mardi 24 octobre 2017

Rohingyas: Washington annonce des mesures punitives contre l’armée birmane

Les Etats-Unis ont annoncé lundi réduire encore davantage leur aide aux unités birmanes et aux officiers impliqués dans les violences contre la communauté musulmane des Rohingyas, à l'origine d'un exode massif.

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La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a annoncé une série de mesures punitives comme la suspension de l'examen des dispenses de voyage pour les hauts responsables militaires birmans et l'annulation des invitations faites aux hauts responsables des forces de sécurité birmanes pour assister à des manifestations parrainées par les Etats-Unis. «Il est impératif que toute personne ou entité responsable d'atrocités, y compris les acteurs non-gouvernementaux et les justiciers, soit tenue responsable», assure la porte-parole, annonçant de nouvelles mesures «en plus des restrictions existantes» vis-à-vis des forces armées birmanes et de l'embargo américain «de longue date sur toutes les ventes de matériel militaire». Les Etats-Unis ont aussi annoncé étudier la mise en place de «mesures économiques ciblées contre des individus liés aux «atrocités».

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580 000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. Cette crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police fin août, entraînant une répression sévère de l'armée. (Photo AFP).

http://www.liberation.fr/direct/element/rohingyas-washington-annonce-des-mesures-punitives-contre-larmee-birmane_72680/


 

Voir notre article:

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/23/35795371.html

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Malte : «Un gang criminel a pris le contrôle de l’Etat»

Une semaine après l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui dénonçait la corruption, la société civile est sous le choc. Les soupçons pèsent tantôt sur le gouvernement, tantôt sur le parti d’opposition. Une marche lui a rendu hommage dimanche à La Valette.

1066492-candles-burn-to-commemorate-the-killed-investigative-journalist-daphne-caruana-galizia-in-berlin«J’ai pleuré.»Manuel Delia raconte avec émotion le moment où il a appris la mort de Daphne Caruana Galizia. «Elle a longtemps été une héroïne pour moi. Depuis quelques mois, elle était devenue un mentor», confie le blogueur, venu jeudi à La Valette, la capitale de Malte, prendre part à une manifestation de plusieurs dizaines de journalistes pour le respect de la liberté d’expression. A côté de lui, face aux hautes colonnes du tribunal de Malte, un parterre de bouquets et de bougies rend hommage à Daphne Caruana Galizia, morte dans l’explosion de sa voiture dans l’après-midi du 16 octobre. Vers 15 heures, la journaliste maltaise de 54 ans, mère de quatre enfants, n’a le temps de faire que quelques mètres sur la route depuis son domicile, dans le village de Bidnija, avant qu’une bombe placée sous la voiture, très sûrement commandée par un téléphone portable, ne mette feu à son réservoir d’essence. Son fils, Matthew, arrive peu après la police sur les lieux. «Je n’oublierai jamais quand, courant autour de ce brasier infernal, […] j’ai essayé de trouver un moyen d’ouvrir la portière, le klaxon de la voiture hurlant toujours, criant à deux policiers, venus avec un seul extincteur, de l’utiliser, raconte le jeune homme sur Facebook. J’ai regardé au sol et il y avait des morceaux de ma mère partout autour de moi.»

«Mafieux»

Daphne Caruana Galizia était une personnalité à part dans le pays. Issue de la haute société et mariée à un avocat de renom, elle devient l’une des premières éditorialistes politiques à Malte dans les années 90. En 2008, frustrée par les limites imposées par les médias conventionnels, elle crée son blog, Running Commentary. Avec 400 000 pages vues par jour, son audience atteint celle des sites des plus grands journaux de l’île. Libre dans le ton comme dans la forme, la blogueuse alterne enquêtes fouillées sur la corruption, le trafic d’êtres humains ou de pétrole, et commentaires mondains sur la tenue d’un tel ou la liaison extraconjugale d’un autre. Elle disait s’appuyer sur un «réseau d’espions». Une de ses cibles préférées : le Premier ministre, Joseph Muscat, et son Parti travailliste (centre gauche), à la tête du pays depuis 2013.

En 2016, dans le cadre des Panama Papers, Daphne Caruana Galizia révèle l’existence de sociétés offshore détenues par Keith Schembri, le chef de cabinet du Premier ministre, et par Konrad Mizzi, le ministre de l’Energie. En avril 2017, elle accuse cette fois la femme de Muscat d’être la bénéficiaire d’une société-écran domiciliée au Panamá, sur les comptes de laquelle un million de dollars aurait été versé par la fille du président du régime ultra-autoritaire azerbaïdjanais, Ilham Aliyev.

Le couple Muscat dément, accusant la journaliste d’avoir été manipulée par une lanceuse d’alerte russe travaillant dans la banque par où aurait transité l’argent. La justice ouvre alors une enquête, et Muscat convoque des législatives anticipées, qu’il remporte de nouveau en juin. Entre-temps, la lanceuse d’alerte a quitté le pays après avoir témoigné devant la justice. Et lundi, Daphne Caruana Galizia a été tuée…

Aujourd’hui, alors que les fourgons et les hommes en combinaison blanche de la police scientifique ont quitté les lieux, le cratère provoqué par la violence de l’explosion est toujours visible sur le sol de cette région aride du nord de Malte. Malgré ce drame, les manifestations populaires en hommage à la blogueuse ont été rares dans ce pays de 450 000 habitants. Le sujet a rapidement été récupéré dans des joutes politiques entre les partisans des deux principales formations politiques : le Parti nationaliste (NP, de centre droit et membre du Parti populaire européen) et le Parti travailliste. Daphne Caruana Galizia étant ouvertement une supportrice du premier*, les leaders du NP n’ont pas hésité à reprendre les propos de la famille de la journaliste et accusé le gouvernement d’être un «Etat mafieux», responsable, selon eux, et au moins indirectement, de l’assassinat de la quinquagénaire. «La corruption est largement répandue dans les plus hautes sphères de l’Etat, confie Michael Briguglio, sociologue, conseiller local NP et tête de proue du Réseau société civile. A Malte, nous ne sommes pas habitués à ce genre de violence. Mais l’an dernier, nous avons eu cinq explosions de voiture de ce type. Le gouvernement actuel ne protège pas les citoyens, mais seulement un gang de politiciens au pouvoir.»

«Sorcière»

En riposte, l’exécutif accuse ses opposants d’accentuer les divisions dans la société, que beaucoup caractérisent déjà de «tribale», à un moment où l’unité devrait sinon primer, du moins s’afficher. Dans les magnifiques bâtiments de l’auberge des chevaliers de Castille, qui abrite les bureaux du Premier ministre, Kurt Farrugia, son directeur de la communication n’hésite pas à avancer : «Depuis quelques mois, Daphne Caruana Galizia avait commencé à publier des articles à charge contre le nouveau leader du Parti nationaliste (NP), Adrian Delia, l’accusant d’être mêlé à des réseaux de prostitution à l’étranger ainsi qu’à du blanchiment d’argent.» Il y a quelques semaines, la journaliste a déclaré recevoir des menaces de membres du NP et a demandé une protection policière. Sans succès.

«Nous savions que Daphne Caruana Galizia pouvait être attaquée à cause de ce qu’elle écrivait, nous recevons tous des menaces. Mais je n’aurais jamais pensé que ça pourrait aller aussi loin», soupire Saviour Balzan, journaliste et cofondateur du média Malta Today, qui se décrit lui-même comme un des plus anciens critiques de la blogueuse. «Elle s’est fait beaucoup d’ennemis car elle n’hésitait pas à attaquer personnellement les gens, moi y compris, raconte-t-il. Elle lançait parfois des rumeurs sans fondement. La dernière fois que je l’ai vue, l’an dernier, elle est venue à mon bureau pour s’excuser de ce qu’elle avait écrit sur ma famille et moi.» Sa mort brutale stupéfie autant que la personnalité de la blogueuse, sous le coup de 42 procès pour diffamation, divise. «Personne n’aimait tout ce qu’elle écrivait, mais beaucoup de gens reconnaissent le rôle important qu’elle jouait, dit à Libération Justin Borg-Barthet, professeur maltais de droit européen à l’université d’Aberdeen en Ecosse, qui a travaillé à plusieurs reprises avec Daphne Caruana Galizia. Elle se voyait comme au service de la population et n’hésitait pas à révéler la corruption autour du gang criminel qui a pris le contrôle de l’Etat

Corruption. Le mot arrive toujours très rapidement dans les conversations sur l’île. Selon un sondage Eurobarometer de 2013, 83 % des répondants maltais considèrent la corruption largement répandue dans le pays, et 29 % assurent que cela les touche dans leur vie quotidienne. Marco, accoudé au bar de son restaurant dans le centre de La Valette, le reconnaît, à sa manière : «Bien sûr qu’il y a de la corruption, mais dans les deux partis et on ne peut rien y faire. En tant que citoyen maltais, que le Premier ministre reçoive des pots-de-vin de dirigeants étrangers ne me concerne pas. Ce n’est pas l’argent public qui est gaspillé.» En 2014, un rapport de la Commission européenne a laissé entendre l’ampleur du phénomène. Entre 1995 et 2014, Malte aurait ainsi perdu, tous les ans, au moins 11,67 % de son PIB, soit 1,25 milliard de dollars à cause de la corruption. Et l’économie parallèle représenterait un cinquième du PIB.

Ce sont ce type de fraudes qui ont poussé Marlene Farrugia à quitter en 2015 le Parti travailliste, pour lequel elle avait pourtant été candidate. «Le gouvernement de Muscat utilise tous les moyens possibles pour obtenir des votes, comme délivrer des permis de construire et des emplois publics juste avant les élections, assure la députée, qui a fondé, en 2016, le Parti démocratique. Leur machine de propagande est très puissante. J’ai été violemment attaquée personnellement, par un membre du cabinet du Premier ministre sur son site web. Comme Daphne, j’ai été traitée de sorcière La femme politique, par ailleurs dentiste, a aussi reçu de nombreuses menaces. «Vous avez peut-être en face de vous une femme bientôt morte, mais cela ne me fait pas flancher, lance Marlene Farrugia, assise dans le hall du Parlement maltais. Le gouvernement a démantelé les institutions de notre pays. Depuis 2013, cinq commissaires de police ont démissionné ou été renvoyés. Les contre-pouvoirs sont anesthésiés Au début du mois, le plus haut magistrat de Malte, Silvio Camilleri, a justement accusé le ministre de la Justice et la police de ne pas faire respecter l’Etat de droit. Le Premier ministre a répondu n’être «pas d’accord avec son interprétation».

Récompense

Une semaine après le meurtre de Daphne Caruana Galizia, les fleurs s’accumulent toujours devant le tribunal de La Valette. L’enquête n’a pas apporté d’indices à ceux qui dénoncent un crime politique. Avec l’aide d’agents du FBI, de Scotland Yard, de la police danoise, et bientôt d’Europol, les enquêteurs maltais tentent de reconstituer les dernières minutes avant que la journaliste ne monte dans sa voiture de location.

Pour prouver sa volonté de faire avancer cette «affaire d’une extraordinaire importance», le Premier ministre a promis une récompense d’un million d’euros à qui apporterait des informations significatives aux enquêteurs. De son côté, David Thake, un journaliste proche de Daphne Caruana Galizia, a lancé une campagne de crowdfunding pour tenter de rémunérer des gens susceptibles de lui donner des informations sur l’assassinat de son amie. Après quatre jours de collecte, il avait réuni 26 500 dollars (environ 22 500 euros). Dimanche, à l’appel de la société civile, des médias et des différents partis qui promettent de ne pas politiser l’occasion, une grande marche a rassemblé des milliers de Maltais dans les rues de La Valette. Avec ce slogan, brandi sur les pancartes et à la une des journaux : «Daphne, ta plume a été réduite au silence mais ta voix survivra.»

Aude Massiot Envoyée spéciale à Malte

http://www.liberation.fr/planete/2017/10/22/malte-un-gang-criminel-a-pris-le-controle-de-l-etat_1604971


 

*Donc, contrairement à ce qu'affirme Libé, Daphne Caruana Galizia n'était pas si favorable au NP que ça puisqu'elle craignait des représailles de ce côté également. Elle agissait tout simplement en femme libre et en vraie journaliste...P.G.

FREXIT CLAVIER

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Macron hilare quand son chien se soulage sur les meubles de l'Elysée

L'Elysée est le symbole de la présidence de la République, lieu où le président, représentant du peuple par excellence, doit défendre ce dernier au jour le jour, et défendre l'image de la France à l'international. Que le chien de Macron urine sur les meubles de l'Elysée, voilà donc tout un symbole de la considération du locataire de l'Elysée pour la fonction. D.P.


Animal. Le labrador noir croisé griffon du couple présidentiel a bruyamment interrompu la réunion entre le président de la République et trois membres du gouvernement.

SIPA_00820346_000010Il semblerait que le chien présidentiel, Nemo a l'habitude d'assister aux réunions de son maître. Il est même capable de les interrompre, à sa manière.

Alors qu'Emmanuel Macron s'entretenait avec trois membres de son gouvernement (Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, et Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire), son labrador noir a décidé de se soulager sur…une cheminée de l'Élysée.

“Il est en train de faire un truc assez  extraordinaire”

Face à cette scène, captée par les caméras de TF1 et publiée ce dimanche 22 octobre par LCI, Emmanuel Macron a eu une étonnante réaction. Au lieu de gronder l'animal, le chef de l'Etat s'est mis à rire avec ses ministres. “Alors... il est en train de faire un truc assez  extraordinaire...”, s'est-il exclamé comme si son chien avait fait un tour impressionnant. “Cela arrive souvent ?”, a demandé Julien Denormandie. Le chef de l'Etat a assuré : “Vous avez déclenché chez mon chien un comportement totalement inhabituel”. Reste à espérer, pour les meubles historiques du palais de l'Elysée, que ce soit vraiment le cas… 

https://www.valeursactuelles.com/politique/video-macron-hilare-quand-son-chien-se-soulage-sur-les-meubles-de-lelysee-89979

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Londres se paye Macron après ses critiques contre le Brexit : “il a totalement tort !”

Critique. Le ministre du Commerce britannique n'a pas tardé à réagir aux critiques d'Emmanuel Macron...

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Le ministre du Commerce britannique Liam Fox l'a affirmé hier : si les négociations pour le Brexit se font toujours avec autant de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors le pays, qui souhaite redevenir souverain, sortira de l'UE... sans accord.

Jamais avare d'un commentaire, le président français Emmanuel Macron avait jugé cette hypothèse irréalisable, parlant de “bluff” et de “fausse information”.

Il fait la leçon à Theresa May

En conclusion de ce conseil européen qui s'est tenu le week-end dernier, Emmanuel Macron n'a pas hésité à déclarer : “Le problème aujourd'hui de Theresa May, c'est que celles et ceux qui ont prôné le Brexit n'ont jamais expliqué au peuple britannique quelles en étaient les conséquences (...) Qu'il y ait du bruit, du bluff, des fausses informations des uns et des autres acteurs secondaires ou spectateurs de cette discussion, c'est, si je puis dire, la vie des affaires ou la vie des médias”.

Le ministre du Commerce britannique se paie le président français

“Il a totalement tort” : c'est par ces mots que Liam Fox, invité de la télévision anglaise, a interprété les propos d'Emmanuel Macron, confirmant qu'une sortie sans accord était bien une option envisagée, tout en précisant que ce ne serait pas “un scénario catastrophe”.

https://www.valeursactuelles.com/monde/londres-se-paye-macron-apres-ses-critiques-contre-le-brexit-il-totalement-tort-89999

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Expansion du salafisme wahhabite à Sarajevo et en Bosnie (vidéo)

Source: Dominique Bianchi

Ajoutée le 23 sept. 2017

ARG YOUGO ISLAM

Islamisme à Sarajevo 2017

Ajoutée le 23 sept. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=174&v=SHS8QBb5Ghk

Voir aussi, pour la version style "tout ça n'est pas si grave,
on peut tous vivre ensemble, avec nos sensibilités différentes..."
La guerre est pudiquement évoquée, pas un mot sur l'OTAN, bien sûr,
pas même sur la défunte Yougoslavie.

La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen #Reporters

Ajoutée le 27 nov. 2015
https://www.youtube.com/watch?v=KD_-6yw2a00

J'ai cherché en vain jusqu'à présent un résumé à peu près correct de l'histoire de la Yougoslavie
pour ceux qui ne connaissent pas et qui trouvent cette affaire un peu compliquée (à juste titre).
En attendant, voici une des versions les plus originales, celle- là, je ne l'avais jamais entendue:
la création de la Yougoslavie, c'est un complot des Russes! Bien dans l'air du temps...
Mais ce n'est pas la pire des thèses qu'on trouve sur you tube.
La plupart du temps on a droit à la fable euro- atlantiste sur les méchants nationalistes
(surtout serbes) fauteurs de guerre.  P.G.

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HISTOREVUE - Yougoslavie
https://www.youtube.com/watch?v=KFI3wHbmqck
Ajoutée le 25 sept. 2016

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La frontière, le Système et le porno

Article suggéré par S.R. (UPR 87)


«...Il y a 420 millions de pages porno sur internet,
4.2 millions de sites Web porno (12% du total),
et 68 millions de requêtes porno dans les moteurs de recherches chaque jour.»

ARG FRONTIERES CELLULESDans cette grande entreprise d’abolition de l’Homme qui définit notre contre-civilisation, la frontière est l’ennemi.
Pas seulement la frontière qui dessine les contours de la Nation,mais la frontière au sens large, qui différencie le beau du laid, le bon du mauvais, le bien du mal. La frontière aussi quand elle se fait membrane autour des cellules, où se niche le plus intime de la Vie.
La frontière encore entre la chair et la technologie, entre l’homme et la machine. Toutes ces frontières subissent les assauts haineux du Système néolibéral dans sa volonté de tout niveler, de tout soumettre. Mais c’est probablement la frontière entre les genres, en tant qu’ultime verrou à l’atomisation complète de la société, qui subit l’attaque la plus massive, la plus dévastatrice, la plus prometteuse en matière de désintégration du corps social. Libération détournée de la femme, théorie du genre, culture porno : ou comment il ne sera bientôt plus possible aux hommes et aux femmes de s’aimer, pour le plus grand profit du Marché.
Petit essai.

 

 D’une frontière à l’autre

 

Régis Debray a dit quelque chose de magnifique sur la frontière: «La frontière n’est pas du tout la fermeture angoissante. La frontière est une marque de modestie. Je ne suis pas partout chez moi. Il y a une ligne au-delà de laquelle il y a d’autres personnes que je reconnais comme autres.»

La sagesse de ces paroles nous semble faire sens pour la frontière sous toutes ses formes. Car la frontière au sens large, loin d’être la «fermeture angoissante» donc, permet la richesse des cultures, permet de préserver la vie et l’humanité dans leur diversité, permet la radicale et sublime séparation des genres, et donc leur bouleversante conjugaison.

 
Mais vu du Marché, il est clair que 
toutes ces frontières sont surtout des freins.
 

La frontière entre les nations d’abord, qui préserve les cultures, les identités, le lien à la terre, le sentiment d’appartenance, freine l’expansion du Marché, l’avènement de son gouvernement mondial des 1% ; ralentit les flux migratoires destinés à tout niveler, à commencer par les revenus, et empêche l’avènement de cet homme nomade globalisé sans racines ni histoire, tout occupé à consommer, à dé-penser.

La membrane des cellules aussi, comme frontière protectrice du patrimoine génétique 
des espèces,

freine l’invasion du Marché à l’intérieur du Vivant,
l’empêche de le manipuler et de le privatiser.
 

La frontière entre l’Homme et la Machine encore, freine l’ultime infestation de la technologie dans la chair humaine qui doit permettre aux apôtres hallucinés du transhumanisme 1 de devenir Dieu, de vaincre la mort elle-même et de donner naissance à leur Surhomme, googelisé et connecté jusqu’au trognon, mais enfin libéré de sa pesante humanité.

 

Quant à la destruction de toutes frontières entre le bien et le mal, le bon et le mauvais, le beau et le laid, elle dit l’essence profondément malsaine du Système néolibéral, son amoralisme absolu, sa volonté d’abolir toute référence, toute possibilité de jugement par un relativisme radical qui vise à formater le corps social pour le reconfigurer en un agglomérat de dociles consommateurs débarrassés de toutes volontés autres que celle de jouir d’eux-mêmes, pour eux-mêmes.

 

Séparer l’homme de la femme

 

Après ce préambule un peu bavard, venons-en donc au cœur du sujet, c’est-à-dire à l’assaut du système dirigé contre la frontière qui se fait différence entre les genres, dualité des sexes, qui est peut-être la plus importante de toutes.
La plus importante car c’est de cette frontière, de cette différence que vient cette irrésistible attirance qui fait naître dans le cœur de l’Homme l’amour, la bravoure, la grandeur d’âme, la générosité, l’envie de beau et de bon, le désintéressement, le désir authentique et fécond, le désir d’enfant et donc nécessairement le désir de Foi, à cause de l’enfant justement dont on peut éventuellement se résoudre à concevoir la fin, mais jamais la disparition.
C’est le noyau de la première Patrie, celle de la famille, à la fois refuge et tremplin, sur laquelle s’appuie tout l’édifice d’une construction sociale structurante.

 

Autant de vertus donc qui élèvent, fortifient, enracinent l’Homme dans cette Tradition honnie qui contrarie tant le projet d’une société néolibérale réduite à la gestion juridico-marchande d’une addition d’égoïsmes concurrents. Autant de vertus qui freinent bien sûr accessoirement l’accès du Marché au très juteux monopole de la procréation.

 

Détachez l’homme de la femme, abattez la frontière, non qui les sépare mais qui les pousse dans les bras l’un de l’autre, nourrissez la rivalité et la discorde entre eux, la corrosion, et c’est alors tout l’ordre ancien qui bascule, laissant le champ absolument libre à l’avènement d’une société monstrueuse et glacée faite d’individus détachés de leur réalité, obsédés par eux-mêmes et donc livrés pieds et poings liés au Marché.

 

La libération par le cul

 

La postmodernité aura donné un coup d’accélérateur phénoménal à cette entreprise de séparation des hommes et des femmes.
Sous le masque habituel de la vertu progressiste si chère à la pègre néolibérale dirigeante, la femme a ainsi été poussée à conduire une guerre de conquête sans merci à une gent masculine trop heureuse de se soumettre dans un premier temps. Il faut dire que la stratégie choisie au tournant de la révolution bourgeoise de mai ’68, la libération par le cul donc, avait de quoi susciter la curiosité d’un regard masculin jusque-là habilement frustré.

 

Dans l’effervescence d’une époque qui s’était faite religion d’interdire d’interdire et de jouir de tout sans entraves, la femme a ainsi été instrumentalisée et trompée pour servir les intérêts du Marché désormais aux commandes.

 

Sous couvert de progrès social, elle fut donc rapidement amenée à s’exposer, à s’exhiber, sommée de tout montrer, de tout dé-voiler 2 sous l’impératif post-moderne et marchand de la surenchère transgressive, impératif nécessaire à la stimulation sans fin du désir.

 

Une société crypto-pédophile

 

En quelques décennies, l’industrie de la mode a ainsi affublé les femmes des accoutrements les plus provocants, les plus courts, fins, collants, moulant jusqu’à leurs plis et fentes les plus intimes ainsi exposés au regard de tous, déclinant cette vulgarité y compris pour les âges les plus tendres.

 

On notera au passage que cette surenchère a donc rapidement conduit à sexualiser les enfants comme elle a conduit à infantiliser le corps de la femme, notamment par une épilation intégrale devenue une autre marque obligatoire d’émancipation (pratique désormais quasi généralisée chez les hommes également). Prétendument rétive à la pédophilie, la société occidentale en multiplie pourtant les signes d’apologie avec une intensité qui devrait la questionner, si le questionnement y était encore possible.

 

Et puis à l’exhibition forcée de cette femme 2.0 − pour faire moderne − s’est conjugué un autre impératif post-soixante-huitard que permettait alors la contraception : la libération de ses mœurs avec affirmation obligatoire de ses appétits sexuels les plus débridés, appétits assortis d’une exigence de jouissance sans appel. Une révolution accompagnée et soutenue depuis dans un même élan par toute la caste dirigeante et sa merdia-sphère. Quel titre de la presse dite féminine se risquerait par exemple aujourd’hui à faire la moindre une sans un sujet sur le sexe, sujet nécessairement abordé sous un angle transgressif : adultère, pratiques déviantes, gadgets sexuels, culture porno etc…

 

Le porno, marqueur du progrès social

 

Grâce à l’avènement d’internet, la culture porno est d’ailleurs venue porter l’estocade dans les esprits déjà largement fragilisés par cette mutation. Par ordinateurs, tablettes et smartphones interposés, elle propage désormais y compris chez les enfants l’image d’une sexualité réduite à un sport de combat sur le ring duquel l’homme ne peut sortir que vidé, perdant, perdu, la queue entre les jambes donc, renvoyé à sa naturelle faiblesse face à un adversaire anatomiquement imbattable 3.

 

Le porno occupe ainsi une place de plus en plus importante dans l’entreprise de destruction des rapports hommes-femmes. De marché de niche, il est devenu produit de masse 4, grappillant ses parts de marché aux heures de grande écoute, s’imposant dans la mode, le cinéma et même les séries télévisées où se multiplient les scènes les plus osées, encore hypocritement «déconseillées au moins de dix ans» aux travers de logos dont on ne sait pas très bien s’ils sont dissuasifs ou incitatifs.

 

Faisant écho aux chaînes musicales adolescentes où le porno-soft est devenu la norme (voir les clips de rap notamment), les radios jeunes y vont bien sûr aussi de leur contribution sous prétexte d’éduquer, en proposant un discours de plus en plus trash sur la sexualité, banalisant les pratiques les plus extrêmes comme fun, et relevant bien entendu de la seule liberté et des goûts de chacun.
En réalité, tout est fait pour favoriser l’expansion d’une culture porno devenue une sorte de marqueur du progrès social occidental.

 

Le porno, trash, soft, chic ou à tendance crypto-pédophile (top-modèles de plus en plus jeunes et dénudés), est désormais imposé partout dans la Cité par la publicité ou les modes, inonde les foyers à travers le petit écran et/ou internet, et s’est aussi rendu accessible aux plus jeunes grâce aux smartphones. Au point que certains auteurs parlent désormais de pornocratie, la forme de gouvernement finalement «la mieux adaptée à l’ère ultralibérale en tant qu’elle utilise l’État résiduel [et ses merdias] pour dispenser et propager le commandement [ultime] : Jouis !» 5

 

Sauf que dans sa tentative d’érotiser le sadisme jusqu’à la nausée, 
la culture porno est d’abord une culture de mort.
Comme le dit si justement Chris Hedges, «le porno, comme le capitalisme mondial,
c’est là où les êtres humains sont envoyés pour mourir»
.

 

Le porno fonctionne en effet sur l’exact modèle des drogues dures, qui imposent l’augmentation des doses et de la force du produit pour produire l’excitation initiale toujours recherchée par le consommateur, avec comme corollaire la banalisation de pratiques toujours plus déviantes et dégradantes, toujours plus spectaculaires, toujours plus violentes (surtout pour les femmes d’ailleurs), là encore sous l’impératif de la surenchère transgressive inhérente à la gestion marketing du désir 6

 

En deux décennies, la culture porno a fait remonter ses codes, ses comportements et banalisé son sadisme dans le grand-public. La totale liberté voulue par les pouvoirs publics pour l’industrie porno, conjuguée aux progrès technologiques, a aussi permis aux pratiques les plus délirantes de faire désormais partie du paysage mental normal des jeunes d’aujourd’hui, au moment où ils construisent leur modèle sexuel.

L’âge du premier baiser est ainsi devenu celui de la première fellation 7, et des psychologues sont maintenant appelés à la rescousse dans des écoles pour des cas de fellations collectives 8. Les viols d’enfants par d’autres enfants font même leur apparition 9

Malgré tout, le porno reste «cool» dans nos sociétés occidentales libérées, et tout politicien qui prétend vouloir en questionner les nuisances est dénoncé comme un puritain coincé ou un dangereux censeur par les merdias pornocrates de la gauche libérale dominante.

Pour clore ce chapitre, on soulignera enfin que cette culture porno s’inscrit désormais dans un phénomène d’obscénité généralisée qui touche d’autres supports que le sexe. On peut ainsi parler de pornographie pour la musique lorsqu’elle se résume, comme dans les rave party d’Ibiza ou d’ailleurs, à une simple pulsation dont la seule fonction est de permettre de «jouir en tas», selon la formule de Philippe Muray. De même, cette culture porno fait également écho à la montée en puissance de cette pornographie de la mort à laquelle on assiste dans nos sociétés où les cadavres, les décapitations et autres boucheries de masse sont montrés désormais en boucle sur tous les écrans possibles, ce qui conduit l’auteur de La Cité perverse à noter ingénument qu’il a dû «se passer quelque chose dans le monde», car ce qu’on cachait hier, le sexe et les cadavres, aujourd’hui «on les montre. Cela s’exhibe».

On pourrait même conjecturer qu’il existe finalement une forme de continuité entre l’industrie porno, Daesh et ses snuff-movies.

Le sexe est partout, mais il n’y a plus de genre

Au milieu de toute cette poisse, la promotion de la théorie du genre, de même que la surreprésentation 10 des lobbies LGBTQ dans l’espace public et les écoles 11 (sous prétexte de lutte contre les discriminations évidemment), achève de brouiller les derniers ou plutôt les premiers repères des nouvelles générations.

L’hétérosexualité est ainsi en train de devenir un concept conservateur, has been, voire rétrograde, qui n’est au mieux qu’une orientation parmi d’autres forcément cool dont on ne manque pas d’assurer en permanence la visibilité et la promotion tapageuses, y compris et même surtout auprès des enfants désormais.

En Allemagne, sous la pression des associations LGBTQ, des collégiens pourraient ainsi être invités à simuler des sodomies en cours 12

De la demi-molle à l’impuissance

En toute logique, après des décennies d’exhibition, vingt ans de culture porno à hautes doses, d’impératifs de performances et de brouillage des identités sexuelles, la lassitude et la crainte se sont progressivement insinuées dans le regard d’un homme 2.0 plus que jamais désorienté.

À l’érection primesautière d’une époque de nudité vaguement joyeuse à ses débuts a donc tranquillement succédé la demi-molle d’une usure teintée de crainte, préfigurant l’impuissance généralisée en marche.
Les consultations pour les problèmes de couples ont ainsi explosé, comme le pourcentage de divorcés et de célibataires.

Aujourd’hui, au lieu de la découverte touchante et hésitante des corps lors des premiers émois, des études montrent que l’usage du Viagra s’est banalisé chez les jeunes mâles tétanisés par les exploits auxquels ils se sentent contraints pour satisfaire les exigences supposées de leur partenaire 13. Avec pour conséquence que, de plus en plus, la femme postmoderne libérée devra en réalité sa jouissance davantage à l’industrie pharmaceutique qu’au réel désir de partenaires pour lesquels l’acte sexuel est peu à peu ressenti comme une épreuve.

Cette pornocratie occidentale aura ainsi réussi à tout voler, à tout violer de la femme sans coup férir, à lui imposer que la généreuse visibilité et la disponibilité de son cul représentent de facto les seules preuves recevables de son émancipation, lui volant jusqu’à l’authenticité du désir qu’elle pense susciter, la renvoyant ainsi probablement à la condition la plus dégradante qu’elle ait jamais connue depuis l’aube des temps, et tout cela à l’insu de son plein gré.

Quant aux hommes, à qui l’on demande de surcroît d’être aujourd’hui des femmes comme les autres 14. De plus en plus nombreux sont ceux qui cherchent leur salut dans l’industrie pharmaceutique voire dans la poudre d’escampette, ou qui se contentent désormais de pornographie en rêvant des progrès forcément prometteurs de la robotique du plaisir.

L’objectif est donc en vue pour le Système.

Les rapports hommes-femmes deviennent de plus en compliqués, corrosifs, et s’acheminent graduellement vers l’impossibilité, laissant la voie libre au Marché pour s’intercaler définitivement entre eux, gérer leur misère sexuelle et affective en leurs proposant comme palliatifs l’excitation permanente, tournante et virevoltante de leur Ego, excitation ponctuée comme il se doit d’actes − orgasmiques ? − d’achat répétés.

Conclusion

La guerre totale du Système contre la frontière sous toutes ses formes vise à l’oblitération du monde ancien, à permettre l’infestation du Vivant par le Marché et la technologie, à créer cette Grande Société Unique composée de consommateurs nomadisés, atomisés et maladivement égocentriques.

Dans cette immense entreprise de nivellement et d’anéantissement, abattre la frontière entre les hommes et les femmes, les rendre semblables et donc concurrents «au point qu’il ne leur sera plus possible de s’aimer», vise l’éclatement du corps social en brisant le lien premier, originel, traditionnel, qui cimente encore la société.

Une fois ce lien brisé, tout aura alors été aboli de l’ordre ancien, de l’ordre naturel, et nous pourrons alors entrer dans cette ère de glaciation − façon Gattaca −les rapports humains seront exclusivement fondés sur la gestion juridico-marchande d’égoïsmes concurrents, y compris entre des genres alors standardisés.

Il ne restera plus à l’Homme, comme choix, que de s’en remettre à la pharma et à la Silicon Valley − c’est-à-dire au Marché − pour lui greffer la sonde anale ultime qui lui permettra de devenir enfin ce Surhomme photoshopé et hyper-connecté, capable de surperformer dans une réalité forcément augmentée, mais définitivement déshumanisée.

Entrefilets

  1. «En 2050, les gens avec moins de 150 de QI ne serviront à rien»
  2. Risquons-nous à proposer d’éclairer sous cet angle l’hystérie anti-burkini qui agite les promoteurs de la laïcité, qui se trouvent être aussi souvent ceux de la pornocratie. Car c’est un lieu commun de dire que l’exhibition permanente tue le désir de l’objet exhibé. Et que peut-être, confusément, inconsciemment, la pudeur d’un burkini leur fait peut-être craindre moins une régression comme ils disent, qu’une concurrence pour ainsi dire déloyale vis-à-vis de la femme moderne exhibée en ce qu’il, le burkini, rallumerait soudain quelque chose d’oublié dans le regard éteint de l’homme blasé, quelque chose qui aurait à voir avec l’envie de mystère, l’envie de respect, la dignité, bref, le désir, allez savoir…
  3. La pornographie c’est ce à quoi ressemble la fin du monde (Chris Hedges)
  4. Comme le souligne Dany-Robert Dufour dans La Cité perverse, l’industrie du porno et du para-porno génère aujourd’hui plus de 1 000 milliards de dollars de revenus annuel dans le monde, soit plus que l’armement et la pharma réunis. Il y a 420 millions de pages porno sur internet, 4 2 millions de sites Web porno (12% du total), et 68 millions de requêtes porno dans les moteurs de recherches chaque jour
  5. La Cité perverse, Dany-Robert Dufour
  6. Le porno postmoderne n’a plus rien à voir avec le porno de papa. Surenchère transgressive oblige, ce sont les coups, étouffements, dilatations, strangulations, triple-pénétrations, viols collectifs, vomi, simulations de meurtres et autres délires que les actrices ne peuvent parfois affronter que gavée de tranquillisants et/ou d’analgésiques. C’est cela qui fleurit sur les smartphones de nos enfants aujourd’hui.
  7. L’âge du premier baiser devenu celui de la première fellation
  8. Quand le porno éduque nos enfants
  9. Il serait d’ailleurs intéressant qu’une étude évalue les effets de cette culture porno généralisée sur cette frange d’individus qui, dans toutes sociétés, sont affectés d’une disposition à l’extrême perversion (comme les pédophiles par exemple), et chez qui cette stimulation permanente doit certainement favoriser le passage à l’acte. Combien d’enlèvements, de viols, de meurtres?
  10. En France par exemple, la proportion d’homosexuels est ultra-minoritaire avec environ 1% des hommes et femmes (0,6% des couples), alors que la question de l’homosexualité (et par extension LGBTQ) occupe une place inversement proportionnelle dans le débat sociétal, au cinéma, dans les médias, etc…
  11.  Quand le mouvement LGBT s’invite à l’école !
  12. Allemagne : les collégiens devront-ils bientôt simuler des sodomies en cours ?
  13. Génération Viagra : 20 ou 30 ans et déjà addicts à la petite pilule bleue
  14.  La féminisation de la société a certainement atteint l’un de ses sommets comiques lorsque, pour protester contre les agressions sexuelles de Cologne, les mâles allemands ont pris le taureau par les cornes et défilé…. en mini-jupes.

lundi 23 octobre 2017

Italie : très large victoire pour les autonomistes, ternie par un piratage informatique

Avec respectivement 95% et 98% de «oui», les habitants de Lombardie et de Vénétie ont approuvé lors d'un référendum une autonomie accrue pour leurs régions. Une attaque de hackers a toutefois ralenti la publication des résultats.

ACT ITALIE LOMBARDIELes riches régions italiennes de la Vénétie et de la Lombardie ont voté le 22 octobre à une écrasante majorité en faveur d'une plus grande autonomie, avec une participation suffisamment importante pour leur donner un pouvoir de négociation face à Rome.

Selon les chiffres quasi définitifs, les électeurs ont voté à 95% en faveur du «oui» en Lombardie et à 98% en Vénétie. La participation était elle estimée à respectivement quelque 40% et 57%. Le président de la Lombardie, Roberto Maroni, avait indiqué qu'une participation supérieure à 34% serait un succès. En Vénétie, le scrutin n'était valide que si un quorum de 50% était dépassé.

Le président de la Vénétie, Luca Zaia, a évoqué un «big bang» institutionnel, soulignant que la volonté d'autonomie était partagée «par une population entière» et non portée par un seul parti. Il a toutefois vu la victoire de son camp quelque peu ternie par une attaque informatique. «Nous avons trois niveaux de sécurité, les hackers en ont atteint deux», a-t-il déclaré en annonçant les résultats, expliquant ainsi le retard de leur publication intégrale : «Pour le moment, nous sommes un peu bloqués, nous téléphonons à chaque commune.»

Une victoire attendue du «oui»

Les électeurs devaient dire s'ils souhaitaient que leur région dispose de «formes supplémentaires et conditions particulières d'autonomie», selon la formule inscrite dans la Constitution. La nature et l'ampleur de cette autonomie doit désormais être négociée avec Rome puis validée par le Parlement.

Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord, ancien parti indépendantiste désormais promoteur de réformes autonomistes, s'est félicité que des millions d'électeurs aient demandé «une politique plus proche, plus concrète et efficace, moins de bureaucratie et de gâchis».

Le «oui» avait aussi le soutien de Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite), du Mouvement Cinq étoiles (eurosceptique et anti-système) et de plusieurs syndicats et organisations patronales. Le Parti démocrate (centre gauche, au pouvoir au niveau national) n'avait pas donné de consigne, mais nombreux étaient les ténors dans ses rangs à avoir soutenu le «oui».

https://francais.rt.com/international/44865-italie-tres-large-victoire-pour-autonomistes-ternie-attaque-informatique


 

Voir aussi cet article paru juste avant le scrutin, et qui éclaire la situation:


 

Référendums en Lombardie et en Vénétie : vers une vague séparatiste en Italie ?

Deux riches régions italiennes organisent le 22 octobre un référendum pour une autonomie accrue. Alors que tous les regards sont tournés vers la Catalogne, à quoi faut-il s'attendre et que révèle cette tendance européenne ?

Alors que les remous causés par les velléités indépendantistes de la Catalogne sont au centre de l'actualité, deux référendums d'autonomie sont organisés le 22 octobre prochain en Italie. Le premier concerne la Lombardie, le second la Vénétie. Si le parallèle avec la situation en Espagne est tentant, le contexte, les modalités et les enjeux de ces deux consultations offrent en réalité le parfait contre-exemple du référendum catalan.

Le président de la région Vénétie, Luca Zaia, membre de la Ligue du Nord, un parti qui revendiqua longtemps l'indépendance de la partie septentrionale du pays, est l'un des plus ardents promoteurs de la consultation. Autonomiste convaincu, il a trouvé un soutien de poids en la personne de Roberto Maroni, président de la Lombardie et membre du même parti. Dans une démarche conjointe, les deux hommes sont ainsi parvenus à obtenir que soit organisé le même jour dans leurs régions respectives un référendum pour obtenir davantage d'autonomie, notamment en matière fiscale. Pour ce parti créé à la fin des années 1980 et ayant longtemps peiné à s'implanter dans le paysage politique transalpin, le succès de cette démarche revêt les apparences d'une victoire symbolique.

En apparence, tout porterait donc à croire que la Ligue du Nord, perçue par la majorité de ses opposants politiques comme appartenant à l'extrême droite, trouverait dans l'épisode catalan une inspiration roborative – et une occasion d'inscrire son combat politique dans une dynamique plus large. Et pourtant, Luca Zaia s'est montré on ne peut plus formel : «Tout parallèle avec la Catalogne est une tentative fourbe de décourager le vote en faveur du oui.» 

«Les similarités avec la Catalogne sont minimes, le sentiment indépendantiste n'est pas très diffusé» dans ces deux régions, explique Nicola Lupo, professeur de droit constitutionnel à l'université Luiss de Rome interrogé à ce sujet par l'AFP. Au-delà de la simple différence de sentiment entre les deux pays, c'est avant tout l'impression de désordre et la violence suscitées par l'épisode catalan qui fait craindre à la Ligue du Nord qu'un parallèle entre les deux mouvements ne desserve leur cause.

Face à une quasi-unanimité, quels enjeux concrets ?

Dans les faits, les référendums du 22 octobre, organisés dans le respect de la constitution italienne, ne poursuivent pas les mêmes objectifs que la consultation interdite par la justice espagnole du 1er octobre en Catalogne. Loin des profondes dissensions entre Madrid et Barcelone, Milan et Venise veulent afficher leur bonne entente avec Rome et souligner le sérieux de leurs aspirations.

Les partisans du «oui» ne veulent d'ailleurs pas apparaître comme marginaux et tiennent à souligner l'existence d'un relatif consensus pour soutenir l'autonomie accrue : outre la Ligue du Nord, Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (classé à droite), le Mouvement Cinq étoiles de Bepe Grillo, qui se revendique anti-système et eurosceptique, des syndicats et organisations patronales ainsi que de nombreux ténors du Parti démocrate (classé au centre-gauche), comme le maire de Milan, pourtant farouche opposant du président lombard Roberto Maroni, se sont prononcés en faveur d'une autonomie élargie.

Si le Parti communiste italien a certes appelé à l'abstention afin de protester contre «un gaspillage d'argent public pour un référendum farce», une quasi-unanimité semble donc bien se dégager. La victoire du «oui» paraît d'autant plus probable que l'intégralité des sondages réalisés jusqu'ici le donnent largement vainqueur. Reste toutefois la question de la participation, qui sera cruciale au moins en Vénétie, où elle doit dépasser les 50% d'électeurs inscrits pour que le scrutin soit valide. S'il n'y a pas de quorum en Lombardie, une participation minimale de «40%» est régulièrement avancée par la presse italienne comme étant le seuil en-dessous duquel le résultat du référendum apparaîtrait comme un échec pour ses partisans, même en cas de victoire du «oui».

Dans un tel contexte, chaque parti tente de convaincre de l'utilité de la consultation. La Ligue du Nord avance qu'elle permettrait à la Lombardie et à la Vénétie d'acquérir des pouvoirs ordinairement réservés à l'Etat en matière de sécurité et d'immigration, thèmes auxquels sont sensibles ses électeurs – une telle délégation de compétences nécessiterait toutefois une révision constitutionnelle, laquelle pourrait d'ailleurs être envisagée sans référendum préalable.

Pour la majeure partie des Lombards et des habitants de la Vénétie, c'est toutefois l'argument fiscal qui serait le plus à même de mobiliser. Les deux régions représentent à elles seules 30% du PIB italien, pour un quart de sa population et leur endettement par habitant est faible (73 euros pour la Lombardie, 219 euros pour la Vénétie, contre 407 pour la moyenne nationale). Avec des économies en meilleur état que dans le reste du pays et incomparablement plus dynamiques que celles des régions du Sud, le calcul est donc simple. L'autonomie permettrait à chaque habitant de récupérer environ la moitié du solde fiscal actuel (différence entre ce que les habitants versent comme taxes et impôts et ce qu'ils «reçoivent» sous la forme de dépenses publiques). Luca Zaia en a d'ailleurs fait un slogan : «Récompenser les régions vertueuses.»

La fracture Nord-Sud : une poudrière attendant l'étincelle séparatiste ?

Les différences entre les régions méridionales et septentrionales de l'Italie sont bien connues, et si la Ligue du Nord en a fait un véritable leitmotiv électoral, même les mouvements politiques traditionnels comme le Parti démocrate accusent régulièrement cette économie à double vitesse de se faire au détriment du Nord.

«Ce référendum se déroule dans un contexte de fracture traditionnelle Nord/Sud avec l'idée de Rome comme un lieu de pouvoir corrompu et centralisateur», précise le professeur Nicola Lupo. Ce sentiment est sans doute renforcé par le fait que Vénétie et Lombardie sont frontalières et proches du Trentin-Haut-Adige, du Frioul-Vénétie julienne et de la Vallée d'Aoste, trois régions à statut spécial et jouissant d'une très forte autonomie.

Ce terreau a longtemps semblé fertile pour permettre aux revendications indépendantistes de croître. Dans ses jeunes années, la Ligue du Nord n'hésitait d'ailleurs pas à évoquer la Padanie, cette région non-administrative de la plaine du Pô censée être unifiée par un passé commun distinct de l'identité italienne, elle même forgée au terme du long processus d'unification du pays tout au long du XIXe siècle. En 1997, les Sérénissimes, groupuscule nationaliste de vénétie, avait occupé la place Saint-Marc à Venise. Retranchés dans le Campanile, ils avaient dû être délogés par les carabiniers. Le régionalisme indépendantiste connaissait alors ses heures les plus fastes depuis l'instauration de la République, après la Seconde Guerre mondiale.

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont du Rialto. Le Lombard Roberto Maroni, qui milita jadis pour «se libérer de Rome», prône désormais «une réforme dans le cadre de l'unité nationale afin de modifier les rapports entre le gouvernement central et les gouvernements régionaux». La Ligue du Nord a connu une lente transformation idéologique, à la fois cause et conséquence de son abandon de toute revendication séparatiste. Jadis opposée à l'euro et à l'Union européenne, la voilà désormais qui vante «une autonomie accrue dans l'Europe des régions», préférant mettre en avant la question de l'identité culturelle et de l'immigration. Et alors que Bruxelles à d'ores et déjà prévenu la Catalogne qu'elle ne ferait pas partie de l'UE si elle proclamait son indépendance, les autonomistes italiens, bien loin de prendre Barcelone en modèle, se tournent volontiers vers Vienne ou Budapest. Quelques jours avant les élections fédérales autrichiennes, la Ligue du Nord annonçait en effet une «entente absolue» avec le Parti de la Liberté (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, réputé pour ses positions anti-immigration. Matteo Salvini, chef du parti et eurodéputé, ne manque pas de saluer régulièrement les mesures adoptées par le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, contre les quotas de migrants de l'Union européenne.

A la recherche solitaire d'une indépendance peu porteuse politiquement, les autonomistes italiens préfèrent désormais s'inscrire dans un mouvement qu'ils espèrent collectif et européen, quitte à reléguer loin à l'arrière plan la question territoriale qui fut pourtant leur matrice idéologique initiale.*

https://francais.rt.com/international/44786-referendums-lombardie-venetie-vers-vague-separatiste-italie


 

Voilà qui confirme les analyses de l'UPR sur le développement des "euro- régions" et le ralliement désormais sans complexes des partis "d'extrême droite" dits "eurosceptiques" à l'Union européenne sous la forme de fédéralisation de régions identitaires, dotées d'une large autonomie. P.G.

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Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

Ce matin sur France Inter, les auditeurs subisssent un nouveau reportage sur la situation des Rohingyas en Birmanie (Myanmar), suivi d'un entretien entre Léa Salamé et l'incontournable Bernard- Henri Lévy qui s'insurge contre "l'abandon des Kurdes" par les "démocraties occidentales" et soutient l'indépendance du Kurdistan en Irak ("c'est bon pour Israel").

Je change de station et je tombe sur RMC où on nous explique que le Brexit est lié au populisme et à l'extrême droite anti- UE et anti- euro...

BASE 14 995X225La propagande euro- atlantiste fait rage en continu sur les ondes françaises, radios de "service public" ou non. Raison de plus pour faire de la contre- information. Je vous propose ici un article récapitulatif sur l'affaire des Rohingyas et ses dessous géopolitiques. Histoire d'avoir un autre son de cloches...    P.G.


 

ARG ROYINGAS OBJECTION

Des manifestations, des protestations et des pétitions en ligne sont apparues dans le monde entier pour défendre la lutte des Rohingyas expulsés du Myanmar. Ce qui est préoccupant, c’est que des forces politiques qui n’ont jamais défendu les droits des opprimés et n’ayant aucun intérêt à les défendre, y compris les régimes américain et saoudien, se sont joints à cet effort.

Alors qu’il menaçait la Corée, l’Iran et le Venezuela lors de son discours aux Nations Unies, le président américain Donald Trump a également exigé que le Conseil de sécurité des États-Unis prenne des mesures énergiques pour mettre fin à la violence contre la population rohingya du Myanmar.

Des représentants du gouvernement américain, dont l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, le secrétaire d’État Rex Tillerson et le vice-président Mike Pence, ont appelé à une action immédiate et à l’acheminement d’une aide humanitaire aux Rohingyas.

Depuis que Washington et Riyad ont infligé une guerre meurtrière à des millions de personnes au Yémen, sans parler des autres parties du monde, les mouvements ouvriers et les forces anti-impérialistes du monde entier se demandent ce qui se cache derrière leur inquiétude soudaine pour un petit groupe ethnique d’Asie du Sud-Est. Cela pourrait-il avoir quelque chose à voir avec les manœuvres géopolitiques au Myanmar qui opposent la Chine aux États-Unis?

En tant qu’économie en plein essor dotée d’une planification centrale, d’une participation importante de l’État et de réserves de liquidités, la Chine est en mesure d’offrir un vaste développement des infrastructures. Le projet chinois One Belt One Road et d’autres plans économiques suscitent un grand intérêt (voir:http://lagazetteducitoyen.over-blog.com/2017/09/myanmar/birmanie-le-gaz-le-petrole-et-les-tentatives-de-soros-pour-faire-imploser-un-etat-nation.html).

La politique américaine est de plus en plus axée sur le sabotage de ces plans de développement avec une militarisation considérablement élargie et des guerres régionales. C’est la stratégie majeure du « Pivot vers l’Asie » du Pentagone. Un réseau occidental d’organisations non gouvernementales et d’extrémistes soutenus par les Saoudiens font parties du plan de déstabilisation.

Le Myanmar et les Rohingyas

Le Myanmar, anciennement appelé Birmanie, est un pays autrefois colonisé, sous-développé et extrêmement diversifié de 51 millions de personnes. Il compte 135 groupes ethniques distincts parmi ses huit nationalités.

Le Myanmar est un pays riche en ressources et stratégiquement important qui borde la Chine, le Bangladesh, l’Inde, la Thaïlande et le Laos. Il est stratégiquement important pour les banques de Wall Street et les décideurs américains car c’est un grand exportateur de gaz naturel et il est prévu d’en faire un nouveau fournisseur de pétrole.

Au Myanmar, le peuple rohingya est un groupe ethnique opprimé d’environ un million de personnes. La majorité des Rohingyas sont musulmans, bien qu’ils représentent moins de la moitié de la population musulmane du Myanmar qui est dispersée dans tout ce pays majoritairement bouddhiste.

Les Rohingyas sont considérés comme apatrides. Ils vivent dans l’État Rakhine situé dans la baie du Bengale et qui partage une longue frontière commune avec le Bangladesh.

Dans des articles sur le Myanmar et les Rohingyas, Reuters News (https://www.reuters.com/article/us-myanmar-rohingya/myanmars-rohingya-insurgency-has-links-to-saudi-pakistan-report-idUSKBN1450Y7, publié le 16 décembre 2016), le Chicago Tribune (http://www.chicagotribune.com/news/nationworld/sns-bc-as–ap-explains-myanmar-rohingya-insurgency-20170831-story.html, publié le 31 août 2017), le Wall Street Journal (https://www.wsj.com/articles/myanmar-conflict-puts-rebel-group-at-center-of-crisis-1505338893, publié le 13 septembre 2017) et le Centre de réflexion sur les études stratégiques et internationales (https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency, publié le 7 septembre 2017), ont tous rapporté le soutien saoudien à la lutte des Rohingyas.

Le groupe menant la résistance armée au Myanmar, connue sous le nom de Harakah al-Yaqin (HaY, mouvement de foi en arabe) et maintenant appelé l’Armée Rohingya pour le Salut de l’Arakan (ARSA), a son siège à La Mecque, en Arabie Saoudite. Ataullah abu Ammar Junjuni, ressortissant pakistanais qui vivait en Arabie saoudite, est le chef de l’ARSA. Ce groupe a mené une attaque coordonnée contre 30 postes militaires du Myanmar le 25 août dernier.

L’armée du Myanmar a répondu par une vague de contre-attaques répressives contre les Rohingyas, ce qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à franchir la frontière.

Crimes américains et saoudiens au Yémen

Pendant ce temps, le royaume saoudien mène une guerre génocidaire contre le Yémen, imposant un blocus de nourriture et d’aide contre le pays le plus pauvre de l’Asie du Sud-Ouest. Cette guerre n’est possible qu’en utilisant des avions à réaction et des bombes fabriqués aux États-Unis. L’armée saoudienne ne peut pas piloter ses propres avions à réaction ou effectuer des bombardements sans l’aide directe et le ravitaillement en vol des États-Unis. En outre, le Pentagone effectue actuellement au moins une frappe secrète tous les deux jours au Yémen.

Le Yémen est en train de subir « la plus grave crise de la faim dans le monde », « causée par l’homme » et qui affame « toute une génération ». (Washington Post, 19 mai 2017). Selon les chiffres américains, plus de 7 millions de Yéménites soufrent de la famine.

L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre « la pire épidémie de choléra du monde » au Yémen (CNN, 4 octobre). Les États-Unis ont dénombré 777,229 cas de choléra le 2 octobre denier, dont beaucoup parmi les enfants.

Les bombardements saoudiens des infrastructures d’assainissement et d’égouts dans ce pays appauvri sont la cause majeure de cette mortelle épidémie. Pourtant, cette crise désespérée n’était pas à l’ordre du jour de l’ONU et est à peine mentionnée dans les médias alors que les dirigeants du monde se sont rencontrés à New York en septembre. L’accent médiatique a été mis sur le discours de Trump promettant d’aider les Rohingyas.

Le Département d’État américain a promis de fournir « des abris d’urgence, la sécurité alimentaire, une assistance nutritionnelle, une assistance psychosociale, de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, des moyens de subsistance, une inclusion sociale, des articles non alimentaires, une réduction des risques de catastrophe et de crise, le rétablissement des liens familiaux, et la protection aux plus de 400,000 personnes déplacées en Birmanie et au Bangladesh » (https://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2017/09/274283.htm).

Rappelez-vous que l’armée américaine est engagée dans des bombardements, des attaques de drones, des assassinats ciblés et des sanctions causant la famine contre au moins huit pays musulmans: la Syrie, la Libye, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Soudan.

Le Royaume d’Arabie Saoudite n’accorde aucun droit aux peuples vivant à l’intérieur de ses frontières. Les communautés religieuses minoritaires et les millions de travailleurs immigrés, même après y avoir vécu pendant des générations, ne sont pas considérés comme des citoyens. Sa vaste richesse pétrolière appartient à une seule famille: la maison des Saoud.

L’Arabie saoudite a joué un rôle réactionnaire en finançant des groupes extrémistes, souvent avec le soutien discret des États-Unis, en Afghanistan, en Syrie et à travers le Moyen-Orient. De plus en plus en Asie du Sud-est, l’extrémisme politique et religieux influencé par l’Arabie Saoudite a un impact.

L’Arabie Saoudite dépense plus de 1 milliard de dollars pour financer 560 mosquées wahhabites et centres islamiques au Bangladesh, un pays frontalier du Myanmar. Cela signifie la création d’un nouveau centre de réaction dans presque tous les villages et villes du Bangladesh. Un financement similaire est en cours depuis longtemps en Inde et au Pakistan.

Le pivot vers l’Asie des États-Unis

Le soutien américain et saoudien aux Rohingyas musulmans sert la stratégie de « pivot vers l’Asie » des États-Unis. Pour les stratèges américains, c’est un moyen de bloquer l’influence chinoise dans une région stratégique.

Quatre-vingt pour cent du pétrole dont la Chine a besoin et une grande partie de son commerce passent par le détroit de Malacca – un point d’étranglement étroit entre l’Indonésie et Singapour – et dans la mer de Chine du Sud ou la situation est de plus en plus tendue. La flotte de combat américaine, composée de porte-avions, stationnée là-bas pourrait facilement bloquer cet important point de passage des ressources nécessaires.

Pour contrer les mesures agressives des États-Unis, les programmes de développement de la Chine visent à diversifier et à trouver des solutions autres qu’une confrontation directe avec la puissance militaire américaine.

La Chine construit un port en eau profonde, un parc industriel et des gazoducs et oléoducs à Kyauk Pyu, au Myanmar, dans le golfe du Bengale. Cela offrira à la Chine une voie alternative pour les importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient qui évitera le détroit de Malacca. Le projet de construction de plusieurs milliards de dollars est également extrêmement bénéfique pour l’économie du Myanmar, contribuant ainsi au développement de ses gisements de gaz. L’intervention américaine et saoudienne dans l’escalade de la lutte contre les Rohingyas menace ce projet de développement.

Il n’y a pas de région dans le monde en développement, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, où l’impérialisme américain, pourtant actuellement dans un stade de décrépitude, prévoit de contribuer au développement économique dont le besoin est criant. L’économie américaine est axée sur les super profits obtenus par la guerre, la vente d’armes et les onéreuses dettes. L’impérialisme américain ne peut continuer à dominer qu’en perturbant le développement de tout concurrent potentiel ou bloc économique de concurrents.

Tactiques de diviser pour régner

En soutenant consciemment et en enflammant les deux camps d’une lutte nationale, les cyniques puissances impérialistes occidentales emploient la vieille tactique de diviser pour mieux régner, ceci dans le but de dominer toute une région en devenant l’arbitre extérieur.

Les impérialistes américains ont fait cela lors de nombreuses crises internationales. En Irak, les États-Unis ont construit des bases dans la région kurde tout en prétendant soutenir l’unité de l’État irakien. Jouer sur cette division a renforcé l’implication ruineuse du Pentagone dans la région.

Aux Philippines, l’insurrection soudaine d’une population musulmane minoritaire sur l’île de Mindanao est devenue la dernière excuse des États-Unis pour offrir une formation conjointe et le stationnement de ses troupes là-bas.

Les camps de réfugiés du Myanmar au Bangladesh pourraient devenir des zones de recrutement et des bases d’intervention futures pour le groupe État islamique (ISIS), a déclaré Forbes, un magazine sur les finances des entreprises, le 11 juillet dernier.

Les plans du Pentagone pour une intervention élargie, coordonnée avec l’organisation et le financement saoudiens, peuvent être vus comme un avertissement par le Centre d’études stratégiques et internationales: « Il existe une préoccupation légitime comme quoi la violence attirera des forces extérieures. Maintenant que des milliers de combattants étrangers de l’Etat islamique sont à la recherche de nouvelles missions au-delà de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, de nouvelles opportunités pour défendre les musulmans les intéresseront inévitablement »(https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency publié le 7 septembre 2017).

Tous les pays de la région, y compris le Bangladesh, le Myanmar et la Chine, ont tout intérêt à une réconciliation pacifique avec le peuple rohingya. La région a besoin d’un développement coordonné, pas de l’énorme perturbation produite par la guerre.

Par Sara Floundersworkers.org | 10 octobre 2017

Article original en anglais: https://www.workers.org/2017/10/10/why-u-s-and-saudi-arabia-back-rohingya-in-myanmar/

Traduit par La Gazette du Citoyen

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Marcel Gauchet : «L’idée que le passé peut être remodelé à volonté est une idée totalitaire»

L’historien et philosophe déplore que nous soyons passés du roman national à la fable multiculturaliste, troquant une fiction pour une autre, là où l’histoire devrait chercher la vérité.

ARG HISTOIRE GAUCHETL’histoire est devenue un champ de bataille. De la polémique autour du livre de Patrick Boucheron à la volonté affichée par certains d’effacer les personnages controversés de notre passé, la querelle historique, spécialité française, continue de plus belle. L’historien et philosophe Marcel Gauchet analyse le nouveau rôle de l’histoire dans des sociétés mondialisées. Il déplore que nous soyons passés du roman national à la fable multiculturaliste, troquant une fiction pour une autre, là où l’histoire devrait chercher la vérité. Il met en lumière les paradoxes d’une époque à la fois obsédée par la mémoire et désireuse de remodeler le passé au nom d’un «ethnocentrisme du présent». Mettant en garde contre les dérives d’une histoire pénitentielle et moralisante, il plaide pour un nouvel enseignement qui aide à comprendre le monde de plus en plus complexe dans lequel nous vivons.

LE FIGARO. – Durant la présidentielle, les quatre principaux candidats ont évoqué le «récit» ou «roman» national. Pourquoi le retour de cette question sur la scène politique?

Marcel GAUCHET. – Une remarque préalable: la notion de «roman» est pour le moins malheureuse. Toute histoire revêt la forme d’un récit, mais ce récit a la particularité de chercher à être vrai. La préoccupation qui ramène la question sur le devant de la scène me semble double. Elle naît d’abord d’une inquiétude devant le fait que l’enseignement scolaire de l’histoire «n’imprime plus». Les élèves l’oublient aussitôt qu’ils l’ont appris. D’où une certaine anxiété devant la perspective d’une société dont les jeunes générations n’auraient plus de lien avec le passé. Or, l’élément de légitimation historique de la conscience collective a en France une importance très grande. Car, depuis la Révolution française, le débat politique s’est organisé sur fond de bataille historique. Au-delà, il y a une inquiétude plus diffuse, qui n’a pas trouvé son langage, …

Source : Lefigaro.fr  (pour les abonnés seulement)


 

Version pdf de l'article disponible sur demande auprès de la délégation régionale (je n'ai pas pu télécharger le fichier sur le site)

BASE 14 995X225

 P.G.

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Manifeste des chimpanzés du futur

Un playdoyer contre le transhumanisme. Une conférence du 13 octobre dernier à la librairie "tropiques", par le groupe "PMO: pièces & main d'oeuvre)". Ce groupe, d'inspiration anarchiste, s'est spécialisé dans la critique des nouvelles technologies, et notamment des puces RFID et autres "nanotechnologies". Un site que je vous recommande vivement. La vidéo de la conférence fait plus de 2 heures, mais elle présente une approche intéressante..   P.G.


 

VID PMO

Manifeste des chimpanzés du futur

Ajoutée le 21 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=173&v=YVLeBTkeo0g

Voir la rencontre débat sur le site de tropiques : http://www.librairie-tropiques.fr/201... En guise de présentation de notre rencontre de vendredi ( 13 octobre : 19h30 ) autour de cet ouvrage "sulfureux", par ses auteurs aussi discrets qu'actifs et virulents à l'encontre de l'idéologie dominante, voici une lettre publique de leur part, informant du contexte idéologique qui prévaut dans le milieu des éditeurs de sciences "humaines" parisiens, et qui les a contraints à s'auto-éditer, alors que l'ouvrage devait être publié par Le Seuil. Bonjour, Le “Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme”, de Pièces et main d’œuvre, dont la parution était prévue aux éditions du Seuil (sortie le 14/09/17), est finalement publié par les éditions Service compris. Voici pourquoi. Lire la suite sur : http://www.librairie-tropiques.fr/201...
https://www.youtube.com/watch?time_continue=173&v=YVLeBTkeo0g
http://www.librairie-tropiques.fr/2017/10/les-chimpanzes-du-futur-contre-le-transhumanisme.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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