lundi 13 novembre 2017

Vive la mondialisation heureuse, vive la fraude fiscale !

Depuis le 6 novembre 2017, les médias français et occidentaux bruissent d’une affaire de paradis fiscaux, baptisée de façon incompréhensible, même en anglais : « Paradise papers ».

ARG VEAU D OR DOLLAR

La belle affaire ! À lire les journaux et écouter nos hommes politiques, comment ne pas songer à la formule de Bossuet : « Dieu se rit de ceux qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes » ?

Des documents confidentiels ont été dérobés dans un cabinet d’avocats fiscalistes et de grands quotidiens se sont empressés de les publier par souci de moralité. Qu’apprend-on ? Que des multinationales, des multimilliardaires et même des cinéastes utiliseraient toutes les ficelles légales et même contourneraient les lois pour payer le moins possible d’impôts et dissimuler leurs avoirs dans des îles exotiques ? Qui l’eut cru ? Qui l’eut imaginé possible ?

Devant les députés – et sous l’œil des caméras – le ministre français de l’Économie a crié son indignation : « C’est intolérable ! »

Le même, il y a quelques semaines, s’était félicité avec tous ses collègues et le président de la République de la mise en application du traité entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Or, c’est la même idéologie qui sous-tend ce traité et les pratiques d’« optimisation fiscale .

Adopté en catimini, sans vote parlementaire - si ce n’est celui du Parlement européen, qui ne pèse pas lourd en matière démocratique -, ce traité de libre-échange de « nouvelle génération » restreint les droits des États européens au profit des multinationales. Il permet à celles-ci de contester des décisions gouvernementales y compris lorsqu’elles concernent exclusivement les citoyens de l’État concerné.

Ainsi s’éloigne-t-on à grandes enjambées du modèle démocratique inventé il y a trois siècles, qui plaçait au cœur du pacte social le « peuple souverain » (Jean-Jacques Rousseau).

S’il vient à s’exprimer sur l’affaire des paradis fiscaux (« Paradise papers » en novlangue), nul doute que le président Emmanuel Macron criera son indignation aussi fort que son ministre.

Mais le même oppose « ceux qui réussissent », autrement dit qui se donnent pour objectif de gagner un maximum d’argent, à « ceux qui ne sont rien », autrement dit l’immense majorité des citoyens : les paysans, les ouvriers et employés, les ingénieurs, chercheurs, enseignants et aussi parents « au foyer » qui cherchent leur satisfaction dans l’accomplissement de leur travail quotidien au bénéfice de la collectivité et de leurs proches, sans se soucier d’accumuler du superflu.

L'Adoration du veau d'or (Nicolas Poussin, 1633, National Gallery, Londres)Le président lui-même pilote l’État comme une entreprise, en manager seulement soucieux d’efficacité et de résultats comptables. Comme ses deux prédécesseurs, il a été nourri par l’idéologie de la performance, avec un seul étalon qui vaille : l’argent.

S’il y a lieu de s’indigner des millionnaires qui dissimulent leurs avoirs ou s’exilent dans des pays fiscalement modérés, comme la Suisse ou la Belgique, que penser des présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande qui, à peine sortis de l’Élysée, n’ont eu d’autre hâte que de marchander leur carnet d'adresses sous couvert de conférences grassement rémunérées ? L’aurait-on imaginé de la part de la précédente génération, de Mitterrand, Giscard ou Pompidou ?

Cette dérive témoigne d’un basculement de l’Occident dans une nouvelle hiérarchie de valeurs, qui place l’individu et ses intérêts particuliers au-dessus de l’intérêt général et du dévouement à la chose publique.

De la société de confiance à la société de défiance

« Aussi riche que l’on soit, on ne fait jamais que trois repas par jour », observait avec bonhomie Marcel Dassault, un ingénieur de génie qui avait par son talent bâti un empire industriel et par voie de conséquence accumulé une grande fortune.

C’était au temps où la prospérité générale était le fruit du travail productif et de l’innovation technique, rendus possibles par l’État de droit et une société de confiance. Car, comme l’observait un maître ès-tromperies : « On est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance » (Cardinal de Retz).

Depuis deux siècles, voire cinq ou dix, c’est sur ces bases que l’Europe occidentale a pu sortir de la stagnation néolithique, engager la révolution industrielle et diffuser ses recettes dans le monde entier… parfois par des moyens que la morale réprouve (conquêtes et colonisation).

Les années 1980 ont amorcé une rupture historique avec l’émergence aux États-Unis d’une idéologie dite « néolibérale » selon laquelle les actionnaires seraient les meilleurs juges de la santé d’une entreprise et, bien plus que l’État, les garants de la prospérité générale.

Le président américain Ronald Reagan avait exprimé l’idée en une formule-choc : « L’État n’est pas la solution à notre problème, l’État est le problème ».

Ce propos, repris de toutes les façons possibles par les dirigeants occidentaux depuis trois décennies, a instillé l’idée qu’après tout, contourner la loi ou duper les agents du fisc n’est pas si grave que ça ! Comment s’en vouloir de tromper un Léviathan réputé obèse, incompétent, corrompu et illégitime ?

Les élus eux-mêmes s’appliquent à démanteler les États-Nations, accusés de tous les maux. Le mouvement a pris une ampleur sans égale en Europe continentale avec l’avènement de la zone euro et le renoncement de ses membres à leur souveraineté budgétaire.

Fidèle à sa réputation révolutionnaire, la France s’est immédiatement installée à l’avant-garde du mouvement, oublieuse des enseignements de Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit » (16 avril 1848).

Par contre, faut-il s’en étonner ? la Chine et le Japon demeurent réfractaires aux nouvelles « Lumières » et s’accrochent à une conception obscurantiste de l’État. En Chine, en particulier, c’est le gouvernement qui contrôle d’une main de fer la monnaie et les grandes entreprises. C’est lui aussi qui est à la manœuvre pour s’emparer des technologies de pointe occidentales.

Cela ne saurait remettre en question l’idéologie néolibérale. Comme au bon vieux temps du communisme, quand, devant l’évidente faillite de celui-ci, ses promoteurs (et profiteurs) n’avaient qu’un mot : « C’est que nous ne sommes pas allés assez loin. Accélérons le rythme. »

Sauf improbable chamboulement, nous sommes invités à observer de loin les joutes politiciennes avec le sentiment qu’elles ne changeront rien au nouvel ordre social, fondé sur la primauté de l’individu, de préférence riche et apatride. Bienvenue dans la mondialisation heureuse.

Joseph Savès
https://www.herodote.net/Vive_la_mondialisation_heureuse_vive_la_fraude_fiscale_-article-1682.php

Les députés En Marche organisent « une boum » à l’Assemblée nationale pendant l’examen du budget de la Sécu

Les députés Macronistes « transforment l’Assemblée Nationale en boîte de nuit pendant l’examen du budget de la Sécu », tels sont les mots d’une députée LR, outrée et atterrée en voyant les élus LREM improviser une « teuf » illégale durant laquelle ils ont dansé une bonne partie de la nuit pendant que leurs confrères étaient en train de travailler sur le projet de loi de finances 2018.

film-la-boum

Les députés LREM, ont investi le 27 octobre dernier la buvette du Palais Bourbon, la transformant en dancefloor pendant la séance de nuit consacrée au projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Une collaboratrice parlementaire raconte « un député LREM a mis de la musique à fond sur une enceinte et quelques autres ont dansé », son témoignage est confirmé par un président de groupe qui ajoute même que ce n’est pas une première « Ils avaient déjà fait la même chose à la fin de la première partie de la loi de Finances. ».

Les journaux, Marianne et France Soir, les seuls à avoir publié l’affaire, ce qui prouve bien la mainmise du gouvernement sur les médias, parlent même « de jeunes députés LREM qui se déhanchent en musique dans les couloirs de l’Assemblée » et pourquoi pas une soirée mousse, tant qu’on y est ? Dès lors l’affaire ne pouvant en rester là, les faits ont été rapportés à François de Rugy, le président de l’Assemblée Nationale, notamment lors d’une réunion du bureau de l’institution, la semaine dernière, où il fut déclaré

« On verra les suites qui seront données. Ça pourrait être l’occasion de rappeler un certain nombre de règles ». C’est un minimum, ces députés ont été élus pour légiférer et non faire le moonwalk au frais du contribuable !

Voilà, un exemple pathétique de ce que sont devenues nos institutions trustées par une orde de députés « issus du privé » boboïsants à souhait, inconscients de leurs responsabilités, plus habitués aux afterwork qu’à la chose publique car ne s’improvise pas politicien qui veut.

Sources :

http://www.francesoir.fr/politique-france/de-jeunes-deputes-lrem-se-dehanchent-dansent-musique-dans-les-couloirs-de-assemblee-securite-sociale-plf-2018

https://www.marianne.net/politique/de-jeunes-deputes-macronistes-improvisent-une-boum-la-buvette-de-l-assemblee


http://lagauchematuer.fr/2017/11/11/les-deputes-en-marche-organisent-une-boum-a-lassemblee-nationale-pendant-lexamen-du-budget-de-la-secu/

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Cash Investigation. "Panama Papers" : 142 sociétés écrans pour la Banque Edmond de Rothschild

Pour savoir ce qu'elle pense des 142 sociétés offshore créées par sa banque privée, Elise Lucet a dû traquer la baronne Ariane de Rothschild jusqu'à une conférence à Paris, en marge de la COP21. Extrait de "Cash Investigation" du 5 avril 2016.

VID LUCET ROTHCHILD OFFSHORE

UBS, HSBC, Crédit agricole... Toutes ces banques, on le sait désormais grâce aux "Panama Papers", ont installé pour leurs clients des sociétés dans les paradis fiscaux. L’une des plus actives est d'ailleurs française, c'est la Société générale. Et la banque privée Edmond de Rothschild, pourquoi a-t-elle créé des dizaines de sociétés offshore, 142 exactement ? 

"Cash Investigation" a demandé à cette banque une interview à de nombreuses reprises. Pour toute réponse, la chargée de communication du groupe invite le journaliste du magazine à consulter le site internet. Il va donc falloir ruser... 

Profitons d'une conférence sur l'écologie pour parler blanchiment d'argent... 

La nouvelle présidente de la banque, Ariane de Rothschild, se rend justement à une conférence à Paris, en marge de la COP21. Elise Lucet l'y suit, mais ce n'est pas pour lui parler écologie… Elle a bien des questions à poser sur le respect des règles de transparence et de lutte contre le blanchiment d'argent. "Essentiel, pour vous, non ?" "Oui, oui, ben oui."

La baronne est docile, jusqu'au moment où Elise Lucet lui présente les documents prouvant que sa banque, l'une des plus prestigieuses au monde, a mis en place des montages permettant à ses clients de dissimuler leur identité. "Les sociétés offshore ne sont pas que mauvaises", finit-elle par lâcher au détour d'un couloir.

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/video-cash-investigation-panama-papers-142-societes-ecrans-pour-la-banque-edmond-de-rothschild_1391825.html

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Royaume-Uni : le Brexit aura officiellement lieu le 29 mars 2019 à 23 heures

L'amendement sera intégré au projet de loi de retrait de l'UE, qui doit faire l'objet d'un examen détaillé en commission à partir du mardi 14 novembre.

ACT BREXIT

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi 10 novembre que le Brexit aurait lieu le 29 mars 2019 à 23 heures (minuit à Paris). Cette précision qui fera l'objet d'un amendement au projet de loi de retrait de l'UE, en cours d'élaboration au parlement.

(...)

L'heure choisie, une surprise

Après le vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, la Première ministre Theresa May avait officiellement formalisé le 29 mars l'intention de son pays de quitter l'UE.

Elle avait ainsi ouvert une période de tractations de deux ans avant le retrait officiel du Royaume-Uni. Lors de son discours de Florence, le 22 septembre, elle avait répété son intention de voir le Brexit se concrétiser le 29 mars 2019, une date qui n'est donc pas une surprise.

Plus surprenante est l'heure choisie par le gouvernement britannique : les dirigeants européens s'attendaient à ce que le Brexit survienne à minuit heure de Londres. Il surviendra finalement à minuit heure de Bruxelles, et donc une heure plus tôt au Royaume-Uni.

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"Paradise Papers": Bernard Arnault dit avoir agi "de manière parfaitement légale"

Bernard Arnault, première fortune française et patron de LVMH, affirme mercredi que les actifs cités par Le Monde dans le cadre des "Paradise Papers" ont été "constitués de manière parfaitement légale", dans une déclaration transmise à l'AFP.

ACT BERNARD ARNAUD

Le quotidien français - qui fait partie du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) dévoilant depuis dimanche des enquêtes basées sur une fuite de millions de documents financiers - affirme que Bernard Arnault aurait "fait appel à au moins huit cabinets de conseil différents pour localiser ses actifs dans six paradis fiscaux différents".

"Tous les actifs évoqués dans cet article ont été constitués de manière parfaitement légale et sont naturellement connus des autorités fiscales", a affirmé M. Arnault dans sa déclaration.

Le milliardaire dénonce "une opération journalistique de ce média pour créer une sensation en utilisant [son] patrimoine", et dénonce le fait que certains de ses investissements ont été "présentés comme des biens cachés et non déclarés, fiscalement répréhensibles, ou à la limite de la légalité".

Dans son article, Le Monde cite notamment une propriété au nord de Londres de 4.300 m2, dont le propriétaire apparaissait jusqu'à présent dans le cadastre britannique comme "une simple société enregistrée à Jersey": mais "les investigations du Monde dans les +Paradise Papers+ révèlent" qu'"il s'agit de Bernard Arnault", écrit le quotidien.

Cette propriété "est déclarée depuis l'origine aux autorités fiscales françaises comme anglaises, et a fait l'objet, depuis son acquisition, du paiement de l'ISF", affirme pour sa part Bernard Arnault.

Il assure en outre que le "mode de détention" du bien ne l'a "fait bénéficier d'aucun avantage fiscal, de même que les autres actifs évoqués".

"A aucun moment, tout cela n'est mentionné dans le journal alors que cela a été expliqué au rédacteur de l'article; seule la recherche d'un effet journalistique était visée", affirme le milliardaire.

Dans son article, Le Monde affirme de son côté avoir "sollicité" l'homme d'affaires "sur la légalité de ce montage et pour savoir s'il était déclaré au fisc", mais que M. Arnault "s'est refusé à tout commentaire".

Le milliardaire conclut sa déclaration en soulignant qu'il "figure parmi les premiers contribuables français" et que le groupe LVMH, dont il est le principal actionnaire, "verse plus d'un milliard d'euros d'impôts en France annuellement".

Dans son article, Le Monde a cité également un "luxueux yacht de 101 mètres réputé appartenir" à Bernard Arnault, "détenu par une société maltaise" avec "des prête-noms qui dirigent et possèdent officiellement les parts" de cette société, "mais qui appartient en réalité à LVMH, comme le révèle une petite ligne dans le rapport annuel du groupe".

"Les empreintes du champion du luxe" ont aussi été relevées au Luxembourg, affirme le quotidien, où une holding du milliardaire aurait été utilisée pour des investissements dans des fonds luxembourgeois, selon son enquête.

08/11/2017 14:40:49 -          Paris (AFP) -          © 2017 AFP

http://www.lepoint.fr/economie/paradise-papers-bernard-arnault-et-son-groupe-lvmh-cites-a-leur-tour-08-11-2017-2170727_28.php#xtor=CS2-239

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Les salariés du laboratoire Galderma menacent de bloquer le site

400 postes sur 550 vont être supprimés aux laboratoires Galderma à Sophia-Antipolis, pour être vraisemblablement relocalisés en Suisse pour des questions d'optimisation fiscale, et ce alors que l'entreprise est bénéficiaire. Ceci ne serait pas possible si la France avait le contrôle de ses flux de capitaux, ce qui est rendu interdit par l'article 63 du TFUE. D.P.


 

Le laboratoire de dermatologie Galderma, filiale de Nesté et installé près de Nice, fermera ses portes dans un an. Jeudi, ses salariés menacent de bloquer le site.

act salaries haka

Opération coup de poing, tôt jeudi matin, des salariés de Galderma. Ce laboratoire de dermatologie, filiale de Nestlé, s'apprête à supprimer près des trois-quarts des postes de son centre de recherche de Sophia Antipolis près de Nice, au moins 400 postes sur 550.

Un haka en signe de détermination. Installé depuis plus de quarante ans (1981), le laboratoire de la technopole du sud de la France est présenté comme le plus grand centre de recherche et développement dans la dermatologie au monde. Sur ce site, environ 150 salariés font de la recherche pure, une autre partie travaille aux essais cliniques, fonctions support, etc. Très remontés et inquiets pour leur avenir, les salariés ont prévu de bloquer jeudi matin le site. Pour montrer leur détermination, les salariés ont réalisé un haka

"Nestlé, c'est fort en chômage", "Galderma m'a fait grandir, Nestlé m'a tué", autant de messages qui s'affichent sur les tee-shirts et les pancartes. Le site, qui a réalisé des millions d'euros de bénéfices et obtenu plus de 68 millions de crédits impôts, devrait fermer dans un an. Les salariés demandent au gouvernement de ne pas laisser faire, et de s'assurer qu'un repreneur sera bien trouvé.

Un autre site du groupe menacé

Les soins de la peau font partie des activités que Nestlé met en avant comme un des segments à fort potentiel de croissance, en particulier depuis que le groupe a repris Galderma, société spécialisée dans les produits dermatologiques qu'il gérait jusqu'en 2014 avec le groupe français L'Oréal. En août, Nestlé Skin Health, la filiale du géant suisse de l'alimentation dédiée aux soins de la peau, avait annoncé la fermeture d'une usine à Egerkingen, dans le canton suisse de Soleure. Quelque 190 postes pourraient y être supprimés.

http://www.europe1.fr/societe/les-salaries-du-laboratoire-galderma-menacent-de-bloquer-le-site-3487520

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Levothyrox : les ministres Agnès Buzyn et Bruno Le Maire visés par une plainte

Agnès Buzyn et Bruno Le Maire vont-ils avoir affaire à la justice dans le dossier du Levothyrox ? La ministre de la Santé et le ministre de l'Economie sont visés par une plainte déposée au tribunal de Grasse (Alpes-Maritime) pour "non-assistance à personne en danger" par une patiente sous Levothyrox et qui se plaint d'effets secondaires liés à la nouvelle formule du médicament.

ACT LEVOTHYROX

Selon la plainte, révélée par Nice-Matin, la plaignante, Anne-Catherine Colin-Chauley, se base sur les articles du Code pénal concernant "l'abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril".

Médecins, pharmaciens, médias et élus également visés

La plainte vise nommément ces deux ministres mais aussi le laboratoire Merck, fabricant du médicament, contre qui elle a déjà déposé plainte pour un autre motif, et l'Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Elle vise également, cette fois contre X, les médecins et pharmaciens "ayant refusé de prendre en considération les symptômes indésirables de leurs patients", les journalistes et les médias qu'elle accuse d'avoir "orienté les informations" et enfin les députés, sénateurs et maires qui n'auraient pas "honoré leur devoir d'intérêt général".

La plaignante, avocate au barreau d'Ajaccio, reproche à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn de n'avoir "pas su gérer la crise sanitaire" et au ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, de ne pas "avoir essayé de transacter avec le laboratoire Merck".

Domiciliée à Mougins (Alpes-Maritimes), elle a créé le collectif Alerte Thyroïde auquel, selon elle, 600 personnes auraient déjà adhéré. Elle avait aussi été la première à déposer plainte fin août, à titre personnel, contre Merck pour mise en danger de la vie d'autrui. Elle avait constaté des effets indésirables dus à la nouvelle formule, mises sur le marché fin mars, de ce médicament prescrit à trois millions de personnes en France pour traiter des pathologies thyroïdiennes.

200 autres plaintes à venir

Elle a déposé fin octobre 100 plaintes de particuliers se joignant à son action. Elle doit en déposer jeudi 200 autres, selon elle, toujours pour mise en danger de la vie d'autrui. Toutes ces plaintes sont enregistrées à Grasse puis transmises au tribunal de grande instance de Marseille qui a ouvert une enquête préliminaire et centralise les demandes des patients.

Anne-Catherine Colin-Chauley avait déjà attaqué les autorités ministérielles et administratives devant le tribunal administratif de Nice, qui a toutefois rejeté ses demandes de "mesures d'instruction contre l'ANSM" et de "mesures utiles à prendre par la ministre de la Santé et le ministre de l'Economie". Devant la colère des patients, l'ancienne formule du Levothyrox a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais en quantités limitées.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-agnes-buzyn-et-bruno-le-maire-vises-par-une-plainte_2464696.html

Voir aussi:

"Qu'ils arrêtent de prendre les malades pour des imbéciles" : un avocat affirme que l'ancienne formule du Levothyrox est toujours fabriquée!

Un avocat vient d'adresser une "sommation interpellative" à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, au groupe allemand Merck, un de ses sous-traitants et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il assure que l'ancienne formule du Levothyrox, médicament destiné à traiter les troubles de la thyroïde, est toujours produite dans une usine de Bourgoin-Jallieu (Isère), pour le marché italien.

Des milliers de malades ne supportent pas la nouvelle formule du médicament à cause d'effets secondaires. Alors que la ministre de la Santé a annoncé le retour de l'ancienne formule en pharmacies au début du mois d'octobre, de nombreux patients ont encore des difficultés pour s'en procurer. Ils ne comprennent pas cette situation.

Une situation "totalement ubuesque"

Corinne ne décolère pas : "Ça me choque, je trouve ça totalement ubuesque." Cette psychologue toulousaine prend du Lévothyrox depuis 25 ans pour soigner sa thyroïde. Elle ne supporte pas la nouvelle formule, comme des milliers de malades. Pour elle, il est donc vital de retourner à l'ancienne formule.

Elle ne comprend pas que les patients français se retrouvent en difficulté. "Qu'il soit délivré au compte goutte ou que des centaines de personnes soient obligées de prendre leur voiture pour aller en Espagne, en Allemagne ou en Italie le chercher alors qu'il est produit chez nous, pour l'étranger et pas pour nous, (...) je trouve ça inadmissible."

La possibilité d'interroger le sous-traitant

Son avocat, maître Christophe Léguevaques, qui coordonne l'action collective de plus de 2 000 patients contre le laboratoire Merck, attend des réponses du fabricant. "C'est grave parce que ça veut dire tout simplement que l'on nous ment. En septembre, Merck a expliqué qu'il ne fabriquait plus l'ancienne formule."

La "sommation interpellative" qu'il a déposée permet de poser officiellement des questions au sous-traitant, "notamment combien de comprimés produisez vous par an ? Peut-on étendre la production pour satisfaire la demande du marché français ? Pourquoi on ne fabrique pas ce Lévothyrox ancien pour des malades français ?", liste maître Léguevaques. 

Des formules française et italienne différentes

Pour Valérie Léto, pharmacienne responsable de l'entité juridique chez Merck Sérono (une filiale du groupe Merck) à Lyon, il ne faut pas mettre sur le même plan le Lévothyrox italien et l'ancienne version française. "Le produit fini italien n'est pas strictement identique, même si la formule est semblable." Elle liste les différences entre les deux produits :

L'origine des matières premières est différente, le procédé de fabrication est différent, les paramètres de contrôle du produit fini sont différents et l'aspect des comprimés est différent.

Elle estime donc que les patients qui utilisaient l'ancienne formule du Lévothyrox ne peuvent pas utiliser la version du médicament qui est mise sur le marché italien. "Pour les patients qui étaient équilibrés avec l'ancienne formule de Lévothyrox, il est important de leur mettre à disposition une formule strictement identique."

50 000 boîtes de l'ancienne formule disponibles

Les arguments du laboratoire ne convainquent pas l'avocat qui a déposé la sommation. "Le moment venu, on va faire une analyse chimique et, s'ils ont menti, ça va leur coûter cher. Il faut qu'ils arrêtent de prendre les malades pour des imbéciles."

Le ministère de la Santé, de son côté, explique que 198 000 boîtes d'Euthyrox, l'ancienne formule du médicament, ont été importées d'Allemagne début octobre pour les patients français. Au 5 novembre, il y en avait encore 50 000 en stocks et à disposition des malades, d'après le ministère.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/qu-ils-arretent-de-prendre-les-malades-pour-des-imbeciles-un-avocat-affirme-que-l-ancienne-formule-du-levothyrox-est-toujours-fabriquee_2461820.html

Voir enfin cet entretien:

Levothyrox : "Les laboratoires savaient que 3% à 5% des malades allaient déclencher des effets indésirables forts"

(...)

Les plaignants dénoncent un défaut d'information de la part du laboratoire Merck. "Les laboratoires savaient que 3% à 5% des malades allaient déclencher des effets indésirables forts", a expliqué sur franceinfo Christophe Lèguevaques, avocat. "Cela représente quand même entre 150 000 et 180 000 personnes."

franceinfo : que demandez-vous ?

Christophe Lèguevaques : Le seul langage que comprend le laboratoire c'est l'argent. Ce que veulent les malades avant tout, c'est la reconnaissance qu'ils sont malades à cause de ce médicament. C'est le respect de leur dignité. Ils ont trop l'impression qu'on les prend pour des gens zinzins, alors qu'ils souffrent depuis plusieurs mois sans avoir eu la considération dont ils avaient besoin.

Allez-vous attaquer l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ?

Le moment venu, nous allons peut-être saisir le tribunal administratif contre l'ANSM et nous pourrions demander par exemple la révocation du directeur qui n'a pas été à la hauteur. Nous sommes en train d'étudier cette piste, nous verrons.

Avez-vous eu une réponse du ministère de la Santé ?

Cela fait un mois que nous avons écrit aux ministres, nous avons proposé une solution qui a fait ces preuves : la création d'une commission nationale d'indemnisation. J'avais écrit à madame Buzyn et madame Belloubet. À ce jour, je pense qu'elles sont débordées ou que les services n'ont pas informé les ministres, mais je n'ai même pas reçu un accusé de réception.

Qu'aurait-dû faire le laboratoire ?

Informer le public. Le plus simple aurait été de mettre, comme en Belgique, une information dans la boîte de comprimés indiquant : "attention cela aura peut-être des conséquences sur votre santé, consultez votre médecin." Le laboratoire n'a rien fait, il n'a rien dit aux malades directement. Il a considéré que ce n'était pas sa responsabilité, ce qui est faux.

Qu'avez-vous pensé de la réaction des laboratoires ?

Ils ont une obligation de pharmacovigilance. Cela veut dire qu'ils doivent surveiller le devenir de leurs médicaments. Très vite, ils ont eu des retours comme quoi la nouvelle formule n'était pas acceptée et dès le mois de juin, une pétition a réuni 50 000 personnes pour dire, "rendez-vous l'ancienne formule". Pourtant, ils n'ont rien fait. Ils ont gardé le silence de mai à octobre. C'est à partir de ce moment-là que les gens se sont retrouvés dans la panade et n'ont pas reçu d'informations leur permettant de savoir ce qu'il se passait.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-les-laboratoires-savaient-que-3-a-5-des-malades-allaient-declencher-des-effets-indesirables-forts_2436183.html

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