mardi 30 janvier 2018

Charles Maurras retiré des livres de commémorations de l'année 2018

CULTURE - Elle a choisi l'option radicale: supprimer Charles Maurras des livres de commémorations de l'année 2018. La ministre de la Culture Françoise Nyssen a annoncé cette décision dimanche après de vives protestations contre la présence de l'écrivain d'extrême droite.

ACT MAURRAS

Pour "lever l'ambiguïté" sur "des malentendus qui sont de nature à diviser la société française", la ministre a demandé le rappel du Livre des Commémorations nationales 2018 et sa réimpression "après retrait de la référence à Maurras", indique-t-elle dans un communiqué.

Ce recueil avait été élaboré par le Haut Comité des commémorations nationales. Chaque année, il établit la liste des événements qui sont de nature à être célébrés par la nation. En cette année 2018, à côté de mai 68 ou de l'anniversaire du compositeur François Couperin (né en 1668), il s'agissait de commémorer les 150 ans de la naissance de Charles Maurras, en 1868.

"Il ne s'agit évidemment pas de célébrer le penseur de l'extrême droite qu'était Maurras, mais au contraire de connaître son rôle dans l'histoire de France", expliquait il y a encore quelques jours le ministère de la Culture. Pilier de l'Action française, Charles Maurras a été condamné après la Seconde Guerre mondiale pour son soutien au régime de Vichy.

Comme Céline en 2011

Cet argument du ministère n'a pas été entendu par de nombreuses personnalités et associations engagées dans la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. "Commémorer c'est rendre hommage. Maurras, auteur antisémite d'extrême droite, n'a pas sa place dans les commémorations nationales 2018", a affirmé Frédéric Potier, le monsieur anti-racisme du gouvernement. "Ne laissons quiconque opérer une opération de réhabilitation de celles et de ceux qui, par leurs écrits et leurs actions, ont contribué à assombrir le siècle dernier", a mis en garde SOS Racisme dans un communiqué. Idem pour la Licra.

Ce n'est pas la première fois que ce registre des commémorations est ainsi pointé du doigt. En 2011, des protestations concernant Louis-Ferdinand Céline avait conduit Frédéric Mitterrand à retirer le nom de l'écrivain, auteur notamment de textes antisémites.

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/28/charles-maurras-retire-des-livres-de-commemorations-de-lannee-2018_a_23345660/

(...)

Dans le document en question, le pilier de l'Action française est présenté comme une «figure emblématique et controversée» qui «mêle à travers son itinéraire les lettres et la politique». «Cet écrivain reconnu tant en France qu'à l'étranger fut aussi le théoricien politique du nationalisme intégral et un polémiste redouté», ajoute le recueil préfacé par la ministre de la Culture.

«Charles Maurras est frappé d'indignité nationale. Il a été condamné à la perpétuité pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi», a réagi la Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).

Le député La France insoumise Alexis Corbière s'est dit "stupéfait" de découvrir le nom de Charles Maurras dans ce recueil officiel. "Pas d'accord! La République ne doit valoriser ni antirépublicains, ni antisémites. Comprendre, étudier oui. Commémorer non !", s'est-il indigné dans un tweet.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/01/27/97001-20180127FILWWW00118-commemorations-maurras-fait-la-polemique.php

logo académie fr

Charles MAURRAS

Homme politique
Essayiste
Journaliste
Poète
Charles Maurras en habit d’académicien

Biographie

Né à Martigues (Bouches-du-Rhône), le 20 avril 1868.

Issu d’une vieille famille provençale, atteint de surdité dès l’enfance, Charles Maurras grandit dans un milieu traditionaliste et fit ses études au collège catholique d’Aix-en-Provence. Venu adolescent à Paris, il se voua à l’étude des humanités gréco-latines ; à dix-sept ans il publiait son premier article dans les Annales de philosophie chrétienne. Il devait collaborer par la suite à différents journaux et revues : L’Événement, La Revue bleue, La Gazette de France, La Revue encyclopédique. Il s’y faisait le chantre d’une conception classique de la « véritable » pensée française, contre les excès irrationnels du romantisme, qu’il considérait comme une forme de décadence.

Marquée par le même traditionalisme, sa pensée politique en fit le défenseur d’un patriotisme, que Maurras qualifiait lui-même de « nationalisme intégral » et qui repose sur la condamnation sans appel des erreurs commises depuis la Révolution, le rejet de tous les principes démocratiques, jugés contraires à l’inégalité naturelle, le retour enfin à une monarchie héréditaire.

Son militantisme devait conduire Charles Maurras à créer le groupe des Néo-monarchistes et à fonder, en 1899, la revue de L’Action française. Militant en faveur du catholicisme comme principe d’ordre social, mais agnostique par convictions personnelles, Maurras allait s’attirer les foudres de l’Église, qui condamna L’Action française en 1926 et mit à l’index plusieurs des livres de l’écrivain, dans une œuvre qui comporte de nombreux titres : Le Chemin de Paradis (1895), Trois idées politiques (1898), Enquête sur la monarchie (1900-1909), Anthinéa (1901), Les Amants de Venise : George Sand et Musset (1902), L’Avenir de l’intelligence (1905), Le Dilemme de Marc Sangnier (1906), Kiel et Tanger (1910), La Politique religieuse (1912), Romantisme et Révolution (1922), Le Mystère d’Ulysse (1923), La Musique intérieure (1925), Barbarie et Poésie (1925), Un débat sur le romantisme (1928), Au signe de Flore (1931), L’Amitié de Platon (1936), La Dentelle du rempart (1937), Mes idées politiques (1937), Quatre poèmes d’Eurydice (1938), Louis XIV ou l’Homme-Roi (1939), La Sagesse de Mistral (1941), La Seule France. Chronique des jours d’épreuve (1941), De la colère à la justice (1942), etc.

Il eut une grande influence sur une partie de la jeunesse, celle qui se groupa dans le mouvement des Camelots du roi.

Charles Maurras, qui avait dénoncé dès après la Première Guerre mondiale l’insuffisance du traité de Versailles et condamné, par antigermanisme, la politique de rapprochement avec l’Allemagne menée par Briand, devait cependant, par crainte de la menace communiste, approuver les accords de Munich et se faire le défenseur, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, des thèses pacifistes. En 1940, il saluait comme une « divine surprise » l’arrivée du maréchal Pétain au pouvoir. Pendant l’Occupation, il se fit, avec toute sa vigueur polémique, l’apologiste du gouvernement de Vichy et l’inspirateur de la politique de Collaboration.

Condamné en 1945 par la haute cour de justice de Lyon à la réclusion à perpétuité et à la dégradation nationale, il fut interné à Riom, puis à Clairvaux. En 1952, sa santé déclinante le fit admettre à la clinique de Saint-Symphorien-lès-Tours, où il devait s’éteindre.

Charles Maurras, après un premier échec contre Jonnart en 1924, avait été élu à l’Académie française le 9 juin 1938 au fauteuil d’Henri-Robert, par 20 voix contre 12 à Fernand Gregh ; il était reçu le 8 juin de l’année suivante par Henry Bordeaux.

Sa condamnation entraînait automatiquement sa radiation de l’Académie (article 21 de l’ordonnance du 26 décembre 1944) ; il fut en fait décidé, lors de la séance du 1er février 1945, qu’on déclarerait vacant le fauteuil de Maurras, sans pour autant voter la radiation. Ainsi, Charles Maurras, comme le maréchal Pétain, mais à la différence d’Abel Hermant et Abel Bonnard, ne fut remplacé sous la Coupole qu’après sa mort.

Mort le 16 novembre 1952.

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/charles-maurras

Posté par UPR Creuse à 07:27 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

« La France black-blanc-beurre de cacahuète, huile de palme et l’intégration Nutella … ! »

TRIBUNE LIBRE / L’édito de Charles SANNAT

Les émeutes du Nutella. Oui. C’est un sujet plus que sérieux et derrière cette simple pâte à tartiner se cache une symbolique profonde et de grands sujets philosophiques à mettre en lumière sur ce qu’est devenue notre société.

TL NUTELLA SANNAT

Autrefois réservées aux “forcément crétins” américains, les émeutes promotionnelles sont devenues en moins de 5 ans une réalité dans les rayons de nos supermarchés. J’en reste toujours sans voix et ébahi.

N’accusez pas le pourcentage de réduction ! Ils en profiteront pour nous réduire les réductions possibles et c’est d’ailleurs déjà annoncé !!!

N’accusez pas Intermarché, personne ne pousse les gens à s’entre-tuer pour 3,30 euros de réduction sur un pot de pâte à truc.

N’accusez pas la misère ou le chômage, c’est une insulte à l’égard des vrais pauvres, car un vrai pauvre véritablement pauvre et misérable n’ira même pas dans un magasin. Vous imaginez les migrants qui campent sous nos ponts se jeter sur une promo Intermarché pour du Nutella ? Sérieusement ? Non !

Les seuls à blâmer sont tous ces imbéciles décérébrés de “con-sommateurs” qui se laissent emporter par le désir de possession, par l’avidité. Par le “prix”. Le Nutella n’est pas un besoin vital, à peine superflu.

L’absence d’éducation !

Alors ils sont nombreux, les bêlants, à regarder les taux de chômage et à gloser sur le rapport évident entre “misère” et émeutes Nutella…

Personne pour parler de la vérité.

Personne pour dire la vérité.

Les émeutes Nutella, ce n’est ni le chômage ni la misère, c’est l’absence d’éducation, de courtoisie, c’est l’absence de maîtrise de ses émotions, de son avidité ou de ses pulsions.

Que l’on soit riche ou pauvre,

Que l’on soit à Roubaix ou dans le 16e à Paris, rien ne justifie que l’on se jette sur un bocal, parce que c’est une question de maîtrise de soi.

Être pauvre n’est en aucun cas une excuse pour s’exonérer de la nécessaire et indispensable maîtrise de ses pulsions. C’est la différence entre l’homme et l’animal dont nous parlons, pas de celle entre le “riche” et le “pauvre”.

Si l’on renonce à la maîtrise de soi, à la maîtrise de nos pulsions, alors nous justifierons, tôt ou tard, les viols, les vols, les pillages, les meurtres et les massacres… Finalement, c’est ce que nous sommes insidieusement en train d’accepter chaque jour un peu plus.

L’éducation, c’est la maîtrise de ses pulsions pour permettre la cohabitation en société et rendre les choses vivables.

L’éducation et la politesse, c’est ringard, c’est forcément de droite, c’est un tantinet fasciste même… sauf qu’une société sans éducation, sans courtoisie, sans politesse, sans règles de bienséance, ce n’est même plus la chienlit, c’est le bordel total, et ce pays devient un effroyable bordel.

L’intégration Nutella !

Autre remarque que les bien-pensants prendront bien comme ils voudront : force est de constater une parfaite et totale intégration dans la crétinerie et une toute aussi totale parité homme-femme dans la bêtise crasse de nos “foules” ou de notre peuple.

Nous voyons dans ces cohues indescriptibles autant de femmes voilées que de cheveux au vent.
Nous voyons autant de femmes affamées de Nutella que d’hommes décérébrés.

En un mot ? Tous unis dans la connerie, ce qui me fait dire que la connerie est paritaire. Quel beau programme. Quel bel avenir pour nos peuples.

Réduire l’homme à l’avoir plutôt qu’à l’être.

Blancs, noirs, jaunes et marrons, hommes et femmes, jeunes et vieux, voilées ou non, tous unis et intégrés au saint système capitaliste productif du toujours plus et de la “con-sommation” de masse.

Célébrons ensemble, la France black-blanc-beurre de cacahuète et huile de palme, vous savez cette huile de palme que l’on cultive et qui nécessite de détruire des milliers d’hectares de biodiversité pour que l’on se tape dessus dans les rayons de supermarchés à la moindre promotion.

Ne comptez effectivement pas trop sur moi pour trouver une seule circonstance atténuante à nos masses décérébrées qui doivent être désignées comme telles quelles que soient leurs origines ethnico-religioso-je-ne-sais-pas-quoi !

Le débat entre l’inné et l’acquis a été tranché depuis bien longtemps ! Pour 95 % des gens, c’est l’acquis qui fera de vous ce que vous deviendrez ! Pour une infime minorité, le poids des gènes ne pourra pas être compensé par l’acquis, c’est le cas, pour donner un exemple clair, d’une maladie génétique orpheline sans traitement ! Vous aurez beau être aussi intelligent et brillant que Stephen Hawking, vous serez dans un fauteuil roulant, mais vous serez tout de même, grâce à l’intelligence et aux savoirs, l’un des astrophysiciens les plus brillants de l’histoire de l’humanité.

L’acquis c’est l’instruction, c’est l’éducation, c’est la connaissance et les savoirs !

Oui les masses sont devenues terriblement stupides. Pas uniquement par leur seule responsabilité évidemment. C’est tout un système qui rend les gens crétins, à commencer par nos enfants, les vôtres comme les miens, et lutter contre ce système est, disons-le, très difficile !

Difficile de lutter contre la télé.
Difficile de lutter contre les jeux vidéo et tous les aie-pads et autres tablettes.
Difficile de lutter contre les téléphones portables et les smartphones.
Difficile de lutter contre les réseaux sociaux.
Difficile de lutter contre les émissions de télé-réalité,

Tout cela est très séduisant, très attirant. Très destructeur également.

Voilà à quoi ce relâchement collectif majeur aboutit.
Voici ce à quoi notre abdication collective à l’instruction vient de nous conduire.
Voici l’avenir de vos enfants.
Voici la vie en France en ce mois de janvier 2018.

(...)

https://insolentiae.com/la-france-black-blanc-beurre-de-cacahuete-huile-de-palme-et-lintegration-nutella-ledito-de-charles-sannat/

Nutella : Bousculades, pagaille, la promo monstre vire au pugilat! 25/1

https://www.youtube.com/watch?v=wYg1K5TfbzU

Pour que la France quitte le concours de l’Eurovision et crée à la place un concours international de la chanson francophone!

Les signataires de la présente lettre ouverte demandent aux responsables politiques de notre pays, la fin de la participation de la France au Concours de l’Eurovision de la chanson, et demandent que parallèlement à ce retrait, soit créé un concours international de la chanson francophone mettant en lumière les langues et les cultures de toute la Francophonie.

ARG LANGUE EUROVISION

Ensemble, refusons ce qu’est devenu l’Eurovision, c’est-à-dire l’Anglovision : 

Ni langue unique, ni culture unique, ni chanson unique, RETRAIT sans états d’âme de ce concours sans âme !  

SIGNER LA PETITION EN LIGNE : https://www.petitions24.net/pour-que-la-france-quitte-le-concours-eurovision-de-la-chanson

Madame, Monsieur,

LA FRANCE DOIT CESSER DE CAUTIONNER LE CONCOURS DE L’EUROVISION DE LA CHANSON, cette   machine à uniformiser la chanson, à l’appauvrir tout en officialisant l’anglo-américain comme étant la langue de l’Europe !

D’année en année, le concours de l’Eurovision étale sa propension à uniformiser le marché de la chanson et sa tendance lourde à imposer l’anglo-américain comme la langue quasi-unique de la chanson en Europe.

D’année en année, France Télévisions est devant ce dilemme : la France doit-elle chanter en français, en bilingue français-anglais ou en anglais, comme s’il était normal d’avoir un tel dilemme dans un pays censé promouvoir la Francophonie au niveau international et le plurilinguisme au niveau européen ?

En 2016, la France a chanté en bilingue français-anglais, pour se conformer servilement à la politique du tout-anglais voulu par le grand Marché unique de la chanson, un marché que l’Eurovision, mue en Anglo-vision, promeut au profit de l’industrie du divertissement

Si la chanson de notre représentant avait gagné, aurait-elle servi à promouvoir le français dans les pays non francophones ou aurait-elle à l’inverse, donné un nouveau signal destiné aux Francophones pour les convaincre qu’en tous domaines, la réussite commerciale passe par l’abandon du français ?

Dans les deux cas, « défaite » ou « victoire » de notre représentant, c’est la défaite de la langue française et l’affaiblissement de la Francophonie qui sont mis en lumière !  

En réalité, ce concours n’est qu’une foire d’empoigne dont sont proscrites l’équité et la diversité culturelle. Quant à l’audimat, quand il se paie par l’allégeance à un insidieux totalitarisme culturel, il ne saurait servir d’argument à un service public censément régi par les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité.

Le service public de la télévision française, assujetti par définition à l’article II de la Constitution (« la langue de la République est le français »), doit donc se retirer de cette « compétition » grotesque où la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée » alléguée par l’UE, est bafouée de fait par l’hégémonie d’un modèle anti-culturel unique qui   fonctionne sur le mépris de la diversité culturelle et linguistique des téléspectateurs.  

Ni langue unique, ni culture unique, ni chanson unique, RETRAIT sans états d’âme de ce concours sans âme !  

Refusons ce qu’est devenu l’Eurovision, c’est-à-dire l’Anglovision et proposons à France Télévisions, pour compenser ce retrait salutaire, d’organiser chaque année, en coopération avec les télévisions publiques des autres pays francophones, avec l’organisation internationale de la francophonie (OIF), avec les Alliances françaises du monde entier, un grand concours de la chanson francophone ouvert à chaque pays de la Francophonie.

Dans l’attente d’une réaction-action de votre part, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations citoyennes.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/petition-france-quitte-concours-de-leurovision-de-chanson-cree-a-place-concours-international-de-chanson-francophone/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

30 janvier 1968 Offensive du Têt au Sud-Vietnam

Le 21 janvier 1968, au plus fort de la guerre du Vietnam, l'armée nord-vietnamienne lance un brutal assaut contre la base américaine de Khé Sanh, près de la piste Hô Chi Minh et de la frontière laotienne. Les Américains craignent que leurs adversaires ne veuillent rééditer l'exploit de Diên Biên Phu et dépêchent sur place des renforts terrestres et aériens. Ce faisant, ils dégarnissent le reste du pays...

HIST VIETNAM TET

C'était l'effet recherché par les Nord-Vietnamiens et les Vietcongs (communistes du Sud-Vietnam).

Dix jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, ils profitent des festivités du Têt (fête du Nouvel An vietnamien) pour lancer une offensive générale.

Une centaine de villes, dont Saigon et Hué, la capitale historique de l'Annam, sont simultanément assaillies par plusieurs centaines de milliers de combattants. Les Sud-Vietnamiens et leurs alliés américains se ressaisissent rapidement.

Échec militaire, l'offensive du Têt, menée en direct sous les caméras des journalistes occidentaux, n'en constitue pas moins pour les communistes un succès médiatique. Elle relance dans tous les campus d'Occident les manifestations contre l'intervention des États-Unis dans cette guerre.

La photo, une arme de guerre

Une photo d'Eddie Adams (Prix Pulitzer 1966) va particulièrement bouleverser l'opinion occidentale. Prise devant l'hôtel du photographe le 1er février 1968, elle montre le chef de la police de Saigon (Nguyễn Ngọc Loan) abattant un captif vietcong.

Chacun y voit à première vue une illustration de la barbarie mais le photographe lui-même révélera plus tard que la victime avait été capturée sur le lieu d'un massacre de plusieurs familles de policiers saigonnais, enfants compris. Il était soupçonné de l'avoir commis... Rien n'est simple.

Exécution d'un prisonnier vietcong par le chef de la police à Saigon, le 1er février 1968 (DR)

C'est un tournant dans la guerre.

Le président Johnson, discrédité et impopulaire, annonce le 31 mars qu'il ouvrira les négociations  avec l'ennemi, qu'il suspend d'ores et déjà les bombardements et qu'il ne se représentera pas aux élections à venir, en novembre. 

Richard Milhous Nixon, élu président des États-Unis dix mois plus tard, va amorcer la « désescalade » (retrait progressif des troupes américaines) et ouvrir à Paris des négociations de paix.

André Larané
https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19680130&ID_dossier=20

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Vidéo: L'UE a-t-elle une politique étrangère ?

Cette vidéo date de 2015 et je suis un peu tombé par hasard sur ce lien, mais j'ai trouvé ça instructif avec le recul. Notons que Jacques Myard fur l'un des rares députés à ne pas commettre la forfaiture de voter le traité de Lisbonne, ce qui est à mettre à son actif, ainsi que sa position claire contre le traité de Maastricht et ses positions plus récentes sur la situation en Syrie.

VID MYARD SAPIR CRE

BASE 14 995X225

Il parle de tout cela dans cette vidéo, et notamment de l'article 42 qui lie la politique étrangère de l'UE à l'OTAN. Avec Jacques Sapir, qu'on ne présente plus sur ce site, et les jeunes du CRE ("Critique de la Raison européenne") de Sciences- Po, on a là un ensemble qui mérite d'être consulté, même si c'est un exercice un peu frustrant pour les militants UPR que nous sommes, car il y a tant de choses qu'on aimerait commenter, compléter,  critiquer, voire parfois contredire...Mais bon, comme je le dis souvent, c'est quand même mieux qu'à la télé!

P.G.

Jacques Sapir et Jacques Myard à Sciences Po : L'UE a-t-elle une politique étrangère ?

https://www.youtube.com/watch?v=3dIZiTTzre8

 

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Nord de la Syrie : La nouvelle guerre de l’empire global …

TRIBUNE LIBRE / Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

TL EMPIRE GLOBAL

Nous avons encore eu droit à trois heures de propagande lamentable – mardi 16 janvier sur Arte -, avec la diffusion du documentaire des « journalistes » américains Michael Kirk et Mike Wiser – « La revanche de Poutine », présenté par une petite speakerine littéralement entrée en pamoison, puis commenté par Christine Ockrent, une grande amie connue de la Russie… Trois heures de Fake News et de délires complotistes sans contrechamp ni contradiction ! Bravo pour le mieux disant culturel et informatif… d’autant qu’Arte multiplie, depuis plusieurs mois, une présentation tout aussi unilatérale et propagandiste de la guerre en Syrie.

En Syrie justement, les Etats-Unis et leurs alliés – pays de l’Union européenne et du Golfe, ainsi qu’Israël – ont perdu la guerre et bien perdu ! Ils ont échoué à démanteler l’Etat-nation syrien, comme ils l’ont fait de l’Irak et de la Libye, comme ils n’ont cessé de le faire en Afghanistan, dans d’autres pays d’Asie et d’Amérique latine. [et en Europe! NdR] Comme l’explique Alain Joxe dans ses Guerres de l’empire global1 : sur le plan conventionnel, les américains ont perdu toutes les guerres qu’ils ont initiées depuis la fin de la Guerre froide. Mais ces défaites tactiques se sont transformées en autant de victoires stratégiques, multipliant les zones dites « d’instabilité constructive ».

Ces « zones grises » sont devenues autant de puits sans fond pour les exportations d’armes et l’engagement de milices privées (générant des millions d’emplois et des milliards de dollars) ; des laboratoires de nouveaux systèmes de combat et de techniques asymétriques ; les nouvelles frontières d’une mondialisation sauvage où tous les coups sont permis. Nul besoin de revenir à Adam Smith et David Ricardo pour ausculter « la main invisible » de cette régression à l’état de nature, à la guerre de tous contre tous : l’objectif des guerres contemporaines ne réside plus seulement dans la maîtrise de l’espace, mais dans celle du temps.

Ainsi, la coalition anti-Dae’ch, conduite par les Etats-Unis, vient d’annoncer qu’elle compte former 30 000 combattants locaux qui se déploieront dans les régions du nord de la Syrie, en partie contrôlées par lesdites « Forces démocratiques syriennes », essentiellement composées de milices kurdes. Grâce à l’appui aérien américain et européen, cette alliance kurde a pu chasser, l’an dernier, les jihadistes de Raqqa – leur quartier général syrien -sur l’Euphrate et plus au sud en direction de l’Irak. Cette nouvelle force frontalière supplétive, que veut déployer Washington, a bien une double mission spatiale : contrôler les régions des principaux gisements pétroliers syriens et couper le « couloir chi’ite » entre l’Irak, la Syrie et l’Iran.

Mais, comme souligné précédemment, sa mission la plus importante est d’imposer le calendrier d’un temps alternatif – distendu – qui comporte trois volets de rétention : reculer la fin des opérations militaires lourdes en cours et le début des reconstructions politiques et économiques d’un pays qui doit impérativement rester une « zone grise » (business oblige !) ; permettre le recyclage des unités jihadistes défaites de Dae’ch en de nouvelles milices « modérées, laïques et démocratiques » anti-syriennes ; enfin, perturber, sinon faire échouer le prochain sommet de paix organisé par Moscou à Sotchi en février prochain, sans parler d’un sabotage assumé des efforts du représentant spécial de l’ONU – Staffan de Mistura – qui gère la complexe négociation de Genève.

Comme toujours, depuis le début de la guerre civilo-globale de Syrie, les grandes manœuvres commencent par la communication. Officiellement, Washington compte ainsi « empêcher la résurgence de Dae’ch » et poursuivre la guerre contre le terrorisme par d’autres moyens… Sont allègrement tressées les mêmes grosses ficelles de communication déjà usées en Irak, en Libye ou au Yémen avec le succès que l’on sait : lutter contre le terrorisme, changer le régime politique, installer la démocratie et les droits de l’homme pour le bonheur de l’humanité et du complexe militaro-industriel américain…

Malgré leur claire défaite en Syrie, les Américains veulent à tout prix conserver une présence militaire à long terme. Encore la gestion du temps : ils disposent toujours de 2000 soldats de leurs forces spéciales engagées sur le territoire syrien et d’une demi-douzaine de bases interarmées dans le nord du pays, le long de la frontière turque, jusqu’à celle de l’Irak aux alentours de Kamechliyé et Hassaké. Vaincus tactiquement, mais toujours là stratégiquement, les Américains n’ont pas renoncé à faire éclater l’Etat national syrien pour imposer une « partition de fait » qu’ils appellent pudiquement la « solution fédérale », comme si on allait applaudir au dessin animé d’une Syrie transformée en Confédération helvétique à laquelle ne manqueraient plus que les chocolats, le coucou et les banques…

En définitive, la constitution de cette force pro-américaine supplémentaire constitue clairement une nouvelle agression contre la souveraineté syrienne et les efforts du gouvernement de Damas pour restaurer son indépendance nationale, dans ses frontières historiques, en tant que l’un des 194 Etats membres à part entière de l’Organisation des Nations unies. Outre le fait que le droit international est parfaitement foulé au pied depuis le début de la crise syrienne ( illégitimité de l’ingérence/intervention de la coalition occidentale en Syrie), on voit Washington pousser et instrumentaliser les Kurdes dans une impasse où ils risquent – une fois de plus – d’être les dindons de la farce… D’un côté, ils restent en même temps soutenus par les Russes ; d’un autre, leurs députés qui siègent au Parlement de Damas ont entamé – depuis deux ans – des négociations avec le gouvernement syrien pour l’établissement d’un statut d’autonomie interne à la République syrienne.

Alors que Moscou tente, depuis des mois, de convaincre Ankara d’accepter la participation des Kurdes aux prochaines négociations de Sotchi, l’initiative américaine tombe à point nommé pour mettre par terre cet espoir de constitution d’une délégation syrienne « plus inclusive », voulue à la fois par Moscou et les Nations unies. Ce faisant, Washington joue encore avec le feu, poussant toujours un peu plus Ankara dans les bras du Groupe de Shangaï2 au détriment de l’OTAN. Faut-il rappeler que la Turquie aligne la deuxième force armée de l’Alliance atlantique après celle des Etats-Unis ?

Dimanche dernier, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a jugé « inacceptable » la constitution de cette « Force de sécurité aux frontières ». Ibrahim Kalin a conclu : « les États-Unis prennent des initiatives inquiétantes pour légitimer cette organisation et l’installer dans la région. Il est impossible de l’accepter ». En signe de riposte, Ankara a menacé de lancer « dans les jours à venir » une offensive sur Afrin, ville du nord de la Syrie tenue par ces forces kurdes. « Avec la volonté de Dieu, nous continuerons dans les jours à venir nos opérations lancées dans le cadre de l’opération Bouclier de l’Euphrate pour nettoyer nos frontières sud et débarrasser Afrin de la terreur », a ajouté le président de la Turquie dans une allocution télévisée : « le moindre trouble à la frontière sera, pour nous, un signal pour intervenir ».

Aux dernières nouvelles, l’armée turque a engagé plusieurs séries de bombardements dans le nord de la Syrie (dans la région d’Afrin), tout en préparant une offensive terrestre d’envergure contre les positions des différentes milices kurdes. C’est exactement ce que cherchaient à provoquer les experts du Pentagone depuis la reconquête d’Alep (décembre 2016) par l’armée gouvernementale syrienne…

Toutefois, afin d’apaiser Ankara, Donald Trump vient de passer un coup de fil à son homologue turc pour lui annoncer une grande nouvelle : l’arrêt de la livraison d’armes aux milices kurdes de Syrie !!! On n’y comprend vraiment plus rien parce que les propos téléphoniques manquaient visiblement de précision. La Maison Blanche a dû publier un communiqué relativisant un peu la décision en parlant « d’ajustements concernant le soutien militaire » à ces milices qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre Dae’ch. Samedi dernier, Ankara a réclamé que le président américain « tienne parole » sur cette question essentielle pour les relations entre les deux pays. C’est effectivement clair comme du jus de chique…

En mai dernier à Washington, un bras de fer a opposé partisans et opposants aux forces armées turques ; un proche de Trump étant même impliqué dans des combines avec les services spéciaux d’Ankara… Surtout : le président Erdogan réclame toujours aux Etats-Unis l’extradition d’un prédicateur membre des Frères musulmans, soupçonné d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016. A cette salade turque, s’ajoute la Moussaka kurde qui n’a pas fini de compliquer la digestion des Mezze syriens… encore une question de temps et de patience.

Pour ne pas conclure, répétons et soulignons encore l’importance de la gestion du temps dans cette nouvelle guerre de l’Empire global engagée dans le nord de la Syrie. D’expérience, les experts du Pentagone ressortent souvent des cartons les grands coups de leurs aînés. Au début des années 1980, les ingénieurs américains ont lancé la Guerres des étoiles3, un système d’armements inédit brandi par le président Reagan pour entraîner l’URSS dans une course aux armements sans fin. Plutôt foireux sur le plan opérationnel, cette initiative a parfaitement atteint son objectif sur le plan économique, obligeant effectivement Moscou a investir des moyens colossaux dans la recherche improbable d’un système similaire. Aujourd’hui, les meilleurs historiens de la Guerre froide considèrent que cette fameuse Guerre des étoiles a organiquement accéléré sinon provoqué la chute de l’URSS.

Par conséquent, en inventant toujours de nouvelles guerres – géographiquement fluides et temporellement infinies -, sous-traitées et auto-financées, Washington poursuit toujours le même objectif : épuiser économiquement et financièrement ses concurrents. Dans cette compétition qui ne connaît aucun allié ni ami – les Européens en font régulièrement les frais4 et n’ont encore rien vu -, Washington cherche avant tout à reproduire son hégémonie économique et stratégique sans partage.

La guerre de Syrie coûte cher à la Russie et impacte fortement son économie. Rappelons seulement que le budget russe de la défense est de 70 milliards de dollars, lorsque celui des Etats-Unis dépasse les 727 milliards… Et les fonds investis dans l’effort de guerre syrien constituent autant de moyens qui ne seront pas alloués à la modernisation d’autres secteurs vitaux de l’économie. La même équation vaut aussi pour l’économie iranienne, qui peine à sortir de l’austérité structurellement entretenue par des décennies de sanctions internationales. S’ensuivent inévitablement une inflation durable, l’appauvrissement des classes les plus fragiles, des manifestations, sinon des émeutes de la faim que nos médias mainstream qualifieront aussitôt de « révolutions » et de lutte pour la démocratie…

Fort de son écrasante supériorité économique, l’Empire global cherche à ruiner les économies russe et iranienne, à déstabiliser ces pays de l’intérieur en y encourageant des mouvements sociaux violents dans la perspective de l’installation de régimes à sa convenance. Ses supplétifs – en l’occurrence Israël et l’Arabie saoudite – font de même au Yémen et au Liban. La dernière prise d’otage du Premier ministre libanais Saad Hariri par Mohamad Ben Salman s’inscrivait sans doute dans le cadre plus large d’un coup d’Etat en cours dans la monarchie wahhabite, mais avait aussi pour objectif d’empêcher le Liban ainsi déstabilisé de mettre en exploitation ses gisements gaziers off-shore, plus précisément les blocs 8, 9, 10 et 11 de ses eaux territoriales convoités par Tel-Aviv ! Les experts pétroliers confirment cette évidence stratégique qui ne saurait être remisée au chapitre de la théorie du complot ou des Fake News… tellement pratiques dès lors qu’on veut justifier n’importe quelle guerre.

Grand anatomiste des guerres de l’Empire global Alain Joxe écrit : « la guerre sans but politique menée contre une population, dont les prototypes contemporains sont fournis par celles conduites par Israël en Palestine ou par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, est ce qui définit le mieux la transformation d’une armée en police dans l’empire global. C’est ce qu’a confirmé, au-delà des apparences, la politique de Washington au moment des « printemps arabes » qui ont provoqué – début 2011 – la chute de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi. En Tunisie comme en Egypte et en Libye, faute de pouvoir préserver des régimes dictatoriaux, les Etats-Unis ont cherché à promouvoir des démocraties corrompues et policières comme systèmes locaux de l’ordre financier néolibéral, quitte à s’accommoder avec des partis islamistes conservateurs mais nullement hostiles aux avantages, pour les riches, de ces systèmes »5.

Et Alain Joxe de conclure : « la gouvernance insécuritaire remplace l’Etat protecteur… » Merci Alain, nous y sommes !

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
22 janvier 2018

1 Alain Joxe : Les Guerres de l’empire global – Spéculations financières, guerres robotiques, résistance démocratique. Editions de la Découverte, 2012.
2 L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS ; est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays. Le 10 juillet 2015, l’OCS décide d’admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière. L’intégration de l’Inde et du Pakistan en tant qu’États membres est officialisée le 9 juin 2017.
3 L’Initiative de défense stratégique (IDS), dite aussi « Guerre des étoiles », était un projet de défense anti-missile destiné à la protection des États-Unis contre une frappe nucléaire stratégique par des missiles balistiques intercontinentaux et des missiles balistiques lancés par des sous-marins. L’initiative, rendue publique le 23 mars 1983 par le président Ronald Reagan, devait combiner des systèmes capables d’intercepter les missiles ennemis, depuis le sol et l’orbite terrestre.
4 Le démantèlement annoncé d’Airbus au profit de ses concurrents américains constituera un nouvel exemple emblématique de cette guerre économique et commerciale sans concession.
5 Les Guerres de l’empire global, ib. cit.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

https://www.les-crises.fr/nord-de-la-syrie-la-nouvelle-guerre-de-lempire-global-par-richard-labeviere/

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,