mercredi 30 août 2017

Netanyahu: «Nous resterons en Cisjordanie pour l'éternité»

Le chef du gouvernement israélien a promis lundi que son pays n'évacuerait plus jamais d'autres colonies se trouvant en Cisjordanie occupée.

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L'État hébreu n'évacuera plus jamais d'implantations israéliennes de Cisjordanie, a promis le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

«Nous resterons là pour l'éternité. Il n'y aura plus de déracinement d'implantations sur la terre d'Israël», a déclaré M.Netanyahu lors d'un événement célébrant 50 années d'implantations israéliennes en Samarie, la région nord de la Cisjordanie.

«C'est l'héritage de nos ancêtres. C'est notre terre», a-t-il souligné tout en ajoutant qu'Israël s'était retiré d'implantations dans le passé, sans rien recevoir en retour.

Selon lui, la Samarie est un «atout stratégique» pour Israël. «Grâce à ces hautes collines, aux hauteurs du mont Hatzor, nous pouvons voir tout le pays d'un côté à l'autre», a expliqué le chef du gouvernement israélien.

«À ceux qui veulent arracher ce que nous avons planté, [je dis que] nous plongerons nos racines encore plus profondément», a lancé M.Netanyahu.

Bien que la communauté internationale considère comme illégitimes toutes les constructions israéliennes en Cisjordanie, Israël fait officiellement une différence entre les implantations approuvées par le gouvernement et les avant-postes sauvages construits sur des terrains privés palestiniens qui sont quant à eux parfois évacués et démantelés.

https://fr.sputniknews.com/international/201708291032833776-israel-cisjordanie-colonies-netanyahu/


 

Voir aussi:

Israël valide la construction de 3.000 nouveaux logements en Cisjordanie

Malgré la position de l’Onu ayant demandé à Israël de cesser les implantations dans les territoires palestiniens et à Jérusalem-Est, Tel-Aviv poursuit la colonisation dans les territoires contestés.

Le gouvernement israélien a validé la construction de 3 000 nouveaux logements en Cisjordanie, a déclaré le premier ministre Benjamin Netanyahu sur son compte Twitter.

Le site Web du ministère israélien de la Défense précise que la construction a été adoptée par Avigdor Liberman. Le ministère gère ces territoires après en avoir pris le contrôle suite à la guerre de 1967.

Selon l’AFP, les nouveaux logements seront construits dans la localité d’Amona, proche de la ville palestinienne de Ramallah.

L’Onu qualifie ces territoires d’occupés, Israël estime qu’ils restent sous son contrôle en toute légalité.

Il s’agit du troisième cas de nouvelles colonisations dans les territoires contestés annoncé depuis le début de cette année. Le 22 janvier, le plan d’Israël de construire 566 logements à Jérusalem-Est a été dévoilé, deux jours plus tard, le 24 janvier le ministère de la Défense a annoncé la construction de 2 500 logements en Cisjordanie.

Les Palestiniens considèrent les deux territoires comme les leurs. La communauté internationale considère qu’il n’existe aucune base juridique pour la colonisation de ces territoires. Israël rejette ces allégations.

En décembre 2016, le Conseil de sécurité de l’Onu a demandé à Israël de cesser les implantations dans les territoires palestiniens et à Jérusalem-Est, dans une résolution rendue possible par la décision des États-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto.

Les États-Unis se sont abstenus alors qu'ils avaient toujours soutenu Israël jusqu'ici sur ce dossier extrêmement sensible. Les 14 autres membres du Conseil ont voté en faveur de ce texte initialement proposé par l'Égypte.

La résolution 2334 votée le vendredi 23 décembre exhorte Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », affirmant par ailleurs que les colonies israéliennes « n'ont pas de valeur juridique » et sont « dangereuses pour la viabilité d'une solution à deux États ».

https://fr.sputniknews.com/international/201702011029893385-israel-cisjordanie-colonisation/


 

Israël applique la «politique Trump» à ses frontières depuis des décennies

Les restrictions à l'accueil de migrants similaires à celles introduites par le nouveau président américain sont pratiquées par l'État hébreu depuis sa formation.

Le décret de Donald Trump portant officiellement sur la « protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers », qui suspend notamment l'accueil de réfugiés sur le territoire US pendant 120 jours, a suscité une vague de protestations à travers le pays. Or, une situation quasi similaire existe depuis 1948 au Proche-Orient, où les autorités israéliennes interdisent aux réfugiés palestiniens de pénétrer à l'intérieur des Territoires palestiniens occupés ou d'Israël lui-même.

Plus récemment, l'État hébreu a adopté des décrets pour empêcher les Palestiniens ayant une citoyenneté israélienne de bénéficier du regroupement familial. Comparé aux mesures prises par Israël en vue de contrer l'arrivée de Palestiniens sur son sol, le décret signé par le nouveau locataire de la Maison Blanche semble un peu pâle.

Dans le même temps, le projet de mur que Donald Trump promet de construire à la frontière entre les États-Unis et le Mexique ne serait-il pas inspiré par la fameuse barrière de séparation entre Israël et la Cisjordanie longue de plus de 700 kilomètres ? En cours d'édification depuis l'été 2002, elle a pour objectif déclaré de protéger la population israélienne en empêchant physiquement toute « intrusion de terroristes palestiniens ».

En octobre 2003, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution condamnant la construction d'un « mur » empiétant sur le « territoire palestinien occupé ». Un an plus tard, la Cour internationale de justice a jugé illégale la construction du mur et exigé son démantèlement, mais l'État israélien n'a jamais suivi cet arrêt et, de toute évidence, ne compte pas le faire.

https://fr.sputniknews.com/international/201701301029855750-trump-immigration-israel/


 

Remarquable discrétion sur ce sujet de la part des médias français...Les mêmes qui se sont indignés de la politique migratoire de Donald Trump. P.G.

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La Russie a définitivement terminé de rembourser la dette de l'Union soviétique

Moscou a effectué le dernier paiement de la dette héritée de l'Union soviétique : 125 millions de dollars à la Bosnie-Herzégovine. Elle n'a en revanche guère profité de ses créances, effaçant une grande partie des dettes contractées auprès de l'URSS.

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«La dette envers la Bosnie-Herzégovine, d'un montant de 125,2 millions de dollars, a été réglée conformément à l'accord passé entre le gouvernement de la fédération de Russie et le conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine», a déclaré le 22 août le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine.

Il s'agissait du dernier remboursement des emprunts contractés par Moscou durant la période soviétique. Les dettes de la Russie envers la Yougoslavie ont été réparties entre les différentes entités nées de la dislocation de la fédération. La Russie avait déjà remboursé les parts dues à la Croatie, à la Serbie, au Monténégro, à la Slovénie et à la Macédoine entre 2011 et 2016.

La Russie assume seule la dette de l'URSS

Juste après la chute de l'Union soviétique, en décembre 1991, un accord était en passe d'être signé pour que la dette extérieure de l'URSS soit repartie entre tous les Etats anciennement soviétiques. La Russie devait en assumer la plus grande partie (61,34%), devant l'Ukraine (16,37%) et la Biélorussie (4,13%). Mais de nombreuses ex-républiques soviétiques ont finalement rejeté cet accord, le rendant ainsi caduque. La Russie a alors accepté en 1994 de prendre à sa charge la totalité de la dette (autour de 66 milliards de dollars), en échange de la propriété des biens de l'ex-Union soviétique.

Bénéficiant de l'envolée des prix du pétrole et du gaz, la Russie avait pu dès 2006 se débarrasser de la majeure partie des dettes de l'URSS, contractées cette fois auprès du «club de Paris», qui regroupe des créanciers tels que la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Les sommes dues à plusieurs pays africains, asiatiques et sud-américains avaient également été remboursées au cours de la décennie passée.

Les dettes contractées par les pays en développement auprès de l'URSS effacées

Si le paiement de cette dette était la condition sine qua non pour que la communauté internationale reconnaisse la Fédération de Russie comme successeur de l'URSS, il est en revanche très délicat pour Moscou de réclamer les sommes contractées par des Etats auprès de l'URSS, selon le ministre russe des Finances.

Le gouvernement russe a donc choisi de faire contre mauvaise fortune bon cœur et décidé d'effacer la majeure partie des dettes que les pays en développement avaient contractées auprès de l'URSS. Elles s'élèvent à 30 milliards de dollars pour Cuba, 21,5 milliards de dollars pour l'Irak, 11,1 milliards de dollars pour la Mongolie, 11 milliards de dollars pour l'Afghanistan, 10 milliards de dollars pour la Corée du Nord ainsi que 20 milliards pour plusieurs pays africains.

Au total, la Russie a renoncé à plus de 100 milliards de dollars qui lui étaient dus, durant la dernière décennie.

https://francais.rt.com/economie/42361-russie-tourne-definitivement-page-dette-union-sovietique

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Quand l'OTAN, omniprésente en Europe de l'Est, accuse la Russie de vouloir déstabiliser la région

L'exercice «Zapad 2017», conjoint entre la Biélorussie et la Russie, est prévu de longue date pour septembre. L'OTAN, qui a étendu son emprise en Europe jusqu'aux frontières russes, accuse pourtant régulièrement Moscou d'expansionnisme militaire.

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La Russie a encore rejeté ce 29 août 2017 les accusations occidentales selon lesquelles elle mettrait à profit les exercices conjoints avec la Biélorussie, baptisés «Zapad 2017», pour préparer une hypothétique invasion des pays frontaliers.

«Je voudrais insister que mis à part sa composante antiterroriste, l'exercice est de nature purement défensive», a souligné un haut gradé russe, le lieutenant-général Alexandre Fomine. Et d'ajouter : «Depuis plusieurs mois, les grands médias [...] ont déstabilisé l'opinion publique avec de nombreux mythes autour de la menace militaire russe.»

A l'issue d'une réunion préparatoire avec son homologue russe, le vice-ministre biélorusse Oleg Belokonev a déclaré de son côté que la totalité des troupes engagées dans l'opération militaire, qui doit se dérouler en Biélorussie du 14 au 20 septembre, seraient retirées après l'exercice, l'OTAN ayant fait part de ses craintes d'une installation permanente des soldats russes en Biélorussie. Quelque 12 700 militaires biélorusses et russes doivent participer à cet exercice, selon les autorités biélorusses.

Soupçon permanent et pressions sur la Russie

L'opération conjointe de Minsk et de Moscou, en Biélorussie ainsi que dans trois régions de la Fédération de Russie, inquiète en effet l'OTAN au plus haut point. La Lituanie soutient ainsi que l'exercice mobiliserait en réalité pas moins de 100 000 soldats. Le 25 août dernier, le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg faisait part de sa vigilance à l'égard de Moscou. «Je demande à la Russie d'assurer le respect des obligations qui lui incombent», a-t-il fait savoir, poursuivant : «La prévisibilité et la transparence sont particulièrement importantes lorsqu'on augmente l'activité militaire le long de nos frontières.»

La veille, Jens Stoltenberg adoptait un ton moins diplomatique encore. «Le comportement agressif de la Russie a miné la stabilité et la sécurité de l'Europe», accusait-il sans ambages, lors d'un colloque en Italie.

Ce faisant, Jens Stoltenberg ne faisait que se conformer à la rhétorique de la «menace russe», laquelle a permis de justifier la montée en puissance sans précédent de l'OTAN depuis la fin de la guerre froide ainsi que la remilitarisation de l'Europe de l'Est, et ce jusqu'aux frontières mêmes de la Russie. Appuyant son secrétaire général, l'OTAN déplorait ce même jour l'«opacité» de Moscou, s'appuyant sur le «document de Vienne». Ce texte, signé en 1990 à la fin de la guerre froide et régulièrement révisé depuis, doit permettre aux pays signataires d'échanger des informations militaires afin d'éviter des malentendus sur les intentions des uns et des autres.

Ce 29 août, Aleksandr Fomine s'est efforcé de contrer le discours récurrent des dirigeants de l'OTAN. «Il s'agit d'exercices habituels et prévus, pas d'une sorte d'agression comme le prétendent certains pays», a-t-il expliqué. Et d'ajouter : «Je pense que ces discussions destinées à effrayer n'ont aucun sens.»

Inversion accusatoire

En dépit des remontrances occidentales, la Biélorussie et la Russie avaient de toute façon prévu de longue date d'inviter de nombreux observateurs de l'OTAN et de pays étrangers, notamment, les pays baltes, la Pologne ou encore l'Ukraine. Mais cela ne semble pas suffire à désarmer les accusations. Le commandant en chef des forces américaines en Europe, le général Ben Hodges, accusait au début du mois d'août la Russie de vouloir implanter secrètement des effectifs militaires en Biélorussie. «Les gens craignent que cela se révèle être un cheval de Troie», a déclaré le militaire début août 2017, cité par The Economist.

L'Alliance atlantique peut en outre compter sur le soutien de certains médias occidentaux de premier ordre pour relayer ses accusations. Le New York Times écrivait ainsi le 31 juillet : «Les sanctions punitives de la part des Etats-Unis et de ses alliés européens, lesquelles ont encore un peu plus isolé la Russie, n'ont rien fait pour stopper les bruits de bottes de Monsieur Poutine.»

Expansion militaire de l'OTAN en Europe de l'Est

Pendant ce temps là, martelant encore et encore la «menace russe», l'OTAN continue toutefois de se déployer en Europe de l'Est, où elle mène de nombreux exercices de grande envergure.

En juin 2017, notamment, l'organisation militaire basée à Bruxelles menait des exercices d'une ampleur sans précédent en Pologne, mobilisant des avions britanniques et des hélicoptères américains. Et, tandis que la Russie et la Biélorussie ne prétendent entraîner leurs troupes sur leurs seuls territoires nationaux, les exercices de l'OTAN impliquent, eux, des soldats provenant de nombreux pays étrangers à l'Europe de l'Est. En Estonie, où l'OTAN brandit aussi la menace d'une incursion russe, plus de 300 soldats français ont ainsi effectué leurs premières manœuvres dans le cadre de l'organisation militaire atlantique, attestant que l'armée française adopte l'analyse militaire américaine.

Ce dispositif militaire inouï en Europe de l'Est semble n'avoir qu'un seul objectif : assurer la sécurité de l'Europe de l'Est et des pays baltes contre la prétendue menace russe. C'est ainsi qu'en juin 2017, ayant identifié un point faible pour les pays baltes dans le nord-est de la Pologne – le passage dit de Suwalki – l'OTAN a décidé d'y mener des exercices militaires. Les experts militaires occidentaux considèrent comme un talon d'Achille l'étroit bout de terre à la frontière polono-lituanienne qui s'étend sur 60 à 100 kilomètres, entre l'enclave russe de Kaliningrad et la Biélorussie.

Autre signe de l'intense activité des forces de l'Alliance atlantique à proximité des frontières russes, la Défense russe a intercepté en juin 2017 quelque 14 avions de reconnaissance occidentaux volant au-dessus de ses frontières.

Moscou a à plusieurs reprises estimé qu'une accumulation des forces de l'OTAN dans la région, à la frontière russe, enfreignait l'équilibre des forces. La Russie a en outre démenti à plusieurs reprises l’existence de supposés projets d’attaque contre ses voisins. Moscou dénonce en retour le renforcement militaire de l’OTAN près de ses frontières en le qualifiant de menace pour sa sécurité.

https://francais.rt.com/international/42583-exercice-militaire-zapad-moscou-rejette-accusation-otan

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Yougonostalgie à Sarajevo : Che « Tito » Guevara et nécrophilie

Article publié le 27 juillet 2012: il m'arrive de tomber par hasard sur des articles liés à des sujets qui me tiennent à coeur, comme le "titisme" et l'expérience yougoslave de socialisme "national" (non aligné) où autogestion, fédéralisme (avec respect des minorités) et liberté de circulation inquiétaient fortement les idéologues des deux camps pendant la guerre froide. Ce petit reportage à Sarajevo m'a semblé intéressant à plus d'un titre, à vous de juger. P.G.

ARG YOUG TITO


Peut-on parler de yougonostalgie ? La glorification du passé yougoslave ne concerne que la vieille génération, assure un de nos collègues bosniens. Pourtant à Sarajevo il ne fait aucun doute que la génération d’après 1990 regrette elle aussi l’ancien chef d’État yougoslave, Josip Broz Tito.
Mais ce souhait de voir renaître une idylle depuis longtemps révolue dissimule en général la peur de l’avenir ou une frustration liée au système politique actuel en Bosnie-Herzégovine.

« Tito est notre Che Guevara », s’amuse Goran Behmen, quelque peu engoncé. L’homme de 36 ans s’est fait chic, il porte une chemise blanche et une cravate bleue ciel. Il est assis devant un buste en bronze plus grand que nature représentant Tito, dictateur yougoslave qui a dirigé le pays jusqu’en 1980.

Lorsqu’on lui demande si la jeunesse de Sarajevo est nostalgique de la Yougoslavie, il répond qu’il n’y croit pas. Selon lui, pour la génération née dans les années 1990 Tito est plutôt un symbole : « Ils le voient comme un héros. Tito est la plus grande marque de Yougoslavie. » Goran est le visage officiel de l’association Tito de Sarajevo, créée en mai 2002 et dont la mission est de rappeler les acquis positifs du dictateur : la sécurité – on pouvait sans crainte passer la nuit dans la rue – mais aussi le libre accès à la culture et la liberté de voyager. Tout cela existait alors en Yougoslavie.

« Cette dictature n’était pas comparable à la Hongrie, la RDA, la Tchécoslovaquie ou la Roumanie. » Notre interlocuteur, qui est aussi le fils du maire de Sarajevo, définirait plutôt Tito comme un « socialiste à visage humain ». « Il n’était pas le dictateur classique. Il était plus démocratique. Un exemple très typique des Balkans. » 30 % des jeunes bosniens adhérant aujourd'hui à l’association partagent cette vision.

« Nous appartenons à Tito et Tito nous appartient »

Aida, une jeune bosnienne, voit cela autrement. Pour elle, la jeunesse de Bosnie ne ressent aucune nostalgie à l’égard de l’ère Tito. Elle avait tout juste neuf ans lorsque la guerre a éclaté. « Pour être honnête, on n’en a rien à foutre », explique cette jeune femme habituée du couchsurfing. « La seule chose qui nous importe, c’est de sauver notre peau dans ce système. Nous ne nous souvenons pas de l’ancien système. »

Mais les jeunes n’ont pas besoin de se souvenir pour éprouver la yougonostalgie. Ce sont leurs parents qui relayent le souvenir d’une vie plus sereine à l’époque de Tito. Une étude du Fonds européen pour les Balkans, menée dans les ex-États de République fédérative socialiste de Yougoslavie en 2011 par Ipsos auprès de deux générations (nées en 1971 et 1991), donne des résultats étonnants. La majorité des personnes nées après 1990 estiment également que la vie dans la Yougoslavie de Tito était meilleure que celle d’aujourd'hui. Les seules exceptions sont la Croatie et le Kosovo. En Bosnie-Herzégovine, 47 % de la génération née en 1991 est convaincue que la vie serait aujourd'hui « meilleure », si Tito était encore au pouvoir. 38,7 % pensent même que la vie serait « bien meilleure ».

Il est impossible de visiter Sarajevo sans tomber sur Tito. Son portrait est accroché à la réception des hôtels, dans les cafés, les bars, et encore dans la plupart des salons bosniens. A la librairie, la biographie de Tito, véritable bestseller, côtoie celle de la star du foot Zlatan Ibrahimovic et un album photo du massacre de Srebrenica. A quelques pas de l’université la jeunesse sirote volontiers une ou deux bières Sarajewsko au Café Tito.

A l’entrée, une banderole est accrochée avec la mention « mi smo titovi tito je naš » (« nous appartenons à Tito et Tito nous appartient »). On peut commander du vin « Marshall » rouge ou blanc. Mais les jeunes, confortablement installés en ce vendredi après-midi sur des coussins à motif militaire, boivent des bières et fument sous les parasols Carlsberg, juste à côté des chars entreposés dans le jardin. A l’intérieur du café on peut examiner un mur couvert de photos : la rencontre de Tito avec Kennedy ou Arafat… Tito à la mer, Tito fait de la voile - Tito dans toutes les situations.

« Les jeunes d’ici ne peuvent que regarder en arrière. L’avenir est trop douloureux, on ne planifie pas », explique la jeune hollandaise Eveline Beens, qui a mené en 2011, dans le cadre de ses études d’anthropologie, une enquête de trois mois sur le thème de la yougonostalgie à Sarajevo. Dans son ouvrage The future of nostalgiaSvetlana Boym, professeur à Harvard née en URSS, distingue la nostalgie réflective de la nostalgie restaurative. Selon Eveline, la yougonostalgie des jeunes générations de Bosnie serait de nature réflexive. « Ils sont en effet critiques à l’égard de la situation actuelle de leur pays, sans pour autant dépasser le stade de la critique. On ne détecte chez eux aucun signe de volonté de rupture. »

Derrière le bar du café Tito, Edo s’affaire à la machine à café. Le jeune homme de 24 ans étudie la politique à Sarajevo. Pendant la semaine il travaille au café Tito pour financer ses études. Pas question pour lui d’être fan du dictateur yougoslave mais il considère Tito comme une légende. « Everyone loves him », nous dit-il dans un bon anglais. Son avenir, Edo le voit en noir. Pour entrer en politique en Bosnie, il faut être pistonné. La corruption est partout. « Nos politiques ne se battent pas pour les gens. Tito, lui, s’est engagé pour la fraternité. »

Le culte de Tito n’est pas qu’une affaire d’hommes, comme nous le confirment Jasmina et Alica au Balkan Express, un bar de style yougoslave, dans lequel on peut feuilleter des revues originales de 1982. « Oui », affirment les étudiantes en linguistique, toutes deux âgées de 21 ans, « Tito avait peut-être aussi un petit côté dictateur, mais cela fonctionnait. » La torture des opposants au régime de Tito à Goli Otok, l’« île nue » constitue certes une tâche noire dans l’histoire de leur pays. Mais elles préfèreraient retrouver le « respect » de l’époque de Tito, plutôt que 60 % de taux de chômage.

« Mais si la vie était si grandiose à l’époque, pourquoi tout est tombé à l’eau ? », se demande une jeune bosnienne dans le documentaire de Timur Makarevic, JUGONOSTALGIJA, projeté cette année au Festival du film de Sarajevo. Selon lui, chercher à faire du profit sur l’ancien s’apparenterait presque à de la nécrophilie.

Le réalisateur de JUGONOSTALGIJA lui-même, âgé de 36 ans, prend ses distances avec la nostalgie. Pour lui, seule la télévision de l’époque était meilleure qu’aujourd'hui. Mais la « Yougo-pop-rock », il ne peut pas l’encadrer : « Je préfère encore Lady Gaga à Bijelo Dugme », lâche-t-il en riant. Les débats ont souvent été animés avec son collègue Mirza Ajnadzic, jeune yougonostalgique qui a effectué les recherches pour le film.

Mirza secoue la tête. Le journaliste âgé de 25 ans qui travaille entre autres pour la radio étudiante locale eFM est convaincu que 99% des jeunes yougonostalgiques seraient aujourd'hui en prison : « Ils sont tout simplement trop libéraux », explique-t-il. Même si Mirza reste fan de block parties et de musiques alternatives de l’ancienne Yougoslavie, il a reflété la yougonostalgie à travers son travail et s’en est séparé pour de bon. « On ne peut pas vraiment parler de yougonostalgie. Les jeunes aspirent juste à un autre système politique. Le titisme n’existe qu’en raison de la situation politique actuelle. Si tu offrais aux jeunes une nouvelle Yougoslavie, ils n’en voudraient pas. Ils exigeraient toujours davantage. Et ce "davantage" n’a jamais existé en Yougoslavie. »


 

Cet article fait partie d'une série de reportages sur les Balkans réalisée par cafebabel.com entre 2011 et 2012, un projet cofinancé par la Commission européenne avec le soutien de la fondation Allianz Kulturstiftung. Un grand merci à l’équipe locale de Cafebabel.com à Sarajevo.

http://www.cafebabel.fr/societe/article/yougonostalgie-a-sarajevo-che-tito-guevara-et-necrophilie.html

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Le Monde à l’épreuve de la méthode de son « Décodex » 1° partie

1° épisode: "le Monde" et l'affaire ukrainienne.

AARG POLICE PENSEE

In Articles on 17 juin 2017 at 13 h 56 min

Ukraine, Taguieff, Syrie, Trump : les embardées du Monde…

Pour ceux qui auraient échappé à la dernière campagne de communication du Monde, sachez que ce journal, afin de lutter contre les « fausses informations », a lancé en février dernier un outil d’évaluation des contenus en ligne appelé « Décodex« . Cette application permet via Google Chrome ou Firefox d’accéder en permanence à l’annuaire des sources recensées dans le Décodex.

Pour être précis, en conformité avec des règles préétablies, cet outil délivre des « bons ou des mauvais points » par l’intermédiaire de vignettes colorées : Rouges pour “les sites qui diffusent des fausses informations”, oranges pour “celles dont la fiabilité est douteuse” et bleues pour “celles provenant de sites parodiques”. A noter que les vignettes vertes qui indiquaient “les sites fiables” ont été supprimées. En somme, le Décodex s’inscrit dans la logique de diabolisation des sources qui échappent aux réseaux professionnels de l’information, et des opinions souvent iconoclastes qui en découlent. Cette initiative pour le moins manichéenne, a été accueillie par un grand nombre de journalistes de manière très négative. Mais soyons beaux joueurs et partons du postulat que dans chaque entreprise il y a une part de bonne foi. Aussi, avant sans doute d’expédier ce “joujou extra” au musée des objets insolites, soumettons la version internet du Monde à la critique de son fameux Décodex.

En premier lieu, examinons succinctement la méthodologie du Décodex qui – à la bonne heure – préconise de « vérifier une information avant de la partager, de vérifier les sources, de juger de la fiabilité d’un site, ou encore de vérifier une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux avec son corollaire, celui de reconnaître une théorie complotiste ». Pour vérifier cette “charte”, revenons sur cinq thèmes, dont quatre souvent abordés sur ce blog.

1/ Ukraine : « le Kremlin multiplie les références à la seconde guerre mondiale » affirme le Monde.

En 2016, pour répondre au film « Les Masques de la Révolution » de Paul Moreira, qui revenait sur le rôle prépondérant des néo-nazis en Ukraine, Benoît Vitkine, journaliste au Monde, titre l’une de ses chroniques : « Paul Moreira donne une vision déformée du conflit ukrainien. ». Pour Benoît Vitkine, « le documentariste chausse des lunettes déformantes. Pravy Sektor, Azov, Svoboda… Moreira fait de ces groupes d’extrême droite les artisans de la révolution, lorsqu’ils n’en étaient que l’un des bras armés. Il les présente comme une force politique majeure, quand leurs scores électoraux sont dérisoires ».

1/ Quel sont les autres bras armés, puisque Benoît Vitkine sous-entend qu’il y en a d’autres sans toutefois les lister ?

2/ S’il y a une propagande du Kremlin, il y en a une également du côté “occidental”, basée en grande partie sur les résultats électoraux, bon ou pas, de l’extrême droite ukrainienne.

Depuis 2014, cet argument sert à minimiser autant que possible la présence des fascistes au sein de l’appareil d’Etat ukrainien. En règle générale, les propagandistes français referment la parenthèse par un : « Et alors il y a bien une extrême droite en France. ».

Tout d’abord remarquons que d’un côté les journalistes du Monde proclament que « les années 30 sont de retour », et de l’autre ces mêmes journalistes réduisent l’importance de nazis hyperactifs qui sont pourtant au service d’un gouvernement allié à l’Etat français. Qui est Andreï Parouby, le commandant de l’Euromaïdan ? En 1991, il a fondé le Parti social-nationaliste d’Ukraine avec Oleh Tyahnybok. Ce parti deviendra plus tard Svoboda. Le 14 avril 2016, Andréï Parouby est devenu le Président du Parlement ukrainien, marchepied vers le poste de premier ministre pour ses 2 prédécesseurs. Selon le quotidien allemand Der Spiegel : « Le titre social-national Parti était une référence intentionnelle au parti National Socialiste d’Adolf Hitler. ». Son emblème, le Wolfsangel, était l’un des symboles initial du parti nazi. Il deviendra le logo du Parti social-nationaliste d’Ukraine et par la suite du parti de Parouby, Svoboda.

Qui plus est, si les journaux britanniques en matière de politique étrangère sont globalement rangés derrière leur gouvernement, malgré tout ils relatent fréquemment le rôle majeur des bataillons ouvertement néo-nazis au service du nouveau pouvoir de Kiev. Pour preuve : The Guardian, The Telegraph, The Independent, The Sunday Times, BBC News. Des articles corroborés par Amnesty International qui dès septembre 2014 alertait les opinions publiques sur les crimes perpétrés par les troupes paramilitaires ukrainiennes. Ces groupes d’extrême droite furent identifiés par le quotidien israélien Haaretz, qui dès le début des événements en Ukraine rapportait que Pravy Sektor et Svoboda distribuaient des traductions de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan.


 

A suivre...

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Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Dans deux de ses livres, Le choix de la Défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République 1938-1940 (Paris, Armand Colin, 2010 et 2008), Annie Lacroix-Riz, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur à l’université Paris 7, a expliqué comment, dans les années trente, l’élite de la société française – politiciens, militaires de haut rang, industriels, banquiers, le haut clergé, etc. – a voulu et planifié l’ « étrange défaite » de 1940. C’est par le biais de cette trahison que l’élite put triompher de l’« ennemi intérieur » gauchiste, empêcher d’autres réformes politiques et surtout sociales comme celles introduites par le Front Populaire, et éliminer le système, trop démocratique à son goût, de la 3e République en faveur du régime autoritaire et collaborateur de Vichy. Ce régime choya tous les éléments de l’élite du pays, mais surtout le patronat, et tandis qu’il fut un paradis pour celui-ci, il fut un enfer pour les salariés, et pour le peuple français en général ; Annie Lacroix-Riz l’a bien démontré dans un autre ouvrage, Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin, Paris, 2013). Or, dans une toute nouvelle étude, Les Élites françaises entre 1940 et 1944 (Armand Colin, Paris, 2016), l’historienne se penche sur un autre aspect de la saga de la couche supérieure de la société française des années trente et quarante : leur passage de la tutelle allemande à la tutelle américaine.

Les défaites subies par la Wehrmacht devant Moscou (fin 1941) et surtout Stalingrad (hiver 1942-1943) ainsi que l’entrée en guerre des États-Unis et le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942) firent comprendre à l’élite française que l’Allemagne perdrait la guerre et que l’inévitable victoire soviétique impliquerait fort probablement pour la France le triomphe de la Résistance, « majoritairement ouvrière et communiste », et par conséquent une épuration des collaborateurs et des changements révolutionnaires. Afin d’éviter un tel scénario, catastrophique pour eux-mêmes et pour leur ordre socio-économique, la majorité des politiciens, militaires, industriels, banquiers, et autres « gens très bien », responsables directement ou indirectement pour la trahison de 1940 et la politique collaboratrice, répressive et même meurtrière de Vichy, commencèrent à se dissocier discrètement de la tutelle allemande et à préparer un « avenir américain ». Ils espéraient que l’occupation allemande de la France serait suivie par une occupation américaine, ce qui éviterait des « désordres », mot de passe pour les changements révolutionnaires associés avec la Résistance; et dans le contexte d’une Pax Americana engendrée par une victoire américaine leurs péchés pro-nazis seraient pardonnés et oubliés, leur permettant de conserver les privilèges traditionnels et nouveaux dont ils avaient joui grâce à Vichy. Sous les auspices du nouveau tuteur américain, la France serait un « Vichy sans Vichy ».

Il était possible de rêver à tout cela parce que les leaders américains détestaient également l’idée que, après le départ des Allemands, les Résistants communistes et autres puissent prendre le pouvoir en France, y provoquer des « mutations [politiques et socio-économiques] profondes » et ouvrir la porte à l’influence soviétique. À Washington on n’avait rien contre le régime de Vichy, avec lequel on maintenait jusqu’en janvier 1943 de bonnes relations diplomatiques ; et les autorités étatsuniennes, Roosevelt en tête, espéraient longtemps que dans l’après-guerre Pétain ou un des autres dirigeants vichyssois pas trop souillés par leur germanophilie – comme Weygand ou Darlan – resterait au pouvoir en France, peut-être après un léger « replâtrage parlementaire » du système vichyssois. « L’avenir américain » fut préparé dans des négociations en Afrique du Nord, où les É.-U. avaient plusieurs consulats, en Espagne et en Suisse, où Berne fut le pied-à-terre de l’agent secret étatsunien Allen Dulles, qui y « veillait à l’avenir de la France » et de l’Europe en général.

Les Allemands étaient à la hauteur mais toléraient ces initiatives parce que l’élite du Reich préparait son propre « avenir américain », ce qui impliquait des industriels et banquiers allemands avec de bons contacts américains – y compris Dulles – et même des chefs de la SS/Gestapo. Afin de permettre à quelques-uns des plus fermes suppôts du nazisme au sein de de l’élite allemande, par exemple le banquier Hjalmar Schacht, de se poser en « résistants » quand le régime nazi s’écroulerait, on les enferma dans des camps de concentration comme Dachau, où ils étaient « entièrement séparés de la masse des détenus du camp proprement dit » et bien traités. De façon similaire, les autorités allemandes en France eurent la gentillesse d’arrêter de nombreux « collaborationnistes de premier plan » et de les « déporter » vers le Reich pour y attendre la fin de la guerre dans un confortable lieu de « détention d’honneur », par exemple des hôtels à Bad Godesberg et au Tyrol. Cette expérience devait servir de « brevet de ‘résistance’ » à ces personnages, leur permettant de poser en héros patriotiques à leur retour en France en 1945.

Tandis qu’à l’occasion du choix du tuteur allemand comme « protecteur des coffre-forts » en 1940, « un chef français compatible avec le guide allemand » se tenait déjà prêt dans les coulisses, à savoir Pétain, la sélection d’un chef français compatible avec le nouveau guide américain était nettement moins facile. Le tandem de l’élite française et les autorités américaines détestaient celui qui apparaît aujourd’hui comme un choix manifeste, à savoir Charles de Gaulle, le chef des « Français libres ». La raison ? Ils le regardaient comme un « fourrier du bolchevisme », « un simple tremplin vers le pouvoir des communistes ». Ce n’est que très tard, à savoir le 23 octobre 1944, donc plusieurs mois après le débarquement en Normandie et le début de la libération du pays, que de Gaulle fut reconnu officiellement par Washington comme chef du Gouvernement provisoire de la République française. La chose devint possible à cause de plusieurs facteurs. Primo, les Américains ont fini par se rendre compte que le peuple français ne tolérerait pas qu’après le départ des Allemands « le tout-Vichy [fût] maintenu en place ». Ils ont compris que, inversement, de Gaulle bénéficiait d’une grande popularité et du soutien d’un grande partie de la Résistance. Par conséquent, ils avaient besoin de lui pour « neutraliser les communistes au lendemain des hostilités ». Secundo, de Gaulle négocia auprès de Roosevelt afin d’adopter une politique « normale », ne menaçant aucunement « le statu-quo socio-économique » ; et il donna des gages en « repêchant » de nombreux collaborateurs vichyssois qui avaient été les favoris des Américains.  Tertio, le chef des « Français libres » avait pris ses distances avec l’Union Soviétique. C’est ainsi que le gaullisme s’est « respectabilisé » et que de Gaulle est devenu « un leader de la droite », acceptable à élite française aussi bien qu’aux Américains, les successeurs des Allemands dans le rôle de « protecteurs » des intérêts de cette élite. Or, du point de vue des nouveaux vrais maîtres de la France – et de la plupart du reste de l’Europe – il fut et resta une sorte de « rebelle » qui continua longtemps à leur causer des ennuis.

Les Élites françaises entre 1940 et 1944 est une étude surprenante, fascinante, rigoureusement et minutieusement documentée, comme les autres livres d’Annie Lacroix-Riz. De ceux-ci, il faut encore mentionner Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine(Paris, Éditions Delga, 2014). On peut y apprendre comment, à la suite de la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont su consolider leur domination politique et économique de l’Europe occidentale par le biais de la création d’institutions européennes. Et ils l’ont fait en collaboration avec des élites françaises, allemandes et autres – y compris des collaborateurs vichyssois « recyclés » tels que Jean Monnet. Dans ce contexte aussi, leur ancien antagoniste, de Gaulle, leur a causé quelques ennuis.

Posté par UPR Creuse à 04:35 - - Permalien [#]
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