lundi 6 novembre 2017

Jacques Attali : « Tout pays doit se penser comme un hôtel »

De passage à Genève, l’écrivain et essayiste français Jacques Attali s’est exprimé, mercredi à Uni Dufour, sur l’intelligence artificielle, à l’occasion de la remise des Prix Latsis universitaires, récompensant chaque année, notamment, des chercheurs de l’UNIGE et de l’EPFL. Interview

ARG ATTALI FINANCE

Est-ce que la France peut se réformer?

La France change à une vitesse folle. Et chacun des 60 millions de Français évolue et change chaque jour. On dit que la France est crispée. Mais elle se réforme en permanence et change sans cesse, sur le plan des mœurs, de l’innovation, de l’art, de la culture.

Alors, à quoi est dû ce sentiment largement partagé qui évoque les blocages de la France?

Ce qui est vrai, c’est que la France modifie assez peu ses lois. Pour une mauvaise raison d’ailleurs, car nous avons de la peine à admettre les changements homéopathiques. Et pour une autre raison: les nations maritimes valorisent le changement, les nations rurales valorisent la permanence.

La France borde pourtant plusieurs mers. Elle aurait pu être une nation maritime?

Elle a essayé de le faire à huit reprises, comme je l’aborde dans mon dernier livre. Mais la France a choisi d’être une nation rurale car elle possède des terres et une agriculture très riches.

Le gouvernement Macron peut-il réussir à changer la France?

Lorsque je suis à l’étranger, je n’aborde jamais les questions de politique française. Ce que je peux dire, c’est que la France n’avance pas par réformes lentes, mais par révolutions. Soit sanglantes, soit plus symboliques. Depuis 1945, nous avons connu trois révolutions: 1945, 1958, 1980. Et la quatrième se déroule en ce moment. La France accumule pendant longtemps des besoins de changement, puis elle se met en mouvement. Cela prend du temps car nous sommes une nation centralisée. Notre modèle est très intégrateur: tout le monde y parle la même langue.

Quand a débuté la «révolution» actuelle?

Cela a commencé il y a trois ans, avec une prise de conscience. Une maturation des réformes s’est ensuite effectuée, poursuivie par la dernière élection présidentielle.

La France va donc garder un rôle moteur en Europe?

Je suis convaincu que la France est la première puissance européenne déjà aujourd’hui et qu’elle le sera encore davantage demain, car l’Allemagne est malade, démographiquement, technologiquement et financièrement. Dans vingt ans, la France sera de loin la première puissance d’Europe. Economiquement, nous sommes présents dans les meilleurs secteurs: la santé, l’éducation, la culture, l’assurance, les start-up. Sans compter deux autres domaines, peu utilisés: la mer et la francophonie.

Pourquoi à travers la francophonie?

Aujourd’hui, 180 millions de personnes parlent français. Avec le développement de l’Afrique, il y en aura 700 millions. L’Afrique regroupe un milliard d’habitants, et dans trente ou quarante ans, elle en comptera deux milliards. C’est la grande question du XXIe siècle. Pour l’Europe, cette explosion démographique peut déboucher sur une catastrophe, parce que des centaines de millions d’Africains s’installeront ici, ou alors nous les aidons à bien se développer et le continent sera un formidable marché. Pour l’Europe et pour la France grâce à cette langue commune.

L’immigration a tendance à diviser l’Europe. L’Europe doit-elle accueillir des migrants?

Malheureusement, tous les pays européens sont d’accord pour contenir l’immigration, et même la réduire. Mais regardons les chiffres: nous sommes 600 millions d’habitants en Europe et nous parlons d’accueillir 200 000 migrants par an. En trois ans, cela ferait 600 000, soit 1 pour mille de la population de l’Europe. Vous vous rendez compte? 1 pour mille! Ce n’est pas assez. Nous sommes capables d’en accueillir bien plus. Le Liban doit se débrouiller avec 25% de migrants syriens. L’Europe est aussi confrontée à un effondrement démographique. Et l’accueil des réfugiés fait partie de ses valeurs.

N’existe-t-il pas un décalage entre vos espoirs et les politiques des pays européens? Et puis l’Europe se met-elle en danger en voulant contenir l’immigration?

Non, elle se protège. Mais trop, à mon avis. Je sais que je suis très isolé face à ce consensus européen. Mais c’est honteux de ne pas accueillir tous ces gens dignes, magnifiques, souvent bien formés, jeunes, pleins de dynamisme.

Traversons l’Atlantique et tournons-nous vers les Etats-Unis. Donald Trump est-il un homme dangereux?

Oui. Les Etats-Unis sont représentatifs d’un courant mondial qui se renforce, celui des dictatures de marché. Pourquoi? Parce que les gens ont besoin de sécurité mais ils veulent aussi gagner de l’argent. Ce cocktail est dangereux. Et le monde est instable, comme en 1910. Les gens vivaient alors très bien. Ils avaient déjà la radio, l’automobile, l’électricité. La démocratie, la globalisation. Et puis le terrorisme – qu’on appelait alors nihilisme –, la crise financière et le protectionnisme ont globalement précipité le monde dans 75 ans de barbarie, de 1914 à 1989. Aujourd’hui, c’est pareil: nous connaissons des progrès technologiques, un potentiel de croissance énorme, des moyens de faire des économies d’énergie massives, une espérance de vie qui augmente. Nous avons tout pour être heureux.

Mais tout peut donc basculer?

La question environnementale est urgente. Il faut sauver la mer. Nous devons aussi régler le problème de la répartition inégale des richesses et celui d’un désordre mondial dû au fait que les marchés sont plus puissants que les Etats. La probabilité d’une guerre mondiale est considérable. Elle peut se déclencher sur un rien, sur un incident entre les Chinois et les Américains à propos de la Corée du Nord, ou entre les Polonais et les Russes au sujet des pays Baltes…

Et Donald Trump pourrait être un élément déclencheur?

Oui, car il est imprévisible et erratique. Nous avons échappé à un conflit majeur depuis 1945 car toutes les puissances nucléaires étaient dirigées par des gens raisonnables. Aujourd’hui, à la tête des Etats-Unis et de la Corée du Nord, nous avons affaire à deux personnes peu raisonnables, même si le président des Etats-Unis ne peut pas appuyer sur le bouton nucléaire tout seul. Mais il peut presque le faire tout seul.

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ne représentent-ils pas également une forme de menace?

Ceux-là, ce sont les dictateurs du marché. Ils ont prospéré dans une économie libre et parfaite qui a abouti à la formation de cartels. Les GAFA sont dangereux car ils sont en train de maîtriser les instruments de prédiction.

Faut-il casser ces cartels?

Cela viendra comme ce fut le cas avec l’ancien géant des télécoms ATT aux Etats-Unis. Mais un autre cartel est encore plus dangereux: celui de l’industrie agrochimique, qui prétend breveter la vie sans aucun droit. Les GAFA s’approprient nos données, mais les groupes vendant notamment les semences s’approprient la vie. Ils sont de moins en moins nombreux, après le rachat de Syngenta par ChemChina et de Monsanto par Bayer. Nous devons agir avant qu’ils n’atteignent une trop grande taille.

Comment peut-on contrôler ces groupes? Il faudrait un gouvernement mondial?

Oui, il faudrait un Etat de droit mondial. La seule institution internationale se situe d’ailleurs à Genève. C’est l’OMC (Organisation mondiale du commerce), qui s’appuie sur son système de règlement des conflits. Il faut au moins une institution internationale de décartellisation, mais l’OMC a perdu une partie de son pouvoir.

Qui est le mieux armé pour maîtriser les défis de la numérisation, du big data et de l’intelligence artificielle: la Silicon Valley? La France? L’Europe?

C’est en effet un enjeu majeur. Dans ce cadre, c’est la propriété des données, et ce que l’on en fait, qui va être déterminante. L’analyse des comportements des consommateurs permettra de déduire quels biens ou services peuvent être vendus. J’ai écrit en 2006 que les compagnies d’assurances seraient les mieux armées dans ce domaine, en particulier celles qui seront liées aux groupes maîtrisant les données. Les GAFA sont puissants quand ils sont installés dans de vastes marchés homogènes où ils peuvent accumuler les données et les prédictions. Aujourd’hui, deux marchés se détachent: les Etats-Unis et la Chine. Le marché chinois va combler son retard et sera encore plus rapide que le marché américain, car il s’agit, comme je l’ai dit, d’une dictature de marché.

Et la Suisse? Depuis plusieurs années, le Forum de Davos classe ce pays en tête en termes de compétitivité. A quoi est dû le miracle suisse?

La Suisse, puissance de taille moyenne, est le contre-exemple absolu de la thèse de mon livre. Je n’ai qu’une explication à ce miracle: le travail. Ce pays est aussi avantagé par le fait de ne pas avoir connu de guerre, par un consensus social très fort et par l’utilisation de rentes de situation qui sont en train de disparaître. Je parle du secteur bancaire, dont les services, d’ailleurs, n’ont pas besoin d’accès à la mer. Mais la finance n’a pas respecté les règles du jeu. Cela ne dure jamais bien longtemps. La Suisse est un pays hors jeu. En termes militaires comme en termes bancaires.

Un pays hors jeu peut-il être pérenne?

Non. Pas de façon durable. Donc, un processus de banalisation de la Suisse est en marche. Cela dit, la Suisse joue remarquablement bien sa normalisation, de la manière la plus lente possible (sourire). La Suisse a aussi de grandes capacités à accueillir les étrangers. Le secteur de l’hospitalité, au sens large, sera l’un des principaux de l’avenir. Pas seulement sur le plan hôtelier. Le grand métier de demain sera celui de l’empathie.

Les Suisses sont empathiques?

Oui, à leur façon. D’une manière particulière: c’est ce que j’appelle l’altruisme intéressé!

C’est de l’empathie par rapport à soi-même?

Ce qui se passe à l’EPFL, par exemple, est assez génial. J’envie l’EPFL. Je regrette qu’elle ne soit pas française. L’EPFL est une sorte d’hôtel d’entreprises. Tout pays doit se penser comme un hôtel et ses habitants comme des hôteliers. Recevoir sans cesse des étrangers. Etre accueillant. C’est ce qui rend la Suisse symboliquement maritime.

Et Genève?

C’est un cas particulier, Genève est à la fois suisse et française, suisse et internationale. Genève est un paradis particulier. Je me suis souvent dit que si j’avais à m’exiler, ce serait à Montréal ou à Genève. Des gens de toutes sortes de cultures y vivent et s’y croisent.

La Suisse peut-elle rester hors de l’Europe?

Si j’avais un conseil à donner à la Suisse, c’est d’entrer dans l’Union européenne tout en gardant sa spécificité.

L’Union européenne le permettrait-elle?

Tout se négocie, tout se négocie… A terme, la Suisse perdra beaucoup en restant à l’extérieur de l’Union européenne, qui est un formidable aiguillon pour accomplir des réformes. Rester dehors, c’est se condamner à s’enkyster au moment où ses particularités sont en train de disparaître. Etre hors jeu et se banaliser, c’est embêtant.

Source : 24 heures, Roland Rossier, 17-10-2017

https://www.les-crises.fr/jacques-attali-tout-pays-doit-se-penser-comme-un-hotel/


 

BASE 14 995X225Ce qui est pratique avec Attali, c'est son rôle de boussole: vous savez immédiatement ce qu'il ne faut pas faire: suivre ses conseils! Lui qui nous avait promis bonheur et prospérité avec l'euro...

Voir pour rappel:

Attali Garaud Chevènement sur la rigueur et l'euro 1996

https://www.youtube.com/watch?v=sLaa6f7Voxs

Extraits:

Attali:"« Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très force croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. »

Chevenement: “La construction européenne qui a été imaginée enchaine la France à un modèle qui n’est pas du tout celui d’une Europe européenne car l’Allemagne pour toutes sortes de raisons est tournée vers les Etats-Unis. Autrement dit, on fait de l’Europe la succursale des Etats-Unis  et on le fait de manière d’autant plus irréversible qu’on asservit la France à un modèle allemand qui est celui d’une banque centrale indépendante qui ne laisse place à la politique que comme à une sorte d’appendice technique” à environ 11’10

Attali: “La BCE n’aura absolument pas comme fonction de fixer la parité avec le dollar. Ca, ça reste heureusement de la compétence des gouvernements.
Garaud: Qui n’auront plus de monnaie.
Attali: Mais pas du tout, lisez l’article 107 du traité de Maatricht.[…] Dans tous pays de la planète[…] la banque centrale est indépendante sinon on fait payer les bêtises d’aujourd’hui par les générations futures.” (traduction: la monnaie doit être dans les mains des banquiers, pas du Peuple...)

(...)

P.G.

[Vidéo] 38 ans de promesses d’Europe sociale

Dès son élection, Macron a promis de remettre l’Europe sociale au coeur du projet européen, sous les applaudissements de Jean-Claude Juncker qui a fait mine de trouver ça innovant. En octobre 2017, il prétend d’ailleurs avoir réglé le sujet des travailleurs détachés, tout comme Hollande prétendait en 2012 avoir réorienté l’Europe. En fait, Macron ne fait que reprendre le flambeau de près de 40 ans de promesses non tenues et de compromis mineurs arrachés sur le social aux autres pays ou à la Commission. Petit florilège en moins de 5 minutes !

VID FABIUS 1992

38 ans de promesses d'Europe sociale en bref

Ajoutée le 23 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=31&v=pMRgQQ7TNrs

BASE 14 995X225Une actualisation de notre vidéo sur ce thème, avec à la fin Juncker et Macron.

La farce continue!

P.G.

Posté par UPR Creuse à 17:38 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Les Antifas sans cagoule

Ils frappent partout, mais semblent venir de nulle part. Ils dénoncent un «fascisme» omniprésent et fantasmé. Ils n'ont aucune existence juridique mais bénéficient d'incroyables indulgences judiciaires. Qui sont-ils?

ARG ANTIFAS

Les Antifas se plaisent à revêtir le noir, toujours encapuchonnés et masqués comme les Black Blocks, dont ils sont l'avatar. Comme on le sait, la dénomination Schwarzer Block fut imaginée dans les années 1980 par la police de Berlin-Ouest pour désigner les Autonomes de Kreuzberg. Ce quartier jouxtant le «Mur» faisait encore partie du secteur d'occupation US jusqu'en 1990. Autrement dit, les Black Blocks sont nés dans un territoire sous contrôle militaire américain.

C'est important, car au même moment apparaissait aux États-Unis, plus exactement à Minneapolis (Minnesota) l'Anti-Racist Action Network (ARA). Ce groupe recrutait dans les mêmes éprouvettes punk et squat qu'au sein du laboratoire de Berlin Ouest. Entre scientifiques de l'agitprop, on collabore. Dissous en 2013 pour ressusciter sous le nom de Torch Antifa Network, le but de ce mouvement était, dès l'origine, de combattre le sexisme, l'homophobie, les idées anti-immigrationnistes, le nativisme, l'antisémitisme ou encore l'anti-avortement. Bref, quelques-uns des leviers de démantèlement d'une société traditionnelle bordée d'ignobles frontières, que l'on retrouve aussi bien dans les programmes officiels de la Commission de Bruxelles et de ses ONG-écrans que dans les feuilles de route de la galaxie Soros.

Les étranges filières de l'argent «humanitaire»

Mais on a beau se faire appeler du doux nom d'Anti-Racist Action Network, cela ne suffit pas: il faut des sous. En cherchant un peu, on les trouve en Alabama, du côté du SPLC (Southern Poverty Law Center), une ONG qui se targue, sur son propre site web, d'être la matrice de l'ARA. Autrement dit, la genèse des Antifas américains n'a évidemment rien de spontané. C'est à ce richissime SPLC qu'a incombé la tâche de créer cet ARA de laboratoire. Il est vrai qu'avec une dotation de financement de plus de 300 millions de dollars, le SPLC a de quoi voir venir, même si on retranche le salaire net de son président, qui émarge à plus de 300'000 dollars par an. C'est beau le «non-profit» politique au pays de l'oncle Sam!

Mais si ces gens-là ont les moyens, ils ne jouent pas pour autant la transparence sur l'origine des fonds. Il est vrai qu'on n'aime jamais trop raconter pourquoi ces fonds devraient transiter par les Iles Caïmans ni comment ils ont connu la tirelire d'un certain Bernard Madoff.

Mais pourquoi le SPLC? Très simple, en dehors de la défense de ses minorités préférées, la spécialité du SPLC est de ficher ses adversaires politiques, systématiquement qualifiés de «fascistes», qu'ils le soient ou non, puis de publier ses listes noires très élaborées et constamment mises à jour. Un travail de pro qui est devenu une référence du genre.

Et les barbouzes qui s'en mêlent

Ce modèle d'activisme et de fichage très professionnel ne vient évidemment pas de nulle part. Il est notamment issu du modèle imaginé par le mouvement Friends of Democracy qui était en réalité une antenne américaine des services secrets britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Son but officiel était de pousser les Américains à entrer en guerre, tout en fichant les récalcitrants, ce qu'il a continué à faire jusqu'à la fin du conflit.

Son organe de communication avait pour titre Propaganda Battlefront dont on peut encore trouver des copies en ligne.

On notera, juste en passant, que ce nom a été ranimé en 2012 par Jonathan Soros, fils de George Soros. Ce choix n'est évidemment pas un hasard.

Pour revenir à nos Britanniques, ces derniers furent également très actifs à domicile, puisque, toujours dans les années 1980, ils fondaient à Londres L'Anti-Fascist Action (AFA), recrutant là encore dans les mêmes milieux punk et squat. Le label «action antifasciste» avait quant à lui été inventé par les communistes européens des années trente. Une contrefaçon de marque politique non déposée qui présentait l'avantage de donner l'illusion d'une filiation légitime. (Il paraît que question détournement d'image, on sait très bien faire dans les services.)

A la veille de la chute du Mur, on voit donc bourgeonner aux États-Unis et partout en Europe les mêmes affiliations à un antifascisme «Canada Dry», qui a le goût et l'odeur de l'antifascisme communiste historique, mais pas une goutte de communisme dans sa composition chimique. Une façon de monopoliser l'usage de l'infamante étiquette «fasciste» contre tout adversaire d'un postcommunisme 100 % américanisé, tel qu'il apparaîtra dès 1989, avec la chute du Mur.

Une galaxie hors la loi

Il existe donc une raison objective à la simultanéité de l'apparition des Antifas ces années-là. Mais comme c'est encore le cas aujourd'hui, on se garda bien de créer la moindre structure juridique qui permettrait de remonter jusqu'aux organisateurs et financeurs avérés. Il vaut toujours mieux, surtout lorsqu'on travaille avec le grand banditisme. Un nom fut en effet exposé au grand jour pour ses liens avec la mafia de Manchester. Il s'agissait de Desmond «Dessie» Noonan, grand Antifa devant l'éternel mais surtout braqueur professionnel et chef de gang, soupçonné d'une centaine de meurtres (1). Outre ses responsabilités directes dans l'AFA, il fut également l'un des exécuteurs attitrés des basses œuvres de l'IRA. Il mourut finalement poignardé devant chez lui à Chorlton (sud de Manchester), en 2005.

Son frère Dominic Noonan prit le relais. Outre ses activités mafieuses, on le filma en train de diriger les graves émeutes de Manchester de 2011, dont le déclencheur fut la mort de son neveu, Mark Duggan. Ce dernier, soupçonné d'être impliqué dans un trafic de cocaïne, s'était fait abattre par la police le 4 août 2011, ayant résisté à son arrestation dans le quartier de Tottenham. Il s'ensuivit une semaine d'insurrection qui s'étendit jusqu'à Liverpool, Birmingham, Leicester ou encore le Grand Londres, faisant 5 morts et près de 200 blessés parmi les seuls policiers.

La porosité des services de renseignement, de la mafia et des activistes d'extrême gauche n'est pas sans nous rappeler le rôle des Brigades rouges dans le réseau Gladio, piloté par l'OTAN. Il se trouve que justement les Autonomes Ouest-berlinois de la guerre froide finissante étaient eux-mêmes affiliés au mouvement italien Autonomia Operaia (« Autonomie ouvrière»), très proche des Brigades rouges. Le monde est si petit!

Tout ce que la police n'ose pas faire

Mais le point commun le plus spécifique à tous ces Antifas du monde demeure le fichage. Derrière leurs épais écrans de fumée lacrymogène, leurs capuches noires et leurs casses de vitrines qui font toujours les gros titres, il leur incombe essentiellement de ficher en masse leurs adversaires politiques et d'en exposer publiquement les identités et les occupations, exclusivement sur la base de leurs opinions politiques ou religieuses. Une tâche qui est précisément interdite aux autorités, en démocratie.

Ces mouvements sont donc objectivement, à cet égard, des supplétifs des services de police et de renseignement. Ce qui explique notamment leur proximité, voire la facilité de leur noyautage, leur impunité ou encore l'extrême difficulté qu'on peut avoir à les identifier.

Le cas Joachim Landwehr

C'est par exemple le cas de Joachim Landwehr (28 ans), citoyen helvétique, condamné à 7 ans de prison le 11 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir, le 18 mai 2016, bouté le feu à l'habitacle d'une voiture de police grâce à un engin pyrotechnique, avec ses deux occupants encore coincés à bord. Une peine plutôt légère pour une atteinte à la vie de policiers.

On sait que Landwehr est lié au groupe suisse «Action Autonome», dont les mots d'ordre passent notamment par le site <rage.noblogs.org/>, dont 90 % du contenu relève du fichage, avec un degré de précision qui dépasse très largement les capacités d'une équipe d'amateurs, même à temps plein. On se demande d'ailleurs ce qu'attend le Préposé cantonal à la protection de données pour se saisir du dossier.

On sait également qu'il était présent lors de la manif antifa de Lausanne de mai 2011, et que c'est sans doute lui aussi qui a mis en ligne une petite vidéo de propagande à la gloire de sa promenade.

On sait enfin qu'il fut acquitté en août 2017 par le tribunal de police de Genève, alors qu'il y avait participé à une manifestation interdite.

Des agitateurs venus de la «haute»

En revanche, on connaît mieux les profils de ces complices parisiens. Par exemple, Antonin Bernanos, condamné à 5 ans de prison dont 2 avec sursis, est l'arrière petit-fils du grand écrivain Georges Bernanos. On reste issu d'un milieu plutôt cultivé et protégé chez les Antifas. On imagine que l'œuvre de l'illustre aïeul avait encore sa place dans les discussions familiales. Yves, le père du délinquant et réalisateur sans succès de courts-métrages, le confirmait lors d'une interview pour KTO, l'organe cathodique de l'archevêché de Paris, lequel diffusa d'ailleurs l'un de ces courts-métrages, par charité chrétienne sans doute. Mais on n'a pas trop de mal à comprendre que c'est sa femme, Geneviève, qui fait bouillir la marmite. Elle a la sécurité de l'emploi comme fonctionnaire. Elle est en effet directrice de l'aménagement et du développement à la mairie de Nanterre. Côté convictions, elle est fière de n'avoir pas raté une seule fête de l'Huma depuis ses 15 ans.

Dès l'arrestation de leurs deux fils (Angel, le plus jeune, sera mis hors de cause), Monsieur et Madame Bernanos ont arpenté les radios, les salles de rédaction, les collectifs et manifs en tous genres, pour dénoncer l'ignominie policière montée de toutes pièces par l'État fasciste contre leur digne rejeton. Ils ont reçu le meilleur accueil, notamment chez Médiapart. Ils ont même réussi à enrôler le vieux Me Henri Leclerc, qui osa comparer l'arrestation du jeune Bernanos aux fameux morts du métro Charonne, durant la guerre d'Algérie. Il arrive que les fins de carrières soient pathétiques...

Ce qui frappe, c'est la facilité avec laquelle les relais d'opinions se sont mobilisés en faveur d'un délinquant, dont on omet par ailleurs complètement de dénoncer le racisme, sachant que l'un des policiers qu'il attaqua était noir. Dans les réseaux deep-state, on assure donc autant le service après-vente que l'anesthésie morale.

Même milieu BCBG pour Ari Runtenholz, condamné aussi à 5 ans de prison assorti de sursis, pour avoir défoncé l'arrière de la voiture de police à l'aide d'un plot métallique. Lui, on le trouve classé 34ème de l'épreuve d'épée aux championnats de la fédération française d'escrime de 2013. Il pratique aussi la voile à Granville (Normandie) et participe à des régates officielles. Sports très popu, comme chacun sait.

Nicolas Fensch, informaticien sans emploi, détonne quant à lui par son âge (40 ans). Il prétend être arrivé là par hasard, alors que les vidéos le montrent s'acharnant à frapper le policier noir avec une tige, très semblable à un nerf de bœuf. La parfaite maîtrise du geste trahit néanmoins un entraînement certain. Qui est-il vraiment? Les policiers qui ont gaffé à l'audience sur le noyautage de la bande n'en diront pas plus. Il écopera aussi de 5 ans dont 2 avec sursis.

Il y a enfin le LGBT de service: David Brault, 28 ans, devenu mademoiselle Kara, sans adresse en France. Ce(tte) citoyen(ne) américain(e) a traversé tout spécialement l'Atlantique pour la petite fête improvisée. On se demande tout de même si ce n'est pas le SLPC qui lui aurait payé son billet et ses faux frais? Verdict: 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour avoir lancé un plot métallique à travers le pare-brise dans le but d'atteindre les passagers. Pas très doux, le trans. Pendant les audiences, à l'extérieur du Palais de justice, plusieurs centaines d'Antifas viendront, comme il se doit, provoquer violemment la police, en soutien à leurs camarades de promotion. Il faut savoir garder la forme et les écrans de fumée.

Les confluences profondes

Mais casser de la vitrine ou du flic n'est pas tout. L'idéologie est là. A y regarder de près, elle n'a certes pas grand-chose à voir avec le marxisme, le trotskysme ou l'anarchisme, ni même avec les Gardes rouges de Mao.

Elle égrène en revanche tous les mots d'ordre qu'on lit ouvertement sur tous les sites des ONG-Ecrans du deep-state euro-atlantique et sorosien: défense des LGBT, de la théorie du genre, des migrants, du multiculturalisme, de l'ineptie des frontières, du voile islamique, et même du Kurdistan libre. Et l'inévitable complément: attaques contre Trump, Vladimir Poutine, le «régime» syrien alaouite, etc.

Dans les quincailleries en ligne des antifas, on trouve évidemment toute la panoplie du parfait émeutier connecté et tous les conseils pratiques qui vont avec. Un mode de propagation qui a très largement fait ses preuves depuis les révolutions de couleur. Une routine du «sans limite», car il faut quand même bien les motiver ces jeunes!

Et justement, c'est l'abolition des limites qui est la première condition à la jouissance de la grande casserie. Mais là n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est que, sous couvert de combattre un fascisme fantasmé pour les besoins de la cause, on fiche à tour de bras et on rend tout cela public. Et cela ne scandalise évidemment personne. L'agit-prop manipulée et noyautée par les «services» est donc un leurre. Pendant qu'on s'interroge sur les excuses sociales de leur violence urbaine, ou la qualification juridique de leurs crimes téléguidés, les soutiers de l'antifascisme constituent, là, sous nos yeux, une branche administrative de la police politique du deep-state, qui n'a rien à envier aux recrues de la Stasi.

NOTES
  1. Cf. Sean Birchall, Beating The Fascists, Freedom Press, Londres, 2010.

Source "antipresse"

Posté par UPR Creuse à 17:17 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

L’homme est l’avenir de la femme. Natacha Polony.

Extrait 

(…)

JC Lattès, 2008, p. 244-247

Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe.

OUTIL EDITO NATACHA

Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes. Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction , cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes. Et en puisant dans la mémoire aujourd’hui délaissée de l’Occident, en s’en retournant aux racines d’une civilisation qui, peut-être plus qu’aucune autre, même si c’est bien imparfaitement, a su marier féminin et masculin, il découvrira que les vertus chevaleresques portées par nos vieux récits sont ce qu’il a de plus grand et de plus respectueux à offrir aux femmes.

Petit homme futur, apprends à marcher dans la vie, te composant et te recomposant au gré de tes rencontres et de tes expériences, au gré des livres et des êtres que tu croiseras. Et quelle que soit la façon dont tu choisisses d’entendre ces mots, tu seras un homme, mon fils. Mais pour cela, tâche tout simplement et pleinement, à travers tes valeurs et ta morale, de devenir un Homme.

Extrait de L’homme est l’avenir de la femme. Natacha Polony. JC Lattès, 2008, p. 244-247

Source: http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/09/12/eloge-de-la-virilite-selon-natacha-polony.html

http://arretsurinfo.ch/eloge-de-la-virilite/

Posté par UPR Creuse à 10:10 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Quand la ministre Florence Parly s'envolait d'Air France… avec un parachute de 675.000 euros

La ministre des Armées Florence Parly ne s'est pas contentée de toucher des sommes impressionnantes en pleine crise à la SNCF. En 2014, elle a aussi empoché le pactole à son départ d'Air France, alors que le géant aérien se trouvait dans une situation financière délicate... Une vraie tradition au sein de cette entreprise.

ACT PARLY FINANCE RICHES

Vous avez aimé les salaires de la ministre à la SNCF, vous adorerez ses indemnités chez Air France. Florence Parly, la ministre des Armées, a en effet empoché des sommes faramineuses lorsqu'elle occupait le poste de directrice générale-adjointe du transporteur aérien, chargée de l'activité "Passage Orly et escales en province". C'est ce qu'il ressort de sa nouvelle déclaration d'intérêts, qui comprend enfin ses rémunérations des années 2012 à 2015, publiée ce mercredi 1er novembre par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

La SNCF, qui l'a payée jusqu'à 52.000 euros mensuels en 2017, grâce à une jolie prime de résultats, se trouve comme renvoyée à l'époque de la locomotive à vapeur. Avec Air France, on passe en effet le mur du son des gros salaires. Sur les huit premiers mois de 2014, la socialiste ralliée à Emmanuel Macron aura touché une moyenne de plus de 79.000 euros net mensuels de la part du géant aérien, soit environ 69 Smic. Son indemnité de départ, en septembre, laisse particulièrement rêveur : 675.800 euros brut, soit 406.231 euros net d'impôts. Un joli parachute doré, afin de permettre à l’énarque d’atterrir en douceur.

Ce montant, qui comprend un "solde de tout compte", paraît d'autant plus impressionnant que cette ex-secrétaire d’Etat socialiste n’allait pas se retrouver au chômage. En tant que haut-fonctionnaire en disponibilité, elle était assurée de retrouver sa place - et son salaire - d’administratrice civile rattachée au ministère des Finances. Cela n’a finalement pas été le cas, puisque Florence Parly a opté pour un poste de directrice générale déléguée à la SNCF… qui payait lui aussi très bien, comme Marianne l’a relevé le 6 octobre dernier. Ce départ semble même découler d'un accord entre Florence Parly et Air France : "Florence Parly (...) quittera le groupe à compter du 8 septembre 2014 pour s'engager dans une nouvelle phase de son
parcours professionnel
", indique le communiqué du transporteur, publié le 28 août 2014.

Parachute en plein crash financier

Au moment où l’actuelle ministre a touché cette prime, Air France était loin de se trouver dans une situation financière saine. En 2014, le transporteur aérien a accumulé 129 millions d’euros de pertes. En 2012 et 2013, le groupe a aussi mis en place deux plans de départs volontaires et supprimé respectivement 5.122 et 2.800 postes. A cette époque-là, Florence Parly gagnait déjà bien sa vie : 23.200 euros net mensuels en moyenne en 2012, 24.457 euros en 2013. Pas mal, pour une directrice générale-adjointe qui faisait partie des quinze dirigeants les plus importants de l’entreprise, mais pas des trois premiers.

On ne peut en outre pas lier cette super-prime à des résultats personnels particulièrement renversants. L’action de Florence Parly à Air France demeure en effet contrastée. A la tête de la branche Cargo du groupe, entre 2009 et fin 2011, la haut-fonctionnaire a épongé des pertes colossales et renoué avec les bénéfices. Ce au prix d’une baisse de 17% des effectifs. Quant à son passage à la tête de la branche d’Air France chargée des courts et des moyens courriers à Orly, entre 2012 et août 2014, il n’a pas forcément marqué les esprits. En 2014, les revenus liés au transport de passagers ont baissé de 2,7%. Dans son communiqué annonçant son départ, le géant aérien trouve d’ailleurs les mots pour saluer l’action de Florence Parly, sans nier que ses résultats chiffrés ne sont pas forcément étourdissants : « Florence Parly (..) a su, dans des contextes particulièrement difficiles, mettre sur pied les conditions d'une forte amélioration des performances économiques de ces secteurs ». Manière de constater que si les « conditions » d’une réussite économique ont été mises en place, le résultat lui-même est relativement modeste.

1,12 million pour l'ex-PDG

Ce « parachute doré » correspond en fait à une tradition ancrée au sein de cette entreprise cotée en bourse, dont l’Etat est actionnaire à 14%. Fin 2011, l’ex-PDG Pierre-Henri Gourgeon a par exemple touché une indemnité de départ de 1,12 million d’euros, à laquelle s’est ajoutée une prime de non-concurrence de 400.000 euros.

De la même façon, les rémunérations importantes des dirigeants sont une constante chez Air France. Entre 2015 et 2016, les quatorze membres du comité exécutif ont même augmenté leur salaire de 17,6%. L’année dernière, il se sont partagé quelque 4,8 millions euros, ce qui revient à un salaire mensuel moyen de 28.570 euros brut. De quoi susciter une polémique avec les syndicats du transporteur aérien quand on sait qu’en 2016, cette même direction a proposé aux pilotes de l’entreprise d’augmenter leurs heures de travail de 10% pour la même rémunération.

108.829 euros de jetons de présence en 2015

Florence Parly a de son côté passé les années et les postes en conservant une rémunération (très) élevée. Avec une petite baisse au cours de son premier exercice au sein de la SNCF, toutefois : en 2015, elle a engrangé « seulement » 21.000 euros net mensuels en moyenne. L’énarque se rattrapait avec des jetons de présence en tant que membre de conseils d’administration. Cette année-là, elle y a touché 108.829 euros net. Dès 2016, la machine s’est relancée. Grâce à d’opportunes primes de résultat, l’actuelle locataire de l’hôtel de Brienne a empoché quelque 30.500 euros net moyens, pour finir à plus de 52.000 euros sur les six premiers mois de 2017.

https://www.marianne.net/politique/quand-la-ministre-florence-parly-s-envolait-d-air-france-avec-un-parachute-de-675000-euros

Posté par UPR Creuse à 09:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

120 millions de moins sur les stock-options, le dernier cadeau de Macron aux plus riches

Un amendement surprise de la majorité réduit de 10% les prélèvements sur les stock-options. Ce nouveau cadeau aux plus aisés coûtera 120 millions d'euros à la Sécu. A l'instar du prélèvement forfaitaire unique, ce coup de pouce pour ce type de rémunération va conduire à transformer artificiellement des salaires en dividendes. Explications.

ACT MACRON FINANCE RICHES

"Ne pensez pas à un éléphant". Dans son livre, le linguiste George Lakoff décrypte le but final de cette injonction paradoxale : faire penser à un éléphant. De même qu’à force de dire qu’il n’est pas le président des riches, Emmanuel Macron risque fort d’aboutir au même effet. D’autant qu’il en donne chaque jour des arguments.

La semaine dernière encore. En pleine discussion sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale, le groupe LREM, via Olivia Grégoire, a présenté un amendement visant à réduire la fiscalité des stock-options et autres actions gratuites (AGA). Récitant son catéchisme, la député de Paris assène : "La distribution d'actions gratuites est un processus à la fois avantageux pour les entreprises (qui peuvent ainsi attirer des talents qui autrement ne seraient pas dans leurs moyens financiers) et pour les salariés, qui y trouvent un intéressement au devenir de leur structure". Ce petit cadeau de 120 millions d’euros aux entreprises, et principalement aux plus grosses (chiffrage que les députés de l’opposition ont finalement obtenu de haute lutte), n’était pas prévu au programme. Qu’importe : le rapporteur général LREM annonce la couleur : "avis favorable", itou de la ministre Agnes Buzyn. Emballé, c'est pesé.

Outre que le gouvernement, pourtant fort tatillon sur la dépense, trouve à propos de se passer de 120 millions, ce petit amendement n’a rien d’anodin. Sur la forme d’abord. Conformément à la pratique parlementaire, l’examen des amendements se fait d’abord en commission avant leur discussion en séance plénière, comme c’était le cas ce jeudi 26 octobre. L'amendement 646 signé par l'ensemble des membres du groupe LREM, y déroge, et est opportunément apparu sans passer par la case commission. Colère jusque dans les rang LR. Le député du Loiret, Jean-Pierre Door, réclame une suspension de séance et la convocation en urgence de la Commission des affaires sociales. Ce qu’il obtiendra.

Vengeance macroniste

Mais c’est sur le fond que s’est attardée la députée Nouvelle Gauche, Valérie Rabaud, épaulée par Adrien Quatennens, des Insoumis. La députée du Tarn et Garonne connaît bien ce sujet. C’est elle qui avait obtenu l’année dernière le relèvement à 30% de cette taxe, que la loi Macron avait ramenée en 2015 à 20%. Voilà donc Emmanuel Macron vengé. Tout à sa campagne présidentielle, il avait dû observer de loin le détricotage d’un des dispositifs phares de sa loi à lui. La voici remise en l’état. Pas à n’importe quel prix. Comme le souligne Valérie Rabaud, "vous avez déjà fait, avec la taxe sur les salaires sur la quatrième tranche, un chèque de 120 millions d’euros pour les cadres des grandes entreprises qui gagnent plus de 150 000 euros par an, et vous recommencez aujourd’hui avec un chèque de 120 millions d’euros ! Où va-t-on s’arrêter ?".

Et de fait, ces deux mesures s’ajoutent en ce qu’elles s’adressent aux mêmes : les hauts salaires, notamment ceux de la finance, qui se trouvent aussi être ceux qui reçoivent le plus de stock-options et d'AGA. Selon un document de Bercy, parmi les entreprises de plus de 500 salariés, 363 d’entre elles avaient déclaré la moitié de l’assiette de cette taxe en 2015. Plus du tiers pour les presque 100 plus grosses qui comptent plus de 2 000 salariés. Ce paquet d’actions pesant près de 6 milliards d’euros.

120 millions + 120 millions +...

Emmanuel Macron assume donc son pari économique. Avec cette nouvelle mesure, le président augmente encore de 120 millions d’euros sa mise déjà lourde de plusieurs milliards via la fin de l’ISF et l’instauration de la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique) sur les revenus mobiliers (actions, etc…): réduire massivement la fiscalité pesant sur les plus riches en espérant retrouver tout cet argent dans l’investissement. Il a pour l’heure gagné son pari politique, comme en a récemment convenu Jean Luc Mélenchon : sa majorité tient, que se soit sur ses ordonnances sur le travail comme sur son budget, tandis que l’opposition peine à trouver ses marques.

Reste le pari économique. Même si officiellement, ce n’est pas la théorie du ruissellement qui gouverne ses choix économiques, l’ensemble des options prises finit de dessiner quelque chose qui y ressemble fortement. Mais il y a un hic. Comme l’a récemment révélé Vincent Eblé, le président PS de la Commission des finances du Sénat, Bercy chiffre à 50 000 à long terme le nombre d’emplois créés par les milliards 'rendus' aux plus riches. Une paille. Ce n’est pas vraiment une surprise : la théorie du ruissellement manque cruellement d’études académiques pour la valider. Elles sont au contraire pléthores pour montrer combien ces acteurs économiques très particuliers que sont les riches excellent à optimiser leurs avantages et à baisser leurs impôts.

Transformation des salaires en dividendes

C’est le cas de celle que vient de produire Gabriel Zucman, et qui en a fait une relation dans Le Monde intitulée La flat tax est une bombe à retardement pour les finances publiques. Pour ce professeur d’économie à l’université californienne de Berkeley, la chose est entendue : le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital va coûter beaucoup plus que le 1,5 milliard d’euros budgétisé.

Le raisonnement se fonde par analogie sur ce qui s’est notamment passé aux Etats-Unis. En créant un écart entre la fiscalisation des revenus issus du capital et celle du travail, (en l'espèce en France presque 16% de moins pour les premiers), les acteurs qui disposent de l’information et en ont la capacité technique, autrement dit les élites du salariat comme les cadres dirigeants, vont transformer artificiellement des salaires en dividendes. Cela s’appelle un arbitrage positif en finance. Manque à gagner fiscal à terme, selon Gabriel Zucman ? Plus de 10 milliards par an, 20 milliards dans un scénario noir. Ce raisonnement dynamique s'applique également aux prélèvements sur les stock-options : s'il ne coûte que 120 millions aujourd'hui, il coûtera mécaniquement plus à l'avenir...

Comme s'il voulait donner raison encore plus vite à l’économiste, Emmanuel Macron, avec sa baisse de la taxe sur les stock-options et les actions gratuites, remet 10 balles dans la machine à transformer artificiellement les salaires en distribution d’actions et de dividendes.

https://www.marianne.net/economie/120-millions-de-moins-sur-les-stock-options-le-dernier-cadeau-de-macron-aux-plus-riches

Posté par UPR Creuse à 09:31 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Détournement de sens

Extrait d'un article de Jacques Sapir paru ce jour sur le site "Les crises", rendant hommage au livre "le grand détournement" de Fatiha Agag-Boudjahlat.

(https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/)

ARG SAPIR FATIHA

(...)

on peut reprocher à Fatiha Agag-Boudjahlat de n’avoir pas osé aller plus loin en montrant comment la construction de communautés fantasmées s’opposait frontalement à la notion de peuple, un terme très peu utilisé dans ce livre et jamais dans son sens de communauté politique, et donc de souveraineté.

Le problème de la souveraineté

Car, le problème central est là. Le salafisme existe depuis le début des années 1920[2], et a des racines bien plus anciennes encore. Sa dérive sectaire est désormais majoritaire, et pose d’ailleurs un problème évident d’ordre public[3]. Pourtant, il n’a pris en France la dimension de problème politique majeur que depuis une quinzaine d’années. De même, la présence de mouvements inspirés par les Frères Musulmans est attestée en Europe depuis les années 1950, ce mouvement étant né en Egypte en 1928[4]. Pourtant, là encore, ce n’est que depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, que ces mouvements ont, petit à petit, pris de l’importance. On ne peut donc parler de « menace intangible ».

Si l’on veut comprendre comment a pu se constituer ce cadre religieux et politique, il faut ici comprendre un double mouvement. Il y a, d’une part, l’écrasement des mouvements du nationalisme arabe, écrasement qui fut largement porté par les pays occidentaux et à leur tête les Etats-Unis, écrasement qui permis à ces sectes religieuses de récupérer une partie du combat post-colonial. Mais il y a aussi la critique radicale portée sur la souveraineté par les institutions européennes qui nie en réalité la notion de peuple comme communauté politique fondée sur des bases territoriales et qui ouvre la porte aux idées de « communautés » transnationales, mais aussi à l’idée que c’est l’ethnicité qui fait le peuple et non un pacte politique. En un sens, et cela est bien dit par Fatiha Agag-Boudjahlat, les identitaires et les communautaristes mènent le même combat contre la République.

Les mouvements religieux qui sont apparus au sein de l’islam (et dont il convient de rappeler qu’ils sont loin de réunir la totalité des musulmans) ont donc bénéficié de l’éviction des mouvements nationalistes et de la critique post-moderne de la Nation dont la technocratie Bruxelloise est porteuse. Une réfutation du rôle fondamental de la Souveraineté, tel qu’il émerge des travaux de Bodin et de Jean-Jacques Rousseau, a d’ailleurs été produite par Andras Jakab, et cette critique est parfaitement convergente avec le discours tenu par l’Union Européenne[5]. Ils se combinent alors au processus d’acculturation qui frappe une partie de la jeunesse issue de l’immigration et qui la pousse à se chercher une culture fantasmée. On rappelle que, dans les territoires tenus par DAECH en Syrie et en Irak, les barres chocolatées qui sont la quintessence d’une sous-culture occidentale étaient hautement prisées par les « combattants ».

En fait, on est en présence d’un double mouvement de capture : celui des musulmans par des sectes fondamentalistes qui se prétendent les seuls représentants de l’islam, et celui d’une partie de la population immigrée par une pseudo-communauté musulmane à laquelle cette population est sommée d’adhérer ou d’être considérée comme traitre.

Une nouvelle trahison des clercs ?

Cela conduit alors Fatiha Agag-Boudjahlat à s’interroger sur ce que l’on appellera, à la suite de Julien Benda, une nouvelle « trahison des clercs ». Autrement dit pourquoi des intellectuels, de gauche comme de droite montrent-ils une telle perméabilité aux thèses communautaristes et racistes au point, dans certains cas, de s’en faire les complices. Fatiha Agag-Boudjahlat cite de nombreux noms et montre de manière irréfutable ce processus.(...)

On peut, comme le fait Fatiha Agag-Boudjahlat, s’interroger sur les sources intellectuelles de cet accommodement, voire de cette complicité. On revient ici sur la question du relativisme absolu et de la dé-contextualisation, thèmes qui sont abondamment traités dans le livre. On peut, comme Céline Pina, mettre en avant le clientélisme des élites politiques qui conduit alors des « intellectuels » à adopter des positions de justification[6]. Un autre livre, écrit récemment par Bernard Ravet montre bien qu’à ce clientélisme est venu s’ajouter la lâcheté profonde de l’administration et de la hiérarchie de l’éducation nationale[7]. Ces explications sont certaines ; mais, elles n’épuisent pas le problème.

Car, la haine de la France n’est pas que le fait d’une minorité de jeunes et de moins jeunes issus de l’immigration. Cette haine se construit sur une confusion : les élites prétendent que c’est la « France » qui agit pour cacher leurs propres manigances. Or, ce mensonge est repris comme tel par de nombreux intellectuels. On touche là à la question de la nécessité pour tout pays de produire un « récit national » qui aborde honnêtement les points lumineux comme les points sombres de son histoire. Or, une partie des intellectuels en France se refuse à l’idée même d’un « récit national », car ce dernier serait vecteur du « nationalisme ». Et l’on retrouve ici la haine de la souveraineté concoctée depuis Bruxelles par la technocratie de l’Union européenne.

(...)

C’est donc un livre important qui nous est donné ici par Fatiha Agag-Boudjahlat. Il faut l’en remercier, le lire et le discuter. Ce livre est, sur certains points, incomplet. On renvoie ici le lecteur aux ouvrages que j’ai écrit ou auxquels j’ai participé[8]. Mais il atteint son but. Il montre la construction perverse d’un autre sens aux mots que nous utilisons, construction qui permet de casser le langage commun qui s’était instauré entre Français. Il désigne le projet tyrannique qui est à l’œuvre derrière ce détournement orwellien du sens des mots.

Jacques Sapir

Notes

[1] Agag-Boudjahlat, Fatiha, Le grand retournement, Paris, Le Cerf, 2017.

[2] Rougier B., (dir.), Qu’est-ce que le salafisme ?, PUF, Paris, 2008, 271 p

[3] Amghar S., Le Salafisme d’aujourd’hui : Mouvements sectaires en Occident, Michalon, 2011

[4] Maulion F. – L’organisation des frères musulmans : évolution historique, cartographie et éléments d’une typologie, Diplôme universitaire de 3è cycle, Paris, Université Panthéon-Assas – Paris II – Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines, 2004, 337 p

[5] Jakab A., « La neutralisation de la question de la souveraineté. Stratégies de compromis dans l’argumentation constitutionnelle sur le concept de souveraineté pour l’intégration européenne », in Jus Politicum, n°1, p.4 ; consultable en ligne: http://www.juspoliticum.com/La-neutralisation-de-la-question,28.html

[6] Pina C., Silence coupable, Paris , Kero, 2016.

[7] Ravet B., Principal de collège ou imam de la république ?, Paris, Kero, 2017.

[8] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016 et Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Le Cerf, 2017.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/


 

BASE 14 995X225La question du contenu de la souveraineté est un débat fondamental, en France comme dans le monde: si on observe ce qui se passe en Espagne, on a un projet d'apparence identitaire (le "peuple catalan") sur la base d'un projet politique identique au projet porté par le pays contesté: diversité, multiculturalisme et communautarisme ethnique et religieux, sans compter une même adhésion au projet européen! Confusion des mots, double- langage etc.

P.G.