vendredi 6 octobre 2017

Tensions Espagne-Catalogne : quels scénarios pour sortir de l'impasse ?

La défiance entre Madrid et Barcelone continue de grandir ce vendredi alors que des responsables indépendantistes catalans comparaissent devant la justice espagnole pour sédition.

7312467_000-t10e6_1000x625Au lendemain du référendum d'autodétermination émaillé de violences policières, des Catalans ont manifesté dans les rues de Barcelone. PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Comment sortir du dialogue de sourds entre l'Espagne et la Catalogne ? Depuis le référendum d'autodétermination illégal du 1er octobre, émaillé de violences et qui a vu chef du gouvernement central Mariano Rajoy perdre «la guerre des images», la tension ne cesse de monter.

 

Le président séparatiste Carlos Puigdemont a promis d'appliquer les résultats du vote -victoire du «oui» à 90%-, mais la Cour constitutionnelle l'empêche de s'exprimer devant le Parlement régional. Compte-t-il y déclarer unilatéralement l'indépendance comme le souhaite la frange séparatiste ? Une médiation est-elle envisageable d'ici là ? Manuelle Peloille, professeure à l'université d'Angers, directrice de la revue «Cahiers de civilisation espagnole contemporaine», avoue avoir du mal à démêler les fils de cette situation «très confuse».

Vendredi après-midi, le gouvernement espagnol a demandé la dissolution de l'assemblée catalane et la tenue de nouvelles élections. Comment analyser ce geste ?
Manuelle Peloille
. Le gouvernement reste dans sa ligne légaliste mais fait preuve de souplesse. Il prend au mot les séparatistes catalans sur leur demande de démocratie et tente de court-circuiter le scrutin du 1er octobre. Cette initiative, peut-être un bon compromis pour une majorité d'Espagnols, a dû être suggérée à Mariano Rajoy. Cela lui permet de reprendre la main du processus. Attention, je ne parlerai pas pour autant de piège tendu aux séparatistes car le gouvernement prend le risque de perdre. Un sondage début septembre donnait à peine plus de 50% pour l'indépendance.

Si les séparatistes catalans refusent cette option, quelle autres sorties de crise peut-on envisager ?
Le deuxième scénario possible, c'est l’ouverture d’une médiation en vue d’une révision de la Constitution. Cela demanderait beaucoup de temps. Madrid et Barcelone se mettraient alors autour de la table pour négocier de nouveaux droits pour les Catalans. 

Lesquels ?
C'est très complexe. Cela pourrait prendre la forme d’un Etat plus fédéral ou d’Etats confédérés. Il y a une division profonde sur ce point au sein même des Catalans. Certains souhaitent revenir au statut d’autonomie renforcée appliqué de 2006 à 2010 et qui a été suspendu par le tribunal constitutionnel. La Catalogne y était définie comme une «nation» dans la nation espagnole, et lui donnait des droits plus étendus. D'autres souhaitent récupérer toutes les fonctions régaliennes (armée, police, budget, justice). Enfin, la troisième option, c’est la proclamation unilatérale de l’indépendance. La Catalogne rentrerait alors dans une double illégalité, après le référendum du 1er octobre.

Peut-on raisonnablement envisager une quatrième voie, celle de la guerre civile ?

On en parle oui. Il y a beaucoup de crispation, l’idée d’un affrontement croissant est dans beaucoup d’esprits. Je suis actuellement à Séville et je le sens. J'ai aussi vu qu'à Saragosse quelques personnes d'extrême droite se sont déplacées dans les rues ces derniers jours. Ces gens, ancrés dans le passé et très virulents, semblent prêts à en découdre. Plus globalement en Espagne, une grande partie de la population est attachée à l’unité du pays, sans pour autant dire qu'elle est franquiste. En parallèle, côté catalan, la propagande est très forte. L'idée comme quoi «Madrid vole la Catalogne» est très prégnante. Des mythes sur l'histoire de la Catalogne sont enseignés dans les écoles depuis trente ans. Comme sur la suppression de la frontière entre la Castille et la Couronne d’Aragon qui auraient privé les habitants d’un certain nombre de leurs «libertés», qu'on qualifierait plutôt de «privilèges». A l'époque, la Catalogne n’existait pas juridiquement et cette décision a facilité le commerce. Autre mythe : celui de l’oppression franquiste sur la Catalogne. Cela a été le cas pour les ouvriers mais les entrepreneurs, eux, ont prospéré durant cette période.

Le départ de Rajoy est-il une condition sine qua non à la reprise du dialogue ?

Certaines pétitions appellent en effet à sa démission et à son remplacement par la maire de Madrid, Manuela Carmena. Rajoy est critiqué pour son incompétence et sa répression. Mais le problème, c’est que cela ne réglera pas le problème. Ce n’est pas une solution en soi.


Quant à l’Union européenne, très discrète sur le sujet, elle a refusé la demande du Parlement catalan de superviser une sorte de médiation internationale. Comment l’expliquez-vous ?

On l’a vu avec Angela Merkel et Emmanuel Macron notamment. L'objectif est très clair : ne surtout pas encourager l’éclatement des Etats nationaux. De peur, on s’en doute, d’ouvrir la boîte de Pandore. Il semblerait aujourd'hui qu'on veuille placer l’Eglise catholique au coeur de la médiation. Les archevêques de Madrid et de Barcelone ont été convoqués vendredi midi par Mariano Rajoy. Les deux cardinaux sont très proches du Pape François, qui a lui-même appelé à une négociation dans le respect de la loi.

  leparisien.fr

http://www.leparisien.fr/international/tensions-espagne-catalogne-quels-scenarios-pour-sortir-de-l-impasse-06-10-2017-7312467.php

Posté par UPR Creuse à 19:26 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Roundup : révélations sur le lobbying de Monsanto

"Le Monde" publie des documents accablants sur la firme qui commercialise le Roundup, un désherbant accusé d'effets nocifs pour la santé.

10592430lpw-10600819-article-france-demo-monsanto-jpg_4610621_660x281Ce sont des milliers de documents, déclassifiés cet été par la justice américaine, qui éclairent d'un jour nouveau la manière avec laquelle Monsanto a joué avec la santé publique. Aux États-Unis, 3 500 personnes, victimes ou proches de victimes décédées d'un lymphome non hodgkinien, « un cancer du sang rare », précise Le Monde, estiment que cette maladie trouve son origine dans le Roundup, un désherbant commercialisé depuis 1974 par Monsanto.

La question de l'effet néfaste du glyphosate, contenu dans le Roundup notamment, fait l'objet d'une vive polémique entre ONG, scientifiques et lobbies industriels. L' Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu qu'il n'y avait pas de raison de le classer comme cancérogène, tandis que le Centre international de recherches sur le cancer (Circ), dans un avis de mars 2014, y voit une substance « cancérogène probable pour l'homme ». Une prise de position qui lui vaut de sérieuses attaques de la part de Monsanto. « Des attaques qui ne sont pas sans rappeler les stratégies utilisées par l'industrie du tabac il y a quelques décennies », confie à Libération Kurt Straif, un des directeurs du Circ.

Le « ghostwriting »

Campagnes de dénigrement par voie de presse, intimidations via de gros cabinets d'avocats, etc. Les documents, déclassifiés par la justice américaine, révèlent l'ampleur du phénomène. Dans son édition de jeudi, Le Monde détaille le ghostwriting opéré par la firme, une pratique qui consiste, « pour une entreprise, à agir en auteur fantôme : alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien de subordination avec elle qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication ».

Ainsi en va-t-il d'Henry Miller, biologiste rattaché à la prestigieuse université de Stanford et chroniqueur dans les pages du Wall Street Journal et du New York Times. Selon les documents publiés par la justice américaine, le chercheur a accepté contre rémunération de signer une communication, à condition qu'un « brouillon de haute qualité » lui soit fourni. Le texte sera publié presque tel quel sur le site de Forbes...

Des scientifiques achetés

Des consultants extérieurs sont également parfois payés pour rédiger des travaux qui vont dans le sens de Monsanto. Exemple : en 2016, cinq articles publiés dans la revue Critical Reviews in Toxicology concluent tous que le glyphosate n'est pas cancérogène. Les auteurs ? Des consultants du cabinet Intertek missionnés par Monsanto.

La méthode est terrifiante. Dans un mail du 8 février 2015 intercepté par les enquêteurs et révélé par Le Monde, William Heydens, responsable de la sécurité des produits chez Monsanto, adresse ses recommandations à Intertek : « J'ai passé en revue l'ensemble du document, et j'ai indiqué ce qui, selon moi, devrait rester, ce qui peut être supprimé et j'ai aussi fait un peu d'édition. J'ai aussi ajouté du texte. » Le prix de la santé publique...

Une bataille pour l'interdiction en Europe

Le renouvellement de la licence dans l'Union européenne du glyphosate fait actuellement l'objet d'un bras de fer à Bruxelles. Son autorisation actuelle s'achève fin décembre. Le comité d'experts chargé du dossier, où siègent des représentants des États membres, se réunit jeudi et vendredi à Bruxelles. Aucun vote n'est cependant attendu pour le moment, les positions des États membres restant trop floues.

À ce jour, la France est l'un des seuls pays, avec l'Autriche et l'Italie, à s'opposer publiquement à la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du produit. Le gouvernement français s'est cependant dit ouvert à une période d'autorisation réduite, à cinq ou sept ans par exemple. Le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, a déploré une « situation de blocage institutionnel ».

En cas d'absence de vote, la licence du glyphosate expirera fin décembre. Il sera toutefois encore possible d'y avoir recours pendant un an, le temps d'écouler les stocks. Les États membres gardent la possibilité d'interdire chez eux les produits contenant du glyphosate. En France, par exemple, son utilisation par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers va être proscrit à partir de 2019. Les agriculteurs y ont par contre largement recours et sont favorables à une nouvelle période d'autorisation de la substance, faute d'alternative, disent-ils, pour maintenir la productivité.

http://www.lepoint.fr/societe/roundup-revelations-sur-le-lobbying-de-monsanto-04-10-2017-2162078_23.php#section-commentaires

Posté par UPR Creuse à 10:04 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

La France va-t-elle rater la vente de 34 rafales à la Belgique à cause d'une série de bourdes ?

Le ministère des Armées et Dassault aviation pourraient être éliminés d'un appel d'offre du gouvernement belge qui souhaite renouveler sa flotte d'avions de chasse. Mais la France se serait affranchie des règles pourtant fixées par la Belgique.

ARG RAFALEBELGIQUELa France pourrait bien ne pas parvenir à vendre 34 avions de chasse Rafale à la Belgique en raison d'une série d'impairs. L'armée belge doit renouveler sa flotte vieillissante, une cinquantaine de chasseurs-bombardiers F-16 achetés en 1975 et a provisionné 3 milliards d'euros pour l'acquisition de nouveaux appareils, qui doivent être livrés à partir de 2023.

S'exprimant sur le dossier ce 4 octobre 2017, le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, a critiqué la candidature de la France. D'après lui, la Belgique s'exposerait à des «poursuites judiciaires» en prenant en compte l'offre française de lui vendre ses Rafale. Celle-ci ayant été formulée hors du cadre de l'appel d'offres lancé par le gouvernement belge, elle contreviendrait selon ce dernier, aux «principes de transparence, d'égalité de traitement et de non discrimination» des traités de l'UE.

La France joue en solo ?

Les chances de Dassault Aviation s'amenuisent donc face à ses concurrents, l'américain Lockheed et Eurofighter, soutenu par les britanniques. Sous le patronage du ministre des Armées, Florence Parly, la France ne se serait pas pliée aux règles fixées par le gouvernement belge, en proposant un «partenariat approfondi» avec la Belgique (hors du cadre de l'appel d'offres), sous la forme d'une alliance militaire et industrielle, d'après le quotidien Les Echos.

«Je tiens à préciser qu'aucune offre de prix, ni aucune réponse n'ont été transmises par la France aux 164 questions posées aux candidats», a ainsi déploré Stephen Vandeput qui faisait le point sur le dossier ce 4 octobre devant les députés de la Chambre des représentants belge. «Je ne vois aucun élément qui n'aurait pas permis à la France de remettre une proposition gouvernementale détaillée, conformément à ce qui était demandé dans le "RfGP" [en anglais, Request for government proposal, un document reprenant les appels d'offres de gouvernement à gouvernement]», a-t-il encore détaillé.

Querelles linguistiques

Et c'est d'ailleurs, aussi, une question de langue, qui pourrait faire trébucher Dassault et Florence Parly. Dans un pays où la question linguistique divise les Flamands et les Wallons, on préfère, pour les marchés publics, l'anglais afin de ne froisser personne. Là encore, la France s'est affranchie des coutumes locales, le ministre français des Armées rédigeant sa proposition, uniquement en français.

Pour autant, le ministre belge de la Défense n'a pas tout à fait fermé la porte. «C'est au gouvernement [fédéral de Belgique] de décider [de] ce qui doit se passer avec la lettre de ma collègue française», a-t-il tempéré. La Belgique se prononcera officiellement sur l'attribution du marché courant 2018.

https://francais.rt.com/economie/44193-france-pourrait-rater-vente-34-rafales-belgique


 

"La France n'a pas répondu à notre appel d'offres"

Remplacement des F16 Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, a constaté mercredi que la France n'avait pas répondu dans les règles à l'appel d'offres lancé par le gouvernement belge pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat destinés à remplacer les F-16 vieillissants. Il a souligné, dans le même temps, qu'il revenait au gouvernement fédéral dans son ensemble de répondre à une proposition de "partenariat approfondi" formulée début septembre par Paris autour du chasseur Rafale.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), a en effet dit constater que la France n'avait pas répondu dans les règles à l'appel d'offres lancé par le gouvernement belge pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat, un contrat d'Etat à Etat d'un montant initial estimé à environ 3,6 milliards d'euros à conclure en principe l'an prochain pour lequel seuls deux appareils restent en lice, le F-35 américain et l'Eurofighter européen.

Rien depuis mars

M. Vandeput a dans le même temps souligné qu'il revenait au gouvernement dans son ensemble de répondre à une proposition de "partenariat approfondi et structurant" formulée le 6 septembre par Paris autour du Rafale dans une lettre reçue de la ministre française des Armées, Florence Parly.

"Je ne vois aucun élément qui n'aurait pas permis à la France de remettre une proposition gouvernementale détaillée conformément à ce qui était demandé dans le RfGP (le Request for Government Proposal, l'appel d'offres lancé en mars par son département, ndlr)", a-t-il dit en commission de la Défense de la Chambre.

(...)

"Nous ne pouvons que constater que les Français ne souhaitent pas participer à la compétition telle que définie par la décision du Conseil des ministres du 17 mars (lançant l'appel d'offres)", a-t-il poursuivi. "C'est au gouvernement de décider ce qui doit se passer avec la lettre de ma collègue française", a-t-il encore dit.

M. Vandeput a rappelé que les agences gouvernementales américaine et britannique - qui proposent respectivement le chasseur furtif F-35 Lightning II du groupe Lockeed Martin et l'Eurofighter Typhoon du consortium rassemblant BAE Systems, Leonardo et Airbus Defence & Space (ADS) - ont en revanche remis le 7 septembre "conformément aux exigences du RfGP" une proposition gouvernementale à la cellule ACCaP (le bureau de l'état-major chargé du programme "Air Combat Capability Program") qui gère le dossier du remplacement du F-16.

L'agence dépendant du ministère français de la Défense, la DGA, n'a pas remis de proposition et n'a pas informé au préalable la Défense de ses intentions de ne pas remettre de proposition, a souligné le ministre.

Infraction


Selon lui, continuer à négocier avec la France en dehors du cadre de l'appel d'offres constituerait une "infraction" aux règles européennes de transparence, d'égalité de traitement (des offres) et de non-discrimination. "Cela exposerait l'Etat belge à la critique et à des poursuites", a-t-il dit.

Depuis la remise des offres américaine et britannique - cette dernière au nom du Royaume-Uni, mais aussi de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Espagne - , les experts du ministère de la Défense et du SPF Economie se sont attelés à leur validation.

Suivra la remise d'une proposition gouvernementale finale ("Best and Final Government Proposal"), prévue le 14 février 2018. Elle marquera la fin des négociations et des contacts avec les candidats et le début de l'évaluation proprement dite, qui sera réalisée par les experts des deux départements. "C'est sur base des résultats de cette évaluation qu'une recommandation motivée sera soumise au gouvernement", selon M. Vandeput.

Le choix définitif du nouvel avion de combat est attendu vers la mi-2018, avec des livraisons devant débuter en 2023.

Lire aussi

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3275672/2017/10/04/La-France-n-a-pas-repondu-a-notre-appel-d-offres.dhtml


 

Pour ceux qui veulent approfondir la question...


 

Dassault Aviation et son Rafale se lancent dans la compétition en Belgique

Le 17 mars 2017, à l'issue du Conseil des Ministres et sous l'impulsion du Ministre belge de la Défense Steven Vandeput, la Belgique a officiellement lancé son programme d'acquisition d'un nouvel avion de combat afin de remplacer ses vieillissants F-16A/B de la Composante Air.

Ce contrat, dont le montant estimé n'a pas été précisé, prévoit le remplacement des 54 F-16A/B Block 15 et Block 20MLU (Mid-Life Update) par 34 nouveaux avions de combat multi-rôles.

Lors de la publication de cette annonce, cinq avions de combat étaient en compétition pour tenter de décrocher le marché : Le Rafale (France et Dassault Aviation), le JAS-39E Gripen (Suède et Saab), le F-35A Ligthning II de Lockheed Martin et le F/A-18E/F Super Hornet de Boeing aux Etats-Unis et enfin le Typhoon (Eurofighter et Royaume-Uni).

Le 07 septembre, six mois plus tard et passé le dernier délai de dépôt des dossiers par les participants, la compétition vient officiellement de connaître les trois rivaux qui vont se disputer le marché.

  • Ceux qui se lancent, et ceux qui n'y vont pas

Le F-35A Lightning II et l'Eurofighter Typhoon ont répondu comme convenu à l'appel d'offres de la Belgique dans les temps, aux côtés du Rafale qui trace ici sa propre voie, tandis que le Super Hornet et le Gripen ont jeté l'éponge.

Cette compétition se fera sans l'appareil de Boeing, qui «a informé le gouvernement belge qu'il ne participerait pas aujourd'hui [19 avril 2017, NDLR] à la conférence des soumissionnaires, et ne répondrait pas à la demande de proposition pour un nouvel avion de chasse», expliquait l'entreprise dans un communiqué de presse.

L'avionneur américain regrette notamment que la Request for Government Proposal (RfGP) envoyée aux différents avionneurs de la compétition soit trop éloignée des capacités du Super Hornet, et qu'elle pousse vers des choix qui ne sont pas ceux proposés par Boeing.

Bien que cela ne soit pas officiellement exprimé, la question d'un arrangement commercial entre Boeing et Lockheed Martin peut être soulevée. En effet, Lockheed Martin a récemment subit de nombreux revers au Canada, où il espérait placer son Lightning II, et où l'espoir s'amoindrit de plus en plus, en raison notamment des déboires du programme Joint Strike Fighter (JSF) et de sa mauvaise image à Ottawa.

De plus, l'Aviation Royale Canadienne, en attendant la sélection de son prochain avion de combat, a fait le choix de commander 18 Super Hornet pour soulager les vieillissants CF-188 Hornet. Dans ce contexte là, Lockheed Martin avec son F-35 dégage-t-il de la place pour le Super Hornet de Boeing au Canada, tandis que Boeing laisse lui Lockheed Martin seul avec son F-35 en Belgique… ?

Concernant le suédois Saab et son JAS-39E/F Gripen, la Swedish Defense Material Administration a indiqué dans un communiqué de presse publié le lundi 10 juillet 2017 qu'elle se retirait de la compétition à l'issue de l'étude de la demande faite par la Belgique et sa Composante Air.

Stockholm justifie son choix en expliquant que la sélection par le Belgique demandait, dans son cahier des charges, la mise en place «d'un soutien opérationnel étendu de la part du pays offrant». Or, cette demande «nécessiterait un mandat de politique étrangère et politique qui n'existe pas aujourd'hui en Suède». «Par conséquent, la Suède et la Swedish Defence Material Administration ont choisi de ne pas répondre à la demande belge», conclut le communiqué.

  • Le défi pris par «l'Equipe France»

Si la France a décidé de participer à cette nouvelle compétition avec son Rafale F3R, ce n'est certainement pas dans le même cadre que les deux autres concurrents. En effet, face à l'appel d'offres belge, très critiqué car considéré comme étant taillé pour le F-35A, l'Equipe France a décidé de jouer la carte politique et de proposer à Bruxelles «la mise en place d’un partenariat approfondi», selon le communiqué du Ministère des Armées.

En effet, le ministère explique que ce partenariat franco-belge «pourrait prendre la forme d’un accord intergouvernemental, comprendrait la fourniture de l’avion de combat Rafale, mais aussi une coopération approfondie entre nos deux armées de l’air dans les domaines opérationnels, de formation et de soutien, ainsi qu’une coopération industrielle et technique impliquant des entreprises des deux pays».

Outre le domaine opérationnel, avec ce partenariat, Paris joue également la carte politique puisque Florence Parly, Ministre des Armées, affirme que cela «consoliderait la relation ancienne et profonde entre nos deux pays». Cette association «contribuerait au renforcement de l’Europe de la Défense et de son autonomie stratégique, à une période où celle-ci est plus que jamais nécessaire», ajoute-t-elle.

De son côté, Dassault Aviation annonce dans la même ligne directrice que celle du Ministère des Armées que l'avionneur français «et ses partenaires participent pleinement à l’offre globale de partenariat approfondi faite par les Autorités Françaises au Gouvernement Belge, en présentant le Rafale pour le remplacement des F-16 de la Composante Air de la Défense belge».

Dassault affirme que le Rafale «permettra à la Belgique de continuer à jouer pleinement son rôle de membre fiable de l’Alliance Atlantique, tout en apportant sa contribution à la sécurité de l’Union Européenne». Il est question ici de faire jouer la préférence européenne, notamment dans le cadre d'une Europe de la Défense (souvent bancale…), mais tout en conservant les relations militaires et diplomatiques avec Washington.

Par ailleurs, l'avionneur souligne que «le Rafale, avion de combat polyvalent de dernière génération, a démontré de façon incontestable sa totale interopérabilité OTAN en opérations de combat. Ses coûts d’acquisition et d’utilisation sont connus et sans surprise, et sa conception garantit à la Belgique de rester à la pointe de la technologie dans les 40/50 années qui viennent».

C'est ici une attaque aux nombreux problèmes techniques (viseur de casque et logiciels défaillants), retards dans la conception (système de désignation laser) et aux surcoûts que doit faire face Lockheed Martin dans le cadre du programme Joint Strike Fighter.

Enfin, la France joue aussi sur le plan économique avec une forte coopération et implication des filiales belges de Dassault. «Déjà largement implantés en Belgique depuis la fin des années 60, avec neuf entreprises filiales, plus de 3000 salariés belges dans des emplois à haute valeur technologique, un réseau de plus de 800 fournisseurs référencés et plus de 800 millions d’Euros de commandes annuelles à la Belgique, Dassault Aviation et ses partenaires proposent aux partenaires économiques des trois régions belges, une stratégie de coopération à moyen et long termes véritablement structurante pour l’avenir de l’industrie belge qui contribuera au renforcement de l’Europe de la Défense», a déclaré Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault.

Mais les bonnes intentions de Paris vont se retrouver face aux multiples exigences de Bruxelles et à des impératifs qui sont aujourd'hui difficilement contournables, comme la capacité d'emport de la bombe atomique B61.

Il y a quelques mois, Didier Reynders, le Ministre belge des Affaires Etrangères, expliquait publiquement «qu'au sein de l'Alliance, la Belgique a accepté, il y a cinq décennies déjà, que ses avions de combat possèdent aussi bien une capacité conventionnelle que nucléaire. Tenant compte d'une analyse réalisée en commun de la menace globale, l'OTAN nous demande de continuer à maintenir nos avions de combat disponibles pour d'éventuelles missions de cette nature. Nous comptons bien remplir toutes nos obligations dans ce cadre».

En France, le Rafale est un appareil capable d'effectuer des missions stratégiques avec son missile de croisière ASMP-A dans le cadre de la posture permanente de dissuasion nucléaire avec son utilisation par les Forces Aériennes Stratégiques, depuis la base aérienne 113 de Saint-Dizier. Mais cette capacité est strictement franco-française et les Etats-Unis devraient sans doute et logiquement refuser l'intégration (installation, capacité de tir, lignes de codes, etc…) de la bombe B61 sur le Rafale.

Outre le respect du contrat de la Belgique avec les missions OTAN, la Composante Air a noué des relations extrêmement fortes avec sa voisine, la Force Aérienne Royale Néerlandaise, tant sur le plan opérationnel que dans l'interopérabilité, alors qu'Amsterdam a d'ores et déjà commandé et reçu ses premiers F-35A.

En effet, les deux pays s'engagent à tour de rôle dans l'opération Inherent Resolve depuis la base aérienne d'Azraq, en Jordanie, afin de lutter contre l'organisation Etat Islamique. Avec un budget limité et une activité opérationnelle forte, les deux nations ont décidé de s'entendre afin de limiter les coûts.

De ce fait, les premiers déploiements avaient vu la présence simultanée des deux nations avec, entre autres, la mutualisation du stock des pièces de rechange, la maintenance des appareils, des procédures communes, etc… Par la suite, l'engagement s'est fait à tour de rôle. En clair, lorsqu'une nation engage ses F-16M/ABM pendant quelques mois, la seconde assure la protection du détachement, et vise-versa.

En outre, le 21 décembre 2016, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg ont signé le traité Renegade, qui doit assurer la protection mutuelle de leur espace aérien, et entré en vigueur le 1er janvier 2017.

La Défense belge expliquait alors que cet accord technique prévoit qu'à tour de rôle, deux F-16AM de la Force Aérienne Royale Néerlandaise ou de la Composante Air assurent la protection de l'espace aérien des pays du Benelux : Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, dépourvu de force aérienne.

Cette permanence opérationnelle (ou Quick Reaction Alert, QRA) alternée permettra «l'économie de moyens et de pilotes pour les deux forces aériennes», explique-t-on du côté des forces armées belges. Outre l'avantage certain, aujourd'hui, de l'utilisation du même chasseur et sans doute aussi demain avec l'arrivée du F-35 Lightning II, ce traité «signifie également que nous pourrons libérer des avions pour l'entraînement ou pour un engagement international si nécessaire».

Ce contrat, dont le montant est estimé à 3,573 milliards d'euros, prévoit le remplacement des 54 F-16A/B Block 15 et Block 20MLU (Mid-Life Update) par 34 nouveaux avions de combat multi-rôles.

Le nombre d'appareils à acquérir a été choisi à la suite de réflexions, dont l'une d'elle, précise le Ministère belge de la Défense, rappelle que les avions de combat de nouvelle génération ont de meilleures capacités au combat et que l'entraînement peut aussi se faire sur des simulateurs.

Parmi ces 34 avions de combat, la Composante Air doit pouvoir disposer de huit d'entres-eux 24/7 : six dans le cadre d'une opération à l'étranger (comme au Moyen-Orient avec Desert Falcon), ainsi que deux autres qui sont chargés d'assurer la souveraineté de l'espace aérien du BENELUX.

Selon les demandes effectuées par Bruxelles, le contrat devrait être conclu de gouvernement à gouvernement et les entreprises associées à ce projet devront être capables de soutenir ce programme jusqu'en 2030.

Ce programme est lancé aujourd'hui suite au vieillissement de la flotte des F-16A/B de la Composante Air.

Aujourd'hui, ces appareils ne disposent plus que d'un potentiel de 8 000 heures de vol afin de remplir leur contrat : missions d'entraînement et de formation, police du ciel, entraînement dans des exercices à l'étranger, et engagements opérationnels. Le Ministère belge de la Défense explique «qu'en tenant compte du temps de préparation pour une telle acquisition et celui de la livraison, la décision quant à ce nouvel avion doit être prise au cours de l'année 2018».

Par ailleurs, cette même source précise que l'âge avancé de la flotte n'est pas la seule raison quant à la sélection d'un nouvel avion de combat. En effet, actuellement, la mise en oeuvre des F-16 Fighting Falcon est suivie dans le cadre du Multinational Fighter Program (MNFP), qui comprend les Etats-Unis et une grande partie des états européens équipés de F-16A/B MLU.

«Étant donné que plusieurs pays partenaires du MNFP ont déjà choisi le successeur de leurs F-16, la suppression progressive de cette coopération est inévitable», est-il avancé.

En outre, «la disparition progressive de ce programme de coopération fera que l'entretien de la flotte de F-16 sera de plus en plus compliqué et coûteux, ce qui entraînera inévitablement une incidence sur son niveau de disponibilité, et donc la pertinence des capacité de combat des F-16 belges lors de leurs déploiements en opération».

http://www.defens-aero.com/2017/09/dassault-aviation-rafale-competition-belgique.html

Théoriciens de la destruction des Etats- Nations (2)

Deuxième partie de notre exploration des précurseurs, théoriciens de la destruction des Etats- Nations

ARG DESTRUCTION NATIONSNorthcote Parkinson et Freddy Heineken

JPEG - 24.3 ko
Cyril Northcote Parkinson (1909-1993).

Par la suite, un autre haut fonctionnaire de l’empire britannique, l’historien de la marine anglaise Cyril Northcote Parkinson (1909-1993), reprendra à son compte la thèse de Kohr. Si ce dernier voyait d’un bon œil la multiplication des administrations permettant à plein de gens de se penser importants, Parkinson y voyait le contraire, affirmant que les grands états créent d’énormes bureaucraties (sa « loi de Parkinson ») à l’opposé de petites entités sous la coupe de monarques qui eux savent gérer avec peu de personnel.

(...)

JPEG - 24 ko
Le magnat néerlandais de la bière Freddy Heineken (1923-2002).

Ensuite, à un moment donné, le parcours de Parkinson a croisé celui du roi de la pub hollandais, le magnat de la bière Freddy Heineken (1923-2002), selon certains en bons termes avec François Mitterrand. Heineken raconte dans une lettre qu’après sa rencontre avec Cyril Northcote Parkinson, il décide d’engager une équipe de géographes hollandais pour redessiner la carte de l’Europe suivant les critères défendus par ce génie.

Quelques semaines après la signature des accords de Maastricht, Heineken publia d’ailleurs un pamphlet Les Etats-Unis d’Europe (une Eurotopia ?) où il préconise la division de l’Europe en 75 régions ou mini-états possédant une taille dite « optimale » d’environ 5 à 7 millions d’habitants, parfaitement fidèle à l’esprit de Kohr.

PNG - 459.9 ko
La carte Heineken-Wesselink divisant l’Europe dans une myriade de mini-Etats d’environ 5 million d’habitants chaque.

 La carte Heineken-Wesselink

Ce projet provoqua beaucoup de bruit. Heineken s’est même vu dans l’obligation de faire redessiner sa carte après que le gouvernement grec, consterné par la taille inquiétante qu’avait pris la Macédoine sur sa carte, déclara un embargo sur sa bière.... Certains serbes restent eux aussi assez intrigués par la similitude frappante entre la carte de Heineken et les frontières actuelles tracées par les diplomates à la fin de la guerre des Balkans.

Dans son pays natal, la carte d’Heineken a également fait débat, car la Belgique n’y est même pas divisée entre Flamands et Wallons (à l’horizontale), mais la logique d’un retour à des « nations » anciennes imposerait la réunification (à la verticale) du Brabant néerlandais avec le Brabant belge et de la province néerlandaise de la Hollande avec les Flandres belges et les Flandres françaises...

 La globalisation à l’assaut de l’état-nation

Si jusqu’à ce jour des chefs d’états comme De Gaulle, ou d’autres, considéraient ses plans comme des foutaises maléfiques ou comme des simples hypothèses de lycéens attardés, les nouveaux facteurs économiques de la mondialisation font en sort que ce qui semblait loufoque et utopiste hier, risque malheureusement de se réaliser devant nos yeux.

D’abord, dans ses applications sur le terrain, la « mondialisation » a administré des véritables coups de bélier contre les états : les privatisations des grandes entreprises privées et publiques, les fusions acquisitions avec des groupes transnationaux et la politique des délocalisations effacent tout attachement sentimental qu’une population peut avoir avec l’état-nation qu’elle habite.

Ainsi, la Belgique, pour ne pas la nommer, a vu « s’évaporer » des secteurs nationaux entiers : Le groupe français Suez Lyonnaise des Eaux acquiert la totalité de la Société Générale, jadis le plus grand acteur économique du pays (à une époque 60 % de l’activité du pays). Le géant pétrolier anglo-français Total prend le contrôle de Petrofina, ING achète la Banque Brussel Lambert belge, le groupe français Usinor prend le contrôle de la société belge Cockerill Sambre, la banque française Dexia met la main sur le Crédit Communal et le géant français de l’assurance Axa acquiert la Royale Belge. Les forges de Clabecq sont fermées, les délocalisations font disparaître Renault Vilvoorde et la compagnie aérienne belge Sabena dépose le bilan après l’échec de l’alliance avec Swissair. Loin de faire naître des petits pays, et lors de l’occupation nazie, pendant qu’on promet aux crédules une « Flandre autonome » ou une « Wallonie indépendante » la mondialisation financière « évaporise » le plat pays.

Ensuite, jusqu’ici deux questions majeures avaient fortement retenu les candidats à la sécession : celle de frapper sa propre monnaie -une entreprise assez périlleuse, et la nécessité de pouvoir garantir l’accès à un grand marché pour pouvoir vendre ses produits. Cependant, il s’avère qu’aujourd’hui, si les candidats à l’indépendance font partie d’une « zone monétaire », tout devient possible -comme le disait Sarkozy.

 Robert Mundell et les zones monétaires optimales

JPEG - 36.3 ko
L’économiste canadien néo-Keynesien Robert Mundell.

En Europe, il est à remarquer qu’un des « pères de l’Euro » et donc de la banque centrale européenne a été l’économiste canadien néo-Keynesien Robert Mundell, né en 1932, prix Nobel d’économie en 1999, lui aussi sorti de la London School of Economics et actuellement professeur à l’Université Columbia à New York. Parmi les disciples de Mundell, on trouve le directeur actuel de la banque d’Italie Mario Draghi (champion des privatisations imaginées entre copains sur un yacht de luxe du nom de Britannica).

Pendant la gouvernance Berlusconi, Mario Draghi était un des hauts responsables de la banque d’affaires new-yorkaise Goldman Sachs pour l’Europe avant de redevenir le directeur de la banque centrale italienne sous Prodi. L’autre disciple de Mundell est l’ancien PDG de LTCM Alberto Giovannini, dont la firme spéculative, par sa faillite spectaculaire en septembre 1998, a failli conduire tout le système financier mondial à un « Tchernobyl financier ».

En « sciences économiques », Mundell a été avec Marcus Fleming à l’origine de « la théorie des zones monétaires optimales ». Dès 1960, donc trois ans après la création de la CEE et de la publication du livre de Kohr, Mundell affirme que pour que des zones économiques soient « optimales », il est nécessaire que les pays qui les composent n’aient pas de différentiel d’inflation, ne subissent pas de chocs asymétriques mais au contraire connaissent une libre circulation des individus (facteur travail) et des flux financiers (facteur capital).

Vous voyez d’où viennent aussi bien la directive Bolkestein (facteur travail) que les fameux « critères de convergence » purement monétaires (facteur capital) imposés préalablement à l’introduction de l’euro... et totalement contreproductifs du point de vue de l’économie réelle. Comme nous l’avons montré, le fait de faire partie d’une zone monétaire facilite fortement l’éventualité d’une sécession. Le deuxième facteur, implicite dans le premier, reste la question, pour un nouveau pays en rupture de ban, de disposer d’un marché autre qu’un marché domestique ou national. La transformation de l’Europe en une vaste zone de libre échange en osmose avec la mondialisation leur offre un marché Europe intégré dans un marché monde.

 Le cas de la Belgique

JPEG - 107 ko
Couverture du livre d’Alberto Alesina et Enrico Spolaore : "La taille des nations"

Ces thèses destructrices sont au cœur de la décomposition de la Belgique. Elles le sont à travers The Size of Nations, un livre provocateur publié en 2003 au MIT par deux économistes italiens de grand renom travaillant aux Etats-Unis : Alberto Alesina, chef de la section économie à Harvard et Enrico Spolaore de l’Université Tufts.

Tous deux ont travaillé pour le FMI et la Commission Européenne et ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research(NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations patriciennes directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson). Notez ici qu’en juin 2005, Alesina s’est rendu avec Mundell en Chine où ce dernier travaille comme conseiller auprès du gouvernement.

JPEG - 123.2 ko
L’économiste Alberto Alesina.

Faisant la synthèse entre Kohr et Mundell, les deux auteurs affirment que les frontières d’une nation ne résultent surtout pas d’un vouloir vivre en commun , essence de toute république, mais d’un simple marchandage pragmatique sur les avantages de la taille et le coût de la gestion d’un territoire hétérogène.En bref, on applique l’analyse coût/bénéfice utilisé (souvent stupidement) en entreprise à la gestion de ce qu’ils pensent être la bête humaine. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.) les auteurs s’interrogent sur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend essentiellement de l’ouverture de ce pays au commerce ».

De là, évidemment, par pure logique aristotélicienne, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possède le monde comme marché » et que, par conséquent écrivent-ils, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». La chose est dite : la mondialisation (l’intégration économique et financière), conduit, par sa propre nature, à la décomposition des nations. On saisit mieux pourquoi TheSize of Nations est devenu en Belgique le livre de chevet des indépendantistes flamands.

Frans Crols, le directeur flamand de la revue économique influente Trends et indépendantiste de coeur résume assez bien les conclusions du livre :

En 2004 a été publié The Size of Nations d’Alberto Alesina et Enrico Spolaore, deux économistes italiens qui enseignent dans des grandes universités américaines. Spolaore a été chercheur pendant quelques années à l’Université Libre de Bruxelles. La question qui intriguait Alesina et Spolaore était : sur le fédéralisme et la décentralisation il y a des tas d’études et des textes. Sur le phénomène de l’apparition de plus en plus rapide de nouveaux états, aucun manuel n’existe, aucun texte qui puisse les guider. Voilà à quoi essaie de répondre le livre très bien accueilli The Size of Nations. Quelles en sont les conclusions :

  • Il existe plus de nations dans un monde démocratique que dans un monde non-démocratique (la démocratie fait tâche d’huile et le nombre de pays indépendants continuera à s’accroître. [En 1945 : 74 pays indépendant, en 2003 : 193]
  • Le nombre de pays va continuer à croître parce que des grandes zones de libre échange voient le jour comme l’Union Européenne et le Nafta (ALENA : Association de libre échange nord américain). Pour le Québec, rien ne changera avant ou après une séparation avec le Canada car il continuera à faire partie de l’Alena ; pour les Flandres, rien ne changera car, et la Flandre, et la Wallonie continueront de faire partie du marché unique européen et de l’UE ;
  1. Les coûts de l’hétérogénéité d’un pays peuvent devenir tellement élevé que les citoyens d’une sous division plus homogène décident de faire baisser les coûts en érigeant ensemble un low cost country basé sur plus de cohésion, plus de capital social, moins de disputes et moins de pertes de temps. »

Frans Crols est un des auteurs du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe, publié en décembre 2005 par le think-tank flamand In de Warande , qui exige, sur la base d’un argumentaire « purement économique », la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, tandis que Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

Nous avons documenté ailleurs la nature néo-conservatrice de leur projet qui vise surtout à mettre fin à un des meilleurs systèmes de protection sociale du monde. Si après 1960 le transfert d’argent (à ne pas confondre avec la richesse) s’est inversé entre les Wallons et les Flamands, l’argent a été essentiellement utilisé pour renflouer des grands groupes financiers au détriment des populations.

Retenons simplement ici le fait que, statistiques à l’appui, le manifeste de In de Warande étoffe l’argumentaire de The Size of Nations. Ce manifeste vient-il de simples militants indépendantistes flamands ? Non, le président du think-tank flamand est le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés et administrateur d’une société minière spécialisée dans le cuivre, et ces membres sont des patrons plutôt de droite parfois membres investis dans des partis sécessionnistes.

Point étonnant donc qu’Enrico Spolaore, un des co-auteurs de The Size of Nations fut sollicité en juin 2005 à ouvrir les travaux d’un colloque au parlement flamand. Lors du débat, Bart de Wever, le président du parti indépendantiste Nieuw-Vlaamse Alliantie (ex-Volksunie), affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...).

Le drame de la Belgique est le fait que De Wever, un historien formé à l’Université de Leuven qui se réclame de l’idéologie du penseur réactionnaire Edmond Burke, fait aujourd’hui partie des négociateurs officiels chargés de former un gouvernement d’une Belgique dont il souhaite la mort... Sa présence à l’enterrement du fondateur de Vlaams Blok Karel Dillen en mai 2007, en présence de Jean-Marie Lepen, mérite également réflexion.

Le 6 septembre 2007, The Economist de Londres, qui avait publié les premiers articles de Northcote Parkinson et très bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans aucune honte dans un article « C’est le moment d’en finir » que :

Le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour. Les belges ne devraient pas se sentir tristes. Les pays viennent et s’en vont.

Comme sous l’occupation, les indépendantistes se font des grosses illusions en pensant que le diable va leur offrir une « belle petite république ». Nous leur donnons comme seul conseil de ne pas lire que les premières pages des œuvres de Kohr et d’Alesina, mais aussi les dernières...

http://www.solidariteetprogres.org/kohr-europe-regions

A suivre.

La Catalogne et le Kosovo : qui sème le vent récolte la tempête

Le précédent du Kosovo a jeté «dans les poubelles de l’histoire» les principes du droit international, autrefois stables, qui interdisaient la déclaration unilatérale d’indépendance. Selon John Laughland, l’Espagne en subit les conséquences.

 

ARG ESPAGNE CATAALOGNEIl semble inévitable que les autorités catalanes déclareront bientôt leur indépendance et que l’Etat espagnol répondra en abrogeant l’autonomie de cette région, licenciant ainsi les indépendantistes. Dans cette hypothèse, de futures confrontations entre la police et les indépendantistes sont à craindre. Celles qui ont été filmées et diffusées le 1er octobre, le jour du référendum, ont déjà fait réagir. La condamnation de la violence et les appels au dialogue sont de mise.

Quel contraste avec le silence total à l’égard de l’extrême violence utilisée contre les indépendantistes à l’Est de l’Ukraine, dans le Donbass, contre lesquels Kiev a déployé non seulement la police mais aussi son armée. Si Madrid envoie l’armée espagnole à Barcelone, les commentateurs hurleront que c’est le retour du franquisme.  Ils évoqueront la gloire de la Barcelone républicaine pendant la guerre civile espagnole et l’héroïsme des brigades internationales. Mais quand Kiev déploie des milices nazies contre les indépendantistes, on n’en parle pas, et on passe sous silence le caractère clairement aveugle des bombardements qu’ont subi les villes rebelles. Le jour où il y aura une Anna Tuv catalane, tout le monde sera au courant : mais la triste histoire de cette femme ukrainienne, victime des bombardements ukrainiens qui ont tué sa fille et son mari en 2015, reste totalement inconnue au grand public.

En réalité, le soutien aux mouvements indépendantistes est toujours à géométrie variable – c’est-à-dire totalement contradictoire. Particulièrement criantes sont les incohérences qui interviennent quand une sécession en cache une autre. Quand la République soviétique de Moldavie proclama sa souveraineté en août 1991, c’était bien. Mais quand la République de la Transnistrie déclara son indépendance de la Moldavie en 1992, ce n’était pas bien. Quand la Bosnie-Herzégovine fit sécession de la Yougoslavie, c’était très bien. Mais quand la République serbe fit sécession de la Bosnie-Herzégovine, l’ONU envoya ses casques bleus sur le terrain pour l’en empêcher, et cela pendant trois ans de guerre. Quand les Etats-Unis proclamèrent leur indépendance de la Grande-Bretagne, de nouveaux horizons s’ouvrirent pour toute l’humanité ; mais quand les Etats confédérés déclarèrent leur indépendance des Etats-Unis, le monde fut plongé dans une nouvelle ère de ténèbres. Aujourd’hui encore, on enlève les statues de leurs généraux, tellement honnie est la cause pour laquelle ils se battirent. On peut multiplier les exemples de sécessions condamnées (Rhodésie, Chypre-Nord) ou soutenues (Timor Oriental, Soudan du Sud) quasiment à l’infini.

Dans ces conditions de désarroi intellectuel, il peut sembler fastidieux de parler de droit. Cette approche, qui est celle de Madrid, peut vite tourner au vinaigre car nous savons depuis le dialogue mélien raconté par Thucydide que les grands enjeux en politique sont décidés non pas par le droit, mais par la force. Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères français au moment de la crise de Fachoda en 1898, où l’armée britannique expulsa les troupes françaises d’un poste militaire dans le sud du Soudan, résuma fort bien le dilemme ainsi : «Ils [les Britanniques] ont des soldats. Nous n’avons que des arguments.» Or, les Catalans sont sans doute moins forts sur le plan militaire que l’Espagne mais ils ont aussi des armes de propagande non négligeables, dont la plus efficace est leur soi-disant statut de victimes.

Mais il existe une bonne jurisprudence sur la question de l’indépendance : à part les situations de colonialisme, ou les cas de violations graves des droits de l’homme, la jurisprudence internationale considère qu’il n’y a pas de droit général à l’indépendance unilatérale ou à la sécession. L’intégrité territoriale des Etats existants, surtout si ceux-ci sont démocratiques et respectueux de l’Etat de droit, ne peut être remise en cause par une déclaration unilatérale, qu’elle soit la conséquence d’un référendum ou non. L’un des précédents judiciaires les mieux connus pour cette position est l’arrêt de la Cour suprême du Canada de 1998 qui a stipulé que le Québec ne disposait pas d’un droit unilatéral d’indépendance : «Le Québec ne pourrait, malgré un résultat référendaire clair, invoquer un droit à l’autodétermination pour dicter aux autres parties à la fédération les conditions d’un projet de sécession.» Venant d’un pays éminemment démocratique, cet arrêt faisait autorité aussi dans le droit international, qui dans ses propres documents confirme, de manière explicite et répétée, le principe de l’intégrité territoriale des Etats (ex : Article 2.4 de la Charte de l’ONURésolution 2625 de l’Assemblée générale de l’ONU du 24 octobre 1970).

Certes, dans l’histoire des relations internationales, ces principes sont des coutumes que les grandes puissances pensent qu’il est plus honorable de violer que d’observer. Mais cette relative stabilité du droit international a volé en éclats en 2010 à cause d’un arrêt hautement regrettable de la Cour internationale de justice, l’organe judiciaire suprême de l’ONU et une instance qui, jusqu’à cette date avait agi en tant que gardien respectable du droit international. Saisi par l’Assemblée générale de l’ONU sur la question de la licéité de la déclaration de l’indépendance du Kosovo en 2008, une question à laquelle la Serbie était convaincue qu’une seule réponse était possible car le statut de sa province méridionale était gouverné par une résolution du Conseil de sécurité, la résolution 1244 de juin 1999, et parce que son initiative avait recueilli une grande majorité de voix des Etats membres de l’ONU au sein de l’Assemblée générale, la Cour internationale de justice, à la grande déception de Belgrade, statua que cette déclaration ne violait «aucune règle applicable du droit international».

Or, nous savons que les mains de ceux qui rédigèrent la déclaration du Kosovo de février 2008 furent tenues par les Etats membres de l’Union européenne (avec quelques exceptions, dont l’Espagne), qui gouvernera désormais la province par le biais d’une nouvelle agence, EULEX, et par les Etats-Unis, véritable auteur de la guerre de l’OTAN de 1999, dont la conséquence était l’occupation de cette province par ses troupes. La fameuse déclaration d’indépendance du Kosovo, d’ailleurs, est en réalité une déclaration de dépendance de la province à l’égard de l’OTAN et de l’UE, qui font partie de la minorité des Etats reconnaissant cette indépendance. Ces grandes puissances avaient-elles réussi à peser sur les réflexions des juges à La Haye, peut-être par l’intermédiaire du juge britannique, Sir Christopher Greenwood, ancien professeur de droit qui travaillait en cachette pour le gouvernement de Tony Blair et qui était à l’origine du célèbre avis légal du gouvernement britannique en 2003 proclamant la guerre en Irak légale ?

Ce qui est certain, c’est que l’affirmation de certains gouvernements pro-kosovars selon laquelle le Kosovo serait un cas unique qui ne fournirait aucun précédent à d’autres déclarations d’indépendance est parfaitement mensongère. La Cour ayant conclu qu’aucune règle de droit international n’avait été violée par cette déclaration, il faut par définition arguer – comme le fait la Cour – que le droit international ne contient aucune interdiction générale applicable aux sécessions unilatérales. Celles-ci sont donc autorisées et la sauvegarde de l’intégrité territoriale des Etats est lettre morte. L’arrêt canadien se trouve désormais dans la poubelle de l’histoire.

Nous savons depuis la sécession de la Crimée en 2014 quelles sont les conséquences de cet arrêt : il est moralement intenable de soutenir la sécession en 2008 du Kosovo d’un Etat, la Yougoslavie, qui était devenu parfaitement «démocratique» (aux dires de l’Occident) en 2000, mais de condamner la sécession de la Crimée de l’Ukraine putschiste en 2014. Cet arrêt a donc mis le feu aux poudres et nous en voyons maintenant les conséquences au sein même de cette Europe qui, l’Espagne comprise, avait attaqué la Yougoslavie en 1999. Autrement dit : qui sème le vent récolte la tempête.

John Laughland | 4 oct. 2017

John Laughland est directeur des Etudes à l’Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

Source: https://francais.rt.com/opinions/44156-catalogne-kosovo-qui-seme-vent-recolte-tempete

http://arretsurinfo.ch/la-catalogne-et-le-kosovo-qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete/

Posté par ddupr à 08:57 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Le référendum en Catalogne est légal, selon une vice-présidente du Parlement européen

Pour la vice-présidente verte autrichienne du Parlement européen, Ulrike Lunacek, le référendum d'autodétermination en Catalogne est légal, même s'il aurait dû être concerté avec les autorités centrales de l'Espagne.

1033273206Le référendum d'autodétermination en Catalogne est, en principe, légal, mais de tels évènements doivent être organisés avec le consentement des autorités centrales, a affirmé l'Autrichienne Ulrike Lunacek (Verts), vice-présidente du Parlement européen.

«En principe, le référendum est légal, mais, comme le prouve l'exemple de l'Écosse, il doit se faire en concertation avec Madrid. Dans le même temps, le gouvernement central doit enfin cesser de bloquer le dialogue», a-t-elle souligné dans sa déclaration.

Elle a ajouté qu'elle était bouleversée par la dégradation de la situation en Catalogne.

«Je condamne résolument l'emploi de balles en caoutchouc et de matraques par les forces de l'ordre espagnoles et j'appelle à la désescalade. Dans le même temps, avec le groupe des Verts au Parlement européen, j'exhorte la Commission européenne à assurer immédiatement la médiation entre le gouvernement central espagnol et le gouvernement régional catalan», a poursuivi Ulrike Lunacek.

Elle a estimé «inacceptable que dans l'Union européenne du XXIe siècle un référendum d'autodétermination tourne à la guerre civile».

Plus de 460 personnes ont été blessées dimanche dans les heurts survenus en Catalogne le jour du référendum sur l'autodétermination, a annoncé la maire de Barcelone, Ada Colau. Le porte-parole du gouvernement, Jordi Turull, a imputé la responsabilité des heurts au Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy.

Dimanche 1er octobre, les autorités catalanes organisaient un référendum sur l'indépendance. La Cour constitutionnelle d'Espagne a suspendu tous les documents adoptés par la Généralité et le Parlement de Catalogne relatifs au vote, déclarant illégales toutes les actions des autorités catalanes visant à préparer le référendum.

https://fr.sputniknews.com/international/201710011033284009-catalogne-referendum-vice-presidente-parlement-europeen/

Posté par UPR Creuse à 08:42 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Macron et Hollande: Alstom une trahison d’État aux très graves conséquences – Interview d’Eric Dénécé

Eric Dénécé, ancien directeur du renseignement français, explique comment les autorités françaises PS et LR (notamment Hollande et Macron) se sont entendues pour trahir les intérêts de la France et vendre pour une bouchée de pain Alstom qui fabrique désormais sous licence américaine une partie essentielle de la chaine du nucléaire français rendant la France complètement dépendante des USA dans ce domaine qui recoupe les domaines civils et militaires de la filière.

ARG DENECE ALSTOMParmi les dirigeants des grandes nations, seul Vladimir Poutine a dénoncé clairement les manœuvres américaines exercées par le biais du Département de la Justice américain; la Russie a pris et continue de prendre des dispositions pour lutter contre cette oppression de puissance dominante et en tout cas ne s’y soumet pas. C’est aussi pour lutter contre ces abus scandaleux des Américains exercés de la même façon par le biais du dollar que les pays des BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) mettent en place peu à peu un système monétaire de transaction qui échappe au dollar.

Par exemple: en 2003, alors que la France avait refusé de soutenir les USA dans leur volonté d’envahir l’Irak, ceux-ci par mesure de rétorsion avaient refusé de continuer à fournir la partie américaine des pièces détachées de l’armement français. Or à cette époque l’armement militaire français ne dépendait qu’à 3% de pièces détachées américaines, les 97% restants étant entièrement fabriqué en France. Néanmoins, rien que ces 3% empêchaient les avions du porte-avion nucléaire Charles de Gaulle de décoller. Aujourd’hui, avec la vente d’Alstom et sans la fourniture américaine c’est le porte-avion en entier qui ne peut plus bouger. De plus, aujourd’hui, la France ne peut plus vendre de centrales nucléaires puisqu’une partie de celles-ci dépendent des pièces d’Alstom (essentielles)  aujourd’hui aux mains des Américains. Avec la main-mise US sur Alstom, les Américains sont passés maîtres dans le domaine à la place de la France.

Écouter l’ interview d’Eric Dénécé à 7 minutes sur la vidéo ci-dessous, auparavant la journaliste fait la présentation de l’affaire.

Le gouvernement français au service des entreprises américaines ?

Diffusé en direct le 27 sept. 2017

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=qs9FpyyCn14

Comme l’explique Eric Dénécé, le Département de la Justice américain a fait main basse sur Alstom en accusant Alstom de corruption et en le condamnant à une amende phénoménale, impossible à payer. Pour s’en défendre il aurait fallu une volonté politique de la part des autorités françaises. Mais au contraire (hormis partiellement Arnaud Montebourg), celles-ci se sont faites acheter. Et notamment Emmanuel Macron qui en contre-partie de son autorisation de vente a eu la présidence française offerte sur un plateau par les USA et l’oligarchie apatride qui est à sa tête, grâce aux innombrables manipulations exercées contre les électeurs incapables de discerner ces diableries.

Une mafia politique dirige la France

Le documentaire de LCP est à regarder en entier directement sur la chaine en cliquant ICI. Le documentaire est beaucoup plus directement accusateur en direction de Macron et de Hollande avec vidéo à l’appui, qu’Eric Dénécé n’ose le dire nommément. Il démontre comment la Gauche et Les dirigeants Républicains (ex-UMP) ont été complices pour liquider à leurs profits particuliers ce fleuron de l’industrie française ainsi que le précise Eric Dénécé. Une complicité en liaison avec les grandes banques cosmopolites, le Département de la Justice américain et l’Union européenne. Actuellement Airbus, Technip, Alcatel, Sanofi sont en train de subir le même processus et d’autres fleurons de l’industrie qui restent encore français sont dans le viseur du Département de la Justice américain. On comprend pourquoi cette mafia politique tient à garder par tous les moyens, même les plus odieux, les commandes de la France. Cela explique le Front républicain auquel Mélenchon et Fillon ont largement contribué. Et qui a une fois de plus aveuglé les électeurs qui n’ont plus qu’à payer de leurs deniers. Mais grâce au Front républicain la France est devenue le royaume des aveugles.

Macron qui -était encore secrétaire général de l’Élysée- est directement accusé d’avoir défendu les intérêts américains contre les intérêts français en toute complicité avec François Hollande alors président de la République qui le chapeautait.

Il faut se rappeler que lorsque Marine Le Pen l’a accusé d’avoir signé l’autorisation de vente d’Alstom lors du discours de l’entre-deux-tours de la présidentielle, Emmanuel Macron a eu la fourberie et le culot monstre de soutenir sans sourciller qu’il était innocent de cette vente.

Voir aussi ce documentaire qui explique bien la responsabilité entière d’Emmanuel Macron:

Comment Macron a vendu Alstom aux américains

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=dOnGH9v-oIA

http://www.medias-presse.info/macron-et-hollande-alstom-une-trahison-detat-aux-tres-graves-consequences/80674/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi%5F212

Posté par UPR Creuse à 08:33 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Vidéos du jour

François Asselineau invité au Sommet de l'élevage 2017 à Clermont-Ferrand

VID FA CLERMONT PYR RENTREE

https://www.youtube.com/watch?v=5Ud1zXnJCuY

Ajoutée le 4 oct. 2017

Débat public à Clermont-Ferrand sur la chaîne www.tvagri.info, présenté par Jean-Paul Hébrard.
Invités :
- Dominique Fayel, FDSEA Aveyron
- Jean-Marie Séronie, agro-économiste
- François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine

Voir aussi:


 

Pierre Yves Rougeyron entretien de septembre 2017 partie 1

Cercle Aristote

https://www.youtube.com/watch?v=1KIpAxVEDFg


 

Enfin, je vous propose également:

invit pierre hillard

Pierre Hillard sur Radio Libertés (21 septembre 2017)

https://www.youtube.com/watch?v=15aTloEBpGA

Pierre Hillard dans l'émission de "Synthèse nationale" le 21 septembre 2017 sur Radio Libertés animée par Roland Hélie et Philippe Randa. La radio : https://www.tvlibertes.com/radio-libe... Son dernier ouvrage : « Atlas du mondialisme ». Disponible ici : http://bit.ly/2qwM06L

Posté par UPR Creuse à 08:08 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,