mercredi 1 novembre 2017

Enterrements : d’importantes différences de prix selon les entreprises

Dans une enquête, l’association de consommateurs “Familles rurales” dénonce les écarts de prix allant de 1 à 5 selon les entreprises pour une inhumation.

ACT TOUSSAINT PF

Les sociétés de pompes funèbres dans le viseur de “Familles rurales“. L’association de consommateurs dénonce dans une étude les écarts de prix “considérables” entre les entreprises.

Ainsi, pour une inhumation, les prix peuvent être jusqu’à cinq fois plus élevés. Dans l’étude, Familles rurales explique que les entreprises locales de pompes funèbres sont les plus compétitives.

Des prix jusqu’à 5 fois plus élevés

L’étude a porté sur 13 départements. L’association a fait établir 37 devis dont 10 sur Internet entre août et septembre pour “organiser les obsèques les moins chères possibles pour un grand-oncle en fin de vie”. A chaque devis la demande portait sur une inhumation et une crémation.

Pour une inhumation, le client peut payer jusqu’à 5 fois plus cher, entre 862,72 euros et 4.585,92 euros, selon les entreprises. Pour une crémation, la facture varie du simple au triple; allant de 1.344 euros à 4.141,58 euros. Les tarifs les moins élevés ont été relevés dans des boutiques et pas sur Internet, et dans des entreprises locales.

Les sociétés de pompes funèbres n'hésitent pas, pour la plupart, à surfacturer leurs clients... C'est le constat fait par "Familles rurales", dans une enquête menée dans 13 départements.

Les réglementations mises en place afin de protéger les familles en cas de décès ne sont par conséquent respectées que par 4 entreprises sur 10 dans ce secteur.

Cette réglementation est pourtant stricte : tout devis doit faire apparaître 3 colonnes... La premières recense les prestations courantes obligatoires. La deuxième fait apparaître les options, notamment les soins de conservation, ou encore le transfert vers une chambre funéraire. Et enfin, dans la dernière colonne, figurent les prestations effectuées pour le compte de tiers...

Les abus d'internet et des grands groupes

Il ressort également de cette enquête la fâcheuse tendance des clients à aller vers les grands groupes, alors que les petits artisans sont en général moins chers... Pour une inhumation par exemple, une entreprise locale a proposé au minimum un devis s'élevant à 862,72 euros, tandis que de la part des grands groupes, impossible de trouver en dessous de 1.990 euros. C'est également le cas pour une crémation...

"Familles rurales" conseille également de se rendre directement en boutique afin d'obtenir les meilleurs tarifs. Sur internet, les prix s'élèvent à 1.944 euros minimum pour une inhumation par exemple, contre 862,72 euros en boutique.

https://fr.finance.yahoo.com/actualites/pompes-fun%C3%A8bres-stop-abus-085300013.html


BASE 14 995X225"la fâcheuse tendance des clients à aller vers les grands groupes": J'y vois un double effet: la douleur qui frappe les familles les empêche souvent de faire les bons choix, ce qui laisse la place à tous les escrocs qui sont nombreux dans le secteur car ils savent, eux, que le "client" est fragilisé, plus l'absence de conscience politique de beaucoup de nos concitoyens: on achète du pain industriel en supermarché voire des produits de médiocre qualité fabriqués à l'autre bout du monde, et pas toujours pour des raisons économiques: la facilité est devenu un critère majeur dans nos sociétés. Ajoutez à cela la dérégulation et l'absence de contrôle des pouvoirs publics, voire leur complicité, et vous avez tous les ingrédients d'une dégradation généralisée, pour le plus grand profit de quelques- uns.

Par delà cet aspect économique préoccupant, on constate que les familles continuent de se réunir à la Toussaint et que nos cimetières sont largement fleuris. Quelques notes d'espoir, donc.

P.G.

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David Cayla et Coralie Delaume : « L’Europe de l’économie et du droit, ça ne marche pas »

Blogueuse et essayiste, Coralie Delaume est taulière de L’Arène nue et auteur de « Europe, les États désunis » (Michalon, 2014). Maître de conférence à Angers, David Cayla est membre des Économistes atterrés, collectif hostile à la doctrine néolibérale et à la toute-puissance des marchés financiers. Ils viennent de publier « La fin de l’Union européenne » chez Michalon. Nous leur avons posé quelques questions sur ce très bon ouvrage, qui met en évidence les lacunes de la construction européenne.
 

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Le Comptoir : Selon vous, la fin de l’Union européenne est proche. Sur quoi repose votre diagnostic ?

David Cayla & Coralie Delaume : Il faut d’emblée préciser que l’Union européenne n’est pas l’Europe. L’Europe est un continent, un ensemble de pays. L’Union européenne c’est d’abord un écheveau de règles qui encadrent l’action de ses États membres. Elle n’existe donc que si ces règles sont respectées. Or, on constate, d’une part, qu’elles sont de plus en plus nombreuses et contraignantes ; d’autre part, qu’elles sont inadaptées aux situations spécifiques des différents pays.

Ainsi, de nombreux pays – parce qu’ils y sont poussés par les circonstances et non par “populisme”, par quelques viles passions “anti-européennes” ou par volonté de “repli national” – transgressent ces règles ou les contournent. L’Irlande et le Luxembourg transgressent les règles de la concurrence non faussée en pratiquant de longue date un dumping fiscal agressif ; les pays d’Europe du Sud, victimes de la crise et d’une désindustrialisation accélérée, transgressent les règles du Pacte budgétaire ; l’Allemagne, qui doit faire face au défi du vieillissement de sa population, dégage une épargne incompatible avec les équilibres macroéconomiques de la zone euro et fait fi du ratio maximal d’excédent courant autorisé par Bruxelles. Enfin, les pays d’Europe centrale, qui ont dû faire face à l’afflux de centaines de milliers de migrants en 2015, ont également transgressé de nombreuses règles sur la libre circulation des personnes et l’accueil des réfugiés dans l’espace Schengen.

Du coup, si plus personne ne respecte les règles européennes, que reste-t-il de l’Union ? Tout cela ne se résume pas à une simple question institutionnelle qu’on pourrait régler via une nouvelle réforme du fonctionnement de l’UE, en ajoutant des procédures aux procédures et en empilant de nouvelles institutions sur celles qui existent déjà (en créant un Parlement de la zone euro par exemple, ou en augmentant le budget propre de l’Union).

Si nous nous autorisons à parler de “la fin de l’Union européenne”, c’est d’abord parce que nous constatons l’essoufflement d’un projet, l’épuisement d’une dynamique. Et nos analyses nous contraignent à établir un constat d’échec. Trente ans après la mise en place du Marché unique, quinze ans après l’instauration de l’euro, les performances économiques n’ont jamais été aussi faibles. Depuis les années 1980, l’écart de développement entre le continent européen et l’Amérique du Nord, qui n’avait cessé de se réduire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a recommencé à augmenter. Dans son dernier livre[1], le prix Nobel Joseph Stiglitz l’explique fort bien : l’Union européenne et la zone euro en particulier sont des échecs économiques. La promesse de prospérité n’a été tenue pour aucun pays, pas même l’Allemagne dont l’industrie est florissante mais où le nombre de pauvres explose, et où les infrastructures publiques sont en déshérence, faute de dépenses publiques pour les entretenir.

« Après près de quarante ans de libéralisme à outrance, le sentiment de perte de souveraineté économique est loin d’être illégitime ! »

Cet échec économique a bien entendu des conséquences sociales et politiques. Aujourd’hui, plus aucun pays ne coopère. On l’a vu au sommet post-Brexit de Bratislava, en septembre 2016. Les pays européens sont incapables de gérer ensemble les crises qui les concernent, et au lieu de répondre de manière coordonnée aux crises économiques et migratoires, chacun mène sa stratégie nationale sans s’occuper le moins du monde des conséquences que cela peut avoir pour les autres pays.

S’il n’y a plus le moindre esprit de solidarité en Europe, c’est que le projet européen d’unir le continent sous les auspices du marché, de la monnaie et de la jurisprudence de la Cour de Luxembourg, a échoué. L’Europe de l’économie et du droit, ça ne marche pas.

Alors que la question européenne a une importance capitale, elle est presque absente des débats présidentiels. À quoi est dû cet aveuglement de nos politiques ?

Au fait que toute la classe politique française s’est fourvoyée dans le processus européen. Or, à l’heure des bilans, les promesses qu’on nous a serinées pendant des années se révèlent fausses. Maastricht et la monnaie unique n’ont pas produit la prospérité annoncée et des traités organisant implicitement la compétition de tous contre tous n’ont pas permis – oh surprise ! – de rapprocher les peuples. Quant aux promesses de mettre en place “l’Europe sociale”, elles ne savent que faire rire désormais.

En réalité, beaucoup de candidats à l’élection présidentielle assument une part de ce qui s’avère d’ores et déjà un formidable échec collectif. Et ils ne peuvent évidemment pas le dire. Beaucoup d’entre eux ont très peur d’avoir à expliquer que si leur programme économique est si peu alléchant, c’est parce qu’on est ficelé dans un carcan qui ne laisse aucune marge de manœuvre dans ce domaine. Ce serait admettre qu’ils sont candidats à une élection pour partie vide d’enjeux, dans le but d’occuper une fonction qui, sous certains aspects au moins, n’est plus qu’honorifique. On comprend que cela soit compliqué.

« Il est faux de dire que l’euro a résolu les problèmes du Système monétaire européen. Il en a changé la nature. On est passé d’un système où la finance était insécurisée à un système où c’est l’économie réelle dans son ensemble qui est insécurisée. »

Selon vous, les politiques utilisent les thèmes identitaires comme « palliatif […] à l’effacement de la souveraineté ». Vous ajoutez qu’en dépossédant les États de leur souveraineté, l’UE « confisque tout ce qui détermine politiquement l’identité des pays », au point qu’il ne leur reste que « des souvenirs propres à nourrir la nostalgie » et des « mœurs » au « contour vague ». Le retour de la souveraineté permettra-t-il de sortir de l’emballement identitaire actuel ? Dans ce cas, comment expliquer qu’un pays comme les États-Unis, pourtant parfaitement souverain, connaisse les mêmes problèmes ?

Par ailleurs il ne faut pas oublier que les Américains ont mené les mêmes politiques économiques qu’en Europe : un mélange de libre-échangisme commercial, de dérégulation financière et d’absence d’intervention de l’État dans l’économie. Les conséquences de ces politiques ont été particulièrement dures pour l’économie américaine. L’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) a accéléré la désindustrialisation du pays et les capitaux asiatiques se sont approprié une partie massive du patrimoine économique et culturel des États-Unis, y compris la dette publique américaine, largement rachetée par la Chine. En outre, le peuple américain n’est sans doute pas indifférent au fait que Sony, entreprise japonaise, ait racheté les plus grands studios du cinéma américain et dispose des droits sur la musique de Michael Jackson. Après près de quarante ans de libéralisme à outrance, le sentiment de perte de souveraineté économique est loin d’être illégitime !

Selon vous, la signature de l’Acte unique – « traité préféré » de Jacques Delors –, qui augmente drastiquement l’intégration européenne et prépare d’une certaine façon l’euro, le 17 février 1986, marque « l’abandon définitif de l’Europe aux injonctions du marché et la mise en route vers l’échec inéluctable ». L’Europe du Système monétaire européen (SME)[2] – responsable du “tournant de la rigueur” de 1983 de François Mitterrand – et du marché commun aurait-elle pu être viable à terme ? Le ver n’était-il pas déjà dans le fruit ?

Le “tournant de la rigueur” est un choix politique, le choix que fait Mitterrand d’arrimer le franc au Deutsche Mark. Ce choix est évidemment critiquable, mais c’était un choix. L’autre logique aurait été de dévaluer le franc et de poursuivre la politique de relance conformément aux engagements pris en 1981. Le problème est que, dans la situation actuelle, il n’y a plus de choix possible. L’euro, c’est l’impossibilité de dévaluer et donc de faire autre chose qu’une austérité perpétuelle et un arrimage éternel de l’économie française à celle de l’Allemagne.

Le SME, certes, était loin d’être parfait. Mais il ne figeait pas les politiques économiques pour l’éternité. Un pays pouvait sortir temporairement du SME et y revenir plus tard. Les désordres monétaires que les pays européens devaient subir et qui étaient la conséquence de cette flexibilité avaient des conséquences négatives pour la finance. Ils empêchaient les flux financiers de circuler facilement d’un pays à l’autre. Il y avait toujours le risque qu’une monnaie décroche et qu’un investisseur étranger y laisse des plumes. Aujourd’hui, les flux financiers sont parfaitement sécurisés dans la zone euro. Les investisseurs ne risquent plus de subir des pertes de change. Mais le prix à payer c’est l’austérité, la désindustrialisation des régions périphériques et le chômage. Y avons-nous vraiment gagné ?

Il est faux de dire que l’euro a résolu les problèmes du SME. Il en a changé la nature. On est passé d’un système où la finance était insécurisée à un système où c’est l’économie réelle dans son ensemble qui est insécurisée. Pour reprendre votre métaphore, il y avait certainement un ver dans le fruit du SME. Aujourd’hui, il n’y a plus de ver, mais il n’y a plus de fruit non plus.

« Mais avant de discuter des remèdes, il faut d’abord mener la bataille du diagnostic. »

Vous appelez à la fin de votre livre à une rupture avec l’Europe supranationale pour bâtir une “Europe alternative”. Quels contours prendrait cette “Europe des nations” ? S’agirait-il d’une nouvelle Union européenne ou de coopérations ponctuelles entre États ?

La marque de fabrique de l’Union européenne est la logique supranationale, c’est-à-dire la création d’une entité exogène qui surplombe les États membres et conditionne leur action. C’est un système extrêmement rigide, né pour une part du contenu des traités eux-mêmes, et pour une autre part du travail de “constitutionnalisation” de ces traités par la Cour de justice de l’Union européenne. Cette dernière s’attache de longue date à fabriquer du fédéralisme de manière jurisprudentielle, sans que les populations soient consultées à ce sujet. Lorsque les Français et les Néerlandais ont rejeté le projet de Constitution européenne en 2005, le travail de “fédéralisation furtive” de l’Europe était déjà très avancé, puisqu’il a débuté sous la houlette de la Cour au début des années 1960. Voilà pourquoi on a fait comme si ces deux “non” référendaires étaient purement consultatifs. En tenir compte, c’était s’employer à défaire ce qui avait été fait en coulisses depuis quarante ans. On a choisi de conserver – et même de consolider avec le traité de Lisbonne – ce monstre qu’est devenue l’Union européenne, situé à l’intersection de l’organisation internationale, de l’État fédéral et de l’empire.

Tout cela est férocement antidémocratique. C’est la raison pour laquelle nous nous prononçons contre l’idée d’une Europe supranationale. Ce qu’on pourrait faire en revanche, c’est une Europe pragmatique, une Europe de la coopération intergouvernementale et des projets concrets conduits conjointement par les États. Une telle Europe a d’ailleurs cohabité, un temps, avec l’Europe supranationale. Elle a permis Airbus par exemple, ainsi que la construction d’une Europe spatiale ou d’une Europe de la recherche. Cette Europe-là n’a pas attendu l’Union européenne pour apporter ses bienfaits. Elle s’est créée de manière autonome depuis le début des années 1950, souvent à l’initiative de quelques gouvernements.

Nous croyons que cette méthode est la bonne, même si elle séduit moins les rêveurs en panne de “grand dessein” et attachés à cette idéologie de substitution qu’est devenu l’européisme. Nous pensons qu’il faut substituer la souplesse et le pragmatisme à la foi, et nous nous efforçons d’expliquer pourquoi, selon nous, cela ne peut se produire dans le cadre actuel. L’Europe supranationale empêche l’Europe des projets coopératifs de ré-émerger. Ce n’est pas le moindre des paradoxes : en tuant à petit feu les pays qui la composent et sous prétexte de “dépasser les nations”, l’Union européenne détruit l’Europe.

La question monétaire est absente de votre conclusion. Défendez-vous un simple retour aux monnaies nationales ? Que pensez-vous de l’idée de monnaie commune[3] avancée par les économistes Jacques Sapir et Frédéric Lordon ?

Nous avons souhaité ne pas nous focaliser sur la question monétaire, en partie pour montrer que les problèmes européens dépassent largement la question de l’euro. Parmi les “eurocritiques”, certains pensent qu’il faut commencer par sortir de l’euro, d’autres qu’il faut commencer par démanteler les règles du Marché unique, d’autres encore qu’il faut quitter l’Union en activant l’article 50 [article du traité sur l’Union européenne qui donne la possibilité de retrait de l’UE, NDLR] sur le modèle britannique. D’autres, enfin, croient qu’il faut désobéir unilatéralement aux traités. Toutes ces propositions ont leur cohérence, et elles auront forcément des conséquences différentes sur l’architecture monétaire de la future Europe.

Mais avant de discuter des remèdes, il faut d’abord mener la bataille du diagnostic*. Beaucoup de Français croient encore, souvent avec sincérité, que l’Union européenne est l’avenir de la France et le meilleur moyen de la rapprocher de ses voisins. Nous devons absolument les convaincre que c’est précisément l’inverse.

Nos Desserts :

Notes :

[1] J. Stiglitz, L’Euro : Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Les liens qui libèrent (2016), Paris

[2] Le SME, successeur du Serpent monétaire européen, avait pour objectif de stabiliser les taux de change des monnaies européenne entre elles. Il est mis en place en 1979 et prend fin durant l’été 1993, notamment après les attaques du financier George Soros.

[3] Dans un système de monnaie commune, les États partagent leur monnaie, tout en conservant leurs monnaies nationales.

Par KÉVIN BOUCAUD-VICTOIRE, Le comptoir, Le 27 janvier 2017


 

BASE 14 995X225*En terme de diagnostic, l'UPR ajoute au débat les origines véritables de la "constuction européenne" et les visées de domination géopolitique qui se cachent derrière. Ce qui nous permet d'analyser la corrélation entre l'Union européenne et l'OTAN. Difficile donc, comme le prétendent les auteurs, de séparer le diagnostic des remèdes: le débat doit porter sur les deux, et c'est parce que certains refusent d'aller "au fond des choses" que le débat est difficile, car les conséquences sur les remèdes peuvent être perçues comme trop radicales pour assurer une carrière, qu'elle soit politique ou littéraire, et la visibilité médiatique qui va avec...A l'inverse, il est vrai que nous prenons le risque de l'isolement, à moins que les Français ne réalisent eux- mêmes la complexité des enjeux et s'en saisissent.

  P.G.

 

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La fin de l’Union européenne, de Coralie Delaume et David Cayla

L’Union européenne va-t-elle survivre, ou est-elle condamnée, comme l’URSS, à l’implosion par incohérence interne de ses politiques et de son fonctionnement ? Deux auteurs de la nouvelle génération, la talentueuse polémiste à la plume acérée Coralie Delaume et David Cayla, qui assure la relève d’une génération d’économistes, nous livrent un ouvrage aussi complet que pertinent.

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Le livre de Coralie Delaume et de David Cayla mérite d’être lu. Non seulement parce qu’il annonce une bonne nouvelle – la fin de l’Union européenne – mais aussi et surtout parce qu’il est bien écrit, ce qui mérite d’être souligné pour un ouvrage traitant d’un sujet aussi ennuyeux et aussi soumis aux poncifs que sont les questions européennes.

On saluera le travail des deux auteurs qui sont magnifiquement parvenus à une unité de plume. Les approches de Coralie Delaume, dont on connait la plume acérée, et de l’économiste David Cayla sont parfaitement intégrées. Tout juste reconnaît on le talent pour les formules assassines de Coralie Delaume dans cette description de François Hollande

« l’homme qui a élevé la vacuité consensuelle au rang de discipline olympique ».

L’ouvrage traite des questions politiques et économiques : il commence par la description de la palinodie des référendums européens où l’on doit revoter jusqu’à ce qu’on vote oui, et où les électeurs, selon l’injonction de Jean-Claude Juncker – l’homme qui parle avec les dirigeants d’autres planètes-, se doivent de voter oui indépendamment de la question posée. Il se termine par l’impossibilité de la démocratie européenne et les possibilités de construire une coopération entre pays d’Europe une fois que le Leviathan aura rendu l’âme.

Mais la force et l’intérêt de cet ouvrage est qu’il n’est pas un ouvrage d’économie ni encore moins de bavarde science politique. C’est un livre d’histoire. Une histoire contemporaine, celle que nous vivons qui est racontée comme un témoignage pour l’avenir. Le mérite de ce livre c’est qu’on le lira avec profit dans quelques décennies comme on lit les ouvrages sur l’implosion de l’URSS. Pas de théories alambiquées, mais le récit de l’enchainement des faits, de nombreuses études de cas sur la Grèce, la Finlande et l’Irlande, avec une part de lion naturellement réservée à l’Allemagne. Les manipulations statistiques et financières qui font du Luxembourg (qui n’a plus d’usines) une puissance industrielle alors qu’il n’est qu’une lessiveuse à blanchiment fiscal, ou qui font de l’Irlande une grande puissance exportatrice avec une croissance extraordinaire du PIB avec des marchandises qui ne circulent que sur le papier et un niveau de vie qui stagne désespérément, sont clairement exposées et démontées.

Un livre d’histoire qui nous renvoie à l’histoire de l’économie et du développement des pays d’Europe. Le chapitre sur la polarisation du développement créé par l’industrialisation en régime de libre-échange, qui fait référence à l’industrialisation de l’Angleterre au XVIII° siècle puis au rattrapage par l’Allemagne au XIX°, puis de la France, se réfère aux travaux de Paul Bairoch et bien sûr de Friedrich List et nous rappelle cette dynamique du développement : l’industrialisation appelle l’industrialisation. C’est ce qu’on appelle la synergie entre activités qui créent les rendements croissants – laissant les régions périphériques dans un moindre développement, voire un sous-développement quand les activités périphériques sont aspirées par le pôle central, entrainant la désertification des pays. Tout cela avait été théorisé et exposé par L. Von Thünen au début du XIX°.

On sait aujourd’hui le modéliser quand on étudie le développement urbain avec les lois de Toblerce qui est plus proche se connecte plus avec ce qui est plus proche ») et de Zipf les grandes villes mangent les petites »). Ce qui permet aux auteurs de nous rappeler que la crise des pays périphériques de l’Europe, élégamment appelés PIGS par les eurocrates (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) n’est pas liée à une quelconque tare anthropologique et raciale, mais à une poursuite de l’effet de polarisation qui trouve sa source dans le développement de l’Europe depuis le XVI° siècle, et que le libre-échange, comme l’avait clairement expliqué Friedrich List dans son irremplaçable « Système National d’Economie Politique » de 1841, combiné à la funeste et impérialiste Théorie de avantages comparatifs de Ricardo, ne fait qu’accroitre. On renverra à l’indispensable ouvrage de Erik Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches et pourquoi les pays pauvres restent pauvres ».

Nos anciens, pour définir les politiques de développement qui ont fait la prospérité de l’Europe, ne se référaient pas à une « théorie économique » mais à l’histoire, ce que j’ai exposé dans mon Histoire de l’Etat stratège. La funeste science économique ne naît que dans la première moitié du XIX° siècle en Angleterre et surtout en France avec sa rencontre avec le positivisme, qui va vouloir en faire une science exacte devant s’imposer à la politique, celle-ci se résumant, comme l’avait écrit Auguste Comte (...)  à l’application de supposées lois de l’économie. Cahuc et Zylberberg ne disent pas autre chose aujourd’hui en appelant à la répression envers ceux qui refusent que l’économie soit une science exacte à laquelle le politique doit se plier.

Un livre bien écrit, qui se lit facilement, comme un livre d’histoire, bien référencé, qui gagnera à être relu au fil des évenements pour comprendre comment nous en sommes arrivés là.

[1] Auguste Comte, Opuscule de philosophie sociale, 1819-1826, p. 111

Source : Le blog Mediapart, Rochet Claude, 30-08-2017

https://www.les-crises.fr/la-fin-de-lunion-europeenne-de-coralie-delaume-et-david-cayla/

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Crise du beurre : "La pénurie est peut-être organisée par les industriels"

Reportage Sud Radio. Alors que les mottes de beurre se font plus rares dans les étals des commerçants depuis plusieurs semaines, les producteurs et boulangers haussent le ton, notamment contre la grande distribution.

ACT BEURRE UE

La France manque de beurre depuis plusieurs semaines maintenant. Une raréfaction de la motte de beurre dans les étals qui s’expliquerait par une hausse soudaine de la demande, notamment en provenance de Chine. Productrice de lait et secrétaire générale de la Coordination Rurale (deuxième syndicat agricole), Véronique Le Floch pointe, elle, les industriels et la grande distribution qui ne joueraient pas le jeu en restant très opaques sur leur stock de beurre.

"On est pris à la gorge et on se dit qu’on se fout de nous ! Si le consommateur a vu les prix du beurre augmenter, nous producteurs n’avons encore rien vu ! Ça fait quand même plus de deux ans que cette crise dure. Les prix payés sont ridiculement bas, ce sont des prix d’il y a trente ans qui ne permettent plus de tirer un salaire, aussi bas soit-il. On ne fait pas venir les vétérinaires, on se passe de contrôles de machines à traire, on se passe de beaucoup de choses… On vit une situation dramatique, et au final c’est le désarroi et le manque de motivation qui s’installent dans nos campagnes", déplore-t-elle au micro de Sud Radio.

"Je suis allé me dépanner dans un supermarché à côté"

Pour Jean-Paul Rivière, président de la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne, ce n’est pas tant une question de pénurie mais de prix, avec la grande distribution qui en profite, à l’inverse des consommateurs et des producteurs laitiers. "Pour les boulangers et surtout les pâtissiers, le prix du beurre a beaucoup augmenté. Mais ils ne parlent pas de manque de beurre. Ils ont donc du beurre, il faut qu’ils le payent plus cher. La grande distribution n’accepte pas d’augmenter les prix, parce qu’augmenter les prix signifie diminuer ses marges. Elle préfère dire qu’il n’y a plus de beurre et donc elle n’achète pas. Ce sont des histoires de gros sous entre les transformateurs et les industriels. Comme toujours, ce sont le producteur de base et le consommateur qui en pâtissent", accuse-t-il.

Au-delà des producteurs, les boulangers subissent eux aussi cette situation, comme l’explique Sahad, boulanger dans le 15e arrondissement de Paris. "Il y a une journée où je n’ai pas été en mesure de fabriquer mes brioches. Je suis allé me dépanner dans un supermarché à côté, on a pris les quelques kilos de beurre qu’on a pu prendre, pour faire face et patienter jusqu’au lendemain qu’on vienne nous livrer ceux qu’on avait demandés", raconte-t-il.

Pour lui, l’origine de cette pénurie est même suspecte. "Quand on discute entre confères, on a même des doutes. Même si la demande a effectivement augmenté, il y a peut-être aussi une pénurie organisée au niveau des industriels. Ceux qui ont la capacité de s’accaparer le beurre le stockent et font flamber le prix", assure-t-il.

https://www.sudradio.fr/societe/crise-du-beurre-la-penurie-est-peut-etre-organisee-par-les-industriels

Voir aussi

La pénurie de beurre, résultat de décennies d'injonctions hygiénistes idiotes

EDITO NATACHA

La pénurie de beurre que connaît actuellement la France s'explique par la diabolisation du beurre, depuis 40 ans, au plus grand bénéfice de l'agro-industrie.

Le prix des viennoiseries risque d’augmenter parce que nous connaissons une pénurie de beurre. Ce qui est une incompréhension pour beaucoup, car on s'imagine que la France, grande puissance agricole, devrait quand même pouvoir produire du beurre en quantité suffisante !

Pour comprendre, il faut remonter aux causes et elles viennent de loin. Ça fait 40 ans qu’on diabolise le beurre, en disant qu’il cause du cholestérol, pour le plus grand bénéfice de l’agro-industrie qui a pu vendre sa margarine et ses graisses végétales…

Parallèlement, l’agriculture française a suivi les recommandations de la FNSEA et de l’INRA. Première aberration, on a décidé qu’il y aurait, pour l’élevage bovin, des races à viande d’un côté et des races laitières de l’autre. Il y a donc des vaches, en France, dont on ne récolte pas le lait.

Côtés laitières, on a décrété qu’il fallait privilégier la quantité sur la qualité et on a poussé les éleveurs à abandonner les races françaises pour faire de la Prim'Holstein, cette vache noire et blanche, surnommée pisseuse de lait, qui produit un liquide sans goût, sans matière grasse.

C’est d’autant plus idiot que les éleveurs sont payés à la valeur protéinique du lait, donc à la matière grasse, et ils y perdent.

Or, on s’aperçoit maintenant que les graisses animales seraient plutôt meilleures que les graisses végétales dont abuse l’agro-industrie, et la demande augmente à nouveau. Nos paysans qui produisent un lait maigre ne peuvent plus fournir. Pire, avec la baisse des prix du lait, beaucoup ont abandonné l’activité parce qu’il ne pouvait plus survivre.

Solutions : retourner à des races de vache adaptées à leur environnement, en arrêtant les injonctions hygiénistes idiotes pour retrouver une alimentation équilibrée, saine, avec un peu de gras, mais du bon, en préservant une agriculture paysanne qui choisit la qualité plutôt que la quantité.

En attendant, il faut accepter de payer un peu plus cher son croissant...

Écoutez l'édito de Natacha Polony dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

https://www.sudradio.fr/societe/la-penurie-de-beurre-resultat-de-decennies-dinjonctions-hygienistes-idiotes

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Loi sur l'enseignement en Ukraine : la Hongrie met des bâtons dans les roues de Kiev

Article présenté par S.R. (UPR 87)

ACT UKRAINE DONIPRESS

Après le vote de la loi sur la langue d'enseignement en Ukraine, Budapest avait promis de tout faire pour gêner Kiev auprès des instances internationales, et surtout auprès de l'UE et de l'OTAN où elle dispose d'un droit de veto.

Pour rappel, cette loi prévoit que l'enseignement se fera uniquement en ukrainien à partir de la 5e classe, dans un pays qui compte plusieurs minorités ethniques importantes (Roumaine, Hongroise et même Bulgare), sans parler de toute la partie russophone du pays (je parle là des gens dont la langue maternelle, c'est-à-dire la première langue qu'ils apprennent dès le plus jeune âge, est le russe).

Suite au vote de cette loi, la Roumanie et surtout la Hongrie avaient fait savoir publiquement qu'elles désapprouvaient cette loi qui discrimine les minorités qui se trouvent en Ukraine. La Hongrie avait même menacé l'Ukraine de lui nuire en guise de réponse au vote de cette loi.

La Hongrie n'a pas fait cette promesse en l'air, et a saisi la première occasion pour rappeler à l'Ukraine qu'elle ne peut pas faire n'importe quoi en matière de législation. Et c'est la tenue du sommet Ukraine-OTAN, prévu en décembre, qui en a fait les frais.

La convocation à ce sommet a été soumise cette semaine au vote des pays membres de l'OTAN, et l'unanimité était requise afin qu'il puisse avoir lieu. Le vote négatif de la Hongrie a donc été l'équivalent d'un veto, empêchant le sommet d'avoir lieu.

C'est le chef de la diplomatie hongroise, Peter Siyarto, qui l'a annoncé sur le site de son département, de manière très directe, et sans ambages :

« La Hongrie ne peut soutenir l'aspiration de l'Ukraine à l'intégration, c'est pourquoi elle a mis son veto à la convocation du sommet Ukraine-OTAN en décembre », a ainsi déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères.

Devant la détermination évidente de la Hongrie et des autres pays voisins à pourrir la vie de l'Ukraine en réponse à cette loi, il semble que cette dernière pourrait faire marche arrière.

C'est en tout cas ce qu'a déclaré le journaliste Vyacheslav Pikhovchek, sur le plateau de la chaîne ukrainienne NewsOne. Ce dernier a déclaré en effet que l'Ukraine pourrait faire des concessions et adoucir la norme linguistique pour les minorités nationales.

Mais, car il y a un mais, cette concession ne s'appliquerait QUE pour les minorités hongroise, roumaine et peut-être la minorité bulgare. Les enfants russophones, eux, seraient toujours forcés de subir l'ukrainisation de force que représente ce texte de loi.

Pourquoi, accorder seulement ce « privilège » aux voisins européens ? Eh bien parce que ces derniers peuvent sévèrement nuire aux aspirations européennes et OTANiennes de l'Ukraine ! La Russie non.

« Ma prédiction est que la seule option possible est de formuler certaines conditions spécifiques uniquement pour les enfants de citoyens ukrainiens de nationalité hongroise, roumaine, et peut-être bulgare, puisque les gouvernements de ces pays se battent pour eux et ont de l'influence sur les officiels de Kiev. Mais pas pour les enfants russophones…Un autre problème s'est ajouté à la guerre et à la crise en Ukraine - Kiev se fait de nouveaux ennemis avec les dispositions de la loi sur l'éducation et les minorités ethniques, » a ainsi déclaré Pikhovchek.

Cette idée de Pikhovchek, est sûrement issue du fait, que Kiev est déjà prête à faire un amendement à cette loi pour la minorité polonaise, en signant un accord avec Varsovie à ce sujet. Cet accord a d'ailleurs provoqué l'ire de la Hongrie, qui a vu cela comme une trahison de la part de la Pologne.

Mais de tels amendements, accordant des exceptions à certaines minorités et pas aux russophones, alors qu'ils sont bien plus qu'une minorité, rendraient la loi encore plus discriminatoire qu'elle ne l'est déjà.

C'est d'ailleurs sur cet argument, que la Russie a fait appel à l'ONU, à l'OSCE et au conseil de l'Europe, afin qu'ils fassent pression sur Kiev.

Il est invraisemblable de voir l'Ukraine poursuivre la Russie devant la CIJ pour discrimination ethnique envers les Tatars de Crimée, alors que ces derniers peuvent désormais recevoir un enseignement dans leur langue maternelle (depuis la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie), alors que dans le même temps, Kiev vote des lois ouvertement discriminatoires envers ses minorités ethniques et sa population russophone. C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité !

Mais en ne faisant marche arrière que pour les minorités ethniques, et pas pour les russophones, Kiev pourrait bien faire une énorme faute de calcul géopolitique. Car si Moscou ne dispose pas d'un droit de veto bloquant les aspirations européennes ou OTANiennes de Kiev, la Russie a néanmoins un certain nombre de leviers qu'elle peut utiliser afin de nuire à l'Ukraine en guise de réponse.

Bogdan Bezpalko, membre du Conseil pour les relations interethniques auprès du Kremlin, en a listé quelques-unes, allant du fait de compliquer le travail des représentations ukrainiennes dans les organisations internationales, jusqu'au fait de reconnaître les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), en passant par la rupture du Grand Accord sur l'amitié signé entre les deux pays, ou le renforcement du contingent militaire présent en Crimée ou à la frontière de la RPD et de la RPL.

L'option qui serait le camouflet le plus sévère pour Kiev, a même été justifiée de manière pragmatique par monsieur Bezpalko :

« En fin de compte, la Russie pourrait reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougansk. Vu que le format de Minsk ne fonctionne plus, tôt ou tard il sera possible de reconnaître les « républiques populaires » comme des États indépendants et de conclure avec elles des accords, notamment dans le domaine de la défense », a-t-il ainsi expliqué.

Voilà de quoi donner à réfléchir à Kiev, du moins tant qu'il en est encore temps. Car le Maïdan 3.0 se poursuit, entre coups de communication de Saakachvili, et étranges attentats terroristes contre des députés radicaux (alors que ce sont justement ces forces radicales qui sont à l’œuvre pour destituer Porochenko).

L'entropie de l'Ukraine continue de croître de manière accélérée, et le pays se dirige de plus en plus vers une désintégration totale.

https://dnipress.com/fr/posts/loi-enseignement-ukraine-hongrie-met-des-batons-dans-les-roues-de-kiev-qui-est-prete-faire-partiellement-marche-arriere/

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Un siècle plus tard, la déclaration Balfour divise toujours Israéliens et Palestiniens

La déclaration Balfour, qui fête son centenaire jeudi, est saluée par Israël comme ayant contribué à la fondation du pays mais critiquée par les Palestiniens comme une étape majeure de la catastrophe qui les a privés de leurs terres.

HIST BALFOUR

Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour indiquait que son gouvernement considérait "favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif".

Cette phrase de 67 mots est alors la manifestation de soutien la plus forte d'une grande puissance aux objectifs du mouvement sioniste: le retour des Juifs sur "la terre de leurs ancêtres".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu commémorera cet anniversaire à Londres, où il participera à un dîner avec son homologue britannique Theresa May.

Mme May a dit qu'elle marquerait cette date avec "fierté", malgré les critiques qui s'élèvent en Grande-Bretagne autour de cet anniversaire en raison des 50 ans d'occupation israélienne de la Cisjordanie.

"Même si l'Etat d'Israël n'aurait pas vu le jour (en 1948) sans l'implantation (juive qui l'a précédé), sans sacrifice et sans une volonté de se battre pour lui, l'impulsion internationale a indéniablement été la déclaration Balfour", a déclaré cette semaine M. Netanyahu.

Les Palestiniens ont prévu une manifestation jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, dans le cadre de leur campagne appelant la Grande-Bretagne à s'excuser pour cette déclaration. Ils ont également étudié les façons de poursuivre Londres en justice à ce sujet.

Pour le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, la Grande-Bretagne devrait s'excuser pour "une injustice historique qu'elle a commise contre notre peuple" et devrait "la corriger au lieu de la célébrer".

- 'Pierre angulaire' -

Certains argumentent aujourd'hui que les événements postérieurs à la déclaration Balfour -comme les politiques contradictoires des Britanniques et les efforts des sionistes- ont diminué son importance.

Mais d'autres considèrent que son influence comme majeure, ce texte ayant jeté les bases non seulement de la création de l'Etat moderne d'Israël mais aussi du conflit israélo-palestinien.

Jonathan Schneer, historien américain et auteur du livre "La déclaration Balfour", estime qu'Israéliens et Palestiniens ont "tous les deux raison".

"Les Israéliens la considèrent comme la pierre angulaire de la naissance d'un Etat juif et les Arabes comme celle de leur dépossession et de leur misère", explique-t-il dans une interview à l'AFP.

Selon l'historien, la déclaration s'est, de façon ironique, nourrie de mythes antisémites.

Les dirigeants britanniques de l'époque estimaient en effet que la communauté juive était capable de les aider à gagner la Première Guerre mondiale en raison de son influence supposée dans les finances et en Russie, a-t-il dit.

"Si quelqu'un doit choisir cinq documents qui ont façonné l'histoire et l'existence d'Israël, la déclaration Balfour doit en faire partie", assure Paula Kabalo, directrice de l'Institut de recherche Ben-Gourion pour l'étude d'Israël et du sionisme.

- 'Encore du travail' -

Les Palestiniens jugent la déclaration, qui mentionne que "rien ne doit être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes en Palestine", comme colonialiste et même raciste.

Elle a été écrite "comme si les Palestiniens n'existaient pas", s'insurge Nabil Shaath, un des principaux conseillers du président palestinien Mahmoud Abbas. "Nous sommes considérés comme +d'autres+, avec des droits civils et religieux mais pas de droits politiques."

Pour les Palestiniens, la Grande-Bretagne -puissance mandataire de 1920 à 1948- n'a pas réussi à tenir ses engagements.

Lors de la guerre entourant la création d'Israël, 750.000 Palestiniens ont été expulsé ou ont fui leur foyers.

Deux décennies plus tard, lors de la guerre des Six-Jours (1967), Israël a notamment pris la Cisjordanie, qu'il occupe toujours, et Jérusalem-Est, qu'il occupe et a annexée mais que les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur Etat.

Aujourd'hui, la poursuite de la construction de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie amoindrissent les espoirs d'une solution à deux Etats.

Theresa May s'est fait l'écho de ces inquiétudes. "Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué dans la création de l'Etat d'Israël", a récemment déclaré la Première ministre britannique, mais "nous devons également être conscients de ce que certains ressentent à l'égard de la déclaration Balfour et nous reconnaissons qu'il y a encore du travail".

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Un-siecle-plus-tard-la-declaration-Balfour-divise-toujours-Israeliens-et-Palestiniens/858380.rom

(©AFP / 31 octobre 2017 09h33)

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