dimanche 17 décembre 2017

VIDEOS DU JOUR: du lourd!

Quelles pistes pour stopper la destruction de l’industrie française ? – 2° table ronde – Université UPR 2017

VID VALLERES PY DEC2017

Seconde table ronde de l’Université d’automne 2017 de l’UPR :
Quelles pistes pour stopper la destruction de l’industrie française ?

 

Intervenants :

  • Jean-Michel Quatrepoint

 

Jean-Michel Quatrepoint, co-fondateur et vice-président du Comité Orwell, est journaliste économique. Il a notamment travaillé au journal Le Monde pendant 11 ans puis a dirigé les rédactions de l’Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste avant d’animer La Lettre A durant 15 ans. Il est l’auteur notamment de La Crise Globale et du Choc des empires. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Mourir pour le yuan ? et Alstom, scandale d’État ;

 

 

 

 

  • Pierre Lévy : rédacteur en chef du magazine Ruptures, ancien journaliste à l’Humanité ;

 

 

  • François Asselineau : président et fondateur de l’UPR, candidat à l’élection présidentielle de 2017, ancien délégué général à l’intelligence économique et membres de plusieurs cabinets ministériels.

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Pascot

Maire adjoint d’Évry de Manuel Valls puis conseiller municipal, ancien conseiller régional, Chevalier des Arts et des Lettres, Philippe Pascot a 25 ans de vie politique derrière lui et a fréquenté la plupart des élus politiques de premier plan. Il milite pour une transparence totale de l’exercice politique et est engagé dans de nombreux combats de société (gaz de schiste, dons d’organes, création d’un orchestre philarmonique dans la banlieue de Kinshasa).
Il est l’auteur avec Graziella Riou Harchaoui de Délits D’élus, tome 1, 400 politiques aux prises avec la justice (Max Milo, 2014), Pilleurs d’Etats (Max Milo 2015), du Goudrons et des Plumes ( Max Milo 2016) et Allez (presque tous) vous faire… Pilleurs d’Etat tome 2 (Max Milo 2017).

 

 

Philippe David

Philippe David est présentateur des émissions « Prenez la parole » et de « Seul contre tous », sur Sud Radio. Auparavant entrepreneur, il est également l’auteur de plusieurs ouvrages politiques, notamment « De la rupture aux impostures », 2012 ; « Virons Dieu du débat politique », 2015.

 

 

 

 

 

Éléonore de VULPILLIÈRES – modératrice

Éléonore de Vulpillières sera l’animatrice et la modératrice de cette table ronde. Elle est actuellement journaliste à la revue des Chantiers du Cardinal.
Elle a étudié à l’EDHEC Business School et a realisé également un Master 2 en Lettres Modernes.
Éléonore a travaillé au sein de Figarovox, espace du Figaro en ligne consacré aux débats, aux opinions et autres controverses.
Elle a été correspondante à la Voix du Nord et contribue régulièrement au site Aleteia
Il est également possible de la suivre sur Twitter sur le lien suivant : https://twitter.com/EdeVulpi . Elle y a plus de de 3 800 abonnés.

 

Voir aussi:

 

Pierre Yves Rougeyron Entretien de fin d'année 2017 Partie 1 : Politique intérieure

https://www.youtube.com/watch?v=CBtKMjyD3ks
Ajoutée le 15 déc. 2017

Pierre Yves Rougeyron Entretien de fin d'année 2017 : Partie 2 (politique internationale)

https://www.youtube.com/watch?v=YsPWJ578r-I

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Sujets abordés:

1° partie

-chasse aux sorcières contre les "souverainistes": menaces sur le Cercle Aristote?
-agenda 2018
-crypto- monnaies et monnaies locales/euro
-propagandes
-élection corse, dégagisme, mafia...
-divisions internes dans le "camp national"...
-Mélanchon, médias, Venezuela, cassure interne dans la France Insoumise (le camp atlanto- trotskyste)...
-Hamon, PS, "Notre Drame de Paris" Hidalgo...
-Le nouveau système d'éducation? A quoi sert Blanquer?
-Doit- on partir à la campagne?
-Jean d'Ormesson le "ménestrel des bobos de droite"
-Johnny Hallyday, le dernier homme derrière lequel toute la France a pleuré...
-2 monstres viennent de mourir...

2° partie

-Les Rohingyas, le Bengla Desh, la Chine, la Thailande...
-La Corée du Nord
-La Libye, les préparatifs en cours
-Le Moyen- Orient: le "bon roi Salmane", la dynastie des Séoud...Le Yemen, sunnites/chiites, le conflit Israël/Palestine
-l'Allemagne, le "grand Reich" en 2025?
-Le Brexit, le parlementarisme britannique, le diabolique Tony Blair, la chute prévisible de Theresa May, le rôle de Boris Johnson...
-la frontière irlandaise
-La Yougoslavie, le TPY, l'OTAN, "rien n'est cicatrisé dans les Balkans", 'ces cours doivent être dissoutes!"

Bonus: pourquoi le contrôle des capitaux n'a pas marché en 1983?/le ferroviaire, réflexion sur le statut des entreprises privées...: le "capitalisme du désastre"!
- le rôle des réseaux
- la stratégie réelle: ils n'ont pas voulu faire une guerre...

Bonus 2: une théologie de l'histoire?



Bon visionnage!  P.G.

Posté par UPR Creuse à 17:26 - - Permalien [#]
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"Débat citoyen": La cour d’appel de Limoges fut au cœur des débats, au détriment de l’avenir du Limousin

Le débat-citoyen initié par les avocats limousins sur l’avenir de la cour d’appel de Limoges et celui du Limousin a rassemblé, jeudi soir, au Musée de la Résistance, près de 300 personnes.

ACT VINCENT LIMOGES DEBAT

(...) Si la génèse de la réforme judiciaire et les conséquences de la possible suppression de la cour d’appel de Limoges ont été parfaitement détaillées par le bâtonnier de Limoges, maître Abel-Henri Pleinevert, l’avenir du Limousin, lui, n’a été que très peu évoqué. Les politiques ayant eux-mêmes plusieurs fois recadré le débat sur le seul avenir de la cour d’appel. Se sentant probablement dépossédé de ce fameux débat, un homme enroulé dans un drapeau aux couleurs de l’ex-Limousin a lancé furieux : « Il n’y a que des politiques qui parlent ».

Défendre une idée  du territoire

Pourtant les auditeurs venus, ici, certes pour défendre la cour d’appel mais aussi une certaine idée de leur territoire sont restés sur leur faim. Peut-être le signe qu’un nouveau débat ne serait pas inutile ?

Robert Savy a pourtant tenté d’évoquer à nouveau les propositions qu’il avait faites quelques semaines plus tôt avec son compère Jean-Claude Peyronnet, lui aussi retraité de la politique. Il a évoqué tout de même sa satisfaction amusée « que la cour d’appel soit menacée car jusqu’ici Jean-Claude Peyronnet et moi étions consternés par le silence des élus limousins face au processus du déclin de notre région. J’ai l’impression que ce soir, le Limousin et ses habitants se réveillent. Ce réveil est massif et réconfortant », souligne-t-il. Applaudi longuement, il est incontestablement celui qui a porté la voix de la foule.

La proposition, comme point de départ de la reconquête du pouvoir en Limousin, de faire un état des lieux des conséquences de la réforme est revenue sur la table et affinée jeudi soir. Notamment par l’idée de Robert Savy - encore - « d’un financement de la Ville, de la Métropole, du conseil départemental de la Haute-Vienne et pourquoi pas ceux de la Creuse et de la Corrèze ». Rien n’a été acté. « Faites une étude messieurs les politiques mais faites la correctement. Les chiffres c’est bien, mais pensez au qualitatif », exige de son côté une citoyenne.

Si les inquiétudes comme celles concernant le centre autiste ont été écoutées, la volonté d’élargir le débat par un homme dans l’assistance proposant la création d’une association de citoyens a été balayée rapidement. Finalement, aucune proposition n’est sortie. Deux vœux, ont toutefois été émis du fond de la salle : « J’espère que la cour d’appel de Limoges sera sauvée mais j’espère aussi que vous allez continuer à nous défendre ». Les avocats l’ont promis dès l’origine de la mobilisation, ils seront les avocats de tout le territoire. Ils sont attendus là-dessus aussi.

http://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2017/12/15/la-cour-dappel-de-limoges-fut-au-cur-des-debats-au-detriment-de-lavenir-du-limousin_12670599.html

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Un grand merci à nos militants de Haute- vienne qui ont tenté, en vain, de mettre dans le débat les vraies questions de fond concernant l'avenir du Limousin, à commencer par les conséquences désastreuses de la loi NOTRe, soutenue par les politiciens présents dans la salle. Comme d'habitude les "échanges" ont été soigneusement "recadrés" par la tribune, qui avait une conception originale de ce que peut être un vrai "débat- citoyen". L'intervention de Ned Suraj SUKHDEO, candidat UPR aux denières élections législatives a été vite étouffée. Bravo à Vincent pour son idée de drapeau du Limousin et son intervention remarquée, y compris par la presse!   P.G.

Le Luxembourg ne sera pas sur la liste noire

Les eurodéputés ont dénoncé, mercredi, les graves manquements de certains pays de l'UE dans la lutte contre la fraude fiscale, mais ont renoncé à demander l'ajout de quatre d'entre eux, dont le Luxembourg, sur une liste noire de paradis fiscaux. Réunis en séance plénière à Strasbourg, ils ont soutenu à une large majorité (492 voix pour, 50 contre et 136 abstentions) toute une série de recommandations visant à mieux lutter contre les paradis fiscaux.

ACT UE PARADIS 2

Ils ont notamment appelé à de nouvelles règles pour réguler les intermédiaires, tels que les avocats et les comptables, qui facilitent la planification fiscale agressive, ainsi que des mesures pour les «dissuader de se livrer à la fraude et à l'évasion fiscales». Les eurodéputés ont également plaidé pour des instruments assurant une protection et une aide financière suffisante aux lanceurs d'alerte. Ces recommandations seront transmises à la Commission européenne et aux États membres, mais elles n'ont aucune valeur contraignante.

Longues tractations

En revanche, les sociaux-démocrates ont échoué de très peu - et ce, malgré le soutien des verts, de la gauche radicale et certains eurodéputés de droite - à réclamer l'ajout des Pays-Bas, de l'Irlande, de Luxembourg et de Malte à la liste noire des paradis fiscaux établie par l'UE. Il y a tout juste une semaine, les 28 États membres de l'UE s'étaient dotés de leur première liste de paradis fiscaux, qui comprend 17 pays ou juridictions, tous en dehors des frontières de l'Union, conformément à ce qui avait été prévu dès le départ.

Dans l'Union, toute décision en matière fiscale doit être prise à l'unanimité, ce qui rend très difficile toute réforme d'envergure. Les 28 se sont ainsi livrés à de longues tractations pour établir cette liste noire, chacun protégeant tel ou tel territoire. Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, avait fait part dans la journée de son incompréhension et évoqué un «calcul politique».

http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/Le-Luxembourg-ne-sera-pas-sur-la-liste-noire-20921779

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"difficile" est un euphémisme, impossible serait le mot juste, pour toute réforme mettant sérieusement en danger l'oligarchie!  P.G.

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De nombreux millionnaires parmi les membres du gouvernement

C’est un exercice auquel les hommes politiques sont aujourd’hui habitués, mais toujours à risque pour l’exécutif. Conformément à la loi relative à la transparence de la vie publique adoptée en 2013, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a publié, vendredi 15 décembre, les déclarations de patrimoine de la quasi-totalité des 32 membres du gouvernement d’Edouard Philippe.

ACT GOUVERNEMENT PHILIPPE

Nommés lors du mini-remaniement du 24 novembre, les secrétaires d’Etat Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann disposent d’un délai supplémentaire et leur patrimoine ne sera pas publié avant quelques semaines.

Accusé par l’opposition d’être le « président des riches », Emmanuel Macron compte une douzaine de millionnaires dans son équipe gouvernementale. Le patrimoine le plus élevé est détenu par Muriel Pénicaud, la ministre du travail, qui a déclaré posséder pour plus de 7,5 millions d’euros de biens. L’ex-directrice des ressources humaines de Danone est propriétaire de deux maisons, l’une dans les Hauts-de-Seine (estimée à 1,3 million d’euros), l’autre dans la Somme (340 000 euros), mais elle possède également des valeurs mobilières (contrats d’assurance-vie, instruments financiers, etc.) pour quelque 5,9 millions d’euros.

Nicolas Hulot possède neuf véhicules à moteur

Deuxième ministre le mieux loti, Nicolas Hulot a déclaré à la HATVP un patrimoine de plus de 7,2 millions d’euros, composé d’une maison de plus de 300 mètres carrés en Corse (1 million d’euros), ainsi que de plusieurs autres biens immobiliers dans les Côtes-d’Armor et en Savoie, d’une valeur totale de 1,9 million. A cela s’ajoute la société Eole, qui encaisse les droits d’auteurs et royalties des produits dérivés Ushuaïa (shampoings, etc.), dont la valeur est estimée à 3,1 millions d’euros, ainsi que des valeurs mobilières d’environ 1,2 million d’euros. Détail amusant, le ministre de la transition écologique et solidaire possède neuf véhicules à moteur (six voitures, un bateau, une moto et un scooter électrique).

En comparaison, le chef du gouvernement, Edouard Philippe, possède un patrimoine plus modeste, estimé à un peu plus de 1,7 million d’euros, où l’on trouve un appartement parisien (1,25 million d’euros), un appartement en Seine-Maritime (400 000 euros) et des valeurs mobilières d’environ 56 000 euros.

Il est à noter que le premier ministre, qui avait, en 2014, alors qu’il était maire du Havre et député de Seine-Maritime, écopé d’un blâme de la part de la HATVP pour une déclaration incomplète et fantasque assortie d’annotations manuscrites ironiques, s’est cette fois plié à l’exercice avec sérieux.

Le moins bien nanti du gouvernement est Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, qui possède moins de 50 000 euros de biens, principalement représentés par un terrain – non constructible – de deux hectares situé dans le Nord (estimé à 30 000 euros). Une « fortune » qui place l’ancien député Les Républicains parmi les Français les plus modestes.

Trois situations particulières

Selon l’Insee, le patrimoine moyen est de 158 000 euros bruts par ménage en France. Les 10 % des Français les plus riches détiennent 595 700 euros d’actifs et les 1 % les plus favorisés disposent de plus de 1,95 million d’euros.

Selon la Haute Autorité, tous les ministres se sont prêtés de bonne grâce, et dans les délais, à l’exercice de transparence. Sur la base des informations qui lui ont été transmises, ainsi que des vérifications effectuées auprès de l’administration fiscale mais aussi des banques et des notaires, le collège de la HATVP n’a pas relevé d’anomalies graves, qui auraient nécessité une observation publique ou, pire, un signalement au parquet.

Néanmoins, un tiers des déclarations « de situation patrimoniale » des membres du gouvernement ont donné lieu à des échanges entre la HATVP et les déclarants, et des demandes de précisions ou de rectifications « techniques », portant sur des éléments manquants, incomplets voire erronés (quote-part, usufruit ou nue-propriété, etc.), ont été effectuées, selon la Haute Autorité. Il s’agit d’une proportion certes importante mais comparable, par exemple, à celle constatée pour les députés de la précédente législature (2012-2017). [nous voilà rassurés...NdR]

Trois situations personnelles ont particulièrement retenu l’attention de la HATVP : celles de Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, de Nicole Belloubet, garde des sceaux, et de Nicolas Hulot, qui ont été priés de réévaluer leur patrimoine, dans le cadre de déclarations rectificatives séparées.

Ainsi, Mme Loiseau a dû rehausser de 400 000 euros la valeur de son appartement de 190 m2 à Paris (à 2 millions d’euros) et Mme Belloubet, de son côté, a dû rajouter à un patrimoine immobilier déjà conséquent ses parts dans deux appartements à Paris et une maison dans l’Aveyron, pour une valeur vénale supplémentaire de 336 000 euros (environ 1 million d’euros au total). Celles-ci ne figuraient nulle part dans sa première déclaration. Quant à M. Hulot, il avait lui aussi omis, dans sa longue liste de biens, des parts dans une maison et un appartement, pour une valeur cumulée de 157 000 euros.

« Pas de quitus ad vitam aeternam »

Toutes les déclarations publiées vendredi restent sous le contrôle de la HATVP durant toute la durée des fonctions ministérielles des déclarants, celle-ci se réservant la possibilité d’en réexaminer la véracité, si de nouvelles informations lui parvenaient… signalées par des citoyens ou par la presse. « Ces premières vérifications constituent une étape importante. Mais elles n’ont pas valeur de quitus ad vitam aeternam », souligne-t-on à la HATVP.

Quant à Emmanuel Macron, c’est la déclaration qu’il a effectuée lorsqu’il s’était porté candidat à l’élection présidentielle qui reste valable. A la différence de ses ministres, celle-ci n’a pas été contrôlée par la HATVP, la loi alors en vigueur ne le prévoyant pas. Mais celle sur la confiance dans la vie publique du 15 septembre 2017 a changé les règles. Du coup, la Haute Autorité sera amenée à contrôler sa déclaration à la fin de son mandat… en 2022.



http://www.lemonde.fr/gouvernement-philippe/article/2017/12/16/de-nombreux-millionnaires-parmi-le-gouvernement_5230633_5129180.html

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L'ex-ministre, Jean-Jacques Urvoas, passible de la Cour de justice de la République

L'ex-ministre de la Justice est soupçonné d'avoir transmis au député Thierry Solère des informations sur un dossier judiciaire.

ACT URVOAS

Ce ne sont qu'une petite dizaine de lignes. Elles reprennent la synthèse des remontées d'information de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) concernant l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre à l'encontre du député (LREM) Thierry Solère. C'est Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux à l'époque des faits - l'entre-deux tours de la présidentielle -, qui les aurait fait parvenir au député alors membre des Républicains.

En bon spécialiste du monde du renseignement, le ministre de la Justice a transmis, selon Le Canard enchaîné qui révèle l'affaire, le document par Telegram, une messagerie électronique bien connue des policiers comme des délinquants. Son destinataire Thierry Solère ne prendra pas le soin de faire disparaître ce document confidentiel dont la transmission viole le secret de l'enquête. Contacté, Pierre-Olivier Sur, l'avocat du parlementaire, n'a pas donné suite à nos questions, estimant «que pour son client, il n'y a pas de sujet».

Pour Claire Denis, le procureur de Nanterre qui vient de transmettre le dossier au procureur général près la Cour de cassation, ce sont là des «éléments susceptibles d'engager la responsabilité pénale» de l'ex-ministre de la Justice. Jean-Claude Marin a déjà transmis pour avis le dossier à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République afin de déterminer si «les faits sont susceptibles d'être qualifiés de violation du secret professionnel commis par M. Jean-Jacques Urvoas, dans l'exercice de ses fonctions de garde des Sceaux, ministre de la Justice».

La main du politique

L'affaire en dit long sur l'usage de ces fameuses remontées d'information systématiques. Mais aussi sur le dédoublement de personnalité de ceux qui se succèdent Place Vendôme. Comme Christiane Taubira prise la main dans le pot de confiture en mars 2014 au sujet des écoutes de Nicolas Sarkozy, Jean-Jacques Urvoas s'insurgeait en avril 2017 des soupçons lancinants d'une justice à la main du politique. Il arguait des efforts de transparence du ministère depuis 2012. Dans le même temps, il transmettait à Thierry Solère des informations sur l'enquête préliminaire le concernant.

Cette dernière court depuis le 6 septembre 2016 «pour fraude fiscale, blanchiment, corruption, trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux». Elle se situe dans le sillage du différend qui a opposé la famille Solère et l'administration fiscale et qui s'est réglé par «un apurement des sommes un an et demi auparavant», rappelle un bon connaisseur du dossier. C'est Bercy qui en cette fin d'été 2016 et alors que Thierry Solère vient d'être nommé à la haute autorité des primaires de la droite et du centre a transmis le dossier pour ses implications pénales éventuelles.

Les perquisitions de juin dernier ont apporté un autre lot d'interrogations sur les rapports entre justice et politique. Elles ont révélé les échanges de Thierry Solère et de Roger Le Loire, alors juge d'instruction au pôle financier. En juin 2016, le TGI de Paris demande au magistrat de se déporter de tous ces dossiers politico-financiers à commencer par celui de Bygmalion. Il apparaît en effet que ce dernier souhaitait entrer en politique et cherchait une investiture pour les législatives 2017. Notamment auprès de Thierry Solère. Le dossier a été transmis au parquet de Paris qui a saisi la Brigade de répression de délinquance contre la personne.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/12/13/01016-20171213ARTFIG00241-urvoas-peut-etre-bientot-devant-la-cour-de-justice.php

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RAPPEL : LE SCANDALE DE LA "LOI URVOAS"
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Sous le prétexte grossier de "moderniser" l'élection présidentielle, la "loi Urvoas" vise à verrouiller un peu plus encore le déroulement de l'élection présidentielle et, notamment, à priver les candidats hors-système de l'essentiel du temps de parole dans les médias.
Ce projet de loi liberticide ayant été adopté par l'Assemblée nationale, il est utile de revoir ce qu'en disait François Asselineau dans son entretien d'actualité enregistré le 15 décembre 2015 :

 

Loi Urvoas = DANGER. Mobilisation contre le projet de réforme de l’élection présidentielle

https://www.youtube.com/watch?v=UVJ3LkHT9Jk&feature=youtu.be

 

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Bobard climatique : l’ours mourant n’a pas été victime du réchauffement

Il y a une dizaine de jours, la presse mondiale s’était émue d’une photo montrant un ours blanc famélique et mourant.

ARG OURS POLAIRE

Le cliché, repris des milliers de fois dans tous les pays du monde en étant présenté comme la preuve du réchauffement climatique était un pur bobard. Le figaro esquisse timidement un mea culpa.

Premier mensonge éhonté : La vidéo dont est issue la photo présente l’ours dans un environnement très vert alors que vu la latitude on s’attend, au mois de décembre, à un environnement gelé et neigeux. Ce qui n’a pas été dit, c’est que la vidéo n’a pas été prise en décembre, mais… pendant l’été c’est à dire à une saison où la région est naturellement dénuée de glace ! Son auteur l’a gardée quelques mois avant de la diffuser massivement à l’approche de l’hiver. Deuxième mensonge éhonté : La vidéo a été prise dans une région où les populations d’ours polaire sont stables et pas en déclin, ce que n’a évidemment pas dit son auteur. Troisième mensonge éhonté : Cet ours a été présenté comme victime de la faim, ce qui choque la communauté scientifique. D’une part, rappelle Steven Amstrup, « Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu’ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu’ils n’ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès. » Réchauffement climatique ou non. D’autre part, l’auteur de la vidéo s’est bien gardé d’alerter les autorités locales compétentes afin que l’ours fût euthanasié puis autopsié. On aurait pu connaître avec certitude les raisons de son agonie qui peut être non alimentaire (blessure antérieure l’empêchant de chasser, maladie, senescence…)

http://www.contre-info.com

Cet ours polaire mourant de faim est-il réellement victime du réchauffement ?

Les images d'un animal efflanqué peinant à marcher sur ses terres ont choqué le monde entier, devenant instantanément le symbole du réchauffement climatique. Sans doute à tort. Dommage.

L'image est saisissante. Presque insoutenable. Un ours polaire marche avec difficulté, la peau sur les os, dans l'archipel arctique canadien. La vidéo est prise par le photographe Paul Nicklen pour le compte de SeaLegacy, une organisation à but non lucratif cofondée avec sa consœur Cristina Mittermeier et dont l'objectif affiché est d'établir «un pont entre les données scientifiques et l'émotion humaine». Elle fait rapidement le tour du monde. Comme la plupart des grands médias internationaux, Le Figaro la reprend en émettant déjà quelques réserves. Ces images deviennent instantanément le symbole du réchauffement climatique. Et l'on finit par oublier de se poser une question toute simple: cet ours polaire mourant de faim est-il véritablement victime du réchauffement climatique? La réponse est loin d'être triviale.

Commençons tout d'abord par dissiper tout éventuel malentendu: aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires.* En accroissant la fonte saisonnière de la banquise (en durée et en surface), elle prive ces animaux d'une ressource naturelle qui leur est indispensable pour chasser, pour se déplacer ou pour se reproduire. Sur les 19 populations d'ours polaires identifiées - qui vivent toutes dans le cercle arctique sur des territoires détenus (ou partagés) par le Canada, les États-Unis, la Russie, le Groenland et la Norvège - trois sont en déclin, six sont stables, une est en accroissement et neuf sont tout simplement trop mal étudiées pour en dire quoi que ce soit. N'oublions pas que l'Arctique reste une région hostile et difficile d'accès (et que les crédits manquent pour monter des expéditions). Les projections sont néanmoins très pessimistes et prévoient leur probable extinction avant la fin du siècle.

Pas d'autopsie

Pour autant, «nous sommes incapables de dire à partir de ces images si la malnutrition de cet ours a été provoquée par le réchauffement climatique et la fonte de la banquise associée», reconnaît Steven Amstrup, responsable scientifique de l'association Polar Bear International. «Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu'ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu'ils n'ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès.» Réchauffement climatique ou non.

Les autorités locales compétentes n'ayant pas été contactées, cet ours n'a pas été euthanasié puis autopsié comme cela aurait dû être le cas, fait pour sa part remarquer sur Twitter un spécialiste de la faune arctique, Jeff Higdon. Impossible dans ces conditions d'écarter l'hypothèse d'une maladie grave, par exemple. Ou d'estimer l'âge de l'animal, tout simplement. Les auteurs des images reconnaissent de leur côté ne pas pouvoir dire s'il existe un lien direct entre le réchauffement et la mort de cet animal en particulier. Ils jouent habilement sur les mots en expliquant avoir voulu montrer ce à quoi ressemblait un ours en train de mourir de faim, car c'est le destin qui attend ces animaux si le réchauffement en cours continue de s'accentuer. Il n'y a pas de raison a priori de douter de leur bonne foi.

Une vidéo prise en été

Ce qui est gênant, c'est que ces images ont été prises en plein été, une époque où la région est naturellement dénuée de glace, pour être diffusées à la fin de l'automne. Et que cette information a été soigneusement éludée au moment de leur publication, comme le souligne le National Post canadien dans une excellente analyse. Pour frapper un peu plus les esprits? Probablement. Autre souci, le cliché a été pris dans l'une des régions où les populations d'ours polaire sont stables, note le journal. Une information encore une fois passée sous silence.

Inévitablement, les climatosceptiques de tout poil ont contre-attaqué. Ils n'en demandaient pas tant. Mettre en doute la disparition progressive des ours polaires est une façon indirecte, mais très efficace, de contester la réalité du réchauffement climatique, comme le souligne une récente étude parue dans BioScience. Le flou qui entoure ces images est du pain béni pour ces négationnistes du climat. Il permet de nourrir à peu de frais leur argumentaire conspirationniste. À vouloir trop jouer avec les symboles, ce film se retourne finalement contre ses auteurs et la cause légitime qui est la leur.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/14/01008-20171214ARTFIG00297-cet-ours-polaire-mourant-de-faim-est-il-reellement-victime-du-rechauffement.php

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*"aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires"/aucun jounaliste sérieux ne publie un tel bobard sans un minimum de vérifications, ça n'a pas empêché le Figaro de se précipiter comme les autres, même avec quelques réserves. Mais donnons leur acte d'avoir rectifié le tir, contrairement à d'autres.

Cela dit, de telles pratiques médiatiques relancent la suspicion sur la thèse générale reprise par toute la presse concernant le réchauffement climatique, on dénonce ensuite à bon compte la prolifération de thèses "complotistes", quitte à faire de la surenchère verbale: "négationnisme", "argumentaire conspirationniste" ...

P.G.

Lire aussi le texte, ci-dessous, évoquant un montage similaire daté d’octobre 2015

Écologie : l’ours polaire et sa doublure médiatique

 

ours polaire

Une photo d’ours polaire famélique, symbole du combat écologique, a fait le tour du monde. C’était un hoax. Décodage.

Nous proposons de distinguer, à compter de ce jour, deux variétés d’ours polaires : l’ursus maritimus, ours polaire au sens strict, et l’ursus mediaticus, son équivalent médiatique. L’écart qui s’est creusé entre ces deux variétés, depuis vingt ans, est trop grand pour qu’on puisse encore les confondre.

Tout a commencé lorsque le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou GIEC, s’est mis à populariser l’idée que la Terre se réchauffe abominablement suite aux émissions humaines de CO2 et autres gaz à effet de serre. Très vite, la presse se chargea de « traduire » cette théorie à l’usage du grand public en l’illustrant par de malheureux ours polaires (ursus maritimus) perdus sur des morceaux détachés d’une banquise fondant comme neige au soleil. Ce qui donna une célébrissime image, dont le triomphe planétaire ne le cède qu’à de très rares concurrents.

Seul problème : c’est un faux, un montage Photoshop. Il n’est pas jusqu’à la prestigieuse revue Science, pourtant peer-reviewed, qui ne s’y soit laissée prendre, avant de se rétracter, grâce leur en soit rendue2.

Comme les meilleures arnaques ne meurent jamais, elles se contentent de changer de forme, des esprits bien intentionnés ont récemment diffusé une nouvelle image d’un ours polaire, cette fois non seulement esseulé, mais efflanqué, quasiment mourant. Le message est clair : le réchauffement s’accélère, voyez nos amies les bêtes, resterons-nous insensibles à la disparition de l’ursus maritimus ? Le succès de cette image, là encore, fut instantané et mondial, aucun d’entre nous n’y a échappé.

ours polaire rené le honzecUn détail était omis : l’ours photographié souffre visiblement de la patte postérieure gauche3, ce qui le condamne en effet à brève échéance, telle est la dure loi de la nature. Quand même ce « détail » ne serait pas, pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, l’image d’un ours ne prouve rien.

Qu’en est-il de la réalité ? Depuis 1950, la population des ours polaires, loin de régresser, a été multipliée par 5 (estimation faible) ou 7 (estimation forte, soit une augmentation de 600%)4. Autrement dit, dans la réalité des faits, ces féroces prédateurs n’ont jamais été aussi nombreux, et ils ne se sont jamais aussi bien portés.

Vu cette explosion en un demi-siècle de la population des ours polaires, si nous nous contentions de raisonnements de type GIEC, nous serions tentés de proposer une causalité du type : plus l’homme émet de CO2, plus il y a d’ours polaires.

Bien entendu, cela n’aurait aucun sens, la corrélation n’est pas la causalité. Alors nous nous limiterons à suggérer une loi Markó-Godefridi relevant de ce que Kant appelait la raison pratique : « Quand un ursus mediaticus pointe son museau, fuyez ! »

  1. István Markó est docteur en chimie (Université catholique de Louvain), Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Sorbonne).
  2. Nous racontons cette histoire dans notre ouvrage Climat :15 vérités qui dérangent, 1ère éd., Texquis, 2013, p.150.
  3. Ce qui fut reconnu par l’auteur de la photo : http://www.cbc.ca/news/trending/thin-bear-photo-kerstin-1.3232725
  4. Voy. http://polarbearscience.com/ et le site du Norvegian Polar Institute, dont l’adresse est :
    http://www.npolar.no/en/the-arctic/svalbard/ et plus spécifiquement pour les ours :
    http://www.npolar.no/en/search.html?query=polar+bears. Ces données ne sont pas contestées.

https://www.contrepoints.org/2015/10/15/225428-ecologie-lours-polaire-et-sa-doublure-mediatique

http://arretsurinfo.ch/bobard-climatique-lours-mourant-na-pas-ete-victime-du-rechauffement/

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samedi 16 décembre 2017

Ca se passe en Europe : vent de fronde contre les routes payantes allemandes

Les Pays-Bas s'allient à l'Autriche pour contrecarrer le projet de Berlin d'instaurer des routes payantes outre-Rhin.

ACT AUTOROUTES ALLEMANDES UE

Après Vienne, La Haye monte à son tour au créneau. Faisant cause commune contre l'Allemagne, les Pays-Bas vont se rallier à la procédure entamée par l'Autriche pour obtenir gain de cause auprès de la justice européenne.

Provoquant la colère de ses voisins avec son projet d'instaurer un système de routes payantes pour les usagers particuliers, l'Allemagne va devoir répondre de cette mesure sujette à caution devant la Cour européenne de justice. Avec les deux tiers de ses frontières communes avec l'Allemagne, les Pays-Bas voient d'un mauvais oeil le projet de Berlin.

Système discriminatoire

Mais surtout, comme l'Autriche, les Pays-Bas mettent en avant les modalités discriminatoires du système que Berlin veut instaurer dès 2019. Dans le principe, tous les usagers des routes allemandes sont a priori assujettis à ce paiement via un système de repérage des plaques d'immatriculation.

Mais les automobilistes d'outre-Rhin pourront récupérer intégralement les sommes déboursées. Celles-ci seront en effet déduites du coût de leur « vignette ». « En réalité, seuls les conducteurs ayant une immatriculation étrangère devront acquitter ce péage », s'insurge Cora van Nieuwehuizen, ministre néerlandaise de l'Infrastructure.

Facture annuelle de 100 millions d'euros

Selon les chiffres avancés par le ministère, la facture pour les automobilistes néerlandais pourrait atteindre 100 millions d'euros par an. Au total, on compterait 90 millions de passages de véhicules néerlandais vers l'Allemagne chaque année.

En 2007, le gouvernement néerlandais avait pourtant envisagé de mettre en place un système d'utilisation du réseau routier. Il devait s'appliquer dès 2011 pour les camions et l'année suivante pour les véhicules particuliers. Mais la chute prématurée de la coalition s'était accompagnée de l'abandon du projet.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301020996390-ca-se-passe-en-europe-vent-de-fronde-contre-les-routes-payantes-
allemandes-2138399.php

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Un nouveau transfert de compétences en perspective, sur fond de jurisprudence CJUE. En marche vers la souveraineté européenne!

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Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »

INTERVIEW - (...) Jean-Luc Mélenchon tire la sonnette d'alarme et appelle à faire sauter les « verrous » sur l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la Banque centrale européenne. « Ma ligne, ce n'est pas le Frexit », plaide-t-il, comparant son « plan B » à la « dissuasion nucléaire ».

ACT MELUCH UE


Vous avez accru vos attaques contre l'Union européenne depuis quelques semaines. Comment qualifieriez-vous votre positionnement désormais sur l'Europe : souverainiste, eurosceptique voire europhobe ?

Le mot « souverainisme » nous aurait convenu s'il n'avait pas été utilisé dans un sens nationaliste qui ne convient pas à notre façon de voir. Si je suis souverainiste, c'est au sens de la souveraineté du peuple. Je suis plutôt un indépendantiste français.

La France ne serait donc pas indépendante ?

Non en effet. Proposer de le redevenir c'est dire qui commande. Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent. Mais celui-ci n'est pas un vrai Parlement : 70 % de ses délibérations n'ont aucun effet concret. Dans les années 1990, je militais pour un vrai fédéralisme. J'appelais à une constituante européenne. Mais j'ai réalisé, en 2005 [lors du référendum sur la constitution européenne, NDLR], que cette voie était impossible.

A présent nous voici plus proche du modèle du saint empire romain germanique que de la marche vers la République universelle à laquelle je rêvais. De plus, la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?

Vous avez rejeté l'idée que la France puisse être contributeur net au budget européen en citant Margaret Thatcher (« I want my money back »). Les conservateurs britanniques deviendraient-ils un modèle pour vous ?

Dans l'art de faire payer les autres ils ont à nous apprendre ! Nous sommes l'un des derniers pays en procédure de déficit excessif, et dans le même temps nous versons 20 milliards au budget européen pour n'en récupérer que 14 milliards. 6 milliards de dons ! Cela s'appelle une dépense somptuaire. Payer des routes aux Roumains et des aéroports aux pays baltes, c'est utile, mais ce n'est pas dans nos moyens actuels. Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards.

Votre position est contradictoire : vous voulez une Europe plus solidaire et vous critiquez le budget européen, l'un des principaux outils de l'Europe en matière de solidarité...

Vous confondez solidarité et annexion. La vraie solidarité, c'est celle qui prendrait des mesures pour rompre le dumping social et fiscal dont l'Europe est en train de mourir. Car voila par où sont montés les nationalismes les plus obscurs en Hongrie, Slovaquie, en Autriche ou en Pologne. Mais qu'on ne caricature pas ma position : ma ligne, ce n'est pas le « Frexit ». Je crois à la puissance française. En Europe ses intérêts fondamentaux doivent être protégés. Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !

Mais le budget européen a aussi servi à lutter contre le dumping social, en accélérant le développement et le niveau de vie de pays comme l'Espagne après son entrée dans l'UE en 1986...

Vous trouvez que l'Espagne va mieux qu'il y a 30 ans ? 500.000 personnes l'ont quittée en quatre ans. Bruxelles trouve son niveau de vie excessif et lui a imposé des plans d'austérité liquidant des pans entiers de l'Etat jusqu'au point où, aujourd'hui, la Nation même finit par ne plus avoir de sens pour une partie de la population qui veut l'indépendance. L'Espagne va très mal. Pourtant elle était réputée naguère être le bon élève avec son modèle de développement par la dette et la bulle immobilière.

Votre « Plan A » de réforme de l'Europe comporte une longue liste de revendications. Là-dedans, quelles sont vos priorités ?

Il faut sortir des Traités, notamment des deux derniers budgétaires qui sont les pires, et passer à autre chose. Cette autre chose n'a rien de mystérieux : en économie, c'est une politique keynésienne. Si ce que je disais était aussi extravagant, comment comprenez-vous que les banquiers centraux aient fait tourner la planche à billets comme nous le préconisions ? Mario Draghi, qui n'est pas un mélenchoniste, a  offert 80 milliards tous les mois aux banques sans contrepartie. A la fin, un maigre ruissellement s'est opéré et on a vu la courbe déflationniste s'inverser. Mais ça ne suffit pas. Et pendant ce temps le système financier mondial est voué à l'explosion de nouvelles bulles. Le danger est partout. La vraie réponse passe par la fin de trois verrous : l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la BCE pour que celle-ci puisse prêter aux Etats.

Emmanuel Macron dit travailler à l'harmonisation sociale et met en avant la réforme des travailleurs détachés...

C'est de la blague : il n'y a eu aucune amélioration. On a réduit le temps d'utilisation du recours aux travailleurs détachés, mais on n'a rien touché au principe scandaleux du paiement de la cotisation dans le pays d'origine. On doit payer ses cotisations dans le pays d'accueil.

Pour faire bouger l'Europe, il faut des partenaires. Où les trouvez-vous ?

Nous les trouverons si nous savons ce que nous voulons. Et si nous décidons, déjà, de parler des problèmes essentiels. Il faut une conférence pour sécuriser les frontières. Et une autre sur la dette, qui doit devenir un sujet politique en Europe. Personne ne la payera, tout le monde le sait. Et on connaît les moyens qu'on peut utiliser. Cela passera par le rachat de la dette publique par la BCE. Au maximum, cela produira 5 à 6 points d'inflation ! Et alors ? Le vrai problème c'est la dette privée, elle aussi insolvable. Il faut sécuriser cette dette, empêcher les défaillances par la relance de l'activité des débiteurs.

Mais durant votre campagne, vous préconisiez aussi pour la dette française une solution plus radicale de « restructuration » de la dette illégitime...

Mon but, c'est de geler la dette. Si la banque centrale rachète les dettes des Etats, le problème est réglé. Elle peut en faire ce qu'elle veut ; il y a mille solutions techniques. Sinon, ce sera la pagaille et l'effondrement.

Comment changer les traités si les autres ne veulent pas ?

C'est comme pour la dissuasion nucléaire : le principe même fait que vous n'avez pas besoin d'alliés. Moi j'ai un bouton qui s'appelle « plan B ». Si - comme Emmanuel Macron - vous n'avez pas de dissuasion, vous n'avez pas de plan A qui tienne. La menace ne vaut que si elle existe. Avec moi, elle existe.

La sortie de l'Union est donc bien une option...

Je ne pars pas battu. Bon sang ! Tout ne dépend pas de la volonté des autres ! Voyez : Emmanuel Macron annonce l'interdiction du glyphosate dans trois ans malgré la décision européenne, il me donne raison. Mais il est sur le tapis roulant qui mène au plan B sans savoir comment le gérer. La France doit redevenir acteur et pas simplement être un « bon élève » de la volonté des autres. On ne peut pas faire l'Europe sans la France. J'adjure qu'on le comprenne : notre nation, sous toutes ses formes, est en danger. Si on ne réagit pas, l'Europe explosera ! La France, comme l'Allemagne, n'ont aucun intérêt à ce chaos.

Pourquoi Angela Merkel céderait-elle à votre menace ? Même l'ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, qui ne vous soutient plus, pense le contraire.

Monsieur Varoufakis vient d'un pays qui pèse 2 % de l'économie européenne. Sa vision de l'Union européenne est faussée par un rapport de forces qu'il a été incapable de construire. L'Europe ne pourrait donc qu'être allemande ? Moi je fais le pari qu'elle bougera. Parce que nous sommes à l'endroit qui met en péril sa priorité absolue. La rationalité du comportement du gouvernement allemand CDU-CSU, c'est la politique de la rente. Et dans une politique de rente, on ne se paye pas un conflit avec son principal voisin et client.

Le scepticisme ne vient pas simplement de l'Allemagne, mais du fait qu'on ne voit pas qui pourrait soutenir votre projet...

Il y a beaucoup de travail, en effet. Mais la politique est un art de réalisation et nous convaincrons. Ce que n'a pas su faire [le Premier ministre grec] Tsipras. Ce ne serait pas la première fois qu'en France, on réussit de grands tournants. Ce qu'a accompli le général de Gaulle après 1958 n'a pas été une mince affaire. La volonté ouvre des chemins à jamais inconnus des résignés.

Vos emportements, vos attaques contre les journalistes, votre style qui vous vaut d'être taxé de populisme n'entame-t-il pas aussi votre crédibilité ?

Il me rend crédible auprès de ceux dont j'ai besoin pour construire  un rapport de force . Si l'histoire n'était qu'un choc de raisonnements contradictoires, on vivrait dans un colloque savant. Non, c'est un choc d'intérêts. Ce que je propose heurte des intérêts très puissants. Après, il y a sans doute dans cette « théâtralité » un côté qui tient au Méditerranéen que je suis. Si j'étais président, je m'exprimerais sans doute différemment ; là, je suis le tribun du peuple - j'en suis fier. Car les barrières sont dans les têtes : on répète du matin au soir aux Français, notamment à ceux qui souffrent, qu'on ne peut pas faire autrement. Il y a un énorme effort à faire pour rompre le cercle de l'évidence médiatique.

Cela pourrait-il vous conduire à travailler, sur les questions européennes, avec des gens de l'autre rive ?

La ligne politique et mes objectifs n'ont rien à voir avec ceux du FN ou des nationalistes. Mais tous ces gens rament pour moi d'une certaine manière, en contribuant à la construction d'un champ culturel où nos mots d'ordre - l'Europe ne protège pas les Français mais les menace - sont en train de devenir dominants. Il faut capitaliser positivement cette colère qui peut être dangereuse.

Ne redoutez-vous pas que Laurent Wauquiez endosse, désormais, le costume de premier opposant ?

Au contraire, je m'en réjouirais car cela diviserait le socle électoral actuel de Macron.

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301004330722-jean-luc-melenchon-je-suis-un-independantiste-francais-2137436.php#4rdt0kG4su0IgwxA.99

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"Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent": traduire, la soumission de la France ne pose pas de poblème en soi, c'est une question de modalités "démocratiques"...JLM n'est pas un "indépendantiste français", c'est un fédéraliste européen...quoiqu'il en dise!
"la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?":[reprise d'un argument de l'UPR]  dans ce cas, pourquoi avoir milité pour un fédéralisme européen dans les années 90 comme il le reconnaît lui- même, et pourquoi regretter que le parlement européen actuel  ne soit pas décisionnel?
"Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards": comment compte-t-il faire fonctionner l'UE, lui qui veut une harmonisation sociale et fiscale en Europe?
"Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !": une autre version du "en même temps" macronien!
Conclusion: comme d'habitude, enfumage, contradictions, démagogie, théâtralité... 
A l'ancienne formule du PS, "l'Europe sociale passe par le oui" lors de la campagne de 2005, l'arme de dissuasion de Mélanchon, c'est "l'Europe sociale passe par le non", de quoi faire trembler l'oligarchie euro- atlantiste! Hollande, sors de ce corps!      P.G.

europe-sociale-francois-hollande

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La jolie hausse des subventions aux syndicats

Une publication de N.S. (UPR 87): "Ne mord pas la main qui nourrit!"

Les organisations syndicales ont touché plus de 83 millions d’euros en 2016, via le fonds de financement du dialogue social, dont près de 19 millions d’euros pour la CGT, d’après un rapport récemment publié.

ACT SYNDICATS UE

Le jackpot ! 122,8 millions d’euros ont été partagés en 2016 entre syndicats et patronat, via le fonds de financement du dialogue social, selon le rapport annuel de cet organisme créé en 2014 et qui sert à financer la gestion des organismes paritaires, ou encore la formation syndicale des salariés. Un chiffre en augmentation de 7% comparé à 2015… et qui a surtout bénéficié aux organisations syndicales.

En effet, sur ces 122,8 millions d’euros, plus de 83 millions sont revenus aux syndicats, soit près de 68% du total, contre 39,8 millions d’euros pour les organisations patronales (environ 32% du total). Et c’est la CGT qui a touché le gros lot, avec près de 19 millions d’euros, soit plus de 15% du total à elle seule ! Normal répondront les syndicalistes de la centrale de Philippe Martinez, les cégétistes étaient le premier syndicat dans le privé jusqu’en mars dernier, date à laquelle la CFDT leur est passée devant.

Justement, l’organisation dirigée par Laurent Berger est quasiment au même niveau que la CGT puisque ce sont 18,56 millions d’euros qui ont été touchés par la CFDT grâce au fonds. On trouve, ensuite, plus loin derrière, FO (14,9 millions d’euros), la CFE-CGC (12,6 millions d’euros), et la CFTC (12,5 millions d’euros). Pour les organisations représentant moins de 8% des salariés, aussi appelées “syndicats non représentatifs”, les montants sont moindres, en témoignent les sommes attribuées à l’Unsa (3 millions d’euros), et Solidaires (2,6 millions d’euros).

Les dotations pourraient baisser en 2018

Du côté des organisations patronales, c’est, sans surprise, le Medef qui a raflé la mise (12,2 millions d’euros), presque deux fois le montant attribué à la CPME (6,2 millions d’euros). L’U2P, qui représente les artisans et professions libérales, est bien moins lotie (2,3 millions d’euros). Par ailleurs, 17,5 millions d’euros ont été partagés entre 268 organisations patronales de branche. Mais les règles vont changer en 2018 : le fonds de financement du dialogue social va revoir ses règles, une centaine de petites organisations patronales devraient être éligibles aux dotations. Et qui dit plus de redistribution, sans hausse du montant global, dit aussi baisse des dotations pour chaque organisation.

https://www.capital.fr/votre-carriere/la-jolie-hausse-des-subventions-aux-syndicats-1260667

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Clinton, Assange et la guerre contre la vérité, par John Pilger

TRIBUNE LIBRE

TL CLINTON POUTINE

Source : John Pilger, Consortium News, 20-10-2017

Le réseau télévisuel public australien a offert à Hillary Clinton une tribune libre pour répandre des diffamations sur Julian Assange, de Wikileaks, en le qualifiant d »’instrument du renseignement russe », sans que ce dernier n’aie l’opportunité de répondre.

Le 16 octobre, la Compagnie australienne de diffusion [Australian Broadcasting Corporation] diffusait une interview d’Hillary Clinton : une interview parmi tant d’autres en vue de promouvoir son livre-règlement de comptes qui explique pourquoi elle n’a pas été élue présidente des États-Unis.

Patauger dans le livre de Clinton, What Happened, [ce qui est arrivé, NdT] n’est pas chose agréable, c’est comme un mal de ventre. De la saleté et des larmes. Des menaces et des ennemis. On « leur » a fait un lavage de cerveau (aux électeurs) et montés contre elle par l’odieux Donald Trump, de mèche avec les sinistres slaves envoyés par la grande noirceur appelée Russie, avec l’aide d’un « nihiliste » australien, Julian Assange.

On trouve dans le New York Times une photographie frappante d’une reporter consolant Clinton, juste après l’avoir interviewée. La dirigeante manquée était, par dessus tout, « absolument féministe ». Les milliers de vies de femmes que cette « féministe » a détruites alors qu’elle était au gouvernement – en Libye, en Syrie, au Honduras – n’étaient d’aucune importance.

Dans le magazine New York, Rebecca Trainster écrit que Clinton « exprimait » en fin de compte « une juste colère ». C’en était même difficile pour elle de sourire : « si difficile que les muscles de son visage lui font mal ». Sa conclusion, c’était que sans aucun doute, « si nous accordions aux rancœurs des femmes la même valeur qu’à la rancune des hommes, l’Amérique serait forcée d’admettre que toutes ces femmes en colère ont peut-être raison. »

De telles balivernes, banalisant les luttes des femmes, constituent une marque de la sanctification d’Hillary Clinton par les médias. Son extrémisme politique et son bellicisme ne souffrent aucune conséquence. D’après Trainster, son problème, ce fut un « engouement destructeur pour l’affaire des e-mails ». La vérité, autrement dit.

Les e-mails fuités du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, ont révélé une connexion directe entre Clinton et sa fondation, d’une part, et le financement du jihadisme organisé au Moyen Orient et de l’État Islamique (connu sous les noms d’ISIS, ISIL ou Daesh). La source ultime du terrorisme Islamiste, l’Arabie saoudite, fut au cœur de sa carrière.

Un e-mail de 2014, envoyé par Clinton à Podesta peu après sa démission du poste de Secrétaire d’État des USA, révèle que l’État Islamique est financé par les gouvernements d’Arabie saoudite et du Qatar. Clinton a accepté des dons colossaux de ces deux gouvernements envers la fondation Clinton.

Secrétaire d’État, elle valida la plus importante vente d’armes jamais faite dans le monde à ses mécènes en Arabie saoudite, pour plus de 80 milliards de dollars. Grâce à elle, les vente d’armes américaines dans le monde – qui sont utilisées pour frapper des pays comme le Yémen – ont doublé.

Ceci faisait partie des informations révélées par Wikileaks et publiées par le New York Times. Personne n’a contesté l’authenticité des e-mails. La campagne à suivre pour salir Wikileaks et son éditeur en chef, Julian Assange, comme « agents russes », a pris les proportions digne d’une fable spectaculaire appelée « Russiagate ». Le « complot » porterait la marque de Vladimir Poutine en personne. Le tout énoncé sans l’ombre d’une preuve.

Souillure et omission

L’interview de Clinton par ABC Australie constitue un remarquable exemple de souillure et de censure par omission. Je le considère comme un modèle.

La journaliste, Sarah Ferguson, dit à Clinton, « Chacun est touché par la douleur qu’exprime votre visage à ce moment [de l’investiture de Trump]… Vous souvenez-vous à quel point ce fut viscéral pour vous ? »

Une fois établie la souffrance viscérale de Clinton, Ferguson pose des questions sur « le rôle de la Russie ».

CLINTON: Je pense que nous savons à présent que la Russie a altéré les perceptions et les opinions de millions d’électeurs. Je pense que leurs intentions, remontant au plus haut avec Poutine, étaient de causer du tort et d’avantager Trump.

FERGUSON : Dans quelle mesure s’agissait-il d’une revanche personnelle de Vladimir Poutine contre vous ?

CLINTON: […] Je veux dire qu’il veut déstabiliser la démocratie. Il veut saper l’Amérique, il veut s’en prendre à l’Alliance Atlantique et nous considérons l’Australie comme une… une extension de cette alliance…

(La réciproque est vraie. Nous assistons au premier regroupement d’armées occidentales aux frontières de la Russie depuis la révolution russe il y a 100 ans.)

FERGUSON : Comment mesurez-vous les dégâts que [Julien Assange] vous a occasionnés personnellement ?

CLINTON : Eh bien, c’est toute une histoire avec lui, parce qu’alors que j’étais secrétaire d’État quand, euh, Wikileaks se mit à publier une grande quantité d’informations sensibles, euh, informations de notre ministère de l’intérieur et de notre ministère de la défense.

(Ce que Clinton omet de dire – et que la journaliste omet de lui rappeler – c’est qu’en 2010, Wikileaks révélait que la secrétaire d’État Hillary Clinton avait ordonné une opération de renseignements secrète visant la présidence des Nations Unies, y compris le secrétaire général, Ban Ki-Moon, et les représentants du Conseil de sécurité de Chine, de Russie, de France et du Royaume Uni. Une directive classée secrète, signée de la main de Clinton, fut envoyée aux diplomates américains en juillet 2009, exigeant une analyse des informations techniques en provenance des réseaux de communication utilisés par les plus hauts responsables de l’ONU, y compris leurs mots de passe et clés de chiffrement personnelles, en usage sur les réseaux privés comme commerciaux. Cette opération fut nommée Cablegate. Il s’agissait d’espionnage illégal.)

CLINTON : C’est [Assange] très clairement un instrument au service des renseignements russes. Et euh, il a suivi leurs directives.

(Clinton n’expose aucune preuve de ces graves accusations, et Ferguson ne lui en demande pas.)

CLINTON : On n’a vu aucune information négative ou préjudiciable en provenance du Kremlin sur Wikileaks. On n’en a jamais vu.

(C’est faux. Wikileaks a publié un nombre très important de documents sur la Russie – plus de 800 000 pièces, dont la plupart sont critiques, dont beaucoup ont été repris dans des livres et ont servi de preuves auprès de tribunaux.)

Un « opportuniste nihiliste ».

CLINTON : Aussi, je pense qu’Assange est devenu une sorte d’opportuniste nihiliste, aux ordres d’un dictateur.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, à une conférence de presse à Copenhague, Danemark (Crédit photo : New Media Days / Peter Erichsen)

FERGUSON : Beaucoup de gens, y compris en Australie, pensent qu’Assange est un martyr de la liberté d’expression et de la liberté d’information. Comment le décririez-vous ? Vous venez de le décrire comme nihiliste.

CLINTON : Oui, et un instrument. Je veux dire qu’il est instrumentalisé par les Renseignements russes. Et s’il est un tel martyr de la liberté d’expression, pourquoi Wikileaks ne publie jamais rien venant de Russie ?

(De nouveau, Ferguson remet pas en cause ce qui est dit et n’essaye pas de corriger Clinton).

CLINTON : On a assisté à une opération concertée entre Wikileaks et la Russie, et très probablement certaines personnes aux États-Unis, pour transformer ces informations en armes, pour inventer des histoires… en vue d’aider Trump.

FERGUSON : Et puis, en plus de toutes ces histoires bizarres, il y a eu des informations révélées sur la Fondation Clinton qui dans l’esprit d’au moins certains électeurs vous ont probablement associés…

CLINTON : Oui, mais c’était faux!

FERGUSON : avec la propagation d’informations…

CLINTON : C’était faux ! C’était complètement faux !

FERGUSON : Comprenez-vous la difficulté pour certains électeurs de comprendre les sommes d’argent que la Fondation [Clinton] lève, la confusion avec les activités de consultance qui génère aussi de l’argent, les cadeaux reçus, les voyages et tout ce que Bill Clinton a pu recevoir, qui ont même posé des problèmes à Chelsea ?

CLINTON : Oh vous savez, je regrette, Sarah, je veux dire, je connais les faits…

« L’icône » d’une génération

La journaliste d’ABC loue alors Clinton comme « l’icône de sa génération ». Elle ne lui pose aucune question sur les sommes énormes qu’elle a reçues en provenance de Wall Street, comme les 675 000 dollars pour un discours chez Goldman Sachs, l’une des banques au cœur de l’effondrement de 2008. L’âpreté au gain de Clinton a profondément contrarié un certain électorat qu’elle avait qualifié de « lamentable ».

Manifestement à la recherche d’un gros titre racoleur dans la presse australienne, Ferguson demande alors si Trump est « un danger clair et avéré pour l’Australie » et a eu la réponse qu’on pouvait prédire.

Cette journaliste de haut niveau ne fait aucune mention du danger « clair et avéré » de Clinton pour le peuple d’Iran, qu’elle a menacé « d’anéantir complètement », ni pour les 40 000 libyens qui ont trouvé la mort dans les attaques de 2011 contre leur pays, orchestrées par Clinton. Tout émoustillée, la Secrétaire d’État se réjouit du meurtre horrible du dirigeant libyen, le Colonel Kadhafi.

« La Libye, c’était la guerre d’Hillary Clinton », a déclaré Julian Assange au cours d’une interview filmée avec moi l’an dernier.

« Barack Obama était contre au départ. Qui soutenait cette guerre ? Hillary Clinton. C’est documenté au travers de ses e-mails… Sur les 330000 e-mails d’Hillary Clinton que nous avons publiés, plus de 1700 concernaient uniquement la Libye. Ce n’est pas qu’il y ait du pétrole pas cher en Libye. Elle voyait l’élimination de Kadhafi et la chute de l’état libyen comme un élément qu’elle pourrait utiliser dans sa course à l’élection présidentielle.

« Alors, fin 2011, on a vu arriver ce document interne appelé Tic Tac Libyen, qui a été écrit pour Hillary Clinton ; il s’agit d’une description chronologique de son rôle central dans la destruction de l’état libyen, qui a provoqué environ 40 000 morts en Libye ; les jihadistes se sont implantés, I’EI s’est implanté, amenant à la crise européenne des réfugiés et des migrants.

« On voyait non seulement les gens fuir la Libye, fuir la Syrie, la déstabilisation d’autres pays africains à cause des flux d’armes, mais l’état libyen lui-même était devenu incapable de contrôler les mouvements de masse qui le traversaient. »

C’était ça le sujet – pas la douleur « viscérale » de Clinton perdant face à Trump, ni les commérages égocentriques énoncés dans l’interview d’ABC. Clinton a une part de responsabilité dans la déstabilisation massive du Moyen Orient, amenant à la mort, à la souffrance et à la fuite de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants.

Ferguson n’en a pas pipé mot. Clinton a diffamé Assange plusieurs fois, lequel n’a reçu aucune défense ni aucun droit de réponse de la part de la télévision d’État de son propre pays.

Dans un tweet en provenance de Londres, Assange citait le code de bonne conduite d’ABC qui stipule : « Quand des accusations sont émises envers une personne ou une organisation, prendre les actions raisonnables au vu des circonstances pour leur donner un droit de réponse. »

« La pute de Poutine »

Après l’émission d’ABC, le producteur exécutif de Ferguson, Sally Neighbour, a re-tweeté le message suivant : « Assange est la pute de Poutine. Nous le savons tous ! »

L’injure, effacée depuis, fut même utilisée comme lien dans les sous-titres de l’interview : « Assange est la p… de Poutine (sic). Nous le savons tous ! »

Depuis quelques années que je connais Julian Assange, j’ai assisté à une campagne d’insultes et de diffamation visant à l’arrêter et à bloquer Wikileaks. C’est un assaut frontal contre les lanceurs d’alertes, contre la liberté d’expression et le journalisme libre, autant de concepts qui sont maintenant sous le feu des gouvernements et des régulateurs des sociétés d’Internet.

La première attaque sérieuse contre Assange est venue du Guardian, qui, tel un amant éconduit, s’est retourné face à celui qui fut sa source, assailli, après avoir profité dans les grandes longueurs des divulgations de Wikileaks. Sans qu’un centime n’en revienne à Assange ou à Wikileaks, un livre du Guardian donna lieu à un film juteux produit par Hollywood. Assange y était dépeint comme « sans cœur » et une « personnalité abîmée ».

C’est comme si une jalousie rampante était incapable d’accepter que ses réussites remarquables représentent un contraste flagrant avec les productions de ses détracteurs dans les médias « mainstream ». C’est comme regarder les gardiens du statu quo, qu’importe leur âge, se battre pour faire taire la vraie dissidence et empêcher l’émergence d’un avenir nouveau et encourageant.

À ce jour, Assange est toujours réfugié politique, face à un obscur État belliciste dont Donald Trump est la caricature et Hillary Clinton l’incarnation. Sa résilience et son courage sont stupéfiants. À sa différence, ses bourreaux sont des lâches.

John Pilger est un journaliste australo-anglais, établi à Londres. Le site web de Pilger est : www.johnpilger.com.

Source : John Pilger, Consortium News, 20-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/clinton-assange-et-la-guerre-pour-la-verite-par-john-pilger/


 

Commentaires sur le site:

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Révélateur et consternant. Cet entretien nous montre à quoi le monde a échappé le 8 novembre 2016 : la guerre, mais aussi pourquoi il y court quand même, dans la joie et la bonne humeur. Oui, Trump n’est qu’une caricature, une marionnette, ou un taureau excité par la muleta ; mais l’incarnation de l’État profond qui se finance aux mêmes sources que Daech, l’icône d’une génération, l’idole du féminisme sociétal, c’est bien elle, Hillary-la-folle.

« Assange est la p… de Poutine (Assange is Putin’s bitch). Nous le savons tous ! », tel est le credo de cette classe médiatique qui a monté la fable appelée “Russiagate” à partir du néant. Tel est le mot de passe de ces criminels qui veulent la Dernière Guerre mondiale.

Tous ces journaleux et politiciens qui insultent Assange se rendent coupables de crimes contre la paix, “ce crime qui ne diffère des autres crimes de guerre que parce qu’il les contient tous” (procès de Nuremberg).

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«Quand je serai président, une femme comme vous sera en prison » Trump.
Quel dommage qu’il n’ai pas tenue cette déclaration de campagne.

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A notre niveau, il me semble que notre seul levier d’action est de réclamer a Macron l’accueil et la protection d’assange et des autres lanceurs d’alerte (protection que mimolette 1er avait refusé)
Ça serait ça une immigration de qualité!

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Aucune chance que cela arrive. Macron est une marionnette. Il n’a aucune affinité avec la démocratie et la liberté d’expression.

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Je pouffe,une fois de plus à la lecture de certaines réactions.Les gens sensés savent ce qu’il faut penser de H. Clinton,le Joker…OK. Mais très curieusement ,Obama reste totalement épargné dans les commentaires. Alalala. On se demande bien pourquoi,hein? Si je me souviens bien,c’est bien Obama qui a été président pendant huit ans,non? Lybie,Syrie,Daech,Boko Haram pour les principaux,c’est bien Obama,non? Mais le politiquement correct(la lâcheté,quoi) empêche de dire les choses,hein?

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Obama est plus lisse, voilà tout… et puis il est tellement cool.
Et puis il est black (pour les anglomanes qui ont de sérieux problèmes visuels).
Mais rassurez-vous, je fais partie des pervers qui osent dire du mal de Barack H. Obama.

Disons qu’avec l’élection de sainte Hillary, nous aurions eu la totale : après le 1er président black, la première présidente woman ! Ouah, les States, toujours au top !
Et tous derrière eux, en ordre de bataille contre Bachar Poutine al-Assad !

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Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
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