Si le référendum en Catalogne demandait son indépendance totale, la consultation organisée le 22 octobre prochain en Lombardie et en Vénétie réclame une plus grande autonomie pour ces deux régions, notamment sur le plan fiscal.

Qualifiées d’essentielles pour les moteurs de l’économie italienne puisqu’elles participent à hauteur d’un quart du PIB transalpin, la Lombardie et la Vénétie versent l’équivalent d'environ 75 milliards d’euros par an à l’Etat. Une participation excessive pour la plupart des institutions régionales, toutes tendances confondues, qui souhaitent que la majeure partie de cette contribution reste dans les caisses lombardes et vénitiennes afin de financer l’économie régionale. Utilisée auparavant comme un slogan politique par la Ligue du Nord, parti régionaliste, eurosceptique et populiste de droite, l’idée d’un nord « saigné par les régions moins riches » n’est plus aussi répandue aujourd’hui. Mais avec ce référendum prévu pour le 22 octobre, le concept a été récupéré à des fins électorales.

FL LOMBARDIE

Une forte participation à cette consultation, autorisée par la Cour
constitutionnelle, permettrait aux organisateurs d’entamer des
discussions avec le pouvoir central. Selon un sondage publié ce lundi 2
octobre au matin, 51% des Italiens estiment que les régions devraient
négocier directement avec l’Etat une nouvelle répartition des rôles,
ressources et pouvoir. Toujours selon cette enquête, quatre électeurs
sur dix de la Ligue du nord seraient plutôt sceptiques quant au
bien-fondé de cette consultation notamment en raison de son coût, estimé
à 50 millions d’euros. Un mauvais signal pour les dirigeants du parti
qui considèrent ce référendum comme une sorte de test politique à six
mois des législatives.

https://www.marianne.net/monde/apres-la-catalogne-un-referendum-en-italie-pour-l-autonomie-de-la-lombardie-et-de-la-venitie


 

Mêmes causes, mêmes effets... Le démantèlement des états- nations se poursuit inexorablement, petit à petit, sous l'effet conjugué de l'euro, des politiques d'austérité imposées par Bruxelles (GOPE), et de la compétition des territoires. Les réformes territoriales s'enchaînent, l'objectif étant, en France comme ailleurs en Europe, d'obtenir une "souveraineté" fiscale pour les euro- régions, qui pourront progressivement négocier directement avec la Commission européenne, sans passer par l'échelon national. Une politique bien plus habile que les déclarations unilatérales d'indépendance de certains.

P.G.