dimanche 5 novembre 2017

Catalogne : le président destitué Carles Puigdemont s'est livré à la police belge

Le leader indépendantiste s'est rendu avec quatre de ses anciens ministres à la police judiciaire fédérale de Bruxelles (Belgique), dans la matinée du dimanche 5 novembre.

ACT PUIGDEMENT PRISON

Le président destitué de la région Catalogne, Carles Puigdemont, s'est livré à la police belge avec quatre de ses anciens ministres, a annoncé le parquet fédéral belge, dimanche 5 novembre. "Ce matin, les cinq personnes recherchées par l'Espagne se sont présentées auprès de la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Elles ont été privées de liberté à 9h17", a déclaré Gilles Dejemeppe, porte-parole du parquet fédéral belge. 

Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres ont été "notifiés" du mandat d'arrêt européen les concernant, a poursuivi Gilles Dejemeppe. Ils seront auditionnés par un juge d'instruction belge "dans le courant de l'après-midi", a annoncé le porte-parole. 

Ce juge d'instruction a 24 heures, jusqu'à lundi à 9h17, pour décider de les placer en détention ou de les libérer sous condition ou caution. Selon Gilles Dejemeppe, cette décision devrait intervenir dans la soirée.

"Ils ont honoré ce rendez-vous"

Carles Puigdemont et ses quatre "conseillers" (l'équivalent des ministres dans l'ancien gouvernement catalan) sont visés par des mandats d'arrêts émis par l'Espagne pour "sédition, rébellion et détournement de fonds", après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. 

"Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat" de la police fédérale, a explique Gilles Dejemeppe dimanche. "Ils ont honoré ce rendez-vous", a-t-il ajouté.

Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres se trouvent actuellement dans les locaux du parquet de Bruxelles.

http://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/catalogne-le-president-destitue-carles-puigdemont-s-est-livre-a-la-police-belge-annonce-le-parquet-de-bruxelles_2453082.html#xtor=EPR-51-[catalogne-le-president-destitue-carles-puigdemont-s-est-livre-a-la-police-belge-annonce-le-parquet-de-bruxelles_2453082]-20171105-[titre]


 

Pour ceux qui l'auraient manqué, voir:

Qui se cache derrière l indépendance de la catalogne ?

Ajoutée le 9 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=WWLO01k97Ls

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La Croatie veut passer à l'euro, mais pas la Suède, le Danemark, la Pologne...

Après avoir rejoint l'Union européenne comme 28e Etat membre en 2013, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration : elle espère pouvoir satisfaire aux "critères de convergence" et notamment réduire sa dette publique (80% du PIB). Elle serait le 20e Etat à rejoindre la monnaie unique.

ACT ZONE EURO

Devenue le 28e pays membre de l'Union européenne le 30 juin 2013, dix ans après sa demande d'adhésion, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration européenne : elle espère pouvoir passer à l'euro dans un délai de sept à huit ans, c'est-à-dire à l'horizon 2024-2025, a indiqué le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, ce lundi 30 octobre.

"Nous ne voulons pas fixer de date précise mais nous voulons que la Croatie devienne membre de la zone euro dans deux législatures", a déclaré Andrej Plenkovic lors d'une conférence économique consacrée à cette question.

L'adhésion à l'euro est un processus complexe et long. Le dernier pays à avoir intégré l'Eurozone est la Lituanie, le 1er janvier 2015. C'était le 19e Etat passant à l'euro fiduciaire, à l'issue d'un parcours semé d'embûches entamé en mai 2004 avec l'adhésion à l'UE, puis en juillet de la même année, la participation au Mécanisme de taux de change européen ou MCE-2.

Le MCE-2 définit le cadre de la coopération en matière de politique des taux de change entre l'Eurosystème (constitué des banques centrales de la zone euro et de la BCE) et les États membres de l'Union européenne préparant leur passage à l'euro.

Période d'observation

En Croatie, le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, souhaite intégrer ce Mécanisme de change européen (MCE-2) dans les trois ans qui viennent, c'est-à-dire avant que le pays prenne la présidence de l'Union européenne, en 2020.

Les Etats de l'UE qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique doivent observer une période de deux ans au sein du MCE-2, mécanisme qui vise à établir la stabilité de la monnaie du nouvel entrant avant qu'il accède à la zone euro.

La banque centrale croate intervient sur le marché local des changes afin d'assurer une stabilité de la kuna dans une fourchette de parité face à l'euro comprise entre 7,3 et 7,7.

Réduction de la dette publique

Le principal défi du gouvernement croate pour parvenir à intégrer la zone euro est de réduire sa dette publique qui dépasse légèrement les 80% du produit intérieur brut.

"Notre objectif est de réduire la dette publique à 72% du PIB d'ici 2020. Nous travaillons à une importante consolidation budgétaire et cette année, le déficit budgétaire sera inférieur à celui de l'an passé qui était de 0,9% du PIB", a annoncé Andrej Plenkovic.

De nombreux pays de l'UE toujours en dehors de l'eurozone

Tous les États membres de l'Union européenne sont censés adopter l'euro comme monnaie et adhérer à la zone euro. Pour ce faire, ils doivent satisfaire aux « critères de convergence ». Néanmoins, de nombreuses exceptions existent, soit parce qu'ils ne répondent pas aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas. Illustration, avec ces quatre exemples : Danemark, Royaume-Uni, Suède et Pologne.

Le Danemark, membre de l'UE depuis le 1er janvier 1973, avait en juin 1992 voté "non" au traité de Maastricht (février 1992). Suite à ce refus, l'Accord d'Edimbourg signé six mois plus tard, en décembre, avec le Conseil européen permettait au pays de négocier pas moins de quatre options de retrait (ou opting-out), dont celle sur l'euro. Voilà comment le pays a conservé sa monnaie nationale, la couronne danoise, et finalement ratifié le traité de Maastricht, avec ses quatre dérogations, en mai 1993.

Le Royaume-Uni, qui est engagé depuis le référendum du 23 juin 2016 dans une procédure de sortie de l'UE (Brexit), bénéficie d'une dérogation (opting out) permanente au traité de Maastricht pour conserver sa devise, la livre sterling. En novembre 2015, David Cameron avait voulu aller plus loin en tentant d'ériger cette dérogation en règle commune - ce qui, selon la fondation Robert Schuman, aurait transformé l'UE en communauté "multidevises".

La Suède fait, quant à elle, partie des pays sans dérogation et qui auraient dû rejoindre l'eurozone, surtout après avoir massivement voté en faveur de l'adhésion à l'UE en 1994... Mais le référendum du 14 septembre 2003, après une décennie de crise économique, avait massivement confirmé le scepticisme grandissant des Suédois à l'égard de l'UE (notamment face aux dérives budgétaires de ses principaux membres) et leur refus d'intégrer la zone euro. Et, selon certains sondages, le Brexit ferait progresser le camp en faveur d'une sortie de l'UE.

La Pologne, qui a rejoint l'UE en mai 2004, aurait dû passer à l'euro entre 2011 et 2012 en vertu de l'obligation contractée avec le traité d'Athènes (2003) qu'elle a adopté par référendum en 2003. Mais de nombreux points de tension sont apparus entre la Pologne et certains pays de l'UE, notamment l'Allemagne avec des sujets comme la crise des réfugiés, ou la France avec la question des travailleurs détachés. Le pays est devenu très jaloux de sa souveraineté. Ainsi, après d'autres prises de position semblables de ses prédécesseurs depuis plusieurs années, la Première ministre Beata Szydlo déclarait en mars 2017 que Varsovie ajournait ses plans pour rejoindre la zone euro, car "il est plus avantageux de garder sa propre monnaie, le zloty".

(avec Reuters)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-croatie-espere-passer-a-l-euro-d-ici-a-2025-et-abandonner-la-kuna-756114.html

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"La politique ça sert à rien?" par François Asselineau: vidéos sur la nouvelle chaîne "Poléthique" (YT)

Allez faire un tour par là : chaîne politique

https://www.youtube.com/channel/UCt49Nsz9d4nk00Y2xxF6law/feed

VID FA POLYETHIQUE 1

 

Pas mal d'interventions de François Asselineau, mais ne vous laissez pas démonter par les autres.

La politique ça sert à rien par François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=SBWPNBqMKMk

Dictionnaire de l'Union Populaire Républicaine par François Asselineau

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=5tyPSbOxVJg

La réforme du code du travail en clair par François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=9jQPtq4dJgU

Entretien avec François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 30 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=W6YfDjhlUxY

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Cabinets ministériels : la hausse des salaires en marche

Dans le nouveau monde d’Emmanuel Macron, les cabinets ministériels subissent une cure d’amaigrissement. Moins de conseillers, pour économiser de l’argent public ? Pas si simple.

ACT AUGMENTATION MINISTERES

Pas plus de dix membres dans un cabinet ministériel, c’est la règle depuis le premier conseil des ministres du quinquennat Macron. Résultat, entre le gouvernement de Manuel Valls l’année dernière et celui d’Edouard Philippe, il y a 124 conseillers ministériels en moins. Une économie de 6 543 071 euros. Mais en même temps, ils se sont octroyés une augmentation: 18% de hausse de salaire en moyenne par rapport à leurs prédécesseurs.

A partir du "Jaune" budgétaire publié avec le PLF 2018, nous avons comparé, ministère par ministère, la rémunération des conseillers entre 2016 et 2017. Certains écarts sont étonnants.

Au ministère des Affaires étrangères par exemple, la rémunération moyenne des conseillers est passée de 5 898 euros bruts par mois, à 10 043 euros. Au ministère de la Justice, le salaire des membres du cabinet a augmenté de 7 992 euros mensuel à 10 549 euros bruts. Mais c’est au ministère de la Santé qu’on est le mieux payé : 11 665 euros mensuels contre 9 569 euros l’année dernière. C’est plus que ce que gagne la ministre elle-même !

En pleine cure d’austérité, comment expliquer ces augmentations de salaire ? Pour l’ancien député René Dosière (PS), qui a effectué des calculs similaires, les ministres qui viennent du monde de l’entreprise ont tendance à davantage rémunérer leurs collaborateurs :

«Les ministres sont issus pour beaucoup de la société civile, ils gagnaient beaucoup plus avant d’être ministres... Ils ont laissé courir le niveau des rémunérations.»

La baisse du nombre de conseillers ministériels dans le gouvernement d’Edouard Philippe a permis d’économiser plus de 6 millions d’euros. Mais sans les hausses de salaires, nous aurions pu économiser 5 millions d’euros de plus.

http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/11/01/cabinets-ministeriels-la-hausse-des-salaires-en-marche.html#xtor=EPR-51-[enquete-france-2-comment-les-salaires-des-conseillers-ministeriels-ont-explose-depuis-l-election-de-macron_2448422]-20171102-[titre]

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"Droit à l'enfant", disparition du père, bébés "OGM"... Les arguments des anti-PMA "pour toutes" passés au crible

Le gouvernement s'est engagé à ouvrir la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes dans le cadre de la révision des lois bioéthiques.

ARG PMA

L'annonce a réveillé les opposants. Le gouvernement doit proposer l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules dans le cadre de la révision des lois bioéthiques. En première ligne pour contester ce projet, La Manif pour tous, mouvement né en opposition au mariage pour tous en 2012.

Dénonciation d'un "droit à l'enfant", refus d'une médecine qui s'adapterait à des "demandes sociétales" et non plus pathologiques, défense du cadre familial hétérosexuel... Franceinfo a passé aux cribles cinq arguments des opposants à l'ouverture de la PMA. 

Cela va instaurer un "droit à l'enfant" 

Dans une tribune publiée par Le Monde, la députée Les Républicains Valérie Boyer appelle à lutter contre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, en écrivant : "Ne cédons pas face à ceux qui s’arrogent un droit à l’enfant." Ce "droit à l'enfant", également dénoncé par La Manif pour tous, sous-entend que la loi céderait à une volonté égoïste d'avoir un bébé "au mépris du droit des enfants". Pour Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS, une telle expression "est inexacte".

Si ce droit existait, pour une adoption ou dans un centre de PMA, vous iriez devant les tribunaux en cas de refus. Ce n'est pas le cas, ce n'est donc pas un droit, mais une liberté de procréer.

Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS

à franceinfo

De fait, actuellement, les médecins des Cecos (Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains) peuvent refuser à un couple hétérosexuel l'accès à la PMA après examen de leur dossier. Et parfois, l'infertilité du couple ne suffit pas. Les motivations du couple, sa situation financière ou l'âge du père peuvent entraîner un refus, expliquait Libération en 2007 : "Pour autoriser ou non une assistance médicale, les médecins s'en remettent à eux-mêmes." Dans ce cas, un couple n'a pas de possibilité de recours.

De même, "la loi française a autorisé les personnes seules à adopter des enfants en 1966", souligne cette spécialiste de la bioéthique et de la parentalité. "Qui, à l'époque, a dit que ces personnes avaient droit à un enfant ? Personne." Aujourd'hui, certains militants proches de La Manif pour tous réclament la suppression du droit à l'adoption pour les célibataires. Mais à l'époque, la réforme de l'adoption a été adoptée dans le consensus.

Pour la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, derrière le "droit à l'enfant" se cache "en fait le refus de l'homoparentalité". La sociologue Dominique Mehl, également auteure de l'ouvrage Les Lois de l'enfantement, procréation et politique en France 1982-2011 (Ed. Presses de Sciences Po, 2011), ajoute que "dans l'histoire du droit de la famille, le droit s'adapte aux évolutions de la société et des mœurs (le divorce, l'égal exercice de l'autorité parentale, le mariage pour tous...) déjà installées."

La médecine n'a pas à répondre à des "demandes sociétales"

Si la PMA est aujourd'hui autorisée pour les couples infertiles ou pour éviter la transmission d'une maladie grave, son extension aux couples de femmes et aux femmes seules serait une évolution vers les "demandes sociétales" et non plus une réponse à une pathologie"Une réflexion fondamentale sur la médecine (et son budget) mériterait d’être engagée avant que celle-ci soit insidieusement portée à s’exercer vers des demandes exponentielles de la société, sans qu’aucun critère soit élaboré pour discerner son juste exercice, autre que celui de la discrimination", écrit Pierre d’Ornellas, archevêque catholique de Rennes, dans une tribune au Monde.  

Il n'y a pourtant là rien de nouveau. "La médecine est aussi un instrument qui crée du lien social et qui répond à des demandes de société", note la sociologue Dominique Mehl. Elle cite "la chirurgie esthétique parfois remboursée par la Sécurité sociale" ou encore "la fécondation in vitro qui n'a pas été inventée pour manipuler des gamètes, mais pour répondre à des couples qui n'arrivaient pas à avoir d'enfants." On pourrait également citer l'IVG (interruption volontaire de grossesse) qui, lorsqu'elle n'est pas thérapeutique, est bien un usage de la médecine en réponse à une demande sociétale.

"La médecine s’est (...) toujours inscrite dans une forme de transgression", abonde Jacques Gonzalès, médecin, historien de la médecine, interrogé par Pèlerin magazine. Auteur de Histoire de la procréation humaine, croyances et savoirs dans le monde occidental (Ed. Albin Michel, 2012), il rappelle qu'à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, des "fécondations artificielles" ont eu lieu "en cachette".

A l’époque, le principe d’une insémination chez l’humain, c’est-à-dire de faire procréer sans sexualité, était perçu comme une pratique choquante car réservée aux animaux.

Jacques Gonzalès, médecin, historien de la médecine

au "Pèlerin magazine"

Le fait "que le recours à la PMA soit étendu aux femmes célibataires ou aux couples d’homosexuelles (...) semble donc une évolution 'logique', la science bousculant toujours les acquis", estime Jacques Gonzalès. Mais le médecin se montre tout de même sceptique sur la mise en œuvre de cette PMA étendue.

Cela entraîne la "fin du père"

C'est l'un des arguments clés de La Manif pour tous, qui en a fait un mot-dièse sur Twitter (#PMAsansPère) : "Etre privé de son père, c’est-à-dire être orphelin de père, est une souffrance immense. Il est donc inacceptable de provoquer volontairement cette souffrance, source d’injustice intolérable pour les enfants", écrit le mouvement dans un communiqué.

"La famille traditionnelle (un père, une mère et leurs enfants biologiques, vivant en paix dans le même foyer), ça ne représente pas du tout la totalité des scénarios familiaux", nuance la sociologue Dominique Mehl. Selon une étude de l'Inseeun quart des enfants français vivent avec un seul parent. Avec l'ouverture de la PMA aux femmes seules, la monoparentalité ne serait plus liée à des séparations et des divorces, mais "volontaire et choisie", souligne Dominique Mehl.

La monoparentalité change donc de nature et c'est l'émergence d'une nouvelle forme de familles, cela ne signifie pas que c'est anodin pour autant.

Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS

L'absence d'un père biologique est-elle préjudiciable pour un enfant ? Il n'y a pas de consensus scientifique sur cette question. "Il n’existe pas, pour la psychanalyse, de définition du 'bon parent', écrit Geneviève Delaisi de Parseval dans Libération. Pour la psychanalyse, l’essentiel est que puisse fonctionner le complexe d’Œdipe, c’est-à-dire la triangulation de la fonction paternelle au terme d’une dynamique structurante marquée par un déplacement des investissements affectifs sur un autre personnage que la mère. Mais rien ne dit que cette fonction doive nécessairement être assumée par un homme."

"Toutes les familles sont un peu à risque", estime également Dominique Mehl. A l'inverse, le psychanalyste Jean-Pierre Winter est favorable au mariage entre couples homosexuels mais opposé à l'homoparentalité. Il affirme auprès d'Atlantico "L'effacement d'une personne qui a contribué à la conception aura des conséquences sur le psychique de l'enfant. En l’occurrence, je ne connais pas de cas dans lesquels il n'y a pas de conséquences."

Une étude menée en 2012 auprès de familles homoparentales et parue dans la revue de l'Association française de sociologie a cependant conclu : "Ces familles, quelle que soit la manière dont elles ont été fondées, sont inscrites dans des réseaux de parenté et des entourages plus larges [que le cadre de l'homoparentalité] et ne viennent pas bouleverser les grands principes inhérents aux représentations occidentales de la parenté."

Cela va créer des "enfants OGM"

L'affiche issue de la campagne de La Manif pour tous voulait marquer les esprits. On peut y voir un bébé dessiné au milieu d'une rangée de légumes. La légende : "Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent ?" Devant l'indignation suscitée par cette affiche qui amalgame organisme génétiquement modifié et PMA, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes a réclamé son retrait.

"Comparer les bébés nés après FIV [fécondation in vitro] ou insémination à des légumes OGM est profondément offensant pour les enfants et leurs familles", a tweeté Marlène Schiappa. La Manif pour tous a dénoncé un "faux procès" : "Jamais un enfant n'a été comparé à un légume OGM. Jamais l'opposition à la PMA sans père n'a stigmatisé les familles monoparentales."

 

Affiche issue de la campagne anti-PMA de La Manif pour tous.

"D'un point de vue scientifique, cette affiche est complètement fausse, la PMA n'a rien à voir avec un OGM, un organisme génétiquement modifié, explique Marina Carrère d'Encausse, médecin échographiste et présentatrice de l'émission "Allô docteurs" sur France 5. [Un OGM], c'est un être vivant dont le génome a été génétiquement modifié par la main humaine. Par exemple, un légume que l'on rend résistant à une maladie. Contrairement aux OGM, on ne modifie pas la nature avec la PMA, on va simplement l'aider plus ou moins." 

Michel Cymes, médecin et chirurgien et coprésentateur "d'Allô docteurs", précise : "La PMA regroupe plusieurs techniques qui mettent en relation un ovule et un spermatozoïde pour optimiser les chances de procréation." Insémination artificielle, fécondation in vitro, stimulation ovarienne... Ces différentes techniques pour réaliser une PMA ne sont donc pas des manipulations génétiques. La sociologue Dominique Mehl dénonce une "comparaison injurieuse pour les enfants"

Les enfants des couples de femmes qui naissent grâce à une aide à l'étranger et peut-être bientôt en France seront des enfants comme les autres. Ils auront les gènes du donneur et les gènes de la mère. Il n'y a pas de manipulation génétique.

Dominique Mehl, sociologue

à franceinfo

C'est la première étape vers la GPA

L'argument, utilisé par La Manif pour tous, est repris par Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains. Pour lui, élargir l'accès à la PMA à toutes les femmes, c'est ouvrir la porte à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples d'hommes, au nom du principe d'égalité. Pour Laurent Wauquiez, la PMA n'est qu'une "étape" avant la GPA "et donc la marchandisation du corps de la femme".

Souvent associée dans les débats à la PMA, la GPA est pourtant une pratique très différente : elle consiste à avoir recours à une mère porteuse qui mettra au monde un bébé pour un couple tiers, hétérosexuel ou homosexuel. "Quand Laurent Wauquiez fait semblant de ne pas comprendre qu'on parle de la PMA et pas de la GPA et qu'il mélange à dessein pour faire peur et instrumentaliser un certain nombre de débats, je trouve que c'est assez cynique", a dénoncé Marlène Schiappa.

De fait, la GPA n'est absolument pas à l'ordre du jour de l'agenda politique : rares sont les personnalités favorables à sa légalisation. A gauche, on peut citer la sénatrice EELV Esther Benbassa. Manuel Valls, qui s'y est montré favorable en 2011, dénonce désormais "une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes". Najat Vallaud-Belkacem, François Rebsamen, Jean-Marie Le Guen et Aurélie Filippetti, qui avaient signé une tribune au Monde en faveur de l'encadrement de la GPA en 2010, se gardent bien de s'exprimer aujourd'hui sur le sujet. A droite, Nadine Morano s'y était déclarée favorable en 2008 "dès lors que la femme a un vrai problème de stérilité, dès lors aussi qu'il n'y a pas de marchandage du corps".

Dans son rapport rendu le 27 juin, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), favorable à la PMA, a lui aussi exclu le recours à la GPA. Le CCNE évoque ainsi les "violences juridiques, économiques, sanitaires et psychiques" qui s'exercent sur les mères porteuses et sur les enfants nés par GPA. La sociologue Dominique Mehl regrette que le CCNE n'ait pas évoqué les pratiques de GPA altruiste, c'est-à-dire encadrées par la loi et sans contrepartie financière pour la mère porteuse, qui ne bénéficie que d'un remboursement de ses frais.

http://www.francetvinfo.fr/choix/droit-a-l-enfant-disparition-du-pere-bebes-ogm-les-arguments-des-anti-pma-pour-toutes-passes-au-crible_2415709.html#xtor=EPR-51-[droit-a-l-enfant-disparition-du-pere-bebes-ogm-on-a-passe-au-crible-les-arguments-des-anti-pma-pour-toutes_2448590]-20171102-[titre]


 

BASE 14 995X225Intéressant de connaître l'argumentaire des adeptes du culte de la Science, de l'Histoire et du Progrès. Derrière les questions "de société" se cachent toujours des conceptions d'ordre métaphysique, notamment sur les rapports entre l'Homme et la Nature, qui rendent le dialogue compliqué, voire impossible...

Surtout quand les oppositions se cristallisent autour d'"arguments d'autorité", comme ça semble être le cas dans cet article.

P.G.

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Meurtre de Daphne Caruana Galizia : huit journaux, dont « Le Monde », réclament une enquête indépendante

Plusieurs directeurs de rédaction s’associent dans une lettre ouverte à la Commission européenne pour demander une enquête indépendante à la suite du meurtre de la journaliste maltaise.

ACT LIB PRESSE DAPHNE MONDE

Plusieurs directeurs de rédactions européennes et américaines s’associent dans une lettre ouverte pour réclamer une enquête indépendante à la Commission européenne suite au meurtre de la journaliste d’investigation maltaise, assassinée le 16 octobre dans l’explosion de sa voiture. Le courrier, en date du 2 novembre, est adressé à Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne.

Monsieur le vice-président Timmermans,

Le meurtre scandaleux de la journaliste d’investigation maltaise Daphne Caruana Galizia rappelle brutalement les dangers que les journalistes professionnels et les citoyens courent en permanence quand ils s’emploient à mettre au jour la corruption et les comportements illicites des riches et des puissants de ce monde.

Il ne faut pas laisser les assassins de Daphne parvenir à étouffer son enquête sur la corruption au sein des plus hautes sphères à Malte. Nous nous félicitons de vos déclarations publiques soulignant que ce pays doit montrer au reste de l’Europe, et du monde, que sa réglementation est saine et robuste.

Comme vous le savez, en 2016, l’outil de contrôle du pluralisme des médias de la Commission européenne a déploré le manque d’indépendance politique des médias maltais, en estimant que Malte était « le seul Etat membre de l’Union présentant une telle emprise des partis politiques sur les médias ».Son rapport indiquait également que Malte se caractérisait par une faible autonomie éditoriale, « principalement en raison du manque de mesures de régulation et d’autorégulation qui protègent l’indépendance éditoriale dans les médias d’actualité ».

Le meurtre de Daphne, associé aux problèmes structurels identifiés par la Commission, révèle la nécessité d’une enquête exhaustive de celle-ci sur l’indépendance des médias à Malte. Nous vous demandons d’utiliser vos fonctions pour engager un dialogue urgent avec le gouvernement maltais afin de vous assurer qu’il a conscience des obligations qui lui incombent, en tant que membre de l’Union européenne, de faire respecter l’Etat de droit et de garantir la liberté de la presse et la liberté d’expression dans le pays.

L’assassinat de Daphne Caruana Galizia prouve le danger auquel les journalistes sont confrontés lorsqu’ils cherchent à établir la vérité. Il met aussi en évidence la crainte qu’ont les élites corrompues d’être démasquées. Nous vous invitons à user de tous les pouvoirs dont vous disposez pour veiller à ce que la mort de Daphne donne lieu à une enquête complète et pour envoyer un clair signal de soutien aux journalistes qui œuvrent pour l’intérêt général, à Malte et dans le reste du monde.

Bien à vous,

Katharine Viner, rédactrice en chef, The Guardian

Wolfgang Krach, rédacteur en chef, Süddeutsche Zeitung

Dean Baquet, rédacteur en chef, The New York Times

Lionel Barber, directeur de publication, Financial Times

James Harding, directeur de l’information et de l’actualité, BBC

Mario Calabresi, rédacteur en chef, La Repubblica

Antonio Caño, rédacteur en chef, El Pais

Jérôme Fenoglio, directeur, Le Monde


http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/02/meurtre-de-daphne-caruana-galizia-huit-journaux-internationaux-dont-le-monde-reclament-une-enquete-independante_5209324_3214.html

BASE 14 995X225Comble de l'hypocrisie des médias de l'oligarchie: se faire passer pour des défenseurs de la liberté d'expression et des pourfendeurs des "élites corrompues". Et donner au passage un brevet de vertu à la Commission européenne!

P.G.

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Jerome Powell, l’homme de la continuité, à la tête de la Fed

Cet avocat de formation a fait carrière dans la finance avant de rejoindre la Réserve fédérale américaine, où il a soutenu la politique monétaire prudente de Janet Yellen.

ACT JAY BANKSTER

Il y a quelques semaines encore, peu de monde connaissait le nom de ce discret républicain de 64 ans. Désigné jeudi 2 novembre par le président Donald Trump, Jerome Powell remplacera Janet Yellen à la présidence de la Réserve fédérale américaine (Fed), la plus puissante banque centrale du monde, dès février 2018. Si le Sénat confirme sa nomination, il incarnera la continuité à la tête de l’institution. « Parmi les candidats évoqués, il est le plus proche de Yellen », résume Christophe Boucher, économiste à Paris-X.

Celui qu’on surnomme « Jay » incarne aussi le compromis, susceptible de convenir autant aux républicains qu’aux démocrates. S’il appartient au premier camp, il ne fait pas partie des proches de Trump. Il est plutôt classé du côté des « colombes » : gouverneur de la Fed depuis 2012, il a, en effet, toujours soutenu la politique de taux faibles de la démocrate Yellen, par opposition aux « faucons », favorables à un resserrement monétaire plus rapide. Ces derniers lui reprochent de se montrer bien trop modéré…

Mais, contrairement à sa prédécesseure [sic], il vient du monde de la finance. Diplômé en sciences politiques à Princeston et en droit à l’université de Georgetown (Washington), ancien sous-secrétaire au Trésor de l’administration de George Bush père, il a fait carrière dans la banque d’investissement, notamment au sein du groupe de gestion d’actifs Carlyle. De quoi satisfaire l’aile républicaine qui prône une révision des régulations financières adoptées pendant la crise. « Jay » Powell s’est d’ailleurs montré favorable à leur assouplissement – contrairement à Mme Yellen.

Selon le Wall Street Journal, il sera également le plus riche président de la Fed depuis le banquier Marriner Eccles, qui occupa le poste entre 1934 et 1948. Sa fortune nette est estimée entre 19,7 et 55 millions de dollars (16,9 à 47,1 millions d’euros).

Talents d’avocat

En 2011, il s’est engagé en faveur du relèvement du plafond de la dette américaine – une mesure importante pour éviter un défaut du pays –, avant d’être nommé au poste degouverneur de la Fed par le président démocrate Barack Obama. Il connaît donc déjà les rouages de l’institution. Ce qui n’empêche pas certains économistes de se montrer circonspects quant à sa nomination. « La grande question est de savoir s’il est vraiment qualifié pour le job, soulève Paul Ashworth, chez Capital Economics. Ses expériences passées sont solides, mais pas spectaculaires. C’est un avocat plutôt qu’un économiste chevronné. Il doit encore prouver qu’il a l’étoffe d’un meneur. »

De fait, les docteurs en économie dominent le personnel de la Fed et, depuis trois décennies, les présidents viennent systématiquement du sérail. Spécialiste du marché du travail, Mme Yellen a obtenu un doctorat à Yale, son prédécesseur Ben Bernanke est passé par le Massachusetts Institute of Technology. Deux prestigieuses universités réputées en économie. M. Powell fera-t-il le poids face aux pointures de l’institution ? Jeffrey Frankel, économiste à Harvard, n’en doute pas. Sur le site d’analyse Project Syndicate, il décrit « Jay », qu’il connaît depuis les années 1990, comme un homme doté « des capacités analytiques dont un président de la Fed a besoin », « il n’aura pas de complexe à traiter avec du personnel plus qualifié ».

Ceux qui se réjouissent de sa nomination soulignent que ses talents d’avocat pourraient se révéler fort utiles face aux tentatives d’ingérence politique* auxquelles l’institution pourrait être confrontée ces prochaines années.


http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/02/jerome-powell-l-homme-de-la-continuite-a-la-tete-de-la-fed_5209396_3234.html

BASE 14 995X225"tentatives d’ingérence politique": l'abomination pour "Le Monde", le contrôle de la finance par "le politique", c'est- à dire par le Peuple!

P.G.

Posté par UPR Creuse à 07:50 - - Permalien [#]
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