samedi 4 novembre 2017

=COMMUNIQUÉ DE PRESSE=

Un authentique complot pour détruire l’unité nationale de l’Espagne et de la France : le 23 juin 2017, Carles Puigdemont, président « indépendantiste-dans-le-cadre-de-l’UE » de la Generalitat de Catalogne, devient le nouveau Président de l’Eurorégion Pyrénées – Méditerranée. Il est flanquée de Carole Delga, présidente PS de la région française « Occitanie » et de Francina Armengol, présidente PSOE de la région espagnole « Îles Baléares ». Quatre mois après cette photo, Carles Puigdement a organisé un référendum inconstitutionnel pour l’indépendance de la Catalogne, puis a pris la fuite à Bruxelles sous le coup d’un mandat d’arrêt espagnol pour sédition, passible de 30 ans de prison. Source : http://www.euroregio.eu/fr/structure-et-organisation

CP EUROREG

 

Objet :

L’UPR demande à Emmanuel Macron et à Carole Delga, présidente du Conseil régional d’Occitanie, de retirer immédiatement cette région de France de l’eurorégion « Pyrénées-Méditerranée » présidée par l’indépendantiste catalan Puigdemont, et plus largement de retirer tous les territoires français de toutes les « eurorégions » dont l’objet dissimulé est de disloquer les grands États-nations européens.

Texte :

Alors que les Français l’ignorent totalement, la région française baptisée récemment « Occitanie » est membre de l’eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Ils ignorent encore davantage que cette entité transnationale est présidée par M. Puigdemont, le porte-drapeau de la pseudo-indépendance de la Catalogne, actuellement en fuite à Bruxelles, poursuivi par le gouvernement espagnol et passible de 30 ans de prison pour sédition.

Au total, des territoires français sont intégrés dans 24 eurorégions transfrontalières, appelées « groupement européen de coopération territoriale » (GECT) dans l’euro-novlangue.

Pendant la campagne présidentielle de 2017, François Asselineau a été le seul candidat à révéler aux Français l’existence même de cette politique des « eurorégions » qui est conduite en catimini par les instances européennes et par les européistes français.

En créant de toute pièce des structures politiques volontairement transfrontalières, n’obéissant à aucune logique historique ou sociologique, ni à aucune affinité populaire, les européistes visent à faire éclater les États nations d’Europe en de nombreux petits ensembles politiques artificiels, impuissants et soumis pieds et poings liés à l’oligarchie euro-atlantiste.

C’est la volonté qui se cache par exemple derrière la mise en place, en décembre 2011, de l’eurorégion « Nouvelle Aquitaine Euskadi Navarre », qui porte en son germe l’indépendance du pays basque et la dislocation du département français des Pyrénées-Atlantiques.

Désormais, avec la déclaration « d’indépendance » de la Catalogne – qui n’est rien d’autre qu’une « déclaration de dépendance » à Bruxelles, Francfort et Washington, et ses répercussions en chaine en Espagne mais aussi en Italie et en Belgique notamment, les Français peuvent constater que François Asselineau était le candidat qui disait la vérité pendant la campagne présidentielle.

Les Français peuvent aussi constater au grand jour le double jeu de la Commission européenne sur cette question cruciale. Tout en faisant le dos rond face au gouvernement de Madrid, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker n’a pas hésité à affirmer, lors d’une interview le 14 septembre 2017, que l’institution qu’il préside respecterait le référendum catalan. En faisant cette déclaration deux semaines avant le scrutin, M. Juncker a apporté un soutien implicite à la cause de M. Puigdemont.

Les Français peuvent aussi constater les impacts néfastes pour l’unité nationale de la politique des « eurorégions » sur leur propre pays.

Le président de la collectivité territoriale de Corse qui prône pour sa part une Corse indépendante – là aussi pour rire puisque « dans le cadre de l’Union européenne » et des GECT – s’est ainsi cru autorisé à reconnaître l’indépendance de la Catalogne, ce qu’il n’a aucune légitimité de faire. Le gouvernement français n’a d’ailleurs formulé aucune admonestation à son encontre.

De la même façon, le gouvernement euro-atlantiste d’Emmanuel Macron reste silencieux sur la présence depuis le 23 juin 2017 à la tête de l’eurorégion Pyrénées-Méditerranée de M. Puigdemont. Ce dernier, désormais en fuite en Belgique et poursuivi en Espagne pour rébellion, défend ouvertement l’éclatement de la France en réclamant le rattachement du département des Pyrénées orientales à la Catalogne.

La présence et le maintien de M. Puigdemont à la présidence du GECT Pyrénées-Méditerranée confirment une fois encore que la politique des « eurorégions » est complice de la volonté de détruire les États d’Europe et, en particulier, la France.

L’UPR exige que M. Macron fasse retirer immédiatement tout territoire français des eurorégions dont l’objet dissimulé est de conduire les États européens à l’éclatement et à l’impuissance.

3 novembre 2017
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LES ANALYSES DE FRANÇOIS ASSELINEAU SUR L’OBJECTIF FINAL DES EURO-RÉGIONS SONT CONFIRMÉES PAR LES ÉVÉNEMENTS !
Visionnez-les et faites-les circuler au maximum tout autour de vous : IL Y VA DE LA SURVIE MÊME DE LA FRANCE !

1°) Vidéo résumée de 1h06′ enregistrée à Avignon pendant la campagne pour les élections régionales le 3 décembre 2015 : https://www.upr.fr/conferences/les-euro-regions-et-lobjectif-des-redecoupages-territoriaux-en-france

2°) Vidéo en 4 parties de 1 heure, enregistrée à Namur (Belgique) au printemps 2013

OUTIL FL EUROREGIONS

 

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La souveraineté au service des peuples

L’agriculture paysanne, la voie de l’avenir!

VID SAMIR AMIN

Un point fait aujourd’hui largement débat: faut-il soutenir ou au contraire rejeter la souveraineté nationale? Or pour l’auteur, cette question de stratégie fait l’objet de graves malentendus, tant que son contenu de classe n’est pas identifié.

En effet, dans les sociétés capitalistes, le bloc social dominant conçoit toujours la souveraineté nationale comme un instrument pour promouvoir ses intérêts de classe. On comprend dès lors pourquoi le discours national faisant l’éloge des vertus de la souveraineté – tout en cachant les intérêts de classe qu’elle sert – a toujours été inacceptable pour tous ceux qui défendent les classes travailleuses.

Pourtant, nous ne devrions par réduire la défense de la souveraineté à cette modalité. Cette défense n’est pas moins décisive pour la protection d’une alternative populaire. elle constitue même une condition incontournable d’avancées dans cette direction.

La question agraire, l’accès à la terre pour tous, la souveraineté alimentaire sont au coeur des problèmes à résoudre. Et l’agriculture paysanne s’impose comme la voie de l’avenir!

Samir Amin parle de son livre « La souveraineté au service des peuples » suivi de « L’agriculture paysanne, la voie de l’avenir! » paru aux éditions du CETIM. Pour commander le livre: http://www.cetim.ch/product/la-souverainete-au-service-des-peuples

Voir aussi: https://www.gofundme.com/Cetim-stop-multinationales

www.cetim.ch
www.facebook.com/cetimGeneve
https://twitter.com/CETIM_CETIM

Source: https://www.cetim.ch/product/la-souverainete-au-service-des-peuples/

Sur YouTube, voir la vidéo:

"La souveraineté au service des peuples" (nouveau livre de Samir Amin, éditions CETIM)

Ajoutée le 2 août 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=T_Mk26sknss

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Balfour, cent ans après : la réalité qui continue de couvrir Israël de honte

Peter Oborne a été élu meilleur journaliste indépendant de l’année 2016 à l’occasion des Online Media Awards. Il a également été élu Chroniqueur britannique de l’année en 2013. Il a démissionné de son poste de chroniqueur politique du quotidien The Daily Telegraph en 2015. Il a publié de nombreux livres dont Le triomphe de la classe politique anglaiseThe Rise of Political Lying et Why the West is Wrong about Nuclear Iran.

ARG ISRAEL APARTHEID

Photo1 prise en octobre 2017 : la route du haut est réservée aux véhicules israéliens, le tunnel aux Palestiniens (MEE)/Photo2: répression à Hébron.

Un siècle après la Déclaration Balfour, le traitement réservé aux Palestiniens n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Par Peter Oborne | 29 Octobre 2017

CISJORDANIE OCCUPÉE  Il y a exactement cent ans aujourd’hui, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour écrivait sa célèbre lettre [#] à Walter Rothschild, dans laquelle il promettait l’aide de la Grande-Bretagne pour créer un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine.

L’actuelle Première ministre, Theresa May, soutient que la Déclaration Balfour a été « l’une des lettres les plus importantes de l’histoire ». Elle a entraîné en à peine trois décennies la création de l’État d’Israël. Il n’est donc pas étonnant que Benyamin Netanyahou se soit envolé pour Londres afin de célébrer l’anniversaire de cette lettre.

Il est compréhensible que les dirigeants palestiniens n’aient pas été conviés. En fait, ils n’ont même pas été consultés.

Cette décision est injuste. La Déclaration Balfour n’a pas seulement promis d’offrir une patrie aux juifs. Elle a également promis que « rien ne serait fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives existantes en Palestine ».

Cette promesse a-t-elle été tenue ?

Je me suis rendu en Israël et en Cisjordanie pour le découvrir. Le traitement réservé aux Palestiniens dont j’ai été témoin n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Hébron : une ville fermée pour les Palestiniens

Je suis d’abord allé dans la ville cisjordanienne d’Hébron, à environ une heure de route au sud de Jérusalem. Lorsque j’ai tapé « Hébron » sur Waze (l’équivalent local de Google Maps), un message d’avertissement est apparu : « Cette destination est une zone à haut risque ou interdite par la loi aux Israéliens. »

Les colons israéliens y occupent cependant un secteur résidentiel situé au-dessus du marché historique, où ils sont protégés par l’armée israélienne.

Ces soldats – au moins un par colon, dirais-je –, restent les bras croisés pendant que les colons harcèlent, persécutent et agressent la population locale.

Des Palestiniens ont affirmé que rien que ce matin-là, un colon masqué avait attaqué deux enfants âgés de 10 et 11 ans dans les rues. On m’a dit que les soldats n’avaient pas tenté d’intervenir.

Ces incidents sont courants, ont expliqué les habitants. En octobre 2015, Dania Ersheid, une étudiante originaire d’Hébron, a été abattue à un poste de contrôle. Elle avait 17 ans.

Selon Breaking the Silence – une ONG qui publie des témoignages de vétérans de l’armée israélienne ayant servi en Palestine occupée –, les liens personnels étroits entre les colons et l’armée, outre le fait qu’en tant que citoyens israéliens, les colons sont légalement responsables non pas devant l’armée mais devant la police, signifient que les soldats ne font souvent rien pour protéger les Palestiniens de la violence des colons.

L’armée israélienne a créé une ville fantôme dans certaines parties de la vieille ville d’Hébron. En juillet, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a accordé à ces zones le statut de site classé, suscitant l’ire d’Israël.

Les marchés historiques sont en grande partie fermés pour des « raisons de sécurité ». Plus de 1 000 maisons ont été condamnées et plus de 1 300 magasins ont été fermés.

J’ai traversé cette zone de désolation. Des slogans tels que « Hevron Yehudit » – « Hébron est juive » – ont été gribouillés sur les murs. L’étoile de David a été taguée sur les portes de nombreuses boutiques. Les noms de rues palestiniens ont été hébraïsés.

J’ai rejoint la mosquée al-Ibrahimi, connue des juifs sous le nom de tombeau des Patriarches, car Abraham, Isaac, Sarah, Jacob et Léa y seraient enterrés.

C’est l’un des sites religieux les plus importants au monde. Il souligne ce que les juifs, les musulmans et les chrétiens ont en commun. Nous vénérons tous (je suis chrétien) le Dieu d’Abraham.

Si les magnifiques enseignements de ces trois grandes religions ont un sens, alors nous devrions tous nous réunir sur ce site.

Mais à l’extérieur, dans la rue, il y a une ligne invisible que les Palestiniens ne peuvent franchir. Une femme palestinienne s’est aventurée trop loin. Un soldat lui a demandé : « Êtes-vous musulmane ? »

Inégaux dans la mort comme dans la vie

À l’intérieur, le site est divisé, comme c’est souvent le cas en Israël et en Palestine occupée. Un tiers est réservé aux musulmans et deux tiers sont réservés aux juifs.

La séparation a été effectuée après 1994, date à laquelle Baruch Goldstein, un colon israélien ayant émigré depuis les États-Unis, est entré avec une mitrailleuse et a abattu de sang-froid 29 fidèles musulmans. D’autres ont été tués à l’extérieur de l’hôpital par l’armée israélienne au cours de protestations.

Non loin de là se trouve un petit musée. Je suis entré. Il était vide et sans visiteurs. J’ai demandé s’il y avait quelqu’un.

Une dame est sortie d’une arrière-salle et m’a fait visiter les lieux. La première salle était consacrée à la présence juive historique à Hébron. La deuxième se concentrait sur le massacre de juifs perpétré par des Arabes en 1929, dans le cadre de tensions à plus grande échelle sur l’accès au Mur des Lamentations à Jérusalem. Elle contenait des photographies d’époque horrifiantes et saisissantes et des témoignages de cette atrocité, au cours de laquelle 69 juifs furent tués.

Ce musée m’a aidé à comprendre la certitude morale et religieuse absolue des colons selon laquelle Hébron leur appartient. Pour eux, les usurpateurs sont les Arabes et non les juifs.

En partant, j’ai confié à ma guide à quel point j’avais été ému par le témoignage de l’atrocité de 1929. Puis je lui ai demandé pourquoi son musée ne rendait pas également compte du massacre d’Arabes commis par Goldstein en 1994.

Elle a répondu que cela n’était pas comparable puisque le massacre de juifs en 1929 était un acte systématique, alors que Goldstein était un individu dérangé qui avait agi de son propre chef.

Je me suis ensuite rendu dans la colonie voisine de Kiryat Arba, où Baruch Goldstein est enterré. Un garde m’a fait signe de la tête lorsque j’ai passé la porte d’entrée.

Les autorités israéliennes ont détruit un sanctuaire et un site de prière qui avaient été construits en hommage à Goldstein, après l’adoption par la Knesset d’une loi interdisant les monuments dédiés aux terroristes. La tombe et la plaque comportant la gravure sont cependant restées.

J’ai trouvé la tombe derrière une rangée de boutiques dans un parc public. Une partie de l’inscription en hébreu indiquait : « Au saint Baruch Goldstein, qui donna sa vie pour le peuple juif, la Torah et la nation d’Israël. » Près de la tombe, un récipient en verre contenait deux bougies et des allumettes éteintes. Des personnes endeuillées avaient également posé individuellement de nombreuses petites pierres, comme le veut la tradition de deuil juive.

Je suis retourné vers les magasins et j’ai essayé de discuter avec des colons. La plupart travaillaient dans l’armée ou la police. Ils ont poliment refusé de répondre à mes questions.

J’ai trouvé une femme qui a affirmé avoir connu Goldstein. « C’était mon médecin, m’a-t-elle expliqué. C’était un homme merveilleux. C’était une personne incroyable qui prenait soin des Arabes comme des juifs. »

Elle a expliqué qu’elle avait quitté les États-Unis pour Kiryat Arba pendant son enfance et qu’elle était « contre la violence des deux côtés ». Quant à Goldstein, selon elle, « il y a quelque chose qui l’a poussé. Il y avait beaucoup de violence des deux côtés à l’époque. »

La femme a néanmoins insisté sur le fait que la tombe de Goldstein à Kiryat Arba n’avait rien de « symbolique ». Il a été enterré dans la colonie parce qu’il ne pouvait pas être enterré dans la ville voisine d’Hébron, a-t-elle expliqué.

Il n’est pas difficile d’imaginer comment les Israéliens réagiraient si un Palestinien qui aurait abattu de sang-froid 29 juifs se voyait accorder un lieu de repos si important dans une ville ou un village de Cisjordanie.

Gardez à l’esprit que de nombreux Palestiniens tués au cours d’attaques contre des Israéliens sont enterrés dans des cimetières secrets, avec des tombes sans nom (mais numérotées). Cela signifie que les familles des défunts ne peuvent pas leur rendre visite.

Mais Goldstein, terroriste religieux et meurtrier de masse, repose en paix et sous les honneurs dans la colonie israélienne où il a vécu. Ce n’est là qu’un exemple du système double qui règne en Cisjordanie occupée par Israël.

Les Palestiniens sont soumis au droit militaire. Les colons sont des citoyens israéliens qui bénéficient de toutes les protections du droit civil.

Des écoles, des habitations et des espoirs détruits

Lorsque j’ai visité Israël il y a dix ans avec le lobby des Conservative Friends of Israel, mes guides ont dépeint les colons comme des hommes et des femmes sauvages qui agissent indépendamment du gouvernement dans leur quête de réaliser une vision religieuse spéciale.

Je dois reconnaître qu’avant mon voyage de la semaine dernière, je n’avais absolument pas saisi à quel point les colons étaient devenus une partie intégrante de l’appareil fondamental de l’État israélien.

Les investissements en matière d’infrastructures, de routes, de services et de sécurité en faveur des colons sont colossaux. En parallèle, les infrastructures de base et la sécurité rudimentaire sont refusées aux Palestiniens ou, comme le définit la Déclaration Balfour, aux « communautés non juives existantes en Palestine ».

En Cisjordanie, ces « communautés non juives » sont vulnérables aux arrestations et aux détentions arbitraires. Leurs maisons sont démolies sans avertissement préalable. Ils vivent une vie kafkaïenne, à la merci des caprices d’autorités inaccessibles et largement hostiles, ne bénéficiant d’aucun des droits liés à la citoyenneté.

Les check-points rendent même les petits trajets laborieux, imprévisibles et souvent impossibles. Les Palestiniens consacrent leur vie à s’accrocher à leur terre pendant que les colons essayent désespérément de la leur prendre.

Nous avons rencontré Abdul Rahim Bisharat, un chef bédouin qui vit à al-Hadidiya, un campement isolé à flanc de colline surplombant la vallée du Jourdain.

Âgé de 67 ans, Bisharat m’a raconté que l’armée israélienne avait confisqué son bétail, abattu ses animaux depuis des jeeps et même des hélicoptères et rasé sa maison à plusieurs reprises avec des bulldozers. À une époque, ils ont attaqué ses tentes 32 fois en seulement 16 jours, a-t-il indiqué.

La fille de Bisharat, Somood, âgée de 10 ans, nous a servi du thé. Son prénom signifie « ténacité » en arabe : elle est née pendant que des bulldozers israéliens démolissaient le camp.

L’éducation de Somood est problématique. Son père m’a raconté qu’il avait construit une école mais que celle-ci avait été détruite par l’armée israélienne. Il a essayé de construire un jardin d’enfants, qui a également été détruit.

En désespoir de cause, les Bédouins ont décidé d’envoyer leurs enfants dans une école située à plusieurs kilomètres de là. Pour cela, il fallait rénover le sentier reliant le camp à la route principale. Mais lorsqu’ils l’ont fait, les Israéliens ont démoli leur travail.

Les Israéliens semblent vouloir détruire le mode de vie bédouin. Cela implique de les chasser de leurs terres, de détruire leurs maisons et leur bétail, mais aussi de leur refuser l’accès à l’eau.

Traditionnellement, le Jourdain a été leur principale source d’eau, mais les Bédouins n’ont pas le droit d’y accéder dans la mesure où le fleuve est une zone militaire.

Les Bédouins puisent leur eau dans des ruisseaux. Toutefois, les Israéliens creusent des puits artésiens profonds pour accéder aux eaux souterraines, ce qui fait que les ruisseaux se sont en grande partie asséchés. Désormais, ils doivent acheter leur eau aux Israéliens qui la leur ont prise.

Le cheikh a expliqué qu’au début de l’occupation de la Cisjordanie, en 1967, son camp comptait environ 300 familles, soit 2 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste plus que 16 familles, ce qui équivaut à une centaine de personnes à peine.

« Certains ont vendu leurs moutons et sont partis travailler dans les colonies, m’a-t-il expliqué. Les autres sont sans emploi. Nous sommes tout le temps chassés et expulsés d’une zone ou d’une autre. »

Comment le gouvernement britannique fait encore écho à Balfour

Les Israéliens veulent déplacer les Bédouins vers ce qui est fréquemment désigné comme des townships et mettre fin à leur mode de vie nomade historique.

Il y a ici un profond paradoxe. Les Israéliens imposent leur propre système juridique arbitraire en Cisjordanie, alors que l’occupation israélienne est elle-même illégale en vertu du droit international.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple

Certes, les juifs ont obtenu la patrie nationale promise il y a un siècle par les Britanniques. Je partage entièrement l’opinion britannique répandue selon laquelle aucun autre peuple n’a autant souffert que les juifs sous le joug de divers persécuteurs tout au long de leur histoire extraordinaire.

C’est pourquoi j’ai toujours soutenu l’existence d’un État israélien.

Toutefois, l’exclusion des Palestiniens des célébrations par Theresa May reflète avec une précision étonnante l’exclusion des Palestiniens de la déclaration Balfour il y a cent ans.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple. À mes yeux, cette négligence méprisante est peut-être encore plus dommageable pour les Israéliens que pour les Palestiniens eux-mêmes, dans la mesure où il s’agit d’une trahison particulièrement flagrante de la vision idéaliste et humaniste qui a abouti à la naissance d’Israël.

Peter Oborne | 29 Octobre 2017 | MEE

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Menaces contre l’Iran, bruits de guerre au Liban et grand basculement

Le 13 octobre dernier, Donald Trump a annoncé qu’il ne « certifierait » pas l’accord sur le nucléaire iranien. Il s’agissait, comme tous les 90 jours – selon la loi américaine – de valider auprès du Congrès cet accord international qui vise à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

ARG IRAN US ISRAEL

Le 20 mai dernier, c’est-à-dire le jour même de la proclamation officielle du résultat de l’élection présidentielle iranienne, qui a vu une nouvelle victoire du réformateur Hassan Rohani – après un scrutin démocratique exemplaire -, Donald Trump avait appelé, depuis Riyad et devant une cinquantaine de pays sunnites (dont une majorité de dictatures), à isoler l’Iran « qui soutient et finance le terrorisme… ». Et pour que les choses sont bien claires, la Maison blanche a lancé conjointement une vaste campagne de presse internationale pour « appeler tous les pays du monde à s’opposer à la dictature iranienne ».

Sans surprise, Le Monde s’est ainsi empressé de publier le tract de Tom Bossert, conseiller à la sécurité intérieure de la Maison Blanche : « Les Etats-Unis continueront à isoler l’Iran et son allié le Hezbollah »1. Un grand morceau d’anthologie de l’Orwellisation des esprits : « le Hezbollah kidnappe des soldats et des civils, lance des roquettes sur des familles et des enfants israéliens, et prépare des attentats terroristes partout dans le monde ». Bigre ! Monsieur Tom Bossert semble ignorer qu’Israël et le Liban ne sont – toujours – pas en paix, que la Ligne bleue (frontière sud sous le contrôle des Nations unies) n’est toujours pas stabilisée, que le retrait israélien du sud-Liban en juillet 2000 n’a pas été complet puisque les soldats de Tel-Aviv occupent toujours le secteur stratégique des Fermes de Chebaa, afin de contrôler le réseau hydrographique du fleuve Litani et de pomper les nappes phréatiques de la région. Une vieille habitude israélienne !

PROPAGANDE ET VOL DE TERRES ARABLES

Parcourant la Ligne bleue de la prison de Khiam à la ville de Tyr, quelques jours après le retrait israélien, l’auteur de ces lignes s’étonnait de voir la succession d’une cinquantaine de trous énormes – grands comme des immeubles – déchirant la terre libanaise de cette région frontalière. Natif de Khiam, son chauffeur lui expliquait une histoire hallucinante qui – à notre connaissance – n’a jamais été publiée par personne : six mois avant le retrait, les autorités israéliennes ont déployé, sur la frontière du sud-Liban, une noria de pelleteuses et camions-bennes en action jour et nuit pour… voler la terre arable de ces régions, connue pour leur grande fertilité agricole !

A plusieurs reprises, prochetmoyen-orient.ch a rappelé une évidence, maintes fois confirmée par les évolutions du conflit sur le terrain : en s’engageant militairement en Syrie, le Hezbollah a sauvegardé l’intégrité territoriale et politique du Liban !

En investissant le jurd de Qoussair, les régions de Yabroud et Qalamoun durant l’été 2013, le Hezbollah a effectivement empêché Jabhat al-Nosra(Al-Qaïda en Syrie) et l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch) de s’emparer de la ville portuaire de Tripoli, dans le nord du Liban. Dans le sud du Pays du Cèdre, le Hezbollah a aussi empêché les hordes de criminels jihadistes de s’implanter durablement, notamment sur le plateau du Golan. Toujours prompts à crier au loup et à la menace terroriste, les Israéliens – pour leur part – livraient armes et matériels de communication aux katibas salafo-jihadistes et soignaient leurs blessés rapatriés vers les hôpitaux des villes du nord d’Israël !

On ne peut pas dire tout et faire n’importe quoi ! Voilà plusieurs décennies que Tel-Aviv s’oppose à la modernisation de l’armée nationale libanaise en empêchant – la France notamment – de lui livrer des matériels opérationnels. Et l’existence de l’aile armée du Hezbollah a toujours été justifiée, par une majorité de Libanais, pour pallier aux insuffisances d’une armée à laquelle Tel-Aviv et Washington interdisaient la livraison de blindés, d’hélicoptères et de missiles. Monsieur Tom Bossert devrait aussi savoir que – chaque jour que Dieu fait – l’armée de l’air et la marine de guerre israéliennes violent allègrement l’espace aérien du Liban et les eaux territoriales de sa Zone économique exclusive (ZEE). En ce moment même, Tel-Aviv cherche à annexer plusieurs « blocs » de la ZEE libanaise riches en gaz et pétrole !

Tout en déniant au Hezbollah le droit d’avoir une représentation parlementaire au sein de l’assemblée nationale libanaise2, Monsieur Tom Bossert l’accuse d’avoir assassiné l’ancien Premier ministre Rafiq Hariri, rien de moins ! Précipitation, ignorance ou manque de maturité ? Peut-être tout à la fois… notre accusateur devrait faire preuve d’une certaine prudence et reprendre les conclusions des juges internationaux successifs qui ont eu à diriger l’enquête. La messe est loin d’être dite et de récentes découvertes contribuent à renforcer la thèse de l’implication de plusieurs services spéciaux occidentaux dans cet assassinat, dont ceux de Tel-Aviv !

Toujours est-il qu’en ce moment dans la région, le ton monte contre le Hezbollah qui avait infligé à l’armée israélienne une sérieuse déculottée durant l’été 2006. Tel-Aviv n’a toujours pas digéré cette humiliation politique et opérationnelle qui a fait voler en éclats le mythe de son invincibilité, ne cessant de répéter que l’heure de la revanche viendrait un jour ! A Beyrouth, les meilleurs analystes militaires craignent une nouvelle guerre déclenchée par Israël : « c’est toujours la même chose lorsque Tel-Aviv et Washington ne peuvent pas s’en prendre directement à Téhéran. Ils cherchent alors à fragiliser ses partenaires et alliés en Syrie et/ou au Liban. Chaque guerre contre notre pays a été précédée d’une campagne contre l’Iran. C’est un peu une loi de thermodynamique », explique un général libanais responsable du renseignement militaire.

Dans ce contexte, on comprend mieux l’étrange discours prononcé par le président libanais Michel Aoun lors de son passage à Paris fin septembre. Durant un bon quart d’heure, il s’était livré à une surprenante apologie du Syria Accountability Act américain3, accompagnée d’une série de critiques envers la Syrie. S’attribuant ainsi à lui seul, le mérite de la restauration de la souveraineté libanaise, Michel Aoun cherchait-il à envoyer un message d’apaisement aux Etats-Unis, à Israël et leurs satellites européens ? D’autres observateurs ont mis ce dérapage sur le compte d’une fatigue certaine et des injures du temps qui passe…

LE GRAND BASCULEMENT

Mais cette fois la campagne américaine tourne mal, parce que les Etats-Unis s’isolent ! Ils sont « plus seuls que jamais contre le peuple iranien », a lancé le président iranien Hassan Rohani dans une récente intervention télévisée. Donald Trump « n’a pas lu le droit international », a déclaré le président iranien : « Est-ce qu’un président peut seul annuler un accord multilatéral et international ? Apparemment, il ne sait pas que cet accord n’est pas un accord bilatéral entre l’Iran et les Etats-Unis ». Le président Hassan Rohani de conclure : « les déclarations [de Donald Trump] sont un tissu d’insultes et d’accusations sans fondements ».

Après la menace du président américain – et à l’unisson avec les responsables de l’AIEA4 – les pays signataires de l’accord sur le nucléaire iranien ont fait état de leurs inquiétudes. Moscou a dénoncé la stratégie d’un Donald Trump « très isolé sur ce dossier ». La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a mis en garde contre la tentation de « démanteler un accord qui fonctionne et tient ses promesses ».

Dans un communiqué diplomatique mais ferme, la Première ministre britannique Theresa May, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont souligné qu’ils restaient « engagés » dans et par l’accord, appelant à sa « pleine application par toutes les parties ». Emmanuel Macron, envisageant de se rendre prochainement à Téhéran, est allé jusqu’à s’entretenir avec Hassan Rohani au téléphone, pour l’assurer de « l’attachement de la France » à l’accord de 2015.

Voici le communiqué diffusé vendredi soir dernier par l’Elysée : « nous restons fermement attachés au Plan d’action global commun et à sa mise en œuvre totale par toutes les Parties. La préservation du Plan d’action est dans notre intérêt de sécurité nationale partagé. L’accord nucléaire a été l’aboutissement de 13 années de diplomatie et a constitué une avancée majeure pour faire en sorte que le programme nucléaire iranien ne soit pas détourné à des fins militaires. Le Plan d’action global commun a été entériné à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans la résolution 2231. L’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé de façon répétée, grâce à son programme de vérification et de suivi à long terme, que l’Iran se conformait au Plan d’action. Par conséquent, nous encourageons l’Administration et le Congrès américains à prendre en compte les implications que leur décision aurait pour la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés, avant de prendre toute mesure susceptible de porter atteinte au Plan d’action – par exemple la réimposition envers l’Iran de sanctions levées en vertu de l’accord. Tout en œuvrant pour préserver le Plan d’action, nous partageons des préoccupations quant au programme de missiles balistiques de l’Iran et à ses activités dans la région, qui affectent également nos intérêts de sécurité européens. Nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures adéquates pour traiter ces questions, en étroite coopération avec les États-Unis et tous les partenaires concernés. Nous attendons de l’Iran qu’il s’engage dans un dialogue constructif pour cesser les actions de déstabilisation et œuvrer en vue de solutions négociées. Nos gouvernements ont pris l’engagement de veiller au maintien du Plan d’action global commun. Indépendamment, nous devons faire en sorte que nos préoccupations collectives plus larges soient prises en compte. Nous avons demandé à nos ministres des affaires étrangères d’étudier avec les Etats-Unis les moyens d’avancer sur ces questions ».

Evénement considérable qui marque un grand basculement : pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, une décision américaine ne va pas s’imposer au monde entier ! Pour une fois, les intérêts américains ne dictent pas leur conduite aux européens ! Et le politologue Hervé Juvin nous fait remarquer qu’en France, on n’a pas suffisamment pris la mesure de ce « grand basculement : la Chine a développé des plateformes en yuans afin de s’émanciper des paiements en dollars.

Les Russes chiffrent désormais leurs exportations gazières et pétrolières en se passant du dollar, comme l’Iran, le Venezuela et d’autres pays comme l’Algérie qui pourraient aussi y venir… Ensuite, beaucoup de décideurs économiques de ces pays se portent acquéreurs d’or sur le marché chinois. En même temps, on sous-estime complètement le réseau d’alliances et de partenariats économiques, financiers et commerciaux que l’Iran a su tisser, non seulement avec la Turquie, mais avec d’autres grands pays du sud comme le Brésil, notamment ».

Hormis l’isolement grandissant des Etats-Unis, l’autre face de ce grand basculement réside dans la multiplication de convergences d’intérêts entre la Russie et la Chine. Cette convergence se traduit aussi sur le plan stratégique, avec ces derniers mois, la multiplication de manœuvres militaires conjointes entre les armées de terre, de l’air et les marines des deux pays.

A L’UNESCO AUSSI

Même basculement avec l’élection d’Audrey Azoulay à la tête de l’UNESCO. A ce sujet, on pourra lire attentivement dans ce numéro Guillaume Berlat, qui a suivi heure par heure le processus électoral avant d’en tirer quelques enseignements utiles pour la suite ! On ne va pas bouder son plaisir : qui aurait pu imaginer deux secondes voir le Qatar être en mesure de présider aux destinées de la vieille dame culturelle des Nations unies ? L’UNESCO n’est pas le PSG, et il ne suffit pas d’acheter quelques musées et des marques de haute couture de l’intelligence pour s’imposer comme une terre de grande culture capable de veiller aux patrimoines de l’humanité et à la diversité culturelle.

Accusant l’UNESCO d’avoir pris trop de décisions en faveur de la défense de la culture palestinienne, les Etats-Unis et Israël ont décidé de quitter l’organisation. Là encore, bonne nouvelle, très bonne nouvelle qui permet d’y voir enfin plus clair… entre les marchands de soupes qui considèrent les cultures comme des savonnettes et des boîtes de sardines et ceux qui estiment que les productions culturelles ne peuvent être soumises aux seules lois du marché, comme les ressources naturelles et les produits manufacturés.

Bien-sûr, ajoute Guillaume Berlat, ensuite il faudra assumer cette vision politique ô combien honorable, mais surtout, mettre sur la table les moyens sonnants et trébuchants permettant de la mettre en œuvre ! Dans tous les cas de figure, ces évolutions sont positives, parce que symptomatiques de l’évolution d’un monde moins unilatéral, moins soumis à l’hyperpuissance d’un seul pays. Ces évolutions, ces différentes faces du Grand basculement constituent autant d’opportunités pour – peut-être – le retour d’une certaine idée de la France.

UNE CERTAINE IDEE DE LA FRANCE

Dans son excellent article qui fait la une de la dernière livraison du Monde diplomatique, l’ancien ambassadeur de France en Russie Jean de Gliniasty5 note que le président Emmanuel Macron aurait pris quelque distance avec l’école néo-conservatrice française qui a fait main basse sur le Quai d’Orsay depuis 15 ans, soulignant à nouveau la singularité de la position française, baptisée « gaullo-mitterrandienne ».

Relevant que « les élites hexagonales, de plus en plus formées selon des modèles homogènes de type euro-américain ( en vertu du processus de Bologne notamment ), pensent de façon « globalisée » plutôt que selon des préoccupations nationales ». Cette déviation « idéologique » de notre diplomatie, qui nous a conduit à nous tromper lourdement sur des dossiers aussi stratégiques que ceux des crises de Syrie et d’Ukraine notamment, nous fait ignorer la pesanteur de l’histoire, la diplomatie faisant alors l’économie d’une analyse objective des rapports de forces. « Le résultat a été catastrophique partout », note encore Jean de Gliniasty avant d’ajouter : « paradoxe ! Avec un effet retard d’une dizaine d’années et après s’être opposée à l’intervention en Irak en 2003, la France chevauche les valeurs néoconservatrices américaines. Autre paradoxe : c’est au moment où le monde multipolaire, appelé en son temps de ses vœux par la France gaullo-mitterrandienne, est en passe d’advenir que Paris se montre incapable d’en affronter les complexités et les dangers ».

En définitive, le retour à une diplomatie incarnant nos souveraineté et indépendance nationales n’est possible que si la tension avec la Russie s’apaise sur le Vieux continent. « Une conférence sur la paix et la sécurité en Europe pour refonder l’accord d’Helsinki de 1975, mis à mal par les uns et les autres depuis la chute de l’empire soviétique (Kosovo, extension de l’OTAN, Crimée, etc.), pourrait constituer une approche prometteuse », conclut l’ambassadeur. Il serait aussi peut-être temps – comme prochetmoyen-orient.ch le préconise depuis plusieurs années – d’adopter une position plus pragmatique sur le dossier de la guerre civilo-globale de Syrie, notamment en rouvrant l’ambassade de France à Damas, fermée par Alain Juppé en mars 2012.

Richard Labévière
16 octobre 2017

1 Le Monde, 10 octobre 2017.
2 Avec 13 députés, le Hezbollah constitue avec Amal et ses alliés la deuxième force politique de l’assemblée nationale libanaise.
3 La Loi sur la responsabilité en Syrie et la restauration de la souveraineté libanaise ( SALSRA ) est un projet de loi du Congrès des États-Unis adopté le 12 décembre 2003. L’objectif est de mettre fin à ce que les États-Unis considèrent comme un soutien syrien au terrorisme, de mettre fin à la présence syrienne au Liban, en vigueur depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1990, de cesser l’importation illégale de pétrole iraquien par la Syrie et de mettre fin aux envois de matériels militaires aux forces anti-américaines en Irak.
4 L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une organisation internationale qui travaille sous l’égide de l’ONU. Elle rend un rapport annuel à l’Assemblée générale des Nations unies et à chaque fois qu’elle est saisie par le Conseil de sécurité. Fondée en 1957 et basée à Vienne (Autriche), elle s’efforce de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et à limiter le développement de ses applications militaires.
5 Auteur de La Diplomatie au péril des « valeurs ». Editions l’Inventaire, 2017.

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 16-10-2017

https://www.les-crises.fr/menaces-contre-liran-bruits-de-guerre-au-liban-et-grand-basculement-par-richard-labeviere/

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Réforme du bac : le gouvernement envisage la suppression des séries S, L et ES

Le ministère de l’Éducation nationale lance une mission pour moderniser l’examen et réformer le lycée.

ACT BAC

La réforme de l’université à peine annoncée, le gouvernement lance un nouveau chantier de grande ampleur. Pierre Mathiot, ancien directeur de Sciences Po Lille, a été officiellement nommé lundi dernier à la tête d’une mission pour réformer le baccalauréat, dans le cadre d’une réflexion globale sur le lycée. Il va devoir s’attaquer à ce dossier très sensible en respectant le calendrier fixé par le premier ministre Édouard Philippe: une refonte du lycée progressive, au cours des trois prochaines années, pour une mise en œuvre de la nouvelle formule du bac en 2021.

Le seul objectif énoncé publiquement est de créer un baccalauréat «moins épais, plus concentré», a résumé le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Le nombre d’épreuves pourrait être réduit à quatre matières obligatoires et le diplôme accorderait une part plus importante au contrôle continu. En partant de ces maigres indications, Pierre Mathiot a toute latitude pour mener une réforme en profondeur. «Il ne s’agit pas de faire seulement une réforme technique du bac, mais bien une réorganisation du lycée conduisant en 2021 à un bac réformé», confirme l’universitaire. Entouré d’une équipe de spécialistes, il débutera dès le 13 novembre une longue série d’auditions de «toutes les parties prenantes». Il a déjà «près de soixante-dix entretiens prévus». Pierre Mathiot souhaite également mener un travail de terrain, en visitant plusieurs académies, et prévoit également un déplacement à l’étranger. De tout cela, lui et son équipe tireront un rapport, rendu au cours du mois de janvier 2018.

Des parcours plus souples, voire à la carte

La principale nouveauté de la réforme pourrait être la déconstruction du lycée général divisé en séries: scientifique, économique et social, et littéraire. «On peut imaginer une autre manière de délivrer le bac, avec des intitulés plus précis», indique Pierre Mathiot. Les trois années précédant l’examen seraient composées de parcours plus souples, voire à la carte, pour permettre «une relative individualisation des parcours». Une mesure à laquelle le Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) se déclare favorable. Ayant écrit un programme pour «une vraie réforme du lycée», le vice-président du syndicat, Jean-Rémi Girard, appelle à «une spécialisation des lycéens dès la classe de seconde». Pour Claire Guéville, responsable des questions lycée au Syndicat national des enseignements de second degré (Snes), l’ambition gouvernementale de remodeler le lycée s’apparente à «une réforme à marche forcée». Un possible abandon des séries lui inspire une «volonté d’arrimer le lycée au supérieur en l’organisant sous forme de modules» et des propositions qui ont un air de «déjà-vu».

Selon Jimmy Losfeld, président du syndicat étudiant la Fage, le gouvernement doit aller «plus loin». «Il faut sortir de la logique des séries, qui créent des inégalités entre les différents bacs», analyse-t-il, lui qui souhaite la mise en place d’«un système en majeure-mineure» et d’un lycée «à la carte». Sur l’examen en lui-même, Pierre Mathiot souhaite que les notes obtenues au bac retrouvent un sens. «Un 18 doit redevenir un 18», lance celui qui s’interroge sur la pertinence d’un diplôme parfois délivré avec une moyenne supérieure à 20 voire 21 sur 20. Un constat que partage Jean-Rémi Girard, qui souhaite que l’examen «garantisse à nouveau qu’un élève ait réellement le niveau attendu». Cela pourrait passer par la réduction du nombre d’épreuves. «On est ouvert à un bac à quatre épreuves, si ces dernières sanctionnent vraiment le niveau attendu à l’entrée de l’enseignement supérieur», explique le vice-président du Snalc.

«Si on écoute ce qui est proposé, on découvre une réforme qui se veut “simplificatrice” car le bac serait trop lourd, trop cher», regrette au contraire Claire Guéville. Selon son syndicat, «le contrôle continu n’est pas acceptable sans épreuves terminales» car elles forment «un horizon commun qui contraint le programme». La crainte du Snes est de voir se développer «autant de bacs qu’il y a de lycées», ce qui «accentuera les inégalités entre les établissements». «Beaucoup de lycéens ne s’intéressent pas suffisamment à leur orientation parce qu’ils ont les yeux rivés sur le bac», regrette quant à lui Jimmy Losfeld. Le président de la Fage réclame… la suppression complète de l’examen.

http://etudiant.lefigaro.fr/article/reforme-du-bac-le-gouvernement-envisage-la-suppression-des-series-s-l-et-es_07f0ccb2-bfee-11e7-958b-f112d7d03f16/?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1509653288


 

BASE 14 995X225"que l’examen «garantisse à nouveau qu’un élève ait réellement le niveau attendu. Cela pourrait passer par la réduction du nombre d’épreuves": ou l'art de faire de la qualité en diminuant la quantité!

On l'aura compris, l'objectif réel est de faire des économies et de retirer au baccalauréat son statut de 1° diplôme universitaire, afin de favoriser la sélection à l'entrée des universités: c'est contraire aux principes républicains (l'accès de tous au meilleur niveau sur des bases méritocratiques) déjà entamés par des décennies de réformes démagogiques, mais c'est conforme aux orientations exigées depuis longtemps par l'Union européenne, à travers les lobbies tels l'ERT ("European Round Table")...

P.G.