mercredi 4 octobre 2017

Les Insoumis ne veulent plus voir le drapeau européen à l'Assemblée

LE SCAN POLITIQUE - Les députés emmenés par Jean-Luc Mélenchon ont déposé un amendement pour modifier le règlement de l'Assemblée visant à ne permettre que la présence du drapeau national et de celui de l'ONU.

XVMf9114574-a84a-11e7-8269-811617cc40e3Lors de son arrivée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à la tête des députés de la France Insoumise nouvellement élus le 20 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon a été pris d'un coup d'humeur. Au-dessus du perchoir du président de l'Assemblée sont alors mêlés le drapeau tricolore et celui de l'Union européenne. «Franchement, on est obligés de supporter ça? C'est la République française, c'est pas la vierge Marie là», s'emporte alors l'ancien sénateur socialiste, visiblement excédé devant ses collègues surpris. Le chef de file de la France Insoumise et ses députés ont décidé de ne «plus supporter ça» à l'avenir: ils ont déposé un amendement visant à modifier le règlement de l'Assemblée afin que l'emblème européen ne puisse plus figurer dans l'enceinte du Parlement.

Dans l'amendement CL25, déposé le 29 septembre dernier, on peut lire: «Seuls peuvent être présents dans l'hémicycle le drapeau tricolore de la République française, au titre de l'article 2 de la Constitution, et le drapeau de l'Organisation des Nations unies, symbole de l'engagement international de la France pour le multilatéralisme et la paix». «Cet amendement permet de préciser la symbolique actuelle présente dans l'hémicycle. En effet, s'il est bien évidemment fondamental que notre drapeau tricolore bleu, blanc, rouge (article 2 de la Constitution, qui le consacre comme emblème national) soit présent dans l'hémicycle, il apparaît tout aussi fondamental qu'il soit seulement complété par le drapeau de l'Organisation des Nations unies, là aussi en application de la Constitution, au titre du Préambule de 1946», précise l'exposé du texte.

Il s'agirait de permettre à la France de conserver son rayonnement international, en restant «en phase avec son projet politique historique d'indépendantisme et de promotion de la paix». Elle ne peut y parvenir «que si elle dépasse tout ancrage régional et zonal pour seulement aspirer à soutenir et construire la concorde mondiale», estiment les élus. «Seule cette double articulation: peuple français - peuples du monde, France - Organisation des nations unies, permet d'encadrer sereinement les débats de l'Assemblée nationale, dans cet esprit d'indépendance et de promotion de la paix qui, seul, fait honneur à nos valeurs républicaines», arguent encore les députés LFI.

La bête noire des souverainistes de tout poil

Il faut rappeler que ce n'est que durant la présidence Hollande que le drapeau bleu étoilé s'est durablement invité à l'intérieur du Sénat et de l'Assemblée nationale. Lorsqu'il était président de l'Assemblée, Bernard Accoyer avait essayé de l'introduire en vain. Le bureau du Palais Bourbon avait bloqué l'initiative, par le vote de deux PS et un UMP notamment. Un peu plus tard, en 2010, Nicolas Dupont-Aignan avait posé une question à l'Assemblée nationale pour demander que le drapeau européen soit retiré des édifices publics lors de la célébration des fêtes nationales. Le 2 juillet dernier sur France 3, ce dernier estimait encore que le drapeau étoilé n'avait pas sa place à l'Assemblée.

Ce rejet du drapeau européen n'est pas du tout l'apanage de la France Insoumise. En avril dernier, alors qu'il était encore numéro 2 du FN, Florian Philippot l'avait qualifié de «torchon oligarchique». En pleine présidentielle, lors d'un passage sur TF1, Marine Le Pen avait aussi exigé que soit retiré le drapeau européen prévu en arrière-plan. Elle avait également précisé au magazine Causeur qu'elle souhaitait «interdire le drapeau européen sur les bâtiments officiels». Ce que certains maires FN ont d'ores déjà anticipé en l'enlevant du fronton de leurs mairies, comme ce fut fait à Fréjus.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/10/03/25001-20171003ARTFIG00205-les-insoumis-ne-veulent-plus-voir-le-drapeau-europeen-a-l-assemblee.php


 

OUTIL EMBLEEME NATIONAL

Contrairement aux "souverainistes" de gauche ou de droite, "radicales" ou pas, l'UPR considère que le drapeau européen ne doit apparaître nulle part parce qu'il est inconstitutionnel. Sans parler de la sortie effective de l'UE par l'article 50 du TFUE.

P.G

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L'UE va débloquer deux millions d'euros pour soutenir l'adhésion de la Serbie et du Kosovo

Bruxelles a décidé d'allouer plus de deux millions d'euros pour une campagne d'information en Serbie et au Kosovo, qui aura pour but de sensibiliser la population à l'intégration au sein de l'UE, selon une information exclusive de RT.

59a6d981488c7b21118b4567RT en russe est parvenue à se procurer les appels d'offres lancés par la Commission europénne aux organismes qui aideront à la mise en place d'un projet qui a pour but de convaincre les populations de Serbie et du Kosovo des bienfaits d'une intégration à l'Union européenne.

L'exécutif européen est même prêt à débloquer un budget de 2 millions d'euros (1,37 million d'euros pour la Serbie et 900 000 euros au Kosovo) pour une campagne d'information et de sensibilisation. Selon l'appel d'offre, cette dernière se fera à travers des centres culturels et d'information de l'Union européenne, qui opèrent déjà dans les capitales des deux pays, Belgrade (Serbie) et Pristina (Kosovo).

«L'objectif du projet est d'élargir les connaissances de la population à propos de l'UE, ses objectifs, ses priorités, ses institutions, ses programmes et ses perspectives, ainsi que de dissiper les mythes et les fausses idées sur le processus d'adhésion à l'UE», explique le document de l'appel d'offre pour le Kosovo consulté par RT en russe.

Le projet prévoit une variété d'activités axées sur l'information et la communication : la publication d'articles dans les langues des deux pays sur internet et les réseaux sociaux, l'organisation d'événements publics de divertissement et de journées thématiques pour les citoyens, ainsi que la production de produits dérivés faisant la promotion de l'intégration européenne.

Le but ultime du projet est officiellement «d'accroître le soutien de la population au processus d'intégration européenne», à travers une campagne de sensibilisation qui devra être «accessible et réaliste». Pour la préparation de ces programmes, la Commission européenne recherche actuellement des candidats (personnes et entreprises) ayant une expérience pertinente dans le domaine de la communication et des relations publiques. 

Selon le site internet officiel du centre culturel et d'information de l'UE au Kosovo, des centres multimédia seront mis à disposition des citoyens du pays qui souhaitent en apprendre davantage sur l'Union européenne.

Une manière camouflée de régler définitivement la question du statut du Kosovo ?

Interrogé par RT en russe, le politologue russe Vladimir Bruther estime qu'en finançant une telle campagne d'information, l'UE tente en réalité de résoudre un problème crucial, celui du statut du Kosovo. Depuis 2008, une trentaine de pays ne reconnaissent pas l'indépendance de cet Etat, dont la Serbie et la Russie pour qui le Kosovo reste partie intégrante de l'Etat serbe.

«L'Union européenne veut enfin résoudre la question du Kosovo et parrainer les personnes en Serbie qui sont en faveur d'une résolution finale du problème», a déclaré l'expert à RT.

La question de l'adhésion de la Serbie et du Kosovo à l'UE a été mise sur la table il y a déjà plusieurs années. En 2008, Belgrade et Bruxelles avaient signé un accord de coopération économique et politique de stabilisation. Le Kosovo a signé le même accord en 2015.

En juillet dernier, après avoir rencontré le président serbe Alexander Vucic, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait annoncé la principale condition à laquelle la Serbie pourrait devenir membre de l'UE : établir des relations officielles avec Pristina. 

Selon les médias serbes, 47,7% des citoyens sont en faveur d'une adhésion de la Serbie à l'UE, tandis que 39% sont contre.

Selon la Constitution serbe, le territoire du Kosovo fait partie de la République de Serbie en tant que Province autonome du Kosovo-et-Métochie.

Voir aussi:

«C'est une décision ferme» : pour la Serbie, l'intégration à l'OTAN c'est toujours non

599010bf09fac2cc6f8b4567Le ministre de la Défense a réaffirmé l'intention de son pays de demeurer neutre et de s'en tenir à un simple partenariat de paix avec l'OTAN. Belgrade exclut plus que jamais de rejoindre l'organisation avec laquelle ses relations restent tendues.

La perspective d'une éventuelle intégration de la Serbie à l'OTAN semble moins que jamais d'actualité. Interrogé par l'agence russe Sputnik, le ministre de la Défense serbe a confirmé que Belgrade était résolu à s'en tenir à une simple collaboration pour la paix, tout en maintenant sa neutralité.

«Nous gardons notre neutralité militaire et ne souhaitons pas faire partie de l'OTAN, c'est une décision ferme», a martelé Aleksandar Vulin. «Bien entendu, nous collaborons avec l'OTAN dans le cadre du Partenariat pour la paix», a expliqué le ministre. «C'est un niveau de coopération optimal pour nous et nous en sommes satisfaits», a-t-il ajouté, laissant entendre qu'un investissement supplémentaire de la Serbie au côté de l'Alliance atlantique serait inutile. 

Aleksandar Vulin a en outre précisé que Belgrade s'attendait à ce que ses partenaires, à savoir la Russie, les Etats-Unis et l'OTAN, respectent sa décision. En 2007, le Parlement serbe avait en effet adopté une résolution consacrant la neutralité du pays vis-à-vis des alliances militaires.

Les relations entre la Serbie et l'OTAN sont particulièrement tendues depuis les interventions de l'organisation militaire dans les conflits de Bosnie-Herzégovine en 1995 et du Kosovo en 1999. L'OTAN s'opposait alors aux troupes serbes, qui furent défaites. En juin dernier, la Serbie avait annoncé qu'elle attaquait l'OTAN en justice pour l'utilisation d'uranium appauvri aux conséquences catastrophiques, selon les estimations de l'avocat Srdjan Aleksic, chargé par le gouvernement serbe d'attaquer l'OTAN en justice.

https://francais.rt.com/international/41968-cest-decision-ferme-serbie-reste-neutre-refuse-integrer-otan

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Catalogne et Kosovo : la Serbie dénonce «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de l'UE

Le président serbe Aleksandar Vucic a critiqué la position de l'UE sur le référendum catalan jugé «illégal», rappelant que Bruxelles avait reconnu la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, alors qu'elle n'avait pas fait l'objet d'un vote.

59d338cd09fac29f1e8b4567Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne organisé le 1er octobre a suscité de nombreuses réactions à travers le monde. Certains ont soutenu la démarche des indépendantistes, d'autres, comme la Russie, ont préféré ne pas prendre parti. Certains, enfin, ont condamné un scrutin jugé illégal, à l'instar de l'Union européenne. Lors d'une conférence de presse donnée le 2 octobre, le président serbe Aleksandar Vucic a dénoncé une incohérence dans la position adoptée par Bruxelles.

«La question que chaque citoyen serbe se pose aujourd'hui en regardant l'Union européenne est la suivante : comment se fait-il que, dans le cas de la Catalogne, le référendum d'indépendance ne soit pas valide, mais qu'à ses yeux la sécession du Kosovo, pourtant organisée sans référendum, le soit ?», s'est-il interrogé, comme le rapporte la chaîne de télévision serbe B92.

En effet, la Commission européenne s'est alignée sur la position du gouvernement espagnol*, considérant que le référendum catalan était illégal, car non-constitutionnel. Ce refus européen d'entendre les revendications d'indépendances catalanes n'a pas échappé à Belgrade. Dans le cas de l'indépendance du Kosovo proclamée en 2008, l'Union européenne avait appuyé les démarches de sécession de l'ancienne province autonome serbe.

Le contraste, selon Aleksandar Vucic, est d'autant plus flagrant que l'Union européenne a affirmé que la répression violente par la police espagnole le jour du référendum relevait d'une «affaire interne» dans laquelle elle ne voulait pas faire ingérence. Or, dans le cas du Kosovo, Bruxelles avait rapidement pris position, jusqu'à adopter une résolution demandant aux Etats européens de reconnaître le Kosovo indépendant. «C'est le meilleur exemple du deux poids deux mesures et de l'hypocrisie dans le domaine de la politique internationale», a martelé Aleksandar Vucic.

Le Kosovo : un précédent majeur dans les relations internationales

Le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d'Albanais, a déclaré son indépendance en 2008 après une longue et meurtrière guerre débutée en 2009. Au cours du conflit, les Etats-Unis et l'OTAN étaient intervenus sans mandat de l'ONU à l'appel des rebelles albanais qui luttaient pour l'indépendance contre le gouvernement yougoslave de Belgrade, attaché à l'unité du pays. Si une grande partie de la minorité serbe du Kosovo a fui le pays par peur des représailles des milices albanaises, un certain nombre demeurent toujours dans le nord du pays.

La question du Kosovo constitue depuis près de dix ans un précédent en matière de politique internationale, auquel sont particulièrement sensibles les pays où des mouvements séparatistes agissent. Ainsi, le pays n'est par exemple pas reconnu par la Grèce, la Tunisie, la Roumanie... ou l'Espagne, qui a préféré faire le choix de la cohérence plutôt que de se plier à la résolution européenne de 2010.

C'est également la position adoptée depuis toujours par la Russie, notamment parce qu'elle révèle l'ambivalence de la position occidentale dans le dossier criméen. «Nos partenaires occidentaux ont créé le précédent du Kosovo de leurs propres mains», avait déclaré Vladimir Poutine devant le parlement russe en 2014. Il avait alors souligné que la situation au Kosovo et en Crimée était «exactement la même», mais que la diplomatie occidentale, dans sa grande majorité, avait choisi de traiter les deux cas de manière différente.

https://francais.rt.com/international/44102-catalogne-kosovo-serbie-denonce-hypocrisie-occident


 

*L'UE soutient le gouvernement espagnol pour 2 raisons majeures à mon avis:

1/L'Espagne est un membre à part entière de l'UE, censé partager les "valeurs démocratiques de l'Union": difficile de présenter ce pays et son gouvernement servile pour un Etat colonisateur et dictatorial.

2/L'imbroglio juridique que poserait l'indépendance catalane pourrait s'avérer dangereuse pour la cohésion de l'UE: il faudrait l'unanimité des Etats membres pour intégrer la Catalogne, donc l'acceptation de l'Espagne! Quant à envisager qu'une des régions les plus riches d'Espagne se retrouve en dehors de l'UE, même pour un temps limité, en période post- Brexit, voilà une perspective inquiétante en termes financiers...

P.G.

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Cinq choses à savoir sur la Catalogne

Comme souvent sur ce site, nous laissons la place à des contre- arguments sur des questions "complexes", même si elles heurtent de front nos propres conceptions: l'idée est qu'on ne défend correctement un dossier que si on a tenté de comprendre le point de vue de toutes les parties concernées. Nous l'avons fait pour le Myanmar (Birmanie), aucune raison d'esquiver le débat sur la catalogne...P.G.

ARG OBJECTION CATALOGNEPar Vicent Partal

Paru le 19 septembre 2017 dans Antiwar.com sous le titre Five Things to Remember About Catalonia

Traduction Entelekheia

Étant donnée la tournure que prennent les événements, nous pensons que c’est le bon moment pour résumer le processus qui nous a menés à ce point et expliquer la nature spéciale de la décision prise par le parlement catalan le mercredi 6 septembre dernier.

1) L’Espagne a violé ses propres règles quand la Cour constitutionnelles a abrogé le statut d’Autonomie de 2006.

Les origines de ce que nous avons traversé au cours de ces dernières années peuvent être trouvées dans la décision de la Cour constitutionnelle espagnole d’abroger des éléments-clés du statut autonome de la Catalogne. Aujourd’hui, il est généralement reconnu que cela revenait à un coup d’État contre la Constitution qui annulait l’équilibre juridique établi à la fin de l’époque franquiste [1]. La relation de pouvoir entre le centralisme espagnol et le gouvernement autonome catalan était fondée sur les dénommées « deux clés ». Si un désir catalan de changement de régime d’autonomie émergeait, Madrid détenait la « première clé » : la capacité de demander que cette nouvelle loi passe par le filtre légal de Madrid, où il pourrait être amendé. La  « seconde clé » de la Catalogne était le droit, si des changements était ordonnés par Madrid, de rejeter le changement de statut par référendum. Le processus était clair, transparent et équilibré. Une des clés donnait des garanties à Madrid, l’autre à la Catalogne. Chacune des parties avait voix au chapitre. Toutefois, l’entrée forcée d’une « troisième clé » qui n’avait jamais existé et avait été inventée par le Partido Popular (Ndt : de Rajoy) a détruit l’équilibre constitutionnel et brisé les conditions de la coexistence. La responsabilité de ce qui se passe aujourd’hui repose entièrement sur l’État espagnol qui, à travers ses actions unilatérales, a aboli un pacte forgé au cours de la transition vers la démocratie.

2) L’Espagne a refusé de dialoguer avec la Catalogne sur l’indépendance, ou d’ailleurs, sur quoi que ce soit d’autre.

La Catalogne n’a pas le droit d’imposer la sécession à l’Espagne. L’Espagne n’a pas non plus le droit d’imposer l’unité à la Catalogne. Dans l’occurrence de l’émergence d’un conflit comme celui auquel nous assistons aujourd’hui, la seule solution est la négociation, comme l’a éclairci la Cour suprême du Canada dans son opinion sur le très célébre référendum sur la question de l’indépendance du Québec. [2]

Une négociation de ce type pourrait avoir pris plusieurs formes et aurait pu se concentrer sur plusieurs des aspects de l’impasse. Après les premières manifestations du 11 septembre (journée nationale de la Catalogne) en 2012, le gouvernement catalan a proposé que les deux côtés renouvellent leur dialogue sur les questions fiscales et les droits culturels [3]. La proposition n’a pas seulement été rejetée, elle a été traitée avec mépris. Les forces politique catalanes ont appelé à une solution négociée à presque vingt reprises avant de passer à la préparation d’un référendum destiné à clarifier la volonté politique du peuple catalan. Comme encore aujourd’hui, le côté qui a toujours refusé de négocier est Madrid. L’Etat espagnol a systématiquement dédaigné les principes démocratiques selon lesquels les désaccords doivent être résolus à travers des négociations de bonne foi et le respect de l’expression démocratique de tous les projets politiques [4]. Ce schéma de mépris systématique discrédite les arguments du gouvernement espagnol.

3) Le peuple de Catalogne a délivré un mandat clair au parlement catalan pour proclamer l’indépendance.

Dans les élections tenues le 27 septembre 2015, les citoyens catalans ont offert la victoire aux partisans d’un programme visant à la proclamation de l’indépendance, avec une majorité absolue des sièges au parlement catalan [5]. Comme ce résultat n’a pas tout à fait atteint les 50% de votes populaires, les membres de la coalition gagnante ont souhaité valider leur programme par le plus démocratique de tous les processus de consultation populaire, le référendum. Ils avaient espéré que ce référendum serait validé par des négociations avec l’État espagnol. Hélas, cela s’est avéré impossible. C’est précisément ce refus de négocier du gouvernement espagnol qui justifie, et donne une force légale, au vote unilatéral du parlement catalan. Il n’y a aujourd’hui aucun autre moyen, pour le parlement catalan, de faire droit aux désirs du peuple catalan.

4) Le droit international offre une base légale à l’autodétermination et à la sécession unilatérale.

Le droit à l’autodétermination des peuples est un élément essentiel de la doctrine légale internationale. C’est un droit absolu qui transcende les législations nationales, et qui est inscrit dans les deux Conventions sur des droits de l’homme de 1966 des Nations Unies, que la constitution espagnole reconnaît comme le droit suprême du pays. Le parlement de Catalogne est donc habilité à invoquer légitimement ce principe général pour fonder son référendum. De plus, la décision de la Cour internationale de justice au sujet du Kosovo a définitivement résolu deux questions importantes [6]. La première est qu’il n’y a pas de clause, dans le droit international, qui puisse invalider la proclamation unilatérale d’indépendance d’un territoire. La seconde est que le principe de l’inviolabilité des frontières se n’applique qu’à des conflits entre États et ne peut en aucune façon être invoqué pour empêcher la sécession de la partie d’un État.

5) La pratique internationale récente a donné un soutien explicite au processus d’autodétermination, créant ainsi une norme caractérisée par l’acceptation de nouveaux États dans la communauté internationale.

Quelques chiffres seront utiles à rappeler. Depuis 1991, 53 entités sous-étatiques, comme la Catalogne, ont tenu des référendums sur l’autodétermination. Sur ce total, 27 référendums ont été menés à bien en accord avec les États dont ces entités faisaient partie. Les autres 26 ont été mis en oeuvre de façon unilatérale. L’État espagnol a reconnu 26 des 27 nouveaux États constitués dans le monde depuis 1991, dont la majorité avaient été proclamés de façon unilatérale. En fait, 7 États qui font aujourd’hui partie de l’UE étaient, en 1991, intégrés à d’autres États et donc, dans des situations très similaires à celle de la Catalogne actuelle. Ces 7 pays-membres de l’UE qui n’étaient pas indépendants en 1991 (la Croatie, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la République Tchèque) ont été créés via des mobilisations unilatérales, et dans 5 de ces cas, à travers la modalité spécifique d’un référendum unilatéral. Ils sont tous reconnus par l’Espagne et font partie de l’UE. [7]

Alors que l’UE ne prévoit pas de disposition en cas de sécession d’une partie d’un Etat-membre, elle a une pratique régulière de reconnaissance de référendums sur l’autodétermination. Par exemple, l’UE n’a bloqué ni le référendum du Brexit, ni celui de l’Écosse (2014) [8]. Et, comme nous l’avons vu, elle a accepté en tant que membres 7 États issus de processus unilatéraux, tout en accordant son soutien à la pratique de l’autodétermination dans des cas comme celui du Kosovo. Ceci contredit clairement la position de l’Espagne quant à la Catalogne.

Pour résumer : Si nous en sommes arrivés à ce point, c’est à la base grâce à la légitimité que le peuple catalan a offert au parlement catalan le 27 septembre 2015 et aussi, à la légitimité que la communauté internationale a offert au processus d’autodétermination. Mais nous en sommes aussi arrivés à ce point à cause de la perte de légitimité de la position espagnole, qui s’oppose aux pratiques et règles internationales, ainsi qu’aux dispositions de sa propre constitution.

Le moment est arrivé de passer à l’étape suivante, en gardant à l’esprit la force civique bâtie aux cours de cette dernière décennie, et le fait que la communauté internationale réagira comme elle l’a toujours fait[9] : en résolvant un problème qui ne s’effacera pas à la suite de manigances illégales.

Par Vicent Partal

Vicent Partal est le fondateur et le directeur du journal catalan en ligne Vilaweb.

Paru le 19 septembre 2017 dans Antiwar.com sous le titre Five Things to Remember About Catalonia

Traduction Entelekheia

Source: http://www.entelekheia.fr/cinq-choses-a-savoir-catalogne/

http://arretsurinfo.ch/cinq-choses-a-savoir-sur-la-catalogne/


Quelques bémols en guise de commentaires, même si l'argumentaire m'a semblé intéressant:

[1] "il est généralement reconnu que cela revenait à un coup d’État contre la Constitution qui annulait l’équilibre juridique établi à la fin de l’époque franquiste": c'est loin d'être l'avis des partisans de l'unité espagnole, y compris en Catalogne! Sans parler des experts en droit constitutionnel, en Espagne comme ailleurs. C'est comme le "coup d'état social" de Mélanchon; c'est plus affaire d'idéologie (pas forcément complètement erronée d'ailleurs) que d'argumentation juridique.

[2] "Dans l’occurrence de l’émergence d’un conflit comme celui auquel nous assistons aujourd’hui, la seule solution est la négociation, comme l’a éclairci la Cour suprême du Canada dans son opinion sur le très célébre référendum sur la question de l’indépendance du Québec": d'un côté on ne reconnaît pas la Cour Constitutionnelle espagnole, mais on donne raison à la Cour Suprême du Canada...en omettant l'essentiel: ce qui fut reconnu comme partie intégrante du droit internatinal et qui fit jurisprudence avant l'affaire de l'indépendance du Kosovo (2008) est qu'il n'existe pas de droit unilatéral à l'indépendance au sein d'un Etat souverain, démocratique de surcroît!

[3] "que les deux côtés renouvellent leur dialogue sur les questions fiscales et les droits culturels": les questions fiscales sont au coeur du processus de souveraineté, difficile à mon sens de les mettre sur le même plan que les droits culturels.

[4] "le respect de l’expression démocratique de tous les projets politiques": il y a une différence de mon point de vue entre la libre expression de tous les points de vue dans un pays démocratique et la volonté de certains d'imposer leur projet à toute la société.

[5] "Dans les élections tenues le 27 septembre 2015, les citoyens catalans ont offert la victoire aux partisans d’un programme visant à la proclamation de l’indépendance, avec une majorité absolue des sièges au parlement catalan": voilà une interprétation singulière quand on connaît les divergences internes entre les différentes composantes issues du scrutin. Par ailleurs, l'auteur reconnait que "ce résultat n’a pas tout à fait atteint les 50% de votes populaires"...Voilà qui à mon sens invalide la conclusion du paragraphe: "Il n’y a aujourd’hui aucun autre moyen, pour le parlement catalan, de faire droit aux désirs du peuple catalan".

[6] "De plus, la décision de la Cour internationale de justice au sujet du Kosovo a définitivement résolu deux questions importantes ": les lecteurs de ce site qui auront lu nos différents articles sur les manoeuvres euro-atlantistes de destruction de la Yougoslavie appécieront. Entre les principes affirmés par le droit international et les manipulations géopolitiques des uns et des autres, il y a un monde qu'il est difficile d'ignorer...

[7] "Ces 7 pays-membres de l’UE qui n’étaient pas indépendants en 1991 (la Croatie, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la République Tchèque) ont été créés via des mobilisations unilatérales, et dans 5 de ces cas, à travers la modalité spécifique d’un référendum unilatéral. Ils sont tous reconnus par l’Espagne et font partie de l’UE" : certaines  "mobilisations unilatérales" furent le fruit d'interventions parfois "musclées" de forces beaucoup moins "locales", sans parler de manipulations éhontées de l'opinion publique. Par ailleurs, d'autres procédures du même type ne furent pas reconnues, ni par l'Espagne, ni par l'UE...

[8] "l’UE n’a bloqué ni le référendum du Brexit, ni celui de l’Écosse (2014)": les 2 référendums avaient été organisés dans le cadre de la légalité constitutionnelle du Royaume- Uni, et pour ce qui concerne le Brexit, dans le respect du droit international ET du traité de Lisbonne.

[9] "le fait que la communauté internationale réagira comme elle l’a toujours fait": une déclaration bien naïve quand on connait le "deux poids deux mesures" de certaines décisions et réactions de la "communauté internationale", à géométrie variable d'ailleurs. Allez demander aux Palestiniens, aux Afghans ou aux Kurdes ce qu'ils en pensent...

En conclusion, je prends note d'une argumentation intéressante mais qui s'appuie sur des conceptions contestables de ce qui est légal ou pas. Mais surtout, cette façon de privilégier le droit international contre le droit national relève d'une idéologie bien connue de type "mondialiste" commune aux libéraux et à une certaine extrême gauche.  Enfin, cette façon d'écarter certains éléments géopolitiques dans ce genre d'affaires enlève de la force à l'argumentation présentée: pourquoi mentionner le Kosovo et pas la Crimée, par exemple? Et par ailleurs, en quoi "les désirs du peuple catalan" seraient- ils mieux servis en se séparant de l'Etat espagnol, mais pas de l'Union européenne? Tout cela mériterait un débat...démocratique.

A titre d'illustration de la complexité de ces problèmes, même au regard du droit international, voir l'article*: Catalogne et Kosovo : la Serbie dénonce «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de l'UE

https://francais.rt.com/international/44102-catalogne-kosovo-serbie-denonce-hypocrisie-occident

*J'ai découvert cet article juste après avoir rédigé ces commentaires, inutile de m'accuser de collusion systématique avec les Serbes et les Russes...D'autant que le Président serbe est un partisan de la "construction européenne"...

P.G.

Voir aussi ces commentaires d'internautes:

Crimée contre Catalogne : des internautes dénoncent un «deux poids deux mesures» dans les réactions

Déclaré illégal par Madrid, le référendum catalan du 1er octobre a beaucoup fait réagir. Certains internautes estiment que la tenue d'un autre référendum, celui de Crimée en 2014, avait fait l'objet de bien plus de critiques.

Sur Twitter, plusieurs internautes ont comparé les réactions autour du référendum sur l'indépendance de la Catalogne du 1er octobre à celles qui avaient accueilli le référendum de Crimée en 2014.

Alors que la communauté internationale n'avait pas eu de mots assez forts pour critiquer le scrutin en Crimée (la péninsule avait décidé à une écrasante majorité de se rattacher à la Russie), un utilisateur du réseau social Twitter, estimant que celui de Catalogne a été mieux accepté, évoque un «deux poids deux mesures».

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Pour un internaute, il est «difficile de condamner le référendum de rattachement de la Crimée et d'accepter un référendum d'indépendance de la Catalogne».

Certains visent plus particulièrement la gauche qui, sans se prononcer ouvertement sur la question de l'indépendance de la Catalogne, a fermement critiqué la violence employée par l'Etat espagnol pour réprimer le scrutin.

Le candidat malheureux à la présidentielle Benoît Hamon, qui s'est offusqué de la répression de Madrid, est également ciblé par certains tweets.

Pour cet internaute, enfin, il apparaît peu cohérent de soutenir le référendum en Crimée et de combattre celui de la Catalogne.

https://francais.rt.com/international/44091-hypocrisie-internautes-raillent-differences-reactions

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

ARG RUPTURES CATALOGNEL’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement faits et les enjeux est donc nécessaire.

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays.

Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid…

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes.

En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne.

Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie ».

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

https://ruptures-presse.fr/actu/referendum-catalogne-independance-ue/

Ça gaze pour les personnels de l’APHP !

Cela faisait 11 jours que les personnels de l’APHP, soignant-es, administratifs-ives, techniques et ouvrier-es marchaient pour dénoncer le nème plan d’économie fait au dépens des personnels et de la qualité des soins. Cette marche pacifique avait relié pendant deux semaines les établissements de l’APHP, fleuron de la Fonction Publique Hospitalière (bien mal en point aujourd’hui), pour alerter la population sur le démantèlement à l’œuvre de ce bien commun qu’est le service public hospitalier

 

ARG SUD PERSONNEL HOSPITALIERCommuniqué de SUD Santé APHP Gazés mais toujours debout !

Ce matin lundi 2 octobre, la marche des hospitaliers rejoignait l’hôpital Bichat au siège central de l’APHP avenue Victoria. Martin Hirsch y réunissait le comité technique d’établissement central pour présenter son bilan social de l’année. La date était trop bonne de lui faire connaître notre propre bilan d’un an de la nouvelle organisation de travail à commencer par les 5 suicides de professionnels mettant en cause les conditions de travail. La manifestation qui se voulait à la fois pacifiste et solennelle, mettait en scène les 5 cercueils devant l’entrée du siège central. Les manifestants décidant alors de symboliquement brûler les photocopies du bilan social comme un refus de celui-ci.

 

Les forces de police, prendront ce prétexte pour bousculer et vaporiser à bout portant de gaz lacrymogènes les manifestants. Les violences policières sont sans communes mesures avec l’esprit de la manifestation. Une de nos camarades sera hospitalisée aux urgences de Cochin qu’elle quittera du reste sans avoir été examinée par un médecin.

Le syndicat Sud-Santé APHP dénonce la répression policière comme seule réponse aux légitimes revendications des hospitaliers de l’APHP. Le dialogue social n’est définitivement plus de pratique ni par le gouvernement ni par la direction générale de l’institution.

Sud-Santé APHP ne se laissera pas intimider par de tels agissements, les revendications portées par la marche des hospitaliers ont vocation à s’étendre sur l’ensemble du territoire. C’est pour le moins l’objectif que les organisateurs se donnent.

Secoués, gazés, meurtris, mais toujours déterminés, Sud-Santé ne lâchera rien !

Les marches vont reprendre à n’en pas douter…allez !!!

La Fédération SUD Santé Sociaux appelle toutes ses équipes, ses adhérent-es et plus largement les personnels hospitaliers et médico-sociaux à une heure de débrayage en signe de protestation, lundi 9 octobre de 12h à 13h, dans tous les établissements. Cette initiative sera reconduite tous les lundi tant que des excuses officielles n’auront pas été exprimées par les responsables politiques.

http://www.sudsantesociaux.org/ca-gaze-pour-les-personnels-de-l.html

Taper sur les Cathos, c’est sans danger. Pourquoi s’en priver ?

Le lugubre cardinal Barbarin a fait l’objet en son temps d’un lynchage médiatico-politique en grand que certains ont voulu transformer en lynchage médiatico-politique et judiciaire.

ARG BARBARIN EGLISETous les médias à la manœuvre, le Premier ministre de l’époque lui-même sommant l’ecclésiastique « de prendre ses responsabilités » (!!!!) Et le ministère de l’intérieur jouant un rôle assez trouble. Le problème c’est que la France est normalement un État de droit, et que toutes les plaintes déposées, parfois 30 ans plus tard se sont heurtées à la probité du parquet de Lyon qui a appliqué les principes impératifs qui régissent le procès pénal, et font la différence entre un pays civilisé et la république bananière dont semblent rêver certains. Classement sans suite inévitable et parfaitement motivé.

Alors là, levée de boucliers et clameur :

« quand il s’agit de taper sur les curés on ne va quand même pas s’embarrasser des règles de droit, sinon on ne va pas s’en sortir. »

Alors, et j’en ai déjà parlé, on va lancer une procédure à l’initiative des plaignants par le biais de la « citation directe » pour qu’il y ait une audience à grand spectacle. L’utilisation de cette procédure permet de contourner l’évidence de l’impossibilité des poursuites, qu’il appartiendra inéluctablement au tribunal saisi par cette citation directe de constater. Le but n’est donc à l’évidence absolument pas d’obtenir une vérité judiciaire ou une condamnation qui ne peuvent pas advenir, mais bien d’organiser un cirque médiatique. Pour faire bonne mesure, on a cité tout un tas de mitrés, tout juste s’il n’y a pas le Pape dans la liste.

Écoutons le Figaro.

« L’archevêque de Lyon n’est pas le seul convoqué. Cinq autres personnes liées au diocèse le sont. Et une sixième, de grande importance: Mgr Luis Ladaria Ferrer. Au Vatican, ce jésuite espagnol est le préfet de la Doctrine de la foi, c’est-à-dire le gardien du dogme. François l’a nommé le 1er juillet 2017. » Là c’est du lourd, coco.

Et tous ceux qui habituellement, sont d’une prudence de serpent dès lors qu’il s’agit de l’islam intégriste, s’en donnent cette fois-ci à cœur joie. Et les médias se préparent avec gourmandise. Y compris le Figaro qui titre : « pédophilie, le silence de l’église en procès. » Évidemment on connaît bien la veulerie habituelle de ce journal, mais on ajoutera cette fois-ci qu’il n’a même pas la reconnaissance du ventre. Les 8 % de français chrétiens qui pratiquent encore forment quand même les gros bataillons de ses lecteurs. Ni catholique, ni abonné, cela ne me concerne pas, mais à leur place je le résilierais mon abonnement…

Mais finalement, je suis peut-être trop sévère. Parce que c’est bien de s’amuser et j’ai eu une idée. Il faudrait déposer une plainte contre Brigitte Macron pour agression sexuelle sur mineur, puisque la légende veut que sa relation avec son actuel mari ait commencé quand celui-ci avait 15 ans. Je n’en sais rien et je m’en fous complètement, mais ce serait peut-être l’occasion de bien rigoler. Cette plainte serait bien évidemment classée sans suite, et il serait alors possible de citer Brigitte Macron devant le tribunal correctionnel pour « pédophilie » parce que ça sonne bien. Et pour faire bonne mesure on citerait aussi celui qui était alors ministre de l’éducation nationale puisque Madame Macron était enseignante et entamait une relation avec un de ses élèves. Et le Figaro pourrait ainsi titrer : « pédophilie, le silence de l’Élysée en procès ».

Redevenons sérieux, en dehors du PNF, et du « Pôle financier » de Paris, il apparaît que la magistrature a repris une partie de son sang-froid et résiste autant que faire se peut aux pressions médiatiques et politiques. C’est la raison pour laquelle la pantalonnade qui se prépare à Lyon non seulement n’est pas innocente mais elle est dangereuse. Il est clair que lorsque les décisions d’irrecevabilité ou de relaxe seront rendues par le tribunal, nous entendrons la clameur dénonçant une justice partiale, voire achetée accompagnée des références habituelles à Jean de La Fontaine et ses « Animaux malades de la peste ».

L’église catholique a peut-être eu une attitude critiquable, voire lamentable dans le traitement de certains de ses problèmes, cela ne concerne que ses ouailles, ou ceux qui entendent poursuivre les traditions d’anticléricalisme à la française et continuer à brailler : « à bas la calotte ». Je n’appartiens à aucune de ces deux catégories.

En revanche cela concerne le citoyen que je suis, dès lors que la Justice de la République peut intervenir dans les conditions prévues par la loi et le respect des règles prévues à cet effet. Lesdites conditions ne sont pas réunies dans la représentation de cirque qui se prépare.

L’instrumentalisation de la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes est toujours une mauvaise action.

http://www.vududroit.com/2017/09/taper-cathos-cest-danger-sen-priver/

Posté par UPR Creuse à 08:11 - - Permalien [#]
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