dimanche 7 janvier 2018

Et si Nice quittait la France?


Un peu partout des vélléités sécessionistes apparaissent, dans plusieurs régions.

ACT COMTE DE NICE



Dans cet entretien, la chaîne Pravda France interroge madame Laetitia Barriera, une militante désirant promouvoir l'indépendance du Comté de Nice vis-à-vis de la France, et chargée de rédiger une charte de cette future entité. A une question posée par le journaliste Alexandre Artamonov à partir de 17 minutes 30 (sur cette vidéo qui dure 25 minutes), elle répond  qu'elle désire moins une entité territoriale restant française dans le cadre d'une fédéralisation temporaire de la France que, carrément, un Etat séparé: "aucune compromission", déclare-t-elle.

https://youtu.be/F3PC5LiykkI?t=1050

Appuyée ensuite par une écoute bienveillante du journaliste qui cite plusieurs exemples de situations fédérales dont celle de l'Allemagne, par opposition avec "l'Etat unitaire de type français, "obsolète" et quelque peu "vieux jeu", ne correspondant pas à la réalité "normale" européenne" (sic), elle dit vouloir travailler en collaboration avec d'autres régions en train de s'émanciper (Catalogne, ...).

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On comprend qu'est souhaitée une marche vers la fédéralisation de micro-Etats. Sous quel joug?

Il faut noter qu'à Nice, une monnaie locale est en cours de lancement, le "nissart":

https://www.20minutes.fr/nice/1721891-20151102-nice-cree-premiere-monnaie-locale-ville-nissart

Mais contrairement aux nombreuses monnaies locales complémentaires circulant en France, qui sont des outils civiques d'aide aux producteurs alimentaires et artisans locaux et lancées par des associations de citoyens sans qu'il y ait aucune connotation séparatiste,  celle-ci apparaît dans un contexte de contestation de l'Etat français, puisqu'elle est lancée par l'association indépendantiste "Republica de Nissa".

Sur le compte facebook de celle-ci:

https://www.facebook.com/Rep%C3%BAblica-de-Nissa-300940800052419/on peut voir la promotion du mouvement catalan actuel.

H.J.

 

 

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Pas de «regime change» à Téhéran

Donald Trump a beau assurer que « l’Iran échoue à tous les niveaux », que « le grand peuple iranien est réprimé depuis des années », qu’il a « faim de nourriture et de liberté », qu’il est « temps que ça change » et qu’il « soutiendra le peuple iranien le moment venu », c’est peine perdue. Ces proclamations grandiloquentes n’auront aucun effet sur le cours des choses. Déchaîné contre Téhéran, Washington veut saisir le conseil de sécurité. Mais la Chine et la Russie s’opposeront à toute forme d’ingérence. Il n’y aura ni mandat onusien torpillant un Etat souverain au nom des « droits de l’homme », ni « zone d’interdiction aérienne », ni « droit de protéger ». Que les bellicistes se fassent une raison : l’Iran ne connaîtra pas le sort de la Libye, détruite par l’OTAN en 2011.

tl bg IRAN TRUMP

Le châtiment venu du ciel étant décidément impraticable, Washington a joué la carte de la déstabilisation interne. Pour y parvenir, ses stratèges ont déployé toute la gamme des moyens disponibles : avalanche de propagande antigouvernementale financée par la CIA (notamment par les stations de radio émettant en persan vers l’Iran), agents de tous poils infiltrés dans les manifestations populaires, appui donné à toutes les oppositions sur place ou en exil. Incapable de procéder au « regime change » par le haut, la Maison-Blanche a tenté de l’obtenir par le bas. Prémuni contre le « hard power » US par sa propre force militaire (et par ses alliances) le « régime des mollahs » a été directement ciblé par le « soft power » made in USA. La Maison-Blanche a fait tourner les rotatives de la désinformation, mais le résultat n’était pas garanti sur facture. C’est le moins qu’on puisse dire.

Pour abattre un régime qui leur déplaît, les « neocons » de Washington ont classiquement besoin de différents types de munitions. L’expérience montre qu’il leur faut détenir au moins deux des trois atouts suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, ils ne disposaient clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre « conservateurs » et « réformateurs » structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979.

C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons économiques ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique. Il est significatif que la propagande occidentale se livre, une fois de plus, à de grossières manipulations. On a même vu le directeur général de « Human rights Watch », Kenneth Roth, utiliser une photo des manifestations pro-gouvernementales pour illustrer le « soulèvement populaire » contre le régime. En croyant voir dans des rassemblements de mécontents le prélude à un changement de régime, Washington a pris deux fois ses désirs pour des réalités : la première, en confondant mécontentement et subversion dans les manifestations antigouvernementales ; la seconde, en refusant de voir que les manifestations pro-gouvernementales étaient au moins aussi importantes.

Cet espoir d’un « regime change » à Téhéran est d’autant plus illusoire que Washington ne détient pas davantage le deuxième atout : des hordes de mercenaires pour faire le sale boulot. Les frontières étant surveillées de près par l’armée iranienne, la réédition d’un scénario à la syrienne est impossible. En Syrie, les miliciens wahhabites furent importés en masse avec la complicité de l’OTAN, et il a fallu six ans au peuple syrien pour s’en débarrasser sérieusement. En Iran, aucun indice ne permet de penser qu’une telle invasion ait seulement eu lieu. Quelques individus ont dû passer à travers les mailles du filet, mais leur capacité de nuisance est limitée. Depuis la déroute de Daech, l’internationale takfiriste est aux abois. Le dernier carré d’Al-Qaida finira coincé dans la poche d’Idlib. L’armée syrienne avance, elle reconquiert le territoire national, et le « regime change » à Damas n’est plus à l’ordre du jour.

Pour détruire le « régime des mollahs », Washington ne peut compter ni sur l’opposition interne, ni sur le mercenariat externe, ni sur une intervention militaire directe. L’opposition interne ne partage pas ses objectifs, le mercenariat étranger est une ressource en voie de disparition, et l’intervention militaire vouée à l’échec. Le « regime change » a réussi en Libye grâce au bombardement aérien. Il a échoué en Syrie malgré des hordes de mercenaires. Mais il n’a aucune chance de réussir en Iran. Le peuple iranien subit surtout les sanctions infligées par un Etat étranger qui lui donne des leçons de « droits de l’homme ». Que certaines couches sociales aspirent au changement est naturel, et tout dépendra de la réponse du pouvoir à leurs revendications. Le président Rohani a condamné les violences. Mais il a aussi admis la légitimité du mécontentement social, des mesures impopulaires ont été annulées, et le peuple iranien n’a pas l’intention de s’étriper pour faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche.

La situation est difficile pour les plus pauvres, mais l’Iran est tout sauf un pays au bord de la faillite. Malgré les sanctions imposées par Washington, le pays a connu un développement notable en 2016. Son économie affiche un taux de croissance de 6,5% et l’endettement public est particulièrement faible (35% du PIB). Mais le taux de chômage est élevé (12,5%) et il frappe surtout les jeunes. Le pays connaît une crise de croissance qui avive les tensions sociales, soulignant les privilèges de la bourgeoisie marchande accentués par les réformes libérales voulues par le gouvernement. L’Iran exporte son pétrole, mais il manque de capitaux extérieurs. A l’affût de la moindre faiblesse, Washington rêvait d’un mouvement de grande ampleur, capable de faire vaciller le pouvoir. Visiblement, c’est raté, et l’agression US a manqué son objectif. Elle ne cessera pas pour autant, car l’Iran est depuis longtemps dans la ligne de mire des fauteurs de guerre.

Obsession des « neocons », la lutte contre Téhéran remonte aux origines de la République islamique (1979). Elle fut inaugurée par une attaque irakienne dont l’Occident fournit les armes et les pétromonarchies les moyens financiers (1980-1988). Elle s’est poursuivie avec les attentats du Mossad et de la CIA, infligeant aux Iraniens ce même « terrorisme » dont les accuse la propagande occidentale. Puis elle s’est amplifiée avec l’invention de la « menace nucléaire iranienne » au début des années 2000. Il est évident que Trump se soucie comme d’une guigne des droits de l’homme et que la question nucléaire est l’arrière-plan de la crise actuelle. A Washington, l’union sacrée s’est miraculeusement reconstituée contre l’Iran. Ce pays n’a jamais agressé ses voisins, mais la possibilité qu’il se dote d’un parapluie nucléaire entamant le monopole israélien dans la région est jugée intolérable. Le « regime change » a avorté, mais il est clair que Trump torpillera l’accord de 2015.

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/pas-de-regime-change-a-teheran_859404085

Le récit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses étonnantes relations avec la classe politique

Tribune libre/Eric Toussaint

Dans son dernier livre Adults in the Room(https://www.theguardian.com/books/2…), Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit à la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la période 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des époques plus lointaines.

TL GRECE VAROUFAKIS

Dans un premier article au sujet de ce livre (http://www.cadtm.org/Les-propositio…), j’ai analysé de manière critique les propositions faites par Varoufakis avant de participer au gouvernement de Tsipras en janvier 2015, en montrant qu’elles menaient à l’échec. Ce deuxième article porte notamment sur les liens entretenus par Yanis Varoufakis avec la classe politique dirigeante grecque (tant le PASOK historiquement lié à la social-démocratie, que le parti conservateur Nouvelle Démocratie) depuis plusieurs années.

Yanis Varoufakis met l’accent à plusieurs reprises sur le large éventail de ses relations dans le milieu politique grec. Il insiste sur son amitié passée avec Yanis Stournaras (l’actuel directeur de la banque centrale de la Grèce, allié de Draghi et des banquiers privés grecs et étrangers), sur ses bons rapports en 2009 avec Georges Papandréou (qui a mis en œuvre la politique conduisant au premier mémorandum), sur ses relations avec Antonis Samaras (qui a dirigé le gouvernement grec après le deuxième mémorandum) et il consacre une partie importante des 4 premiers chapitres du livre à relater la construction de rapports étroits de collaboration et à certains moments de complicité avec 3 dirigeants de Syriza. Il s’agit d’Alexis Tsipras (qui a conduit le peuple grec au troisième mémorandum), Nikos Pappas (l’alter ego de Tsipras, devenu ministre d’État dans le gouvernement Tsipras I) auquel s’est ajouté, en cours de route, Yanis Dragasakis (avant que celui-ci devienne vice-premier ministre des gouvernements Tsipras I et II). Dans cette deuxième partie, je vais aborder le récit du début de la crise grecque ainsi que les relations de Varoufakis avec la classe politique traditionnelle grecque.

Varoufakis relate de manière très discutable l’enchaînement des événements qui ont conduit à l’imposition du premier mémorandum de mai 2010. Tout en s’en défendant, il conforte la narration officielle selon laquelle la cause de la crise réside dans l’incapacité de l’État grec à faire face à la dette publique. Bien qu’il dénonce l’état lamentable dans lequel les banques privées grecques s’étaient placées |1|, il met l’accent sur l’incapacité de l’État grec à faire face à la situation et déclare que celui-ci aurait dû se déclarer en faillite. Il écarte la possibilité qui était “offerte” à l’État de refuser d’assumer les pertes des banques. Son raisonnement sur la faillite de l’État grec tient au fait que, selon lui, le passif (=les dettes) des banques privées était, qu’on le veuille ou non, à charge de l’État. Le passif des banques privées était tellement élevé que l’État grec était incapable d’y faire face. Pourtant, à différents moments de l’histoire, des États ont refusé d’assumer les pertes des banques privées. L’Islande l’a fait à partir de 2008 lors de l’effondrement de son secteur bancaire privé et s’en est très bien tirée. Elle a su faire face victorieusement aux menaces de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas |2|.

Il ne suffit pas de dire que la Grèce n’est pas l’Islande, il ne suffit pas d’affirmer que la Grèce fait partie de la zone euro et devait y rester pour mettre fin au débat. Varoufakis adopte une attitude en réalité conservatrice du point de vue économique et social. Il dénonce les banquiers grecs mais la solution qu’il a proposée à Alexis Tsipras à partir de juin 2012 consistait à transférer la propriété des banques grecques à l’Union européenne |3|.

Par ailleurs, il est évident qu’il fallait remettre en cause le paiement de la dette publique qui avait fortement augmenté principalement dans les années 1990 du fait de la poursuite d’objectifs illégitimes (dépenses militaires excessives, financement des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus riches, financement par la dette de la baisse des cotisations sociales qui étaient à charge du patronat…) ou du financement de cette dette à des conditions illégitimes (taux d’intérêt abusif prélevés par les banques), et suivant des modalités qui étaient marquées par la corruption et d’autres facteurs d’illégalité (voir le chapitre 1 de http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la).


Varoufakis et le gouvernement de Georges Papandreou (PASOK) 2009-2011

“En automne 2009, un nouveau gouvernement grec a été élu avec la promesse suivante : dépenser plus pour aider la montagne du revenu de la nation à se reconstruire. Sauf que le nouveau Premier ministre et son ministre des Finances, issus du parti social-démocrate, le Pasok, n’ont pas compris. La faillite de l’État était déjà là, avant même qu’ils prêtent serment. |4

Il est faux d’affirmer que l’État était en faillite. Ce discours conforte la présentation mensongère donnée par la Troïka et les médias dominants.
Ce que ne dit pas Varoufakis, c’est que Papandréou a dramatisé la situation de la dette publique et du déficit public au lieu de faire supporter le coût de cette crise bancaire aux responsables, tant étrangers que nationaux (à savoir les actionnaires privés, les administrateurs des banques, les banques étrangères et autres sociétés financières qui avaient contribué à générer la bulle spéculative). Le gouvernement de Papandréou a fait falsifier les statistiques de la dette grecque, non pas dans les années précédant la crise pour la réduire (comme la narration dominante le prétend) mais en 2009 pour l’augmenter. C’est ce que démontre très clairement la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque dans son rapport de juin 2015 (voir le chapitre II, p. 17 de http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la). Varoufakis ne dénonce pas la falsification, il prend pour argent comptant les affirmations de Papandréou, de son ministre des Finances sur l’état dramatique des finances publiques.

Après les élections législatives du 4 octobre 2009, le nouveau gouvernement de Georges Papandréou procéda en toute illégalité à une révision des statistiques afin de gonfler le déficit et le montant de la dette pour la période antérieure au mémorandum de 2010. Le niveau du déficit pour 2009 subit plusieurs révisions à la hausse, de 11,9 % du PIB en première estimation à 15,8 % dans la dernière. Andréas Georgiu, directeur en 2009-2010 de l’office grec des statistiques ELSTAT (alors qu’il occupait encore un mandat au FMI) a été condamné en août 2017. Sous le titre : « En Grèce, condamnation de l’ancien chef des statistiques, qui avait maquillé les chiffres du déficit public », voici ce qu’en dit le quotidien Le Monde dans son édition du 1er août 2017 : « Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d’Athènes l’a jugé coupable de « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international était poursuivi pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015. |5| »

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Varoufakis, les banques privées n’ont pas stoppé les crédits à l’État grec en 2009 |6|, ce sont les crédits aux secteurs privés grecs qui ont été interrompus au cours de cette année. A l’automne 2009, l’Etat grec réussissait sans difficulté à lever des fonds. L’arrêt des crédits des marchés financiers à l’État grec a eu lieu en 2010, après que Papandréou a dramatisé la situation et au moment du lancement du processus du 1er mémorandum.

Varoufakis explique à plusieurs endroits du chapitre 2 qu’il entretenait, malgré des divergences évidentes, de bons rapports avec Papandréou :
« En janvier 2010, au cours d’un entretien à la radio, j’ai prévenu le Premier ministre, que je connaissais personnellement et avec qui j’avais des rapports plutôt amicaux, en lui disant : « Quoique tu fasses, ne va pas chercher des emprunts d’État chez nos partenaires européens pour essayer, en vain, d’éviter la banqueroute. |7| »

Sur ce dernier point, Varoufakis a raison : il ne fallait pas aller chercher des crédits du côté de la Troïka. Par contre, Varoufakis a tort quand il affirme que l’État grec aurait dû se déclarer en faillite. Une alternative, opposée à la politique mise en pratique par Papandréou et différente de celle avancée par Varoufakis (= mise en faillite de l’État), était pourtant possible et nécessaire. Suite à sa victoire électorale de 2009 obtenue grâce à une campagne dénonçant les politiques néolibérales menées par Nouvelle Démocratie, le gouvernement de Papandréou, s’il avait voulu respecter ses promesses électorales, aurait pu et aurait dû socialiser le secteur bancaire en organisant une faillite ordonnée des banques et en protégeant les déposants. Plusieurs exemples historiques attestent qu’une faillite était tout à fait compatible avec le redémarrage rapide des activités financières au service de la population. Il fallait s’inspirer de ce qui se faisait en Islande depuis 2008 |8| et de ce qui avait été réalisé en Suède et en Norvège dans les années 1990 |9|. Papandreou a préféré suivre l’exemple scandaleux et catastrophique du gouvernement irlandais qui a sauvé les banquiers en 2008 et allait en novembre 2010 devoir accepter un plan d’aide européen qui a eu des effets dramatiques pour le peuple irlandais. Il fallait aller plus loin que l’Islande et la Suède avec une socialisation complète et définitive du secteur financier. Il fallait faire supporter les pertes de la résolution de la crise bancaire par les banques étrangères et par les actionnaires privés grecs tout en poursuivant en justice les responsables du désastre bancaire. Une telle démarche aurait permis à la Grèce d’éviter la succession de mémorandums qui ont soumis le peuple grec à une crise humanitaire dramatique et à l’humiliation sans pour autant assainir véritablement le système bancaire grec.


Varoufakis et Antonis Samaras

A plusieurs reprises Varoufakis se réfère aux contacts qu’il entretenait avec des personnalités de premier plan de la classe politique grecque qu’elle soit du PASOK ou du principal parti conservateur, la Nouvelle Démocratie.

« Un soir (de 2011, NDLR), en rentrant chez moi après une émission de l’ERT, la radio et la télévision publiques grecques, le fixe a sonné. J’ai décroché et j’ai reconnu la voix d’Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, qui, à l’époque, représentait l’opposition officielle. (…) « On ne se connaît pas, M. Varoufakis, me dit-il, mais je viens de vous regarder à la télévision et il fallait absolument que je vous appelle. Je crois que je n’ai jamais entendu des propos aussi profonds et touchants sur un plateau de télévision. Je voulais vous remercier pour votre prise de position. » Samaras n’est pas le seul membre de l’establishment grec à avoir pris contact avec moi. Ma croisade m’avait amené à avoir de nombreuses discussions en aparté avec des ministres socialistes, des députés conservateurs de l’opposition, des dirigeants de syndicats et autres, qui sentaient bien que je représentais autre chose. Dès que je leur avais fait part de mon analyse, ils étaient d’accord, tous sans exception. (…) Les conservateurs, en tout cas jusqu’en novembre 2011, étaient un peu plus audacieux : comme leur dirigeant, Antonis Samaras, avait adopté un point de vue anti-austérité et anti-renflouement, ils étaient plus libres pour me suivre. |10| »

Après avoir reçu un coup de téléphone comme celui de Samaras, d’aucuns se seraient posé la question : « N’est-ce pas inquiétant de recevoir des compliments d’un des dirigeants clés du parti conservateur ? ». Cela n’a pas été le cas de Varoufakis.


L’amitié entre Stournaras et Varoufakis

Varoufakis ne consacre pas moins de quatre pages à la relation d’amitié qu’il a liée avec Yanis Stournaras |11|. Entre la fin des années 1990 et la période des mémorandums, Yanis Stournaras est passé du PASOK à la Nouvelle Démocratie. Varoufakis explique : « C’est lui qui avait réussi à convaincre Bruxelles et Berlin d’intégrer la Grèce à la zone euro. Une fois le pays définitivement admis, en 2000, le Premier ministre, membre du Pasok, l’avait remercié en lui offrant le poste de PDG et Président de la Banque commerciale de Grèce |12|. C’est à cette époque que nous avions fait connaissance. En dépit de son emploi du temps bousculé, Stournaras se rendait toujours disponible pour enseigner, avec plaisir et avec dévouement. Nos points de vue d’économiste et nos opinions politiques divergeaient, mais son engagement à l’université et nos affinités naturelles ont donné naissance à une profonde amitié. »

Varoufakis raconte qu’ils ont passé ensemble, dans l’appartement de Stournaras, la soirée électorale du 4 octobre 2009 qui a vu la victoire du PASOK. À cette époque, Stournaras était un des hauts conseillers des « socialistes » et avait épousé l’orientation pro-mémorandaire de Papandréou. Varoufakis poursuit : « En 2010, année cruciale pour la Grèce, Stournaras a fait un choix qui en a surpris plus d’un en devenant président d’un think-tank d’économistes créé à l’origine par la Confédération nationale des industries de Grèce, l’organisation patronale la plus puissante et la plus établie du pays, traditionnellement liée à la Nouvelle Démocratie. » Cela n’a pas affecté leur amitié. Un mois avant les élections de mai 2012, Varoufakis de passage à Athènes a appelé Stournaras : « je l’ai retrouvé le lendemain dans le café d’un hôtel situé au pied de l’Acropole. Nous sommes tombé dans les bras l’un de l’autre (…). Puis nous sommes passés aux choses sérieuses et je l’ai briefé sur les discussions que j’avais eues à Berlin avec des représentants de la BCE et du gouvernement allemand, avec des journalistes financiers et d’autres. J’ai également mentionné une conversation que j’avais eue avec George Soros. Qui était d’accord avec mon analyse de la situation de la Grèce et avec l’essentiel de mes propositions de politique économique pour l’Europe en général. » Varoufakis explique que Stournaras et lui ne sont pas tombés d’accord sur la viabilité du mémorandum mais qu’ils se sont quittés en se promettant de conserver intacte leur amitié. Les choses se sont gâtées quand Stournaras quelques mois plus tard a accusé Varoufakis de spéculer avec Soros sur les titres de la dette grecque. C’est à ce moment que leur relation s’est interrompue. Entre-temps, Stournaras était devenu ministre de la Compétitivité (mai-juin 2012). Après les élections de juin 2012, il est devenu ministre des Finances du gouvernement d’Antonis Samaras. Ensuite, à partir de juin 2014, Samaras l’a placé à la tête de la banque centrale de la Grèce où il se trouve encore.

J’ai pris la peine de résumer ce passage du livre de Varoufakis, parce qu’il est révélateur de l’aisance avec laquelle il évoluait dans les milieux de la classe politique grecque. Même si à l’époque il n’occupait aucune fonction officielle, il entretenait des relations avec des dirigeants clés et certaines de ses idées n’étaient pas rejetées par les dirigeants conservateurs, loin de là. Manifestement, cela ne le gênait pas puisqu’il en fait largement état dans son livre.


Partie 1 : Les propositions de Varoufakis qui menaient à l’échec
Partie 3 : Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza

 

Notes

|1| De mon côté j’ai analysé la crise des banques grecques dans « Grèce : Les banques sont à l’origine de la crise » http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine Voir aussi Patrick Saurin, “La « Crise grecque » une crise provoquée par les banques”, http://www.cadtm.org/La-Crise-grecque-une-crise

|2| CADTM – Le tribunal de l’AELE rejette les réclamations « Icesave » contre l’Islande et ses habitants, publié le 29 janvier 2013, http://www.cadtm.org/Le-tribunal-de-l-AELE-rejette-les

|3| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 3, p. 65. Je reviendrai là-dessus dans le prochain article.

|4| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. Le livre va paraître à l’automne 2017 en français chez l’éditeur Les Liens qui Libèrent. N’hésitez pas à passer commande chez votre libraire.

|5| En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/articl… A signaler que ce type d’article est très rare dans le quotidien Le Monde. La presse conservatrice grecque (notamment le quotidien Kathimerini) souligne le mécontentement de la Commission européenne. La porte-parole de la Commission, Mme Annika Breidthardt, a déclaré le 1er août 2017, que la décision du tribunal n’est pas conforme aux décisions précédentes de la justice et réitéré que « la Commission est pleinement confiante dans l’exactitude et la fiabilité des données de l’ELSTAT au cours de la période 2010-2015 et au-delà »

|6| Je publierai un nouvel article sur la question avant la fin de l’année 2017. Je montrerai que plusieurs graphiques publiés par des organismes officiels, notamment le FMI, sont faux.

|7| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. A la page suivante, Varoufakis écrit : « Convaincu que la faillite était certaine, quelles que soient nos paroles apaisantes, j’ai continué à enfoncer le clou. Par ailleurs, le fait que j’avais rédigé des discours pour le Premier ministre Papandreou a retenu l’attention de la BBC et d’autres organes de presse étrangers. »

|8| Renaud Vivien, Eva Joly, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », publié le 20 février 2016, http://www.cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du

|9| Mayes, D. (2009). Banking crisis resolution policy – different country experiences. Central Bank of Norway.

|10| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 38-39.

|11| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 68 à 72.

|12| Cette banque a ensuite changé de nom, elle s’est appelée Emporiki et a été achetée par la banque française Crédit Agricole.

Source : CADTM, Eric Toussaint, 17-08-2017

https://www.les-crises.fr/le-recit-discutable-de-varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses-etonnantes-relations-avec-la-classe-politique-par-eric-toussaint-23/

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Emmanuel Macron annonce un projet de loi pour lutter contre la «propagande» et les «fake news» sur internet

Tribune libre/Les Crises : Le blogueur et économiste Olivier Berruyer réagit

TL OB MACRON PRESSE

Dans ses vœux à la presse, le président de la République a annoncé un projet de loi visant à «protéger la vie démocratique», avec notamment les médias étrangers dans le collimateur. Les autorités pourront ainsi bloquer certains sites internet.

 

«Toutes les paroles ne se valent pas» : c’est le postulat qu’Emmanuel Macron a posé ce 3 janvier 2018 lors de ses vœux à la presse. Face à une profession en crise, et alors que les médias classiques souffrent de l’émergence de canaux d’information alternatifs, le président de la République a, de nouveau, regretté cette concurrence faite à la presse historique. «C’est vous journalistes qui êtes les premiers menacés par cette propagande. Elle adopte votre ton […] votre vocabulaire. Parfois même, elle recrute parmi vous», a-t-il déploré ajoutant qu’elle était «parfois même financée par certaines démocraties illibérales». Il a ensuite assuré les journalistes personnellement conviés à l’événement, auquel RT France n’était pas invité, qu’ils restaient des «tiers de confiance».

Evoquant la notion de «vérité», et de «liberté d’expression», le président de la République a annoncé la volonté de l’Etat d’intervenir et de contrôler la façon dont les informations sont produites, au nom selon lui de la «vitalité démocratique». «Entre complotisme et populisme, le combat est en effet commun», a-t-il jugé, avant de consacrer son propos aux «fake news». «En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge [afin] de supprimer le contenu mis en cause, de dé-référencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site internet», a ainsi annoncé le chef de l’Etat, évoquant également la responsabilité des plateformes de diffusion.

Les médias «étrangers» dans le viseur de l’Etat

Emmanuel Macron a également annoncé de nouvelles mesures visant les médias étrangers, affirmant : «Les pouvoirs du régulateur qui seront par ailleurs profondément repensés durant l’année 2018, seront accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers.» Et d’ajouter : «Cela permettra au CSA [Conseil supérieur de l’audiovisuel] repensé, notamment de refuser de conclure des conventions avec de tels services

D’après l’annonce faite ce 3 janvier devant la profession, le CSA pourra suspendre ou annuler toute convention de diffusion, «en cas d’agissements de nature à affecter l’issue du scrutin que cela soit en période pré-électorale ou électorale», soit en clair, tout le temps. «Vous aurez de quoi exercer votre métier», a-t-il toutefois ajouté, promettant de consulter les journalistes lors de l’élaboration du dispositif, qui devrait être présenté dans quelques semaines.

Lors de ce discours, Emmanuel Macron a-t-il fait une «allusion voilée» aux médias «russes», selon les termes de l’AFP ? Lors de la visite de Vladimir Poutine à Versailles, le 29 mai 2017, Emmanuel Macron avait en tout cas accusé les médias russes RT et Sputnik de s’être «comportés comme des organes d’influence […] et de propagande mensongère».

Un totalitarisme à la française est-il en marche ?

Le ministère de la Vérité d’Orwell dans 1984 n’est pas loin…

Source :

https://fr.sputniknews.com/france/201801041034610726-loi-internet-macron-reaction/

https://francais.rt.com/international/47000-emmanuel-macron-annonce-projet-loi-propagande-fake-news

https://francais.rt.com/france/39107-emmanuel-macron-vs-rt-france-polémique-continue-reseaux-sociaux

https://francais.rt.com/france/47008-derive-totalitaire-la-toile-sinquiete-chasse-fake-news-annoncee-gouvernement

 

Voir également :

Décodex : L’ère de la pensée unique

Les conspirationnistes et la complosphère

https://aphadolie.com/2018/01/05/emmanuel-macron-annonce-un-projet-de-loi-pour-lutter-contre-la-propagande-et-les-fake-news-sur-internet/

 

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[RussEurope en Exil] La liberté de presse au risque de la communication.

Emmanuel Macron, dans sa présentation de ses « vœux à la presse » le mercredi 3 janvier 2018 s’est prononcé en faveur d’une loi contre les « fake news »[1]. Cela a provoqué une certaine émotion, que ce soit sur les réseaux sociaux ou même dans la presse[2]. Il s’en est pris aussi à Internet et il convient de reprendre le verbatim de l’allocution : « Des plateformes, des fils tweeter, des sites entiers inventent des rumeurs et des fausses nouvelles qui prennent rang au côté des vraies. La réalité est qu’il y a là une stratégie, une stratégie financée visant à entretenir le doute, à laisser penser que ce que disent les politiques et les médias est toujours plus ou moins mensonger. » Cela pose plusieurs problèmes, et le premier d’entre eux n’est autre que le fait que toute nouvelle législation serait en réalité redondante avec celle qui existe déjà.

TL SAPIR MACRON PRESSE

Le Président connaît-il la loi ?

En effet, la question des « délits de presse » est une question délicate. Un équilibre doit être trouvé (...). Or, la Constitution de la Vème République garantit la liberté d’expression[3]. Elle reprend la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, déclaration qui, dans son article 11 stipule : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

La France s’est dotée, en juillet 1881, sous la troisième république, d’une loi codifiant la liberté de la presse[4]. Cette loi, souvent amendée et mise à jour, est celle qui aujourd’hui encore définit les responsabilités des auteurs et des éditeurs de presse. Or, cette loi prévoit le cas de la diffusion de fausses nouvelles. Dans son article 27 elle précise :

« La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros.

Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation. »

On ne saurait être plus clair et plus précis, et l’on ne voit pas ce qu’une loi supplémentaire pourrait ajouter de plus sans retrancher aux libertés publiques et individuelles. De fait, on se demande si Emmanuel Macron, Président de la République, connaît le Droit qu’il est censé protéger.

Qu’appelle-t-on une « fausse nouvelle » ?

Un autre problème vient de la définition de ce qu’est une fausse nouvelle. Bien entendu si j’écrivais que le Président de la République à trois bras et deux nez, tout le monde conviendrait qu’il s’agit d’une fausse nouvelle, de ce que l’on appelle aujourd’hui une « fake news ». Mais, quand des éditorialistes écrivaient, à la suite de la presse américaine en décembre 1989[5], que la répression par le régime de Ceaucescu avait provoqué des centaines de morts à Timisoara, montraient même des photos de ces « charniers », alors que l’on a appris par la suite que tout cela était faux, comment l’appeler ? Souvenons-nous : le 22 décembre 1989 Guillaume Durand, sur la chaîne La Cinq, parlait de plus de 4000 cadavres. Le 23 décembre c’était Serge July qui, dans son éditorial de Libération reprenait ce chiffre. Serge Halimi, sur le site Acrimed a recensé toutes ces fausses nouvelles[6]. Pierre Bourdieu avait, en son temps, analysé ce phénomène[7].

Plus proche de nous, quand ces mêmes éditorialistes nous promettent pour 2007 une économie rayonnante, alors même que l’on est au bord de l’une des pires crises financières internationales, comment qualifier cela ? Faut-il parler d’aveuglement ou parler de désinformation consciente, impliquant un trafic de fausses informations ?

Il faut donc revenir au point de départ : qu’est-ce qu’une fausse nouvelle ? Cela peut-être une information qui a été insuffisamment vérifiée, et en ce cas l’excuse de « bonne foi » peut être invoquée. Mais, cela peut être aussi une information dont le journaliste sait pertinemment qu’elle est fausse mais qu’il diffuse quand même car il estime que cette diffusion va servir les idées qu’il défend. Nous sommes là devant un acte délibéré. Mais, c’est justement cet acte que l’article 27 de la loi de 1881 punit. Et donc nous voilà ramené à notre point de départ. Quand une information fausse est sciemment et en toute connaissance de cause diffusée, nous sommes en présence d’un délit qui est déjà puni par la loi.

On le voit, le discours du Président de la République n’apporte rien, n’ajoute rien.

Fausse information et propagande

Alors, on se demande ce qu’a cherché Emmanuel Macron lors de sa présentation des vœux à la presse. En dénonçant les « fake news », mais sans s’interroger sur le processus qui aboutit à une production importante dans les médias institutionnels de « fausses nouvelles », il accrédite une forme de théorie du complot, un thème qui caractérise plutôt l’extrême-droite. En se proposant de faire voter une nouvelle loi, alors que la loi actuelle est entièrement suffisante pour protéger les individus ou l’ordre public tout en garantissant les libertés fondamentales, ne se livre-t-il pas à un exercice de pure gesticulation, de pure communication ?

Le sujet est trop grave pour qu’un Président de la République puisse l’instrumentaliser à son gré à des fins de pure communication. L’outrance du propos pourrait fort bien déboucher sur la forfaiture.

Jacques Sapir

Notes

[1] http://www.rfi.fr/france/20180104-voeux-presse-macron-annonce-loi-contre-fake-news-audiovisuel-public

[2] Le Monde s’en est ému, c’est dire… http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/01/04/legiferer-sur-les-fausses-informations-en-ligne-les-problemes-que-cela-souleve_5237606_4408996.html

[3] https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958

[4] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070722

[5] http://www.nytimes.com/1989/12/23/world/upheaval-east-mass-graves-found-rumania-relatives-missing-dig-them-up.html

[6] http://www.acrimed.org/Les-vautours-de-Timisoara

[7] Bourdieu P., Sur la télévision, Paris, Raisons d’agir, 1996

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-liberte-de-presse-au-risque-de-la-communication-retour-sur-la-declaration-demmanuel-macron-du-3-janvier-par-jacques-sapir/

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Jonathan Vallart sera le candidat de l’UPR à l’élection législative de la 1ère circonscription du Territoire de Belfort

Jonathan Vallart sera le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) à l’élection législative partielle de la 1ère circonscription du Territoire de Belfort, rendue vacante par l’invalidation, par le Conseil constitutionnel, de l’élection de Ian Boucard, candidat de LR. Aurore Macé sera sa suppléante. Le scrutin est prévu le dimanche 28 janvier 2018.

ACT JONATHAN

Jonathan Vallart, 38 ans, né le 31 décembre 1978 et originaire du Pas-de-Calais, est aide-soignant et réside dans le Territoire de Belfort. Issu d’une famille ancrée à gauche et influencé par un grand-père membre du PS toute sa vie, Jonathan Vallart a été sympathisant socialiste pendant plusieurs années.

Par la suite, les difficultés provoquées par la prétendue « construction européenne » et son incapacité manifeste à fonctionner le rendent de plus en plus sensible au discours de Jean-Pierre Chevènement. À l’instar de nombreux Français de gauche, Jonathan Vallart a longtemps cru qu’une « autre Europe » était possible, notamment après la promesse de François Hollande de renégocier, s’il était élu en 2012, le TSCG (« traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », négocié par Nicolas Sarkozy).

L’impossibilité de « changer l’Europe », à nouveau démontrée par François Hollande dès les premiers mois de son quinquennat, et ce malgré ses promesses électorales, a conduit Jonathan Vallart à s’informer sur la « construction européenne » sur Internet. Cette démarche l’a amené à visionner plusieurs conférences de François Asselineau, notamment « qui gouverne la France et l’Europe ? » et « pourquoi l’Europe est-elle comme elle est ? ».

Jonathan Vallart adhère alors rapidement à l’UPR, après avoir lu sa Charte fondatrice ainsi que son programme politique inspiré du CNR et reposant sur la sortie unilatérale de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. Il a été candidat titulaire de l’UPR dans la 1ère circonscription du Territoire de Belfort lors des élections législatives de juin 2017 où l’UPR était massivement présente, affichant des candidats dans 574 circonscriptions sur 577. L’UPR a d’ailleurs été le parti politique français présentant le plus de candidats aux élections législatives de cette année.

Sa suppléante, Aurore Macé, 35 ans, originaire de Saint-Lô dans la Manche est diplômée en droit public et travaille à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Territoire de Belfort. Auparavant, elle a exercé comme conseillère juridique aux armées en tant qu’officier pendant cinq ans, puis à l’hôpital Nord Franche-Comté. D’abord adhérente à l’UMP début 2013, elle n’y reste que quelques mois, déçue de l’absence d’analyse de fond sur la situation de la France. Elle découvre l’UPR grâce à son père et y adhère à Noël 2013.

Depuis, elle s’est présentée sous la bannière de l’UPR aux élections européennes de mai 2014, aux élections départementales de mars 2015, aux élections régionales de décembre 2015 et enfin aux dernières élections législatives de juin 2017, comme suppléante.

Au cours de ses études de droit, Aurore Macé a notamment étudié le droit constitutionnel ainsi que le droit communautaire et les institutions européennes. D’abord fervente européiste, elle a pris conscience grâce aux conférences de François Asselineau de la supercherie de ce projet politique qui, sous couvert de promettre des lendemains qui chantent, entraine la France vers sa destruction.

Jonathan Vallart et Aurore Macé, respectivement de sensibilités de gauche et de droite, illustrent la diversité d’opinions qui règne à l’UPR ainsi que la capacité de rassemblement de notre mouvement en dehors des clivages traditionnels de la société française, dans le but de restaurer l’indépendance et la souveraineté de la France. C’est exactement ce que les résistants de toutes origines avaient réussi à faire en se rassemblant au sein du Conseil National de la Résistance, derrière Charles de Gaulle et Jean Moulin, à partir de 1943.

François Asselineau, Président de l’UPR et candidat à l’élection présidentielle de 2017, viendra soutenir Jonathan Vallart et Aurore Macé dans leur campagne électorale, de même que plusieurs responsables nationaux du mouvement et de nombreux militants du Territoire de Belfort.

Contact médias :

presse@upr.fr

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