dimanche 28 janvier 2018

[Vidéo] “L’UE est morte, vive l’Europe ! Introduction à la souveraineté” Jacques Sapir, Coralie Delaume.

Source : Critique de la Raison Européenne, Youtube, 23-01-2018

VID SAPIR DELEAUME

Conférence de Coralie Delaume et Jacques Sapir à Sciences Po Lille le 19 janvier 2018, introduite par Etienne Campion, président de CRE Sciences Po Lille. Coralie Delaume est essayiste et auteur de “Europe, les États désunis” et “La fin de l’Union européenne”.

Elle traite de l’impasse actuelle dans laquelle a mené la construction européenne. Jacques Sapir est économiste et auteur de nombreux livres dont “Souveraineté Démocratie, Laïcité”.

Il traite de l’origine du concept de souveraineté, de ses modalités d’application, et de son rapport intrinsèque au politique.

https://www.les-crises.fr/video-lue-est-morte-vive-leurope-introduction-a-la-souverainete-jacques-sapir-coralie-delaume/

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Spéculateurs de la faim : comment les denrées alimentaires sont devenues des produits financiers

Le 22 février 2017, Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, alertait le monde concernant la famine sévissant dans plusieurs pays du Sahel, de la corne de l’Afrique et au Yémen. Certains membres de l’Organisation parlent de « la plus grave crise alimentaire depuis la création de l’ONU ».

ARG MATIERES PREMIERES

Sur un ton compassionnel, la famine est généralement présentée par les médias et les institutions internationales comme un phénomène naturel, irrémédiable, contre lequel la « communauté internationale » investit tous les moyens en son pouvoir. Cette narration ne permet que rarement d’aborder les éléments pouvant expliquer réellement pourquoi, à l’ère de la circulation accélérée des individus, des informations, des ressources et des biens de consommation, des millions d’êtres humains sont décimés par la faim et la soif. Le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutterle soulignait dans un entretien pour le quotidien espagnol El Pais : « La faim est un problème politique. C’est une question de justice sociale et de politiques de redistribution ».

La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine

Depuis les initiatives politiques de dérégulation financière des années 1980, les matières premières sont accessibles aux banques et aux fonds d’investissement. A la fin de la guerre froide, en 1991, la banque Goldman Sachs, alors sous la direction de Gary Cohn, devenu depuis directeur du conseil économique national de l’administration Trump, crée le GSCI, « Goldman Sachs Commodity Index » : un produit dérivé synthétisant en une formule mathématique complexe l’indice de la valeur boursière de 24 matières premières parmi lesquelles le café, le bétail, le maïs, les porcs, le soja et le blé, mais également les métaux précieux, le pétrole et le gaz.

Les spéculateurs responsables de la volatilité des prix des denrées alimentaires

Au 19ème siècle aux États-Unis, des « contrats à terme » ont été créés afin de permettre aux agriculteurs et aux acheteurs de blé de s’appuyer sur un accord de base pour négocier le prix des céréales. Malgré la volatilité propre aux conditions de vente de ces produits – contingences du transport, du climat … – les contrats à terme permettaient une stabilité relative des prix. Cette stabilité était possible parce que tous les agents de la transaction étaient des acteurs matériels du marché des céréales. Même les multinationales comme Nestlé, Pizza Hut ou McDonald ont matériellement besoin d’acheter et de vendre des céréales pour alimenter leurs affaires. Elles prennent de vrais risques en achetant et en vendant ces produits qui sont la base de leur commerce. C’est pourquoi on les appelle des bona fide hedgers, autrement dit, et il faut goûter toute l’ironie de cette appellation, « des spéculateurs de bonne foi ».

Nous l’avons dit, ces agents spéculateurs de multinationales dont le business est en relation directe avec le cours des céréales  prennent des risques pour leurs propres affaires en investissant dans ces denrées pourtant nécessaires à leur production. Or, la gestion de risque, c’est la spécialité de purs spéculateurs tels que Goldman Sachs, dont les bénéfices n’ont aucun rapport avec la gestion matérielle des denrées sur lesquelles ils spéculent. Lorsque les bona fide hedgers se sont mis à confier la gestion de ces risques aux spéculateurs sans lien avec la réalité de l’industrie agro-alimentaire, ils leur ont permis de transformer notre pain quotidien en pur produit spéculatif.

Greenspan, Summers, Rubin : les artisans du fléau de la dérégulation

Entre 1998 et 1999, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l’agence chargée de la réglementation des bourses de commerce aux États-Unis, a pris la décision d’ouvrir les marchés à terme aux opérateurs extérieurs, c’est-à-dire à tous les fonds spéculatifs. Cette décision fut le fruit d’une confrontation au sein de l’administration Clinton entre d’un côté Brooksley E. Born, alors à la tête du CFTC et réticente vis-à-vis de cette dérégulation, et de l’autre Alan Greenspan, président de la réserve fédérale, Robert Rubin, alors secrétaire au trésor et ancien coprésident de Goldman Sachs, et Larry Summers, successeur de Rubin au trésor et membre du comité directeur du groupe Bilderberg. Born perdit ce bras de fer. Cette dérégulation déstabilisa complètement le fragile équilibre des contrats à terme, accentuant tragiquement la volatilité des prix des denrées alimentaires. Il s’échangerait chaque année désormais à la bourse de Chicago près de 46 fois la production mondiale de blé. Les denrées alimentaires sont devenues des valeurs boursières refuges, sur lesquelles se ruent les fonds spéculatifs en cas d’éclatement d’une bulle financière. Ainsi, lors de la crise de 2007-2008 en partie causée par la pression exercée par Greenspan, Rubin et Summers sur le CFTC une décennie plus tôt, les fonds spéculatifs ont investi des milliards de dollars dans les matières premières à une période de raréfaction des récoltes, précipitant des millions d’individus dans la famine et menant aux déstabilisations politiques connues sous le nom d’émeutes de la faim.

Larry Summers, la folie ultralibérale au service de l’asservissement des peuples

Pour bien saisir en quoi les idéaux ultra-libéraux de ces individus ont un impact direct sur le sort des peuples, et quel est le degré de mépris de ces dérégulateurs professionnels pour la vie humaine, il faut se rappeler les propos de Larry Summers, et se souvenir que cet individu fut membre du comité directeur du groupe Bilderberg, économiste en chef de la banque mondiale (1991-1993), chef du conseil économique national de l’administration Obama (2009-2010), président de l’université de Harvard :

« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable ».

Cité par The Economist, 08.02.92, The Financial Times, 10.02.92, reproduit dans Courrier International, n°68, 20.02.92 et dans Le Monde, 19.05.92.

ummers a également déclaré :

« Il vaut mieux que les enfants asiatiques travaillent dans les usines textiles plutôt qu’ils se prostituent »

Cité par Les Echos, 25 novembre 2008, p.38

Voilà donc les deux perspectives d’avenir que le capitalisme financier propose à la jeunesse des contrées dans lesquelles il entend imposer sa vision du progrès et de l’« ouverture » économique et morale : esclavage industriel ou prostitution. Comme si ces deux propositions ne connaissaient pas d’alternative …

Source :

http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/05/31/speculateurs-de-la-faim-comment-les-denrees-alimentaires-sont-devenues-des-produits-financiers/

https://aphadolie.com/2018/01/27/speculateurs-de-la-faim-comment-les-denrees-alimentaires-sont-devenues-des-produits-financiers/

 

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Vaccination antigrippale à dose renforcée : plus de 100 seniors décédés dans les essais cliniques

Les praticiens de soins de santé et les personnes âgées reçoivent deux brochures différentes sur le vaccin contre la grippe. Des informations clés ne figurent pas dans la brochure des seniors.

ARG GRIPPE VACCIN

Comme c’est le cas tous les hivers, le marketing continue de pousser le vaccin contre la grippe. Le CVS-Pharmacy offre même un bon de réduction de 20% sur les achats aux personnes qui acceptent de se faire vacciner contre la grippe On commercialise aussi un vaccin à forte dose qui est bien sûr plus rentable pour les fabricants et la pharmacie, bien qu’il y ait de multiples raisons de s’en méfier, en particulier pour les personnes âgées. Le Fluzone High-Dose est un vaccin injectable spécifiquement approuvé pour les personnes de 65 ans et plus. « Fabriqué par Pasteur, ce vaccin contient trois souches de grippe et quatre fois plus d’antigènes (substances qui provoquent la réponse immunitaire) que les vaccins ordinaires contre la grippe. », affirme CVS-Pharmacy. Rite Aid offre également ce vaccin et admet que « d’autres études sont en cours » pour vérifier si ce vaccin apporte vraiment une amélioration.

La compagnie pharmaceutique admet que le vaccin n’est pas recommandé pour les personnes ayant déjà présenté des réactions indésirables aux vaccins dans le passé (en particulier le Syndrome de Guillain-Barré).

Mais, entre les campagnes de marketing et l’offre d’une réduction de 20% sur des achats, une information essentielle a été omise : 105 seniors sont morts après avoir participé à deux essais cliniques des vaccins à haute dose (Fluzone haute-dose), et 91 personnes sont mortes après avoir été vaccinées avec le vaccin Fluzone habituel.

Rite Aid et d’autres compagnies pharmaceutiques offrent également le vaccin, mais beaucoup de personnes se demandent si on dit la vérité aux seniors par rapport aux risques que pourraient présenter ces vaccins.

Deux essais cliniques ont été menés avant l’approbation du Fluzone. Les deux études ont été menées et parrainées par Sanofi Pasteur, le fabricant même du vaccin (clair potentiel de conflits d’intérêts).

Dans la première étude2 573 adultes âgés de 65 ans et plus ont reçu la dose « élevée » du Fluzone et 1 260 personnes ont reçu l’injection du vaccin habituel du Fluzone. Parmi ces personnes, on trouve un nombre important de seniors qui ont présenté un effet indésirable grave dans les 6 mois qui ont suivi la vaccination (156 personnes avaient reçu le vaccin à dose élevée et 93, le vaccin habituel.)

En outre, 16 personnes qui avaient reçu le vaccin à forte dose et 7 autres qui avaient reçu le vaccin habituel sont mortes entre le 29ème jour et le 180ème jour après la vaccination. Mais, comme le dit la notice reçue par des patients sans méfiance, « aucun décès n’a été signalé dans les 28 jours qui ont suivi la vaccination. »

Les compagnies pharmaceutiques sont connues pour présenter les résultats des études de manière à minimiser les risques, et beaucoup se sont demandé si ce n’était pas le cas du Fluzone, y compris le site Health Impact News dans un article publié en 2013 dans les médias sociaux.

Habituellement, les études rapportent les résultats en chiffres ronds pour les effets indésirables survenus au cours des 30, 60 et 90 premiers jours. Dans le cas de cette étude, on a choisi de préciser qu’aucune personne n’est décédée au cours des 28 premiers jours après le vaccin. Mais un total de 23 participants à l’étude (dose élevée et dose régulière) sont morts à partir du 29ème jour. Pourquoi a-t-on choisi le 29ème jour pour commencer à compter ?

Deuxième étude : Davantage de réactions indésirables et plus de décès.

Au cours de la seconde étude, 15 992 adultes âgés de 65 ans ou plus ont reçu la dose élevée de Fluzone et 15 991 personnes ont reçu le vaccin habituel. Les résultats montrent que 1 323 personnes qui avaient reçu le vaccin à forte dose et 1 442 qui avaient reçu le vaccin normal ont présenté des effets secondaires graves dans les 6 à 8 mois qui ont suivi la vaccination (204 personnes qui avaient reçu le vaccin à forte dose et 200 personnes qui avaient reçu le vaccin normal ont présenté des effets secondaires graves endéans les 30 jours qui ont suivi la vaccination.) En outre, 83 personnes qui avaient reçu le vaccin à forte dose et 84 personnes qui avaient reçu le vaccin normal sont mortes dans les 6 à 8 mois. 6 personnes qui avaient reçu le vaccin à forte dose sont mortes dans les 30 jours qui ont suivi la vaccination.

Selon la fiche d’information du vaccin Fluzone, aucun de ces décès n’était lié au vaccin. La fiche précise : « Ces données ne fournissent pas la preuve d’une relation causale entre les décès et la vaccination Fluzone – haute dose. »

La première étude affirme que les décès ne peuvent être liés à l’étude clinique car, « la majorité de ces participants avaient des antécédents médicaux de maladies cardiaques, hépatiques, néoplasiques, rénales et/ ou respiratoires ». La deuxième étude affirme la même chose : la majorité des participants ayant « une ou plusieurs maladies comorbides chroniques

La question se pose – sans plus d’investigation, comment ces chercheurs sont-ils arrivés à la conclusion qu’aucun décès n’était lié à la vaccination ? Pourquoi les données concernant les personnes âgées ayant des problèmes de santé et les personnes n’ayant pas de problèmes de santé particuliers n’ont-elles jamais été comparées ou ajoutées à la notice ? Pouvons-nous vraiment faire confiance aux dires de l’entreprise pharmaceutique qui a commandité sa propre étude ?

Quoi qu’il en soit, 105 décès et la quantité d’effets secondaires indésirables enregistrés dans les deux études présentent de sérieux signaux d’alarme pour quiconque envisagerait de recevoir un vaccin contre la grippe. Les effets indésirables graves comprennent des problèmes potentiellement mortels, comme le Syndrome de Guillain-Barré qui, avec ses paralysies ressemble à la poliomyélite.

C’est peut-être là une des raisons pour lesquelles le patient doit, avant de recevoir le vaccin, signer un formulaire de consentement.

Le formulaire de consentement : sensibilisation au risque, ainsi qu’à l’impossibilité de poursuivre la Compagnie

Lors d’une vaccination, (selon Rite Aid), le patient doit lire et signer un formulaire qui comprend les éléments suivants :

« J’ai bien lu ou me suis fait lire la fiche d’information sur la vaccination. J’ai eu l’occasion de poser des questions à ma satisfaction, ainsi que de comprendre les avantages et les risques du/des vaccin(s). Je libère et décharge complètement Rite Aid Corporation, ses sociétés affiliées, ses dirigeants, ses administrateurs, ainsi que ses employés de toute responsabilité en cas de maladie, blessure, perte ou de dommage qui pourrait résulter de la /les vaccination(s). » Tel est le formulaire de consentement de Rite Aid.

Il y a deux parties importantes à ce consentement :

Vous signez que vous comprenez les risques, et que vous ne pourrez en aucun cas engager des poursuites envers la compagnie si jamais des réactions défavorables devaient se produire.

Pour bien comprendre les risques, vous devez lire la fiche complète sur les deux vaccins Fluzone (haute dose et vaccin normal) qui comprend les données sur les essais cliniques et les décès post-vaccination, ainsi que près de 30 effets indésirables (de légers à potentiellement mortels) rapportés après l’approbation du vaccin. Il faut cependant savoir que cette fiche est uniquement destinée aux fournisseurs de soins de santé ; ces derniers n’étant pas susceptibles de la montrer au patient. (Auraient-ils des choses à cacher ?)

Que reçoit le patient ?

Le patient reçoit une fiche d’information officielle qui reprend des effets secondaires comme : douleurs, fatigue, maux de tête apparaissant après l’injection du vaccin haute dose et qui vous conseille de consulter le fournisseur de soins de santé pour le reste. C’est là qu’en tant que patient vous devez être vigilant et poser des questions très spécifiques, comme aussi faire vos propres recherches.

La deuxième partie de votre consentement concerne le fait que vous ne pouvez pas poursuivre la pharmacie qui vous a administré le vaccin. Vous devez également savoir qu’il ne vous est, non plus, pas possible de poursuivre la firme pharmaceutique qui a fabriqué le/ les vaccin(s). […]

Les effets secondaires peuvent cependant être rapportés au VAERS (Système de déclaration des effets indésirables des vaccins). Il est également possible de demander une somme de dédommagement par le biais du Programme national d’indemnisation des victimes de la vaccination (VICP) qui a déjà dû débourser plus de 3,5 milliards de dollars depuis 1986. (Les deux tiers environ des demandes étant rejetées, on peut facilement comprendre que le nombre des victimes pourrait être beaucoup plus élevé).

Bien que certaines personnes aient pu prouver que le vaccin ait causé le dommage (comme dans le cas de Baily Banks où le vaccin ROR avait causé l’ADEM (Encéphalomyélite aiguë disséminée, un important gonflement du cerveau aux conséquences graves), les fabricants de vaccins ne peuvent jamais être tenus responsables. C’est une réalité malheureuse qui a permis à l’industrie de prospérer, alors même que ces effets secondaires indésirables importants, comme des décès, continuaient d’augmenter. Assurez-vous de garder tous ces éléments à l’esprit avant que vous-même ou quelqu’un de votre famille envisage de se faire vacciner.

 


 

VID BUZYN

Quand la ministre Buzyn, rémunérée par les laboratoires pendant au moins 14 ans, disait lutter contre la « désinformation des réseaux sociaux »…

https://www.dailymotion.com/video/x5v8dij


 

Source :

http://www.fawkes-news.com/2018/01/desintox-deux-fausses-nouvelles.html

http://initiativecitoyenne.be/2018/01/vaccination-antigrippale-en-pharmacie-plus-de-100-seniors-decedes.html

https://althealthworks.com/9054/105-seniors-died-after-getting-this-high-dose-flu-shot-yet-it-is-still-on-the-marketyelena/

 

Voir aussi :

Vaccination des patients à risque? Encore plus risquée!

Grippe: de nouveaux vaccins mais toujours le même baratin

Le vaccin antigrippal ou le mépris total du système immunitaire des seniors

Certains effets secondaires graves du vaccin contre la grippe classique

Le vaccin contre la grippe provoque 5,5 fois plus d’infections respiratoires

Les vaccins antigrippaux triplent le risque d’hospitalisation chez les enfants

Un vaccin obligatoire contre la grippe la laisse aveugle avec une sclérose en plaques

Le vaccin contre la grippe est le plus dangereux selon les chiffres des indemnisations aux USA

https://aphadolie.com/2018/01/27/vaccination-antigrippale-a-dose-renforcee-plus-de-100-seniors-decedes-dans-les-essais-cliniques/

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Pascal Boniface et la destruction intellectuelle massive

TRIBUNE LIBRE / Source : Le Temps, Richard Werly, 17-01-2018

OPINION. Régulièrement mis en cause depuis la sortie de son livre «Est-il permis de critiquer Israël?», le chercheur français Pascal Boniface publie ces jours-ci «Antisémite». L’occasion de s’interroger sur ce que les médias français peuvent encore dire. Ou ne pas dire

ARG BONIFACE ANTISEMITE

Pascal Boniface est un intellectuel blessé. Spécialiste reconnu de géopolitique, fin connaisseur des arcanes du sport et de la diplomatie mais aussi biographe du chanteur Léo Ferré, le fondateur-directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) a choisi de répondre point par point à ceux qui l’accusent de faire le lit de l’antisémitisme. Dans son livre intitulé Antisémite (Ed. Max Milo), l’intéressé dresse donc son propre plaidoyer. «Je suis accusé de ce que je considère comme détestable au plus haut point», prévient-il dès les premières lignes. Avant d’ouvrir le débat: «Comment en est-on arrivé là? Comment un universitaire français peut-il être accusé, en dehors de toute réalité, d’un des plus graves crimes intellectuels ?»

Je n’ai pas pu m’empêcher, en lisant cet essai très fourni conçu largement comme une réponse aux journalistes et aux médias en général, d’y voir un appel au secours. A l’évidence, Pascal Boniface a perdu pied dans le paysage médiatique et universitaire français d’aujourd’hui dont le sociologue Michel Wieviorka, auteur d’une magistrale préface, dénonce sans ambages une certaine perte de repères et d’équilibre. «Oui, le débat dérape constamment en France dès qu’il est question de l’islam, des musulmans et des juifs», explique l’éminent sociologue dont les grands-parents furent déportés à Auschwitz et y trouvèrent la mort. «Oui, poursuit-il, une violence verbale, particulièrement menaçante, peut s’exercer en France sur quiconque s’autorise à critiquer la politique de l’Etat hébreu. Oui, des acteurs engagés, intellectuels, militants, responsables institutionnels juifs, préfèrent la disqualification de l’adversaire politique au débat argumenté

Intolérance intellectuelle

Etre correspondant en France oblige à regarder avec distance l’Hexagone. Les batailles médiatiques dont se régale le petit cénacle parisien de polémistes et de commentateurs paraissent bien souvent dérisoires, sans rapport avec les enjeux réels du pays. Rien de nouveau. Mais à bien y réfléchir, une chose a changé ces dernières années dans ce pays qui a toujours eu pour religion la dérision, la caricature et le pamphlet: l’intolérance intellectuelle s’est installée comme un poison. Le débat est devenu affrontement. La multiplication des émissions «pour-contre» à la radio ou sur les chaînes TV d’information continue a obligé les invités à surjouer leurs divergences sur les plateaux. La «stratégie de la colère» d’un Jean-Marie Le Pen, d’un Nicolas Sarkozy ou d’un Jean-Luc Mélenchon a façonné une partie du débat public. L’accusation, en France, est devenue une norme, pour pousser l’adversaire dans les cordes en espérant qu’il ne se relèvera plus.

Ce constat d’un climat intellectuel et médiatique détérioré a été souligné au lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Mais Pascal Boniface a l’immense mérite d’y apporter une nouvelle pierre: celle de l’indignation personnelle argumentée et étayée. On le suit, dans son livre, pas à pas dans le conflit qui l’oppose à ses accusateurs souvent masqués, après la publication de son livre Est-il permis de critiquer Israël?, qui mit le feu aux poudres: «La colère semblait empêcher toute réflexion, raconte-t-il dans Antisémite. Par e-mail ou par lettre, les messages arrivaient par centaines […]». Conséquence: «De vrais antisémites m’entouraient de leur sollicitude. Je leur faisais immédiatement comprendre que je ne partageais pas leurs vues et que je refusais tout amalgame.»

Proposition d’armistice

Cette mécanique du discrédit est fascinante. L’on voit bien comment, aujourd’hui, elle s’est refermée en France sur le débat autour du harcèlement sexuel et des prises de position sur le sujet de certaines femmes célèbres. Le constat est amer: il perdure aujourd’hui, au pays de Voltaire et de Rousseau, du capitaine Dreyfus et du marquis de Sade, cette volonté d’éliminer l’autre intellectuellement, de lui supprimer son droit de parole alors que celui-ci est théoriquement encadré par les lois démocratiques en place. L’anathème l’emporte. Certaines tribunes médiatiques ne sont plus faites pour exprimer un point de vue, mais pour clouer au pilori.

La France des Lumières qu’aime à citer Emmanuel Macron a tout à perdre dans cet éloge des antagonismes, et dans le précipice infernal du soupçon. Et les intellectuels, même blessés à juste titre par des accusations injustes et infondées comme Pascal Boniface, n’ont rien à gagner à vouloir régler leurs comptes avec ce monde médiatique déréglé. Antisémite doit être lu non comme un droit de réponse, mais comme une proposition d’armistice face à cette arme de destruction intellectuelle massive. Puisse-t-il être entendu.

Source : Le Temps, Richard Werly, 17-01-2018

https://www.les-crises.fr/pascal-boniface-et-la-destruction-intellectuelle-massive-par-richard-werly/

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A Davos, Macron propose un "nouveau contrat mondial"

Soigner la France, l'Europe et le monde, telle est la prescription que le docteur Macron a proposé mercredi lors de son intervention au forum de Davos. Comme plat de résistance avant la venue vendredi de Donald Trump, il a promu une France conquérante, "de retour" dans une future "Europe puissance" et plaidé pour un nouveau « contrat mondial » face à la montée des égoïsmes nationaux.

ACT MACRON DAVOS

Un discours d'une bonne heure, en séance plénière devant une salle comble et largement acquise, alternant le français, l'anglais, le français, l'anglais, pour s'adresser à tous les publics de cette tribune exceptionnelle qu'est pour un chef d'Etat le forum économique de Davos. Habitué des lieux, mais pour la première fois dans la position de « patron » de la maison France, Emmanuel Macron a été accueilli comme une rock star, et aussi un peu comme l'un des rares à avoir le leadership susceptible de faire le poids face au président américain, qui intervienait vendredi après-midi.

Le sauveur du monde libre

Le président français a entamé son discours par une remarque sur la neige tombée en abondance à Davos cette année, comme un clin d'œil à la réalité du changement climatique : « vous n'avez pas invité de climato-sceptique à cette tribune ? », a-t-il lancé ironique à Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum qui l'a accueilli en présentant presque comme le sauveur du monde libre, du monde de Davos en tout cas, qui défend la mondialisation et le libre-échange. « Vous êtes le symbole de la politique dont nous avons besoin pour nous guider dans le nouveau monde » : c'est une déclaration d'amour que lui a fait Klaus Schwab, devant un parterre de dirigeants avec au premier rang le roi d'Espagne, mais aussi une importante délégation française, de Christine Lagarde, directrice générale du FMI à Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, en passant par Patrick Pouyanné (Total), Maurice Lévy (Publicis), Bernard Charlès (Dassault Systèmes) ou son ex-mentor Jacques Attali.

"France is back"

Invité à proposer sa vision et des solutions pour « un monde fracturé », thème général de cette 48ème édition du forum, Emmanuel Macron a été clair sur ses intentions : « Je suis venu lancer un appel à l'action », a affirmé le président français dans un discours articulé en trois parties, la France, l'Europe, le monde. Emmanuel Macron a commencé par défendre son action interne. Deux jours après avoir reçu 140 PDG de multinationales à Versailles pour le sommet « choose France » au cours duquel 3,5 milliards d'euros d'investissements étrangers ont été annoncés, il a voulu clore cette séquence attractivité en faisant la pédagogie des réformes qu'il a engagées depuis son arrivée. Un service après-vente destinée à défendre une France conquérante (« France is back »), même si il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les cinq piliers de la politique qu'il mène sont dans l'ordre : le capital humain et l'innovation ; l'investissement et le capital ; la flexibilité du marché du travail et les réformes des secteurs clefs que sont l'énergie, le logement et les transports ; faire de la France un pays modèle de la lutte contre le changement climatique;  et enfin, son préféré, la transformation "culturelle" du pays. Lutte contre la bureaucratie, simplifications, stabilité fiscale pour cinq ans et surtout droit à l'erreur : « l'image du pays, c'est qu'il est à la fois interdit d'échouer et interdit de réussir », et c'est cela qu'il veut changer car "la France est une nation d'entrepreneurs", a-t-il assuré.

Une Europe puissance

Au-delà de cette opération séduction, où il s'est exprimé en anglais, Emmanuel Macron a ensuite articulé son propos sur la nécessité de réformer l'Europe. Au-delà du calendrier de 2018 sur les quatre dossiers en cours (Europe de l'énergie, de la défense, du numérique et l'immigration), Emmanuel Macron veut que soit définie une « stratégie à dix ans ». Et il a été très direct : il serait « naïf de penser qu'on peut faire cela à 27 ». Ainsi « ceux qui ne veulent pas avancer ne doivent pas bloquer ceux qui sont ambitieux » pour définir une telle stratégie. La proximité de l'accord de grande coalition conclu entre Angela Merkel et le SPD fait pousser des ailes au président français qui espère désormais pouvoir avancer de concert avec l'Allemagne, même s'il ne faut pas s'illusionner sur la capacité de notre voisin d'aller très loin : Angela Merkel, qui s'était exprimée peu avant sur le renforcement de la zone euro, a répété qu'il n'y aurait pas de mutualisation des risques ou des dettes et que si on pouvait avancer sur l'Union bancaire ou celle des marchés de capitaux, sa vision à elle est bien plus prudente que celle de « l'Europe puissance », plus romantique portée par le président français.

Haro sur les "passagers clandestins" de la mondialisation

Enfin, dans une troisième partie, la plus longue, prononcée curieusement en Français, comme si le chef de l'Etat voulait à ce moment-là s'adresser plutôt aux Français justement, Emmanuel Macron a fait un long plaidoyer contre la montée du nationalisme et pour le maintien d'un monde ouvert, mais avec des propos plus critiques aussi à l'égard de ce que Davos représente. Il a réclamé un « nouveau contrat mondial » pour corriger une mondialisation « qui tire vers le bas » et où certains pays "mènent des stratégies non coopératives". Sinon, a-t-il prévenu, si on ne convainc pas les populations que la mondialisation ne se fait pas contre eux, « dans 5, 10 ou 15 ans, ce sont les nationalistes qui l'emporteront ».

La politique des "biens communs"

En creux, sans le citer, il a dénoncé la politique de baisse des impôts de Donald Trump sur les entreprises mais aussi la tendance au moins-disant social permanent qui maintient les pays dans une logique de concurrence sans limites, ce qui se fait au détriment de ce qu'il a appelé les « biens communs » que sont "la démocratie, la cohésion sociale, la santé, l'environnement et le développement durable". Or, « les ennemis du bien commun, ce sont toujours ceux qui ont une stratégie de passager clandestin », que ce soient des Etats, menant des politiques non coopératives agressives (les Etats-Unis viennent de prendre de nouvelles mesures protectionnistes sur les panneaux solaires chinois), ou le secteur privé qu'Emmanuel Macron n'a pas hésité, dans cette instance, à rappeler à leurs propres responsabilités.

Il a défini "trois devoirs" pour les années qui viennent : devoir d'investir, devoir de partager et devoir de protéger.

Investir dans la formation et l'éducation, notamment dans les pays pauvres, « l'éducation des jeunes filles sans quoi nous n'aurons pas d'égalité homme-femme ». « La solution est chez les femmes » a lancé le président qui a fait du comblement de l'écart salarial de genre en France une priorité de son mandat. Il a longuement insisté sur l'urgence de former pour préparer les travailleurs et les générations à venir à des changements majeurs avec les nouvelles technologies, dont l'intelligence artificielle (un des sujets de crainte les plus évoqués cette année à Davos). Si on ne fait rien, et si on ne pense pas ce nouveau monde technologique dans un cadre de régulation multilatéral, « Schumpeter va très rapidement ressembler à Darwin » a-t-il lancé. « Et vivre dans un monde totalement darwinien n'est pas bon ». Il plaide donc pour que des règles communes soient élaborées des principes lors du prochain G20 en Argentine.

De nouvelles régulations nécessaires

Partager la création de valeur ensuite, car dans le capitalisme contemporain, financier et technologique, ce partage n'est plus juste et creuse les inégalités entre les "super stars" de la finance et de la technologie (massivement présents à Davos, pas forcément dans la salle où s'exprimait Emmanuel Macron !) et les 99%. « Les entreprises qui durent ont une stratégie de partage de la valeur », a_t-il lancé les appelant à généraliser la RSE (Responsabilité sociale et environnementale). Il a fustigé les stratégies d'optimisation fiscale des multinationales et appelé les Etats-Unis et la Chine à rejoindre le traité BEPS proposé par l'OCDE. Et critiqué l'attitude des multinationales du numérique comme les GAFA, qui font s'échapper la matière taxable hors de frontières nationales. « Je les accueille volontiers en France » (Facebook et Google ont annoncé des investissements dans l'IA notamment lundi à Versailles), mais la présence de telles distorsions fiscales fausse le jeu de la concurrence et empêche les startups françaises de grandir, a-t-il dénoncé. « Nous devons mettre fin ensemble à ce système injuste. Si vous croyez à ce que vous dites ou entendez à Davos, il faut changer cela ». Car « les grands acteurs du numérique vont provoquer des disruptions qui vont détruire des millions d'emplois. Nous gouvernements, allons donc devoir reformer massivement les gens. Si les entreprises ne contribuent pas par leurs impôts à financer cet investissement, que dire aux classes moyennes de nos pays? ». Sur la régulation financière, Emmanuel Macron a aussi demandé que le FMI et les institutions de surveillance prudentielles élargissent leur surveillance à ces pans entiers qui échappent à tout contrôle, comme le bitcoin dont la volatilité inquiète les régulateurs, ou comme la finance de l'ombre, qui prospère en dehors des réglementations.

Etre transparents sur nos incohérences

Enfin, le troisième volet est la protection, contre le changement climatique et les nouvelles menaces géopolitiques, notamment le terrorisme. Sur le climat, Emmanuel Macron a appelé l'Europe a enfin décider un prix plancher pour le CO2, afin de concrétiser les engagements pris lors de l'accord de Paris et au développement de la finance verte. « Le cœur du nouveau contrat social est qu'il doit impliquer tous les acteurs, lutter contre les stratégies de passagers clandestins et être cohérent, au regard de l'objectif de défense des biens communs. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais au moins, nous devons être transparents sur nos incohérences ». Voilà donc le programme et la vision du président français pour soigner les fractures de la mondialisation. A l'évidence, elles sont au strict opposé du discours « America First » que viendra justifier vendredi Donald Trump. En amont de ce dernier temps forts de Davos 2018, quelques responsables américains ont pris les devants, déployant, comme le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin , une argumentation pour le moins caricaturale de ce que Macron a appelé la stratégie du passager clandestin, non coopérative : « ce qui est bon pour l'Amérique est (forcément) bon pour le monde, sachant que l'Amérique est l'un des principaux acteurs du commerce mondial ». Et le pire, c'est que, à court terme, c'est sans doute la conviction de la majorité des multinationales présentes à Davos. Le même Mnuchin a déclaré le même jour à Davos "qu'un dollar plus faible était bon pour les Etats-Unis", rompant avec la tradition des grands argentiers américains qui ont toujours parlé de "dollar fort", confirmant que la stratégie "non coopérative" de l'administration Trump est bien de "dévaluer" le billet vert, qui a continué hier de chuter face à la plupart des monnaies. Vous avez-dit "non coopératif" ? Visiblement, le discours d'équilibriste du président français a peu de chance d'être entendu par Donald Trump. Cela ne l'a pas empêché d'inviter son "ami" Macron pour une visite d'Etat aux Etats-Unis, qui sera la première d'un dirigeant étranger depuis l'élection américaine.

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80 km/h: le délégué à la sécurité routière épinglé

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, a été auditionné par les sénateurs ce 24 janvier 2018. Décryptage de la séance...

ACT SENAT VITESSE

L'ambiance était plutôt tendue ce 24 janvier 2018 dans les couloirs du Sénat. Alors que M. Gérard Larcher, le président du Sénat, s'était lui-même interrogé sur le bien-fondé de la future limitation à 80 km/h, le délégué interministériel à la Sécurité routière a été convié à se présenter au Sénat devant le président de la commission des lois.

La question

A la barre M. Emmanuel Barbe, face à lui une cinquantaine de sénateurs très en colère, et bien décidés à recevoir des éclaircissements. M. Philippe Bas, président de la Commission des lois, ouvre la séance en ces termes :

"Nous avons demandé à M. Barbe de venir s'expliquer sur la décision gouvernementale et en particulier sur l'interdiction de circuler à plus de 80 km/h sur les départementales ; le souci de sécurité routière n'autorise pas à accepter des décisions nouvelles sans inventaires, l'évaluation des résultats qui a été faite mérite d'être très sérieusement étayée. Les expérimentations, très modestes, qui ont été effectuées n'ont pas donné lieu à la publication de leurs résultats ! Sans doute n'étaient-elles pas suffisamment significatives... "

Une question claire, nette et précise, qui réclamait une réponse du même ordre. Pas gagné...

La dérobade

C'est donc sous un coup de massue bien asséné que le délégué s'est ouvert sur le contenu du tout dernier CISR (Comité interministériel de sécurité routière), en arguant de la portée et des bienfaits envisageables des 18 nouvelles mesures. Comme à la parade et avec une application non dissimulée, M. Barbe s'est alors longuement étendu sur les raisons de ne pas téléphoner au volant, sur la nécessité de ne pas boire au volant, sur l'évidente obligation du bien conduire avant de déclarer souhaiter revenir "très rapidement" sur l'affaire du 80 km/h.

Et comme à son habitude de déclarer tout de go : "La vitesse est le seul facteur causal d'accident : sans vitesse pas d'accident, c'est une évidence.... " Ce qui ne manqua de déclencher une hilarité teintée d'indignation dans l'Hémicycle, vite stoppée par le cinglant rappel de M. Bas : "Messieurs, nous allons laisser à M. Barbe toutes les chances de nous convaincre."

Les coups de bâtons

Peu à son avantage, le délégué échaudé n'hésita pas à prévenir : "J'ai le cuir dur et je suis habitué aux débats difficiles." Il n'en fallait pas moins, tant les plaidoiries des différents sénateurs furent particulièrement tranchantes. Chaque prise de parole des sénateurs poussant M. Barbe dans ses derniers retranchements. Quelques flèches parmi d'autres relevées durant cette audition de près de 2 heures :
"Cette mesure est une mesure faite sans analyse scientifique, sans réelle évaluation, et sans même que les expérimentations menées soient correctement analysées. Si les Français s'imaginent qu'en allant moins vite ils participeront à une circulation plus sûre, vous leur aurez menti !"

"Sachez que dans ma circonscription, les brigades et pelotons des forces de l'ordre ne sont pas en adéquation avec ce que vous dites sur la généralisation de la limitation. Ils sont plutôt pour des limitations sectorielles en fonction des situations."

"Il y avait trois expérimentations : le fait qu'elles ne sont pas allées au bout et le fait que les analyses ne soient pas plus fouillées laisse apparaître une certaine approximation dans la décision d'imposer cette mesure."

L'aveu

Droit dans la tourmente, le représentant de la sécurité routière encaissera les coups sans broncher, et surtout sans perdre sa ligne de conduite visant à soutenir coûte que coûte une expérimentation bâclée (voir Auto Plus n°1504). Pourtant, la cuirasse se fend soudain, lorsque le bilan de l'expérimentation devient LE sujet incontournable.

M. Barbe, embarrassé : "En matière d'accidentologie, une étude sur deux ans n'a pas de pertinence... L'objet de celle-ci était : est-ce que baisser la vitesse maxi fait baisser la vitesse moyenne ? Oui ! Est-ce qu'elle fait baisser l'accidentalité ? Bah ...heu... ici apparemment oui, mais, heu, c'est trop court, il y a un effet statistique qui n'est pas crédible... et ..." Un aveu d'incapacité qui ne manque pas d'agacer le président de la commission : "Monsieur le délégué, vous pouvez nous dire cela, mais vous ne pouvez pas nous cacher l'étude !" Chose promise, chose due, le délégué s'est, enfin, engagé à fournir tous les éléments de cette expérimentation menée sur trois routes nationales (RN57, RN7, RN 151) pendant deux années.

Et les suites...

Le haut scénario de l'expérimentation scientifique venait de s'aplatir comme un soufflé froid. Il ne s'agissait donc là que de s'assurer qu'en baissant la limitation de vitesse, les automobilistes allaient ralentir. La belle affaire... Le nombre d'accidents importait peu, l'essentiel étant de faire lever le pied aux conducteurs, point à ligne. Ralentir, oui mais jusqu'où, interpelle alors le sénateur de la Haute-Saône, Michel Raison : "350 vies épargnées à 80 km/h, mais combien alors à 60 km/h ? à 50 km/h ? Et pour finir en interdisant la voiture, même s'il resterait hélas des accidents de chevaux ou de bicyclette..."

Fin de l'audience, mais les sénateurs en colère n'ont pas encore dit leur dernier mot. Un groupe de travail de sénateurs du Rhône, de la Haute-Saône et du Finistère, (Mme Vullien, M. Raison, M. Fichet) est désormais en charge de démêler le vrai du faux dans le bilan de cette invraisemblable expérimentation fantôme.

Cependant, si ce groupe de sénateurs frondeurs ne parvient pas à se faire entendre dans les mois qui suivent, la décision d'abaisser la limitation de vitesse en France sera actée par décret dès le 1er juillet, comme l'a décidé le premier ministre, Edouard Philippe.

Image : E.Boulière / Auto Plus

https://news.autoplus.fr/80-kmh-Limitation-de-vitesse-Senat-Securite-routiere-Emmanuel-Barbe-1523979.html

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