lundi 31 juillet 2017

Révélations : Christophe Castaner a menti par 2 fois pour protéger Muriel Pénicaud

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Révélations : Christophe Castaner a menti par 2 fois pour protéger Muriel Pénicaud

http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/07/30/castaner-menti-proteger-penicaud/

Le journal l’Humanité a révélé ce jeudi le énième scandale d’une présidence Macron qui semble chaque jour s’éloigner un peu plus du peuple. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, très discrète depuis sa nomination, a en effet bénéficié d’une rémunération insensée de plus d’un million d’euros alors qu’elle travaillait chez Danone (1).

Alors que les yeux étaient tournés vers les incendies de forêt dans le Var et l’annonce surprise de la nationalisation de STX (les Chantiers navals de l’Atlantique, à Saint-Nazaire), il a fallu, comme bien souvent depuis quelques années, que la colère monte sur les réseaux sociaux pour faire réagir médias et gouvernement.

C’est ainsi que Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, est monté au créneau ce vendredi 28 juillet, à l’occasion d’une conférence de presse qui avait pour but de calmer le jeu. Mais comme nous allons le voir, il se pourrait bien qu’il ait plutôt soufflé sur les braises.

Rappel des faits

Tout commence jeudi 27 juillet dernier avec un article de l’Humanité intitulé : « La journée à 1 million d’euros de Muriel Pénicaud » dans lequel le quotidien révèle que la ministre du Travail a bénéficié en 2013 de stock-options dont la revente lui a rapporté la modique somme de 1,13 millions d’euros. Muriel Pénicaud, y est par ailleurs soupçonnée d’avoir fait cette bascule financière suite à une envolée du cours de l’action consécutive à l’annonce du licenciement de 900 salariés alors même qu’elle était directrice générale des ressources humaines du Groupe Danone.

Mais les stock-options, c’est quoi exactement ?

Une stock-option est une option d’achat futur donnée à un salarié par la direction de l’entreprise. Lorsque le salarié décide de prendre cette option (c’est à dire d’acheter ces actions), il ne les paie pas à leur cours du jour mais au cours qu’elles avaient lorsque les stock-options lui ont été données. L’entreprise n’offre pas réellement ces actions au salarié, mais elle lui permet de les acheter dans le futur à un cours plus bas et ainsi de réaliser une plus-value garantie s’il décide de les revendre aussitôt.

Les stock-options font partie intégrante de la rémunération du dirigeant (2). Nous y reviendrons !

Castaner vole… au secours de Pénicaud

C’est assez naturellement donc que Christophe Castaner, en sa qualité de porte-parole du gouvernement, a volé au secours de Muriel Pénicaud pour tenter d’éteindre le feu.

Voici la transcription de ses propos tenus ce vendredi :

« Ce ne sont pas des révélations, euh… parce que… euh, on applique la transparence. La transparence fait que madame la Ministre a publié sa déclaration de patrimoine, elle a publié sa déclaration d’intérêts et que vous verrez que toutes les évolutions de son patrimoine seront non seulement dans la transparence mais en plus rendues publiques, euh… parce que c’est le bon usage des institutions. »

Mise à part une certaine confusion dans les propos (3), rien au premier abord n’était susceptible d’éveiller notre attention.

Déclarations de patrimoine et d’intérêts

Mais penchons-nous d’un peu plus près sur ces fameuses déclarations de patrimoine et d’intérêts auxquelles sont à présent soumis les élus (et les membres du gouvernement, nommés par le Premier ministre).

La déclaration de patrimoine

La déclaration de patrimoine est, selon le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique lui-même : « la photographie de ce que le déclarant possède » (voir ici). Il s’agit donc de tous les biens du déclarant, un peu comme cela peut être demandé dans une déclaration d’impôt sur la fortune (ISF). On y retrouve listés pêle-mêle maison(s), voiture(s) ou encore produits financiers ou objets précieux.

La déclaration d’intérêts

La déclaration d’intérêts permet, elle, de connaître les liens entre le déclarant et de possibles intérêts privés (notamment industriels ou financiers). A ce titre, il faut entre autre chose y déclarer les rémunérations des cinq dernières années. En cela, ce document s’apparente davantage à une déclaration de revenus.

L’une comme l’autre de ces deux déclarations ont en revanche un point commun, elles doivent être envoyées dans les deux mois suivant la nomination (ou l’élection dans le cas d’une élection) du déclarant (...)

Muriel Pénicaud ayant été nommée le 17  mai, elle devrait avoir effectivement rempli ces deux déclarations.

Les deux mensonges de Christophe Castaner

Nous pouvons affirmer que Christophe Castaner a menti par deux fois lors de cette très courte intervention de 25 secondes.

Le 1er mensonge

Le 1er mensonge de Christophe Castaner consiste à dire que Muriel Pénicaud a publié sa déclaration de patrimoine. C’est faux, comme nous pouvons le constater sur le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (voir ici). Il n’est pas possible de savoir si Muriel Pénicaud l’a déjà envoyée, mais, en date du 29 juillet, une chose est sûre, celle-ci n’est pas encore publiée (...)

Cela peut sembler être un détail, mais au delà de la grande légèreté d’une fausse affirmation dans une séquence de communication aussi sensible, on est en droit de se demander si ce mensonge ne participe pas au voile que Christophe Castaner a voulu jeter sur l’affaire, par la grande confusion de ses propos.

Le 2ème mensonge

Christophe Castaner prétend par ailleurs qu’il ne s’agirait pas de révélations, laissant penser que Muriel Pénicaud a déjà déclaré publiquement ces sommes. C’est faux également, et cela relève de la plus pure manipulation. Muriel Pénicaud a bien déclaré des revenus de Danone pour l’année 2013, mais nous pouvons affirmer qu’en aucun cas les revenus déclarés ne prennent en compte les plus-values réalisées suite à la revente de ses stock-options.

En effet, voici l’extrait de la dite déclaration d’intérêts (à télécharger ici) :

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On peut clairement y lire que Muriel Pénicaud y a déclaré en 2013 une rémunération (ou gratification) de 1 144 924 euros (net !).  Dans le même temps, les plus-values réalisées par Muriel Pénicaud lors de la revente de ses stock-options ont été calculées par le journal l’Humanité (4) à 1 129 034 euros. Ce qui ferait donc, en 2013, une rémunération hors stock-options de :

1 144 924 – 1 129 034 = 15 890 euros

Comme il apparait évident que Muriel Pénicaud ne peut avoir eu cette année-là une part fixe si faible, de l’ordre du SMIC (5), c’est que sa déclaration d’intérêts ne prenait en compte ses plus-values boursières. L’existence de ces plus-values est donc bien une révélation.

La déclaration de Christophe Castaner selon laquelle il ne s’agirait pas de révélations a pourtant été reprise comme un seul homme par tous les grands médias, comme on peut le voir dans Le Parisien, ou encore sur BFM, sans que cela ne provoque nulle part la moindre réaction ou analyse.

Ce que cela implique

Comme nous l’avons vu plus haut, les stock-options font partie de la rémunération des dirigeants. Et comme nous l’avons vu également précédemment, Muriel Pénicaud est supposée avoir déclaré l’ensemble de ses rémunérations pour l’année 2013. Sauf à imaginer qu’elle ait été payée au SMIC cette année-là, il semblerait qu’elle n’ait pas pris en compte ses plus-values dans sa déclaration d’intérêts, contrairement à ce que le prétend Christophe Castaner, ce qui en ferait une fausse déclaration.

Mais nous devrions rapidement avoir des explications complémentaires avec la déclaration de patrimoine. En effet, celle-ci doit être faite dans les deux mois suivant la nomination (ou l’élection, dans le cas d’une élection). Or Muriel Pénicaud a été nommée ministre du Travail le 17 mai dernier. Elle a donc dû normalement renvoyer sa déclaration au plus tard il y a une semaine. A moins qu’elle n’ait intégralement consommé cette somme, celle-ci devrait se retrouver dans son patrimoine.

Le Vrai / Faux de Pénicaud

Muriel Pénicaud a empoché cet argent en un jour : FAUX

De très nombreux médias (dont l’Humanité d’ailleurs) ont titré ou mentionné que cette somme d’un million d’euros a été gagnée en un jour. C’est faux. On ne peut pas dire que des plus-values sont le fruit d’un jour de gain. Pourquoi ne pas écrire, tant que l’on y est, que Muriel Pénicaud a gagné cette somme en une minute, voire en une seconde, puisqu’après tout, la revente d’action est instantanée.

Plus précisément, l’analyse des cours de bourse laisse penser que Muriel Pénicaud avait reçu ses stock-options en 2009 (6), ce qui ferait de cette plus-value, un gain réalisé sur une durée de quatre ans, et non d’un jour.

Muriel Pénicaud est coupable de délit d’initié : FAUX

Il est faux aussi de dire que Muriel Pénicaud s’est rendu coupable d’un délit d’initié. Les stock-options lui ont été attribuées bien avant qu’elle ne les vende (6), à un moment où la re-structuration n’était peut-être d’ailleurs même pas encore envisagée, mais surtout, elle a exercé son droit sur ces stock-options sur la base d’un cours de bourse parfaitement connu de tous. Il est malhonnête de prétendre qu’il y ait eu délit d’initié.

De plus, si la courbe montre un plus haut local à la fin du printemps 2013, ce plus haut n’était pas au 30 avril mais plutôt début juillet. Et l’action qui valait environ 56 euros à l’époque en vaut 63 aujourd’hui, soit près de 15% de plus.

Mais attention, ce n’est pas pour autant que l’on puisse légitimer de telles pratiques, bien au contraire. En un mot, nous sommes ici confrontés à des pratiques amorales et à un problème législatif grave mais malheureusement pas à des pratiques répréhensibles par la loi actuelle.

Cerise sur le gâteau

Et comme une provocation n’arrive jamais seule avec ce nouveau gouvernement, Christophe Castaner, toujours lui, en a rajouté une couche vendredi en fin de journée en déclarant que Muriel Pénicaud n’avait « finalement pas fait une si bonne affaire » que cela, au prétexte justement que le cours de l’action est encore monté depuis… Il faut le voir pour le croire :

La-bonne-affaire

Ce n’était pas une bonne affaire ? La belle affaire ! C’est en tout cas en train de devenir une affaire d’état !

Nico Las (TDH)

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(1) : Danone est le leader français de l’agroalimentaire et l’un des leaders mondiaux. Le groupe est aujourd’hui dirigé par Emmanuel Faber.

(2) : référence : « La Rémunération globale, instrument de gouvernance d’entreprise » (à télécharger ici), de Gerard Valin, ancien Directeur Général du Groupe ESSEC et expert judiciaire financier à la Cour d’Appel de Paris. On peut lire page 4 :

« Ainsi, les cotisations obligatoires ou volontaires aux divers régimes de prévoyance ou de retraite seront incluses dans la rémunération ainsi que les stock-options et les retraites chapeau »

(3) : on est en droit de se demander si la confusion vient de la gêne de la situation ou s’il y a une volonté réelle de provoquer la confusion de l’auditoire.

(4) : calcul non remis en cause, voire validé par Christophe Castaner lorsqu’il déclare qu’il n’y a pas de révélations.

(5) : d’après le site smichoraire.net, le SMIC Mensuel net était de 1121,71 euros en 2013, soit 13 460 euros.

(6) : d’après l’Humanité, les stock-options avaient une valeur de 34,85 euros, ce qui laisserait penser, d’après le cours de bourse de l’action Danone, qu’elle les avait reçues entre février et juin 2009.

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L'Assemblée refuse de prendre en compte le vote blanc dans les résultats de la prochaine présidentielle

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L'Assemblée refuse de prendre en compte le vote blanc dans les résultats de la prochaine présidentielle

http://www.europe1.fr/politique/lassemblee-refuse-de-prendre-en-compte-le-vote-blanc-dans-les-resultats-de-la-prochaine-presidentielle-3399500

L'amendement, rejeté par 124 voix contre 54, visait à ce que les bulletins blancs entrent en compte pour la détermination des suffrages exprimés et qu'il en soit fait mention dans les résultats.

La prise en compte du vote blanc dans le décompte des résultats à la présidentielle, portée par des députés Constructifs avec le soutien des MoDem, socialistes et Insoumis, a été rejetée par l'Assemblée nationale dans la nuit de vendredi à samedi.

Un troisième tour en cas de majorité du vote blanc ? Le vote blanc consiste à déposer dans l'urne une enveloppe vide ou un bulletin sans nom de candidat. Depuis une loi de 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections, les bulletins blancs sont décomptés séparément des votes nuls. Mais ils ne sont toujours pas pris en compte dans le nombre des suffrages exprimés.

Pour l'élection présidentielle, l'amendement, rejeté par 124 voix contre 54, visait à ce que les bulletins blancs entrent en compte pour la détermination des suffrages exprimés et qu'il en soit fait mention dans les résultats. Si, après décompte des suffrages exprimés, les votes blancs atteignent la majorité relative ou absolue, il est donné lieu, le deuxième dimanche suivant la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, à un nouveau tour de vote, prévoyait cette mesure défendue entre autres par les centristes Philippe Vigier ou Yves Jégo.

Un amendement allant "dans le bon sens" pour le MoDem. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a objecté notamment que la comptabilisation des votes blancs à part des nuls était d'application récente et qu'il était préférable d'attendre pour envisager une telle modification. Le président du Modem, Marc Fesneau, parti allié du groupe majoritaire REM, a lui soutenu un amendement allant à ses yeux "dans le bon sens".

L'Insoumis Eric Coquerel, également favorable et pensant qu'il faudrait l'étendre aux élections législatives, a cependant jugé que cela ne réglerait pas la question de la défiance des Français. Vu l'ampleur de la crise politique, "nous sommes comme sur un volcan et devons en faire un écho pour donner une issue positive", pour Jean-Luc Mélenchon.

Une "crise supplémentaire" ? Se distinguant de son groupe MoDem, Jean-Louis Bourlanges a prévenu que si l'amendement était voté, cela exposerait à "une crise supplémentaire". Et de renvoyer à "la définition classique de la névrose consistant à répéter les mêmes gestes en en escomptant des résultats différents". Entre l'abstention et les votes blancs et nuls, environ un Français sur trois a refusé de choisir au second tour de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un niveau record depuis 1969.

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Rappelons que l'UPR propose dans son programme la reconnaissance du vote blanc de plein exercice, avec annulation de l'élection en cas de majorité, et interdiction aux candidats à l'élection désavouée de se représenter.

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Quand Patrice Quarteron donne une leçon de patriotisme à ceux qui haïssent la France

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Quand Patrice Quarteron donne une leçon de patriotisme à ceux qui haïssent la France

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/07/28/31003-20170728ARTFIG00241-quand-patrice-quarteron-donne-une-lecon-de-patriotisme-a-ceux-qui-haissent-la-france.php

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Drapé dans les couleurs de la France après sa victoire en boxe Muay thai, l'athlète Patrice Quarteron s'est attiré les foudres d'une partie des réseaux sociaux, qui l'ont qualifié de « traître » et de « bounty». Pour Fatiah Boudjahlat, cela révèle la haine de la France d'une partie des enfants d'immigrés.

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Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l'auteur de l'essai à paraître aux éditions du Cerf: Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement.

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Patrice Quarteron a remporté une victoire importante dans la discipline de boxe Muay thai. Il a exprimé une joie légitime, en se revêtant du drapeau français. Mais selon ses détracteurs qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux, il a eu le tort de mêler les couleurs nationales à sa victoire, il a eu le tort d'afficher et de verbaliser son patriotisme. Il leur a répondu par un post des plus intéressants: «Quand vous portez un drapeau d'un pays où vous ne vivez pas, on vous dit «bravo, j'adore, c'est courageux, c'est un signe d'ouverture. Quand on porte le drapeau du pays dans lequel vous vivez, où vous payez vos impôts, avec lequel vous souffrez, aimez, combattez, on vous dit: «t'es un chien, un putain de facho». Je porte mon drapeau fièrement. Et j'emmerde les fils de putes qui préfèrent se sentir américains, marocains, russes etc tout ça parce qu'ils vont en vacances une semaine dans un autre pays et reviennent en se sentant étrangers à leur propre pays. Soyez patriotes et reconnaissant. Vous devez tout à la France.» Le ton virulent est propre aux réseaux sociaux, il est aussi dû au caractère de ce sportif, ainsi qu'à la nature et à la véhémence des insultes essuyées.

Afficher les couleurs nationales, aimer son pays, assumer sa fierté d'être français ont valu à Patrice Quarteron de se faire traiter de facho, mais aussi, et il y a plus à en dire, de «bounty» et de traître. Ces insultes sont devenues classiques quand il s'agit de désigner les enfants d'immigrés bien dans leurs baskets françaises et aimant la France. Elles sont complétées par celles de «harki», de «collabeur», de «nègre de maison», termes dont j'ai été moi-même gratifiée. Elles renvoient à une trahison supposée: celle de son vrai pays, celui des origines, au bénéfice de son faux pays, celui où l'on vit. Elles sont les manifestations des métastases indigénistes et gauchistes de l'identité qui n'ont rien à voir avec leurs symétriques identitaires.

La violence se déchaîne parce qu'il est noir. Et un bon noir, un vrai noir digne, qui s'assume, ou un bon arabe n'est pas censé aimer la France sauf à avoir une mentalité d'esclave. Il est question d'authenticité. On est un vrai arabe, un vrai musulman, un vrai enfant d'immigré etc quand on vante le bled et que l'on cultive l'indifférence voire le mépris à l'endroit de la France. Puisqu'eux brandissent l'accusation de trahison, il faut convenir que le vrai sujet est celui de I'allégeance, ce terme désuet qui désigne la fidélité que l'on doit au souverain. Et en République, c'est le peuple qui est souverain. Refuser l'allégeance au pays dans lequel on est né, dans lequel on vit et dans le même temps la réserver à celui dans lequel on ne va qu'en vacances, avec un pouvoir d'achat européen, c'est faire de la France un simple guichet de services.

Patrice Quarteron a raison de dénoncer l'hypocrisie de ses détracteurs.

Le patriotisme est brocardé, dénoncé, moqué, criminalisé quand il concerne la France, mais il est respecté, vanté, normalisé quand il concerne le pays d'origine. Houria Bouteldja, égérie du Parti des Indigènes de la République, écrit ainsi dans son ouvrage Les Blancs, les Juifs et Nous: «J'ai laissé mon pays libre, comme une étoile scintillante. Je suis allé au pays des impies, le pays de l'obscurité» , et plus loin, avec un talent poétique certain: «Ô mes frères, mes soeurs, Ô mes frères mes soeurs, des Français je suis dégoutée. J'accepte de ne porter qu'un tricot mais je ne veux pas qu'on m'appelle «bicot». O mon Dieu, ma foi est meilleure que la leur. Celui qui critique le pays [l'Algérie], que la rivière l'emporte.» Que n'entendrait-on pas si ces mêmes propos avaient été tenus à l'endroit de ceux qui critiquent la France! Et il faut être honnête, je n'ai jamais vu un élève asiatique afficher le drapeau du pays de ses parents, alors que tant de mes élèves affichent sur les écrans des ordinateurs du collège, sur leurs carnets de correspondance les drapeaux des pays du bled, Afrique du Nord et Afrique noire.

La nostalgie entretenue par les parents et par les pairs se vit sur le mode du combat, du conflit de loyauté. Cette volonté obsessionnelle de déraciner ces enfants est pourtant «la plus dangereuse maladie des sociétés humaines.» . Ce n'est pas anecdotique, c'est politique et c'est donc emblématique. Ceux là-mêmes qui voient du nationalisme quand il s'agit du drapeau français ne sont en rien gênés par l'esprit cocardier de ces jeunes, pourvu qu'il se fasse au bénéfice d'un pays autre que la France. Ce n'est donc pas le patriotisme en lui-même qui est rejeté, c'est la France.

J'ai pris l'habitude d'exiger de ces élèves qu'ils dessinent ou affichent un drapeau français de la même dimension que celui dessiné. Autant il est difficile de leur faire verbaliser le fait qu'ils sont français et que la France mérite tout autant d'être respectée et aimée que les pays du bled, autant ils réalisent combien leur attitude pose problème quand on inverse les pays: si une personne née et vivant en Algérie d'origine Française n'affichait que le drapeau français, clamait qu'elle n'était pas Algérienne, ne cessait de critiquer l'Algérie, tout cela en y vivant, comment régiraient les Algériens? Mal, les élèves en conviennent.

Patrice Quarteron a raison: c'est le drapeau Français qui est honni, quand ceux du bled ou de la Palestine fleurissent dans les manifestations festives, sportives ou politiques. Ce n'est pas le drapeau qui gène, c'est la France.

Quand c'est un autre pays, c'est un patriotisme sain et juste. Quand c'est la France, c'est l'expression d'un nationalisme destructeur d'altérité.

Quand c'est un autre pays, c'est un patriotisme sain et juste. Quand c'est la France, c'est l'expression d'un nationalisme destructeur d'altérité. 

Un élu de Saint-Denis, Madjid Messaoudène, a fait la promotion sur son compte twitter de boîtes de mouchoir aux couleurs de l'Algérie. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'avoir le même esprit cocardier vis-à-vis de la France. Il se dit binational comme une immunité diplomatique, mais ne dit jamais de bien de la France, n'affiche jamais ses couleurs, au contraire de l'Algérie. La binationalité consiste dans son cas et dans le cas de beaucoup de ceux qui ont insulté Patrice Quarteron à lier une nationalité de raison, la nationalité française, celle que l'on subit, à une nationalité de cœur, celle du pays des parents, qui suscite tendresse et nostalgie. L'allégeance ou le patriotisme ne se vit pas sur le mode de l'alternative pourtant: on peut aimer les deux pays et on ne trahit pas l'un en aimant la France.

Les contempteurs de Patrice Quarteron se dépêchent de préciser qu'ils sont Français, comme une bravade. Qu'ils sont donc ici chez eux. Chiche. Qu'ils en tirent toutes les conséquences: être ici chez eux implique un sentiment d'appartenance, pas une rente viagère. Mais ils ajoutent qu'ils n'ont pas choisi d'être français, qu'ils n'ont pas choisi de naitre et de vivre en France. Ont-ils plus choisi d'avoir des parents algériens ou marocains? Cela ne les empêche pas d'afficher les couleurs de ces pays. Ils présentent le fait de vivre en France comme une fatalité, une souffrance. Mais il y a pourtant un opting out, un droit de sortie de la France: les frontières sont ouvertes. Pourquoi ne pas l'exercer, puisque la vision de Français d'origine étrangère et aimant la France les insupportent à ce point? Houria Bouteldja répond dans le même livre, à la page 109: «Ce sera notre éternel dilemme: rester et subir l'humiliation, partir et crever la dalle». Mais alors, leur patriotisme, leur amour de leur pays tient à peu de choses: au pouvoir d'achat et au standing. Il est vénal. Eux construisent le dilemme, l'alternative. Eux construisent un conflit de loyautés qui empoisonne la vie des jeunes.

C'est à eux de questionner leurs sentiments patriotiques à l'égard du pays de leurs parents, ce n'est pas à nous de remettre en cause ceux que nous éprouvons vis-à-vis de la France. Dans notre République, ce n'est pas la souche, l'ancienneté de la présence qui compte, c'est l'enracinement permis par le consentement. La communauté nationale repose sur deux éléments selon Renan: «L'une est la possession en commun d'un riche leg de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage que l'on à reçu indivis.» Indivis: le noble et l'ignoble, le glorieux et le honteux. C'est en se tenant sur ces deux pieds que naît le sentiment d'appartenance. On ne l'attend pas d'immigrés de travail, mais comment ne pas l'attendre de leurs enfants nés et vivant en France? Comment trouver normal l'appartenance à une communauté internationale comme l'oumma, ou à celle au pays de ses parents et rejeter l'appartenance à la communauté dans laquelle on vit?

Laissons le french bashing aux ennemis de la France, assumons d'aimer la France.

La République n'est pas qu'un cadre juridique, axiologiquement neutre. Il convient de nous interroger tous. Pourquoi n'afficher nos couleurs que lors des victoires sportives? Pourquoi ne tolérer et ne goûter l'hymne national que lors des rencontres sportives? Pourquoi a-t-il fallu attendre la série d'attentats meurtriers pour oser, timidement, pavoiser les façades de nos logements de nos couleurs? La République est aussi un contenu en termes de valeurs qu'une catégorie de l'imaginaire qui se nourrit de symboles. Il faut, comme l'écrit JP Salazar, convenir que «la République est une forme forte de politique, une violence même faite au vivre-ensemble». 

La République ne peut plus être le lieu neutre du «venez comme vous êtes». L'État a trop mis en avant sa neutralité. Au point de ne plus offrir de contenu éthique, de chemin vers la vie bonne*. Au point de ne plus offrir de vie collective riche, de ne plus constituer une transcendance. Celle là même qui permet de se dépasser et d'être meilleur. Il faut enseigner et assumer la vertu civique, dont Vauvenargues écrit qu'elle se confond avec «la préférence de l'intérêt général au particulier.» C'est l'exemple que nous offre la joie de Patrice Quarteron. La joie de faire gagner son pays. Mais il est vrai que l'État Français a été trop laïque vis-à-vis de lui-même, autorisant et protégeant tous les cultes sauf celui de l'État, et que, réduit à un guichet de prestations et à un ensemble de procédures, il ne peut susciter affection et allégeance. Laissons le french bashing aux ennemis de la France, assumons d'aimer la France. Le patriotisme républicain s'apprend, s'il s'enseigne. Associons-le à la bravoure, à la victoire. Il faut redonner le goût d'aimer la France, ailleurs que lors des veillées funéraires. Apprenons à servir plutôt qu'à se servir, au sens de Bernanos, c'est-à-dire en «gardant vis-à-vis de ce qu'on sert une indépendance d'esprit absolue. C'est la règle des fidélités sans conformisme, c'est-à-dire des fidélités vivantes.» Dans le même ordre d'idée, Mark Twain définissait le patriotisme comme le fait de «défendre son pays en toute circonstance, et son gouvernement, seulement quand il a raison.» Au final, soyons humbles. Contentons nous de demander pour la France ce que Houria Bouteldja ressent et exige pour l'Algérie.

Fatiha Boudjahlat

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* Sur la neutralité axiologique du libéralisme, v. Jean- Claude Michéa (in « l'Empire du moindre mal » par exemple).

Fatiha Boudjahlat met les pieds dans le plat: soit on accepte que l'Etat joue son rôle et rétablisse une morale publique, soit on accepte le recul de l'Etat au profit de l'économie et d'un libéralisme philosophique agressif, et on assistera à la destruction de la République. Le processus est déjà entamé...

P.G.

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Sanctions contre la Russie : pour Evo Morales, les USA sont «une menace pour le droit international»

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Sanctions contre la Russie : pour Evo Morales, les USA sont «une menace pour le droit international»

https://francais.rt.com/international/41518-etats-unis-sont-menace-pour-droit-international-nations-unies-evo-morales

Après la France, l'Allemagne ou encore l'UE, c'est au tour du président bolivien de dénoncer avec force les sanctions américaines contre la Russie. Il estime que les Etats-Unis menacent «le droit international et les Nations unies».

Le président bolivien Evo Morales a fait entendre sa voix le 29 juillet sur la question des sanctions américaines contre la Russie, votées par la Chambre des représentants puis le Sénat quelques jours plus tôt.

«Les Etats-Unis cherchent de nouveau à imposer des sanctions unilatérales contre la Russie. La Bolivie les rejette», a écrit Evo Morales sur Twitter dans un message qui ne laisse pas de place au doute.

 «Avec ce type de sanctions, les Etats-Unis peuvent être considérés comme une menace au multilatéralisme, au droit international et pour les Nations unies», a poursuivi le chef de l'Etat bolivien.

 Evo Morales fait ainsi écho aux déclarations de nombreux Etats – notamment européens – qui ont fait part de leur désaccord avec ces nouvelles sanctions américaines. Le 26 juillet, le ministère français des Affaires étrangères avait publié un communiqué soulignant que la portée «extraterritoriale» des sanctions contrevenait aux principes du droit international.

En effet, ces sanctions pourraient directement affecter les entreprises européennes travaillant à la construction de pipelines venant de Russie. Le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne pourrait en faire les frais. Le français Engie, les allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l'autrichien OMV ou encore l'anglo-néerlandais Shell pourraient ainsi voir leur accès aux banques américaines limité, ou même être exclues des marchés publics aux Etats-Unis. Une forte inquiétude gagne l'Union européenne (UE), qui redoute non seulement les retombées négatives pour les entreprises européennes mais également un «possible impact sur l'indépendance énergétique de l'UE».

Côté russe, Vladimir Poutine a qualifié les sanctions d'«illégales et extrêmement cyniques», estimant qu'elles étaient inacceptables car elles remettaient en cause le «système des relations internationales».

Ces nouvelles sanctions deviendront effectives dès que Donald Trump aura signé le texte de loi qui les institue, ce qu'il a l'intention de faire «rapidement» selon un communiqué de la Maison Blanche que Politico citait le 28 juillet.

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Réduction du personnel diplomatique américain : Poutine ne veut laisser «aucun acte sans réponse»

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Réduction du personnel diplomatique américain : Poutine ne veut laisser «aucun acte sans réponse»

https://francais.rt.com/international/41526-renvoi-755-diplomates-americains-nous-laisserons-aucun-acte-sans-reponse

Alors que le président russe Vladimir Poutine a expliqué que 755 diplomates américains se trouvant sur son sol devraient y cesser leurs activités et annoncé la saisie de plusieurs résidences diplomatiques, il a estimé que des changements positifs dans les relations avec Washington n'étaient «pas pour bientôt», lors d'une interview sur la chaîne publique russe Vesti, le 30 juillet. Ces mesures interviennent en réaction aux nouvelles sanctions américaines prises contre Moscou par la Chambre des représentants et le Sénat américains.

 Selon Vladimir Poutine, la Russie a déjà attendu assez longtemps dans l'espoir de voir la situation s'améliorer. Faute d'apaisement, Moscou affiche donc la ferme intention de ne laisser «aucun acte américain sans réponse».

«Les Américains ont pris une décision qui, il est crucial de le souligner, n'a été provoquée par rien, et a pour conséquence une dégradation des relations entre la Russie et les Etats-Unis», a par ailleurs noté Vladimir Poutine. Rappelant que ces sanctions contrevenaient selon la Russie au droit international, comme l'ont d'ailleurs affirmé plusieurs Etats, parmi lesquels la France. Il a invité les «pays désireux de développer leurs relations» avec la Russie à ne pas se laisser influencer par la décision américaine.

«Un acte regrettable et injustifié» selon Washington

La décision de Moscou de réduire de 755 personnes le personnel diplomatique américain en Russie a été jugée «regrettable» par Washington, qui réfléchit à la réponse à apporter, selon un communiqué du département d'Etat le 30 juillet.

En dépit des réticences du président Donald Trump, les sénateurs américains ont voté le 27 juillet à une très large majorité en faveur de nouvelles sanctions contre la Russie, mais aussi l'Iran et la Corée du Nord, deux jours après le vote favorable de la Chambre des représentants.

Le volet du texte sur la Russie, destiné à sanctionner Moscou pour ses ingérences supposées dans la campagne présidentielle américaine de 2016, a suscité des résistances de la part du locataire de la Maison Blanche. Le texte prévoit en effet un mécanisme inédit qui déplaît au président américain : les parlementaires se sont arrogé le droit de s'interposer si jamais le président américain décidait de suspendre les sanctions existantes contre la Russie.

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dimanche 30 juillet 2017

Dix ans après la crise financière, la finance mondiale renoue avec les excès

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Dix ans après la crise financière, la finance mondiale renoue avec les excès

Les économistes s’inquiètent des nouvelles menaces pesant sur le secteur. Aux Etats-Unis ou en Chine, la dette est de nouveau au plus haut. L’histoire pourrait encore mal finir.

Dix ans après l’éclatement de la crise financière et tandis que la reprise se raffermit enfin en Europe, les mesures prises pour renforcer la solidité des banques européennes, celles pour sécuriser la stabilité financière et corriger les déséquilibres de la zone euro mettent-elles le Vieux Continent à l’abri d’un nouveau cataclysme ?

« On a fait en sorte qu’en cas d’épidémie, celle-ci se transmette plus difficilement, et que chaque organisme soit plus résistant à la maladie, mais il y aura toujours des germes que l’on ne connaît pas, expliquait Benoît Cœuré, dans Le Monde, jeudi6 juillet. La prochaine crise, on ne l’aura pas prévue. » Or plusieurs menaces pointent à l’horizon.

Donald Trump fait de la déréglementation sa priorité

 Depuis l’élection de Donald Trump, la nouvelle administration américaine n’a qu’une hâte : revenir sur la loi Dodd-Frank. Ce texte voté en 2010 est accusé d’avoir été trop loin dans son objectif d’éviter un désastre comparable à celui de 2008, en bridant excessivement les banques et par là même l’économie des Etats-Unis, notamment en restreignant le crédit.

Mais si la finalité est claire, les modalités de son démantèlement ne s’annoncent pas aussi simples que ce qu’a pu laisser penser le décret signé le 3 février par M. Trump. En effet, plusieurs projets sont en concurrence.

Ainsi, la majorité républicaine à la Chambre des représentants a pris les devants en adoptant, le 8 juin, un texte très offensif, mais qui a peu de chance d’être voté par le Sénat. Les républicains ont en effet besoin de l’appui des démocrates, qui semblent peu enclins à revenir sur l’une des réformes emblématiques de Barack Obama.

Baptisé « Financial Choice Act », ce projet veut d’abord supprimer la règle Volcker, qui interdit aux banques de spéculer pour leur propre compte. (...)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/08/les-germes-de-la-prochaine-crise_5157671_3234.html#zcV9TbQJvAOHxPDb.99

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Le reste de l'article étant payant, je suis allé chercher d'autres informations sur le sujet et j'ai trouvé cette analyse, qui date de 2016, et qui a le mérite de dresser un historique et de lister les problèmes:

 

Historique et perspectives: une analyse de Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation et enseignant à Sciences-po. Essayiste et conférencier français spécialiste de prospective économique, il conseille diverses personnalités politiques, entreprises et associations d'entrepreneurs. Son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospectives, porte sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 16 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Ernst & Young, Cap Gemini...), il fonde Economic Cell, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. 

http://www.economiematin.fr/news-nouvelle-crise-financiere-systeme-banque-credit-delima

La crise financière de 2008-2010.

Les trois temps de la crise financière de 2008-2010 sont maintenant bien connus. Une première phase où la genèse de la crise se forme :

(1) Il s’agit de la période 2001-2006 dans laquelle, l’explosion de la bulle internet associée aux attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak et la stagnation des salaires ont entrainé une première amorce de crise économique de 2001 à 2003. La FED décide alors de baisser considérablement ses taux directeurs (de 7% à 1%) ce qui crée une abondance de liquidité et un très faible coût de l’argent, donc des conditions de crédit très souples. C’est aussi la situation que nous connaissons aujourd’hui. Les ménages s’endettent à la consommation et à l’immobilier. La consommation est stimulée, les résultats des entreprises aussi. Il y a création d’emploi et augmentation de la valeur des biens immobiliers. En parallèle à cela, tout un arsenal de produits dérivés se développe pour prévenir le risque de défaut des ménages et des entreprises, le plus connu étant la titrisation

(2) La machine a commencé à se gripper dans les années 2006-2007 : les ménages sont très endettés et le déficit commercial américain est colossal. Comme l’économie s’emballe, la FED décide une hausse des taux directeurs (de 1% en 2005 à 3,75% en 2007). Les crédits étant octroyés principalement à taux variable, les ménages commencent à faire défaut. On assiste à la fois à une hausse des saisies immobilières ainsi qu’à une raréfaction du crédit. La valeur de l’immobilier chute, il y a crise de liquidité avec effondrement de la valeur des produits dérivés.

(3) La contagion ou l’extension de la crise, en 2008-2010, provient d’un gel du financement lié à la raréfaction du refinancement puisque peu à peu les banques ne se prêtent plus entre elles car elles ne se font plus confiance. Associés à la dépréciation des actifs et du patrimoine, les banques américaines commencent à faire défaut, c’est la période des faillites bancaires, et la crise d’abord de l’immobilier s’étend à la sphère financière, avec la chute des valeurs de bourse. Les Etats tentent d’éteindre l’incendie, mais la crise de confiance des marchés interbancaires provoque la crise de confiance des ménages surendettés. Il y a panique et chute de la consommation, destruction d’emplois puisque les entreprises vont se retrouver en difficulté, ce qui va accroitre les faillites d’entreprises, la récession et la dépression. Ainsi la crise financière s’est transmise à la sphère réelle.

Allons-nous tout droit vers une nouvelle crise financière ?

Le rapprochement est assez saisissant. Ici, il nous faut nous projeter. Nous pensons que oui et d’une manière tout à fait inégalée avec la vitesse de propulsion et de transmission du trading haute fréquence et des technologies à « l’échelle monde ouvert ».

Nous aurions approximativement une première phase de genèse de cette nouvelle crise financière avec cycle plus court : 2012-2015 c’est-à-dire 4 ans au lieu de 5 (2001-2006). Cette phase vient tout juste de se terminer.

(1) Elle va donc approximativement de 2012 à 2015 : moment où les Etats des pays développés commencent à se relever des récessions difficilement. Il n y a pas vraiment d’embellie mais uniquement une légère reprise ce qui peut annoncer aussi une crise future encore plus grave. De la même manière qu’en 2001-2006 lors de la précédente genèse de la première crise financière évoquée plus haut, l’explosion des start-ups et de l’Ere du numérique associée aux attentats en France, en Turquie, en Russie et un peu partout dans le monde, avec la guerre en Syrie, et enfin, la stagnation des salaires dans l’Ere de l’ultra-compétitivité et de l’austérité sans croissance nette, entrainent une amorce de crise dans de très nombreux pays émergents : Chine, Brésil, Russie et tout le périmètre Asie.  Les signaux de cette genèse sont assez forts : La liquidité du fait de baisses des taux des grandes Banques centrales abonde partout, le coût de l’argent est très faible,  donc les conditions de crédit aussi. L’une des particularités ici, par rapport à la crise financière de 2008-2010, est qu’il ne s’agit plus uniquement des Etats Unis et de son secteur immobilier !!! Il s’agit de la plupart des Etats et de tous les secteurs de l’économie transportés par le numérique et le trading haute fréquence. Il y a certes à l’approche de l’année 2016 une légère reprise de la consommation et des marges des entreprises (notamment en France). Les investissements sont là et presque prêts à y aller. L’emploi va mieux (Etats-Unis, France…), bref certains signaux positifs de cette genèse sont là. Mais en parallèle à cela, deux énormes murs se dressent : celui de l’économie réelle et celui de l’argent. Ces deux murs se dressent de façon plus puissante que lors de la genèse de la crise financière de 2008.

Un mur de l’économie réelle tout d’abord : la Chine moteur mondial de l’activité économique connaît un fort ralentissement qui va jusqu’à une remise en cause de son modèle économique, qui ne fait d’ailleurs rêver personne. La chine, qui a vécu son épopée de son rattrapage économique, du prix des matières premières très élevé (les capitaux vont vers les pays émergents et sont replacés en Chine), et des politiques monétaires accommodantes, a longtemps connu un contexte économique favorable qui n’existe plus. Les producteurs de pétrole (Arabie Saoudite, Iran par exemple) sont touchés. Les prix des matières premières vont baisser ce qui va créer une crise du secteur parapétrolier entrainant dans son sillage les bourses mondiales. Enfin, aujourd’hui pratiquement aucun pays ne peut prétendre à une croissance de plus de 2%.

Un mur de l’argent ensuite : C’est ici que l’argument de l’entre soi commercial en Europe ne tient pas : certes on commerce surtout entre nous et pas avec la Chine mais si le mur de l’économie réelle va apparaître au grand jour c’est le mur de l’argent qui va lui servir de courroie de transmission. Rien n’a été fait ou presque en matière de régulation financière, ni taxe Tobin, ni séparation des activités de banque de détail et banque d’investissement. Nous rappelons que la crise financière américaine s’est étendue en Europe par le truchement de la banque d’investissement et de l’intensité aboutie de la libéralisation financière depuis 30 ans et qu’une nationalisation des banques de détail européenne aurait été souhaitable. Tout cela pourtant en dépit et il faut le dire, d’une volonté politique réelle (Nouvelles charges en capital, le Dodd Frank Act américain de 2010, le projet d’Union bancaire européen de 2012, le rapport Volker américain, le rapport de la commission Vickers en Grande Bretagne, le rapport de la commission Liikanen pour la Commission européenne…). Le trading haute fréquence s’intensifie, les marchés boursiers américains montrent de nombreux signes de faiblesse, nous sommes donc assis sur un baril de poudre et la prochaine crise financière démarrera avec trois phénomènes déclencheurs et propulseurs : la hausse des taux de la FED, une crise obligataire, et les technologies de propulsion du risque domino…La machine ici va donc commencer à se gripper fin 2015 début 2016 jusqu’en 2017.

(2) Nous allons ainsi connaître deux années de grippage du système économique mondial, en 2016 et 2017 : Le constat connu va apparaître comme une surprise : les ménages tout comme les Etats sont endettés ! Pourtant l’on disait que la consommation américaine se portait bien lors de la période précédente ! Les déficits commerciaux ne se résorbent pas. Et la FED…décide une hausse des taux. C’est ce qui est déjà arrivé fin 2015. Les défauts vont donc augmenter dans le courant de l’année 2016, et à la crise de la dette publique émerge la crise de la dette privée. Les marchés obligataires commencent à trembler. Des bulles diverses de part et d’autres du globe et des tensions immobilières existent (Grande Bretagne), ce d’autant plus que le mur de l’économie réelle et le mur de l’argent avancent, se rapprochent. L’on constate qu’ils s’érigent rapidement et plus hauts que prévu. La liquidité va devenir plus rare dans un contexte global de ralentissement intensifié des émergents et de faibles reprises des pays développés. La finance est de nouveau touchée, accusée, ce sera le thème de 2016 en économie. On constatera que le montant des dérivés n’a pas du tout baissé depuis les leçons non tirées de la crise financière américaine. Avec les technologies de propulsion comme le trading haute fréquence, c’est la contagion ou l’extension de la crise en 2018 et 2019.

(3) La contagion ou l’extension de la crise en 2018 et 2019 : Le Krach obligataire intervient en 2018. Comme en 1994 aux Etats-Unis, après une faible hausse des taux d’Alan Greenspan de 3 à 3,5% une panique obligataire avait créé l’effondrement des bourses mondiales. Ici, c’est le krach obligataire qui créera de la défiance dans le système interbancaire d’abord puis dans l’économie réelle ensuite. De nombreux actifs vont être dépréciés et l’on va commencer à assister à des faillites bancaires à l’échelle monde et non plus uniquement aux Etats-Unis. La crise des valeurs technologiques va commencer de nouveau comme en 2001, avec l’élimination du marché de la moitié d’entre-elles. On essaiera d’intervenir encore et toujours, le renflouement interne de l’Union bancaire ou d’autres fonds de résolution limiteront les impacts directs sur les ménages mais ce sont les investisseurs et l’obligataire qui seront destitués de la confiance et entraineront dans leur chute l’ensemble des économies qui peinaient à se relever. Nul ne connaît encore la profondeur du puis sans fonds ! Disons que l’embellie initiale de la première étape de la genèse de la crise financière de 2008-2010 n’existe qu’à peine ici, ce qui laisse présager du pire puisque le restant des mécanismes nous parait proche.

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Et pour achever de vous gâcher votre journée:

La prochaine crise financière est en germe, mais on ne peut pas la prédire

 https://fr.express.live/2017/06/19/crise-financiere-en-preparation/

La dernière crise financière remonte à il y a cinq ans. Pourtant, il ne faut pas espérer que nous ayons appris de nos erreurs, écrit Jean-Marc Vittori dans le journal économique français Les Echos. « Les crises financières viennent de notre refus d’envisager des risques pourtant bien réels».

Aujourd’hui, il y a trois bonnes raisons de douter que nous ayons appris quelque chose du passé, explique-t-il :

La nature humaine passe plus de temps à éviter la dernière crise que d’empêcher une nouvelle.

  1. Les banques centrales ont inondé le marché de liquidités (Geert Noels : «Les marchés financiers ne sont plus agités parce qu’ils sont en overdose de morphine monétaire d’une certaine manière, ce qui les prive de toute sensation de douleur et leur permet de tout voir à travers des lunettes roses. »), ce qui a sans doute dissimulé des vulnérabilités et créé de nouveaux déséquilibres. Ainsi, la politique d’injection de liquidités initiée par la Réserve fédérale américaine après l’éclatement de la bulle Internet a favorisé la formation d’une bulle de crédit indésirable, qui est à l’origine de la crise des subprimes.

  2. (...) le monde n’a jamais été aussi endetté qu’aujourd’hui, alors que l’histoire nous indique que toutes les crises du passé ont eu pour origine une dette exagérée. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), les 44 plus grands pays cumulent aujourd’hui une dette de 160 000 milliards de dollars, soit 235 % du PIB. (Et ce montant ne prend pas en compte les dettes issues du refinancement interbancaire).

Lorsque la banque Lehman Brothers a fait faillite, la dette était inférieure à 200 % du PIB. En outre, le ralentissement de la productivité globale désinhibe le développement de richesse qui devrait permettre de rembourser ces dettes.

Pourquoi est-il si difficile de prédire les crises financières ?

Vittori cite Jaime Caruana, directeur général BIS, pour expliquer pourquoi les crises financières ne sont pas facilement prévisibles :

«Chaque crise a été permise par une incompréhension collective qui a créé un angle mort sur le risque ».

Au début des années 1980, Walter Wriston, l’ancien patron de la banque américaine Citibank, avait déclaré que « les pays ne font pas faillite» (L’Argentine lui a donné tort). D’autres décideurs ont fait des déclarations similaires : « Les produits structurés notés AAA ne peuvent pas faire faillite » (songez à la crise du crédit des subprimes) ou « Un pays avancé ne peut pas faire défaut » (pensez à la Grèce, l’Irlande et le Portugal).

« Les experts ne cessent de chercher la source de la prochaine crise », affirme Vittori, rappelant qu’actuellement, c’est la dette des entreprises et des étudiants américains (la dette des étudiants américains atteint maintenant le niveau de celui des subprimes en 2007), celle des  pays émergents, celle de l’Europe de la périphérie, et celle des petites banques chinoises, qui inquiètent (En 10 ans, les crédits octroyés aux entreprises par les banques secondaires en Chine a progressé de 66 % du PIB). (...)

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Bon dimanche!

 

 

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L’Europe ouvre une procédure pour sanctionner la Pologne

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L’Europe ouvre une procédure pour sanctionner la Pologne

http://www.ouest-france.fr/europe/pologne/l-europe-ouvre-une-procedure-pour-sanctionner-la-pologne-5162217

La Commission européenne a lancé samedi une procédure d’infraction contre la Pologne après la publication d’une nouvelle loi qui, aux yeux de Bruxelles, sape l’indépendance des tribunaux ordinaires polonais.

« La Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre la Pologne, par une lettre de notification formelle, à la suite de la publication dans le Journal officiel polonais de la Loi sur l’organisation des juridictions de droit commun le vendredi 28 juillet », indique-t-elle dans un communiqué.

L’exécutif européen a donné un mois à la Pologne pour répondre à cette procédure qui peut conduire à des sanctions financières.

La Commission européenne avait lancé une première salve d’avertissements la semaine dernière en demandant la suspension des réformes controversées du gouvernement conservateur polonais, contestées par des manifestations massives. Lundi, le président polonais Andrzej Duda, issu du parti au pouvoir, avait opposé son veto à deux des lois accusées de menacer l’indépendance de la justice du pays. Mais ce veto ne concernait pas la nouvelle loi sur l’organisation des juridictions de droit commun, officialisée vendredi.

La commission européenne met ses menaces à exécution

Selon Bruxelles, cette réforme des tribunaux ordinaires contient des mesures discriminatoires, avec des âges différents de départ à la retraite pour les hommes et les femmes. La Commission déplore également une mesure accordant au ministre de la Justice le pouvoir de prolonger le mandat des juges ayant atteint l’âge de la retraite.Mercredi, Bruxelles avait durci le ton, se disant « prête à déclencher immédiatement » la procédure de l’article 7 du traité de l’UE, pouvant suspendre les droits de vote dans l’UE d’un pays membre. Varsovie avait de son côté crié au « chantage ».

Cet article 7, encore jamais utilisé, est souvent décrit comme « l’arme nucléaire » dans la panoplie de mesures que peut prendre l’Union contre l’un de ses membres. Au terme d’une procédure complexe, il peut déboucher sur une suspension des droits de vote d’un pays au sein du Conseil de l’Union, l’instance regroupant les 28 Etats membres.

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«Vous étiez prévenus» : l'envoyé russe à l'ONU tacle l'UE pour son soutien aux sanctions US

VASSILI NEBENZA

 

«Vous étiez prévenus» : l'envoyé russe à l'ONU tacle l'UE pour son soutien aux sanctions US

https://francais.rt.com/international/41502-nous-vous-avions-prevenus-representant-russe-a-lonu-sexprime-sur-contre-sanctions-russes

Pour le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vassili Nebenzia, l'UE est victime de son soutien inconditionnel à la politique de sanctions américaines contre la Russie dont elle paye aujourd'hui le prix.

D'après Vassili Nebenzia, le nouveau représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies interrogé par RT, la vague de sanctions contre la Russie venant de Washington est sans précédent. De plus, ces sanctions sont «injustifiées et ont été imposées de façon tout à fait illégale», a précisé le diplomate. 

Il explique également que l'Union européenne devrait se blâmer elle-même pour son soutien inconditionnel à la politique américaine de sanctions contre la Russie, dont elle subit finalement les conséquences.

«L'UE et les Etats-Unis ont mis en place des sanctions illégales contre la Russie et aujourd'hui, ils se retrouvent victimes des restrictions qui découlent directement de ces sanctions», a déclaré Vassili Nebenzia, avant de rappeler : «Nous vous avions prévenus.»

Vassili Nebenzia a également expliqué que Moscou avait pris beaucoup de temps avant de réagir aux sanctions américaines, dans l'espoir de voir les autorités américaines changer leur point de vue.

Le 28 juillet, le ministère russe des Affaires étrangères a répondu aux sanctions américaines visant la Russie votées par la Chambre des représentants et le Sénat en annonçant dans un communiqué la réduction du personnel diplomatique américain dans le pays à 455 personnes. En sus, l'utilisation par l'ambassade américaine d'une résidence en périphérie de la capitale russe et d'entrepôts sera également suspendue. 

«Nous ne l'avons pas fait sans raison. C'était une réponse aux mesures prises par l'administration Obama à la veille de 2017, lorsque les Etats-Unis ont renvoyé 35 diplomates russes et ont fermé des propriétés qui nous appartiennent légalement», a déclaré le représentant russe à l'ONU.

«Nous avons prévenu à maintes reprises nos collègues américains que notre patience avait des limites. Et ces limites ont été atteintes ... Nous avons attendu longtemps et tout fait pour tenter de raisonner nos partenaires américains», a déclaré le diplomate russe.

Vassili Nabenzia a également expliqué que l'adoption par le Congrès des Etats-Unis de la résolution qui légitime la saisie d'une propriété russe aux Etats-Unis avait été la goutte d'eau qui a fini par faire déborder le vase. «Nous n'avions plus le choix», explique-t-il.

Outre la vigoureuse condamnation de Moscou, la décision des Etats-Unis a également suscité la colère parmi les alliés européens de Washington, qui ont notamment dénoncé une mesure qui menace de perturber des projets énergétiques entre l'UE et la Russie, ce qui constitue une violation du droit international.

Une partie des sanctions américaines prévoit en effet d'entraver la construction du gazoduc Nordstream II qui doit relier l'UE et la Russie. Les pays de l'Union ont d'ailleurs déjà fait savoir qu'ils procéderaient à des représailles pour compenser les dommages potentiels subis par les entreprises européennes impliquées dans le projet.

En septembre dernier, le géant gazier russe Gazprom avait signé un accord pour entamer la construction du gazoduc Nord Stream II censé acheminer chaque année depuis la Russie 55 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires vers l’Allemagne, en passant par la Mer Baltique.

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Retirer la 5e semaine de congés : la bonne idée de Christophe Barbier pour redresser la France

MACRON BARBIER

 

Pour faire passer des nouvelles régressions, cela ce passe toujours par étape: on lance un premier pavé dans la mare pour tester l'opinion publique, puis petit à petit on reprend l'idée jusqu'à la faire adopter. Bref - l'oligarchie a décidé qu'il serait bon de supprimer les RTT et la 5e semaine de congés payés.

Retirer la 5e semaine de congés : la bonne idée de Christophe Barbier pour redresser la France

https://francais.rt.com/economie/41491-retirer-5e-semaine-conges-bonne-idee-christophe-barbier

Il ne va sans doute pas se faire que des amis. Le patron du magazine l'Express, Christophe Barbier, s'est livré à un audacieux plaidoyer pour la réduction du nombre de semaines de vacances et la diminution des RTT des salariés français.

Le journaliste Christophe Barbier a une idée pour redresser l'économie française et il ne mâche pas ses mots. Dans un éditorial publié le 28 juillet sous forme de vidéo sur le site internet de l'Express, le magazine dont il dirige la rédaction, le célèbre patron de presse, ceint de son éternelle écharpe rouge malgré l'été, explique à son auditoire que le problème majeur de la France est son rapport au travail et à l'effort. «On aime bien ne rien faire, on aime bien ce farniente, il est culturel, c’est très bien», commence-t-il avant de pointer du doigt le fait qu'au vu de la situation économique actuelle, l'idée d'un «gros coup de collier» de la part des travailleurs français serait la bienvenue

Convaincu que les mesures de réduction du temps de travail sont issues d'une époque, aujourd'hui révolue, où l'on pouvait espérer des lendemains économiques chantants, Christophe Barbier estime qu'il serait temps que les Français «renonçassent d'eux mêmes à cette cinquième semaine de congés payés». Continuant sur sa lancée, l'éditorialiste tranche : «Allez, quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT !»

Pas sûr que l’enthousiasme de Christophe Barbier soit massivement partagé par son public, à qui le journaliste, fair play, a tout de même pris soin de souhaiter bonnes vacances en guise de conclusion. Les réactions sur Twitter ne se sont pas fait attendre, appelant notamment plutôt à renoncer au célèbre journaliste.

Certains pointent du doigt la vision rétrograde de l'éditorialiste. 

CAP BARBIER REPONSE

Une susceptibilité du public qui peut s'expliquer par le houleux débat en cours sur la réforme du code du travail, présentée comme l'un des défis majeurs du nouveau gouvernement. Le ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait déploré le 10 juillet devant l'Assemblée la «complexité du Code du travail», lui reprochant de contenir des règles qui «ne s'adaptent pas bien à la diversité des entreprises». Il est question notamment de modifier les contrats de travail comme le contrat à durée déterminée (CDD) dont la définition pourrait être assurée par les branches professionnelles ou encore la notion de «CDI de projet», qui selon certain sonnerait le glas du contrat à durée indéterminée (CDI).  

Ces mesures, comme l'utilisation des ordonnances pour les faire passer, ont provoqué de nombreuses réactions hostiles, notamment au sein de l'opposition, mais également parmi la population. La présidente de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, Brigitte Bourguignon, membre de La République en marche (LREM), avait déploré le 10 juillet avoir reçu «des menaces de mort, même par guillotine», via les réseaux sociaux.

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GUILLOTINE

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samedi 29 juillet 2017

Washington et Séoul envisagent des «options de réaction militaire» après un nouveau tir nord-coréen

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Washington et Séoul envisagent des «options de réaction militaire» après un nouveau tir nord-coréen

https://francais.rt.com/international/41476-washington-declare-avoir-detecte-tir-coree

Selon Washington, Pyongyang aurait tiré un missile balistique. D'après des hauts responsables japonais, ce projectile se serait abîmé dans la zone économique exclusive du Japon. Américains et Sud-Coréens se disent prêts à réagir avec force.

Selon des hauts responsables japonais cités par la télévision publique nippone NHK, un projectile se serait abîmé dans la zone économique exclusive japonaise le 28 juillet, peu avant minuit (heure locale). Le missile aurait été tiré depuis la Corée du Nord, d'après des membres de l'état-major sud-coréens, cités par l'agence de presse de Corée du Sud Yonhap. 

Côté américain, le porte-parole du Pentagone, le capitaine de vaisseau Jeff Davis a déclaré : «Je peux confirmer que nous avons détecté le lancement d'un missile balistique depuis la Corée du Nord. [...] Nous évaluons la situation et nous aurons plus d'informations bientôt», a-t-il ajouté.

 D'après le ministère américain de la Défense, cité par l'AFP, ce missile était un engin intercontinental (ICBM), et a parcouru un millier de kilomètres avant de finir sa course en mer. Le ministère de la Défense russe, en revanche, considère qu'il s'agit d'un missile balistique à portée intermédiaire.

Selon les données des autorités sud-coréennes et japonaises, le missile a été lancé depuis la province nord-coréenne de Jangang. Il aurait ensuite effectué un vol de 45 minutes, d'après Tokyo.

Les chefs militaires américains et sud-coréens envisagent des «options de réaction militaire»

A la suite du tir de missile, le Pentagone a fait savoir que les responsables militaires américains et sud-coréens avaient discuté d'«options de réaction militaire».

De son côté, la France a appelé à «l'adoption rapide de sanctions additionnelles et fortes» par le Conseil de sécurité de l'ONU. L'Union européenne, enfin, a condamné le tir, estimant qu'il «menaçait sérieusement la paix et la sécurité internationales», selon l'AFP.

La Corée du Nord inquiète la communauté internationale

Le 4 juillet, Pyongyang s'était félicité de la réussite du lancement d'un missile qu'il a présenté comme son premier missile balistique intercontinental, Hwasong-14, capable de porter une «grande et lourde ogive nucléaire». Selon Washington, ce type de missile «jamais vu auparavant» serait susceptible d'atteindre le nord-ouest du continent américain

De son côté, le ministère russe de la Défense avait décrit un missile de portée intermédiaire (IRBM) qui avait parcouru quelque 535 kilomètres, atteignant une altitude de 510 kilomètres, avant de sombrer en mer du Japon.

La communauté internationale avait condamné ce tir de missile. Moscou, pour autant, a enjoint à plusieurs reprises Washington à ne pas encourager une logique d'escalade des tensions, alors que les autorités américaines font montre d'un ton belliqueux à l'égard de Pyongyang.

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