samedi 7 octobre 2017

Bernard-Henri Lévy, interlocuteur incontournable des présidents français ?

Les présidents sont éphémères à l'Elysée, pas Bernard-Henri Lévy. Le philosophe engagé a ainsi rencontré et éclairé de sa vision chaque président français depuis François Mitterrand. Retour non exhaustif sur ses visites à l'Elysée depuis 1993.

59708ea409fac254378b4567A l'occasion de la visite de Bernard-Henri Lévy, venu présenter en projection privée son dernier documentaire La Bataille de Mossoul à Emmanuel Macron, la rédaction de RT France vous propose un bref récapitulatif de la relation entre le philosophe, cinéaste et homme d'affaires avec les présidents français. 

Avec François Mitterrand


Au début des années 1990, alors que la guerre fait rage en ex-Yougoslavie, BHL, bien décidé à montrer qu'un philosophe peut aussi changer le cours de l'Histoire, essaie de convaincre François Mitterrand d'apporter son aide aux Bosniaques en se rendant lui-même sur place. Ce sera fait le 28 juin 1992, avec la visite surprise du président dans Sarajevo assiégée. Sur cet événement, Bernard kouchner dira selon France Info : «Bernard est allé voir le Président et l'a convaincu de ce que je n'avais pas réussi à faire».

Avec Jacques Chirac

Se positionnant lui-même à gauche à l'époque, BHL ne s'arrête pas à ces clivages lorsqu'il s'agit de défendre les causes qui lui tiennent à cœur. Il rencontre le président Chirac à l'Elysée en 2002 pour lui remettre un rapport sur l'Afghanistan, après une mission à Kaboul dont le président l'a chargé.

Avec Nicolas Sarkozy

En 2011, c'est sur l'affaire Libyenne que BHL aura été le plus influent auprès du président Nicolas Sarkozy. Sa plaidoirie pour l'intervention française contre Mouammar Kadhafi aurait, d'après l'intéressé dans son documentaire Le Serment de Tobrouk, été déterminante dans le choix du président. Modeste, BHL s'est cependant défendu d'être le seul artisan de cette intervention.

Avec François Hollande

L'urgence face aux problèmes d'un monde en perpétuel changement le contraignant à accélérer la cadence, nous retrouvons notre truculent intellectuel à l'Elysée en 2014 pour défendre le dossier Ukrainien. Le philosophe sera un soutien de poids pour les leaders des troubles d'Euromaïdan, qui ont provoqué le départ du président Viktor Ianoukovitch. François Hollande décidera de ne pas envoyer de ministre aux jeux paralympiques de Sotchi pour protester contre la position de la Russie dans cette crise.

Avec sa visite à l'Elysée du 18 juillet, BHL aura donc eu des relations officielles avec tous les présidents en exercice depuis François Mitterrand, sur des sujets géopolitiques très différents les uns des autres. Quel sera le prochain combat du philosophe auteur du livre La guerre sans l'aimer ? Le sait-il lui-même ?

https://francais.rt.com/france/41204-bernard-henri-levy-interlocuteur-incontournable-elysee


 Pour avoir une petite idée de la prochaine guerre, voir aussi:

Invité à l'Elysée, Bernard-Henri Lévy regarde son dernier documentaire avec Emmanuel Macron

Plusieurs personnalités ont pu assister à une projection en petit comité de La Bataille de Mossoul, dernier film en date du philosophe et cinéaste, acquis à la cause kurde. Etait notamment invité le chef de l'état-major particulier du président.

Dans la soirée du 18 juillet 2017, le dernier documentaire militant de Bernard-Henry Lévy, La Bataille de Mossoul, a eu les honneurs d'une projection privée à l'Elysée, en présence d'Emmanuel Macron et de quelques happy few triés sur le volet, selon L'Express.

Selon l'hebdomadaire, figuraient parmi les heureux élus invités à la leçon de géopolitique l'architecte Jean Nouvel, l'auteur de romans policiers Fred Vargas ainsi que Christine Angot, chantre de l'autofiction, contemptrice de François Fillon, et prochaine chroniqueuse de l'émission de Laurent RuquierOn n'est pas couché.

Outre ce beau monde étaient également invités une délégation de combattants kurdes authentiques, le neveu de Massoud Barzani, présenté comme président de la région autonome du Kurdistan irakien, ainsi que l'amiral Bernard Rogel, chef de l'état-major particulier d'Emmanuel Macron.

bhl kurdes

L'Express ne précise pas si, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers était invité à admirer ce documentaire sur l'épopée kurde. «Un film aux images magnifiques, porté par la voix off de l'écrivain philosophe, ode épique dédiée à la cause qu'il s'est choisie : celle des Kurdes d'Irak», écrivait Le Figaro en mars 2017, à l'occasion de la diffusion du documentaire sur Arte.

En 2016, la programmation du festival de Cannes avait été bousculée pour permettre la projection – hors compétition toutefois – du précédent documentaire du philosophe-cinéaste, Peshmergas.

https://francais.rt.com/france/41187-invite-elysee-bernard-henri-levy-projection


Rappel: le référendum kurde en Irak qui inquiète bon nombre d'Etats et d'observateurs, est soutenu par Israel. Voir à ce sujet les craintes formulées par Jean- Pierre Chevènement sur cette question (article précédent)   P.G.

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Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, propos recueillis par Alexandre Devecchio, vendredi 29 septembre 2017.

ARG CHEVENEMENT FIGAROLe Figaro: Alstom et Siemens ont annoncé ce mardi leur mariage. Quelles peuvent être les conséquences de cet accord ?

Il faut appeler un chat un chat : une absorption est une absorption. Qui détient la majorité du capital d’une entreprise détient le pouvoir. Le reste est pipeau. Les engagements pris à quatre ans sont des chiffons de papier que le premier coup de vent boursier fera s’envoler. Parlementaire du Territoire de Belfort de 1973 à 2014 et maire de Belfort, pendant plus de 20 ans, ville- mère d’Alstom, j’aurai connu un véritable Trafalgar en 2014 avec la vente d’Alstom-Energie à l’américain General Electric sous une présentation au demeurant falsifiée et aujourd’hui le Waterloo final avec le bradage d’Alstom-Transport à Siemens.

Deux coups majeurs portés à notre tissu industriel. On s’étonnera après cela du déficit de notre balance commerciale – plus de 60 milliards – alors que l’Allemagne dégage un excédent de plus de 250 milliards ! L’Etat vient de renoncer à monter au capital d’Alstom à hauteur de 20 % comme convenu avec Bouygues, en 2014, pour donner un peu de consistance aux trois « co-entreprises » créées avec Général Electric, notamment dans le domaine des turbines nucléaires. La présence de l’Etat au capital aurait en outre permis de fédérer l’actionnariat français pour créer un équilibre avec Siemens dans Alstom-Transport. Un peu de patriotisme économique aurait permis d’éviter ce naufrage, épilogue de la décomposition d’Alcatel-Alstom annoncée par son président, Monsieur Tchuruk quand il se faisait, il y a 20 ans, le prophète d’une « entreprise sans usine ». Mission accomplie !

On nous parle de « souveraineté européenne » mais où est le « demos » européen ? Le Président de la République, que je sache, n’a pas été élu par un peuple européen qui, aux dires même du Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe n’existe pas, mais par le peuple français.

Le prétexte de la Chine ? s’il tenait, il faudrait brader aux autres pays européens toutes nos entreprises. Le modèle Airbus ? Alors que la France en 1999 avait apporté l’essentiel de la mise initiale dans le consortium, EADS nos dirigeants feraient bien de s’aviser que, pour la première fois, en 2016, dans le domaine des produits aéronautiques, l’Allemagne dégage un excédent supérieur à celui de la France (22 milliards contre 17). Encore faudrait-il qu’ils s’intéressent à la localisation des chaînes de production…
Tout se passe comme si nos élites n’avaient plus de culture industrielle, mais seulement financière. Jadis la CGE (Compagnie Générale d’Electricité) devenue Alcatel-Alstom pesait aussi lourd que Siemens. Après la perte des turbines, celle des chantiers navals, des télécommunications et maintenant du ferroviaire, je ne crois plus ce désastre réparable pour notre tissu productif, dans des technologies pourtant pleines d’avenir. C’est le « plan Morgenthau » de pastoralisation de l’Allemagne conçu en 1944 qui s’applique aujourd’hui à la France !

Historiquement, la France a décroché industriellement d’avec l’Allemagne depuis la fin du XIXe siècle. Mais elle avait rétabli un certain équilibre à travers l’Etat notamment grâce aux nationalisations de la Libération et aux « Trente glorieuses ». On peut s’en réjouir ou le déplorer, mais c’est ainsi. On ne peut pas faire que la France et l’Allemagne ne soient pas des pays différents. La France est une création politique où l’Etat a toujours joué un rôle majeur. L’Allemagne a une autre cohérence qui tient à une conception de la nation qui a plus à voir avec la culture et avec la langue.

Pourtant, Emmanuel Macron à travers ses propositions à la Sorbonne pour « refonder l’Europe » semble prôner « un grand bond fédéral ».

La construction européenne est aujourd’hui profondément déséquilibrée. Economiquement d’abord. Notre déficit va s’aggravant. Quel meilleur indice de la compétitivité y-a-t-il que la balance commerciale ? Ce déséquilibre entre la France et l’Allemagne s’est également creusé avec les pays d’Europe du Sud qui sont à la peine depuis la crise de l’Euro de 2010. L’Allemagne a imposé à travers le TSCG, la règle d’or qu’elle avait faite sienne, c’est-à-dire la réduction du déficit budgétaire à quasiment zéro, au prix d’inégalités et de déséquilibres croissants. L’Allemagne dégage même cette année un excédent budgétaire. Mais cet objectif est impossible à réaliser par les autres pays. La zone euro s’est installée dans une croissance très faible depuis presque dix ans. L’idée d’Emmanuel Macron, dans son interview au Point, était de donner un moteur à la zone euro, grâce à un budget de la zone euro constitué de plusieurs points de PIB. Or, plusieurs points de PIB, c’est plusieurs centaines de milliards d’euros car le PIB de la zone euro représente plus de dix-mille milliards. Je ne pense pas que le résultat des élections allemandes permette d’avancer beaucoup dans cette direction. Le Président de la République l’a compris. Dans son discours à la Sorbonne, il a gommé cette perspective qui fondait pourtant notre politique budgétaire. La conjonction des astres qui aurait permis la réalisation de ce projet n’est clairement pas réalisée au vu du résultat des élections en Allemagne. Le parti libéral qui a fait plus de 10% des voix est hostile à un budget de la zone euro et si la chancelière s’y était déclaré en principe favorable, elle restait vague sur le sujet des institutions européennes : parlement de la zone euro et ministre des finances. Le Président de la République sera inévitablement amené à introduire du temps dans ses équations et peut-être même à les revoir. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’idée européenne. L’Europe est dans bien des domaines un espace pertinent et juste. A ceci près que pour construire cette Europe, il faut s’appuyer sur les nations. Dans les nations se trouve, en effet, la source de l’énergie démocratique. Il y a un sentiment d’appartenance qui existe dans les nations et qui n’existe pas en Europe et ne peut se créer que dans la longue durée. Or le sentiment d’appartenance est nécessaire à la démocratie. Si vous êtes minoritaire, vous pouvez accepter de vous incliner devant la loi de la majorité car vous espérez qu’un jour vous arriverez à la majorité. Une minorité peut accepter sa situation dans un cadre national, elle ne l’acceptera pas dans le cadre européen qui est pour cela beaucoup trop flou. On ne connait même pas les frontières de l’Europe. Où s’arrêtent-elles véritablement ? Certains voudraient les reculer jusqu’à l’Ukraine. Et pourquoi pas jusqu’à la Russie dans un schéma de grande Europe qui irait de l’Atlantique au Pacifique ? Par conséquent, il faut mettre du temps dans cette équation européenne et ne pas jeter le manche avant la cognée.

Macron insiste également sur l’idée de « souveraineté européenne »…

S’il s’agit de dire que les nations européennes doivent s’unir pour trouver le niveau pertinent de leur action dans l’Histoire, il a raison. Est-ce à dire qu’il faut pour autant gommer les nations ? Elles sont des réalités puissantes à ne pas sous-estimer. Elles ne vont pas se fondre dans l’Europe comme un comprimé d’aspirine dans un verre d’eau. Si on veut une Europe forte il nous faut des nations fortes. J’ai compris jusqu’à présent qu’Emmanuel Macron voulait mettre la France davantage au centre de l’Europe. Pour cela, il ne faut pas dissoudre la France.

Que s’est-il passé depuis les débuts de l’entreprise européenne ? La France était au départ le pays dominant. Celui qui était dans le camp des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, et qui n’avait pas à faire oublier le nazisme ou le fascisme. C’était une attitude généreuse de la part de la France que de mettre tous les pays à égalité. Mais le temps a passé. L’Allemagne par son travail et sa ténacité, a su se reconstruire dans le contexte de la guerre froide et grâce à ses alliés, les Etats-Unis et la France au premier chef. La situation aujourd’hui n’est plus la même depuis l’effondrement du mur de Berlin, avec l’élargissement à l’Est de l’Union européenne. L’Allemagne retrouve une position centrale par la géopolitique et l’économie. Ses entreprises accèdent facilement aux économies à bas coût de travail qui la jouxtent. Par conséquent, elle peut délocaliser à proximité les composants à faible valeur ajoutée tout en gardant la maitrise de l’assemblage. A contrario la politique industrielle française est en crise profonde depuis que le ministère de l’industrie a été dissout en 1986-87. On a l’impression que l’Etat stratège français n’a plus de mains.

Le Monde du 7/09 rapporte que Macron aurait dit :

« Si Merkel s’allie aux libéraux, je suis mort …»

Un président de la République française n’est jamais mort. Il a forcément plusieurs plans alternatifs ou alors il n’est pas un président. Tous les présidents de la Ve République ont effectué des virages sur l’aile. Le général de Gaulle a modifié sa politique en Algérie. Malgré sa constance, Pompidou, en intégrant la Grande-Bretagne dans le marché commun, a rompu avec une partie de l’héritage gaulliste et, on peut le dire, introduit le loup libéral dans la bergerie communautaire. Giscard d’Estaing était un partisan du serpent monétaire européen avant de le quitter peu d’années après son élection. François Mitterrand, en 1983, a abandonné son programme initial (« D’abord l’emploi !) pour ouvrir une parenthèse libérale qui ne s’est jamais refermée.

Comment Emmanuel Macron peut-il rebondir ?

Tout dépend de la coalition qui va se former à Berlin et des engagements que Madame Merkel a pris à son égard. Comme je l’avais prévu, l’Allemagne est devenue plus difficilement gouvernable. A cause de l’AfD qui radicalise le paysage politique. Mais surtout parce que Madame Merkel est obligée de composer avec les Verts et les Libéraux qui sur des sujets importants ont des positions contradictoires. Ainsi sur les questions énergétiques ou sur la Russie. La divergence principale porte sur l’idée d’un budget européen dont les Verts sont partisans, mais pas les libéraux. La bonne solution pour Emmanuel Macron serait que le SPD revienne dans une coalition avec la CDU/CSU. Pour l’heure, ses dirigeants n’y sont pas disposés. Mais comme les négociations vont être difficiles avec le FDP et avec Die Grünen, cette perspective ne peut être tout à fait exclue. Ce serait pour le SPD l’occasion de jouer un rôle moteur dans la refondation européenne conforme aux propos de Sigmar Gabriel à la Conférence des Ambassadeurs en août dernier. Le SPD s’acquererait la sympathie de cette opinion éclairée, qui sait bien que l’Allemagne, étant donné sa position dominante, a une responsabilité à exercer vis-à-vis de l’Europe. L’Allemagne dégage un excédent commercial qui est égal à 8,5% de son PIB. Si vous ajoutez l’excédent des services et des capitaux, il dépasse 10% du PIB. Même la Chine ne fait qu’un excédent extérieur de 3,5 %. C’est une situation tout à fait intenable à la longue car l’excédent des uns est forcément le déficit des autres. La politique qui a été imposée, certes par traité, est une politique déflationniste dont le résultat est un nombre anormal de chômeurs, singulièrement de jeunes chômeurs, dans beaucoup de pays dont le nôtre. Madame Merkel veut-elle devenir la Chancelière qui aura ruiné le projet européen ou au contraire voudra-t-elle donner un contenu à l’idée d’une « Allemagne européenne » ?

Comment expliquez-vous la disparition de la social-démocratie partout en Europe et dans le monde sauf peut-être d’une certaine manière en France ?

La social-démocratie se proposait de mettre un peu de beurre sur les tartines. Rien de plus. Quand il n’y a plus de beurre, sa fonction n’est pas évidente. La « troisième voie » imaginée par Tony Blair et théorisée par Anthony Giddens au tournant des années 2000 impliquait une certaine redistribution des fruits de la croissance vers l’éducation, la réduction des inégalités ou des services publics. Mais lorsqu’il n’y a plus de surplus à redistribuer, la social-démocratie est en crise. Elle apparait peut-être comme un parti responsable mais sa politique a coûté le pouvoir à Gerhardt Schröeder et au SPD. C’est ce qu’a voulu faire aussi François Hollande avec le pacte de responsabilité, mais celui-ci contredisait les engagements qu’il avait pris dans son discours du Bourget. Emmanuel Macron, au moins, n’a pas ce handicap. On ne peut pas lui reprocher de réaliser le programme qu’il a annoncé. Néanmoins, il faut se rappeler qu’au premier tour, Emmanuel Macron n’a réuni que 24% des voix. C’est une erreur fréquemment commise de dire qu’en élisant Emmanuel Macron, les Français ont voté pour l’Europe ou la monnaie unique. En réalité, ils ont voté contre Marine Le Pen qui apparaissait comme une candidate incompétente. Elle a largement discrédité l’idée de monnaie commune qui devait être présentée comme une construction négociée avec l’Allemagne pour faire face à une crise soudaine. C’est une illusion que de penser que les Français se sont prononcés pour une politique européiste. Les Français sont divisés en plusieurs courants de pensée dont au moins la moitié est très réservée vis-à-vis des institutions européennes telles qu’elles fonctionnent.

Comment analysez-vous la percée de l’AfD ?

L’Afd s’était constituée au départ en réaction contre les engagements jugés excessifs de l’Allemagne en ce qui concerne l’euro. La critique se polarisait sur la politique de la banque centrale européenne. Puis rapidement cette thématique a cédé la place à la critique de la politique d’accueil d’un million de réfugiés par an annoncée par Madame Merkel. L’arrivée d’un million de réfugiés en 2015 a été un traumatisme pour la société allemande et nous avons assisté à l’émergence d’un parti d’extrême droite comme il en existe dans d’autres pays européens. A cet égard, c’est une normalisation par rapport au reste de l’Europe. A ceci près que l’histoire allemande n’est pas tout à fait une histoire comme les autres. Pour autant, je ne qualifierai pas l’AfD de parti nazi. C’est un parti nationaliste, d’extrême droite, cependant assez policé, car recrutant dans des couches moyennes, beaucoup plus que dans le peuple sauf dans les Länder de l’Est. Cela aboutira a de profonds changements dans la politique allemande. Madame Merkel a déjà dit qu’il n’y aurait plus jamais d’accueil de réfugiés tel qu’en l’an 2015. Elle est consciente d’avoir pris une décision solitaire et peut-être précipitée. Ce n’est pas la première fois. En matière énergétique, son retrait du nucléaire au lendemain de Fukushima était déjà une décision purement personnelle. Une concertation avec la France qui, en matière nucléaire, était la première concernée, aurait peut-être permis de limiter des rejets de gaz carbonique liés à l’utilisation du charbon. Par habitant, l’Allemagne rejette deux fois plus de Co2 que la France. Mais le seul fait d’évoquer ces questions apparait comme une agression à l’égard de nos voisins d’Outre-Rhin. Je n’ai pas cet état d’esprit. Je suis conscient qu’historiquement la France et l’Allemagne se sauveront ensemble, si du moins nos deux nations veulent se sauver. Je sais ce que l’Europe doit à l’Allemagne et à son génie. Je le respecte et je l’admire. Mais l’Europe doit aussi beaucoup à la France. Il faut que ces deux inspirations soient présentes. Pour faire avancer l’Europe, il ne faut pas démobiliser les nations.

L’enjeu des migrants peut-il déstabiliser l’Europe ?

C’est un enjeu majeur qui n’a de solution, comme l’a dit le président de la République à juste titre, que dans le développement de l’Afrique. Il faut que l’Afrique arrive à se développer et à dominer sa démographie. Il faut avoir le courage de le dire. Il y a une limite à l’immigration : la capacité d’intégration de la société d’accueil.

Sur le plan de la politique étrangère, Macron a rompu avec le néoconservatisme de ses prédécesseurs …

Je suis reconnaissant à Emmanuel Macron d’avoir mis fin à une brouille absurde de la France avec les deux plus grands acteurs de la diplomatie mondiale, c’est-à-dire Vladimir Poutine et Donald Trump. C’était nécessaire. Il faut parler avec ces deux dirigeants. Emmanuel Macron a également revu notre position diplomatique en Syrie en acceptant que dans la transition politique tous les partis soient entendus, y compris les représentants de Bachar el-Assad. C’est une rupture avec la politique précédente qui a abouti à la « cornerisation » de la France au Levant. Je vois avec inquiétude l’indépendance proclamée du Kurdistan d’Irak. Ceux qui y applaudissent ne mesurent pas qu’il y a plus de quinze millions de Kurdes en Turquie, un million en Syrie et quatre millions en Iran. Par conséquent, soutenir l’indépendance du Kurdistan irakien c’est déséquilibrer l’Irak où les Sunnites de l’Ouest deviendraient très minoritaires. Ce serait ouvrir un cycle de guerres qui s’ajouterait à celui qui prévaut depuis la destruction de l’Etat irakien. On ne dira jamais assez que Daech est la conséquence de la destruction de l’Etat irakien commencé avec la première guerre du Golfe, dont Huntington disait qu’elle était la première « guerre civilisationnelle ». Elle s’est poursuivie par un long et cruel blocus puis enfin par la guerre de 2003 à laquelle Jacques Chirac a eu tout à fait raison de s’opposer.

En tant qu’ancien ministre de l’Education nationale, que pensez-vous de la démission de Monsieur Lussault …

J’approuve fondamentalement l’orientation que cherche à donner Monsieur Blanquer au ministère de l’Education nationale. Il a mis le doigt sur l’essentiel, c’est-à-dire les inégalités qui se créent dès la petite enfance. On peut observer dès l’âge de cinq ou six ans une différence fondamentale entre un enfant qui ne bénéficie que d’un stock de 200 mots à côté de ses petits camarades qui eux, de par leur famille, en possèdent 2000. Par conséquent, il est extrêmement important d’avoir fait ce dédoublement des classes de cours préparatoire dans des zones d’éducation prioritaire renforcées. Je crois à « l’effet-maître ». C’est une politique réellement progressiste qui rompt avec le bla-bla pédagogiste. La réussite de cette politique suppose qu’on mette l’accent sur la mémorisation, sur l’acquisition du vocabulaire et sur le calcul mental. Cela suppose que les programmes soient clairement fixés. C’est, en dernier ressort, le rôle du Ministre.

A cet égard, je trouve que Monsieur Lussault, Président d’un « Comité Théodule » chargé d’élaborer les programmes, a eu l’honnêteté de démissionner. Monsieur Lussault, il y a un an, s’était insurgé contre la possibilité d’enseigner le récit national, au risque disait-il de « désespérer Billancourt », entendez les salles de professeurs dans les collèges et les lycées. J’avais eu alors l’occasion de lui faire observer que le récit national était nécessaire à la démocratie car il faut un « demos » pour que la République puisse vivre. Et ce « demos », c’est le sentiment d’appartenance collective qui nous réunit en tant que citoyens français. Nous sommes une nation de citoyens, mais nous ne sommes pas décidés à perdre la mémoire de ce que nous avons fait ensemble et de ce qui nous a faits. La démission de Monsieur Lussault est donc plutôt une bonne nouvelle pour la République.

« Ce contenu est issu du blog de Jean-Pierre Chevènement (http://www.chevenement.fr) où il a été publié à l’origine sous le titre « Alstom, Europe, Blanquer… mon entretien au Figaro » sous la licence Creative Commons 2.0. Vous êtes libre de reproduire, distribuer et communiquer ce contenu ». 

Source :

https://www.soverain.fr/entretien-de-jean-pierre-chevenement/


"Il ne s’agit pas de remettre en cause l’idée européenne. L’Europe est dans bien des domaines un espace pertinent et juste": illustration de la célèbre formule citée par François Asselineau: "les souverainistes ne savent pas ce qu'ils veulent et ne veulent pas ce qu'ils savent".

Il est vrai que pour avoir un entretien dans les colonnes du "Figaro"...

Je suis un peu méchant et je m'en excuse auprès des admirateurs de Jean- Pierre Chevènement, dont je suis malgré tout, notamment pour ses positions historiques très claires contre le traité de Maastricht et sa lucidité sur l'impérialisme américain.

P.G.

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Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner…

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

ARG BREXIT NEGOCIATIONSTout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes. Comme me le disait un ami récemment : « Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »
J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.
Je vais essayer de faire simple.
Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.
Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note de les-crises.fr : ODS = Oints du Seigneur[1] = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité).

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.
Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…).

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la Grande Bretagne et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.
La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.
Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.
Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.
Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait- on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.
Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…
Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la Grande Bretagne va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.
Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…
Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la Grande Bretagne produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en Grande Bretagne ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.
A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.
Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.
Plus ca change, plus c’est la même chose…
La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Article de Charles Gave paru sur http://institutdeslibertes.org le 25 septembre 2017.

A propos de l’auteur

Charles Gave

Charles Gave : Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research [2].

 

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Comité Valmy – Construire un front de libération nationale

Depuis des décennies, le Comité Valmy, issu du combat contre la ratification du traité de Maastricht, œuvre pour le rassemblement de tous les citoyens ayant au cœur l’indépendance de la France et la souveraineté pleine et entière de son peuple.

ARG COMITE VALMYDans le même temps, notre Comité milite pour une République sociale et laïque, fidèle dans le domaine économique et social à l’esprit du Conseil National de la Résistance et de son programme.

Cette recherche d’un rassemblement le plus large possible est symbolisée par notre mot d’ordre d’ *Union du peuple de France*. Elle est en contradiction avec la pratique de ceux qui estiment que toute stratégie unitaire reste conditionnée par le clivage gauche-droite, clivage qui selon nous ne représente pas la ligne de fracture actuelle.

Ainsi, une vision dogmatique conduit certains à proposer de sortir de l’Union européenne « par la porte de gauche ». Cet objectif nous semble caractéristique d’une stratégie étriquée et ambiguë d’union de forces de gauche véritablement patriotes, ou jouant occasionnellement et selon les circonstances, la carte d’un souverainisme de façade.

Sur l’autre rive, Dupont-Aignan et son mouvement « Debout la France » prônent aujourd’hui « l’union de toutes les droites », de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen.

Ces stratégies vont à l’encontre de l’objectif du vaste rassemblement anti oligarchique, dépassant le clivage gauche-droite et capable d’unir l’immense majorité de notre peuple victime de l’UE, que propose le Comité Valmy.

En effet, limiter le rassemblement des citoyens partisans de la sortie de la France de l’Union européenne à un seul segment de l’arc-en-ciel politique exclut ceux correspondant à d’autres sensibilités.*

Promouvoir le rassemblement de toute la droite, c’est inclure dans cette perspective les politiciens de la mouvance qui a mené au pouvoir une politique fédéraliste sur le plan européen – orientation qu’ils revendiquent toujours aujourd’hui.

Il s’agit là d’un abandon des valeurs dont se prévalaient il y a encore peu de temps Dupont-Aignan et ses amis, ainsi que les soutiens de Philippot au Front National.

Le Comité Valmy rassemble des citoyens représentant des sensibilités diverses. Certaines se revendiquent du marxisme, d’autres de valeurs gaullistes, ou simplement relèvent d’un choix républicain, au sens laïc et social.

Tous les membres de notre Comité sont patriotes, quel que soit leur choix de société.

Aujourd’hui, l’accentuation de la politique supranationale et fédéraliste du président de la République, son souci de substituer à ce qui reste de souveraineté française, le concept de « souveraineté européenne », sa volonté d’en finir avec le « modèle social français », celle de réduire au minimum les règles parlementaires au profit d’un comportement bonapartiste, son alignement sur une Allemagne dominatrice, caractérisent une politique de négation de la nation française qui doit conduire à un sursaut national.

C’est la volonté du Comité Valmy d’en être un artisan déterminé.

union peuple de France

C’est pourquoi notre organisation souhaite coopérer avec tous mouvements et personnalités fondamentalement attachés aux valeurs démocratiques et de progrès social, et qui veulent que la France recouvre son indépendance et sa pleine souveraineté.

C’est en réaffirmant notre volonté unitaire de rassemblement des forces souverainistes et notre démarche d’union du peuple de France que le Comité Valmy lance un appel solennel à tous les Français, à tous les mouvements et organisations qui se reconnaissent dans cette perspective, à construire le rassemblement le plus large possible – comme la Résistance l’incarnait, du temps où la France était asservie par le joug étranger et nazi.

L’extrême gravité de la situation actuelle, conséquence de la politique de trahison nationale de l’oligarchie européiste, rend aujourd’hui nécessaire la constitution d’un front de libération nationale pour rétablir la souveraineté de notre peuple-nation.

 

Le Bureau national du Comité Valmy
Paris le 22 septembre 2017

Source :

https://www.soverain.fr/comite-valmy-construire-front-de-liberation-nationale/


 

*N.B. Certaines personnalités mentionnées dans ce communiqué ont déclaré à plusieurs reprises qu'elles ne souhaitaient pas sortir de l'Union européenne.

NDA FREXIT

dupont-aignan-philippotNous souhaitons nous aussi le plus large rassemblement, c'est déjà le cas à l'intérieur de l'UPR, mais sur des bases claires. Il n'y a qu'un moyen pour obtenir l'indépendance de la France: le FREXIT, en utilisant l'article 50 du Traité de fonctionnement de l'Union européenne, comme le font en ce moment les Britanniques. P.G.

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La BCE veut plus de rigueur sur les créances douteuses

La Banque centrale européenne demande de provisionner la totalité des prêts au remboursement incertain qui ne sont pas garantis. Cette disposition s’appliquera aux nouvelles créances mais le régulateur dévoilera de nouvelles mesures pour réduire l’encours encore élevé de prêts non performants des banques européennes d’ici au printemps prochain.

 

ARG EURODes centaines de milliards d'euros de prêts irrécouvrables, ou ayant peu de chances de l'être, continuent de plomber les bilans des banques européennes : 865 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2017, selon les derniers chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), pour ce qui concerne les établissements importants. Un niveau certes en baisse (5,92% du total des encours de prêts contre 6,17% à fin 2016), mais la résorption de ce stock de créances douteuses s'avère très lente, ce qui maintient un risque pour la stabilité financière de toute l'UE.

La BCE a donc décidé de durcir encore le traitement comptable de ce "trou noir" dans les bilans des banques, sachant que les créances douteuses ne sont provisionnées qu'à hauteur de 60% environ en moyenne en Europe .

"Les banques sont invitées à assurer une couverture intégrale de la fraction non garantie des nouveaux NPL [prêts non performants, ndlr] au plus tard après deux années et au plus tard après sept années en ce qui concerne la part garantie", indique ce mercredi l'institution européenne dans un communiqué.

Quid du stock actuel ?

Les banques devront en outre "justifier aux autorités de surveillance tout écart par rapport aux lignes directrices" en matière de pratiques de provision comptable en temps utile et de passage en pertes. Le texte est soumis à consultation publique jusqu'au 8 décembre.

Ce nouveau dispositif renforçant les attentes prudentielles du superviseur pour éviter une sous-estimation du risque de défaut ne porte que sur les nouveaux prêts, pas sur le stock de créances douteuses, qui peut atteindre des proportions inquiétantes dans certains pays. Derrière la moyenne européenne de 5,92% (en France le taux est de 3,52%), la part des créances pourries dans les bilans des banques peut grimper à 46% en Grèce, 20% au Portugal, 14% en Italie ou 13% en Irlande. Les banques italiennes détiennent à elles seules 28% des NPL en Europe.

La BCE prévient qu'elle dévoilera "d'ici à la fin du premier trimestre 2018" de nouvelles mesures pour réduire l'encours de "prêts non performants", à travers des "dispositifs transitoires appropriés". Plusieurs pistes circulent depuis plusieurs mois, telles que la création de "bad banks", des structures de défaisance, ou de sociétés de gestion d'actifs (AMC) dédiées par pays, qui rachèteraient les NPL à leur valeur économique, ou en passant par la titrisation de certaines créances, avec le soutien des Etats.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/la-bce-veut-plus-de-rigueur-sur-les-creances-douteuses-752802.html

La BCE veut plus de rigueur sur les créances douteuses

Comme vous le savez, depuis quelques années, environ 10 ans même, les banques ne vont pas très bien, et quand les banques ne vont pas bien, cela est lié généralement aux crédits qui sont peu ou mal remboursés par les emprunteurs. Les crédits qui sont peu ou mal remboursés s’appellent, comptablement parlant, “des créances dites…douteuses”, puisque l’on “doute” de leur bon remboursement.

Quand c’est douteux, il faut “provisionner”, ce qui veut dire concrètement se préparer à les considérer comme perdues.

Cela signifie que l’on vient déduire des bénéfices le montant de ces créances douteuses. Si on a trop de “provisions” à passer, la banque se retrouve en pertes. Si les pertes sont trop importantes, alors la banque n’est plus assez capitalisée.

Et la BCE a décidé de pousser les banques à provisionner plus.

Des taux de créances douteuses carrément “flippants” !!

Derrière la moyenne européenne de 5,92 % se cache d’immense disparités.

Si en France le taux est de 3,52 %, on peut atteindre un taux de 46 % en Grèce, de 20 % au Portugal, de 14 % en Italie ou encore de 13 % en Irlande.

Alors concrètement, cela signifie qu’il faudrait recapitaliser encore et encore le système bancaire européen, et que comme toutes les banques sont interconnectées entre elles, votre argent n’est pas en sécurité…

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/la-bce-veut-plus-de-rigueur-sur-les-creances-douteuses/

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Théoriciens de la destruction des Etats- Nations (3)

Maastricht et Eurocities

ARG DESTRUCTION NATIONSOn oublie parfois que le traité de Maastricht de 1991, ou le principe de la subsidiarité -qui affirme que ce sont les autorités les plus petites qui ont priorité de mandat-, a également donné naissance au Comité des Régions de l’Union Européenne que préside Michel Delebarre, maire de Dunkerque. Doublé du réseau Eurocities dont les membres sont des régions et une centaine de grandes villes d’Europe, un puissant lobbying en faveur de la décentralisation s’active. Le président actuel d’Eurocities est Gérard Collomb, maire de Lyon, tandis que Paris et Nantes comptent parmi les membres français.

En 2002, peu de temps avant sa mort, Freddy Heineken a aussi pu exposer son projet, en session fermée, devant les représentants d’Eurocities réuni à Amsterdam. Heineken y plaisantait en disant que pour résoudre le problème politique de l’intégration européenne, il faudrait déporter l’ensemble de la population européenne aux Etats-Unis et de la faire revenir par la suite...

Devant sa carte, un des participants remarqua avec optimisme et opportunisme que l’emplacement des 75 régions ou « Etats-Unis d’Europe » d’Heineken semblait coïncider avec l’emplacement de 75 grandes villes membre d’Eurocities...

En réalité, on ne prévoit même pas des mini-états, mais des « cités-unies d’Europe ». Ce que certains appellent à juste titre comme « la régression médiévale » de Kohr n’est donc plus un simple retour à des nations ou régions du passé, mais la création d’un empire global composé de cités états, plus ou moins dé-territorialisées.

L’architecte designer austro-britannique Christopher Alexander, présent à la conférence d’Eurocities d’Amsterdam, est un autre propagandiste de cette démarche. Citant le Britannique décadent Lord Weymouth qui pense que les limites démographiques d’une région vont de 2 à 10 millions, Alexander affirme : « Faites ce que vous pouvez pour établir un gouvernement mondial, avec mille régions indépendantes à la place de pays. »

Son inspirateur Lord Weymouth proposa ni plus ni moins qu’un gouvernement mondial avec un seul représentant pour chaque pays peuplé d’environ 10 millions d’habitants. Notons qu’il existe aux Pays-Bas un « club des dix millions » qui, inspiré par le chiffre de Lord Weymouth cherche à réduire la population du pays, actuellement au-delà de 16 millions, à 10 millions seulement ...

Sur le plan économique, ce n’est pas un hasard que Robert Mundell caresse le vieux fantasme d’une monnaie unique mondiale. En 2003, il a réuni dans son palais renaissance à Sienne un petit groupe de banquiers pour discuter du projet de « monnaie unique mondiale ».

Feu Robert Bartley, qui fut l’ami de Mundell et le rédacteur émérite du Wall Street Journal (...) disait que « si l’euro peut remplacer le franc, le mark et la lire, pourquoi une nouvelle monnaie mondiale ne pourrait-elle pas fusionner le dollar, l’euro et le yen ? » Une telle monnaie pourrait être appellé le « dey » (contraction de « dollar, euro, yen »). Bartley ajouta que pour cela il fallait entreprendre « la plus grande de toutes les réformes, une banque centrale supranationale. »

Comme on le voit, les tenants de ce modèle prônent en réalité l’instauration d’un gouvernement malthusien mondial. Le cantonalisme, la régionalisation, le fédéralisme et aujourd’hui les sécessions ainsi que l’intronisation des grandes villes comme des entités politiques au-dessus des états-nations, ne sont que différentes facettes d’une politique visant à détruire les grandes nations afin de mieux pouvoir se débarrasser des petites.

 Voir Venise et mourir

Comme on le voit sur la couverture de The Size of Nations -puisqu’on y voit un agrandissement de Venise- pour Alberto Alesina le modèle est cette Sérénissime République, car ce « pays pauvre » est peuplé de gens immensément riches ! Dans le chapitre 11, p.176, Alesina donne en exemple la belle épopée des cités-états du moyen age : « Venise, Lisbonne, Gênes, Anvers et Amsterdam dans l’ordre chronologique de leur leadership »  ; et il ajoute que « les cités-états de cette période sont un exemple limpide d’une entité politique capable de prospérer économiquement même si extrêmement petite car son marché était sans relation avec sa frontière. »

Pas une ligne sur le trafic des esclaves, le pillage colonial d’autres pays, les croisades et autres spéculations financières à l’origine de la richesse de la Sérénissime République de Vénise... et de l’empire britannique par la suite.

Léopold Kohr, on s’en doutait, est lui aussi un admirateur farouche de Venise. Dans un roman de politique fiction « Le Duc de Bon-Conseil », Kohr élabore un scénario où un bidonville de Porto Rico devient une cité état prospère en appliquant ses préceptes. Le secret ? Il suffit de nommer un millionnaire comme duc du lieu avec l’obligation d’y résider et d’y faire éduquer sa progéniture. La duchesse, forcément, exigera la construction d’un palais, et quand le matin elle ouvre les fenêtres, elle ne supportera plus la vue sur le bidonville. Elle exigera de son mari d’entourer le palais de belles résidences et la construction de bonnes écoles avec les meilleurs enseignants que la planète puisse nous offrir et qui enseigneront aussi aux pauvres...

L’article se termine avec la pirouette suivante qui montre qu’il s’agit de Venise :

De même Venise a commencé sa carrière scintillante comme un taudis épouvantable. Si elle avait suivi les conseils modernes et attendu son développement jusqu’à ce que l’Italie ait été unie, les Nations Unies établies, le Marché Commun formé, elle serait toujours un taudis aujourd’hui. Et il en serait de même d’Urbino, Perugia, Assise, Parme, Padoue et la plus grande part des prestigieux autres. En allant de l’avant toute seule à la façon du Duc de Buen Consejo, elle a violé tous les principes d’une politique, d’une économie, d’une planification, d’une théorie de la localisation, saines, en fait de l’équilibre intellectuel lui-même. Car qui, excepté un imbécile ou un bohémien miséreux, construirait au milieu d’une lagune. Mais elle nous a donné Venise. »

 Les Etats-Unis et la France

Si vous pensez que ceci est un complot américain, vous vous trompez complètement. Alesina attaque fortement les arguments de James Madison dans les Federalist Papers, où Madison plaide les avantages d’un vaste territoire d’une grande diversité nationale.

Depuis peu, des mouvements sécessionnistes se sont constitués aux Etats-Unis et entretiennent des liens avec leurs co-penseurs en Europe. Ils réclament une république du Texas, de la Californie, du Vermont, du New Hampshire.

Le 4 octobre 2007, réunis à Chattanooga au Tennessee, les délégués ont adopté une déclaration commune. Affirmant que les questions de liberté dépassent le clivage gauche-droite, et que la mainmise des grandes corporations met en danger la santé et la prospérité des citoyens américains, ils y constatent que « l’empire américain n’est plus une nation ou une République, car devenu agressif à l’étranger et despotique à l’intérieur ». Au nom des droits inaliénables définis par la constitution américaine, qui justifiait la désunion avec l’empire anglais, la charte de Chattanooga autorise la décomposition des Etats-Unis.

Si les instigateurs de la manœuvre sont l’auteur écologiste radical Kirkpatrick Sale, spécialiste des Luddites qui fait parfois écraser des ordinateurs pendant ses discours, et le libertarien Thomas Naylor, professeur émérite de Duke University, et que le nombre de délégués reste très groupusculaire, la démarche « originale » fut largement couverte par le New York Times et USA Today. Le site Internet du Middlebury Institute que dirige Sale, étale toutes les cartes de Kohr et des chapitres entiers de La décomposition des nations.

Les sécessionnistes américains, au-delà de la transformation des « états » en « nations » revendiquent « l’ensemencement nucléaire » (l’utopie d’une immense multitude de petits noyaux de co-habitation) prôné par Leopold Kohr.

Mais, fait nouveau, Sale et Naylor, plutôt écolos et gauchisants n’ont pas hésité depuis peu à sceller un pacte avec les nostalgiques néo-confédérés sudistes en particulier ceux de la Ligue du Sud crée par James Michael Hill en 1994. Hill est un historien des « guerres celtiques » menées par les Irlandais et les Ecossais contre l’Angleterre. Il affirme vouloir éduquer la jeunesse de « Dixie » et préside le League of the South Institute (LSI), fondé avec l’argent de la Mary Noel Kershaw Foundation de Nashville, Tennessee. La fondation finance des monuments en mémoire des « héros » d’un sud esclavagiste et le LSI annonce la publication d’un « livre gris », véritable projet pour l’indépendance du Sud.

Enfin pour la France, la pensée de Kohr est entrée en France par deux petits détours. D’abord, il a écrit pour son ami, le fondateur du parti indépendantiste du pays de Galles, endroit où Kohr s’est installé à partir de sa retraite universitaire en 1977, un livre du nom « Is Wales viable » [est-ce que le pays de Galles peut exister comme nation].

Ce livre fut traduit ensuite en français par le fédéraliste breton et européen Yann Fouéré qui a eu le génie de simplement remplacer le mot « Grande Bretagne » par « France » et « pays de Galles » par « Bretagne »...

Le seul livre de Kohr en français s’appelle donc : Une Bretagne libre est-elle viable ? Fouéré est un des co-fondateurs de la « Ligue celtique » et disait qu’on « peut introduire la mesure dans le capitalisme comme dans le socialisme si on réduit les dimensions des sociétés de toute nature au sein desquelles on les applique, accroissant sur eux du même coup le contrôle des pouvoirs locaux, des citoyens, des producteurs et des administrés, grâce à ce que le Dr Kohr appelle la ’transparence des petits’. »

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Le "pape" et surtout le banquier de la décroissance : Edouard Goldsmith

L’autre cheminement des idées de Kohr est le mouvement de « la décroissance ». Lors de la création du Fourth World Educational and Research Association Trust, Kohr en est administrateur aux cotés de l’auteur radical écolo et sécessionniste américain Kirkpatrick Sale et des aristocrates anglais Lord Beaumont, John Seymour, et l’inévitable Edward Goldsmith.

C’est le même Goldsmith, propriétaire de la revue The Ecologist qui est le mécène du mouvement de « la décroissance », traduction française du terme anglais « de-development » apparu pour la première fois dans The Ecologist en 1977.

Dans la même direction va la démarche intellectuelle de José Bové. Dans un entretien au Nouvel Observateur du 17 février 2002, après avoir affirmé que « l’état n’était plus le lieu des réponses aux questions que nous nous posons » et que « L’Etat-nation peut disparaître, cela ne changera pas grand-chose », Bové traitait d’escroc toute personne qui faisait « croire que l’Etat-nation peut être un rempart contre la mondialisation ! »

Leur combat pour la défense de l’environnement n’est qu’un simple prétexte moral pour combattre l’existence d’état-nations modernes. Car la maîtrise du nucléaire et d’autres technologies de pointe nécessitent une division de travail que seuls des états-nations développés puissent atteindre. (...)

Je pense qu’après ce tour d’horizon, nous pouvons conclure que « Small is often not beautiful at all »

http://www.solidariteetprogres.org/kohr-europe-regions