" Le Qatar à la tête de l'UNESCO ? Mais non je rêve!

ARG QATARJe l’ai cité en juin 2015 dans mon article «Mediapart, la qatarie ?», non pas parce qu’il aurait une quelconque ressemblance physique avec Edwy Plenel, mais parce que c’était lui — en plus d’être ministre de la culture et des arts — qui était au commande du conseil consultatif de la revue «Doha magazine». Celle qui avait traduit en arabe et distribué gratuitement, en plusieurs milliers d’exemplaires, le plaidoyer «Pour les musulmans» du directeur de Mediapart. Son nom est Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari. Depuis 2016, il est conseiller de l’émir du Qatar et très proche du régime des mollahs iraniens. Le monde entier risque de l’avoir à la tête du temple international de la culture à Paris : l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).

Depuis lundi, se tient à Paris l’élection (à 5 tours au maximum) du nouveau directeur de cette instance onusienne très importante. 58 pays membres de son conseil exécutif y participent. Le premier tour, qui s’est déroulé ce lundi à bulletin secret, a donné le candidat du Qatar en tête du scrutin, avec 19 voix, suivi de l’ex-ministre française de la culture Audrey Azoulay, 13 voix, puis la candidate égyptienne, 11 voix, puis la candidate libanaise, 9 voix et enfin le candidat chinois, avec 5 voix. Pour que le Qatar puisse prendre les commandes internationales de la culture, il lui faut 30 voix. 19 sont déjà acquises. Au deuxième tour, le candidat qatari a gagné une voix de plus!
La campagne électorale semble être très rude dans les coulisses. Elle se passe aussi sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse arabe et internationale. La couverture médiatique française de cette élection à enjeux reste modeste. «Qui sera le prochain directeur ? Poker menteur à l’UNESCO», titre L’Obs. «Élections à la tête de l’UNESCO sur fonds de querelles diplomatiques», titre France 24. «UNESCO : l’ex-ministre Azoulay coiffée au poteau par un qatari ?», titre Le Point. «L’UNESCO est-elle à vendre ?», peut-on lire aussi dans le Huffpost. Sur Twitter, plusieurs Hashtag pullulent comme celui-ci : #Save_Unesco_from_Terrorism
La candidature du Qatar ne passe pas. Par-ci, on rappelle l’implication certaine du Qatar dans le financement du terrorisme islamiste. Celui-là même qui a déstabilisé bien des régions et causé la destruction de nombreux sites culturels et monuments historiques, patrimoine de l’Humanité, en Irak, en Syrie et au Sahel. Une implication que reprochent de nombreux pays arabes à l’émirat, à tel point qu’ils ont décidé de lui infliger, depuis quelques mois, des pressions diplomatiques et des sanctions économiques pour qu’il se détache de l’islamisme et surtout des Frères Musulmans. Par-là, on rappelle la puissance financière de la diplomatie du carnet de chèques utilisée à outrance par le Qatar. On craint que la machine à billet ne tourne à plein régime comme lors de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Le nom du nouveau directeur (ou de la nouvelle directrice) sera connu dans les jours à venir. Un nom qui sera validé (ou pas) par l’ensemble des 195 membres de l’ONU. D’ici là, alors que le slogan français de l’UNESCO est «Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes», avec une direction qatarie, on peut se demander légitimement ce qu'il resterait de ce slogan.
Si le Qatar est aux commandes de l’UNESCO, ce sont les Frères Musulmans et les Ayatollahs iraniens qui inspireront la politique culturelle, scientifique et artistique de ce temple universel ! "
Mohamed Lazraoui
http://corto74.blogspot.fr/
Et pour ceux qui ont un peu de courage, je vous invite à visiter le site de l'organisation ISESCO, Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture ICI ou LA , c'est quasiment inconnu, visiblement implanté partout, avec de gros moyens. La quasi totalité des Etats musulmans du monde - y compris les frères ennemis Iran / Irak ainsi que ceux appliquant la charia - ont adhéré à cette organisation dont le but est la diffusion et l'implantation de l'Islam par le biais de la culture , de l'éducation et de la science dans la Oumma et dans le monde ... Une sorte d'Unesco bis à la sauce muzz.

A voir aussi, sur les relations entre la France et le Qatar, sur notre site national:

FA QATAR CONF