dimanche 8 octobre 2017

Histoire mondiale de la France: guerre au « roman national » !

Sortie en fanfare, soutien massif des médias, passages répétés de ses coordinateurs à la télévision et à la radio. Rien n'a manqué à cette Histoire mondiale de la France pour devenir un succès éditorial.

ARG HISSTOIRE DE FRANCE LIVRE

On annonce cinquante mille exemplaires vendus en quelques semaines. C'est exceptionnel pour un ouvrage collectif écrit par des universitaires pour la plupart inconnus du grand public.

La raison tient moins à la qualité de l'ouvrage qu'à son caractère militant et politique, en pleine campagne des présidentielles...

<em>Histoire mondiale de la France</em>

Publiée sous la direction de Patrick Boucheron, spécialiste du Moyen Âge italien et professeur au collège de France, l'Histoire mondiale de la France (Seuil, 2016) rassemble en huit cent pages les contributions de cent vingt-deux historiens.

Cela donne au total cent quarante-six chroniques de quatre page chacune. Elles traitent chacune d'un aspect de l'Histoire de France à travers une date de convenance, rarement l'une des dates que l'on a apprises à l'école. Ainsi, plutôt que de nous raconter la victoire de Charles Martel sur les Arabes près de Poitiers en 732, on nous présente un partage de butin par des pillards musulmans quelque part près de Perpignan en 719.

C'est le choix du directeur de publication qui a souhaité rompre avec l'histoire traditionnelle, que l'on a coutume d'appeler « roman national » et que lui appelle avec une moue de mépris « légendaire national ».

Le titre de l'ouvrage veut souligner que notre pays a toujours vécu en résonance avec le reste du monde. Est-ce vraiment une révélation ?

Du style gothique ou « français » à la laïcité et la séparation des Églises et de l'État, en passant par L'Esprit des Lois, la Déclaration des Droits de l'Homme et du CitoyenLa Démocratie en Amérique de Tocqueville et Les Misérables de Victor Hugo, la France a apporté à l'humanité des richesses immenses. Et parmi les héros du fameux « roman national » (saint Louis, Jeanne d'Arc, Jacques Cartier, Napoléon, Marie Curie...), en est-il un ou une qui ne soit pas l'expression en bien ou en mal de cette ouverture sur le monde ? Au demeurant, toutes les grandes nations ne sont-elles pas dans cette même ouverture, l’Angleterre comme l’Espagne, la Suède comme l'Italie, les Pays-Bas etc etc ?

Patrick Boucheron, professeur au Collège de France (DR)Pourtant, tous les exemples ci-dessus sont absents de L'Histoire « mondiale » de la France. Ce n'est pas un hasard.

Dès l'introduction, Patrick Boucheron annonce la couleur : son livre part d'une ambition politique, « mobiliser une conception pluraliste de l'histoire contre l'étrécissement identitaire qui domine aujourd'hui le débat. Par principe, elle refuse de céder aux crispations réactionnaires l'objet "histoire de France" et de leur concéder le monopole des narrations entraînantes ».

On l'aura compris. L'éminent professeur veut damer le pion aux Éric Zemmour, Stéphane Bern, Franck Ferrand, Max Gallo, Dimitri Casali et autre Laurant Deutsch, coupables de n'être pas issus de l'Université et de réaliser des ventes astronomiques avec des ouvrages qui s'inscrivent dans une tradition séculaire. Ces auteurs à succès se voient reprocher une orientation droitière, voire monarchiste. Intolérable dans la France du XXIe siècle, qui se veut ouverte et accueillante à l'Autre - à tous les autres.

Polémiques et enjeux

Dans un débat avec Patrick Boucheron, l'historien Patrice Guéniffey, connu pour ses travaux sur la Révolution, reproche à son entreprise de ne pas faire sens : « C'est une Histoire émiettée faite de fragments que rien ne relie. Elle est à l'image de la France souhaitée par Boucheron et ses pareils : en morceaux. Au lieu d'aider à l'intégration, elle contribue à la séparation des communautés. Elle nourrit le sentiment de la désaffiliation et le ressentiment qui en est le produit. »

En filigrane de cette polémique, de l'aveu des deux historiens, il y a la question migratoire : est-il encore possible d'intégrer en masse des populations d'autres continents ? Si oui, est-ce en leur faisant aimer le « récit national » ou au contraire en déconstruisant ledit récit ?

Pierre Nora (DR)L'académicien et grand historien Pierre Nora a discerné l'enjeu dans son commentaire de l'ouvrage : « Boucheron a parfaitement vu le retournement qui s'est opéré, en une trentaine d'années, entre le moment où la recherche de l'identité, comme l'apparition des mémoires, s'opérait dans le cadre d'une histoire nationale et celui où l'hégémonie des mémoires des groupes devenait muticulturalisée, tandis que l'attachement à l'identité se faisait défensif. Il en tire une conclusion militante. Pour l'exprimer d'une façon caricaturale mais qui dit les choses comme elles sont, cette conclusion consiste à insinuer qu'entre les habitants de la grotte Chauvet, cette humanité métisse et migrante, et la France des sans-papiers, même combat ! » (*).

Résultat inégal et souvent affligeant

Le résultat est très inégal comme il se doit pour un ouvrage collectif de cette ampleur. Chaque auteur s'exprime avec sa sensibilité et son style, lequel a rarement à voir avec celui de Jules Michelet, le grand ancêtre auquel se réfère curieusement Patrick Boucheron alors que l'approche cocardière et très « roman national » de l'historien romantique s'oppose à celle de nos auteurs New Age.

Parmi les contributions les plus singulières, notons l'article synthétique et lumineux de Jean-Paul Demoule sur l'apparition de l'agriculture en Europe vers 5800 av. J.-C., soit trois mille ans après sa naissance au Moyen-Orient.

Notons aussi celui de... Patrick Boucheron sur l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. L'art. 111 de l'ordonnance exige que les arrêts notariaux et judiciaires soient, par souci de clarté, rédigés en « langage maternel français et non autrement ». Foin du latin, que peu de gens comprennent. S'agit-il pour autant de n'employer que le français de cour ? Non, soutient Patrick Boucheron, pour qui le « langage maternel » inclut aussi les langues régionales !

Dans un souci excessif de démonstration, l'article relatif à René Descartes est affligeant. Il ne dit rien de ce qui fait l'intérêt de sa pensée mais s'étend sur ses voyages d'Amsterdam à Stockholm pour conclure qu'il s'agit d'un philosophe avant tout européen, à l'image d'Érasme ! C'est oublier que son Discours de la Méthode (1637) est le premier ouvrage de philosophie écrit en français et non en latin, ce qui n'est pas rien.

Plus contestable encore l'article sur la Terreur révolutionnaire. L'auteur noie le concept dans un flou artistique, ce qui lui permet d'affirmer que tout est Terreur. Aussi bien les discussions de l'époque des Lumières sur le point de savoir si la justice doit être dissuasive ou simplement punitive que les opérations de police des Anglais dans leur colonie d'Irlande !

Laissons la conclusion à Shakespeare : « Beaucoup de bruit pour rien ».

André Larané
https://www.herodote.net/Guerre_au_roman_national_-article-1621.php

Extrait de l'édito de la Revue "Eléments" n°168:
L’idéologie du progrès a joué de ce point de vue (la déconstruction, ndr) un rôle essentiel, car elle véhicule avec elle le rejet méprisant du passé : ce qui est d’hier est nécessairement de moindre valeur que ce qui sera demain. Il faut donc donner tort à ceux dont le souvenir fait injure à ce que nous croyons. Comme à l’époque soviétique quand on retouchait les photos officielles, on réécrit les œuvres du passé, on censure Molière et Shakespeare, on change les noms des rues, on déboulonne les statues (Américains) ou on les fait sauter (djihadistes).

« Du passé, faisons table rase » : toutes les idéologies totalitaires ont formulé le vœu que le monde (re)commence avec elles. Dans cette optique, le passé constitue un constant reproche, un poids dont il faut se libérer. Parallèlement, on incite à ne se souvenir que de ce dont il faudrait se repentir.
(...)
http://www.revue-elements.com/elements-En-marche-vers-l-uberisation.html

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La Dépêche du Midi et le traitement radical de la question sociale…

À la ville (à Paris), La Dépêche du Midi est l’organe d’expression du Parti Radical de Gauche, généreux, défenseur du Code du Travail et de la législation. À la campagne – enfin en province – c’est le journal de la famille Baylet qui multiplie les suppressions d’emploi, les petits arrangements avec l’info (surtout si elle est défavorable), les pilonnages d’ennemis politiques locaux… et ne se refuse pas de brutaliser le Code du Travail.

ARG PRESSE OJIMComme le révèle Le Canard Enchaîné, La Dépêche du Midi est en délicatesse avec trois jeunes journalistes qui animaient depuis 3, 5 et 7 ans le site thématique de la Dépêche dédié au rugby, rugbyrama.fr. Et ce n’était pas une mince affaire : ils ont produit plus de 16 000 articles à eux trois, fait des choix éditoriaux, géré une vingtaine de pigistes et fait passer l’audience du site de 5,1 à 8,1 millions de visiteurs uniques… tout ça sous les auspices et les ordres de la direction centrale du média.

Bref, des éléments constitutifs d’une relation de travail typique de journalistes avec leur média. Sauf qu’ils n’avaient pas de carte de presse. Et ils étaient payés en conséquence. Cependant leur site devait être fusionné dans une nouvelle structure, où le flou de leur statut aurait pu les desservir malgré leurs excellents états de service. Bien conseillés – probablement par un syndicat – et introduits, ils ont fait en mai dernier tous trois une demande de carte de presse, qui a été acceptée immédiatement. Et ont demandé à leur direction une augmentation ainsi qu’une régularisation de leur statut.

La réponse de la direction ne les a pas déçus : « vous avez engagé de votre propre chef une procédure de demande de carte de presse. Le fait même que vous avez pris cette initiative sans en parler à votre employeur démontre la divergence de points de vue qui nous oppose ». Conséquence logique : ils ont été virés le 1er septembre pour cause réelle et sérieuse. La solution est propre à la famille politique de M. Baylet : radicale, puisque la totalité de l’équipe de rugbyrama a été saquée. Mais de gauche : oui aux travailleurs soumis, non aux journalistes reconnus et libres.

https://www.ojim.fr/20222-2/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=98b12ecdd4-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-98b12ecdd4-71509009

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Immobilier : les APL "accession" vont disparaître dès 2018

Les APL accession, qui facilitent l'emprunt immobilier pour les ménages aux revenus modestes, devraient être supprimées dès le 1er janvier 2018.

logement-social-la-cour-des-comptes-suggere-des-economiesC'est un dispositif assez méconnu mais pourtant potentiellement très avantageux pour ses bénéficiaires. L'APL accession permet aux primo-accédants aux revenus modestes de se faire rembourser une partie de leurs mensualités de crédit immobilier. Malheureusement, il vit ses dernières heures...

Passée inaperçu lors de la présentation du budget 2018 mercredi dernier, la suppression de l'APL accession a été repérée par le courtier en crédit Vousfinancer ce lundi 2 octobre, et cette mesure sera regrettée par les futurs accédants. Selon les calculs effectués par le courtier, l'APL accession pouvait presque réduire de moitié le taux d'endettement de certains de ses bénéficiaires.

  • Un parent isolé avec 2 enfants et un revenu net imposable annuel de 15.000 euros en 2015 et une mensualité de 500 euros pouvait toucher 236 euros, et ainsi voir son taux d'endettement passer de 41 à 20%.
  • Pour un couple avec 2 enfants dont le revenu net imposable est de 20.000 euros pour le ménage, les APL font baisser les mensualités de 600 à 462 euros, le taux d'endettement passant ainsi de 36 à 27%.

Ces APL sont versées dans le cadre d'un prêt d'accession sociale ou d'un prêt conventionné, et elles sont donc soumises à des conditions de revenus. Ce dispositif permet l'accès à la propriété de personnes n'ayant pas les revenus suffisants pour le faire, car comme on le voit avec les exemples cités ci-dessus, sans les APL, les ménages passent au dessus du seuil d'endettement maximal, estimé à 33% (un tiers des ressources).

Un dispositif inefficace ?

Et les personnes concernées par les APL accession sont bien plus nombreuses qu'on le croit, car cette année, "45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer - et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25.000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL", précise le courtier. Et 13% des prêts financés par le courtier en 2017 peuvent donner potentiellement droit à ces APL.

Pour justifier la suppression du dispositif dès le 1er janvier 2018, le gouvernement a parlé d'un effort en faveur de le politique d'accession à la propriété qui serait désormais "prioritairement porté sur le PTZ, qui sera prorogé". Sachant que le prêt à taux zéro, qui existait déjà, a été prolongé mais réduit sur certaines zones, la fin du dispositif des APL accession doit surtout s'expliquer par une logique d'économie budgétaire.

Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer, rejette en tout cas l'idée d'un dispositif moins efficace que les autres: "L'APL accession est l'une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF." Les banques peuvent ainsi les prendre en compte dans leur plan de financement et ainsi accorder plus facilement des prêts à des ménages qui n'auraient pas eu droit à un financement sans ce dispositif.

Voir l'article- source publié le 2 octobre:

Le PLF 2018 prévoit la suppression de l’APL accession : Un coup dur pour les primo-accédants passé inaperçu

Paris, le 2 octobre 2017C’est un coup dur pour les primo-accédants passé quasi-inaperçu… Le projet de loi de finances 2018 prévoit de supprimer l’APL Accession, un dispositif peu connu mais très efficace qui accorde une aide mensuelle sous conditions de ressources aux primo-accédants. Fin 2014, le gouvernement Hollande avait déjà tenté de réformer ces aides avant finalement d’y renoncer compte-tenu de l’impact potentiel. Pour Vousfinancer, courtier en crédit immobilier, la suppression de cette aide va exclure du marché de nombreux emprunteurs modestes qui n’auront plus la possibilité d’acheter sans l’APL, leur taux d’endettement devenant trop important.

Alors que la baisse des APL location de 5 € par mois a fait grand bruit, une autre mesure est passée presque inaperçue, malgré son impact important pour les jeunes ménages : sans que l’on s’y attende, le projet de loi de finances 2018 (article 52) prévoit la suppression de l’APL accession, cette aide personnalisée au logement accordée sous conditions de ressources aux emprunteurs qui deviennent propriétaires via un Prêt conventionné (PC) ou un Prêt Accession Sociale (PAS), des prêt accordés sur des durées allant jusqu’à 30 ans avec des frais de dossiers et de garanties réduits. Motif avancé : « l’article porte extinction du bénéfice de l’APL pour les accédants à la propriété, le Gouvernement assignant un objectif équivalent à des instruments de politique publique plus efficients ». « L’APL accession est l’une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF et vient donc réduire la mensualité de crédit payée par l’emprunteur, jusqu’à 50 % dans certains cas ! Prise en compte par les banques dans le plan de financement, elle permet donc à des ménages dont l’endettement aurait été trop élevé sans cette aide de devenir propriétaire » explique Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer.

Par exemple, un couple avec 2 enfants ayant des revenus nets de 20 000 € par an, achetant un bien ancien en zone A avec un prêt à l’accession sociale pour une mensualité de 600 € peut prétendre actuellement à 145 € d’APL par mois, réduisant sa mensualité à 455 € et son taux d’endettement à 27 %. Sans l’APL, le couple devrait verser une mensualité de 600 € ce qui ferait grimper son taux d’endettement à 36 %, rendant le projet non finançable. Voici quelques autres simulations pour l'un achat d'un logement ancien en zone A.

Revalorisée en 2013 lors de la modification du zonage et de la hausse des plafonds de revenus, l’APL accession avait failli être modifiée en 2015 et n’être accordée qu’en cas de « baisse des revenus de plus de 30 % », avant que le gouvernement ne se ravise finalement et maintienne le dispositif en l’état…  Cette nouvelle volonté de la supprimer tout bonnement cette fois-ci, pourrait exclure de l’accès à la propriété un certain nombre de jeunes emprunteurs. « La suppression de l’APL accession risque d’avoir un impact très négatif sur les primo-accédants qui pâtissent déjà de la hausse des prix dans les zones tendues et bientôt du recentrage du prêt à taux zéro. En outre supprimer l’APL accession pourrait contraindre certains ménages à rester locataires, et donc de continuer à bénéficier des APL locations, annulant de fait les économies potentiellement réalisées… A un moment où les primo-accédants semblaient de retour, ce type de mesure pourrait casser la dynamique enclenchée en pénalisant surtout les ménages les plus modestes » conclut Jérôme Robin, président et fondateur de Vousfinancer.

En 2017, 45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer – et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25 000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL. En 2017, 13% des prêts financés par le courtier donnent droit aux APL.

A propos de Vousfinancer

Fondé en 2008 par Jérôme Robin, Vousfinancer, réseau de courtiers en crédits immobiliers, accompagne de façon personnalisée, les particuliers dans la recherche de la meilleure solution de financement pour leur projet immobilier.

La stratégie de Vousfinancer se base sur la rencontre avec un seul et unique interlocuteur expert en financement, la transparence (montage du dossier financier réalisé avec le client), et la garantie de trouver rapidement (moins d’une semaine) la solution globale la plus adéquate (assurance de prêt, taux, garanties, mensualités, durées, coût du crédit, frais de dossiers, partenaires bancaires). Vousfinancer propose également des solutions pour les crédits professionnels et le rachat de crédits.

Chiffres clés : 170 agences, 600 collaborateurs, 2 milliard d’euros de crédits financés en 2017

https://www.vousfinancer.com/franchise/presse/communiques/le-plf-2018-prevoit-la-suppression-de-lapl-accession-un-coup-dur-pour-les-primo-accedants-passe-inapercu


 

Commentaire d'une de nos adhérentes en Haute- Vienne:

Macron a décidé dans la loi de finances 2018 de supprimer l'APL pour les primo accédants dès le 1er janvier 2018 !
Et je peux voir la catastrophe de cette mesure puisque mon fils est concerné.
Il vient d'acheter une toute petite maison (63 m2) et son prêt lui a été accordé, compte tenu de l'APL qu'il pouvait obtenir.
Sans cette APL, il dépassait le plafond d'endettement et il n'aurait pas eu son prêt.
La vente ne sera finalisée qu'au mois de novembre et donc sa demande d'APL sera pour le 1er janvier !
C'est une véritable catastrophe et je n'ose lui annoncer !!

 

Le système de protection sociale en chantier

Mieux protéger les Français, en rationalisant le fonctionnement de la Sécurité sociale et en adaptant les droits à l'époque moderne : c'est le pari d'Emmanuel Macron. Il risque de bousculer les acteurs du secteur.

ARG FINANCE 1Attention aux secousses. Emmanuel Macron a promis de profondes transformations durant la campagne électorale. La Sécurité sociale, cette vieille dame de soixante-douze ans, doit tout simplement être « refondée ». Il s'agit de mettre un peu au carré l'architecture baroque d'un système qui se construit depuis des décennies. En s'attaquant d'abord aux maillons faibles - les régimes critiqués par leurs affiliés.

Ainsi, au mois de janvier, la « marque » Régime social des indépendants va disparaître. Le service des prestations et le calcul des cotisations des artisans, commerçants et libéraux seront progressivement transférés aux caisses d'assurance-maladie ou de retraite du régime général, en deux ans. Les droits n'ont pas été réformés, les risques d'exécution ne sont pas négligeables, bref, c'est l'aventure. Les mutuelles étudiantes qui ne sont pas encore adossées au régime des salariés du privé vont suivre le même chemin, contre leur gré.

Mais cela n'est rien en regard du big bang qui se prépare avec les retraites. Le futur haut-commissaire en charge de cette réforme monumentale aura pour objectif de faire adopter une loi-cadre dès 2018. Les régimes spéciaux comme ceux des cheminots ou des électriciens vont être supprimés. Oubliées, les annuités du régime général : tout le monde sera à la même enseigne dans le futur système par points, où 1 euro cotisé rapportera les mêmes droits à chacun, quelle que soit sa profession ou sa branche.

Un modèle plus universel

Reste à imaginer des bonifications pour les parents de familles nombreuses, pour les métiers harassants, etc. Quoi qu'il en soit, les privilèges des uns et la malchance des autres ne seront pas reproduits à l'identique dans le futur schéma. Il y aura une homogénéisation des droits, et pas seulement une rationalisation de l'organisation. On ira un cran plus loin que pour le RSI et les mutuelles étudiantes. Il y a là de quoi occuper les techniciens de la retraite pendant plus d'un quinquennat, mais aussi de quoi mettre le feu dans la société.

A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste*, en gommant exceptions et imperfections héritées du passé, le chef d'Etat souhaite le moderniser. Les besoins de protection d'un Français du XXIe siècle ne sont pas les mêmes qu'en 1945. Alors que le modèle salarial unique s'efface, rendu plus flou par la multiplication des contrats précaires, les carrières heurtées, les passages d'un régime à l'autre, alors que les familles se désintègrent et se reforment à l'infini, il devient urgent de protéger les personnes et non plus les statuts. C'est pourquoi la protection sociale à la française navigue vers un modèle un peu moins assurantiel, un peu plus universel.

Ainsi, toutes les femmes doivent bénéficier d'un congé maternité aussi protecteur qu'au régime général. Par ailleurs, les salariés démissionnaires et les indépendants privés de travail auront droit aux allocations-chômage, eux aussi. Et tant qu'à rendre l'assurance-chômage universelle... pourquoi pas supprimer la part salariale des cotisations chômage ? Cela fait de toute façon partie des plans de l'exécutif, dans le cadre de l'opération de gain de pouvoir d'achat promise aux actifs pour 2018 : la contribution sociale généralisée, qui comme son nom l'indique pèse sur tous, y compris les retraités et même sur les revenus du capital, va augmenter. Cette hausse fera plus que compenser l'effacement des charges salariales chômage et maladie.

Le signal est on ne peut plus clair. Puisqu'il ne suffit pas de le vouloir pour réussir à gagner sa vie en travaillant, tout le monde doit payer pour ceux qui sont privés de travail ou d'une bonne santé. A vrai dire, la transition a déjà eu lieu en matière d'assurance-maladie. Ce droit est désormais « universel » et attaché à la personne, avec des cartes Vitale individuelles dès l'âge de 16 ans, voire 12 ans.

La prochaine conquête en matière de santé est l'accès à des droits qui demeurent en partie théoriques. Que signifie la protection universelle maladie quand le quart des assurés renoncent à se faire soigner, parce qu'il n'y a pas de médecin disponible, ou bien parce que les soins sont trop coûteux ? Le gouvernement précédent a commencé à apporter des réponses : aides à l'installation des professionnels dans les déserts médicaux ; plafonnement du prix des prothèses dentaires ; encadrement renforcé des tarifs des complémentaires santé ; extension de la couverture des salariés à travers la généralisation des contrats collectifs.

Une facture de 4,4 milliards d'euros

Les résultats sont mitigés. Il n'y a de toute façon pas assez de monde sur le pont pour soigner des patients plus nombreux, plus vieux, plus « chroniques ». On ne sait pas très bien encore si les plafonds auront un effet sur l'accès aux soins. Quant à la réforme des contrats collectifs, elle a permis de gagner 400.000 nouveaux assurés, mais en laissant sur le bord de la route les individus les plus fragiles.

Comment rectifier le tir ? Emmanuel Macron a défendu en campagne l'idée d'un reste à charge zéro sur les prothèses auditives et dentaires ainsi que sur les lunettes, parce que c'est là que le renoncement aux soins est le plus prégnant. Dans le viseur, non pas des catégories professionnelles (salariés, fonctionnaires, retraités...), mais des besoins concrets de l'individu. Pragmatique, cette façon de procéder va secouer tous les acteurs du secteur. Assurance-maladie obligatoire ou complémentaire, professionnels de santé, tout le monde devra mettre la main à la poche pour régler la facture. Cette dernière sera salée : 4,4 milliards d'euros... sans compter les soins supplémentaires devant lesquels les assurés ne reculeront plus.

Quel sera le degré de liberté de chacun pour y parvenir ? Cela fait partie des inconnues. L'Assurance-maladie va être au régime, avec plus de 4 milliards d'économies prévues dès 2018 par rapport à la croissance tendancielle des dépenses, et aura donc peu de marge de manoeuvre. Côté soignants, il ne suffira sans doute pas d'exhorter à modérer les tarifs pour qu'ils le fassent. Côté complémentaires, Emmanuel Macron a prévu d'encadrer leurs prestations avec des contrats types qui ressemblent fort aux contrats mis en place en 2015 pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS). Ce énième changement des règles du jeu ne fera certainement pas le bonheur de tous.

Solveig Godeluck, Les Echos

https://www.lesechos.fr/thema/030548628491-le-systeme-de-protection-sociale-en-chantier-2113786.php


 

*"A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste": cette présentation est logique compte tenu de l'orientation de ce journal, mais elle repose sur le fameux postulat néo- libéral: le fait qu'il y a des secteurs plus protecteurs pour certaines catégories de travailleurs est une injustice sociale! (La justice sociale étant bien entendu pour les plus extrémistes, d'aligner tout le monde sur le moins- disant social). Ce type d'argument a l'avantage de brouiller les pistes, mais ne trompe que ceux qui veulent y croire. Plus malin est l'argumentaire sur l'individu au détriment des statuts...

P.G.

Posté par ddupr à 09:15 - - Permalien [#]
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A Madrid, chez Goldman Sachs, propriétaire d’HLM

Pour se désendetter, la ville a cédé des logements sociaux à la banque, qui cherche à expulser les locataires.

14233023_10154556345377612_8508891134644044798_nVeronica Hidalgo n’a pas entendu parler de Goldman Sachs et pourtant le fonds d’investissement américain prévoit de l’expulser de son domicile le 18 février. Si cette mère célibataire au chômage, qui vit avec ses deux enfants dans un logement social du prolongement de Vallecas, l’une des banlieues ouvrières de Madrid, risque de se retrouver sans toit, c’est parce que le gouvernement régional a vendu son deux-pièces il y a un peu plus d’un an au géant américain, sans l’en informer.

Les autorités madrilènes avaient bien assuré à Veronica et à ses voisins, la plupart des jeunes sans emploi, que les conditions d’hébergement ne changeraient pas et qu’elle aurait toujours droit à ses subventions. Le nouveau bailleur a peu à peu remis les appartements sur le marché et demande désormais des loyers exorbitants à des locataires qui, dans le meilleur de cas, ne perçoivent que le RMI.

Son immeuble gris aux fenêtres étroites, édifié dans une zone de développement urbain à une heure en métro du centre de la capitale, n’a pourtant pas l’air d’un investissement qui pourrait intéresser la société basée à Manhattan. En fait, c’est une très bonne affaire. Après l’explosion de la bulle immobilière en 2008, de nombreuses administrations locales, qui avaient construit alors que le prix des terrains était au plus haut, se sont trouvées fortement endettées. C’est ainsi qu’en 2013 Madrid a vendu, en l’espace de quelques semaines, 15 % de ses logements sociaux, la plupart situés dans des quartiers périphériques comme Vallecas ou Carabanche et généralement remplis de locataires. En août, la municipalité se débarrassait de 1 860 appartements qu’elle vendait au fonds d’investissement américain Blackstone pour 128 millions d’euros ; en septembre, c’était au tour de Goldman Sachs et d’un fonds espagnol, Azora, d’acheter 2 935 appartements au gouvernement de la région (communauté autonome) pour 201 millions d’euros. Prix moyen de chaque unité : 67 000 euros (...)

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En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/08/a-madrid-chez-goldman-sachs-proprietaire-d-hlm_4551664_3214.html#cm9zsFXemJzYSd50.99


Voir aussi:
Stéphane Troussel, président (PS) de la Seine-Saint-Denis, fustige dans un courrier adressé ce mercredi au gouvernement la baisse de l'APL, selon lui lourde de conséquences pour les bailleurs sociaux.

Son courrier rageur a dû arriver sur le bureau de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires. Alors que le plan Logement du gouvernement était présenté ce mercredi midi, Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, également président de l'Office public Seine-Saint-Denis Habitat, entend bien organiser localement la mobilisation pour, espère-t-il, faire modifier la mesure annoncée. « La baisse de l'APL dans le logement social, c'est une arme de destruction massive pour les bailleurs, s'indigne-t-il. Et encore plus dans un département comme le nôtre, où 50 % de nos locataires perçoivent l'APL. »

Le patron de l'office HLM de Seine-Saint-Denis a fait ses calculs : la baisse de l'APL, supportée par les bailleurs sociaux qui devront diminuer d'autant les loyers, rognera chaque année les recettes de près de 10 M€. « Cela représente un mois de loyer par an pour l'ensemble des locataires, précise Stéphane Troussel. Pour nous, c'est colossal. »

Pourtant, le gouvernement a déjà annoncé des compensations pour faire face à cette baisse de ressources. « Il se moque de nous ! tempête-t-il. Elles ne seront clairement pas suffisantes. Le maintien du taux du livret A (NDLR : qui finance le logement social) ne devrait nous rapporter que 350 000 € par an. Face à 10 M€ de pertes, c'est une goutte d'eau. » Quid de l'augmentation du surloyer de solidarité (NDLR : pour les locataires dont les revenus dépassent d'au moins 20 % les plafonds de ressources), qui doit profiter aux caisses des bailleurs ? « En Seine-Saint-Denis, ce sera la portion congrue, poursuit-il. Sur nos 27 227 logements, nous percevons environ 20 000 € de surloyers par mois. » Mais, au-delà de la dimension financière, l'enjeu est aussi social, selon lui. Car augmenter le surloyer risque de faire partir des familles de quartiers sensibles et de réduire la mixité dans certains immeubles.

«Les dépenses d'entretien seront réduites au minimum» 

Mais si les bailleurs vont tirer la langue, quelles conséquences concrètes pour les locataires ? «Si rien ne bouge, nos investissements en matière de démolition, de construction ou de réhabilitation seront largement revus à la baisse, liste-t-il. Sans compter les dépenses d'entretien qui seront réduites au minimum. » Au quotidien, il faudra alors attendre plus longtemps pour voir les parties communes nettoyées, la pelouse tondue... Rien de nouveau, pourraient ironiser certains locataires. « Nous ne sommes pas parfaits et nous en avons conscience, se justifie le président de l'office. Mais les deux plans Anru (Agence nationale de rénovation urbaine) ont largement contribué à redresser le niveau. Et il y a un réel élan qui risque, avec cette mesure, d'être complètement plombé. »

http://www.leparisien.fr/economie/baisse-des-apl-une-arme-de-destruction-massive-selon-le-patron-de-la-seine-saint-denis-20-09-2017-7273239.php

Si on rapproche les 2 articles, on a une piste de plus pour comprendre ce qui pourrait motiver le gouvernement aux ordres de Bruxelles en matière de logement social...P.G.

Posté par ddupr à 08:23 - - Permalien [#]
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