dimanche 4 février 2018

Vidéos du jour

Le Brexit expliqué avec Pascale Joannin

VID FS UE

Quand la directrice de la Fondation Shuman expliquait doctement que la sortie de la Grande Bretagne de l'UE aurait pour conséquence...qu'elle ne serait plus membre de l'UE! Et qu'elle terminait sa brillante démonstration par la nécessité de ne pas faire la même erreur que David Cameron: un réferendum. Heureusement, ça ne dure que 10 minutes. A destination de celles et ceux qui découvrent le fascisme européiste.

https://www.youtube.com/watch?v=sqQL1qhurjg&feature=youtu.be

Si ce genre de vidéo vous a énervé (comme mon fils qui m'a envoyé ce lien), vous avez largement de quoi décompresser avec ceci:

Conférence de François Asselineau à sciences po Lille - 31 janvier 2018

VID FA LILLE

L'image n'est pas géniale (c'est un smartphone qui est utilisé) mais le son est assez correct. Du grand Asselineau, comme d'habitude. Et il fait en plus bien rire la salle à la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=O52uZWSAqxk

 

 


 

A voir aussi;

Pierre Yves Rougeyron : Janvier 2018

TL PIERRE YVES JANVIER 2018

Fake News, féminisme, Maurras, Céline, vaccins, souveraineté...

https://www.youtube.com/watch?v=diN2xx7dFyQ

A propos de l'Ecole de la République: "Une société libérale qui s'interdit un certain nombre de transmissions de vertus: elle ne transmet que des valeurs, c'est à dire rien: les valeurs, ça fluctue par nature..." .

Pierre- Yves, fidèle à lui- même.

Sur la querelle UPR/ Les Patriotes, il a sa propre vision, et ne souhaite pas prendre parti. C'est son droit.

(Mais il ne peut pas nier le fait que le parti de Philippot ne souhaite pas la sortie de l'OTAN, ce n'est pas un fantasme de l'UPR...).

Il se réjouit de l'avancée de l'idée de souveraineté à gauche, et soutient nos amis de Ruptures.

On enchaîne ensuite sur d'autres sujets. Bon visionnage!  P.G.

 

Posté par UPR Creuse à 17:09 - - Permalien [#]
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Le conseiller régional Eric Correia propose de faire de la Creuse le labo de la légalisation du cannabis

La Creuse, paradis de la fumette ? C’est certainement l’idée la plus iconoclaste qui soit arrivée sur le bureau du préfet de ce département. Celui-ci a en en effet été chargé de présenter au gouvernement des propositions d’ expérimentation sur ce territoire hyper-rural. Propositions qui doivent servir de support à un un plan de redymanisation de la Creuse.

ACT CREUSE FUMETTE

L’idée devrait plaire à ceux qui se sont offusqués cet automne en lisant que l’une des pistes du "plan de redynamisation" de la Creuse pourrait-être la construction d’un centre pénitentiaire.

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ». Cette proposition n’a pas été glissée entre deux portes, ni-même sur un post-it : Eric Correia, président de l’ Agglo du Grand-Guéret et conseiller régional de Nouvelle Aquitaine a rédigé une fiche complète et très argumentée sur le sujet à l’attention du préfet de la Creuse. Cet élu socialiste ( qui a pris du recul avec ce parti au niveau local) ne fait « que reprendre un point du programme de Benoît Hamon », tempère-t-il.

Sauf que l’idée d’une «  légalisation » anticipée et donc localisée sur un territoire donné contient la promesse d’effets secondaires significatifs au plan économique. « Si l’on pouvait implanter une production de cannabis encadrée en Creuse, c’est toute l’économie du territoire qui décollerait », s’enthousiasme Eric Correia.

Ce responsable politique est connu pour sa sensibilité rock’n’ roll. Il est notamment à l’origine du festival El Clandestino qui a permis de faire venir Manu Chao en Creuse en juillet 2017 : « personnellement, je ne suis pas consommateur », tient toutefois à préciser le quinquagénaire , qui est aussi soignant de profession. Son argumentaire est en partie axé sur l’intérêt du « cannabis médicinal et thérapeutique, qui permet de diminuer considérablement la consommation d’antalgiques ».

Comme le Colorado, état américain qui tire profit de la légalisation

La Creuse pourrait se positionner comme l’équivalent hexagonal du Colorado ou de la Californie, états américains qui ont légalisé dans un objectif thérapeutique. Reste que la France n’est pas un état fédéral : difficile d’imaginer une légalisation « dérogatoire » et locale, tant le sujet est sensible.

Sur un plan politique et moral, la « fiche action » développe l’argumentaire des pro-légalisation : « En France, malgré la répression de l’usage, 45 % des jeunes ont déjà testé le cannabis contre moins de 30 % aux Pays-Bas où le cannabis est à peu près légalisé de fait. La France est régulièrement en tête des classements européens pour la consommation de cannabis  (…) L’échec est également sécuritaire et judiciaire puisque les interpellations sont en hausse constante pour usage de cannabis et vente illégale alors même que les tribunaux pourraient être avantageusement désengorgés en légalisant le cannabis pour effet récréatif ».

Tant qu’à être iconoclaste, Eric Correia n’exclut  donc  pas l’ « usage récréatif » de son argumentaire. Il envisage  que le tourisme de la fumette pourrait profiter au département, à l’image de ce qui s’est passé au Pays-Bas.

A la base de ce « levier économique », générateur de ressources fiscales ( le cannabis serait légalisé mais évidemment pas détaxé), c’est bien une filière agricole spécifique qui pourrait se développer : «  Si la Creuse ne possède pas de climat tropical, il semble tout à fait possible d’y faire pousser du cannabis pour plusieurs récoltes annuelles », assure l’élu.

Eric Correia va jusqu ’au bout de sa logique : «  C’est plus qu’un pari, c’est une certitude. Le Grand Guéret se tient prêt à relever le défi ». Si l’expérience était circonscrite au Grand Guéret, cela pourrait faire des jaloux sur le plateau de Millevaches. De toute façon, la perspective est encore un peu lointaine. Après le maire d’Aubusson Michel Moine qui demande au préfet de la Creuse d’user de son pouvoir dérogatoire exceptionnel pour conserver la limitation de vitesse à 90km/h sur les radiales qui raccordent Aubusson aux 2X2 voies, Philippe Chopin risque de se sentir débordé par les propositions planantes. Il n’a d’ailleurs pas retenu la proposition d’Eric Correia pour le premier comité interministériel dédié au plan de redynamisation de la Creuse. Le préfet s’est en somme refusé à faire le joint.
Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr/gueret/art-de-vivre-bien-etre/vie-pratique-consommation/2018/02/02/le-conseiller-regional-eric-correia-propose-de-faire-de-la-creuse-le-labo-de-la-legalisation-du-cannabis_12725524.html

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ça tombe bien, j'ai découvert dans mon quartier (à Aubusson) de nouveaux dessins_ graffiti de jolies plantes et quelques "nique la police", sans doute l' anticipation d'un nouvel esprit pionnier en Creuse...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:52 - - Permalien [#]
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Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex »

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Une illustration des conséquences du célèbre et sinistre DECODEX...

P.G.

TRIBUNE LIBRE /

Déjà un an de censure par diffamation

TL ETIENNE CHOUARD

Le 1er février est le jour anniversaire de la création en France par le journal Le Monde d’un lamentable outil-de-censure-des-concurrents-gênants, intitulé « Décodex ».

Je commémore ce jour de deuil pour la liberté de la presse en France par cette demande de publication d’un droit de réponse :

Le Monde me fait l’immense honneur de se pencher sur mes travaux, que je mène depuis plus de dix ans, sur le gouvernement représentatif, sur les critères de la démocratie, sur le processus constituant nécessairement populaire, sur le tirage au sort en politique et sur la souveraineté monétaire et politique, pour qu’advienne enfin une vraie liberté, une vraie égalité et une vraie fraternité au sein des peuples et entre les peuples du monde entier.

Son intérêt est cependant tout relatif en ce qu’il s’accompagne d’une mise à l’index d’écrits qu’il n’a probablement jamais consultés.

C’est ainsi que mes deux pages etienne.chouard.free.fr et chouard.org (Blog du Plan C) ont été classées parmi les sites peu fiables par le tristement célèbre DÉCODEX, fruit bizarre d’accords financiers entre le quotidien français et de grands groupes américains du type Google (Cf. Le Monde, « Google finance de plus en plus l’innovation dans les médias français », édition du 17 novembre 2016, annonçant la création d’un « futur service de démontage des rumeurs »).

Le motif avancé ? « la diffusion des théories sur un prétendu « nouvel ordre mondial » sans preuve ni vérification » (sic).

Pourtant, aucune des trois « enquêtes » mentionnées en dessous dudit classement ne fait état d’un quelconque écrit par lequel j’affirmerais l’existence d’un prétendu « nouvel ordre mondial ».

Ni l’article de l’Express du 17 novembre 2014, ni celui des Inrockuptibles du 23 novembre 2014, ni celui de l’Obs du 26 mars 2012, tous trois cités comme sources du DÉCODEX, n’autorisent le jugement péremptoire, malveillant, définitif, des journalistes du Monde sur ma personne et mes idées.

« Décodex », usine à « fake news »

Au surplus, l’emploi de l’expression « nouvel ordre mondial » pourrait-il seulement justifier ladite mise à l’index quand on sait qu’elle est communément employée tant par Le Monde lui-même — qui l’évoque dans des milliers (!) de pages (source) — que par d’éminentes personnalités intellectuelles ou politiques (KissingerAttaliSarkozyGeorge Bush père, etc.) ?

Le seul point commun de ces trois « enquêtes », d’inégales factures, est la richesse immense des propriétaires des médias qui les ont publiées, soit précisément les personnes qui peuvent légitimement se considérer menacées par les thèses politiques profondément populaires que je défends avec ardeur.

La haine que le DÉCODEX exprime est celle des riches contre le peuple compris dans sa définition concrète, réelle et prolétaire, qui est à l’origine des grèves et des révolutions.

Je défends principalement une idée originale et puissante d’auto-émancipation des peuples par rapport à leurs exploiteurs, à travers des ateliers constituants populaires : je prétends que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de réviser la constitution.

Seuls les citoyens sont légitimes et capables pour rédiger, pour réviser et pour protéger une constitution digne de ce nom.

L’enjeu sociétal majeur de cette idée est de retirer aux plus riches le contrôle politique des sociétés humaines, 1) en remplaçant le faux « suffrage universel » (élire des maîtres parmi des candidats que les riches peuvent aider) par un vrai suffrage universel (voter les lois), et 2) en contrôlant sévèrement les cinq pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire, monétaire et médiatique) par des Chambres de contrôles tirées au sort.

Il est notamment une idée puissante que je défends de toutes mes forces et qui déplaît peut-être souverainement aux richissimes propriétaires du Monde (et qui expliquerait peut-être la campagne de dénigrement que je subis depuis le grand succès de la courte vidéo de mon passage à Ce soir ou jamais au début septembre 2014, plus de 35 millions de vues sur Facebook, vidéo dans laquelle je dénonce précisément l’achat des journaux par des milliardaires pour gagner les élections et nous imposer leur droit, ce qui défrise peut-être les subordonnés des riches propriétaires du Monde, donc, c’est cette idée que l’information du peuple ne devrait jamais pouvoir être appropriée par personne et qu’une constitution digne de ce nom prévoirait assurément que tout journal doit appartenir à ses journalistes et ne peut en aucun cas être acheté comme une marchandise (que ce soit par une entreprise ou par un particulier).

Le dénigrement, qui est l’âme de ce DÉCODEX, ridicule entreprise de censure animée par des journalistes quelque peu fatigués par avance des enquêtes qu’ils n’ont pas commencées, exprime le véritable but poursuivi qui n’est ni la vérité ni l’information du public : il s’agit de discréditer une opinion politique en la déclarant non fiable sans même l’avoir jamais discutée.

Étienne CHOUARD

Pour résumer, le journal d’information dit « de référence », Le Monde, une fois annexé par trois milliardaires, laisse tranquille ses faux « concurrents » (qui sont plus des complices que des concurrents depuis qu’ils ont été achetés eux aussi par les mêmes milliardaires), et dénigre gravement ses principaux concurrents (les journalistes amateurs, indépendants), ce qui est à la fois 1) déloyal et 2) illégal.

Donc, je demande au journal Le Monde d’afficher sur la page diffamatoire (permanente) de son prétendu Décodex un droit de réponse (permanent), sous la forme très brève suivante :

Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex » :

http://chouard.org/blog/2018/02/01/droit-de-reponse-d-etienne-chouard-aux-allegations-mensongeres-du-journal-le-monde-sur-son-pretendu-decodex-2/

Source: Etienne Chouard

https://arretsurinfo.ch/droit-de-reponse-detienne-chouard-aux-allegations-mensongeres-du-journal-le-monde-sur-son-pretendu-decodex/

Posté par UPR Creuse à 09:17 - - Permalien [#]
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Discours de Trump sur l'état de l'Union : ce qu'il faut retenir

Lors de son discours de l'état de l'Union, Donald Trump s'est posé en rassembleur appelant démocrates et républicains à travailler ensemble, sans pour autant renoncer à sa ligne dure sur l'immigration.

 

ACT TRUMP ETAT UNION

Face au Congrès réuni au grand complet, le président des États-Unis a lancé mardi 30 janvier un appel au rassemblement à l'issue d'une première année au pouvoir marquée par les divisions et une avalanche de polémiques et de scandales. Au plus bas dans les sondages, sous la menace de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe dans la campagne, M. Trump s'est tenu à l'écart des critiques frontales de ses adversaires. Et il a esquissé des pistes de coopération avec les démocrates, de l'immigration aux infrastructuresVoici les principaux points du discours sur l'état de l'Union prononcé par Donald Trump devant les élus américains.

 

trump opinions

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Un graphique de notre partenaire Statista

■ sur l'économie

Le chef d'État n'a pas manqué de revenir sur le succès de l'économie américaine. "La Bourse a battu des records les uns après les autres", s'est félicité l'ancien présentateur de téléréalité, insistant sur les bienfaits de sa réforme fiscale.

"Pendant de nombreuses années, les entreprises et les emplois ne faisaient que quitter le pays. Mais maintenant, ils font leur grand retour, ils reviennent", a assuré le président.

■ Sur le plan d'investissements

"Nous allons construire de nouvelles routes étincelantes, des ponts, des autoroutes, des voies ferrées et des voies navigables à travers le pays", a promis Donald Trump en référence à sa promesse de campagne de moderniser les infrastructures américaines.

Il a demandé au Congrès d'appuyer un plan d'investissement "d'au moins 1.500 milliards de dollars" pour développer ces réseaux vieillissants.

■ Sur l'immigration

Donald Trump a réitéré mardi sa volonté de durcir la politique d'immigration, en affirmant que les frontières trop poreuses des États-Unis avaient coûté de "nombreuses vies", lors de son premier discours sur l'état de l'Union.

"Pendant des décennies, les frontières ouvertes ont permis à la drogue et aux gangs de déferler sur nos communautés les plus vulnérables. Elles ont permis à des millions de travailleurs mal payés d'entrer en concurrence pour les emplois et les salaires avec les Américains les plus pauvres. Encore plus tragiquement, elles ont coûté la perte de nombreuses vies innocentes", a déclaré le président américain.

Il a par ailleurs évoqué la situation des "Dreamers", entrés illégalement sur sol américain lorsqu'ils étaient mineurs, assurant que la proposition de naturaliser 1,8 million de sans-papiers en échange du financement du mur à la frontière mexicaine "devrait être soutenue par les deux partis en tant que compromis juste, où personne n'obtient tout ce qu'il voulait, mais où notre pays obtient la réforme essentielle dont il a besoin".

■ Sur les États "rivaux"

Donald Trump a évoqué les pays "rivaux" des États-Unis "comme la Chine et la Russie" affirmant que ces derniers menacent "nos intérêts, notre économie et nos valeurs" et que face à eux "la faiblesse est la voie la plus sûre vers le conflit".

Pour assurer la "puissance" de Washington, le président américain a demandé au Congrès de voter les crédits nécessaires pour l'armée américaine, notamment pour "moderniser et reconstruire notre arsenal nucléaire" afin de "le rendre si fort et si puissant qu'il dissuadera toute agression".

■ Sur Guantanamo

"Je viens juste de signer un décret ordonnant" au ministre de la Défense Jim Mattis "de réexaminer notre politique d'incarcération militaire et de maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay", a annoncé le milliardaire.

Sa volonté de garder ouverte cette prison marque une nette rupture avec les tentatives répétées et finalement vaines de son prédécesseur Barack Obama de fermer le site controversé.

■ Sur l'Iran

"L'Amérique se tient au côté du peuple iranien dans sa lutte courageuse pour la liberté", a affirmé M. Trump dans une allusion aux manifestations qui ont récemment secoué l'Iran.

"Lorsque les Iraniens se sont soulevés contre les crimes de leur dictature corrompue, je ne suis pas resté silencieux", a-t-il fait valoir tout en demandant "au Congrès de résoudre les problèmes fondamentaux du désastreux accord sur le nucléaire iranien" qu'il n'a de cesse de critiquer.

■ Sur la Corée du Nord

"Aucun régime n'a opprimé ses propres citoyens" aussi "brutalement que la dictature cruelle de Corée du Nord", a déclaré le président américain qui a fait des ambitions nucléaires de Pyongyang le défi international numéro un de son administration.

"La dangereuse quête de missiles nucléaires par la Corée du Nord pourrait très prochainement menacer notre territoire", a-t-il mis en garde.

https://www.latribune.fr/economie/international/discours-de-trump-sur-l-etat-de-l-union-ce-qu-il-faut-retenir-766737.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180201

Voir aussi:

Ce qu'a dit (et n'a pas dit) Donald Trump à Davos

Ce devait être la "masterpiece" du forum de Davos, et, finalement, l'intervention de Donald Trump en séance plénière pour la clôture du forum de Davos a plutôt fait pschitt. Le président américain, dans un discours d'une quinzaine de minutes (4 fois moins long que celui d'Emmanuel Macron le mercredi dans la même salle), a joué l'apaisement et évité les provocations, se contentant au final de dénoncer la presse et ses « fake news », un mantra des tweets de @realDonaldTrump. Il a surtout mené une opération séduction en direction des entreprises pour leur dire que le moment n'a jamais été aussi favorable pour investir aux Etats-Unis.

Arrivé jeudi en début d'après-midi, le 45e président américain a multiplié les rencontres bilatérales, notamment avec Theresa May malgré des relations américano-britanniques assez refroidies, et avec Benjamin Netanyahu le Premier ministre israélien. Surtout, il a invité à dîner une quinzaine de patrons de grandes entreprises mondiales, dîner auquel participait, pour la France, le patron de Total, Patrick Pouyanné.

Rassurer les partenaires commerciaux et diplomatiques

Lors de ces rencontres, comme lors de son intervention publique, Donald Trump a cherché à amadouer les entreprises. Reprenant son slogan de toujours, le président américain a assuré à Davos que "L'Amérique d'abord n'était pas l'Amérique seule", dans un discours destiné à rassurer les partenaires commerciaux et diplomatiques des Etats-Unis.

"Je ferai toujours passer l'Amérique d'abord, tout comme les dirigeants d'autres pays devraient le faire aussi. Mais l'Amérique d'abord, ne signifie pas l'Amérique seule", a-t-il déclaré dans son discours devant le Forum économique mondial.

Devant une audience toute acquise aux principes du libre-échange et du multilatéralisme, Donald Trump poursuivait :

"Je suis là pour représenter les intérêts du peuple américain et pour affirmer l'amitié et la coopération des Etats-Unis pour construire un monde meilleur."


Il a décrit une Amérique aux portes de la prospérité et a aussi longuement vanté sa réforme fiscale, conçue comme un moyen d'attirer aux Etats-Unis emplois et capitaux. Il a cité le cas Apple, qui a dit vouloir réinvestir « 350 milliards de dollars », ce qu'il a présenté comme un des succès de son action.

« Les Etats-Unis connaissent une croissance forte, la Bourse est au plus haut, ainsi que la confiance des consommateurs et des industriels. »

Trump fait l'éloge de son bilan

Bref, c'est un Donald Trump sûr de lui et satisfait de son action qui est venu à Davos, soulignant les « 2,4 millions d'emplois créés depuis son élection ». Aux Etats-Unis, « le chômage des afro-américains et des hispaniques est au plus bas », a-t-il assuré et « le moment n'a jamais été aussi favorable pour venir investir en Amérique ». Pourtant, la journée n'a pas été si bonne, avec la publication d'un chiffre décevant pour la croissance américaine au 4ème trimestre 2017, avec 2,6% au lieu des 2,9% escomptés. Pour la petite histoire, en coulisses, un participant au dîner de la veille a rapporté à quelques participants au forum que Donald Trump aurait glissé que selon lui, la croissance américaine grâce à son action pourrait atteindre à terme des niveaux à la chinoise ou à l'indienne, de l'ordre de 6 à 7%.

A propos de sa réforme fiscale, « la plus importante loi fiscale depuis des décennies », il s'est félicité de voir que les entreprises locales en profitent pour verser des primes à leurs salariés, ce qui sera bon pour soutenir la croissance. Il s'est aussi félicité d'avoir réduit en un an les réglementations excessives notamment dans le secteur financier.
Mais c'est sur le volet commercial que le président américain était le plus attendu, au lendemain de nouvelles mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis à l'encontre des machines à laver et des panneaux solaires, qui ciblent en particulier la Chine.

Le protectionnisme en sourdine

Alors que la crainte d'une nouvelle guerre commerciale domine les conversations à Davos, Donald Trump est resté très modéré, appelant à des relations plus réciproques, un commerce mondial plus juste face aux comportements prédateurs de certains pays.

« Nous sommes en faveur du libre-échange, mais il doit être juste, et il doit être réciproque », a dit le milliardaire américain, dont Davos redoutait qu'il ne se livre à l'une de ses habituelles diatribes protectionnistes.

Il a redit sa préférence pour négocier des accords bilatéraux avec tous les pays, plutôt que des accords multilatéraux qu'il considère comme désavantageux pour les Etats-Unis. Il s'est dit prêt néanmoins à renégocier le TPP, l'accord commercial avec les pays du Pacifique, mais sur une base "pluri-latérale" si l'on peut dire, plutôt que multilatérale.

Dans un entretien à CNBC, le président américain a néanmoins  qualifié d'« horrible » le traité de l'Alena avec le Canada et le Mexique, en raison des déficits commerciaux enregistrés par les Etats-Unis, mais n'en a pas - à Davos en tout cas - annoncé le retrait, laissant une chance aux négociations.

Pas un mot sur le climat, pas un recul sur l'immigration

En revanche, et cela a été remarqué, Donald Trump, qui a retiré les Etats-Unis de l'Accord de Paris, n'a pas dit un mot à propos du climat, alors que la question du réchauffement climatique est au centre de tous les esprits au sein du World Economic Forum.

Et s'il n'a pas parlé du projet controversé s'il en est du mur avec le Mexique pour lequel il cherche à obtenir un financement au Congrès, il a réaffirmé sa politique d'immigration visant à mettre fin au regroupement familial et à cibler une immigration sélective.

"La valeur de la monnaie doit refléter la santé de l'économie"

Autre signe que le Trump présent à Davos jouait plutôt l'apaisement, le président américain a enfin contredit les déclarations de son secrétaire au Trésor qui avait mis le feu au marché des changes en prônant un dollar faible.

« Les responsables politiques doivent s'abstenir de parler de ces sujets et la valeur de la monnaie doit refléter la santé de l'économie », a-t-il rappelé sur CNBC.

Or, « l'économie américaine va bien et le dollar doit refléter cette bonne santé. Je suis pour un dollar fort », a donc réaffirmé le président américain. « Les Etats-Unis sont l'endroit pour faire des affaires, donc venez aux Etats-Unis », a conclu Donald Trump, se présentant comme le VRP, le « cheerleader », la « pom-pom girl » de son pays. Un rôle que tous les chefs d'Etat venus à Davos assument tout à fait, chacun s'efforçant, comme Donald Trump, d'attirer les capitaux et les investissements.

Tous ceux qui attendaient une "gaffe" ou une sortie de route du président américain en ont été pour leurs frais. Mais tout de même, Donald Trump a réussi à se faire plaisir en visant la presse en répondant à une question du fondateur du World Economic Forum.

« J'ai toujours eu de bonnes relations avec les médias comme homme d'affaires », a-t-il lancé. « C'est quand je suis devenu politicien que j'ai peu me rendre compte à quel point la presse peut être méchante et fausse ("fake") », a-t-il dit avec un sourire carnassier en pointant du doigt les caméras et s'attirant, fait rare, voire inexistant à Davos, une volée de huées. Et d'ajouter : « Mais ce n'est pas si mal puisque nous sommes ici et je pense que nous faisons un excellent travail, mon équipe est absolument extraordinaire. »

https://www.latribune.fr/economie/international/ce-qu-a-dit-et-n-a-pas-dit-donald-trump-a-davos-766283.html

 

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