samedi 3 février 2018

Interview de François Asselineau par Sciences Po Lille TV et Critique de la raison européenne

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Les lecteurs de ce site connaissent le collectif CRE (Critique de la raison européenne). Une vidéo à ne pas manquer!  P.G.

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Le Président de l’UPR et candidat à l’élection présidentielle François Asselineau a été interviewé par les étudiants de Sciences Po Lille, dans le cadre de sa venue à l’IEP pour une conférence organisée par l’association Critique de la raison européenne:

https://www.upr.fr/actualite/interview-de-francois-asselineau-sciences-po-lille-tv-critique-de-raison-europeenne

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Etats-Unis : la note «explosive» sur les écoutes du FBI durant la campagne de 2016 rendue publique

Après le feu vert du président américain Donald Trump, la note Nunes sur les écoutes du FBI en pleine campagne présidentielle de 2016 a été publiée en ligne. Ses conclusions attesteraient d'une collusion entre le FBI et le parti d'Hillary Clinton.

ACT USMEMO FBI

Le président américain Donald Trump a annoncé le soir du 2 février avoir déclassifié une note confidentielle rédigée par des Républicains, critiquant l'attitude du FBI, ouvrant la voie à sa publication par le Congrès. Celle-ci a été mise en ligne quelques minutes plus tard.

Rédigée à partir d'informations secrètes que le FBI et le Département de la Justice ont été obligés de communiquer, la note en question a été rédigée sous la supervision du président républicain de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, Devin Nunes, contre l'avis des membres démocrates de sa commission. L'objet en est les écoutes mises en place par le FBI contre un membre de l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 dans le cadre des investigations sur les prétendues tentatives d'ingérence et de manipulation russes, procédés que les républicains considèrent comme un abus de pouvoir.

Ingérence du FBI dans le processus démocratique américain ?

Le document fait de nombreuses révélations pour le moins embarrassantes non seulement pour le FBI mais aussi pour le Parti démocrate. D'après les conclusions de la note Nunes, le parti de la candidate malheureuse Hillary Clinton a bien financé la constitution du «dossier Trump» qui a permis au FBI de justifier sa demande de mise sur écoute de l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016.

Toujours d'après la note, qui met en avant des informations présentées comme fournies bon gré mal gré par le FBI, l'agence de renseignement a omis de citer lors de sa demande d'écoute le «dossier Trump». Ce dossier a en outre été instruit par une société de renseignement privée, la Fusion GPS, basée à Washington. Cette officine, qui compte le Parti démocrate parmi ses clients, s'est adjoint les services d'un ancien agent des services secrets britanniques, Christopher Steele. La note révèle également que le FBI a donné son agrément pour que l'ancien espion du MI6 bénéficie d'émoluments versés par le Comité national démocrate (DNC).

https://francais.rt.com/international/47803-etats-unis-note-explosive-sur-ecoutes-fbi-publique

 

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A PROPOS DU COMPTEUR LINKY

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Un adhérent de l'Allier, ingénieur maîtrisant les arcanes du droit, ce dont il se défend modestement, livre dans cet article spirituellement rédigé le résultat de ses investigations sur un aspect méconnu lié à l'installation du compteur que l'on cherche à nous imposer. [Ahmed Glamallah, UPR 03] Je précise qu'il s'agit d'une simple réflexion, et non d'une quelconque position officielle de l'UPR! C'est le cas d'ailleurs de toutes les "tribunes libres" présentées sur ce site.   P.G.


 

LES COMPTEURS ÉLECTRIQUES.

TL LINKY DROIT

Bien que n'étant pas juriste, j'ai eu, durant mon expérience professionnelle à comprendre le fonctionnement des collectivités, et c'est sous cet angle que je voudrais faire part de mes réflexions. Tout un chacun peut analyser les éléments dont j'ai eu connaissance, les vérifier et y réfléchir.

Premier point


L'article L324-1 du code de l'énergie dit que les installations de basse tension, dont les compteurs appartiennent aux communes ou à leurs groupements.

Cela a été rappelé au moins deux fois en réponses à des parlementaires en 2016 (JO Sénat du 03/03/2016, page 829, et JO du 02/02/2016, page 906). La Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies a contesté la régularité du renouvellement d'un contrat de concession, transférant la propriété des compteurs à ERDF (aujourd'hui Enedis).


Une majorité de communes, ne disposant pas des compétences nécessaires pour gérer les installations de basse tension, a transféré les compétences à des syndicats qui eux-mêmes ont passé des conventions de délégation de service public avec Enedis, ex ERDF (quelques communes en France font appel à des régies créées dans ce but et Enedis n'intervient pas).

Les conventions de transfert de compétences aux syndicats prévoient la mise à disposition des installations basse tension, dont les compteurs, aux syndicats pour qu'ils puissent effectuer leurs missions. La mise à disposition d'un bien ne change pas sa propriété (Association des Maires de France ; Référence BW7618, 31 mars 2003).


Les compteurs sont donc des biens communaux. Enedis est prestataire des communes par l'intermédiaire des syndicats.


L'article L2141-1 du Code général des Collectivités Locales stipule :


« Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale. ». (relevons le terme « consulté » qui est autrement plus contraignant que « informé »).


Par ailleurs, le remplacement des compteurs actuels par des nouveaux appareils devrait être précédé d'une procédure de déclassement des anciens compteurs. On pourrait supposer que remplacer un compteur par un autre ne change rien, mais on cite des durées de vie de 50 à 60 ans pour les compteurs actuels et de 15 ans pour les Linky. Convenir que le remplacement ne change rien devient un procédé un peu sommaire sur le plan de la gestion des biens communaux. Vous échangeriez votre C5 contre une C1 ? La procédure de déclassement doit être précédée d'une enquête publique, ouverte par définition aux observations des habitants.


Voilà donc au moins deux dispositions gravées dans les textes de lois, l'exercice de la démocratie locale et le déclassement des biens communaux, par lesquelles la loi exige que les habitants des communes aient leur mot à dire, dans de vraies consultations. Les réunions avec Enedis pour seul meneur de jeu, et pour justifier une décision déjà prise ne sont pas des consultations ni, à fortiori, des enquêtes publiques. Pourtant, quasiment partout, c'est le silence des élus locaux comme s'il était interdit de discuter du sujet. Or nos représentants devraient connaître la loi. C'est curieux cette frilosité quand il s'agir de demander leur avis aux habitants-usagers.

Deuxième point


Les nouveaux compteurs permettent d'enregistrer la « courbe de charge » des utilisateurs, ce qui est à peu près leur consommation de manière quasi continue. La délibération de la Commission nationale Informatique et Liberté du 15 novembre 2012 dit « Les gestionnaires de réseau sont en effet capables d'assurer la maintenance […] de leur réseau sans avoir à analyser la courbe de charge de façon systématique. » Et comme c'est bien la gestion des réseaux et leur maintenance qui est l'objet des conventions de délégation de service public, on voit apparaître une fonction qui se situe apparemment en dehors de l'objet de la convention. Enedis déclare aussi vouloir mettre à disposition de tiers, les données des usagers. Ne vous inquiétez pas puisqu'on vous dit que le commerce des données personnelles des usagers est un service public. Et le mode de rétribution ne vous regarde pas.

Troisième point


Poursuivons. L'une des fonctionnalités du Linky est l'injection de fréquences additionnelles (environ 70 KHz) sur le courant électrique « normal » (50 Hz) qui devient alors « porteur ». Cette injection se fait, en particulier, sur les installations à l'intérieur du logement. Pourquoi vouloir absolument injecter ces fréquences dans le domicile de chaque usager ? Il semble que la seule explication à ce jour soit de permettre la communication via le réseau avec de futurs objets domestiques qui seront équipés de puces informatiques appropriées. Voilà une nouvelle fonction mise en place sous le terme de délégation de service public. Il ne faut donc pas douter que c'est un nouveau service public qui arrive. On ne nous a pas expliqué pourquoi la mise en œuvre de cette activité est réservée à Enedis, donc la raison pour laquelle tout industriel qui voudrait développer la même activité avec d'autres méthodes va se trouver défavorisé. On ne nous explique pas pourquoi Enedis dispose d'un apparent monopole et de facilités inexpliquées sur ce sujet. Vraiment, les conventions de délégation se service public permettent de faire beaucoup de choses. Donc il n'y a pas d'anomalies, voire d'irrégularités au sein de ces conventions. C'est pratique.


Ajouter des fréquences additionnelles au courant « normal » qui est modifié afin de « communiquer » avec des objets domestiques est une nouvelle utilisation des ouvrages basse tension qui sont des biens communaux (cette activité dégrade par ailleurs la qualité de l'énergie électrique telle qu'elle est prévue dans les conventions de délégation de service public, mais passons, nous ne sommes que les usagers). Nous pouvons raisonnablement supposer que cette activité ne se fera pas à titre gratuit. Sauf erreur, cette nouvelle utilisation présente toutes les caractéristiques d'une activité commerciale classique. Il est très étonnant que les biens communaux soient utilisés à un usage commercial sans que les communes perçoivent une indemnisation appropriée pour l'utilisation de leurs biens. Ce qui veut dire, autre sujet d'étonnement, qu'une commune qui ne veut pas de cette nouvelle fonction aurait bien le droit de refuser. De plus, quand une commune veut passer un contrat commercial avec un industriel ou un commerçant, il paraît qu'il faut respecter un certain code des marchés publics. Ne le répétez pas.

Arrêtons-nous à ces quelques remarques, on pourrait en trouver d'autres. Si vous trouvez que cela fait beaucoup de services publics qui débarquent d'un seul coup, de zones d'ombre et de questions pratiques qui surgissent autour de ce projet, c'est que vous pourriez bien être un peu trop tatillon. Si l'exercice de la démocratie locale a été abandonnée à un triste sort par un grand nombre de responsables locaux, ce n'est pas pour qu'ils se retrouvent dans des situations inconfortables à cause de vos questions. Faites comme si vous n'aviez rien vu.

Pour terminer et se détendre, en guise de résumé, une petite histoire :
J'hérite d'une voiture.
Je n'ai jamais appris à conduire.
Je vais voir une agence d'intérim qui me trouve un chauffeur.
Dans les premiers temps, tout se passe bien, le chauffeur me conduit où je veux aller.
Dans un second temps, mon chauffeur prétend changer le compteur kilométrique et la montre de la voiture pour des modèles qui lui plaisent mieux.
Et puis j'apprends que mon chauffeur veut se servir de ma voiture pour transporter des colis et se faire payer à mon insu.
Vous trouveriez ça normal ?

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=562202290807039&id=100010518185504

Scénario noir pour les stress test de l’Autorité bancaire européenne

L’Autorité bancaire européenne a lancé sa troisième vague de tests de résistance aux chocs auxquels elle va soumettre 48 banques de l’UE.

ACT ABE

C’est une épreuve redoutée par les banques européennes : la troisième vague de « stress tests », les tests de résistance aux chocs, macro-économiques et financiers, qu’elles se doivent de pouvoir encaisser. L’Autorité bancaire européenne (ABE), qui doit prochainement déménager à Paris, en a donné le coup d’envoi (...) en dévoilant les hypothèses qu’elle a imaginées : c’est « le scénario le plus sévère à ce jour » depuis la première édition remontant à 2014, souligne-t-elle dans un communiqué.

Ce scénario noir serait celui de deux années consécutives de récession dans l’Union européenne, en 2018 (-1,2%) et en 2019 (-2,2%), suivies d’un modeste rebond en 2020 (+0,7%). Cela reviendrait à un écart de PIB de 8,3% en 2020 par rapport aux hypothèses actuelles de croissance dans l’UE, à un accroissement de 3,3 points du taux de chômage et à une chute de 27,7% des prix de l’immobilier par rapport aux estimations en vigueur. La sévérité de ces hypothèses se situe « entre le scénario négatif et le scénario extrêmement négatif » de la Fed américaine en 2017 estime l’ABE.

Ces tests seront appliqués à un échantillon de 48 banques représentant 70% des actifs bancaires de la zone euro, avec l’aide de la Banque centrale européenne (BCE). Les résultats seront publiés au plus tard le 2 novembre. Ils serviront à la BCE à affiner les niveaux de capitaux requis des banques qu’elle surveille.

La précédente vague, à l’été 2016, avait notamment montré la grande fragilité de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, renflouée par l’État italien l’an dernier.

Correction sur les marchés, dette publique et privée

L’ABE a identifié quatre risques systémiques et détaille les menaces les plus significatives pour la stabilité du secteur bancaire européen, qui peuvent en outre s’enchaîner par un effet boule de neige.

Tout d’abord, un risque de correction brutale sur les marchés financiers (d’actions et obligataires) mondiaux, dont « les valorisations sont élevées » souligne l’ABE : des tensions géopolitiques ou des changements d’attentes des investisseurs pourraient entraîner la chute de la valeur des actifs et une accentuation de la courbe des taux, donc des conditions de financement plus tendues.

Ensuite, l’impact d’un recul de l’activité économique et de la hausse du chômage sur la rentabilité déjà faible des banques de certains pays (on pense à l’Italie notamment).

Troisième menace : une éventuelle remontée des primes de risques (donc des taux) pourrait rendrait difficilement soutenables les dettes publiques et les dettes privées (des entreprises).

Enfin, les problèmes de liquidités dans la finance non bancaire : si les fonds d’investissement, les fonds de pension, les assurances, étaient contraints de brader des actifs, cela accentuerait la chute de la valeur de ces actifs et pourrait contaminer l’ensemble du système.

L’ABE, qui déménagera dans quelques mois de Londres à Paris à cause du Brexit, ne mentionne que très peu la sortie du Royaume-Uni de l’UE : elle indique que son scénario noir « balaie un large éventail de risques macroéconomiques associés au Brexit », notamment les effets sur les échanges commerciaux avec l’Union européenne.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/scenario-noir-pour-les-stress-test-de-lautorite-bancaire-europeenne/

Voir aussi:

Paiement: les changements de la directive DSP2

La directive européenne sur les services de paiement 2ème version (DSP2) entre officiellement en vigueur. Elle rend obligatoire l’authentification forte pour les paiements de plus de 30 euros.

« Des services de paiements moins chers, plus sûrs et plus innovants. » Le samedi 13 janvier entrait en vigueur dans toute l’Union européenne la directive révisée sur les services de paiement (DSP2), qui « intègre et abroge » la première directive sur le sujet adoptée en 2007. Ce texte a fait l’objet d’une âpre bataille entre la Commission européenne, l’Autorité bancaire européenne (ABE), les banques et les startups de la Fintech (technologies financières). L’objectif est de « favoriser l’innovation, la concurrence et l’efficience » du marché et plus précisément de « moderniser les services de paiement en Europe au profit tant des consommateurs que des entreprises, de manière à rester en phase avec ce marché en évolution rapide » selon la Commission.

La DSP2, qui a été transposée en droit français par ordonnance cet été, comprend plusieurs volets et instaure de nouvelles règles intéressant directement les consommateurs dont :

  • L’interdiction de la surfacturation, autrement dit l’application de suppléments en cas de paiement par carte de débit ou de crédit, aussi bien dans un magasin qu’en ligne.
  • Le renforcement des droits de consommateurs, avec par exemple l’abaissement  de la franchise restant à la charge du client en cas de paiement frauduleux par carte avant opposition de 150 à 50 euros, des délais plus courts de remboursement et l’introduction d’un droit au remboursement inconditionnel pour les prélèvements en euros.
  • L’obligation de l’authentification forte (c’est-à-dire à deux facteurs au moins entre un code ou mot de passe que l’on sait, un appareil que l’on possède, une donnée biométrique telle que l’empreinte digitale, la voix ou l’iris) pour les paiements en ligne de plus de 30 euros, afin de réduire la fraude dans l’e-commerce.
  • L’ouverture du marché à de nouveaux acteurs en donnant accès aux informations sur les comptes par un canal de communication sécurisé.

Ces deux dernières dispositions n’entrent pas en vigueur immédiatement : un délai d’adaptation de 18 mois après la publication au JO de l’UE des normes techniques est prévu, ce qui devrait reporter leur application à septembre 2019.

(...)

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/paiement-les-changements-de-la-directive-dsp2/

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« Un plan de départs volontaires proposé aux fonctionnaires et rémunération au mérite !! … »

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La réforme annoncée de la Fonction Publique par le gouvernement va faire couler beaucoup d'encre, et nous allons sans doute y revenir. L'article proposé ici, l'éditorial de Charles Sannat (que les habitués du site connaissent bien car nous aimons bien relayer ses "coups de gueule" et ses impertinences, sans forcément partager ses convictions, loin s'en faut même parfois) est particulièrement pessimiste et fataliste, ce qui n'est, de toute évidence pas notre point de vue, sinon, à quoi bon militer à l'UPR? Mais ce fatalisme affiché reflète bien un climat et une résignation que nous rencontrons souvent lors de nos discussions avec la population au cours de nos activités militantes. A intégrer donc à notre réflexion!  P.G.


 

TRIBUNE LIBRE / Charles Sannat

TL SANNAT FONCTIONNAIRES

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je consacre une grande partie de mon “temps libre” ces derniers mois à travailler autour de la notion d’employabilité. Ce n’est pas un hasard. C’est la réponse concrète à un besoin majeur qui va aller en se développant, hélas, toutes ces prochaines années, à savoir celui de se préparer à faire face à un marché du travail complexe, violent et dégradé.

Ce sont tous les repères traditionnels du peuple français et nos “habitudes”, fussent-elles bonnes ou mauvaises, qui sont en train de disparaître ou de changer.

La France ce n’est pas uniquement de jeunes “geeks” de moins de 20 ans. C’est tout un ensemble de vieux comme moi de 43 ans, ou d’encore plus vieux. N’y voyez évidemment rien de péjoratif. Ces vieux, dont je fais partie, ont appris à écrire avec des stylos, à taper avec des machines à écrire et à téléphoner avec des cadrans qu’il fallait “tourner”… Nous sommes d’un autre temps. Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Nous sommes du temps des francs, des frontières de Giscard et de Mitterrand.

Beaucoup sont du temps de la SNCF et de ses cheminots, ou encore de la sécurité de l’emploi et du plein emploi, bien que ce dernier ait, disons-le, disparu depuis longtemps mais finalement progressivement.

Imaginez un seul instant la réalité du titre de cet édito même quand Chirac était Président ? Impossible ! Imaginez un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires sans que cela ne bloque le pays et ne jette les foules sur le pavé parisien !

Pourtant, nous y sommes !

“Le gouvernement français a proposé jeudi de lancer un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires qui souhaiteraient partir en raison des réformes qu’il compte engager, Edouard Philippe disant assumer de pouvoir heurter des “sensibilités”.

Gérald Darmanin a dit possible d’imaginer avec les agents publics un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir en conséquence de la réforme de l’État”, dans le cadre de discussions, jusqu’à fin 2018, avec les syndicats de fonctionnaires.

Le Premier ministre a également annoncé que la rémunération au mérite des fonctionnaires et le recours aux contractuels seraient nettement développés dans les prochaines années.

“Il ne s’agit pas d’un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter le fonctionnement de nos services publics”, a-t-il ajouté

“Nous sommes déterminés à avancer, déterminés à dialoguer, déterminés à transformer la façon dont on produit les services publics dans notre pays”, a dit Edouard Philippe aux journalistes.

“Nous n’avons aucun doute sur le fait que (…) nous puissions heurter la sensibilité ou des équilibres auxquels certains se sont habitués”, a-t-il ajouté. “On ne répare pas un pays, on ne vise pas haut sans avoir conscience qu’il faut parfois bousculer et modifier ces équilibres”.”

Nous allons heurter la sensibilité ou les équilibres… et c’est comme ça !

Si je termine tous mes éditos par la formule “il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous”, ce n’est pas un hasard. Cette formule est le résumé de ce que nous devons individuellement faire pour être le plus robuste et le plus solide face aux changements qui s’imposent à nous. Certains diront qu’on nous les impose. Certes.

Aujourd’hui, je ne veux pas débattre politiquement. Il y a deux volets. La lutte collective et les comportements et stratégies individuelles.

Ceux qui veulent porter le combat dans une énième manif et marcher entre République et Bastille peuvent y aller. Il ne faut pas attendre d’une manifestation, grand moment d’exutoire collectif, les conséquences d’une révolution dont on sait toujours où elle commence et aussi, contrairement à ce que dit l’adage, où elle finit, c’est-à-dire dans un bain de sang.

Les Français ne semblant pas partisans ni favorables à une révolution violente, il y a objectivement peu à attendre de la résistance des corps constitués sur le front politique.

Il ne vous reste donc plus que la préparation et l’adaptation individuelle aux nouvelles réalités que l’on nous impose. Il n’y a pas ni bien ni mal, mais un contexte qui s’impose à vous. Qu’allez-vous faire ? Comment vous y préparer ? Comment faire face ?

Il n’y aura plus de “sécurité de l’emploi”, et vous allez devoir gérer votre employabilité.

L’effort et le courage, comme la souffrance ou la douleur, sont des émotions et des réalités individuelles. Les résultats de votre travail seront de plus en plus individualisés, et vous pourrez de moins en moins vous “cacher” derrière les augmentations “générales” du point d’indice ! Même pour les fonctionnaires ce sera la rémunération au mérite donc l’individualisation de la rémunération. Cette individualisation est assez logique en termes philosophiques, et la phrase “à travail égal salaire égal” est une ineptie dans le monde réel.

Entre Pierre, Paul, et Jacques, à travail égal… il n’y a jamais le même travail ! Pourquoi ?  Parce que Pierre, Paul et Jacques sont 3 personnes différentes, avec 3 vies et contextes différents. Pierre peut avoir un enfant en bas âge alors que Paul est un jeune célibataire et très ambitieux. Jacques, lui, le “vieux”, travaille peu mais bien… Ils sont tous les 3 commerciaux, leur rémunération va de 1 à 4 !!! Travail “égal” en façade, mais résultat bien différent matérialisé par des commissions très variées.

On ne vous le dit que progressivement, mais c’est tout cela qui change, toutes ces habitudes qui volent en éclat, et tout l’égalitarisme à la française qui, sous vos yeux, va se faire trucider.

Pour la tranquillité d’esprit des masses, on remplace progressivement l’égalitarisme économique (travail égal salaire égal, augmentation collective, sécurité de l’emploi, etc.) par un égalitarisme social et sociétal “une femme = un homme” en montant ce type de sujet à un niveau d’intensité de combat hallucinant. Non pas qu’une femme vaille un homme, c’est une évidence, et dans bien des cas, elle vaut bien plus, mais parce que l’on pousse l’égalitarisme sociétal pour vous faire oublier que l’on vous supprime l’égalitarisme économique.

Que toutes les femmes du monde et de France se rassurent, elles seront exploitées équitablement et de la même façon que les hommes. Ni plus ni moins. Ce sera moins pour “toutes et tous” !!!

Il ne vous reste plus que la mise en place et le développement de vos stratégies d’adaptation personnelles. C’est le sens du dossier de 140 pages consacré à l’employabilité, à la recherche d’emploi, à la formation, à la préparation de vos enfants et à leur orientation que je viens de terminer. (...)

Les plus “fragiles” sont les fonctionnaires…

Que nos amis fonctionnaires ne le prennent pas mal. Il n’y a pas plus inadapté de façon générale (avec toutes les exceptions que l’on peut trouver) que les fonctionnaires au marché de l’emploi. Non pas qu’ils ne soient pas bons ! Ils sont largement aussi bons que les autres en moyenne. Telle n’est pas la question.

Ils ont simplement été formatés dans une culture, dans un mode de fonctionnement et de rémunération qui n’est pas celui du secteur marchand.

Enfin, pour beaucoup d’entre eux, ils sont rentrés jeunes généralement, sur concours, et ne savent pas ou peu ce qu’est une démarche de recherche d’emploi dans le privé, et ce n’est en aucun cas une critique. C’est assez normal qu’un jeune passe son CAPES et devienne prof… mais il est assez loin des réalités du marché de l’emploi !

Lorsque je vois que même les fonctionnaires auront leur plan de départ volontaire, cela confirme l’analyse que je fais depuis des années et qui, progressivement, se confirme et se met en place.

Ceux qui dépendent de la dépense publique dans un État en quasi faillite ont du souci à se faire.

La solution est d’anticiper ces nouvelles réalités avant les autres. Je sais cela peut sembler trop individualiste, mais le collectif a déjà perdu depuis bien longtemps et nous avons collectivement abdiqué notre ambition collective de peuple. Alors…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/un-plan-de-departs-volontaires-propose-aux-fonctionnaires-et-remuneration-au-merite-ledito-de-charles-sannat/

Emmanuel Macron souhaite le meilleur aux agriculteurs et leur prépare le pire.

info upr auvergne

Le président de la République était  jeudi 25 janvier, à Saint-Genès-Champanelles dans le Puy-de-Dôme, pour présenter ses vœux aux agriculteurs.(1) J’étais avec des adhérents de l’UPR devant les grilles de sécurité où les non-invités restent. Chose prévisible, le Président est passé, vitres teintées fermées, quel dommage ! les gens étaient venus lui parler de leur retraite ou de leur condition d’agriculteur.
M. Macron n’a pas présenté ses vœux devant des agriculteurs, mais face à un parterre d'officiels soigneusement sélectionnés pour percuter frénétiquement leurs paumes de mains lorsqu'on leur fait signe.
  • Personne pour rappeler la situation catastrophique des agriculteurs Français.
  • Personne pour demander au Président d’arrêter de fanfaronner et prendre enfin la question agricole à bras-le-corps.
  • Personne pour lui rappeler que l'Union européenne, de par ses traités, organise la ruine de l’agriculture française.
Avec lui comme Président, je vous souhaite... bien du courage !
Emmanuel Macron, fort de sa connaissance profonde du monde agricole et rural, a formulé des vœux profondément rassurants. Nous vous laissons juger de leur profondeur :
« Faisons printemps, ensemble, pour cette année qui s'ouvre, pour l'agriculture française, pour les femmes et les hommes qui la font parce qu'ils sont courageux et parce qu'il y a aussi, sur ce plan, un formidable territoire de conquête. Je vous remercie » [ndlr : ce n'est pas une plaisanterie mais réellement la clôture du discours officiel du Président]
Il faut vraiment se moquer éperdument des agriculteurs pour applaudir après une telle conclusion.
En 2016, 30% des agriculteurs touchaient moins de 350 euros par mois, 20% d’entre eux étaient en déficit, c'était 15% en 2015. C'est plus de la moitié des exploitations agricoles françaises qui a disparu en 25 ans. Selon le dernier recensement en date de 2015, il reste 474.000 fermes dans l'Hexagone contre plus d'un million à la fin des années 80, et 664.000 en 2000. La superficie moyenne des exploitations s'est accrue nettement ; elle atteignait environ 61 hectares en 2013 contre 43 en 2000. Ce qui veut dire que les petites exploitations mettent la clef sous la porte et se font racheter par des grosses dont le modèle agricole est de plus en plus intensif.
C’est ce que l'UPR ne cesse d'expliquer (2), mais trop de Français l'ignorent encore ; ce que l'on voit en France est exactement le résultat de la politique de l'Union européenne.
Cette politique est gravée dans les traités européens inamovibles (3), elle organise :
  • L'augmentation de la taille des parcelles, donc la destruction des exploitations plus petites.
  • La mise en place d'une agriculture intensive qui ne respecte plus en rien tout ce qui fait une agriculture de qualité respectueuse des terroirs.
  • La baisse du coût de la main d’œuvre dans le monde agricole, donc des saisonniers et ouvriers payés au lance-pierre.
  • La concurrence généralisée des agriculteurs français avec ceux du monde entier. (Par l'article 63 du TFUE)
Mais réjouissons-nous, il est écrit dans l'article 39 du TFUE que les très rares paysans survivants, seront bien payés. Ils ne seront plus qu’une poignée de chefs d'immenses entreprises, gestionnaires d'exploitations similaires aux fermes aux mille vaches ou aux grandes plaines désolantes que l'on peut voir en Amérique.
La France des terroirs vous dites ?
Pourtant, Emmanuel Macron, salue les “Appellations d'Origines Protégées”, citant comme exemple le Saint-nectaire. L'agriculture française doit-elle se réduire à une stratégie de niche ? Les AOP seraient les seuls modèles possibles qui résistent encore à la politique agricole européenne ultra-productiviste ? Créant une France de “zones musées” encerclée de fermes aux mille vaches et de parcelles sans limites.
Et c'est bien là qu’Emmanuel Macron se trahit tout seul. Il fait les louanges des stratégies agricoles qui sortent de la libre concurrence, comme les AOP qui ne peuvent être produites que sur un territoire délimité. Autrement dit, partout où la « libre concurrence » fait loi, l'agriculture française en souffre terriblement. Partout où les stratégies de niche épargnent les agriculteurs du marché commun, l’agriculture se développe. Pourtant nous ne devons pas oublier que les terres de France produisent 80 quintaux à l'Hectare ! (8 tonnes pour 10 000 m²) c'est une très bonne terre. Et malgré cela, la concurrence généralisée mine nos exploitations.
Ce que le Président a oublié de dire hier, c'est que les traités européens l’empêchaient de refuser l’importation massive de céréales ou de volailles produites dans des conditions catastrophiques pour la terre et pour tout ce qui vit autour de ces terres, hommes compris. Ainsi donc, nos agriculteurs ne peuvent que tenter de concurrencer les modèles ultra-intensifs calamiteux et surenchérir dans une agriculture contraire à tous nos principes.
Quiconque connaît un peu l'agriculture sait que les pesticides et les entrants remplacent la main d’œuvre. Quiconque connaît un peu l’économie sait que le coût de la main d’œuvre est déterminant dans le prix des produits. Donc, il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour comprendre que la libre concurrence nous oblige à remplacer nos agriculteurs par des pesticides, du phosphate et du nitrate dans nos eaux… Dans l'élevage, on remplace les éleveurs, par des antibiotiques, des robots et un maximum de souffrance animale.
Si je ne me trompe pas, il y a en France du chômage, nos rivières et lacs subissent une eutrophie rapide à cause des nitrates, les pesticides font beaucoup de mal à notre santé et pourtant, nous promouvons un modèle agricole qui supprime la main d’œuvre et augmente les entrants chimiques... cherchez l’erreur !
Si vous êtes contre la destruction de l'agriculture française par l'Union européenne, vous êtes donc contre la paix, le progrès et le genre humain.
Ce qu'Emmanuel Macron explique, c'est qu'en restant dans l'Union européenne, donc en imposant la concurrence mondiale aux agriculteurs Français, ces derniers doivent se réfugier dans des niches ou dans une course folle à l’ultra-productivisme, parfois perdue d’avance. Il l'a clairement fait comprendre hier :
« Par contre, je sais qu'il y a des modèles productifs qui n'ont plus d'avenir. 
Ça ne sert à rien de concurrencer les poulets brésiliens ou le lait néo-zélandais.
Ça ne sert à rien, [...] Nous n'irons nulle part lorsque sur certaines stratégies
nous ne sommes pas positionnés sur le bon niveau de qualité et que nous avons des
concurrents qui ont fait des choix qui rendent impossible notre vie.
Et ce n'est pas vrai que pour l'agriculture ! [Sic…] Vous avons parfois commis cette
erreur dans l'automobile ou dans d'autres filières.
Et donc nous aurons dans certaines filières des changements stratégiques à faire.
Il faut regarder en face, cette réalité ».
Le summum du progrès et de la civilisation.
Ce n'est pas une réalité, M. le Président, c'est un dogme que vous défendez et que l'Union européenne impose. Vous livrez les agriculteurs Français à la libre concurrence face aux pires modèles agricoles du monde. Sortir de l’Union européenne permettrait tout simplement d’appliquer les normes sanitaires et sociales françaises aux importations.
Finis les brocolis italiens fabriqués par des esclaves africains sans papiers (mais label AB), finis les poulets élevés dans des batteries interminables, gavés aux hormones et au antibiotiques. Finis les céréales transgéniques, le cochon cloné chinois et autres infamies qui nous donnent honte d’être les “maitres” de cette terre.
Si les agriculteurs Français étaient en concurrence avec des productions qui ne pratiquent, ni l’exploitation ignoble des ouvriers agricoles, ni le saccage des terres dans des modèles ultra-productivistes, il y a fort à parier qu’en quelques années, on voie l'agriculture française reprendre du poil de la bête. Mais tant que nous resterons dans l’UE, celle-ci veillera à ce que le nombre d’agriculteurs diminue encore et encore, et la taille des exploitations grandisse encore et encore. Encore une fois, l’UE impose aux Français tout ce qu’ils ne veulent pas.
Être à l'écoute du mal-être des agriculteurs c'est bien, mais lorsqu'on le provoque, il y a une certaine perversité...
Agri’écoute est un dispositif téléphonique mis en place par le gouvernement et la mutuelle sociale agricole, afin que les agriculteurs au bout du rouleau puissent les appeler. Ceci a été mis en place par l’État français pour tenter d’endiguer l’augmentation des suicides dans le monde agricole. Le nombre d'appels auprès de cette permanence au premier semestre de 2016 était de 1.700, soit une moyenne de 285 appels par mois, contre une centaine par mois sur la même période un an plus tôt. Le nombre d’appels est en forte augmentation, signe que les agriculteurs, qui sont tout sauf des fainéants, n’en peuvent plus... On leur souhaitera de penser printemps…
Mathias Masclet
UPR Auvergne
Avec un profond remerciement pour tous les agriculteurs qui m’ont transmis cet amour pour leur travail.
(2) Lire ce dossier de Christophe Blanc, responsable national de l’UPR pour les questions agricoles : https://www.upr.fr/actualite/les-fr...
(3) Il est question ici de l’article 39 du TFUE. Cette politique est inamovible puisqu’il faut l’unanimité des 28 États membres pour changer un seul traité européen.
Paquet bonus : Notre tentative vaine de rencontrer M. Macron pour lui poser deux trois questions https://www.youtube.com/watch?v=EmK...
https://www.facebook.com/notes/mathias-masclet/emmanuel-macron-souhaite-le-meilleur-aux-agriculteurs-et-leur-pr%C3%A9pare-le-pire/541440876211594/

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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