samedi 6 janvier 2018

L’incroyable mauvaise foi de RT, qui inverse carrément les propos d’Emmanuel Macron

Rédacteur en chef du mensuel Ruptures, Pierre Lévy réagit avec ironie aux vœux à la presse prononcés le 3 janvier par le président français.

TL MACRON POUTINE PRESSE

La soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices. L’ambiance était chaleureuse et détendue, les petits fours, délicats et exquis, le président, urbain et charmeur comme à son habitude. Renouant avec la coutume des vœux à la presse, le maître de l’Elysée rencontrait, ce 3 janvier, l’élite des confrères.

Et il n’a pas déçu, se livrant à un remarquable plaidoyer pour la liberté des médias et exaltant l’intelligence des lecteurs et des internautes.

Au titre du premier thème, il n’a pas hésité à s’insurger contre l’emprise de quelques mastodontes privés sur les plus grands titres de la presse française, dénonçant sans trembler les Drahi, Bouygues, Dassault, Niel et autres oligarques : ceux-là symbolisent à ses yeux une concentration médiatique menaçant l’information libre et indépendante. Et il a promis un train de mesures visant à favoriser et renforcer le pluralisme de la presse, l’expression de toutes les sensibilités, bref, le libre débat.

Quant à son second plaidoyer, il a marqué les journalistes présents par sa hauteur de vue. Prenant implicitement ses distances avec ceux professant un contrôle étroit des médias (tout particulièrement avec un texte publié récemment appelant à suspendre la chaîne RT, ont noté les plus attentifs), il a au contraire fait valoir que le peuple français était un peuple adulte, et que les femmes et les hommes de ce pays savaient parfaitement distinguer l’information honnête des «fake news».

Ceux qui s’adonnent à la diffusion de fausses nouvelles se discréditeront eux-mêmes, a martelé en substance l’hôte des lieux. Rappelant que lui-même était issu de la génération internet – une discrète pierre jetée dans le jardin de ses prédécesseurs – il a insisté : «Je ne serai pas celui qui enserrera la liberté numérique et télévisuelle dans le carcan des surveillances et des réglementations.»

C’est sans doute cette ode au pluralisme, à la démocratie et à la conscience des citoyens que n’a pu supporter la chaîne RT. Avec une incroyable impudence, celle-ci a immédiatement retransmis des propos déformés, ou plutôt carrément inversés. Probablement sur requête personnelle de Vladimir Poutine, les scribouillards du Kremlin ont osé affirmer que le président s’apprêtait à intervenir afin que l’Etat puisse contrôler la façon dont les informations sont produites, et prétendu qu’il aurait menacé : «En cas de propagation de fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge afin de supprimer le contenu mis en cause, de dé-référencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet.»

Totalement parano, RT a honteusement affirmé qu’Emmanuel Macron prévoyait de «repenser les pouvoirs du régulateur pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers». Le CSA, toujours selon les sbires moscovites, serait à l’avenir autorisé à suspendre ou annuler toute convention de diffusion «en cas d'agissements de nature à affecter l'issue du scrutin que cela soit en période pré-électorale ou électorale».

Une telle propagation de citations totalement inventées atteint décidément des sommets. On se demande d’ailleurs comment les dirigeants de RT peuvent espérer conserver un minimum de crédibilité après avoir propagé de telles horreurs, aussi grotesques qu’absurdes.

Du reste, si de tels propos avaient réellement été tenus – hypothèse d’école, évidemment – il est certain que de nombreux journalistes présents auraient manifesté leur réprobation, voire leur indignation, tant le ton et les menaces brandies ressemblent aux propos que le président ne manque pas de mettre lui-même dans la bouche des dirigeants «illibéraux», qu’ils soient nord-coréens ou iraniens, chinois ou russes.

En outre, le chef de l’Etat n’aurait certainement pas pris le risque de se mettre en porte-à-faux avec Bruxelles, qui fait la chasse aux pays membres de l’UE soupçonnés de mettre en péril l’indépendance de la presse. Le très européen président français ne pouvait évidemment songer un instant à placer notre pays dans le collimateur de la si sympathique Commission européenne.

Bref, ces billevesées et coquecigrues inventées par RT n’auront trompé personne.

On attend du reste d’un instant à l’autre le démenti de l’Elysée.

https://francais.rt.com/opinions/47022-incroyable-mauvaise-foi-rt-qui-inverse-propos-macron

BASE 14 995X225Voir aussi:

Vœux à la presse : RT France réagit aux propos d'Emmanuel Macron

Le président de la République a annoncé la mise en place d'un dispositif contre les fake news et la propagande. Dans son allocution devant les journalistes, il a notamment ciblé les médias financés par l'étranger. Voici ce qu'en pense RT France.

Suite à la conférence de vœux à la presse tenue ce jour par le président Emmanuel Macron, la société RT France souhaite rappeler avoir signé une convention avec le CSA en septembre 2015. Celle-ci détaille les exigences de pluralisme, d’honnêteté et d’indépendance auxquelles RT France s'est engagée. Un comité d'éthique de 5 membres* a également été constitué ainsi que le CSA l'a demandé. RT France a respecté toutes les règles et procédures en vigueur. Il semble cependant que les règles vont changer. RT France attend sereinement de découvrir le contenu exact du projet de loi évoqué par monsieur Macron lors de sa conférence de vœux à la presse. Comme tout média, RT France espère que la liberté de la presse et la liberté d'expression, fiertés de la France, ne seront pas affectées.

• Madame Anne Gazeau-Secret, diplomate, ex-ambassadeur de France, Conseiller d’Etat s.e.

Officier de la Légion d’honneur

• Monsieur Jacques-Marie Bourget, journaliste, écrivain

Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres

• Monsieur Jean-Luc Hees, journaliste, écrivain

Officier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

• Monsieur Thierry Mariani, homme politique, ancien ministre, membre honoraire du Parlement

• Monsieur Majed Nehmé, journaliste, chercheur

https://francais.rt.com/rt-vous-parle/47005-voeux-presse-rt-france-reagit-propos-macron

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Macron et la liberté d'expression

 Emmanuel Macron, Président « Néo-illibéral » ? Par Régis de Castelnau

Tribune libre.

TL MACRON PRESSE

Lors de la présentation de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron en ciblant de façon transparente la chaîne d’information continue RT France a montré la conception assez effarante qu’il a de la liberté d’expression. Son intervention est très menaçante, puisqu’au-delà du fait qu’elle fait sienne les délires russophobes qui ont actuellement cours aux États-Unis, elle constitue un sévère rappel à l’ordre des journalistes eux-mêmes.

Invités non seulement à respecter la stratégie éditoriale des médias nationaux, tous inféodés aux grands groupes, mais à éviter aussi d’exercer leurs compétences dans les organes de presse situés en dehors de ce périmètre étroit. Au détour de certaines phrases, les menaces deviennent plus précises vis-à-vis de ceux qui ne resteraient pas dans la ligne. Et le président d’ajouter qu’il envisage la création de procédures visant à carrément interdire les organes qui ne seraient pas dans la ligne. Emmanuel Macron prévient que les contrevenants pourraient se voir retirer leur autorisation d’émettre par un CSA « repensé ». On peut pourtant le savoir déjà inféodé à la Doxa, avec un service public devenu, en violation de la loi qui fait du pluralisme une obligation, un outil de propagande monolithique digne de la Pravda soviétique. Ou sa complaisance vis-à-vis du déferlement de propagande dont a bénéficié Emmanuel Macron avant, pendant et après l’élection présidentielle. Il faudrait donc « repenser » le CSA ? On peut légitimement être très inquiet.

Pour justifier ce retour des ciseaux d’Anastasie, le Président de la République, prétend vouloir lutter contre les «fake news », concept commode qui permet de disqualifier la contradiction. Car, on sait bien que cette prétention à la « vérité objective » n’est que le masque d’une volonté de stériliser le débat et d’éviter surtout qu’il soit contradictoire. Comme on l’a vu avec les ridicules tentatives de flicage de décodeurs autoproclamés.

Certains commentateurs disent que le Président souhaiterait protéger les médias, appartenant à ses amis, et en difficulté malgré les aides massives de l’État. Et qu’il aurait été maladroit, avec cette intervention en cédant aux penchants bonapartistes que d’aucuns lui prêtent. C’est plutôt le terme aplomb, voire culot qui vient spontanément à l’esprit et que c’est « marmite qui dit cul noir à chaudron».

Il a bénéficié d’une complaisance massive des grands médias, poussée parfois jusqu’au ridicule, notamment pendant la campagne officielle des élections présidentielles. On ne reviendra pas sur le recensement des espaces consacrés à chanter ses louanges. Mais on rappellera quand même que la blitzkrieg judiciaire menée pour disqualifier son principal adversaire a quand même été conduite par des magistrats militants en liaison étroite avec une presse qui l’a relayée avec gourmandise. Il est clair aussi que dans un État de droit respectant ses propres règles, en application des règles impératives du code électoral, une bonne partie du coût de cette propagande aurait dû être réintégré à son compte de campagne. Aboutissant à pulvériser le plafond des dépenses avec toutes les conséquences de droit. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose.

Alors techniquement, que nous a annoncé Emmanuel Macron du projet de loi de censure dont il entend saisir le Parlement dès 2018 ? Visant RT France qualifiée d’outil de propagande d’un gouvernement étranger, il nous dit que : «cette propagande articulée avec des milliers de comptes sur les réseaux sociaux qui, en un instant, répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste ». Outre que cette soudaine conversion fera probablement plaisir à Nicolas Sarkozy, encore lui, qui a eu droit au pilori plus souvent qu’à son tour, force est de constater que cette accusation qui relaie les délires américains, ne repose factuellement sur rien de concret. On relèvera cette russophobie de circonstance, et cette hostilité infondée, vis-à-vis d’un pays avec lequel nous devrions entretenir de bonnes relations. Et surtout le caractère absurde de cette focalisation sur ce média et ce pays, saute aux yeux, puisque de nombreux pays étrangers disposent dans notre pays de chaînes de télévisions qui desservent notre territoire. Et c’est à cette occasion que l’on voit bien que les cibles principales, ce sont les réseaux Internet et la liberté d’expression qui s’y déploie. Tous les états, illibéraux ou pas, la détestent et souhaitent la restreindre et la contrôler. Le Président de la République française n’y échappe pas, que l’on pourra peut être bientôt qualifier de «néo-illibéral».

Emmanuel Macron et ses ruses.

Ce qui n’empêche pas de faire preuve de ruse, puisque le nouveau dispositif de censure serait (dans un premier temps ?) réservé aux campagnes électorales. C’est astucieux, puisque que la communication pendant ces périodes dispose déjà de règles particulières distinctes de celles du droit commun. En matière de diffamations et injures, les procédures font l’objet d’un traitement beaucoup plus rapide en période électorale. La communication est enfermée dans des périodes précises, comme par exemple la clôture du vendredi soir qui interdit toute propagande le samedi et le jour du scrutin. Pour la bonne raison que le temps manquerait alors pour répondre. Ce qui montre bien que le principe à défendre est celui du contradictoire. Les fausses nouvelles, les mensonges, les diffamations, peuvent également être prises en compte si elles ont porté atteinte « à la sincérité du scrutin » et aboutir à une éventuelle annulation de celui-ci avec le retour devant les électeurs. Il y a également la réglementation relative au financement des campagnes électorales. La loi de 1990 a fixé pour des raisons d’égalité devant le suffrage universel des plafonds de dépenses. Le compte de campagne va contenir celles exposées par le candidat, mais également celles que la Commission Nationale des Comptes de Campagne va y réintégrer en considérant qu’elles ont été dépensées pour des actions en faveur de ce candidat. C’est l’application de cette règle très rigoureuse qui a abouti à l’invalidation du compte de Nicolas Sarkozy en 2012. De la même façon, les actions de communication électorale financées par les entreprises privées sont interdites. Mais l’examen très rapide de ces quelques règles démontre que le principe fondamental qui gouverne toujours la liberté d’expression et ses éventuelles limites (qui doivent être restreintes) est que le contrôle doit être judiciaire et à posteriori.

Comment ne pas être atterré lorsque l’on entend Emmanuel Macron nous dire que « En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé, permettant, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet ».

En droit français, le « juge des référés est le juge de l’évidence » et ne peut donc prendre que des mesures provisoires à charge pour les plaignants de poursuivre ensuite devant le juge du fond. Eh bien, avec ce que nous promet Emmanuel Macron, ce juge de l’évidence saisi en urgence pourra condamner à mort un média sur la simple accusation de « propagation d’une fausse nouvelle » ! Cela ne pourra donc être autre chose que du contrôle a priori. Et de quoi donc ? De la véracité de ce qui aura été exprimé ? Mais comment ?

Prétendre que Jacques Chirac était mort comme l’avait fait imprudemment Christine Boutin dans un tweet, était à l’évidence une Fake news. Dont elle s’est excusée. Mais, sans remonter aux faux charniers de Timisoara, avoir prétendu que Kadhafi commettait un génocide contre son peuple, pour justifier une intervention militaire illégale, était-ce une fake news ? Était-ce la propagation de fausses nouvelles que de se répandre sur tous les plateaux complaisamment ouverts, comme le firent Glukcksmann, Goupil et autres Bruckner pour, relayant les mensonges de George Bush, affirmer l’existence d’armes de destruction massive en Irak dans le but de justifier une guerre d’agression avec le résultat que l’on connaît ? Comment définir ce que sont la « fausse nouvelle » et la « propagation » de façon suffisamment claire, pour justifier une telle atteinte dans l’urgence, à la liberté d’expression? Et puis, quelle est cette désinvolture à vouloir trancher d’un trait de plume la complexité de la question des liens qu’entretiennent « les faits » et « la vérité » ? À propos de la vérité historique, les plus grands historiens eux-mêmes disent qu’il faut distinguer factualité et vérité, cette dernière étant changeante. Ne parlons même pas de la « vérité judiciaire » toujours relative et si complexe à élaborer.

Non, ce qui est en jeu, au travers de cette opération de diabolisation d’un média étranger et de l’utilisation d’un concept fourre-tout, au caractère volontairement flou, c’est une tentative d’imposer une vérité politique. Et de lui donner un statut irréfragable en en sanctionnant lourdement la contestation.

Il est indispensable que cette manœuvre soit combattue pour ce qu’elle est : une atteinte inacceptable à la liberté d’expression.

https://www.les-crises.fr/emmanuel-macron-president-neo-illiberal-par-regis-de-castelnau/

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==============Commentaire relevé:
Il faut lutter contre ce mensonge qui consiste à associer néolibéralisme et liberté. La seule liberté que permet le néolibéralisme c’est celle du loup dans la bergerie. De la même façon que la suppression des forces de police ne nous rendrait pas plus libre mais ferait de nous les victimes de la loi du plus fort, la dérégulation inhérente au néolibéralisme produit un chaos qui ne profite qu’aux criminels et aux malades mentaux que sont les toxicomanes de l’enrichissement personnel.

Platon [Pascal?] disait que, puisque nous ne pouvions faire en sorte que ce qui soit fort soit juste, les lois permettaient que ce qui soit juste soit fort. En supprimant les lois, le néolibéralisme n’apporte pas la liberté, mais il supprime au contraire la justice sans laquelle la liberté devient le luxe d’une minorité.

Macron est néolibéral, c’est donc un adversaire de la justice et de la liberté… et il n’a pas fini de nous le montrer.
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Salah Hamouri a été transféré dans une nouvelle prison

L’avocat franco-palestinien, en détention administrative depuis le 23 août, a été déplacé ce dimanche 31 décembre de la prison du Negev à celle de Megiddo au sud-est de Haïfa, de sinistre réputation.

ACT SALAH MACRON

(...)
Selon l'association de défense des prisonniers, Addameer, il s’agirait rien moins que d’une « punition ». L’information de son transfert a été confirmée indirectement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en charge des visites aux prisonniers palestiniens et qui a annoncé que la famille de Salah ne pourrait le voir le lendemain, 1er janvier, la rencontre étant annulée.
Il y a deux semaines environ, des hommes - peut-être des services de renseignements - ont fait irruption dans la cellule de Salah Hamouri avec, dans leurs mains, un exemplaire de « l’Humanité ». On sait que, par l’intermédiaire de ses avocats, nous avions publié une interview de Salah Hamouri le 30 novembre dernier. Ces agents ont alors indiqué à Salah Hamouri qu’il allait être placé à l’isolement. Une forme de punition régulièrement utilisée par les autorités israéliennes contre les détenus palestiniens (...)
Salah Hamouri se trouve incarcéré dans le cadre d’une détention administrative depuis le 23 août. Pour six mois, renouvelable autant de fois qu’en décide l’arbitraire de la « justice » israélienne. L’ordre a été donné par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui mentionnait déjà la prison de Megiddo. La détention administrative est, en soi, un acte de torture mentale. Le témoignage d’un prisonnier est cité dans un livre (1). Il adressait alors - c’était en décembre 1996 - une lettre à l’écrivain nigérian Wole Soyinka. « Si je dois décrire ce que nous sommes, je dirais que nous sommes des otages politiques, écrivait-il. Nous ne pouvons jamais savoir à quel moment nous allons rentrer chez nous. Ce jeu cruel du « espoir/pas d’espoir » je l’ai une fois décrit comme un mélange de roulette russe « elle m’aime/elle ne m’aime pas » et (…) une variante du thème familier « En entrant ici, abandonnez tout espoir ». Rien ne permet d’espérer une libération prochaine puisque l’arbitraire règne. Développer l’espoir s’est s’exposer à une terrible désillusion en cas de renouvellement de la détention administrative. Ce cercle vicieux s’apparente bien à de la torture, ce qu’avait souligné en 1998 puis en 2003 le Comité des Nations unies pour les droits de l’homme qui s’était penché plus précisément sur la détention administrative pratiquée par Israël.
Contacté dimanche par « l’Humanité » concernant le sort de Salah Hamouri, le service de presse de l’Elysée n’a toujours pas répondu. La question est simple: le président de la république française intervient-il personnellement auprès des autorités israéliennes et plus particulièrement auprès de Benjamin Netanyahu, pour exiger la libération de notre compatriote comme le lui demandent des dizaines de parlementaires nationaux et européens et tout autant de conseils municipaux dans l’Hexagone? Emmanuel Macron qui a le verbe haut s’agissant d’autres pays est bien silencieux dans ce dossier. Or, la diplomatie discrète a ses limites. Il a maintenant le devoir d’informer les Français: oui ou non intervient-il?
 
(1) « Threat. Palestinian political prisoners in Israel ». Beer Baker et Anat Matar. PlutoPress Editions.
https://humanite.fr/salah-hamouri-ete-transfere-dans-une-nouvelle-prison-647988

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« Les élèves ne savent pas ce que sont les mathématiques »

Avec douze médailles Fields – l’équivalent du prix Nobel en mathématiques –, la France se classe au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis. Depuis peu, elle se distinguait aussi dans les concours internationaux de mathématiques réservés aux lycéens. Mardi 29 novembre, l’étude « Trends in Mathematics and Science Study » (Timss) venait jeter un froid sur ces beaux succès.

ACT MATHS

Une partie de l’enquête s’intéresse aux performances en mathématiques des élèves de terminale S. Et le constat est sans appel : la France est le pays qui accuse la plus forte baisse (de 106 points), passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015. Pis, des trois niveaux scolaires – « avancé », « élevé » et « intermédiaire » – que l’étude distingue, les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le niveau « avancé » en mathématiques, et 11 % le seuil « élevé ». Il y a vingt ans, ils étaient respectivement 15 % et 64 %.

Des professeurs peu surpris

« Le programme de mathématiques en terminale S ne prépare plus à l’arrivée dans l’enseignement supérieur. Nous sommes souvent atterrés du niveau des étudiants en première année de licence scientifique. Ils ne savent pas ce que sont les mathématiques, ils ont juste appris des recettes de cuisine pour passer le bac », déplore Aviva Szpirglas, professeur de mathématiques à l’université de Poitiers. Interrogée avant la parution de l’étude Timss 2015, mais informée de la baisse très nette du niveau des élèves depuis 1995.

Martin Andler n’est pas plus étonné. Professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, président d’Animath, une association qui promeut les mathématiques chez les jeunes, il affirme même que « tous les mathématiciens savent que le niveau a diminué, ils en ont la confirmation avec cette étude très sérieuse ». Selon lui, la France a certes ses « meilleurs élèves, ceux qui participent aux compétitions internationales, mais ils sont la pointe extrême de l’iceberg. Mais nos bons élèves, eux, sont très loin d’être au niveau des bons Anglais ou Américains ». « Ils sont incapables de raisonner, appuie Denis Monasse, qui accompagne des jeunes de terminale qui se destinent à une classe préparatoire scientifique, après avoir enseigné les mathématiques, tant en terminale qu’en prépa, au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Ils ne savent plus ce qu’est une démonstration mathématique. On leur apprend à aligner des calculs stéréotypés. »

De l’avis de ces trois professeurs de mathématiques, l’étude Timss enfonce une porte ouverte. Preuve par l’absurde : « Les professeurs des lycées élitistes essaient de maintenir un enseignement parallèle en se raccrochant aux anciens programmes de maths, explique Denis Monasse. A Louis-Le-Grand, par exemple, de septembre à avril, nous préparions les élèves aux études supérieures, puis on les préparait au bac. » Ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’un tel soutien le paient cher et l’écart se creuse entre les élèves de « lycée normaux » et ceux des « grands lycées », aggravant l’impact du déterminisme social sur les performances scolaires.

Le ministère de l’éducation nationale impute cette baisse du niveau aux programmes scolaires français : ils ne seraient pas « en phase » avec ce qui est demandé dans une évaluation telle que Timss. Il rappelle également que la terminale S attire aujourd’hui des élèves ayant moins « d’appétence » pour les mathématiques qu’il y a vingt ans. Les professeurs interrogés font eux directement le lien avec les réformes du lycée menées depuis vingt ans. D’abord celle des spécialités quand, en 1995, les filières C et D ont été fondues dans une filière S (scientifique) regroupant des élèves de niveaux plus disparates en mathématiques.

Autre explication avancée par ces professeurs, l’obsession des gouvernements, de droite comme de gauche, de fabriquer des « honnêtes hommes », à l’image des savants de la Renaissance dotés d’une large culture générale. « Dans un contexte d’enseignement massifié, cela condamne les lycéens à être superficiels dans tous les domaines », estime Martin Andler. « On a choisi de former des citoyens plutôt que des scientifiques. Voici le résultat », tranche Denis Monasse.

http://www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2016/11/29/les-eleves-de-terminale-s-ne-savent-plus-ce-qu-est-une-demonstration-mathematique_5040022_4401499.html#ZIHVURdOd6pvGk9B.99

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A mon avis, il n'y a eu aucune obsession ces dernières années des gouvernements à former des "honnêtes hommes" dotés d'une large culture générale, contrairement à ce que prétend Martin Andler, bien au contraire. La superficialité vient davantage (entre autres) du fait qu'on a remplacé la culture générale par un "catéchisme citoyen" insipide avec une multitude d'activités inutiles, tout en dévalorisant les enseignements disciplinaires...   P.G.

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Sophie Montel : « Rallumer l'espoir du patriotisme »

L'eurodéputée, vice-présidente des Patriotes, se présente aux élections législatives partielles du 28 janvier sur le Territoire de Belfort. Entretien.

ACT LE POINT TRAITEMENT

Après avoir récupéré José Évrard, ancien député Front national qui a choisi de rejoindre Les Patriotes, le parti de Florian Philippot brigue un nouveau siège à l'Assemblée. À la suite de l'invalidation de l'élection du député Ian Boucard (LR), Sophie Montel, vice-présidente des Patriotes et fidèle alliée de l'ancien numéro deux du FN, tentera sa chance à l'élection législative partielle de Belfort, le 28 janvier. Ce dernier se rendra d'ailleurs le 20 janvier à Belfort pour soutenir la candidature de son bras droit. Entretien.

Le Point : Habituée à la circonscription du Doubs, vous avez choisi de vous présenter dans le Territoire de Belfort pour cette partielle. Pourquoi ce changement ?

Sophie Montel : Parce que ce sont des secteurs que je connais, des circonscriptions voisines, où j'ai usé mes fonds de culotte quand j'étais jeune. C'est le même secteur géographique : le nord-est de la Franche-Comté. Les problématiques sont les mêmes sur ces deux territoires, notamment celle de la désindustrialisation, avec les deux principaux employeurs que sont Alstom et PSA.

Certains membres du Front national vous accusent de parachutage...

Ma circonscription, c'est la France. Si demain on me demande d'être candidate dans le Sud-Ouest, je ne me poserais pas [sic] de questions et j'irais. C'est drôle de parler de parachutage alors que je suis franc-comtoise. De plus, c'est une élection législative, pas régionale. Pour voter les lois, on a moins besoin d'un ancrage local.

Pour la première fois, vous serez confrontée à un candidat de votre ancien parti. Appréhendez-vous cette bataille ?

Pas du tout. Une des raisons de faire de la politique est d'aller se confronter aux électeurs, à la vox populi. Cela ne me fait pas peur. Pour l'instant, je n'ai pas eu de retour du Front national, mais cela va sans doute les exciter, les rendre méchants et agressifs. Pour ma part, je vais les laisser à leur registre et m'adresser aux électeurs, qui sont nombreux à avoir déserté le FN, car ils ne se reconnaissaient plus en lui. Moi, je reste telle que j'ai toujours été. Mes opinions politiques n'ont pas changé. C'est une bataille et j'y vais pleine d'enthousiasme et sans appréhension. Le but, pour moi, est de faire le plus gros score possible, sachant que le FN a fait 17,5 % en juin, ce qui n'est pas un bon résultat. J'ai connu des scores à 25 % ou 26 %... Je veux m'adresser à tous les électeurs et rallumer l'espoir du patriotisme, qui a pris un seau d'eau à cause de Marine Le Pen.

Si vous êtes élue, vous perdrez votre siège d'eurodéputée. Pour vous, l'Assemblée nationale prime-t-elle sur le Parlement européen ?

Quand on fait de la politique en France, le mandat de député à l'Assemblée nationale est le plus important. C'est celui qui permet le plus de défendre les intérêts de son pays, même si celui d'eurodéputé est aussi nécessaire. Cela fera une voix de plus, avec celle de José Évrard, pour faire entendre la volonté des Patriotes à l'Assemblée.

http://www.lepoint.fr/politique/sophie-montel-rallumer-l-espoir-du-patriotisme-03-01-2018-2183831_20.

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On attend avec impatience l'entretien avec le candidat de l'UPR présent dans cette circonscription...  P.G.

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