vendredi 12 janvier 2018

Il était une fois... les instituts de sondage

C'est du lourd !!

 

VID SONDAGES


25 minutes de pure info, et ça décoiffe !
Et à la vidéo, sont joints de nombreux liens. S.R.

Il était une fois... les instituts de sondage - YouTube

Vidéo pour "Leierkastenmann Ysabeau you tube"
 
https://www.youtube.com/watch?v=VHKNZo0Oco8

4 mars 2017 - par Leierkastenmann Ysabeau

Comment est fait un sondage ? Les sondages sont-ils représentatifs ? Quel est le niveau de neutralité des ...

Comment est fait un sondage ?
Les sondages sont-ils représentatifs ?
Quel est le niveau de neutralité des sondages ?
Qui sont les instituts qui réalisent ces sondages ?
Qu'est-ce qu'un "panéliste" ? Qu'est-ce que le "nudge" ?

En quoi est-il nécessaire de garder un esprit critique sur les pronostiques publiés dans la presse ?


Des liens sur les instituts de sondage et assimilés :
• CSA : https://www.csa.eu/fr/home
• Article de 2008 sur CSA et Bolloré : http://www.lemonde.fr/actualite-media...
• Ipsos : http://www.ipsos.fr/
• Article du Monde de janvier 2017 sur la bienveillance des sondages Ipsos : http://www.lemonde.fr/election-presid...
• Harris interactive : http://harris-interactive.fr/
• BVA : http://www.bva-group.com/
• Kantar (TNS) : http://www.kantarmedia.com/fr
• Kantar (bis) : https://www.kantarworldpanel.com/fr/A...
• Viavoice : http://www.institut-viavoice.com/
• Opinion Way : https://www.opinion-way.com/fr/ • Insee : https://www.insee.fr/fr/accueil
• Elabe : http://elabe.fr/
• Elabe (bis) : http://elabe.fr/etudes-sondages/
• Polling vox : http://www.pollingvox.com/expertise/i...
• Odoxa : http://www.odoxa.fr/
• Ifop : http://www.ifop.fr/?option=com_homepage

• Article du Monde de 2016 sur Ifop et Laurence Parisot : http://www.lemonde.fr/economie/articl...
• Article du Figaro de 2016 sur Ifop, Damien Philippot et le FN : http://www.lefigaro.fr/politique/2016...

Des liens vers les clubs et autres structures :
• Adetem : http://www.adetem.org/xwiki/bin/view/...
• Irep : http://www.irep.asso.fr/ • Asocs : http://www.asocs.info/
• Esomar : https://www.esomar.org/
• Syntec : http://www.syntec.fr/
• Argus de la presse : http://www.argus-presse.fr/qui-sommes...
• Occurrence : http://occurrence.fr/ • Yougov : https://fr.yougov.com/
• Yacast : http://www.yacast.fr/fr/about.php • EBG : http://www.ebg.net/
• Article du Monde de 2007 sur la réunion d'EBG : http://www.lemonde.fr/ete-2007/articl...
Article des Echos sur Bernard Mourad qui part participer à la campagne d'Emmanuel Macron : https://www.lesechos.fr/tech-medias/h...

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[RussEurope en Exil] La Laïcité, et les variations des ministres et de notre Président

TRIBUNE LIBRE/ Jacques SAPIR

Les déclarations de plusieurs ministres[1], et du Président de la République lui-même[2], ont remis sur le devant de la scène la question de la laïcité. Un reportage de TF1 sur la situation dans un quartier de Marseille a contribué, lui aussi, à ce que l’on se pose à nouveau le problème[3]. Notons, d’ailleurs, que la loi dite « El-Khomri » va poser cette question au sein des entreprises[4].

TL SAPIR BODIN LAICITE

J’ai publié, en 2016, un ouvrage dans lequel je traitais de cette question[5], et je suis intervenu à de multiples reprises sur mon carnet scientifique RussEurope, avant que ce dernier ne soit fermé par une mesure arbitraire et scandaleuse[6]. Mais, le débat actuel, s’il est nécessaire en raison de la remontée des intégrismes religieux, et en particulier de l’islamisme (ou « islam politique »), est rendu obscur, et parfois incompréhensible, par une série d’ignorances. Je voudrai ici en débusquer quelques unes.

  1. La loi de 1905 n’est pas « la laïcité »

C’est une confusion qui est souvent faite. Bien des gens, et même des ministres (qui sont sensés connaître la nature d’une législation) confondent le principe et la loi. Toute loi est l’application d’un (ou de plusieurs) principes dans des contextes particuliers et elle contient des commandements (ce qui est interdit et ce qui est autorisé) qui peuvent varier. Si l’on peut dire que la laïcité inspire la loi de 1905, cette dernière ne l’incarne nullement. D’ailleurs, le texte de la loi ne fait nullement mention du principe. En réalité, la loi de 1905[7], que fit voter Aristide Briand, met fin au Concordat et organise et codifie les règles de séparation entre l’église et l’Etat. Elle ne fait pas autre chose. C’était d’ailleurs, après les troubles du processus politique de « séparation », une loi de paix et de concorde civile.

Cette loi est donc utile, et doit être conservée. Mais, elle est aujourd’hui insuffisante, compte tenu des menaces qui pèsent sur l’application du principe de laïcité. Ceux qui disent « toute la loi de 1905, rien que la loi » se trompent, et ils se trompent par la confusion entre le principe mis en œuvre et les conditions de son application.

  1. La loi de 1905 n’est pas « anti-islam »

Un petit nombre de musulmans (que l’on peut qualifier d’islamistes ce qui en fait une catégorie séparée du reste des musulmans) prétend que la loi de 1905 viserait l’Islam et uniquement celui-ci. Or, au début du XXème siècle, la question de l’Islam était mineure dans la politique française. C’est donc très clairement un anachronisme. Rappelons que ce furent les congrégations catholiques qui furent visées, et que la loi de 1905 n’interdit nullement la construction de la grande mosquée de Paris (dans les années 1920). Mais, il est clair que les religions chrétiennes et juives se sont accommodées de cette loi. Si les islamistes disent aujourd’hui que celle-ci est « anti-Islam », et s’ils construisent un conflit particulier autour de cette loi de 1905, c’est bien parce qu’ils sont sur une position de rupture par rapport à tout ce qui évoque la laïcité, même de loin. Et cela montre que leur conception de l’Islam est clairement incompatible avec la culture politique française[8].

  1. La laïcité n’est pas la liberté de conscience

Un certain nombre de responsables politiques ont prétendu que la liberté de conscience et la laïcité étaient la même chose. C’est faux, et c’est une dangereuse erreur. La première fois où l’on parle de « liberté de conscience » en France c’est au cours des guerres de religion[9]. Il n’est alors nullement question de « laïcité ». La liberté de conscience signifie simplement que chaque individu est libre de penser ce qu’il veut, ce qui constitue naturellement un progrès, mais reste en deçà de la notion de laïcité.

La laïcité n’est pas non plus la tolérance, même si elle s’inspire d’un principe de tolérance[10]. La tolérance peut-être plus directement rattachée aux valeurs individuelles qu’il est bon de cultiver.

Si la laïcité n’est ni la liberté de conscience, ni la tolérance, c’est qu’elle est un principe d’organisation de l’espace public. C’est elle qui permet à un peuple traversé de croyances multiples de pouvoir se constituer en une communauté politique, et cela sans aucune relation avec l’ethnicité ou la langue. C’est la laïcité qui permet le passage du peuple à la Nation. Ce que dit et fait la laïcité c’est de renvoyer à la sphère privée (qu’il ne faut pas confondre avec la sphère individuelle) la question des croyances religieuses. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit un traité sur la laïcité[11]. En fait, on voit très vite apparaître le lien avec la souveraineté.

Cette dernière implique la définition d’un souverain. Une fois qu’il est établi que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, on doit définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. Dès lors, obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est la logique du communautarisme qui s’oppose de manière radicale à la notion de souveraineté du peuple. S’il existe un lien logique entre la démocratie et la souveraineté, de même existe-t-il un lien logique entre la souveraineté et la laïcité, car cette dernière, mettant hors de l’espace public la dispute entre religions permet de se réunir autour du Res Publica.

  1. Athéisme, anticléricalisme et laïcité

La laïcité est présentée par ses ennemis comme une forme d’athéisme (le fait de ne pas croire en Dieu), voire comme une forme d’anticléricalisme (la détestation des églises). C’est une erreur profonde, et bien souvent en réalité un artifice conçu pour dénigrer et déconsidérer le principe politique de laïcité.

Il convient dès lors de rappeler que l’on peut être catholique ET laïque. D’ailleurs Jean Bodin, le père de la laïcité moderne, était lui-même un fervent catholique. John Locke, qui est aussi associé à l’émergence de la laïcité, était initialement calviniste avant de s’orienter vers le Socinisme[12]. Être athée n’implique nullement être anticlérical. Nombre d’anticléricaux célèbres, dont le « petit pères » Emile Combes, étaient en réalité déistes (Combes était un ancien séminariste[13]). La loi de 1905, qui ramena le calme après les troubles de 1903 et 1904, résulte non des efforts de Combes mais des travaux de la commission Buisson-Briand, Fernand Buisson étant un protestant et Aristide Briand un athée tolérant. La laïcité n’a donc rien à voir ni avec l’athéisme ni avec l’anticléricalisme. C’est un principe organisateur de l’espace politique, et c’est en cela que la laïcité est essentielle. Mais, ce principe politique, par contre, s’oppose radicalement aux interprétations littérales de toutes les religions et à la tentative d’instrumentaliser le sentiment religieux à des fins politiques.

  1. Les principes politiques sont différents des valeurs individuelles.

La confusion est ici extrême car de nombreux politiques usent du terme des « valeurs » alors qu’ils devraient en réalité parler des « principes ».

Rappelons ici que chaque individu a des valeurs dans lesquelles il croit, qu’il s’agisse de croyances religieuses ou philosophiques. Il est impossible de ne pas croire (et si certains veulent y voir la « preuve » de l’existence de Dieu, que grand bien leur fasse) car tout ne peut être démontré. Mais, ces croyances, qui sont multiples et diverses, ne sont pas pour autant des règles d’organisation de l’espace public. Ces règles, comme l’égalité de tous devant la loi et bien entendu le cantonnement des croyances à la sphère privée, sont nécessaires à la constitution d’un espace de débat et de conflit d’où sont issus les institutions. D’autres règles peuvent aussi s’imposer, comme la question du respect de l’autorité, de ne pas discuter sans cesse des mêmes questions[14]…Ces principes sont importants, mais ils sont d’une nature inférieure aux précédents. Les premiers permettent la constitution de l’espace politique public alors que les seconds visent à en optimiser le fonctionnement. On peut admettre un débat sur les seconds mais les premiers, eux, ne sont en débat que dans la mesure où l’existence même de l’espace public peut être en débat. Nous sommes donc en présence de deux niveaux distincts, la constitution d’un espace public et son mode d’organisation. Les valeurs individuelles ont une influence sur les principes, ou plus précisément sur notre classement de ces derniers, mas ne sont pas réductibles à ceux-ci.

Il convient ici de comprendre que si la souveraineté doit être dite, en son essence, puissance profane, c’est parce qu’elle ne repose pas sur une loi de nature ou une loi révélée. De ce point de vue, Jean Bodin anticipe sur Spinoza qui écrira lui aussi que « la nature ne crée pas le peuple », autrement dit qu’il est vain de vouloir imaginer une origine « naturelle » à l’ordre social. Cet ordre social et politique ne procède pas de la loi divine ni pour son origine ni pour son fondement. Si le Prince pour Jean Bodin est « image » de Dieu, il ne tient pas pour autant son pouvoir de Dieu[15]. La distinction entre le monde symbolique et le monde réel est désormais acquise.

  1. Des « lois des hommes » et des « lois de Dieu ».

L’un des points les plus dangereux dans la rhétorique islamiste est la contestation des « lois des hommes » au nom d’un principe supérieur qui serait la loi divine. On voit bien ici le piège. Si l’on prétend que les « lois des hommes » sont incontestables, il nous faut alors supposer que le législateur est à la fois « bon » et omniscient par nature. Et la critique contre ces hypothèses a été faite par Carl Schmitt il y a près d’un siècle[16]. On tombe alors dans le fétichisme de l’état de droit, qui a été clairement dénoncé par David Dyzenhaus[17]. Mais, si l’on admet que les « lois des hommes » sont contestables, comment éviter de réintroduire la question de la religion dans l’espace politique ?

Si l’on estime, comme Hans Kelsen, qu’il existe un système de « lois naturelles » qui seraient propre à la condition humaine, servant alors de normes pour le droit des États, alors on se rapproche dangereusement du raisonnement des intégristes religieux. C’est le principe de la norme hypothétique fondamentale, dite aussi la Grundnorm (Grund désignant le fondement). On est ici en présence d’une norme de nature logico-transcendantale[18]. Mais, les thèses de Kelsen sont loin de faire l’unanimité et il lui est reproché, non sans raison, un positivisme juridique[19] qui aboutit à un aplatissement des principes du droit.

En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23] : « Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il refusait à l’autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion ».

Or, le propre de l’homme n’est pas d’avoir créé la société, mais de pouvoir en transformer les règles. Cela implique à l’évidence une définition « faible » et une définition « forte » de la culture[24]. Pascal Picq, dans un ouvrage collectif consacré à Qu’est-ce que l’Humain précise cela par la citation suivante : «L’humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage historique partagé, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait »[25].

On pourrait dire, en d’autres termes, que l’homme s’est en réalité constitué, voire « construit » lui-même, progressivement, au contact de ses semblables. Maurice Godelier écrit ainsi très justement dans un ouvrage de 2004: « Si les hommes n’ont pas pu se donner à eux-mêmes la vie en société, ils ont pu, à la différence des autres primates, transformer leurs façons de vivre en société, inventer de nouvelles formes de société[26] ».

Il convient alors de penser la contestation des « lois humaines » d’un point de vue « des hommes » et non de celui de principes « supra-humains ».

Ceci pose directement la question de l’existence de la Tyrannie. On appelle Tyrannie tout pouvoir illégitime sans la confondre avec la Dictature. Cette dernière est en réalité partie prenante de l’espace démocratique. Une dictature est un pouvoir légitime mais non légal, dont le but est justement de rétablir un ordre légal qui soit légitime. C’est, par exemple, le cas de la France Libre[27]. A l’opposé, une tyrannie est un pouvoir qui peut être légal (cas du Tyrannus ab Exercitio) mais qui est dépourvue de toute légitimité, par exemple par l’usage qu’il fait des normes légales. Cela correspond tout à fait au régime de Vichy. Cette distinction fait alors apparaître la centralité de la notion d’ordre démocratique. Il est une réponse au fait que la coordination de décisions décentralisées, dans une société répondant au principe d’hétérogénéité, implique que des agents ayant des positions inégales se voient mis dans une position formelle d’égalité. Le couple contrôle/responsabilité résulte ainsi du principe de densité; il en est une manifestation.

Il implique alors que le peuple soit identifié à travers la détermination d’un espace de souveraineté. C’est pourquoi l’ordre démocratique implique des frontières (qui est responsable de quoi), mais aussi une conception de l’appartenance qui soit territoriale (le droit du sol). L’absence de frontières, l’indétermination de la communauté de référence, découplent le contrôle de la responsabilité. Cet ordre démocratique doit être capable de penser l’articulation entre les principes de légitimité et de légalité hors de toute référence religieuse et permettre de gérer les conflits qui naissent de l’hétérogénéité sans aboutir à des logiques de ségrégation.

De la souveraineté du peuple découlent trois principes qui fondent le droit de l’ordre démocratique. On peut formuler ces derniers de la manière suivante:

  • (I). Nul ne peut prétendre au contrôle sans endosser une responsabilité des actes issus de son contrôle. La garantie que tous accordent au contrôle de un s’accompagne de la responsabilité de un devant tous. La souveraineté nationale est alors le garant ultime de l’exercice de nos droits, comme l’exprimait la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Constitution de 1793.
  • (II). Nul ne peut fixer seul un mode de coordination, ou inversement exclure de ce mode certaines formes ou certains participants de la communauté. C’est là la conclusion logique qu’il faut tirer de l’hypothèse de connaissance imparfaite. Les discriminations fondées sur l’être de l’individu ou sur son origine sont par nature nulles et non avenues. Aucun système politique, qu’il soit local ou national, ne peut être fondé sur des différences ethniques, culturelles, religieuses, sexuelles ou autres car ces différences ne sont pas du ressort du choix des individus.
  • (III). Nous avons tous, au sein d’une même communauté qui ne peut être que territoriale, le même droit à participer à la constitution, intentionnelle ou non, des modes de coordination.

On comprend, dès lors, pourquoi la laïcité, en cela qu’elle permet l’organisation d’un espace politique commun, est tout à fait indispensable à l’ordre démocratique.

  1. Laïcité et « signes extérieurs ».

Il convient, enfin, de séparer les principes de leur mode d’application. Sur les principes, la reconnaissance des deux sphères de la vie des individus et l’appartenance de la religion à la sphère privée, il n’y a pas à transiger. C’est bien dans une exclusion de la place publique des revendications religieuses et identitaires que pourra se construire la paix civile. Si la communauté politique a besoin d’une escalade en symbolique, cette dernière doit se faire en évitant soigneusement le registre du religieux tel que nous le concevons aujourd’hui après les religions transcendantes. Ce registre est désormais un piège pour qui veut construire du social. Quant aux conditions d’application de ces principes, il est clair qu’ils doivent faire la place aux traditions et à la culture d’une société.

Les signes religieux, dès lors qu’ils relèvent du prosélytisme ou de la provocation dans la sphère publique, doivent être interdits[28]. Il convient, ici, de se rappeler les mots écrits par John Locke, dans son Essai sur la Tolérance : « «Il est dangereux qu’un grand nombre d’hommes manifestent ainsi leur singularité quelle que soit par ailleurs leur opinion. Il en irait de même pour toute mode vestimentaire par laquelle on tenterait de se distinguer du magistrat et de ceux qui le soutiennent ; lorsqu’elle se répand et devient un signe de ralliement pour un grand nombre de gens…le magistrat ne pourrait-il pas en prendre ombrage, et ne pourrait-il pas user de punitions pour interdire cette mode, non parce qu’elle serait illégitime, mais à raison des dangers dont elle pourrait être la cause?»[29]. L’amour que l’on doit avoir pour la liberté individuelle n’interdit nullement, que dans certains contextes, le pouvoir politique puisse procéder à une interdiction, au nom de l’ordre public.

John Locke (ci- contre)

Il convient aussi de rappeler que la provocation religieuse est aujourd’hui interdite par la loi de 1905. En effet, quand l’appel à provocation est le fait d’un religieux ou qu’il se produit sur un lieu de culte, il tombe sous le coup de la loi, ainsi que le précise l’article 35 de la loi de 1905 :« Article 35 :
Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile »[30].

Il convient donc de rappeler ici le contexte général :

  • (a) La France fait l’objet de tests de la part d’une petite minorité qui cherche à imposer une discrimination visible à la fois entre ce que cette minorité considère comme des « bons » et des « mauvais » pratiquants de sa religion mais aussi une discrimination visible entre homme et femme. Le vêtement est ici clairement un prétexte à stigmatisation de la part d’une minorité à l’encontre d’une majorité.
  • Le port d’un certain type de vêtements s’inscrit aujourd’hui clairement dans un projet politique d’affirmation explicite d’un culte et de prosélytisme de ce dernier sur la voie publique. A cet égard, il est donc clair que nous sommes en présence d’une affirmation agressive d’une religion par rapport à l’espace public.

Cette volonté d’imposer une discrimination visible s’inscrit dans une affirmation identitaire de nature communautariste. On voit que si l’on cède sur ce point ressurgiront immédiatement d’autres revendications comme celles de non-mixité ou de refus de certaines disciplines à l’école. Il est, de ce point vue, étonnant (ou pas…) qu’une certaine « gauche » dénonce (et avec raison) les revendications identitaires quand elles proviennent d’une certaine aile de l’arc politique mais accepte celle émise par une fraction, clairement extrémiste, se réclamant de l’Islam.

L’habillement est déjà soumis à des règles, qu’elles soient dites « de mœurs » ou « d’ordre public ». Ainsi, il est interdit de se promener en ville en maillot de bain, de même que l’affichage d’un prosélytisme outrancier est strictement réglementé. Il convient de rappeler l’existence de ces règles. Il faut alors rappeler que l’interdiction du port d’un vêtement n’est pas le symétrique de l’obligation de porter un type spécifique de vêtement. En effet, une personne peut porter des milliers de types de vêtements. Le fait de ne pas pouvoir en porter un ne lui ôte pas la possibilité de porter les autres. De ce point de vue les comparaisons faites entre l’interdiction du « burkini » (ou de la « burqa ») et l’obligation faite par les hitlériens du port de l’étoile jaune ne sont pas simplement stupides, elles sont aussi injurieuses pour la mémoire des victimes de la persécution nazie.

Ces motifs laissent à penser qu’une loi pourrait donc être prise, condamnant le port de vêtements qui constituent, dans le contexte actuel, de véritables manifestes politico-religieux. Cela n’implique pas d’aller au-delà. La loi, tout comme la tradition républicaine, tolère les signes d’appartenance religieux que l’on qualifiera de « discrets » tout comme elle distingue les habits des ministres des cultes de ceux du tout venant. Si une loi devait donc être prise, il conviendrait qu’elle respecte cette tradition.

Jacques Sapir

Notes

[1] Par exemple Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur : https://www.la-croix.com/Religion/Laicite/Laicite-Frederique-Vidal-ministre-lenseignement-superieur-corrige-propos-2018-01-08-1200904334?from_univers=lacroix

[2] Comparer ses déclaration durant la campagne présidentielle (http://www.lefigaro.fr/politique/2016/10/18/01002-20161018ARTFIG00411-macron-defend-sa-vision-de-la-laicite.php ) et après (https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/030985832498-macron-avance-a-pas-prudents-sur-la-laicite-2136575.php)

[3] https://tv-programme.com/journal-de-tf1_emission/replay/ecole-primaire-quand-la-laicite-recule_5a52c3c3b1b3f

[4] https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/loi-travail-nouvelles-querelles-autour-de-la-laicite_1814228.html ainsi que https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-emmanuel-macron-et-la-laicite-c-est-le-silence-et-lambiguite_2532485.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

[5] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, ed. Michalon, 2016.

[6] Voir, en particulier, http://russeurope.hypotheses.org/5207 et http://russeurope.hypotheses.org/5212

[7] Dont le texte se trouve ici : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000508749

[8] http://avcparcours1combattant.over-blog.com/2018/01/chantal-delsol-le-probleme-religieux-vis-a-vis-de-la-laicite-est-specifique-aux-musulmans.html

[9] Voir, Weiss N., La Chambre ardente; étude sur la liberté de conscience en France sous François Ier et Henri II (1540-1550), Paris, Fischbacher, 1889 et L’édit de Baulieu (6 mai 1576) appelé aussi la Paix de Monsieur, en raison de l’influence du frère d’Henri III sur cette paix reconnaissant le culte protestant et en lui accordant de nombreuses garanties. Voir, http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/edit_07#art_07_06

[10] Lecler J., Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, Paris, Albin Michel, 1994.

[11] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591.

[12] Waldron J., God, Locke and Equality, Londres, Cambridge University Press, 2002

[13] Merle G., Emile Combes, Paris, Fayard, 1995

[14] Holmes S., “Gag-Rules or the politics of omission”, in J. Elster & R. Slagstad, Constitutionalism and Democracy, op.cit., pp. 19-58.

[15] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993

[16] Schmitt C., Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932

[17] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991

[18] Kelsen H., Théorie générale des normes, (traduction d’Olivier Beaud) PUF, 1996, Paris.

[19] A. Hold-Ferneck, H. Kelsen, Lo Stato come Superuomo, un dibattito a Vienna, édité par A. Scalone, Il Mulino, Turin, 2002

[20] Cicéron, De Republica, III, § XXII, 33 édition Gallimard, Paris, 1994

[21] Lactance, Institutions divines. Livre I ; introduction, texte critique, traduction par Pierre Monat. Paris : Éditions du Cerf, 1986.

[22] Saint Paul, Première épître aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 23. Voir : Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, Ed du Pommier et de la Cité des sciences, Paris, 2003.

[23] Levy-Strauss C., Anthropologie Structurale, Paris, Plon, 1958.

[24] Godelier, M., « Quelles cultures pour quels primates, définition faible ou définition forte de la culture ? », in Ducros A., Ducros J. & F. Joulian, La culture est-elle naturelle ? Histoire, épistémologie et applications récentes du concept de culture, Paris, Errance, 1998, p. 217-222.

[25] Picq P., « L’humain à l’aube de l’humanité » in Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, op.cit., p. 64.

[26] M. Godelier, Métamorphoses de la Parenté, Paris, Fayard, 2004, p. 469.

[27] Cartier E., La transition constitutionnelle en France (1940-1945). La reconstruction « révolutionnaire » d’un ordre juridique « républicain », LGDJ, col. Droit public, Paris, 2005, 665 p.

[28] Je reprends ici une partie de ce que j’écrivais en 2016 sur mon carnet RussEurope : http://russeurope.hypotheses.org/5182

[29] Locke J., Essai sur la Tolérance, Paris, Éditions ressources, 1980 (1667)

[30] http://russeurope.hypotheses.org/5204

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-laicite-et-les-variations-des-ministres-et-de-notre-president-par-jacques-sapir/

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"En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23]:"

Ce passage mérite à mon avis d'être largement discuté, voire contesté, car l'origine antique me semble ici minorée; par ailleurs, d'autres sources gnostiques ne sont pas évoquées. Le débat est ouvert...  P.G.

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Dieu aime-t-il la guerre ?

À l'encontre des lieux communs qui ont cours en Europe, soulignons que les religions n'ont pas de responsabilité directe dans la plupart des grandes tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu'à l'aube du IIIe millénaire.

TL GUERRE RELIGIONS

Quant à l'intégrisme islamiste d'al-Qaida et Daech, qui cristallise aujourd'hui notre attention, il tue principalement des musulmans par centaines de milliers (Algérie, Syrie, Irak...) et n'a encore fait « que » 4 000 morts parmi les Occidentaux. Cette idéologie nauséeuse instrumentalise la religion mais se nourrit principalement des frustrations du monde arabe, en peine de s'adapter à la modernité.

La guerre (vers 1894, Henri Rousseau, dit Le douanier Rousseau, musée d'Orsay, Paris)

Le massacre de la Saint-Barthélemy (François Dubois, musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne)Les atrocités mises en scène par Daech rappellent d'autres mises en scène dans les guerres de religion, il y a cinq cents ans, les guerres de Vendée, il y a deux cents ans, ou plus près de nous les guerres de Yougoslavie.

Les décapitations et la réduction de jeunes filles en esclavage rivalisent dans l'horreur avec les éviscérations, empalements, bûchers, viols collectifs et scènes de cannibalisme d'autrefois.

Les guerres de religion et plus généralement les guerres civiles dressent en effet les uns contre les autres des gens ordinairement très proches, citoyens du même pays et parfois du même village.

D'où le besoin pour chaque camp de se justifier de ses crimes en déshumanisant l'adversaire et en niant sa qualité d'alter ego. C'est hélas ce qui fait toute la différence avec les guerres conventionnelles qui voient des armées régulières s'affronter sur un champ de bataille.

Les hommes n'ont pas besoin de Dieu pour s'entretuer

Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l'encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans...) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d'État à État, les guerres civiles et les dictatures !

Un acteur simule le martyr de l'imam Hussein à Kerbela (fête chiite de Moubarram), DR La religion a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan :

Elle n'a aucune responsabilité dans les guerres mondiales, les répressions nazies et communistes et les génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n'ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »).

D'une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l'oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge. 

Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot... ont massacré des dizaines de millions d'innocents, soit par exemple beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l'An Mil et en tout cas beaucoup plus que tous les fanatiques religieux de l'Histoire.

N'oublions pas la rébellion des Taiping, en Chine, au milieu du XIXe siècle, une guerre civile sans doute beaucoup plus meurtrière que la Première Guerre mondiale.

Il n'y a sans doute que les Mongols de Gengis Khan et Tamerlan qui peuvent rivaliser avec le triste record du XXe siècle avec à leur actif la disparition de près d'un quart de l'humanité (environ 50 millions de victimes). Qu'ils fussent chamanistes, chrétiens nestoriens, bouddhistes ou musulmans, ce n'est pas au nom d'une religion ou d'une idéologie quelconque qu'ils ont tué mais seulement « pour le plaisir ».

Exécution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe

Si nous remontons dans le temps, les préoccupations religieuses sont absentes des guerres de l'Antiquité, tant dans la sphère méditerranéenne que dans le reste du monde. Les cités grecques vénéraient les mêmes divinités mais s'affrontaient avec une extrême sauvagerie et n'hésitaient jamais à passer par le fil de l'épée les populations vaincues. Même chose en Afrique jusqu'à l'aube des temps modernes : Chaka a pu fonder l'État zoulou au début du XIXe siècle par des méthodes qui n'ont rien à envier à Staline et Pol Pot.

Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l'irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l'époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer

Plus près de nous, la guerre d'Irlande, le conflit israélo-palestinien et également la guerre d'Algérie sont assimilables à des conflits coloniaux entre occupants plus ou moins anciens d'une même terre. Les guerres plus récentes, avant l'éruption islamiste, ont opposé des gens de même religion (Darfour, Congo, Irak-Iran...) au nom de préjugés raciaux ou nationaux.

Cela signifierait-il que Dieu n'a rien à voir avec les guerres ? Que nenni... mais pas toujours de la façon dont on l'imagine. (...)

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2077&ID_dossier=220

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Agression de policiers à Champigny-sur-Marne : pédale douce et « pas-d’-amalgame »

TRIBUNE LIBRE/ OJIM

Chaque année, en différents endroits du pays, le réveillon du nouvel an est l’occasion d’actes malveillants et parfois violents. Cette année n’a pas échappé à la règle.

tl ojim police

Un événement a pourtant donné une tournure différente au récit médiatique de la Saint Sylvestre. Certains journalistes ont en effet fait preuve d’une certaine pusillanimité dans la couverture de l’agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne. Illustration.

La communication du Ministère de l’intérieur est bien rodée. Les communiqués de presse de la Place Beauveau indiquent invariablement les moyens humains déployés pour contenir les violences urbaines qui connaissent un regain pendant cette période de l’année. Les « 140 000 personnes mobilisées pour le réveillon » ont fait l’objet d’une large couverture des medias, tels France Info, I24, BFM TV, L’Obs, LCI, etc. Ces moyens devaient selon LCI et l’Obs permettre de passer une Saint-Sylvestre « sous haute sécurité ». Mais un événement a enrayé cet exercice de communication.

France Info informe le 1er janvier que « dimanche peu avant minuit, deux policiers sont envoyés à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) pour résoudre une rixe en marge d’une fête pour le Nouvel An. Pris à partie, l’homme a eu le nez cassé alors que la policière souffre de nombreuses commotions ». LCI précise que « la vidéo (de l’agression) a fait le tour des réseaux sociaux et a déclenché une vague d’indignation ». « Emmanuel Macron a promis sur Twitter que les « “coupables du lynchage de policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) dans la nuit de la Saint-Sylvestre seraient retrouvés et punis” ».

Pédale douce

Le 1er janvier 2018, le journaliste Jérémy Trottin s’étonne sur BFMTV : « On peut se demander si Macron ne surréagit pas. C’est courant que des policiers soient blessés dans ce type d’opération. Il n’y a pas eu de mort ni de voitures brûlées de façon excessive ».

Même interrogation sur LCI lors de l’émission médiasphère le 2 janvier 2018. Les invités dissertent autour de la question : « Champigny : E. Macron dans la surréaction ? ». Sur France Info, le 5 janvier (5h45), un journaliste estime que les violences récentes impliquant la Police ont été « surmédiatisées ».

L’OJIM avait souligné en juin 2017 le fait que les violences contre des policiers étaient rarement évoquées dans les medias nationaux. De toute évidence, la diffusion de la vidéo de l’agression sur les réseaux sociaux puis le tweet du Président Macron semblent avoir perturbé les habitudes…

Un Président de la République qui condamne le lynchage de 2 policiers par un groupe déchainé, serait-ce une « sur réaction » ? Le terme « lynchage » serait- il excessif ? Sa définition consiste pourtant en des faits de violence physique qu’un groupe fait subir à un individu.

Le simple fait que cette question soit posée en dit long sur la banalisation de la violence dans une partie du corps social. Comme en témoigne cet ancien inspecteur de la Police judiciaire, qui indique qu’alors il y a quelques dizaines années, une intervention dans un quartier sensible pouvait se faire à deux policiers, celle-ci nécessite maintenant la mobilisation d’une soixantaine.

Surtout pas-d’-a-mal-ga-me !

Que sait-on des organisateurs de la soirée « hiphop/dancehall/zouk/afrobeat/bouyon » qui a dégénéré ? Pas grand-chose. Si ce n’est qu’il s’agirait selon le site Fdesouche « de la soirée « faceblack ». Ce qui amène Libération  à s’empresser de préciser : « Si elle est surnommée “faceblack”, c’est surtout dû au fait que l’événement a été partagé sur le groupe secret du même nom ». Et de nous rassurer : « Aucune non-mixité n’a d’ailleurs été annoncée sur le flyer ».

Imagine-t-on la réaction des médias suite à des violences causées lors d’une soirée organisée par un groupe qui se dénommerait « visage blanc » ?

Dans le cas présent, le nom du collectif ne filtrera qu’avec parcimonie après l’information de Fdesouche et la « checknews » de Libération. On aura compris qu’il importe avant tout de ne pas mettre de l’huile sur le feu. Un peu à l’image des informations contenues dans un rapport interne du Ministère de l’intérieur sur les violences durant la Saint Sylvestre, censé rester secret mais qui a « fuité » au Figaro. Alors que celui-ci fait état d’une augmentation des incidents (voitures brulées, tirs de projectiles, tirs contre les forces de l’ordre, etc.) lors du réveillon par rapport à l’année dernière, le Ministre de l’intérieur  déclarait au Parisien le 1er janvier : « Les festivités se sont bien passées (…) Dans l’ensemble, les gens ont pu jouir de la nuit de la Saint-Sylvestre de manière pacifiée ». Dormez tranquilles, braves gens…

https://www.ojim.fr/agression-de-policiers-a-champigny-marne-pedale-douce-d-amalgame/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=e726fb2f68-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-e726fb2f68-71509009

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Macron veut-il encourager la croyance en la «théorie» de la Terre plate ?

TRIBUNE LIBRE/ Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

TL BRICMONT CENSURE

Lors de ses vœux à la presse le 3 janvier, Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi visant à combattre la propagation de «fausses nouvelles» sur Internet ainsi qu'à «lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers», ce qui vise sans doute la chaîne russe RT.

Macron veut ainsi défendre ce qu'il appelle les «démocraties libérales» sans apparemment se rendre compte du fait que cette nouvelle loi sera une mesure parfaitement antilibérale, la liberté d’expression ayant été historiquement la valeur libérale par excellence.

La démarche de Macron témoigne d’une transformation grave de nos «démocraties libérales», qui avaient tout de même survécu à la guerre froide sans interdire la «propagande communiste» de l’époque, ni d'ailleurs celle de l'extrême-droite (pro-Algérie française par exemple).

Mais que sont les fausses nouvelles et en quoi ont-elles de l'importance ?

Un premier exemple concerne l'attaque au gaz près de Damas en août 2013, dont la responsabilité a été presque unanimement attribuée par la presse au «régime syrien», ce qui est clairement contredit par un rapport établi par un ancien inspecteur de l'ONU, Richard Lloyd, et un professeur en science, technologie et sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol.

 Pour distinguer le vrai du faux, comparons les motivations : pour le gouvernement et les médias qui vivent des «sources officielles», la culpabilité présumée d’Assad soutient l’aide des Occidentaux aux «rebelles». Mais on peut difficilement trouver une motivation «pro-Assad» chez des personnes aussi respectables que Lloyd et Postol, ou penser que ces experts soient incompétents à propos de questions de physique relativement élémentaires.

Un exemple plus récent concerne le «Russiagate», c'est-à-dire la prétendue ingérence russe dans l'élection de Trump aux Etats-Unis.  Il n'existe à ce jour pas de preuve d'une telle ingérence. Vu les moyens d'espionnage dont disposent les multiples services américains, il est difficile de croire que, si cette ingérence était réelle et sérieuse (pas réduite à quelques messages sur Twitter ou Facebook), elle n'aurait pas été détectée et démontrée publiquement. Même si une telle ingérence devait finalement être prouvée, sa signification effective resterait à évaluer. En tout cas, le fait d’y croire sans hésitation en l'absence de preuve, ce que fait toute la presse «libérale» aux Etats-Unis, ainsi que ses homologues européens, est en soi une façon de «propager une fausse nouvelle».

On pourrait multiplier les exemples d'autres fausses nouvelles, toutes liées à la propagande de guerre (incident du golfe du Tonkin en 1964, affaire des couveuses au Koweït en 1990, armes de destruction massive en Irak, etc.) et propagées par les médias dominants. Contrairement aux fausses nouvelles que Macron veut bannir, cette propagande est en partie responsable de guerres ayant causé des centaines de milliers si pas des millions de morts et, dans les cas plus récents, de risques d'une guerre qui pourrait être nucléaire. 

C’est la propagande dominante qui mène aux guerres, et non les quelques voix d’opposition.

Il est évident qu'aucune censure ne s'appliquera jamais à ces médias dominants et qu'au contraire, ce seront certains médias alternatifs, qui parfois permettent de mettre en question la propagande de guerre, qui seront réprimés ou au moins intimidés.

Le problème que Macron veut résoudre c'est qu'une bonne partie de la population ne croit plus les médias dominants et pense déjà que la liberté d'expression est menacée (même avant cette nouvelle loi). Beaucoup de gens pensent qu'on leur ment sur les effets réels de l'immigration, sur la situation économique, sur celle de l'enseignement ou sur la propagande de guerre. Ils ont en face d'eux des médias unanimes sur toute une série de questions, à commencer par l'élection de Macron lui-même, en tout cas au deuxième tour et en grande partie au premier, mais aussi sur la Russie, l'Iran, la Syrie, la construction européenne, ou la nécessité de «libéraliser» l'économie.

C'est cette homogénéité médiatique qui engendre le scepticisme, pas la «propagande» russe ou les pourvoyeurs de fausses nouvelles.

Ce qui est vrai, c'est qu'en plus du scepticisme à l'égard du discours politique, on voit proliférer des «alertes» très discutables concernant les vaccins ou les pesticides, ainsi que toute une série de croyances bizarres allant de «on n'a pas marché sur la Lune» à «la Terre est plate».

Mais ce n'est pas en censurant le discours de critique politique qu'on va faire reculer les croyances irrationnelles ; au contraire, l'expérience constante et universelle de la censure est qu'à terme elle se retourne contre elle-même.

Il est possible qu'un certain nombre de jeunes n'imaginent pas d'autres formes de militantisme que des partages sur Facebook et pensent que, si on les prive de cet outil, la censure régnera en maître. Mais c'est ignorer qu'il a existé bien d'autres façons de répandre, parfois avec succès, des idées hétérodoxes et subversives : les tracts de la Résistance, le bouche à oreille dans les pays socialistes, les écrits licencieux circulant à l'époque des Lumières ou encore l'Huma Dimanche vendu sur les marchés.

On peut aussi repenser à une précédente tentative de réprimer de «fausses nouvelles», à savoir la loi Gayssot de 1990, réprimant la négation de certaines conclusions du tribunal de Nuremberg, en pratique celles portant sur l'existence de chambres à gaz dans les camps nazis. Quel en a été l'effet ? La réponse est donnée par l'intellectuel italien Franco Cardini, écrivant à propos du «négationnisme» : «le nombre de personnes qui, sans oser l’admettre, sont impressionnées et troublées par certains arguments ne cesse de croître. Le nombre de ceux qui en public affirment une chose et en privé soutiennent exactement le contraire est en train de croître aussi. Et vous savez pourquoi ? À cause du fait qu’on persécute ceux qui défendent ces idées et on les condamne sans leur donner le droit de parler et sans riposter. Mais de cette manière se crée dans l’opinion publique le sentiment croissant que, si on en a peur, c’est que ces gens-là disent des vérités

La seule solution au problème auquel Macron est confronté serait une ouverture tous azimuts au débat et une révolution médiatique allant vers plus de pluralité et d'honnêteté. Mais comme cela est manifestement impossible, on se tourne vers la solution la plus facile, mais aussi la plus contre-productive : la censure.

Finalement, il suffit d'un peu voyager pour voir que le reste du monde ne pense pas comme «nous», c'est-à-dire comme l'Europe et les Etats-Unis. En Russie, en Chine, dans le monde arabe, en Iran, en Amérique latine, il n'y a ni les mêmes priorités, ni les mêmes histoires, ni les mêmes mémoires qu'en Occident. Quand ils se tournent vers la France (ou l'Europe), les autres peuples ne voient plus le pays des Lumières, mais un monde arrogant, agressif, replié sur lui-même, anxieux, et en pleine perte de vitesse par rapport à eux.

La loi contre les «fausses nouvelles» risque de renforcer encore le scepticisme à l'égard des «vérités officielles», à la fois celui qui est raisonnable et celui qui ne l'est pas, ainsi que notre incapacité à écouter et à comprendre le reste du monde, ce qui est à la fois le symptôme et la cause de notre déclin.

https://francais.rt.com/opinions/47041-macron-veut-il-encourager-croyance-terre-plate

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Ivre, le fils de Benjamin Netanyahou fait des révélations compromettantes sur son père

Le fils du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, au sortir d’une boite de nuit en 2015, a été enregistré alors qu’il faisait allusion à un accord gazier controversé qu'aurait initié son père. Ce dernier a jugé cette hypothèse «absurde».

ACT NETANYAHOU FILS

L’enfant terrible du Premier ministre israélien, Yaïr Netanyahou, multiplie les frasques et les comportements embarrassants – comme la publication sur les réseaux sociaux d'un montage inspiré par une caricature antisémite en septembre dernier.

L'une de ces frasques, datant de 2015, remonte actuellement à la surface, et compromet le chef du gouvernement israélien. Le fils du Premier ministre ne savait pas qu’il était, à ce moment, enregistré. Ses propos, quoi que prononcés sous l'emprise de l’alcool, viennent renforcer les soupçons pesant sur l’homme fort d’Israël, qui fait l’objet de deux enquêtes pour corruption.

Sur l’enregistrement audio diffusé sur la deuxième chaîne israélienne le 8 janvier, on peut entendre Yaïr Netanyahou et Ori Maïmon, fils de Kobi Maïmon, milliardaire du secteur gazier et l'un des hommes les plus riches d'Israël, ainsi que Roman Abramov, collaborateur en Israël du milliardaire australien James Packer. Yaïr et Ori discutent gaiement à bord d’une voiture, à Tel Aviv. Tous deux, enivrés, parlent de femmes très vulgairement et se disputent au sujet de la somme de 100 euros. 

Yaïr Netanyahou jette alors à son ami : «Mon père a conclu un superbe contrat pour ton père, mec, il s’est battu à la Knesset pour ça mec.» Il poursuit : «Tu pleures pour 400 shekels [environ 100 euros]. Mon père a décroché pour ton père un contrat à 20 milliards de dollars et tu ne peux pas me filer 400 shekels, fils de p... ?». Roman Abramov leur fait alors remarquer qu'une catastrophe se produirait si cette conversation était révélée au grand public...

«Une plaisanterie de mauvais goût», selon Benjamin Betanyahou

Yaïr Netanyahou fait à l'évidence référence à un important accord pour l'exploitation des vastes champs gaziers découverts en Méditerranée quelques années plus tôt, une manne pour Israël. Le père de Nir Maïmon est un actionnaire de premier plan d'Isramco, l'une des compagnies exploitant ces réserves.

Le Premier ministre avait annoncé en août 2015 un accord entre le gouvernement et un consortium israélo-américain pour accélérer la production, ralentie par les résistances à l'établissement d'un monopole qui profiterait aux compagnies aux dépens des consommateurs.

Benjamin Netanyahou a jugé «absurde» l'idée qu'il aurait cherché à favoriser l'homme d'affaires Kobi Maïmon alors qu'il n'avait «aucun contact» avec lui, ne l'avait rencontré qu'une «seule fois il y a environ dix ans» et ignorait les relations entre leurs deux fils. «L'accord finalement entériné en 2016 après des mois de bataille politique et légale est censé rapporter des milliards de shekels à l'Etat et ne désavantage qu'un seul des acteurs de l'exploitation gazière : Kobi Maïmon», a déclaré Benjamin Netanyahou à la presse.

Il ajouté que son fils n'avait pas «la moindre idée» des termes de l'accord, et ses propos étaient «une plaisanterie de mauvais goût» prononcée sous l'emprise de l'alcool. Yaïr Netanyahou lui-même a rapidement présenté des excuses, invoquant lui aussi son état d'ivresse. Quant à l'accord gazier, «il s'agissait d'une blague», a-t-il assuré dans un communiqué.

La famille Netanyahou a en outre accusé le chauffeur de la voiture dans laquelle se trouvaient les jeunes hommes, d'avoir réalisé l'enregistrement.

Vives réactions des détracteurs de Benjamin Netanyahou, déjà visé par deux enquêtes

Les adversaires du Premier ministre se sont emparés de l'enregistrement, dont l'authenticité n'est contestée par personne, pour attaquer à nouveau les avantages consentis à Yaïr Netanyahou – comme une garde rapprochée jusque dans ses virées en boîtes de nuit – et ont confirmé leur suspicion au sujet de cet accord gazier très controversé.

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a parlé sur Twitter d'une «nouvelle tache sur l'accord de gaz». Le parti de gauche Meretz a réclamé des investigations.

Benjamin Netanyahou est déjà visé par deux enquêtes de police (une impliquant des cadeaux de plusieurs dizaines de milliers de dollars et une autre pour trafic d'influence), dont les conclusions sont attendues dans les prochains mois, sinon semaines. Quelques dizaines de milliers de manifestants, intitulant leur rassemblement «marche de la honte», ont déjà manifesté dans un des quartiers huppés de Tel Aviv, pour dénoncer la «corruption» du gouvernement israélien et les lenteurs présumées des enquêtes en cours contre le Premier ministre.

https://francais.rt.com/international/47152-ivre-fils-benjamin-netanyahou-fait-revelations

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