samedi 9 décembre 2017

Les migrants, le populisme et le chant du cygne de l’Union européenne ?

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a rejeté «  dans leur intégralité » les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d’accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

ARG MIGRANTS UE

La crise migratoire en Europe est un enjeu politique majeur de la décennie. Des millions[1] de personnes arrivant principalement d’Afrique et du Moyen-Orient, ont traversé la Méditerrannée ou sont passées par la frontière gréco-turque, passage supposé plus sûr quant aux risques multiples que représente la traversée d’une mer pouvant parfois être périlleuse et semée d’embûches. Le risque est multiplié par un facteur énorme compte tenu de l’état de certaines embarcations.

L’origine de ces flux migratoires colossaux revêt une dimension multifactorielle : crises économiques dans les pays les plus pauvres, conflits inter-ethniques, guerres néocoloniales. Cependant, ce sont principalement deux évènements catastrophiques sur le pourtour méditerrannéen qui ont accéléré d’une manière certaine la crise migratoire : les guerres lybienne et syrienne. La première a été décisive dans l’organisation de ces flux puisque la Lybie est une porte d’entrée sur l’Europe. La déstabilisation du régime a fait sauter le verrou migratoire de façon certaine[2]. La guerre en Syrie est venue alimenter les flux migratoires compte tenu de l’intensité du conflit au Proche-Orient, jetant des centaines de milliers de personnes sur la route.

Cependant, cette crise migratoire d’ampleur – jamais vue depuis la Seconde guerre mondiale –  a cristallisé les craintes, les passions et l’hostilité. Les médias ont vendu à l’opinion publique les vertus d’un tel afflux de personnes sur l’Europe. On connaît la narrative employée depuis les années 1970 avec le regroupement familial : l’immigration est bonne en tout point. Cette vision de la chose ne pouvait qu’alimenter encore plus les a priori et les peurs dans l’opinion publique. Les peuples européens sont également touchés par les crises multiformes. Accueillir des millions de personnes sur les territoires des pays européens ne peut objectivement se réaliser avec des fleurs autour du cou sur un chemin exclusivement pavé de bonnes volontés. Les pays de l’Union européenne souffrent, c’est une évidence de le dire. Gérer une telle crise migratoire dans ce contexte explosif n’est pas aisé car elle cristallise les tensions et les peurs.

C’est donc, d’après nos dirigeants, un défi majeur à relever pour l’Union européenne. Et cette dernière est venue apporter plusieurs réponses, notamment en imposant des quotas aux pays membres de l’UE en 2015. Cependant, ces quotas n’ont pas été accueillis avec le même enthousiasme dans les différentes contrées d’Europe, certains pays refusant catégoriquement ces contingents[3], forçant Merkel à reculer sur cette idée en septembre 2016. Par ailleurs, on peut noter une montée croissante d’un ressentiment en Europe et plus particulièrement dans les pays de l’Europe centrale et de l’Est qui sont de plus en plus hostiles à l’arrivée massive d’immigrants sur leur territoire.

Un immigrant est une personne venant s’établir dans un pays qui n’est pas le sien. L’étranger en situation irrégulière désigne un statut juridique, qualifiant la situation d’un étranger présent sur le territoire national d’un État, tout en étant dépourvu de titre de séjour en règle. Par facilité ou raccourci idéologique, la presse mainstream utilise le terme de « migrant », qui selon certaines définitions pourrait cependant être pertinent, étant donné que le terme de migrant est souvent utilisé dans des logiques de migrations humaines ou des déplacements de populations.

C’est alors que le populisme fait son entrée en scène. Pourquoi parlons-nous ici de populisme ? Nous utilisons ce terme pour qualifier la réaction des populations européennes par rapport à l’arrivée massive[4] d’immigrants sur leurs territoires. Divers mouvements politiques dits « populistes » montent inéxorablement dans l’opinion, que ce soit le UKIP en Angleterre[5], le FN en France, l’AfD en Allemagne, le FPÖ en Autriche, le PVV aux Pays-Bas, le Fidesz hongrois ou encore le PiS polonais. Tous ces partis politiques partagent la même hostilité – à des degrés divers –  à  l’égard de l’immigration illégale.  En ces temps de crises multiformes, ces partis prônent la préférence nationale voire la fermeture des frontières nette. Cependant, au nom de la solidarité européenne et de la convergence économique mais aussi in fine, sociale et sociétale[6], l’UE demande à tous ses Etats-membres d’accepter ces flux migratoires ou du moins d’accepter de gérer les effets et conséquences.

Une communauté nationale cherche avant toute chose le consensus populaire et l’affectio societatis comme volonté commune de former un peuple, si possible, le plus homogène tout en préservant les droits des minorités. La logique intellectuelle des fédéralistes européens est donc cohérente quand ils fixent la convergence comme clé de voûte nodale de leur projet de « souveraineté européenne ». Par conséquent, les demandes répétées de Bruxelles de gestion en termes de politique d’immigration vont dans ce sens. En activant la solidarité européenne sur un autre terrain que celui de l’économique, la construction européenne se heurte à un obstacle bien plus imposant que celui des droits de douanes. On touche, en effet, aux affects et donc au consensus au sein des populations européennes.

Alors même qu’un cadre juridique supranational existe au sein de l’UE, les pays européens veulent traiter ce défi majeur de manière souveraine, c’est-à-dire de façon démocratique. La convergence économique de l’Europe, avec les résultats que l’on connaît, a été un défi majeur du XXe siècle. En 1992, quand l’UE faisait un bon de géant vers l’union politique avec le traité de Maastricht, le défi de la crise migratoire de cette décennie pose un défi immense et réel à la viabilité du projet politique de l’UE. C’est donc ce défi qui nous invite à nous interroger sur le cadre existant de l’UE en la matière et par conséquent, l’espace de décision politique à l’échelon national qu’il reste. Est-il devenu trop réduit pour gérer cette crise ? L’UE est-elle au niveau ? La crise migratoire est-elle le chant du cygne de la construction européenne ?

Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort ; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre[7]

 


[1] « L’Europe et les migrants, faits et chiffres ». Le Parisien, 19 mars 2017. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes sont arrivées en 2015, dont plus de 850.000 via les côtes grecques, venant en large majorité de Syrie (56%), d’Afghanistan (24%) et d’Irak (10%).

[2] « Libye : Kadhafi et l’arme de l’immigration clandestine vers l’Europe », Jeune Afrique, le 7 juin 2011. Kadhafi au plus fort de la guerre avait déclaré :  « Vous aurez l’immigration, des milliers de gens qui iront envahir l’Europe depuis la Libye. Et il n’y aura plus personne pour les arrêter ».

[3] En septembre 2015, 80 % des Slovaques, 75 % des Polonais seraient hostiles à l’accueil des migrants selon plusieurs sondages. « L’Europe de l’Est antimigrants : «Un lourd héritage d’une conception ethnico-linguistique de la nation» », Libération, le 15 septembre 2015.

[4] J’emploie volontiers le terme « massif » pour des raisons quantitatives ou bien « des millions de personnes » déplacées pourraient-elles représenter une quantité néglibeable ? Je pose la question.

[5] Du fait de la victoire du Brexit au référendum, le UKIP est retombé dans les sondages.

[6] La convergence économique et l’harmonisation des législations nationales au sein de l’UE ne peut qu’aboutir à une harmonisation sociale et sociétale. C’est en tout cas le projet des fédéralistes européens.

[7] Georges-Louis Leclerc de Buffon

https://www.soverain.fr/migrants-populisme-chant-cygne-de-lunion-europeenne/

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La "crise des migrants a révélé au grand public l'élargissement des compétences de l'Union européenne dans des domaines autres que la sphère strictement économique, ravivant ainsi les inquiétudes exprimées lors du référendum de 2005; le rôle des partis "populistes" a consisté à faire croire qu'on pouvait régler certains problèmes, dont l'immigration, tout en restant dans le cadre des institutions européennes, avec un réel succès jusqu'à présent. La décision de la CJUE va indéniablement compliquer leur tâche, et peut- être ouvrir les yeux de beaucoup de citoyens sur la nécessité d'une souveraineté authentique, quelles que soient par ailleurs leurs opinions sur ces sujets "de société", mettant en jeu la fameuse "affectio societatis".     P.G.

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Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

ACT CAHUSAK NOEL

Justice.

Jérôme Cahuzac (photo AFP) est condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, conformément aux réquisitions. Il a été reconnu coupable de fraude fiscale, de blanchiment de fraude fiscale et d'omission de déclaration de patrimoine ce matin par le tribunal correctionnel de Paris.

Son ex-épouse, Patricia Cahuzac, est quant à elle condamnée à deux ans de prison ferme.

Son banquier, François Reyl, ainsi que son intermédiaire, Philippe Houman, sont condamnés à un an de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende. Quant à la banque Reyl, elle est condamnée à 1 875 000 euros d'amende.

http://www.liberation.fr/direct/element/jerome-cahuzac-condamne-a-trois-ans-de-prison-ferme_53552/

savoie-des-detenus-tournent-un-clip-de-rap-dans-la-prison-d-aiton

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Législatives : le Conseil constitutionnel valide l'élection de Manuel Valls, contestée par une candidate de La France insoumise

Manuel Valls reste à l'Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel a validé définitivement, vendredi 8 décembre, l'élection de l'ancien Premier ministre comme député de la première circonscription de l'Essonne. Battue de justesse au deuxième tour des législatives par Manuel Valls, la candidate de La France insoumise Farida Amrani avait déposé un recours devant le Conseil constitutionnel. Les Sages ont finalement rejeté la requête.

 

ACT VALLS PERE NOEL

Une soirée électorale sous tension

A Evry, l'annonce des résultats le soir du second tour, le 18 juin, avait été émaillée de tensions, de bousculades et de protestations. L'ancien Premier ministre avait annoncé sa victoire, à 139 voix d'écart, dans un climat survoltéFarida Amrani et ses soutiens avaient immédiatement dénoncé des irragularités. Elle a ensuite porté plainte contre X pour "fraude électorale" devant le parquet d'Evry.

https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/legislatives-le-conseil-constitutionnel-valide-l-election-de-manuel-valls-

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Tout le monde connait l'impartialité du Conseil contitutionnel, son honnêteté et son indépendance, grâce à un mode de désignation de ses membres éliminant toute possibilité de soupçon, à part bien sûr quelques complotistes malveillants.  P.G.

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Lafarge en Syrie : trois cadres mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste"

Trois cadres du cimentier Lafarge, soupçonnée d'avoir indirectement financé des organisations jihadistes, dont le groupe Etat islamique, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord de la Syrie malgré la guerre, ont été mis en examen vendredi 1er décembre, a appris France Inter de source judiciaire.

ACT LAFARGE SYRIE

Bruno Pescheux, directeur de l'usine de 2008 à 2014, et Frédéric Jolibois, éphémère directeur de l'usine à partir de l'été 2014, pour les chefs de "financement d'une entreprise terroriste", "violation de la réglementation relative aux relations financières avec l'étranger" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, est lui mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Bruno Pescheux a reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés

Jean-Claude Veillard et Frédéric Jolibois ont été placés sous contrôle judiciaire, tout comme Bruno Pescheux qui a fourni un cautionnement à hauteur de 150 000 euros. Ce dernier est un des rares dans ce dossier à avoir reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés.

Le groupe Lafarge est soupçonné d'avoir versé de l'argent au groupe Etat islamique pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 son usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Depuis juin 2017, trois juges - un juge antiterroriste et deux magistrats du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris - enquêtent sur ces soupçons de financement du terrorisme et sur une possible mise en danger de la vie d'autrui des salariés.

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/lafarge-en-syrie-un-cadre-mis-en-examen-

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Pourquoi Macron et l’Europe soutiennent-ils la Mafia espagnole ?

C’est une question qu’il faut poser, et faudra poser, et pour laquelle la réponse est éminemment importante. Elle induira en effet le futur ou le non futur de l’Europe. Peut-on en effet imaginer une Europe solide et durable construite sur la base de la corruption de pays et de partis politiques? Ce qui est le cas de l’Espagne et du Partido Popular de Mariano Rajoy, désigné par les médias espagnol comme le parti le plus corrompu d’Europe.

ARG UE MAFFIA

Tout d’abord : Pourquoi parles t-on de mafia espagnole à propos du Partido Popular. La définition donnée généralement pour désigner le terme Mafia est souvent : « une organisation criminelle ».

Le terme d’  « organisation criminelle » est utilisé par nombre de juges et de magistrats espagnols pour désigner le Partido Popular (PP). Ignacio Gonzalez, ancien président PP de la communauté de Madrid, mis en examen et poursuivi pour être le responsable d’une « Organisation criminelle » dans le cadre de l’affaire de corruption « Lezo ».

Le juge du parquet national, José de la Mata, a ouvert une instruction dans le cadre de l’affaire des « papiers de Barcénas », du nom de l’ex-trésorier du PP et ami de Mariano Rajoy, pour des délits d’ « organisation criminelle, association illégale, trafic d’influence, blanchiment de capitaux… »

Le chef de la brigade anti-fraude espagnole, Manuel Morocho, a affirmé le 7 novembre dernier, devant les députés de la commission d’investigation sur le financement du Partido Popular que les structures de ce parti « répondait au profil d’une organisation criminelle », pour ses actions dans le cas de l’affaire Gürtel.

Lors de ses réquisitions, Conception Sabadell, procureur du parquet anti-corruption espagnol, a affirmé que les responsables du parti avaient mis en place des « mécanismes véreux dans l’attribution des marchés publics (qui) se sont consolidés comme un problème structurel ». Elle a indiqué aussi que « la nature des délits commis et leur préjudice pour les fonds publics s’étendirent et s’enracinèrent durant une large période de temps dans de multiples collectivités dirigées par le Partido Popular ».

Le 3 novembre denier le parquet anti-corruption espagnol faisait incarcérer José Manuel Villarejo, un ex-commissaire de police, proche du Partido Popular. Le motif de cette détention est de démanteler « une organisation criminelle » dont l’ancien policier était l’un des responsables. Une organisation criminelle dédiée selon les enquêteurs à « réintroduire en Espagne et dans d’autres pays de l’Union européenne des fonds provenant d’activités illicites liées à la corruption internationale dans les affaires ».

Dans cette affaire, Martin Blas, le patron des Asuntos Internos, l’équivalent de notre IGS, la police des polices, affirme : « l’aspect le plus sérieux de tout le réseau de la corruption policière à l’époque du ministre Fernández Díaz (Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Partido Popular de Rajoy. NDLR) est ce qui a été fait par le ministère de l’Intérieur et le ministère public pour empêcher le déroulement de l’enquête. Les plus hauts niveaux de l’exécutif ont essayé sans vergogne, presque publiquement, d’entraver l’action de la justice ».

Le premier juge en Espagne à mettre un banquier en prison, Elpidio José Silva, un des spécialistes des affaires de corruption en Espagne, indique le 21 octobre « Le Partido Popular est présenté comme une organisation criminelle par des juges qui instruisent les affaires de corruption ».

Cette « organisation criminelle » du Partido Popular qui est actuellement au pouvoir s’est servi de ses pouvoirs de justice pour freiner les affaires en cours. Outre les pressions sur les juges, sur les policiers, le Partido Popular a essayé de détruire des preuves de ses corruptions.

Le 14 novembre 2017, le journal Publico apporte les preuves que le commissaire José Luis Oliveira, actuel patron des renseignements généraux espagnol, ex-patron de l’Unité anti-Fraude, a menti lors de son audition devant le congrès des députés. « Oliveira a manœuvré pour tenter de réduire ou faire disparaître les preuves de corruption du Partido Popular. (…) Il a joué un rôle dans l’opération Catalanya qui visait à mouiller dans des affaires des leaders catalans. Un manipulation conduite avec le commissaire Villarejo », aujourd’hui en prison, pour, entre autres, des affaires de corruption et d’écoutes illégales, indique le journal.

Le même José luis Oliveira avait bloqué le transmission des informations concernant le Jihadisme à la police catalane des Mossos de Esquadra, et notamment des alertes de la CIA et d’autres agences de renseignements internationales qui avaient indiqué que Barcelone était une des cibles envisagées par les groupes terroristes.

Le Partido Popular a par ailleurs tenté de détruire à 35 reprises, avant finalement d’y arriver, le disque dur de l’ordinateur de Barcenas, l’ex-trésorier du PP, avant que la police ne s’en saisisse. Barcénas tenait la comptabilité parallèle du PP, la Caja B, une caisse noire dont l’existence a été prouvée lors du procès Gürtel. Ces opérations de destruction valent au Parti Popular, lui-même, d’être poursuivi – une première en Espagne et peut-être en Europe – pour destruction de preuves.

(...)

En juillet 2017, une quantité de dossiers relatifs à l’affaire Punica, encore une affaire de corruption du Partido popular, était détruite. Il s’agissait de tous les éléments d’attribution de marchés de la communauté de Madrid dirigée par Cristina Cifuentes (PP). La destruction des documents nécessaires à l’instruction aurait duré plusieurs semaines.

Les documents ou les disques durs, ne sont pas les seuls qui disparaissent dans le cadre des quelque 75 affaires de corruption dans lesquelles est mouillé en Espagne le Partido Popular. Des personnes liées aux procès disparaissent également…

Les morts de la corruption : au nombre de douze au 1er novembre dont deux depuis juillet 2017

Miguel Blesa se serait tiré une balle dans la poitrine, a conclu l’autopsie rendue publique le 20 juillet. Miguel Blesa, ancien président de la caisse régionale Caja Madrid, avait été condamné à six ans de prison dans le cadre des cartes de crédits « black » offertes à plus de 60 dirigeants de l’organisme bancaire afin de couvrir leurs frais personnels. Caja Madrid, devenue Bankia, avait été renflouée en 2012 avec plus de 20 milliards d’euros d’argent public par le gouvernement conduit par le Partido Popular, tandis que nombre de petits épargnants ont été ruinés.

Francisco José Yánez Román, membre du PP, ami personnel de Luis Barcenas, l’ex-trésorier du PP, et père de l’homme de paille qui permis à Barcénas d’ouvrir des comptes en Suisse, est décédé pour une raison inconnue, quelques jours avant d’être entendu par les juges sur les 10 millions d’euros disparus des comptes de Barcénas.

En 2015, l’épouse du sénateur PP Tomás Burgos et porte-parole du PP au sénat, Maria del Mar Rodríguez Alonso, mise en examen pour malversation dans des marchés publics, se serait suicidée dans un hôtel.

Un an plus tard, Rita Barbera est retrouvée morte dans son hôtel, d’une crise cardiaque. Elle était maire PP de la ville de Valencia, épicentre d’un scandale de corruption sur les marchés publics. Elle venait de livrer son témoignage devant la justice.

Mort également, Francisco Sanchez Arranz, conseiller d’Iberia, élu municipal du PP, mort de « cause naturelle » une semaine avant d’être entendu par la justice.

Mort aussi, mais à 86 ans, en août 2015, de l’entrepreneur José Martinez Nuñez, mouillé dans l’affaire Gürtel.

Le corps du journaliste et responsable du Partido Popular, ami de l’ex-ministre du travail Javier Arenas, Isidro Cuberos, 58 ans, a été retrouvé dans un fossé, sans vie, près de sa moto, en octobre 2015. Membre du PP d’Andalousie, il était mis en examen dans l’affaire Gürtel.

Décédé aussi, l’architecte Léopoldo Gomez, homme de confiance de Jesús Sepúlveda, ex-mari de la ministre PP Ana Mato, un des hommes les mieux au courant des marchés publics de la communauté de Madrid, mis en examen dans l’affaire Gürtel, décédé avant d’être entendu par la juge.

Suicide pour le rocambolesque Juan Perez Mora, qui s’est fait passer pour un faux juge afin de tromper le cerveau de l’affaire Gürtel, Fernando Correa. Il a été retrouvé mort après que sa supercherie ait été découverte.

Le deuxième juge de l’affaire Gürtel, Antonio Pedreira, auteur des principales inculpations dans ce dossier explosif, est mort au bout de trente-six mois de convalescence à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Il avait repris l’affaire après que son prédécesseur, le célèbre juge Baltasar Garzon, en ait été dessaisi pour des motifs curieux.

Álvaro Lapuerta, ex-trésorier du PP, entré dans un coma irréversible après être tombé accidentellement dans sa maison en avril 2013. C’était une pièce fondamentale pour l’instruction de l’affaire Gürtel, affaire dans laquelle il était mis en examen. Il ne pourra comparaître vu son état de santé.

Tomás Villanueva, ex-président PP de la communauté de Castille y Léon, est mort le 2 octobre 2017. Impliqué dans l’affaire de corruption du parc éolien, Tomás Villanueva est décédé à son domicile. Il devait être entendu comme mis en examen le 18 octobre, sur des commission illégales. Il était aussi mouillé dans l’affaire de La Perla Negra pour des acquisitions présumées frauduleuses à Valladolid et devait également être entendu pour cela en novembre.

La corruption politique en Espagne, 45 Mds par an, 900 responsables politiques PP poursuivis….

L’Espagne a vécu au cours de l’année dernière un des plus grands procès de corruption qui ait touché un parti politique en Europe, le premier volet de l’affaire Gürtel, avec aux bancs des accusés pas moins de 74 personnes dont une ancien ministre de Rajoy, deux anciens trésoriers du Partido Popular, une multitude d’élus du PP… Le coût estimé de cette affaire pour l’Etat espagnol est estimé à quelque 120 M€ entre 2000 et 2008.

Ce 17 novembre, s’est achevé le premier volet de cette affaire Gürtel, pour laquelle Mariano Rajoy a d’ailleurs été cité à comparaître et entendu en juillet dernier. Ce procès qui a duré plus d’un an après près de sept ans d’instruction a confirmé le versement de 3 à 4 % du volume des marchés publics au Partido Popular par les entreprises bénéficiaires des marchés en question. Il a confirmé également l’existence d’une caisse noire, la Caja, B, du Partido Popular, alimentée par ces dessous de table qui finançaient les campagnes du parti et quelques-uns de ses responsables, dont a priori Mariano Rajoy. Son nom apparaît en effet sur les carnet de Barcenas, l’ex-trésorier du PP qui tenait une comptabilité parallèle.

Mais cet énorme procès ne porte que sur l’une parmi plus de 75 affaires de corruption du Partido Popular traitées ou en cours d’instruction de la part de la justice espagnole. Près de 900 responsables politiques du Partido Popular sont poursuivis pour des affaires de corruption. Le cout annuel de celle-ci est estimée à 45 milliards d’euros par an par la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV), volumes confirmés par l’ONG Transparency international qui situe désormais l’Espagne comme le pays le plus corrompu en Europe après l’Italie.

Le coût de la corruption politique – essentiellement due au PP- est estimé à 4,5 % du PIB espagnol. Le coût de la Mafia en Italie est elle estimée entre 1 % et 16 % du PIB Italien, suivant la manière de la comptabiliser. Les volumes détournés en Espagne par l’ »organisation criminelle » citée s’inscrivent parfaitement dans cette fourchette.

Une partie de la corruption espagnole est liée à l’attribution et au détournement de fonds européens. Ce qui explique que Bruxelles ait demandé des comptes. L’Office européen de lutte anti fraude (OLAF) a demandé en effet au Tribunal national espagnol des informations sur un possible détournement de fonds européens (El Pais du 3 novembre). La demande porte sur des contrats publics de la communauté autonome de Madrid qui fait l’objet d’une instruction dans le cadre de l’affaire Punica. La demande de l’OLAF porte sur l’attribution en 2006 de marchés publics par l’institut Imade, une antenne de la communauté madrilène, suspectée d’avoir alimenté via une société intermédiaire, la caisse noire, la fameuse « Caja B », du Partido Popular.

Mais ce n’est pas le seul dossier de détournement de fonds européens en Espagne que suspecte l’OLAF. Elle a également fait des demandes en ce qui concerne l’utilisation des fonds européens dans l’affaire Acuamed. Cette entreprise publique spécialisée dans la gestion et la distribution de l’eau et liée au gouvernement du Partido Popular pilotait de nombreux chantiers publics. Des travaux financés pour plus de 821 M€ par l’Europe entre 2000 et 2013. Un de ces chantiers concerne le projet de dessalement Bajo Almanzaro en Andalousie, ce qui aurait généré, selon le juge d’instruction, une « compensation indue » de 40 millions d’euros, impliquant des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture espagnol. Ce projet a obtenu 22,7 millions d’euros de fonds Feder.

Toutes ces informations sont sur la place publique espagnole. Le baromètre sur les préoccupations espagnoles indiquait par ailleurs en septembre que la corruption se situait alors au 2ème range de leurs préoccupations après le chômage. L’indépendance de la Catalogne n’arrivait alors qu’au 5ème rang des préoccupations. Ce qui était assez logique, l’apport de la Catalogne à l’Etat central est estimé à 16 Mds € net par an , soit trois fois moins que le coût de la corruption.

Que fait l »Europe ?

La question est donc de savoir pourquoi l’Europe soutient le régime corrompu de Madrid et son patron Mariano Rajoy. On peut comprendre l’inquiétude liée à la demande d’indépendance de la Catalogne, et le refus même d’admettre cette volonté d’Indépendance des Catalans. Mais on ne peut pas comprendre le soutien sans faille à un parti corrompu à ce niveau-là.

L’idée donnée jusqu’à présent par l’Europe, par sa logique de non intervention, c’est que l’objectif de l’Europe est de soutenir les régimes corrompus et donc de construire une Europe de la corruption. Ce qui n’est pas fatalement l’idée que pouvaient s’en faire les citoyens européens. Tenter de construire une Europe sans ses citoyens tient de l’utopie. Ce qui laisse à penser que l’Europe, l’idée même de l’Europe, est en train de mourir lentement entre Madrid et Barcelone.

Voici quelques liens vers des articles récents de journaux espagnols éclairant sur les niveaux et les affaires de corruption en Espagne –  occultés curieusement par les médias en France  . Une partie de ces articles peut être retrouvée en synthèse sur le site de La Semaine du Roussillon.

http://www.huffingtonpost.es/2016/12/09/coste-corrupcion-espana_n_13532158.html

http://www.eldiario.es/zonacritica/corrupcion-endemica-Partido-Popular-desalojen_6_634896541.html

http://www.casos-aislados.com/Caso-por-partido.php?Partido=PP

https://elpais.com/economia/2017/11/01/actualidad/1509564700_977317.html

http://cadenaser.com/ser/2017/11/07/tribunales/1510069965_410843.html

https://politica.elpais.com/politica/2017/10/30/actualidad/1509383749_882560.html

http://www.eleconomista.es/politica-eleconomista/noticias/8723683/11/17/La-juez-Lamela-toma-declaracion-este-domingo-al-excomisario-Villarejo-y-otros-detenidos-en-la-operacion-Tandem.html

http://www.lasexta.com/noticias/nacional/marisa-gallero-asegura-que-barcenas-tiene-copias-de-los-discos-duros-del-pp-me-dijo-que-eran-su-seguro-de-vida_201711215a1442790cf2547f66ab2545.html

http://www.elperiodico.com/es/politica/20171116/concluye-juicio-gurtel-mayor-trama-corrupta-pp-6429101

http://www.publico.es/politica/corrupcion-pp-lezo-marido-cospedal-pujol.html

http://www.publico.es/politica/olivera-miente-congreso-siete-dias-gobierno-nombre-cupula-policial.html

http://www.publico.es/politica/atentados-yihadistas-director-inteligencia-antiterrorista-dirigio-boicot-informativo-mossos.html

 

https://www.lasemaineduroussillon.com/2017/11/26/macron-leurope-soutiennent-mafia-espagnole/

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Si ça continue, certains europhiles indécrotables vont finir par douter...  P.G.

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