraient en Syrie et cibleraient Assad et l’Iran. Une guerre kurdo-turque dans le nord de la Syrie sera très féroce. L’obsession des États-Unis pour une menace iranienne exagérée – sur laquelle, en tout cas, elle ne peut pas faire grand-chose – rend difficile la tâche de Washington de négocier et de calmer la situation.

Trump et son administration chaotique n’ont pas encore eu à faire face à une véritable crise au Moyen-Orient, et les événements de la semaine dernière nous permettent de supposer qu’ils ne seront pas à la hauteur.

Patrick Cockburn 

Patrick Cockburn est un journaliste de The Independent spécialisé dans l’analyse de l’Irak, la Syrie et les guerres au Moyen-Orient. Il est l’auteur de Muqtada Al-Sadr, the Shia Revival, and the Struggle for Iraq et de Age of Jihad: Islamic State and the Great War for the Middle East

Source : Chronique de Palestine

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Le Tribunal arbitral du sport annule la suspension de sportifs russes sanctionnés pour dopage

28 des 43 sportifs russes présents aux JO de Sotchi en 2014 et sanctionnés par le CIO pour dopage ont vu leur suspension à vie levée : ils pourront ainsi, sous conditions, participer aux JO d’hiver de Pyeongchang qui débutent le 9 février.

ACT SPORTIFS RUSSES

«Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a estimé que les preuves avancées par le CIO n’avaient pas le même poids dans chaque cas individuel», a jugé le TAS le 1er février. Cette décision ouvre ainsi la porte à une participation aux JO d’hiver de Pyeongchang de 28 des 43 athlètes russes qui avaient été bannis à vie par le CIO pour des violations des règles sur le dopage lors des JO de Sotchi en 2014.

Selon le jugement du TAS, dans ces 28 cas, les preuves avancées sont «insuffisantes» pour établir qu’«une violation des règles antidopage avait été commise par les athlètes». «En ce qui concerne ces 28 athlètes, leurs appels sont confirmés, leurs sanctions annulées et leurs résultats individuels obtenus à Sotchi 2014 sont rétablis», poursuit le jugement.

Le TAS a par ailleurs partiellement retenu les appels des 11 autres athlètes russes, maintenant leur interdiction de participer aux JO PyeongChang pour violation des règles antidopage, mais levant leur suspension à vie. Pour quatre d’entre eux, la suspension à vie est pour l’instant maintenue.

Une décision «juste» qui satisfait Moscou

Le responsable du comité olympique russe, Alexandre Joukov, s’est montré satisfait de la décision du TAS qu’il estime «juste». «Depuis le départ, nous avons répété que nos athlètes ne sont pas impliqués dans des affaires de dopage, et nous sommes désormais heureux que leur noms aient été lavés et leurs récompenses rendues», a-t-il affirmé. Une décision qui a également été saluée par le Kremlin, qui a assuré par la voix de son porte-parole Dmitry Peskov que Moscou «continuerait à prendre les mesures légales pour défendre les athlètes russes bannis des JO par le CIO».

La participation de ces 28 athlètes russes aux JO est cependant loin d’être acquise. Réagissant au jugement, le CIO a tenu à faire savoir que la levée de leur suspension «n’entraînait pas une participation automatique». «Ne pas être sanctionné ne confère pas automatiquement le privilège d’une invitation», a ainsi expliqué le CIO dans un communiqué.

Pour justifier l’éviction de nombreux athlètes russes des prochains JO d’hiver en Corée du Sud, le CIO avait décidé de s’appuyer sur des «indices» de dopage éventuel sans pour autant avancer de preuves, provoquant des réactions scandalisées dans le monde du sport et au delà.

https://arretsurinfo.ch/le-tribunal-arbitral-du-sport-annule-la-suspension-de-sportifs-russes-sanctionnes-pour-dopage/

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