dimanche 6 août 2017

GM&S : le tribunal de commerce de Poitiers statuera sur l'offre de reprise de GMD le 4 septembre

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GM&S : le tribunal de commerce de Poitiers statuera sur l'offre de reprise de GMD le 4 septembre

https://francais.rt.com/economie/41555-gms-tribunal-commerce-poitiers-statuera-4-septembre

 

Le tribunal de commerce de Poitiers qui examinait l'unique offre de reprise de l'équipementier automobile creusois GM&S, en liquidation depuis le 30 juin, statuera sur l'offre de reprise de l'emboutisseur GMD le 4 septembre.

Dans son jugement rendu public vers 18h, le 31 juilllet, le tribunal «décide de rouvrir les débats dans son audience [...] du 4 septembre 2017 à 10h aux fins de statuer sur l'offre de reprise partielle de la société GM&S Industry France par la société GMD après avoir recueilli notamment l'avis des institutions représentatives du personnel». Parallèlement, le tribunal de commerce prolonge l'activité de l'usine de La Souterraine (Creuse) jusqu'au 18 septembre à minuit.

A l'issue de l'audience, l'avocat de salariés, Me Jean-Louis Borie, a expliqué devant la presse que «le tribunal n'a fait que constater qu'il disposait maintenant d'une offre de reprise ferme, valide jusqu'au 20 septembre».

«On s'oriente vers une reprise par GMD», numéro un français de l'emboutissage dont l'offre prévoit le maintien de seulement 120 salariés sur 277, a ajouté l'avocat.

«Les trois prochaines semaines, pour nous, ça va être les vacances», a pour sa part déclaré Jean-Marc Ducourtioux, élu CGT. Et d'ajouter que les ouvriers vont pouvoir partir en vacances sans avoir à recevoir une lettre de licenciement.

Mais les syndicats martèlent que l'usine ne peut pas tourner avec seulement 120 salariés. Et bien conscients de l'enjeu social pour le début de quinquennat d'Emmanuel Macron, ils sont déterminés à négocier jusqu'au bout pour en sauver davantage. «Il est hors de question de se laisser dépouiller», a prévenu le secrétaire du CE Yann Augras (CGT), en insistant sur «l'indemnisation des blessés», les ouvriers qui ne seraient pas repris par GMD.

A Bercy, on estime que l'offre ferme de GMD est une bonne nouvelle pour la pérennité du site et le rétablissement d’une activité compétitive à la Souterraine. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire appelle ainsi les salariés à considérer favorablement cette offre. Il assure que le gouvernement et les collectivités locales se mobiliseront pleinement pour mettre en place un dispositif exemplaire d’accompagnement des salariés non repris.

Casse-tête social, industriel et territorial

Pour maintenir la pression, les salariés du deuxième employeur privé de la Creuse avaient une nouvelle fois pris la route lundi 31 juillet depuis La Souterraine pour venir manifester à Poitiers.

Le PDG de GMD, Alain Martineau, avait demandé la semaine dernière au tribunal un court délai pour s'assurer de l'adhésion des salariés à son projet. Après une rencontre avec ces derniers à l'usine de La Souterraine le 27 juillet, Alain Martineau a finalement levé cette dernière condition.

Les autres exigences du repreneur, après des semaines d'âpres négociations sous la supervision de Bercy, avaient aussi trouvé réponse: des garanties de commandes de PSA et Renault (les principaux clients de GM&S) à hauteur de 22 millions d'euros annuels sur cinq ans, 15 millions d'investissements partagés entre l'Etat et les deux constructeurs automobiles, et, enfin, une solution pour le foncier-immobilier, Alain Martineau proposant de racheter les locaux de l'usine pour un million d'euros.

GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialisé dans l'emboutissage, la plasturgie, la fonderie et l'étanchéité, compte 3.750 collaborateurs répartis sur 29 sites en France, en Europe de l'Est, eu Maghreb et en Asie. Son chiffre d'affaires 2016 s'établissait à 750 millions d'euros, selon son PDG.

GM&S et ses 277 emplois génère environ 800 emplois indirects en Creuse, selon les élus locaux de ce département parmi les plus désindustrialisés de France.

L'entreprise était à l'origine en 1963 un atelier familial de fabrication de jouets en métal, dont des trottinettes. L'usine de sous-traitance mécanique a compté jusqu'à 600 salariés en 1990. 

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Pour mettre fin à la désindustrialisation de la France et de la Creuse, il faut sortir de l'Union européenne et de l'euro!

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L'euro est trop fort de 6,8% pour la France et trop faible de 18% pour l'Allemagne selon le FMI

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L'euro est trop fort de 6,8% pour la France et trop faible de 18% pour l'Allemagne selon le FMI

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/07/28/20002-20170728ARTFIG00249-l-euro-est-trop-fort-de-68-pour-la-france-et-trop-faible-de-18-pour-l-allemagne-selon-le-fmi.php

L'étude annuelle du Fonds monétaire international sur les déséquilibres des paiements internationaux publiée ce vendredi souligne à nouveau à quel point l'euro est une cote mal taillée pour le couple franco-allemand.

Une même monnaie, mais des économies nationales fort différentes. Alors que la France a accusé un déficit extérieur de ses paiements courants de 19 milliards d'euros en 2016, l'Allemagne a enregistré la même année un excédent de 261 milliards d'euros. Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que la monnaie unique n'est adaptée ni à l'une ni à l'autre, comme si on voulait faire passer le même costume à «Passe- Partout» , le nain le plus célèbre de France, et au basketteur Tony Parker.

Le Fonds monétaire international, qui a des experts chevronnés et impartiaux, a ainsi calculé que l'euro est en réalité sous-évalué d'environ 18% pour l'Allemagne et qu'il est au contraire surévalué de 6,8% pour la France. Ces chiffres figurent dans l'étude annuelle du FMI intitulée «External Sector Report». Derrière ce titre sibyllin qui n'est guère plus parlant une fois traduit en français, l'organisation financière internationale répertorie les déséquilibres extérieurs des 28 pays les plus importants économiquement de la planète, lesquels représentent au total 85% du PIB (produit intérieur brut) mondial.

Le FMI ne vise certes pas à mettre en exergue les disparités franco-allemandes - ce n'est pas le genre de la maison que de répandre du sel sur les plaies - mais ces informations y figurent et elles sont analysées de façon détaillées. Pour estimer qu'une monnaie d'un pays est «surévaluée» ou au contraire «sous-évaluée» par rapport à ses propres performances économiques et à ses besoins, le FMI se réfère principalement aux excédents ou aux déficits extérieurs de chaque économie nationales, ce qui englobe les échanges commerciaux de marchandises et de services. Mais ce n'est pas le seul critère. Le niveau des coûts salariaux notamment, ainsi que la démographie sont également pris en compte.

L'Allemagne enregistre des excédents extérieurs excessifs

Ainsi est-il légitime que l'Allemagne, dont la population est vieillissante et en diminution absolue, enregistre de façon récurrente des excédents extérieurs substantiels car elle a besoin d'accumuler des réserves pour assurer les retraites de sa population. Mais sans doute pas à ce point. Les experts du FMI considèrent que l'économie allemande devrait afficher un excédent externe annuel compris entre 2,5% et 5,5% de son PIB alors que ce surplus a atteint 8,3% du PIB l'an dernier.

L'ensemble des données prises en compte par l'étude portent en effet sur l'année 2016 et lorsqu'il est fait état de «surévaluation» ou de sous-évaluation» d'une devise, cela s'entend vis-à-vis de l'ensemble des autres monnaies et pas seulement du dollar américain. Le FMI utilise à cet égard la notion de «taux de change effectif réel», c'est-à-dire en l'occurrence le taux de l'euro vis des monnaies des pays avec lesquels la France et l'Allemagne commercent. L'adjectif «réel» signifiant qu'il a été tenu compte de l'inflation.

Alors que l'euro s'est assez nettement raffermi ces trois derniers mois et qu'il atteint aujourd'hui son plus haut niveau depuis deux ans et demi, le phénomène de surévaluation pour la France tend donc à s'aggraver. Et vice versa pour l'Allemagne.

Si les travaux du FMI sur les principales monnaies nationales peuvent paraître quelque peu techniques dans leur approche , ils n'en sont pas moins pain béni pour le monde politique. Donald Trump s'en est servi l'hiver dernier pour stigmatiser les excédents commerciaux allemands. Quant à Marine Le Pen, elle y a fait maintes fois référence lors de la dernière campagne présidentielle en France, alorsqu'elle militait pour une sortie de la France de l'euro*.

Pour sa part le FMI, dont la mission principale est, faut-il le rappeler, la stabilité financière internationale, se garde bien de tirer des conclusions aussi radicales. Prenant acte des disparités franco-allemandes, il se contente de préconiser des remèdes plus classiques. Pour l'Allemagne il estime que «des mesures additionnelles de relance seront nécessaires pour rééquilibrer l'économie». Quant à la France, les experts internationaux rappellent une énième fois leur ordonnance (au sens médical du terme): «modération salariale (spécialement pour le salaire minimum), réformes additionnelles du marché du travail, et mesures pour accroître la productivité». C'est sans doute à ce prix que les deux premières économies de la zone euro pourront à nouveau converger. Une condition sine qua non pour garder la même monnaie.

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*Rappelons que pour le Figaro, comme pour la quasi- totalité de la presse française, l'UPR n'existe pas, et que la fiction selon laquelle Marine Le Pen souhaite “une sortie de la France de l'euro” demeure la version officielle, même après les péripéties récentes au sein du FN. L'alternative demeure: soit on se plie aux recommandations du FMI (et de la Commission européenne), soit on bascule dans le fascisme...

P.G.

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Venezuela: propagande de guerre

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Propagande de guerre au Venezuela [Et ça recommence…]

Prologue

Et ça recommence donc…

Après la Libye, l’Ukraine, la Syrie, la Russie (pour ne citer que les derniers), voilà de nouveau les médias mainstream partis en mode “propagande de guerre” afin d’éradiquer tout esprit critique sur la situation au Venezuela.

Nous allons parler à partir d’aujourd’hui un peu plus en profondeur de la situation dans ce pays qui bascule de plus en plus dans une dangereuse forme de “guérilla civile”.

Comme à notre habitude, nous essaierons de vous fournir des informations de qualité bien peu mises en avant dans les médias, qui ont, pour beaucoup, de nouveau abandonné quelques principes élémentaires du journalisme. Car un journal se doit d’informer correctement, et ensuite présenter éventuellement des opinions, et non pas se transformer en outil de propagande pour fabriquer (malhonnêtement) l’opinion de ses lecteurs.

Bien entendu, le fait de contrebalancer une forte propagande “anti-Maduro” pourrait laisser penser qu’ici, nous “soutiendrions” Maduro.

Il n’en est évidemment rien, et nous ne souhaitons absolument pas remplacer dans la tête des lecteurs une telle propagande par une propagande “pro-Maduro”. Nous condamnons toute atteinte aux Droits de l’Homme et tout crime, de tout bord.

Car notre ambition n’est pas de militer (et encore moins pour un pays étranger…), mais d’informer – non pas “objectivement” (ce serait très prétentieux), mais au moins “honnêtement”.

Nous n’avons simplement pas 10 journalistes qui pourraient creuser la question, afin de réaliser un site d’information complet, qui pourrait présenter un vaste champ d’opinions. Nous vous encourageons donc à lire à la fois les médias mainstream et les analyses que nous présenterons ici, et à vous de faire votre propre opinion.

Un des axes de la propagande de guerre étant d’embrigader les gens dans des visions manichéennes enfantines (“le gentil”, “le méchant”), la perception d’autres faits en miroir leur permettra de bien prendre la mesure de la complexité des choses, et donc de pouvoir brider leurs émotions par une dose accrue de raison.

Il convient dans ces domaines de bien garder à l’esprit ces importantes citations :

« L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes. […] Ne soyez jamais absolument certains de quoi que soit. » [Bertrand Russell.]
« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. » [Friedrich Nietzsche.]
« Le danger, ce n’est pas ce qu’on ignore, c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas. » [Mark Twain.]
« La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. »  [Aldous Huxley.]

La propagande de guerre

Rappelons les principes de la propagande de guerre que l’historienne Anne Morelli a énoncés à partir des écrits durant la guerre de 1914 du député travailliste Arthur Ponsonby :

  1. Nous ne voulons pas la guerre.

  2. Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.

  3. Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »).

  4. C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.

  5. L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement.

  6. L’ennemi utilise des armes non autorisées.

  7. Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes.

  8. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.

  9. Notre cause a un caractère sacré.

  10. Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

On voit très facilement que la plupart s’appliquent parfaitement à la guerre de communication livrée actuellement dans nos médias contre le gouvernement vénézuelien (quoi qu’on pense de lui).

Les indices

Pour les non-habitués, on se rend compte qu’on est passé dans un épisode de propagande de guerre quand on perçoit que les médias se transforment en tracts politiques au service du Ministère des Affaires Étrangères, et ne cherchent plus à informer (ce qui imposerait justement de présenter la complexité des choses en titillant votre esprit critique) mais à (dé)former les opinions.

On sent ceci quand ce qui se passe dans un pays lointain semble devenir brutalement une préoccupation majeure des médias et d’éditocrates et autres twittos – qui, comme en l’espèce, ne connaissent généralement pas un seul vénézuelien, n’ont jamais mis les pieds dans ce pays, ni probablement jamais lu le moindre livre en en parlant, mais qui ont des idées très arrêtées sur ce pays, et ce qui devrait y arriver sur le plan politique.

Bref, “la certitude de l’ignare” incarnée est au pouvoir –  et, parfois, elle semble même prête à vous casser la figure si vous n’êtes pas d’accord avec elle…

C’est assez simple à repérer dans les Unes de presse (...) et dans les Dessins de presse :

maduro propagande montage

(...)

J’avoue que, pour ma part, je me fie à mes fantastiques boussoles qui indiquent le Sud avec une précision inégalée :

boussole-92

ou encore:

boussole-1

Lire la suite de l'article d'Olivier Berruyer ici:

https://www.les-crises.fr/et-ca-recommence-propagande-de-guerre-au-venezuela/

Lire aussi:

https://www.legrandsoir.info/interview-avec-philip-agee-ancien-agent-de-la-cia-la-nature-de-l-intervention-de-la-cia-au-venezuela.html

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Névrose libérale

PROJET REFLEXION

 

Avoir raison avec Ayn Rand

Par Xavier de La Porte

 Avoir 20 ans et lire AYN RAND, 5° épisode d'une série sur France Culture consacrée à cette égérie du mouvement libertarien, défenseur du capitalisme le plus libéral, anti- raciste et “anti- religieuse”, inspiratrice de la « sillicon valley »...

Sur France Culture un matin de juillet, je tombe sur une interview de deux étudiants. L'un, Christophe, coordinateur national du mouvement « students for liberty », en français européen dans le texte, sorti de Science Po, comme il se doit, et l'autre, Mathilde, qui étudie la philosophie à « Normal'sup », et la « communication » à la Sorbonne (cherhez l'erreur). Son assoc' à elle, « women for liberty », est une sorte de filliale de la première.

 Un scoop, ces mouvements viennent des Etats- Unis. En France, c'est un réseau d'associations de type « loi 1901 ». qui travaillent à diffuser les idées libérales (c'est vrai que ça manquait), pardon, libérale- libertariennes!

L'idée centrale, pour lui, Christophe, c'est que l'Etat, par essence coercitif, doit s'occuper le moins possible des individus et de la vie économique. Jusque là, c'est normal pour un libéral. « Pour moi, le libéralisme, c'est pas économique, c'est une vision du droit et des institutions ». Chacun voit midi à sa porte. Il est venu au libéralisme par la lecture d'Ayn Rand. Avant, ça lui faisait peur...

« Je suis arrivé au libéralisme par des principes philosophiques et moraux ». Et de faire référence à un personnage de « La source vive », un des romans les plus connus de Rand, un jeune homme qui vit pour lui- même et « du coup » est plus respectueux des autres. (!) Il « déploit sa créativité, sa rationalité, et ne cherche pas à l'imposer aux autres (...) il ne dépend pas non plus des autres et cherche à développer (...) des « contrats » avec les autres. (...) Les individus, avec d'autres individus, forment des communautés par contrat ». Personnage archétypal du libéralisme pour ce jeune produit de Science Po qui reconnaît qu'il avait « plus ou moins cette conception- là ». A la naissance, probablement. Et de surenchérir: « je me suis toujours intéressé à la politique, que ce soit la droite (le côté « ordre moral » de la droite), ou le côté libertaire, dit altruiste de la gauche.

Mais en fait, les deux (droite- gauche) sont selon lui « dirigistes »: ils considèrent tous, quelles que soient leurs intentions, que tout le monde doit suivre le même chemin, éducatif par exemple, un système centralisé, alors que « pour faire de la sécurité sociale, on peut avoir des mutuelles, des coopératives ouvrières... ». Mathilde, elle, était déjà libérale avant de militer, mais elle était encore sceptique à l'égard de « ces pensées- là », c'est en lisant Ayn Rand que ça a été une confirmation:

« la pensée politique ou philosophique m'intéressait moins que la vie politique ou morale », dit- elle. C'est ce qui lui a donné envie d'être ce “type de personne”. Un individu libre et responsable.

Pourtant, elle ne se dit pas “objectiviste” comme Ayn Rand. “En France, vous avez des figures féministes à gauche, vous n'avez pas de féminisme de droite”. Pour Ayn Rand, selon elle, la femme est un individu rationnel avant d'être une femme. “Si elle veut rester au foyer, elle y reste, si elle veut travailler et qu'elle a de l'ambition, elle travaille...”

 

On en vient au côté relationnel chez Ayn Rand, “la plupart des relations commencent par une sorte de viol”, ça, Mathilde, ça la dérange. Notamment que des femmes acceptent d'être des objets pour les hommes. Mais finalement, comme elles le font volontairement, “c'est l'acte le plus libre qu'elles puissent faire”. Comme dit le journaliste, “c'est compliqué comme pensée”...

L'avilissement, à partir du moment où il est “volontairement consenti”(sic), relève d'une liberté affirmée”.

Notre Mathilde reconnaît que quand elle lit des passages sur ce sujet, elle est passablement dérangée mais pas pour les raisons que vous croyez: “c'est parce que [cette réaction] est spontanée, alors que c'est rationnel”. On change un peu de sujet, dommage. Le journaliste souligne qu'il y a d'autres sujets “compliqués” chez Rand, “difficiles à admettre”. Pour Christophe, ça ne le dérange pas du tout, il ne se sent pas “randien”, ni “objectiviste”.

 Ce qui l'intéresse, c'est le consentement, la question de la coercition. Les personnages choisissent leur vie, “ça ne me regarde pas”. C'est la souveraineté de l'individu sur lui- même, dont il veut tirer un “fil conducteur institutionnel”. On peut abandonner l'obtention d'un diplôme par choix de non- conformisme et valider ses compétences par d'autres moyens. Un tel personnage, qui “vit par lui- même, qui prend son risque et qu'il assume va quand même trouver des gens par contrat avec qui il pourra évoluer”. Vous avez en face le 1° de la classe qui fait tout “bien comme il faut” et qui sera diplômé, qui n'a pas la créativité du premier personnage. Celui- là va “s'avilir” à faire ce que le client demande, et il perdra finalement toute notion de responsabilité et “d'estime de lui- même”, alors que soit- disant il est altruiste et qu'il joue le jeu du collectif... Il ne vit pas pour lui et donc il est incapable de considérer l'autre avec respect.

Question, “le monde est- il encore rétif à Rand?”. Pour Mathilde, “on est encore très minoritaires, le monde est encore assez hostile à ce genre de pensée”. Pour Christophe, en France, c'est culturel, c'est lié à notre modèle politique et institutionnel. De toute façon, il s'en moque, c'est un choix individuel. Mathilde a bien compris que l'hostilité à la pensée de Ayn Rand “vient de la morale”, mais en réalité celle- ci, selon elle, “retourne la morale:

L'égoïsme, c'est le plus grand altruisme possible”.

 Si vous êtes un individu égoïste, rationnel et responsable, vous allez pouvoir respecter l'autre, pouvoir vous donner à l'autre de manière contractuelle ou de manière amoureuse ou peu importe, de manière saine en fait: (...) vous ne créez aucune interdépendance quelle qu'elle soit. Ce qui va relever de la charité ou de la bienveillance va être un acte totalement gratuit.

 Le journaliste souligne qu'Ayn Rand elle- même pouvait être “prisonnière de ses affects”, mais nos jeunes pensent comme elle que “l'homme peut parvenir à ces idéaux”. Le fait qu'elle ait eu recours à la sécurité sociale américaine à la fin de sa vie, en prenant le nom de son mari pour bénéficier des aides démontre “qu'elle n'était pas contre la charité, pourvu que ce soit volontaire”.

Plus loin, Mathilde nous explique comment Ayn Rand a influencé sa vie professionnelle et même amoureuse. Pas de dépendance affective. Est-ce encore de l'amour? Réponse, “c'est complexe”.

A la question “c'est quoi votre monde idéal?”, Christophe répond “j'en ai pas”. “Je ne suis pas un constructiviste”.

On finit sur Macron, qui pour Christophe n'est pas libéral, même s'il “ a l'air un peu moins dirigiste”.

Ce n'est pas parce qu'on veut faire de l'Etat une start- up qu'on n'est pas socialiste”

 Mathilde, elle a voté “rationnellement”, évidemment, elle a listé les mesures les plus libérales parmi les candidats et a fait un “choix par défaut”.

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Pour ceux qui s'intéressent à cette pensée “complexe”, le lien est ici:

"Avoir raison avec Ayn Rand" est un défi, tant cette écrivaine et théoricienne de l’égoïsme rationnel, bouleverse nos schémas politiques. En partenariat avec Philosophie Magazine.

https://www.franceculture.fr/emissions/avoir-raison-avec-ayn-rand

Pour rendre justice au mouvement libertarien dans son ensemble, il faut à mon avis comparer l'oeuvre d'Ayn Rand à d'autres auteurs de la même école, et reconnaître qu'elle- même avait conscience de la difficulté d'application de sa théorie. L'émission du 27 juillet (dans la même série) me parait de ce point de vue plus intéressante, pour ceux qui veulent creuser le sujet.

P.G.

 

 

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