mardi 28 novembre 2017

28 novembre 1947 : disparition du général Leclerc

l y a 70 ans disparaissait au-dessus du Sahara le général Leclerc (maréchal à titre posthume).

HIST LECLERC



C'était l'officier le plus représentatif de la France libre en lutte contre l'Allemagne nazie. De l'oasis de Koufra, en Libye, à Paris, Strasbourg et Berchtesgaden (Bavière), il avait relevé l'honneur terni des armes françaises...

Leclerc de Hauteclocque (1902 - 1947)

Un héros français

 

Leclerc en uniforme de général d'arméeLeclerc est l'officier le plus représentatif de la France Libre en lutte contre l'Allemagne nazie. Il entre dans l'Histoire de France le 2 mars 1941

Ce jour-là, dans l'oasis de Koufra, en Libye, tandis que l'Allemagne triomphe sur tous les fronts, le colonel Leclerc fait avec ses hommes le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Strasbourg.

D'un tempérament fonceur, débordant d'initiative et d'audace, au grand dam de ses supérieurs, il va tenir sa promesse et conduire ses hommes jusqu'à Paris, Strasbourg et même Berchtesgaden, le nid d'aigle du Führer.

Quoique souvent en désaccord avec de Gaulle, il ne se départira jamais de sa fidélité au chef de la France Libre.

Le « serment de Koufra »

L'auteur du « serment de Koufra » s'appelait avant la guerre Philippe de Hauteclocque, comte de son état.

Né le 22 novembre 1902 dans le château familial de Belloy-Saint-Léonard, issu d'une vieille famille de la noblesse picarde, officier monarchiste et catholique, il est capitaine quand débute la Seconde Guerre mondiale. Il est blessé pendant la campagne de France et fait prisonnier mais arrive à s'évader.

Le 22 juillet 1940, il quitte sa femme et leurs six enfants pour rejoindre Londres et participer aux côtés du général de Gaulle à la libération de la France. Il prend alors le pseudonyme de Leclerc, fréquent dans sa région. De Gaulle l'envoie en Afrique avec le grade de commandant avec mission de rallier le Cameroun et l'Afrique équatoriale à la France libre.

Une ascension fulgurante

Pour se hisser au-dessus du lieutenant-colonel en poste au Cameroun, Leclerc s'attribue comme par enchantement le grade de colonel. Le général de Gaulle acceptera peu après de le confirmer dans ce grade en le dispensant de passer par le grade de lieutenant-colonel.

Nommé commissaire général de la France libre au Tchad, Leclerc enlève aux Italiens l'oasis de Koufra, le 2 mars 1941. C'est le début d'une longue marche glorieuse jusqu'à Strasbourg, via Paris.

Marche triomphale

Le colonel débarque en Normandie en juillet 1944 à la tête de la 2e division blindée, partie intégrante de la 3e armée américaine du général Patton. Il lui revient l'honneur de libérer Paris.

Le général et ses troupes auront encore l'honneur de libérer Strasbourg le 25 novembre 1944 puis de s'emparer du nid d'aigle de Hitler à Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises.

Leclerc représente la France lors de la reddition du Japon, le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé USS Missouri.

Après la libération de la France, le général de Gaulle envoie Leclerc en Indochine pour restaurer la souveraineté française sur l'ancienne colonie. Mais Leclerc comprend l'inanité de ce projet et s'éloigne dès lors de De Gaulle.

Mort dans un accident d'avion au-dessus du Sahara le 28 novembre 1947, le général est inhumé dans la crypte des Invalides puis hissé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume cinq ans plus tard, le 11 janvier 1952, en même temps que Jean de Lattre de Tassigny (il aurait alors eu 49 ans).

https://www.herodote.net/Leclerc_de_Hauteclocque_1902_1947_-synthese-246.php

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La SCAM se réforme à la demande de Bruxelles

Il existe de nombreuses associations de défenses des artistes et créateurs en tous genres, parmi les plus connues : la SGDL (société des gens de lettres) pour les auteurs littéraires ; la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques) pour les auteurs de théâtres, de cinéma ou de radio ; la SACEM (société des auteurs compositeurs de musique) pour les musiciens ; la SCAM (société civile des auteurs multimédias) pour les journalistes et les auteurs diffusés par les médias. C’est précisément sur cette dernière que je veux attirer votre attention.

 

ACT ECRIVAINS AUTEURS

 

L’Assemblée Générale annuelle de la SCAM doit se dérouler le 22 novembre et à cette occasion un projet de réforme des statuts et du règlement général adopté par le Conseil d’Administration en septembre dernier sera soumis au vote de ses adhérents. Ce qui est particulièrement intéressant est énoncé dans le préambule du projet que voici :

 

Cette année est l’année d’une importante réforme des statuts et du règlement général de la Scam, pour répondre aux exigences de laDirective européenne de 2014 sur la gestion collective, transposée findécembre 2016 en droit français. À l’heure des tentatives de remise encause des droits de propriété littéraire et artistique sous l’effet du numérique et de la mondialisation, non sans de multiples tergiversations,l’Europe s’est finalement donné pour ambition de disposer au sein du marché unique d’une gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins garantissant « un niveau élevé de gouvernance, de gestion financière, de transparence et de communication d’informations ».

 

Il faut d’abord noter ce qui a été mis en caractères gras et que pourtant le lecteur ne peut ignorer, comme pour minimiser ce que dit la fin de la phrase : « … pour répondre aux exigences de la Directive européenne de 2014 sur la gestion collective, transposée fin décembre 2016 en droit français... » Car c’est bien de cela qu’il s’agit, répondre aux exigences de la Directive européenne,mais cela semble aller de soi et ne mérite pas d’être souligné pour les auteurs du projet alors que précisément c’est là le point le plus important puisque se profile dans cette directive européenne la perte de la spécificité de la législation sur les droits d’auteur à la française.

Pour mémoire le droit français depuis Beaumarchais garantit l’inaliénabilité absolue des droits d’auteur tandis que la législation anglo-saxonne autorise leur achat à l’instar de n’importe quelle marchandise. La suite du préambule prévoit : « … une gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins garantissant ‘ un niveau élevé de gouvernance, de gestion financière, de transparence et de communication d’informations’ ». Voilà un bel exemple de langue de bois, une phraséologie rassurante pour ne rien dire d’essentiel mais poser des jalons pour l’avenir car si le nouveau texte soumis au vote des adhérents n’établit pas de changement notoire quand à l’évaluation, la perception et la durabilité de la perception pour les auteurs et leurs ayant-droits, l’accent est mis sur une exigence de transparence de la « directive européenne », et les articles sont chamboulés dans leur numérotation et reformulés pour être en conformité avec cette « directive ».

Donc, en clair, cela signifie que le Conseil d’Administration de la SCAM se soumet à une autorité extérieure et demande aux adhérents de la Société d’approuver cette soumission. Il y a peu de temps encore une telle exigence venue seulement du ministère de la culture aurait provoqué une levée de boucliers chez les auteurs. Aujourd’hui la « directive » n’est même pas française et personne ne bouge le petit doigt. Alors le nouveau patron des auteurs pourra ensuite, insidieusement, transformer la juridiction du droit d’auteur sans craindre le moindre tollé de la part des intéressés pris en otage par un Conseil d’Administration inféodé à une juridiction supra nationale. Je suis curieux de savoir si la SACD, la SGDL et la SACEM ont été sollicité par la Directive européenne pour basculer dans une vassalisation identique.

 

Voilà donc le premier épisode d’un feuilleton à suivre avec beaucoup d’attention de même que ce que notre ministre de la culture nous sortira de son chapeau dans les semaines à venir car il ne faut pas s’y tromper dans notre système libéral occidental la culture est aussi – sinon d’abord – le fer de lance d’une propagande impérialiste. Le dernier livre de Régis Debray Civilisations en fait la parfaite démonstration à propos de la culture nord-américaine. Dans cet ordre d’idée la réalisation d’un fédéralisme européen implique nécessairement une uniformatisation des cultures et des pensées, en réalité leur anéantissement actuellement en cours. A ce propos des journaux pourtant connus pour leur adhésion au projet européen et leur soutien au gouvernement actuel – Le Monde et l’Obs – parlent de « révolution copernicienne » et attirent l’attention sur les conséquences centralisatrices de la réforme prévue telle qu’elle a filtré au grand dam de Matignon et du ministère de la culture.

 

 

 

Richard Tchélébidès

source: upr 23

 

 

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François Asselineau invité de Natacha Polony sur Polony TV

François Asselineau, président de l’UPR et candidat à l’élection présidentielle de 2017, était l’invité de Natacha Polony sur la chaîne PolonyTV.

VID FA NATACHA NOV17

Retrouvez l’entretien sur le site internet de PolonyTV.

Et sur le site national de l'UPR:

https://www.upr.fr/actualite/francois-asselineau-invite-de-natacha-polony-polony-tv

Birmanie : voyage délicat pour le pape François en pleine crise des Rohingyas

En Birmanie, majoritairement bouddhiste, le pape François doit rencontrer Aung San Suu Kyi, accusée de ne rien faire face à la persécution des musulmans rohingyas.

ACT PAPE ROHINGYAS

François est le premier pape à se rendre en Birmanie. Son avion a atterri peu avant 8 heures (heure française) ce lundi à Rangoun, pour un déplacement qui s’annonce délicat, en pleine crise des Rohingyas.

La Birmanie est un pays majoritairement bouddhiste, et qui ces derniers mois fait l’objet d’accusation de persécution de cette minorité musulmane. Environ 620 000 Rohingyas ont fui depuis fin août leurs villages de l’Etat Rakhine (ouest de la Birmanie) pour échapper à une campagne de répression de l’armée, qualifiée d' « épuration ethnique » par les Nations unies.

Le Pape doit rencontrer plusieurs officiels birmans et devrait évoquer avec eux le sort de cette minorité. Il doit ainsi s’entretenir avec le chef de l’armée, Min Aung Hlaing, qui est accusé d’être le principal responsable de la campagne de répression. La semaine dernière, la Birmanie et le Bangladesh ont annoncé un accord sur un retour des réfugiés rohingyas, mais le chef de l’armée s’est déjà dit opposé à leur retour en masse.

Une immense messe à Rangun

Le pape François doit également rencontrer Aung San Suu Kyi, la principale dirigeante birmane et prix Nobel de la paix. Son manque d’empathie affiché pour les Rohingyas a été fortement critiqué sur la scène internationale.

Le souverain pontife doit donner mercredi une immense messe dans un stade de Rangoun. Le pays compte près de 700 000 catholiques, soit un peu plus de 1 % des 51 millions d’habitants.

Pour son 21e voyage, le pape se rendra également au Bangladesh, autre pays asiatique marqué par de fortes tensions religieuses et sous les projecteurs avec l’exode forcé des Rohingyas.

http://www.leparisien.fr/international/birmanie-voyage-delicat-pour-le-pape-francois-en-pleine-crise-des-rohingyas-27-11-2017-7417683.php


 

BASE 14 995X225Comme d'habitude, la "scène internationale" dont il est question s'entend comme la coalition autour des Etats- Unis et leurs alliés géopolitiques. Les lecteurs de ce site ont pu lire différents articles mettant en doute la version "occidentale" de la question Rohingya, ainsi que la présence au sein de cette minorité d'activistes jihadistes manipulés par les services de renseignement occidentaux et saoudiens afin de déstabiliser la Birmanie (Myanmar) et contrer ainsi les intérêts chinois dans la région.

Il est inquiétant de voir le Pape prendre parti pour un camp au détriment de sa mission de paix universelle, surtout dans un contexte de tensions internationales: pendant ce temps, au Yemen, un peuple subit un génocide dans le silence général, notamment de la "scène internationale"...Et une coalition militaire se met en place pour déstabiliser le Liban et l'Iran...

P.G.

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L'UE autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

Les 28 Etats-membres, réunis en comité d’appel après l’échec des tentatives précédentes pour s'accorder, ont décidé le 27 novembre de ré-autoriser le pesticide de Monsanto pour cinq ans. L'Allemagne a fait basculer le vote en se prononçant pour.

ACT UE GLYPHOSATE

La Commission européenne a annoncé que les Etats membres de l'UE, réunis au sein d'un comité d'appel, avaient voté le 27 novembre en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l'herbicide controversé.

Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, représentant à peine plus des 65% de la population de l'UE nécessaires. Neuf s'y sont opposés, dont la Belgique et la France, et un pays s'est abstenu. La majorité qualifiée requise a pu être obtenue, contrairement à un premier vote début novembre, grâce au vote «pour» de l'Allemagne.

La classe politique française scandalisée, de gauche à droite

José Bové, député européen, a réagi sur Twitter, en dénonçant : «Le scandale du glyphosate se poursuit. On en reprend tous pour cinq ans, paysans, consommateurs. Le principe de précaution est foulé aux pieds. Bayer et Monsanto ont réussit à tordre le bras à Mme Merkel. C'est la victoire du business sur la science

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et ancienne députée européenne, a aussi exprimé son dégoût. Elle évoque une «scandaleuse décision sur le glyphosate». Elle écrit : «La santé est le parent très pauvre de la Commission et la responsabilité politique, morale et juridique des décideurs est immense

Autre réaction, celle de Florian Philippot, président de la formation Les Patriotes, qui désapprouve tout autant l'autorisation délivrée au pesticide décrié, et réclame la sortie de l'Union européenne. «On en prend 5 ans de plus à cause de l’UE et de nos gouvernements soumis ! Une seule solution : l’indépendance par le Frexit !»

Le député Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s'ajoute au concert de protestations : «En renouvelant pour cinq ans la licence d’exploitation du glyphosate, l'Union européenne joue un jeu irresponsable avec la santé des Européens

Il en profite pour épingler le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot qu'il estime se montrer «petits bras dans les actes face aux lobbys».

Charles-Henri Gallois, responsable national des questions économiques pour l'Union populaire républicaine, fait aussi un plaidoyer pro-Frexit, et dénonce : «Nos politiques n’ont plus de prise sur la réalité et leur seule plus-value est de décider s’ils vont couper dans le budget de la santé, de la Défense ou de l’éducation. Reprenons notre liberté et notre indépendance.»

Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de gauche, conseillère de Paris, estime que «Monsanto a gagné». «"L'Europe qui protège" est irresponsable et criminelle», fulmine-t-elle sur Twitter.

Malgré l'avis de la FNSEA, la France compte toujours sortir du glyphosate dans 3 ans

Alors que la classe politique dans sa quasi-totalité, exprime son mécontentement suite au vote de la Commission, deux voix tranchent avec cette unité. La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), le plus grand syndicat du secteur, se réjouit du résultat du vote. «Nous actons ce compromis de cinq ans qui n'a été possible que grâce au pragmatisme d'un grand nombre d'Etats membres européens et nous déplorons que la France ne s'y soit pas ralliée et ait choisi de faire bande à part», a-t-elle écrit dans un communiqué. Tandis que le ministre français de l'Agriculture Stéphane Travert s'est dit «heureux» que les Etats membres de l'Union européenne soient parvenus à un accord sur le glyphosate, il a toutefois appelé à trouver des solutions de remplacement pour cet herbicide controversé.

Malgré le vote, le président promet toutefois qu'il fera interdire le glyphosate en France dans les délais les plus courts. «J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans», a en effet tweeté Emmanuel Macron.

Comment le vote a basculé en faveur de l'autorisation

Ce résultat, qui sonne comme un coup de théâtre, est en grande partie dû au revirement de l'Allemagne qui s'était abstenue lors du précédent vote. Le pays aurait simplement demandé des modifications au texte afin d'inclure des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Ce changement de position de l'Allemagne a contribué à faire pencher la balance en faveur d'une nouvelle autorisation.

La Commission va maintenant adopter une décision avant que l'autorisation actuelle n'expire le 15 décembre.

https://francais.rt.com/international/45994-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans

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L’abomination consumériste et linguistique du « Black Friday »

En 1929, le monde entier avait connu l’abomination du « Black Thursday » (le jeudi noir) à Wall Street, où les actions avaient dévissé de 22 %. Depuis quelques années, après déjà avoir connu l’introduction plutôt ratée, en provenance d’Amérique, des fêtes d’« Halloween », vieille tradition ancestrale indo-européenne, par les grandes surfaces commerciales, afin de faire consommer les Européens avant Noël, ces derniers assistent médusés à la nouvelle tentative d’introduction d’une fête exclusivement commerciale , le « Black Friday » (vendredi noir), toujours en provenance d’Amérique, pour des raisons exclusivement commerciales n’ayant absolument rien à voir avec nos racines culturelles et nos traditions.

ARG BLACK FRIDAY

Le « Black Friday » a été importé des États-Unis en 2010 par Amazon et Apple, un événement promotionnel qui a lieu aux États-Unis, au lendemain du « Thanksgiving », fête traditionnelle exclusivement américaine pour remercier les Indiens d’Amérique qui ont sauvé les premiers immigrants anglais du Mayflower menacés de famine, avant que les descendants de ces derniers et les nouveaux arrivants, contrairement aux colons de la Nouvelle France, les exterminent en guise de remerciements.

Les commerçants de l’électronique, afin de pousser les consommateurs à anticiper les achats de Noël, se sont engouffrés dans la brèche d’Amazon et d’Apple. Les rabais proposés en France par les enseignes commerciales sont limités (de l’ordre de 20 à 30 %) car, contrairement à la version américaine, la vente à perte est réservée aux seules périodes de soldes officiels.

Les Européens ont une seule fête véritable avant Noël qui s’appelle la Toussaint, pour honorer nos morts, se recueillir dans le silence du souvenir, acheter quelques cierges et des chrysanthèmes, ce qui n’a rien à voir avec tous ces gadgets et déguisements, masques en plastique d’Halloween, tous ces produits gaspillés sur l’autel de la consommation où le supermarché devient notre nouvelle église du dimanche et où la seule religion célébrée est celle de la consommation futile, stupide, crétine, exubérante, bruyante, hédoniste.

Le phénomène « Black Friday » se développe actuellement dans toute l’Europe, le seul peuple qui résiste étant les Espagnols. En France, Emery Jacquillat, le directeur du site Camif.fr, a sauvé l’honneur. Il a fermé son site le vendredi 24 novembre 2017 en guise de protestation et a seulement affiché les raisons pour lesquelles il s’opposait à la crétinerie ambiante.

Camif.fr proteste contre la surconsommation stupide que n’ont jamais vraiment combattue les soixante-huitards et leurs rejetons gauchistes « écolos » uniquement préoccupés par le très discutable réchauffement climatique et l’hostilité stupide au nucléaire. Il nous rappelle qu’un ménage français engloutit, chaque année, trente-quatre tonnes de matières premières, une piscine olympique pour l’eau, quatre terrains de football de terres et émet, à lui seul, quinze tonnes de dioxyde de carbone (CO2).

Que les Ricains se gardent leur « Black Truc Chouète » ! Parlons français, consommons français, restons des Français européens* et fêtons en français les seules fêtes bien de chez nous ! Assez de cette colonisation rampante par la langue et par la surconsommation matérialiste stupide qui fait des Européens des « Euro-Ricains » dévirilisés et décérébrés incapables de se défendre ! Boycottons « Halloween » et « Black Friday » ! Protestons par la grève des achats !

http://www.bvoltaire.com/labomination-consumeriste-linguistique-black-friday-resistance-boycottage-organise-camif-fr/?mc_cid=3ffa9470a1&mc_eid=efeb16d774


 

BASE 14 995X225*« Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics,
 quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer.
 Que dis-je? Quand on l'approuve et qu'on y souscrit. »

OEuvres complètes de Bossuet vol XIV,
Jacques B. Bossuet, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145.

P.G.

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Brexit : l'absence d'accord commercial avec l'UE ne serait "pas la fin du monde" (OMC)

L'absence d'accord commercial avec l'Union européenne au moment du Brexit ne serait "pas la fin du monde" pour le Royaume-Uni, même si cela pourrait entraîner "des rigidités et des coûts" pour ce pays, a estimé dimanche le patron de l'OMC, Roberto Azevedo.

ACT BREXIT 2 DRAPEAUX

Des échanges soumis aux règles de l'OMC

Sans accord commercial au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, celui-ci se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), c'est-à-dire des barrières douanières et tarifaires.

"Environ la moitié du commerce du Royaume-Uni est déjà soumise aux règles de l'OMC - avec les États-Unis, la Chine et plusieurs grands pays émergents où l'UE ne dispose pas d'accords commerciaux", déclare M. Azevedo dans un entretien accordé au journal britannique The Sunday Telegraph"Ainsi, si le commerce du Royaume-Uni avec l'UE est régi par les règles de l'OMC, ce n'est pas la fin du monde", juge-t-il, tout en estimant préférable la conclusion d'un accord de libre-échange (ALE) entre les deux parties.

Le Royaume-Uni a prévu de quitter le marché unique européen et l'Union douanière en se retirant de l'UE le 29 mars 2019, tout en espérant pouvoir conclure d'ici là un accord de libre-échange avec Bruxelles.

"Un impact parfaitement gérable"

L'UE refuse d'entamer des négociations sur sa future relation commerciale avec le Royaume-Uni sans accord préalable sur trois dossiers qu'elle juge prioritaires, dont la facture du divorce et la frontière entre les deux Irlande, alimentant l'hypothèse de la possibilité d'une absence d'accord.

"Si vous ne disposiez pas d'un ALE totalement fonctionnel avec l'UE, il pourrait y avoir des rigidités et des coûts - mais ce n'est pas comme si le commerce entre le Royaume-Uni et l'UE allait s'arrêter. Il y aura un impact, mais je suppose qu'il est parfaitement gérable", estime M. Azevedo.

Avant le référendum britannique du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le patron de l'OMC avait averti qu'une sortie de l'UE risquait d'entraîner pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires. Il avait également prévu que Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec les 58 pays liés au bloc européen par un accord de libre-échange. "Bien sûr, nous préférerions conclure un accord avec l'Union européenne mais nous ne craignons pas de ne pas en avoir", a déclaré sur la chaîne de télévision Sky News le ministre britannique du Commerce, Liam Fox.

(Avec AFP)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-l-absence-d-accord-commercial-avec-l-ue-ne-serait-pas-la-fin-du-monde-omc-759326.html


 

BASE 14 995X225Une illustration de plus que certaines affirmations péremptoires formulées avant le référendum n'avaient qu'un seul objectif réel: faire peur aux Britanniques!

P.G.

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Le droit et la morale

CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

ARG FINANCE HSBC

Lux Leaks, Swiss Leaks, Panama Papers, et maintenant Paradise Papers: les «scandales» de l'argent caché se suivent et se ressemblent. Et pendant ce temps-là, le montant des avoirs détenus dans les paradis fiscaux continue de croître inexorablement...

Lorsque paraît la première édition du livre de Gabriel Zucman, La richesse cachée des nations[1]. Enquête sur les paradis fiscaux(Seuil), en 2013, les fuites (ou leaks) qui défraient la chronique au rythme désormais régulier d'une par an (Lux Leaks en 2014, Swiss Leaks en 2015, Panama Papers en 2016 et Paradise Papers en 2017) sont encore à venir.

Disposant d'informations chiffrées jusqu'en 2016 (Panama Papers), l'auteur a mis à jour son livre dont la nouvelle édition est parue au moment où l'affaire des Paradise Papers a éclaté, en octobre dernier. Avant de voir de plus près ce que ce livre apporte, il n'est peut-être pas inutile de revenir sur quelques questions d'ordre général.

Tout d'abord, l'«optimisation fiscale», comme on appelle pudiquement cette évasion à grande échelle, concerne principalement deux grandes catégories: les «ultra-riches» et les sociétés multinationales. Pour les premiers il s'agit bel et bien d'échapper aux radars du fisc et de masquer des revenus ou des fortunes qui devraient être soumis à l'impôt. Dans la plupart des cas, le caractère illégal n'est pas à démontrer. Et les conséquences sont évidentes pour les États: augmentation des impôts des classes moyennes, réduction des dépenses et/ou baisse des services publics. Pour les secondes, les savants montages que l'on connaît leur permettent de transférer leur chiffre d'affaires et leurs bénéfices des pays dans lesquels ils opèrent vers des pays où l'impôt sur les bénéfices est bas, voire inexistant. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) en sont des grands spécialistes, et le Luxembourg est leur principal refuge en Europe.

On pourra donc commencer par dénoncer l'hypocrisie de l'Union européenne, qui pourchasse les paradis fiscaux, sauf ceux qui se trouvent sur son territoire, la «liste noire» européenne prévoyant explicitement d'en exclure ses membres.

Par ailleurs, outre les revenus fiscaux qui échappent ainsi aux États, les pratiques des multinationales ont des conséquences désastreuses sur l'économie locale par la concurrence déloyale avérée qui en découle: les entreprises nationales sont quant à elles soumises intégralement aux impôts, taxes et cotisations dans le pays où elles exercent leur seule activité. La question récurrente qui oppose droit et morale, dans la mesure où ces montages sont dans certains cas légaux, devrait par conséquent, pour trouver une réponse, non seulement s'intéresser aux impacts de ces pratiques sur les caisses des États, mais aussi à cette situation de distorsion de concurrence et à ses effets néfastes sur l'économie réelle. Il ne me semble pas que ceci soit suffisamment pris en compte: les «révélations» de l'International Consortium Investigate Journalists (ICJ) – on ne voit d'ailleurs pas très bien en quoi recevoir un fichier et l'exploiter peut être qualifié de «journalisme d'investigation»! – se bornent souvent à clouer au pilori quelques célébrités, histoire de «faire vendre» des journaux en mal de lecteurs avec du «sensationnel» («du sang à la Une, coco!»).

C'est bien en cela que la lecture du livre de Gabriel Zucman est intéressante: il ne cite aucun nom. Ce n'est pas un livre à «sensations», mais celui d'un économiste qui reconstitue la toile et retrace l'histoire des paradis fiscaux, évalue[2] les sommes en jeu, et surtout propose des solutions qui permettraient de mettre fin à ce petit jeu du chat et de la souris.

Quelques chiffres pour éclairer le sujet. Premier constat: alors qu'en avril 2009, après la crise financière de 2007–2008, les dirigeants des pays du G20 décrétaient la «fin du secret bancaire», le montant des avoirs détenus dans les paradis fiscaux n'a cessé de croître depuis: d'environ 40% à l'échelle mondiale entre 2008 et 2016. Il atteignait 7'900 milliards d'euros en 2016, soit 8% du patrimoine financier mondial détenu off shore. 25% (2100 milliards) sont en Suisse. Mais pour les 75% restants (Singapour, Hong Kong, Bahamas, etc.), la distinction entre la Suisse et les autres paradis fiscaux n'a cependant pas de sens: une grande partie d'entre eux sont en réalité gérés par des banques suisses, depuis Zurich ou Genève. Plus de fortune, mais plus concentrée aussi: aider les petits fraudeurs n'en vaut plus la chandelle. Les banques s'intéressent maintenant aux ultra-riches, entendez par là les personnes dont la fortune dépasse les 50 millions d'euros.

La liste Falciani qui allait révéler «l'affaire HSBC» (Swiss Leaks) permet de mesurer cette concentration: 80% de la richesse gérée par HSBC appartient au 0.1% les plus riches; et plus de 50% aux 0.01% les plus fortunés. Ça ne fait pas grand monde, mais un sacré paquet de pognon!

Pour ces «clients-là», en moyenne ce sont 50% de leur patrimoine qui est dissimulé chez HSBC.

8% du patrimoine mondial, donc, mais il ne s'agit là qu'une moyenne: à y regarder de plus près, ce sont surtout les pays en voie de développement qui sont les plus touchés. Car si la fraction de la richesse financière privée détenue offshore n'atteint «que» 11% en Europe, elle est de 27% en Amérique latine, de 44 % en Afrique et de 54% en Russie! Tout ceci représente quelque 155 milliards d'euros de pertes fiscales par an sur le plan planétaire. Et encore ne s'agit-il ici que des particuliers: il convient d'y ajouter les 40% des profits des multinationales qui sont délocalisés dans les paradis fiscaux et échappent par conséquent à l'impôt sur les sociétés.

Très didactique et documenté, ce livre se conclut surtout par trois propositions que l'auteur estime en mesure de mettre fin aux paradis fiscaux. La première est connue: sanctions financières, commerciales et douanières. Les deux premières formes de sanctions peuvent être efficaces à la condition d'une grande coalition internationale (G20): le rapport de force serait fortement défavorable aux micro-États qui se sont spécialisés dans les services d'opacité financière. Pour les sanctions douanières, c'est une des missions de l'OMC que de décourager les pratiques déloyales de cette nature en autorisant les pays qui en sont victimes à imposer des droits de douane supplémentaires pour compenser le préjudice subi. Là aussi, l'union faisant la force, une coordination des pays lésés pourrait être efficace.

Deuxième proposition: la création d'outils de transparence financière en instaurant un «cadastre financier mondial». Des registres similaires existent déjà: le but est de fusionner dans un registre global les trois principaux, le Depository Trust Corporation (États-Unis), Clearstream (Luxembourg) Euroclear (France) et d'y ajouter les autres dépositaires et sources épars. La fortune financière, qu'elle soit privée ou des multinationales, serait ainsi clairement identifiée et connue.

Troisième proposition: une taxation mondiale. Pour les fortunes privées, comme l'a déjà préconisé Thomas Piketty dans Le Capital du XXIe siècle, il s'agit de créer un impôt mondial sur le capital. Objet de vifs débats, la taxation du capital semble pourtant relever du bon sens: historiquement, c'est surtout le travail qui a été taxé. Or les fortunes qui se cachent aujourd'hui dans les paradis fiscaux ne sont que très minoritairement le fruit d'un travail au sens propre du terme. Si à l'origine les bourses avaient comme vocation de financer le développement et la croissance des entreprises, il y a belle lurette qu'elles ne visent plus qu'à augmenter les dividendes versés aux actionnaires au détriment même des entreprises cotées, dont le seul objectif est dorénavant de présenter des résultats en hausse d'un trimestre sur l'autre pour satisfaire la voracité des «marchés», donc des actionnaires.

Il serait temps que la taxation du travail au sens propre diminue et soit compensée par une taxation du capital.

Quant à l'impôt sur les sociétés tel qu'il existe aujourd'hui, il est fondé sur la fiction qu'on peut établir les profits réalisés par chaque entreprise pays par pays. Or, sa faillite actuelle est bien due à une délocalisation des profits par deux techniques: les prêts intragroupes (on leste de dettes les filiales situées dans les pays fortement imposés) et la manipulation des prix de transfert (le trucage des prix auxquels les filiales achètent les unes aux autres leurs propres produits et services, en particulier les biens immatériels: brevets, logos, marques...). La solution serait donc – grâce notamment au «cadastre financier mondial» – de taxer les profits mondiaux, qui ne peuvent être truqués, et de reverser par répartition l'impôt récolté selon les ventes réalisées dans chacun des pays.

Court et de lecture facile, cet essai permet non seulement de comprendre comment l'évasion fiscale des grandes fortunes et des multinationales est organisée et d'en mesurer l'ampleur, mais aussi de ne pas tomber dans une sorte de fatalisme, de considérer ces pratiques comme inéluctables: une combinaison entre une pression citoyenne et une alliance entre les États* permettrait la disparition des paradis fiscaux. Bien plus qu'un constat documenté, c'est donc aussi un programme que nous propose l'auteur.

NOTES
  1. Le titre fait bien évidemment référence au livre le plus célèbre d'Adam Smith (1723–1790) appelé communément La richesse des nations (1776), le titre complet étant Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Considéré comme le «père» de l'économie libérale, Adam Smith est l'inventeur de la notion de «main invisible» et du fantasme de l'autorégulation des marchés et de l'économie.
  2. Il s'agit bien d'estimations dont l'auteur explique les méthodes de recoupement qu'il a utilisées pour les calculer.

Source: Antipresse


 

BASE 14 995X225"alliance entre les États":

En attendant de changer les règles au niveau mondial, ce qui ne pourrait arriver que sous la pression d'un certain nombre d'Etats souverains, si on commençait par récupérer la souveraineté? Faute de quoi les rêves d'un monde plus juste, y compris sur le plan fiscal, risquent de ne rester que des voeux pieux...

P.G.

 

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Ukraine: des témoignages fracassants... passés sous silence

LA POIRE D'ANGOISSE par Slobodan Despot

ARG OTAN UKRAINE

La «Georgian connexion»: peut-être un sujet de film, mais certainement pas une info.

Le site d'Olivier Berruyer, Les Crises, propose la traduction d'un reportage vidéo stupéfiant diffusé par la chaîne italienne Canale 5. Le reporter Gian Micalessin a en effet interviewé trois mercenaires géorgiens qui auraient été dépêchés à Kiev début 2014 dans le but d'envenimer la «révolution colorée» du Maïdan et de précipiter le renversement du président élu Yanoukovitch.

Le 20 février 2014, on s'en souvient, de mystérieux snipers avaient tiré sur la foule et sur les policiers, faisant plus de 80 morts. Ecartant du même coup la perspective d'élections anticipées et d'une issue pacifique à la crise. Or, selon ces «tueurs malgré eux» retrouvés par le journaliste italien, les ordres et les armes venaient directement de l'opposition, assistée notamment d'un officier américain.

Branle-bas? Tremblement de terre dans le mainstream médiatique? Loin de là: bien au contraire, une belle omerta sur cet événement historique à propos duquel les médias occidentaux avaient fait preuve d'un unanimisme pour ainsi dire... totalitaire:

«Nous resterons relativement prudents à ce stade, ceci restant au conditionnel, mais ceci nécessiterait du coup un enquête urgente et approfondie de la Justice et des grands médias – du moins s'ils ne veulent pas alimenter le "complotisme", d'autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n'a repris ces informations, à l'exception du grand journal italien Il Giornale...»

Les sujets d'enquête — c'est le moins qu'on puisse dire — ne manqueraient pourtant pas. A commencer par cette mystérieuse Georgian connexion, où l'on voit défiler le pion américain Saakashvili (celui-là même qui lança une guerre désastreuse contre la Russie en 2008) et sa ribambelle de «conseillers» plus bizarres les uns que les autres, pourvus du jour au lendemain de passeports ukrainiens. Telle, par exemple, Eka Zguladze, la vice-ministre de la justice de Géorgie infiltrée exactement au même rang dans le gouvernement putschiste de Kiev de fin 2014 à mai 2016, et qui se trouvait incidemment être l'épouse du philosophe héréditaire Raphaël Glucksmann, donneur de leçons notoire sur la «démocratie» ukrainienne.

Nous n'irons pas jusqu'à établir des liens entre le maquillage de la révolution en Ukraine et le maquillage de l'information en Europe de l'Ouest, mais il nous semble que ce serait une intéressante piste à étudier pour des journalistes intrépides et intègres.

Source: Antipresse

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L’éolien signe la fracture entre deux visions de l’écologie

27 novembre 2017 / Grégoire Souchay (Reporterre)

 

ARG EOLIENNES

 

 

Emblème de la transition énergétique ou avatar vert du capitalisme ? L’énergie éolienne divise les écologistes. Reporterre a mené une grande enquête, en cinq volets, pour examiner en détail les questions soulevées par le développement de cette industrie et les enjeux qui l’accompagnent.

 

Elles sont là, partout autour de nous. Dans les rues et dans les campagnes. Chez les grands énergéticiens, Total, EDF, Engie, mais aussi dans des pubs pour des assurances, pour des produits de la ferme, même en photo dans les toilettes d’un TGV. Qui ? Les éoliennes, bien sûr. Elles sont désormais un élément constitutif de l’imaginaire collectif contemporain. En quelques dizaines d’années, ces machines produisant de l’électricité par la force du vent sont devenues le symbole par excellence de notre siècle, associées aux discours sur le « développement durable » ou « la transition énergétique ». Et de fait, c’est bien la technologie renouvelable qui se développe le plus aujourd’hui en France. Si l’hydraulique est encore le premier poste d’énergie « propre », les équipements sont vieillissants et l’époque des grands barrages est désormais révolue. Place donc au solaire, mais surtout aux éoliennes. On les retrouve sur les crêtes du sud du Massif central, dans les grandes plaines du Centre, du Nord et de la Champagne, des monts du Morvan aux littoraux occitans, et bientôt demain en mer au large de la Bretagne et de la Normandie voire de la côte catalane.

 

Et « c’est une chance », clament ensemble des écolos, engagés depuis des dizaines d’années dans les associations environnementales, comme France nature environnement ou la commission énergie d’Europe Écologie les Verts. Certains ont fait profession de leur engagement, en créant des bureaux d’étude ou des PME innovantes. Dans ces milieux plutôt urbains, proches des ingénieurs et des techniciens voire de la « start-up nation », l’éolien est vu comme une « technologie fiable, qui a fait ses preuves et comme une énergie hautement compétitive », ainsi que l’explique Olivier Perot, directeur de Senvion Europe et président de France énergie éolienne. Une « chance » d’abord et avant tout pour parvenir à la sortie du nucléaire, de ses risques et des dépendances induites. Mais aussi une « chance » économique, un potentiel d’investissement et de croissance, une « économie verte » durable capable de reconvertir des anciens bassins industriels et de transformer en profondeur le mode de production centralisé du nucléaire français. Mais pour cela, il faut faire vite. L’urgence climatique avance inexorablement. Alors, il faut développer, construire, massifier les parcs solaires et éoliens, dans un calendrier qui s’impose comme une évidence.

 

L’éolien révèle la fracture entre deux visions de l’écologie

 

Le problème, c’est que le développement de la filière s’oppose aussi à d’autres écologistes, tout aussi convaincus, souvent plus ruraux, peut-être moins insérés dans la mondialisation. Il peut s’agir de propriétaires retraités de maisons secondaires soucieux de la valeur de leur bien, mais aussi de plus jeunes gens, tentant d’utopiques « sorties du système », en recherche de modes de vie moins coûteux en énergie. Les écolos critiques de l’éolien sont plus nombreux qu’on le pense. Certains tentent des alliances dans l’action avec des groupes peut-être moins radicaux sur la sortie du nucléaire, d’autres rejettent en bloc l’atome, l’éolien, et le solaire comme une même mécanique capitaliste qui change simplement de forme.

Le point commun, c’est la dénonciation de l’« industrialisation de la campagne ». Ces militants anti-éolien défendent un cadre de vie, serein, silencieux, loin de métropoles toujours plus grandes et avides de terres arables. Pour eux, l’éolien est intrinsèquement « industriel », une « histoire de gros sous », comme le clame une brochure du collectif de l’Amassada, dans le sud de l’Aveyron ; des installations qui font « un mal considérable, aux habitant-e-s, en dégradation sociale, économique et environnementale », selon le collectif Toutes nos énergies Occitanie. La question qu’ils posent n’est pas l’occasion de la sortie du nucléaire et de la diminution des émissions de gaz à effet de serre, mais la manière de penser globalement l’énergie et sa place dans nos sociétés.

L’éolien, en fait, révèle la fracture entre deux visions de l’écologie : développement durable et acceptation du capitalisme versus sobriété et désir d’émancipation.

Dans ce débat, on oublie souvent la réalité matérielle de ces machines, de leur fonctionnement, des infrastructures nécessaires pour les relier au réseau de distribution. Impossible de parler sérieusement du sujet sans embrasser toute la chaine de l’énergie, la fin des monopoles sur l’électricité, le rôle pivot des gestionnaires de réseau, RTE (Réseau de transport d’électricité) et Enedis. Envisager l’éolien, c’est envisager aussi une ingénierie du monde, assez technophile, qui espère créer un système cohérent, efficace, « intelligent », avec des technologies toujours plus sophistiquées pour stocker ce qui ne se stocke pas : Step, smart grid et consorts sont de la fête.

 Chaque camp a ses propres chiffres, ses propres définitions, son propre langage

Reste que cette utopie demeure profondément ancrée dans un système économique de libre-échange et de concurrence. Sur ce point, même Stéphane Chatelin, directeur de Négawatt, pourtant chaud partisan de l’éolien, l’admet : « Aujourd’hui, rien ne pousse l’éolien à être plus exemplaire qu’un autre secteur économique. » De fait, l’éolien fonctionne dans une logique transnationale, les usines en Chine, en Allemagne ou au Portugal, les constructeurs en Allemagne, au Danemark, les sites de production partout dans le monde et l’énergie revendue sur un marché à travers toute l’Europe et même au-delà avec des « brokers » dans la plus pure tradition financière. Et comme toute industrie, l’éolien a un impact environnemental, économique et surtout social. Des impacts qu’il faut nécessairement mesurer, comparer, chiffrer.

Mais là encore, ça coince. Chaque camp a ses propres chiffres, ses propres définitions, son propre langage. Ici, on parle de parc ; en face, on compte les mâts. Les uns raisonnent en entrepreneurs économiques visant à optimiser des installations, les autres critiquent les effets politiques et sociaux sur une communauté de vie. Les uns se veulent spécialistes de l’énergie, les autres parlent de paysages et de protection de la nature. Qui croire entre ceux qui promeuvent « un pari gagnant » et ceux qui dénoncent « la grande arnaque » ? Dans les débats, que ce soit sur internet, dans les discussions entre amis ou entre voisins, les anti-éoliens ont souvent tendance à garder le dernier mot. Mais, dans le système politique actuel, ce sont surtout les préfets qui soufflent ou non le chaud et le froid.

De fait, selon les sondages (commandés par la filière), « l’acceptabilité sociale  » de l’éolien reste élevée dans la population. selon un sondage Ifop de 2016 commandé par la fédération France énergie éolienne, 77 % des mille personnes interrogées ont une bonne ou très bonne image des éoliennes, et le chiffre ne baisse que très peu pour les riverains immédiats (75 %).

L’énergie, de sa production à sa consommation, est une question politique

Mais « accepter » ne signifie pas adhérer, participer et encourager. Or, la question de l’énergie, de sa production à sa consommation, est une véritable question politique. Elle ne peut se résoudre par des consultations fragmentaires et partielles où l’on recueille un avis qui, de toute façon , ne sera que consultatif. Et, plus le temps passe, plus la menace d’une implantation dure, rapide et sans aucune concertation des énergies renouvelables par les services de l’État pointe le bout de son nez. C’est qu’il faut bien tenir les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Dans beaucoup d’endroits, on sent que le mantra de la « transition énergétique » est accueilli aussi froidement qu’un « There is no alternative » du temps de Margaret Thatcher. La réalité factuelle du changement climatique est indéniable. Mais l’effet politique de sidération face à la catastrophe semble parfois empêcher de se donner le choix de réfléchir aux modalités. Alors, forcément, on en vient à rejeter l’idée même de cette « transition », qui ne serait qu’un avatar d’un système capitaliste toujours plus destructeur et antidémocratique.

C’est à une bonne partie de ces questions que nous voulions tenter de répondre dans ce dossier, sans prétendre à l’exhaustivité et à l’impartialité. Au sein même de la rédaction de Reporterre, nos avis sont très variés sur l’éolien, selon où l’on vit, les trajectoires politiques, les expériences individuelles. « Moulin à vent moderne » ou « monstre mécanique dans les campagnes », chacun a sa propre image de ce que sont des éoliennes. En l’occurrence, ce dossier a été écrit par un journaliste né dans une zone rurale de moyenne montagne, et qui a vu dès 2002 ses premières éoliennes sur les monts en face de chez lui. De douze éoliennes au départ, il y en a désormais plus de cinquante, dont les dernières ont permis en début d’année au constructeur Enercon de franchir la barre des 3 gigawatts de puissance installée en France. Au même moment, le maire de la commune voisine se voyait condamné par la justice pour prise illégale d’intérêts, lui-même étant propriétaire d’une partie du bois qui accueillait une des éoliennes voisines. Au croisement entre ces deux réalités, du socle du mât au bout de la pale, Reporterre va tenter de vous expliquer les enjeux clefs de la question éolienne en France.

  • À suivre demain.

Source : Grégoire Souchay pour Reporterre

Photos : © Aurélie Delmas/Reporterre

https://reporterre.net/L-eolien-signe-la-fracture-entre-deux-visions-de-l-ecologie

 

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